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dans le modèle additif.
Fabien Chiabrando
To cite this version:
Fabien Chiabrando. Risque avec normalisation aléatoire et test adaptatif dans le modèle additif..
Mathématiques [math]. Université de Provence - Aix-Marseille I, 2008. Français. �tel-00348271�
ECOLE DOCTORALE DE MATH´ ´ EMATIQUES ET INFORMATIQUE E.D. 184
TH` ESE
pr´ esent´ ee pour obtenir le grade de
Docteur en Sciences de l’Universit´ e de Provence Sp´ ecialit´ e : Math´ ematiques Appliqu´ ees
par Fabien CHIABRANDO sous la direction du Pr. Oleg Lepski
Titre :
Risque avec normalisation al´ eatoire et test d’additivit´ e
soutenue le 3 Juillet 2008 apr` es avis des rapporteurs : M. Evarist Gin´ e, University of Connecticut
M. Marc Hoffmann, Universit´ e Paris-Est Marne-la-Vall´ ee.
devant le jury compos´ e de : M. Laurent Cavalier, Universit´ e de Provence
M. Yuri Golubev, Universit´ e de Provence
M. Marc Hoffmann, Universit´ e Paris-Est Marne-la-Vall´ ee.
M. Anatoli Iouditski , Universit´ e Joseph Fourier de Grenoble M. Oleg Lepski, Universit´ e de Provence
Mme. Karine Tribouley, Universit´ e Paris 10 Nanterres
Je tiens tout d’abord ` a remercier le Professeur Oleg V. Lepski qui a toujours su rendre mes id´ ees plus claires et a ainsi parfaitement encadr´ e ma th` ese au cours de ces trois ann´ ees. Il a ´ egalement su m’orienter vers un sujet de recherche tr` es int´ erressant qui m’a permis d’aborder de pr` es ou de loin de nombreuses th´ ematiques statistiques. Au d´ el` a de son ´ evidente influence sur mes travaux, le cˆ otoyer a grandement ´ eclair´ e mon approche initialement assez na¨ıve de la recherche statistique. Sa grande exp´ erience du domaine, son sens de la p´ edagogie et sa gentillesse n’y sont pas ´ etrangers.
Je remercie sinc` erement les Professeurs Marc Hoffmann et Evarist Gin´ e qui ont pris de leur temps afin de juger ce travail et d’en ˆ etre les rapporteurs.
Je suis ´ egalement tr` es reconnaissant envers les Professeurs Karine Tribouley, Laurent Cavalier, Yuri Golubev et Anatoli Ioudistky pour leur participation au jury.
Mes pens´ ees vont ´ egalement aux autres membres du LATP que j’ai pu cˆ otoy´ e au cours de mon cur- sus universitaire, de mes activit´ es d’enseignements ou de recherche. Je voulais plus particuli` erement saluer Christophe Pouet, Nicolas Klutchnikoff, Amine Asselah, Marie-Th´ er` ese Aimar et Nathalie Bonnifay. Un grand merci ´ egalement ` a Amish Short et Marc Raimondo qui ont particip´ e activement
`
a la relecture de cette th` ese.
Je tenais aussi vivement ` a saluer mes compagnons d’”infortunes” du CIES tous doctorants au CMI William Delobel, Christophe Magnan, Cl´ ement Marteau et Lionel Paris. J’en profite ´ egalement pour saluer Franck Sueur, Bruno Fornet et Michael Chichignou (le Richard Virenque du labo) pour les bons moments r´ ecents ou plus lointains pass´ es ensemble.
Un salut tout particulier aux membres permananents des bureaux ”Gregory Coupet” R231 puis R113. Cette simple relation entre coll` egue de travail a laiss´ e place au fil des ann´ ees ` a une v´ eritable relation d’Amiti´ e entre nous. Je n’oublierais jamais ces moments pass´ es avec vous. Merci donc ` a
”Flodjango” Florian Bertrand , Bamba Sow et Yun Cao pour votre infinie gentillesse et vos grandes ˆ
ames.
Il serait impensable de ne pas saluer ma famille qui m’a toujours port´ e mais surtout souvent
support´ e. En premier lieu j’embrasse mes parents, mon fr` ere et Ludivine, mes grand-m` eres pour leur
soutien sans faille tout au long de ces ann´ ees...et bien plus encore. Comme une seconde ´ evidence, je
remercie l’ensemble des ”val´ eriens” issue de la Mandoule Institute, mes Amis : DD, Manue, Gratai,
Marion, Nono, Fadila et leur pitchounette, Koub, Pin’s, Zeseb, Zazou....et Alo¨ıs Alzheimer. Merci
Enfin bien plus qu’un simple merci ` a Julie...et toute sa famille.
1 Introduction 7
1.1 Objectifs - Motivations . . . . 7
1.2 Approche Minimax . . . . 8
1.3 Approche Adaptative . . . . 10
1.4 Risque avec normalisation al´ eatoire . . . . 11
1.4.1 Description math´ ematique . . . . 11
1.4.2 Philosophie de la construction de normalisation optimale . . . . 14
1.4.3 Liens avec certains r´ esultats existants . . . . 16
1.4.4 R´ egion de confiance . . . . 17
1.5 Th´ eorie minimax des tests d’hypoth` ese . . . . 19
1.5.1 Mise en place th´ eorique . . . . 19
1.5.2 Contexte statistique . . . . 20
1.6 Le mod` ele non param´ etrique additif . . . . 22
1.7 Contenu de la th` ese . . . . 23
1.7.1 Normalisation al´ eatoire adapt´ ee ` a la structure additive . . . . 23
1.7.2 Test minimax adaptatif de la structure additive . . . . 35
1.7.3 Outils probabilistes . . . . 42
2 Estimation sous RNF pour bruit blanc additif 45 2.1 Model, construction and the main result . . . . 45
2.1.1 Model . . . . 45
2.1.2 Construction . . . . 47
2.1.3 Results . . . . 48
2.2 Connection with the regression model . . . . 50
2.2.1 Introduction to the procedure in the univariate case . . . . 50
2.2.2 Multidimensional set-up . . . . 53
2.2.3 Examples. . . . 58
2.3 PROOFS . . . . 59
2.3.1 Proof of Theorem 2.1.1 . . . . 59
2.3.2 Proof of Proposition 2.2.1 . . . . 60
2.3.3 Proof of Theorem 2.2.1 . . . . 61
3.1.1 Introduction . . . . 69
3.1.2 Assumptions . . . . 70
3.1.3 Construction of the α-optimal couple . . . . 72
3.1.4 Main results . . . . 74
3.2 Adaptation to different degrees of additivity . . . . 77
3.2.1 Introduction . . . . 77
3.2.2 Construction of optimal RNF . . . . 79
3.2.3 Main results . . . . 80
3.3 Large deviation for canonical U-statistics . . . . 82
3.3.1 Introduction . . . . 82
3.3.2 Literature . . . . 83
3.3.3 General results for canonical U-statistics of order 2 . . . . 84
3.3.4 A new exponential inequality . . . . 86
3.3.5 Application : large deviation of T
n. . . . 90
3.4 Proofs of Theoremes . . . . 91
3.4.1 Proof of Theorem 3.1.1 - Upper Bound . . . . 91
3.4.2 Proof of Theorem 3.1.2 - Lower Bound . . . . 95
3.4.3 Proof of Theorem 3.1.3 - Confidence ball . . . 105
3.5 Appendix . . . 107
3.5.1 Proof of Proposition 3.3.4 . . . 107
3.5.2 Proof of Corollary 3.3.2 . . . 109
3.5.3 Proof of Lemma 3.3.1 . . . 114
3.5.4 Proof of Lemma 3.4.1 . . . 114
3.5.5 Proof of Lemma 3.4.6 . . . 115
4 Test minimax de la structure additive 119 4.1 Introduction . . . 119
4.2 Minimax and adaptive minimax framework . . . 121
4.2.1 Minimax testing approach . . . 121
4.2.2 Adaptive minimax testing approach . . . 122
4.2.3 Statistical motivations . . . 124
4.3 Test procedures . . . 126
4.3.1 Minimax test procedure . . . 126
4.3.2 Adaptive minimax test for additivity . . . 128
4.4 Assumptions and main results . . . 130
4.4.1 Assumptions on the model. . . . 130
4.4.2 Main results . . . 131
4.5 PROOFS . . . 135
4.5.1 Preliminary study of the asymptotic of the test statistic . . . 135
4.5.2 Proof of Theorem 4.4.1 . . . 140
4.5.3 Proof of Theorem 4.4.3 - Upper bound . . . 143
4.5.4 Proof of Theorem 4.4.4 - Lower Bound . . . 146
Introduction
1.1 Objectifs - Motivations
Cette th` ese se consacre ` a l’am´ elioration de l’estimation d’une fonction f , par le biais d’une ap- proche voisine ` a l’approche minimax. Cette d´ emarche est motiv´ ee par la construction de r´ egions de confiance, pour f , plus fines que celle obtenues via l’approche d’estimation minimax. En effet, nous nous int´ eressons ici ` a estimer des fonctions de plusieurs variables (on notera d le nombre de ces variables) pouvant ˆ etre int´ egr´ ees en pratique dans des mod` eles ´ economiques, biologiques et autres domaines pouvant mettre en jeu un nombre cons´ equent de crit` eres quantitatifs. De mani` ere g´ en´ erale et contrairement au probl` eme param´ etrique, lorsque la valeur du param` etre d est grande, l’efficacit´ e des r´ esultats minimax s’en ressent. Ce ph´ enom` ene est connu au sein de la communaut´ e statistique sous le nom de ”mal´ ediction de la dimension” (curse of dimensionality).
Afin de ne pas p´ enaliser l’estimation de fonction d´ ependant d’un grand nombre de variables ou de mani` ere g´ en´ erale dans des mod` eles o` u l’approche minimax n’est pas satisfaisante (sur des espaces fonctionnels trop massifs), Lepski a developp´ e une approche alternative. Celle-ci se base sur l’id´ ee simple d’adapter la m´ ethode d’estimation en fonction des r´ esultats de tests d’hypoth` eses
’acc´ el´ eratrices’. Cette d´ emarche utilise donc des r´ esultats issus de la th´ eorie des tests d’hypoth` ese afin d’envisager une estimation adaptative. De cette proc´ edure hybride est n´ e le concept de risque avec normalisation al´ eatoire. Ainsi nous nous consacrerons principalement ` a la r´ esoulution de deux types de probl` emes statistiques fortement reli´ es :
A) l’estimation adaptative via l’estimation avec risque minimax avec normalisation al´ eatoire B) le test d’une hypoth` eses nulle contre une alternative locale non-param´ etrique .
Plusieurs types d’hypoth` eses peuvent ˆ etre envisag´ ees afin d’am´ eliorer la pr´ ecision d’estimation et donc la finesse des intervalles de confiance correspondants. Typiquement, celles-ci sont choisies afin de r´ eduire de mani` ere significative la massivit´ e de l’espace fonctionnel localisant f . Plus pr´ ecisement, l’objet de cette th` ese est l’´ etude d’une l’hypoth` ese structurelle : l’hypoth` ese d’additivit´ e. On se pro- pose donc de savoir si une fonction f d´ ependante de d variables x = (x
1, . . . , x
d) peut se d´ ecomposer sous la forme
(1.1.1) f(x) = f
1(x
1) + . . . + f
d(x
d).
lorsque f
1, . . . , f
dsont des fonctions unidimensionnelles.
Les r´ esultats seront pr´ esent´ es dans les mod` eles de
(i) bruit blanc gaussien d´ efinit par l’´ equation diff´ erentielle stochastique (1.1.2) dY
t= f(t)dt + εdW (t), t ∈ D ⊂ R
d,
o` u f est la fonction cible a estimer ` a partir du processus observ´ e Y
tsur D, W
t´ etant le mouvement Brownien standard et ε > 0 le niveau du bruit.
(ii) de r´ egression multidimensionnelle non-param´ etrique donn´ e par (1.1.3) Y
i= f (X
i) + ε
i, i = 1, . . . , n,
o` u {(X
1, Y
1), . . . , (X
n, Y
n)} sont n couples d’observations ind´ ependant et identiquement dis- tribu´ e (i.i.d), avec Y
i∈ R ; X
i∈ D ⊂ R
det les ε
isont des variables ind´ ependantes, de moyenne nulle et de variance σ
i2> 0. On consid` erera dans le chapitre 2 le mod` ele dit de r´ egression ` a design fix´ e en supposant que les points d’observations X
ipeuvent ˆ etre choisis a priori par le statisticien. L’´ etude de ce mod` ele constituera un lien naturel entre le mod` ele du bruit blanc et le mod` ele ’r´ ealiste’ de r´ egression ` a pas al´ eatoire qui fait l’objet des chapitre 3 et chapitre 4.
Le mod` ele (1.1.2) est simple ` a interpreter puisqu’il est ´ equivalent dans un cadre hilbertien ` a l’obser- vation des coefficients de Fourier θ = (θ
k)
k∈Ndu signal f selon le mod` ele de suite gaussienne
(1.1.4) y
k= θ
k+ ε
k, k ∈ N
lorsque les variables ε
kind´ ependantes, identiquement distribu´ ees selon la loi gaussienne standard.
Son ´ etude dans le chapitre 2 permettra d’exposer clairement les bases du concept de risque minimax avec normalisation al´ eatoire sans avoir a discuter des difficult´ ees techniques inh´ erentes au mod` ele de r´ egression. La g´ en´ eralisation de cette ´ etude au mod` ele de r´ egression sera propos´ ee et r´ esolue dans le chapitre 3. Enfin, le probl` eme de test de la structure additive sera au centre du chapitre 4.
1.2 Approche Minimax
Consid´ erons une exp´ erience statistique engendr´ ee par un vecteur d’observation X
(n). Le param` etre n pouvant repr´ esenter le nombre d’observations dans le mod` ele de r´ egression ou l’inverse du carr´ e du niveau du bruit n = ε
−2dans le mod` ele de bruit blanc. Notons F un espace de Banach contenant la fonction observ´ ee, not´ ee f . Soit G : F → F
0une fonctionnelle ` a valeurs dans un autre espace de Banach (F
0, k · k). L’objectif fix´ e est l’estimation de la G(f ).
Notons E
(n)l’ensemble des estimateurs mesurables par rapport ` a X
(n). L’approche minimax exige un contrˆ ole uniforme sur F de l’erreur d’estimation. aussi, la performance d’un estimateur f b ∈ E
(n)est caract´ eris´ ee par son risque maximal sur F d´ efinit par
(1.2.1) R
nf , b F , sup
f∈F
E
fh ω
k f b − G(f )k i
lorsque E
fd´ esigne l’esp´ erance induite par la loi g´ en´ er´ ee par l’observation de f, et ω : R → R
+est une fonction croissante, continue telle que ω(0) = 0 et ω > 0 sur R
∗. Cette fonction est commun´ ement appel´ ee fonction de perte.
L’id´ ee naturelle consiste ` a choisir l’estimateur de E
(n)dont le risque maximal (1.2.1) est minimal.
On introduit ainsi le risque minimax sur F ,
(1.2.2) R
n(F ) , inf
f∈Eb (n)
R
nf , b F
Cette quantit´ e mesure le degr´ e de pr´ ecision (au sens du risque maximal) optimal pouvant ˆ etre atteint dans l’estimation de f . Comme nous pourrons le constater sur certains exemples, cette valeur est fortement d´ ependante de l’espace F ainsi que du mod` ele statistique. Le but principal consiste ` a donner le plus pr´ ecis´ ement possible la valeur de ce risque.
La strat´ egie usuelle afin d’obtenir l’asymptotique du risque minimax, se base sur la notion de risque minimax normalis´ e. Par la suite, nous appellerons normalisation toute suite d´ eterministe de r´ eels ψ
n> 0 telle que lim
n→∞ψ
n= 0. Le risque minimax normalis´ e par ψ
nest alors d´ efini par :
R
n(F, ψ
n) = inf
fb∈E(n)
R
nf , b F , ψ
n, inf
f∈Eb (n)
sup
f∈F
E
fh ω
ψ
−1nk f b − G(f )k i .
EXEMPLE 1.2.1. Tout au long de cette th` ese, nous n’aborderons qu’un seul type de probl´ eme d’estimation, celui concernant une fonctionnelle appartenant ` a un espace L
2(D) muni de la norme euclidienne
kf k
2= Z
D
f
2(t)dt
1/2.
On consid` erera alors le risque minimax quadratique correspondant aux choix k·k = k·k
2et ω(x) = x
2. Dans ce contexte, obtenir l’ordre de grandeur exact du risque minimax sur F se r´ esume ` a expliciter une normalisation ϕ
ntelle que :
(i) il existe une proc´ edure d’estimation atteignant la vitesse ϕ
n. Cette condition appel´ ee propri´ et´ e de la borne sup´ erieure se caract´ erise par :
(1.2.3) lim sup
n→∞
R
nf , b F , ϕ
n< ∞ .
(ii) il n’est pas possible de trouver un estimateur approchant f (au sens du risque maximal) ` a une pr´ ecision asymptotiquement meilleure que ϕ
n. Cette condition dite de la borne inf´ erieure ou condition d’optimalit´ e se caract´ erise formellement par :
(1.2.4) lim sup
n→∞
inf
f∈Eb (n)
R
nf , b F , ϕ
n> 0 .
Une normalisation v´ erifiant (1.2.3) et (1.2.4) est appel´ ee vitesse de convergence minimax sur F.
Dans ce cas tout estimateur v´ erifiant (1.2.3) sera dit asymptotiquement minimax.
Remarque 1.2.1. La d´ efinition formul´ ee ci-dessus, n’impose l’unicit´ e de la vitesse de convergence
minimax qu’` a une constante pr` es. Par la suite, par abus de language on appelle vitesse de convergence
une suite fix´ ee satisfaisant (1.2.3), (1.2.4).
Remarque 1.2.2. Nous nous restreindrons dans cette th` ese ` a consid´ erer le cas o` u F = F
0est un espace fonctionnel de type Holder ou Sobolev, G(f) = f et la fonction de perte est de la forme ω : x → |x|
qavec q > 0 et | · | d´ esigne la valeur absolue sur R .
L’estimation minimax a fait l’objet d’un grand nombre de travaux et cela principalement dans les mod` eles de bruit blanc (1.1.2), de r´ egression (1.1.3) et de densit´ e. On notera parmi eux Hasminskii et Ibragimov[52],[53], Kerkyacharian, Lepski et Picard[67], Stone [100] ainsi que Tsybakov [108].
1.3 Approche Adaptative
Pour l’approche adaptative, on ne suppose plus la connaissance exacte de l’espace fonctionnel F auquel appartient le fonction ` a estimer f. On suppose seulement que l’espace F est inclus dans une r´ eunion de classes fonctionnelles {F
κ}
κ∈Ψ. Typiquement, cette hypoth` ese peut se traduire par : nous ne connaissons plus parfaitement le param` etre de r´ egularit´ e de la fonction ; mais celui-ci est suppos´ e appartenir ` a un ensemble donn´ e, ici Ψ. Le param` etre κ ´ etant alors appel´ e param` etre nuisible ou param` etre de nuisance.
Le but de l’estimation minimax adaptative est de construire un estimateur de f simultan´ ement asymptotiquement minimax sur tous les espaces F
κ. Lorsqu’une telle proc´ edure s’av` ere impossible, nous demanderons ` a l’estimateur d’ˆ etre le plus pr´ ecis possible en un certains sens sur l’ensemble Ψ des param` etres nuisibles.
Supposons connues les vitesses de convergence minimax sur chaque espace F
κ, not´ ees ϕ
n(κ).
D´ efinition 1.3.1. Un estimateur f b
(a)sera dit adaptatif optimal (E.A.O.) sur {F
κ}
κ∈Ψsi
(1.3.1) sup
κ∈Ψ
lim sup
n→∞
R
nf b
(a), F
κ, ϕ
n(κ)
< ∞
Il sera utile, pour faire le lien entre l’estimation adaptative et l’estimation avec normalisation al´ eatoire, de donner une d´ efinition ´ equivalente ` a (1.3.1). Pour cela, d´ efinissons la vitesse adaptative optimale sur la classe {F
κ}
κ∈Ψpar
(1.3.2) ϕ
n,a(f ) = inf
κ:f∈Fκ
ϕ
n(κ),
et introduisons le risque maximal adaptatif d’un estimateur f b sur cette mˆ eme classe,
(1.3.3) R
(a)nf , b {F
κ}
κ∈Ψ= sup
f∈S
κ∈ΨFκ
E
fh ω
ϕ
n,a(f)
−1k f b − fk i .
D´ efinition 1.3.2. De mani` ere ´ equivalente ` a (1.3.1), un estimateur f b
(a)sera dit adaptatif optimal par rapport ` a la classe {F
κ}
κ∈Ψlorsque
(1.3.4) lim sup
n→∞
R
(a)nf b
(a), {F
κ}
κ∈Ψ< ∞
La recherche de telle proc´ edure a fait l’objet de nombreux travaux. Les m´ ethodes non lin´ eaires
de s´ election de mod` ele, de seuillage ou d’agr´ egation comme la comparaison biais-variance pour les
estimateurs ` a noyau, sont au centre de la grande majorit´ e d’entre eux. Citons parmi eux Barron, Birg´ e
et Massart [7], Donoho et Johnstone [27], Efromovich [30], Efromovich et Low[31], [32], Goldenshluger
etNemirovski [43], Golubev [45], Lepski [72], [73],[74], Lepski et Spokoiny [75],[77] Lepski, Mammen
et Spokoiny[76] ainsi que Low[90].
EXEMPLE 1.3.1. Lepski [72] grˆ ace ` a des techniques de comparaison biais-variance pour les es- timateurs ` a noyau, a explicit´ e un E.A.O. pour l’estimation en norme L
p(p ∈ [2, ∞]) lorsque les espaces F
κcorrespondent ` a des espaces de Holder H (κ) = H (β, L) et Ψ = [β
∗, β
∗] × (0, L
∗].
Cependant, cette approche, id´ eale d’un point de vue th´ eorique, s’av` ere avoir des domaines d’ap- plication et d’interpr´ etation assez limit´ es. Ceci se formalise au travers des deux points suivants.
En premier lieu, comme nous pouvions le redouter intuitivement, l’existence d’un estimateur adaptatif optimal est remis en question dans certains mod` eles. Ainsi, Lepski [73] a montr´ e l’im- possibilit´ e d’obtenir un tel estimateur pour le probl` eme d’estimation ponctuelle dans le mod` ele de bruit blanc gaussien dans le cadre des espaces de Holder H (κ) avec Ψ sous-ensemble fini de R
2∗. En fait, dans cet exemple comme dans une majorit´ e de mod` eles, la propri´ et´ e d’adaptation requiert un paiement vis ` a vis de la vitesse adaptative optimale. Aussi, lorsque celle-ci ne peut ˆ etre atteinte, il est n´ ec´ essaire de d´ efinir un crit` ere permettant de s´ electionner un ’meilleur’ estimateur sur la classe {F
κ}
κ∈Ψ. Plusieurs notions d’optimalit´ e ont ´ et´ e envisag´ es dans la litt´ erature. Nous citerons parmi celles-ci, le crit` ere ’global’ introduit par Lepski [73], le crit` ere ’ponctuel’ de Tsybakov [107] ainsi que celui formul´ e par Klutchnikoff [68] s’appliquant pour des param` etres nuisibles multidimensionnels.
De plus, comme le laisse entrevoir la D´ efinition 1.3.2, la vitesse atteinte par un E.A.O. d´ epend for- tement de la localisation exacte de f par rapport ` a {F
κ}
κ∈Ψ. Ainsi, sans information suppl´ ementaire sur f il est impossible de connaˆıtre ϕ
n,a(f ) et donc de construire une r´ egion de confiance s’adaptant ` a la valeur du param` etre nuisible, cela malgr´ e les performances optimales de l’E.A.O.. Cette incapacit´ e
`
a am´ eliorer les r´ egions de confiance construites ` a partir de l’approche minimax constitue une preuve criante de la dualit´ e intrens` eque de l’approche adaptative : elle traduit de mani` ere optimale la capa- cit´ e d’adaptation d’un point de vue minimax mais reste incapable de fournir de ’vrais’ intervalles de confiance.
Les d´ efauts de l’approche adaptative que nous venons de souligner, motivent la mise en place d’une proc´ edure permettant d’adapter l’estimation ` a non plus la localisation exacte de f (inconnue) mais une estimation de cette localisation. Ainsi, nous nous baserons sur les donn´ ees d’observations afin de savoir dans quelles mesures nous pouvons affiner notre estimation de la fonction cible. Ceci permettra la construction de ’vraies’ r´ egions de confiance.
Dans cette th` ese, nous d´ eveloppons une proc´ edure mise en place par Lepski [82] qui va permettre la construction d’E.A.O. pour la famille {Σ, Σ
0} o` u Σ est une boule de Sobolev multidimensionnel de param` etre de r´ egularit´ e β et Σ
0⊂ Σ est le sous espace des fonctions additives (v´ erifiant (1.1.1)).
Le chapitre 2 fournira un E.A.O. dans le cadre du mod` ele de bruit blanc gaussien (1.1.2) et celui de r´ egression ` a pas fix´ es, tandis que le chapitre 3 g´ en´ eralisera ce r´ esultat dans le mod` ele de r´ egression
`
a pas al´ eatoires.
1.4 Risque avec normalisation al´ eatoire
1.4.1 Description math´ ematique
Consid´ erons comme dans l’approche adaptative que F ∈
F
κ, κ ∈ Ψ; F
(0), et supposons que le
probl` eme d’estimation minimax soit r´ esolu sur chaque espace F
κainsi que sur F
(0)⊃ F
κ. Nous
ferons ici l’hypoth` ese que sur chaque sous espace F
κla vitesse minimax ϕ
n(κ) est asymptotiquement
plus rapide que ϕ
n(F
(0)), vitesse de convergence minimax sur l’espace ”ambiant” F
(0). De plus, nous
consid´ erons d´ esormais que Ψ est un sous ensemble discret de R
m.
D´ efinition 1.4.1. Nous appellerons normalisation al´ eatoire, toute variable al´ eatoire ρ b
n: Ω → (0, ϕ
n(F
(0))] ,
mesurable par rapport aux observations et born´ ee sup´ erieurement par ϕ
n(F
(0)) (ici Ω est l’ensemble des ´ even` enements al´ eatoires induit par l’exp´ erience statistique).
Le risque quadratique (nous nous limiterons dans la suite de la th` ese ` a consid´ erer la fonction de perte ω(x) = x
2) normalis´ e par ρ b
nd’un estimateur f b
nde la fonction cible f ∈ F
(0)est d´ efini comme
(1.4.1) R
(r)( ρ b
n, F
(0), f b
n) , sup
f∈F(0)
E
nfh
ρ b
−2nk f b − f k
2i .
Supposons l’existence d’une normalisation al´ eatoire, ρ b
n, poss´ edant un estimateur, f b
nadapt´ e, c’est
`
a dire tel que le risque (1.4.1) soit asymptotiquement major´ e par une constante M. Une simple utilisation de l’in´ egalit´ e de Markov induit pour 0 < γ < 1,
P
f(
k f b − fk ≥ M
γ
1/2ρ b
n)
≤ γ.
(1.4.2)
Ainsi, la normalisation ρ b
ndoit ˆ etre comprise comme la pr´ ecision d’estimation accessible de l’esti- mateur f b
n. L’enjeu de cette approche est donc la construction un couple estimateur-normalisation al´ eatoire
f b
n; ρ b
nauquel nous demandons les deux propri´ et´ es suivantes : (i) lim
n→∞R
(r)( ρ b
n, F
(0), f b
n) < ∞ .
(ii) ∀ κ ∈ Υ, lim inf
n→∞inf
f∈FκP
fρ b
n< ϕ
n(F
(0))
> 0 .
Le premier point t´ emoigne de l’ad´ equation entre la proc´ edure et la normalisation al´ eatoire. Le se- cond, lui, demande ` a ρ b
nd’am´ eliorer la pr´ ecision d’estimation minimax globale ϕ
n(F
(0)) lorsque cela est possible. Ainsi nous allons mesurer le gain engendr´ e par une normalisation sur l’ensemble des sous-espaces F
κgrˆ ace ` a l’introduction de la notion de caract´ eristique.
Soit 1 > α
n> 0 une suite de r´ eels. Nous voulons garantir, lorsque la fonction cible appartient ` a F
κ, pour un certain κ ∈ Υ, un gain d’estimation minimal avec probabilit´ e, avec un degr´ e de confiance sup´ erieur ou ´ egal ` a 1 − α
n. La notion d’am´ elioration se d´ efinit alors sous cette contrainte.
D´ efinition 1.4.2. On appelle α
n-caract´ eristique de ρ b
nle vecteur x
n= (x
n( ρ, β)) b
κ∈Υtel que pour tout κ ∈ Υ
(1.4.3) x
n( ρ, κ) b , inf
0 < x < ϕ
n(F
(0)) : inf
f∈Fκ
P
f( ρ b
n≤ x) ≥ 1 − α
nRemarque 1.4.1. Les composantes de la caract´ eristique sont des fonctions d´ ecroissantes en α
n. En relˆ achant le seuil de s´ ecurit´ e sur la plage d’am´ eliration d’estimation, on s’autorise une plus grande pr´ ecision d’estimation.
Ce vecteur va permettre de comparer les normalisations al´ eatoires sur chaque sous espace. A partir de cette definition, l’id´ ee pour d´ ecrire une strat´ egie optimale ρ
∗nconsiste ` a montrer :
1. l’existence d’un estimateur adapt´ e ` a ρ
∗n2. qu’aucune normalisation al´ eatoire ρ b
nadmettant un estimateur adapt´ e n’est plus fine que ρ
∗n(au sens de la caract´ eristique) pour une valeur du param` etre nuisible,
Ces principes se formalisent dans la d´ efinition de normalisation α-optimale.
D´ efinition 1.4.3. Une normalisation al´ eatoire ρ
∗nsera dite α
n-optimale vis ` a vis de la famille {F
κ}
κ∈Υsi les conditions suivantes sont v´ erifi´ ees
¶ il existe un estimateur f
n∗tel que lim sup
n→∞
R
(r)ρ
∗n, F
(0), f
n∗< ∞.
· pour toute normalisation ρ b
ntelle qu’il existe κ
0∈ Υ, tel que
n→∞
lim
x
n( ρ, κ b
0) x
n(ρ
∗, κ
0) = 0, alors
lim inf
n→∞
inf
fbn
R
(r)( ρ b
n, F
(0), f b
n) = ∞.
L’estimateur f
n∗v´ erifiant 1. est alors dit α
n-adaptatif.
Remarque 1.4.2. Puisque ρ
∗n≤ ϕ
n(F
(0)), tout estimateur α
n-adaptatif est aussi minimax sur F
(0). Ainsi le risque (1.4.1) permet de couvrir le cadre de la th´ eorie minimax.
Remarque 1.4.3. Il n’y a pas unicit´ e de la normalisation al´ eatoire α
n-optimale. En effet, deux normalisations ayant mˆ eme caract´ eristique (en ordre) seront alors consid´ er´ ees comme ´ equivalentes.
Cette notion d’optimalit´ e introduite par Lepski [82] pour une famille
F
0, F
(0), o` u F
0⊂ F
(0), a ´ et´ e g´ en´ eralis´ e par Lepski et Hoffman [83]. Cependant, les travaux faisant l’objet de cette th` ese se limitant ` a l’´ etude d’une famille compos´ ee d’un espace massif et d’un nombre fini de sous espaces
’acc´ el´ erateurs’ (typiquement N), nous allons voir qu’il est possible de se restreindre ` a consid´ erer des normalisations al´ eatoires ne prenant qu’un nombre fini de valeurs (typiquement N+1 valeurs). Par exemple, la proposition suivante dans Lepski [83], montre que dans le cas o` u N=1, on peut se limiter
`
a d´ efinir une normalisation al´ eatoire par deux valeurs : la vitesse de convergence sur l’espace ’massif’
et une autre valeur repr´ esentant l’am´ elioration possible de la pr´ ecision sur l’espace ’acc´ el´ erateur’.
Proposition 1.4.1. Supposons (ρ
∗n, f
n∗) soit un couple α
n-optimal c.a.d. v´ erifie la d´ efinition 1.4.4, pour la famille
F
0, F
(0), alors ρ
∗1,n=
x
n(ρ
∗), if ρ
∗n≤ x
n(ρ
∗),
ϕ
n(F
(0)), if ρ
∗n> x
n(ρ
∗),
est ´ egalement α
n-optimale.
Remarque 1.4.4. La g´ en´ eralisation de ce r´ esultat pour un nombre quelconque N ∈ N
∗peut ˆ etre trouv´ e dans [83]
Une telle proposition appelle une d´ efinition simplif´ı´ ee de α
n-optimalit´ e pour les normalisations al´ eatoires, alternative ` a la d´ efinition globale 1.4.4 dans le cas N=1. Nous noterons donc dans la suite, O
n, l’ensemble des normalisations al´ eatoires ρ b
nne prenant que deux valeurs {ϕ
n(F
(0)), b
n} avec 0 < b
n< ϕ
n(F
(0)).
(1.4.4) Ω
n(α
n) , Ω
n=
(ρ
n)
n∈ O
n: lim sup
n−→∞
α
−1nsup
f∈F0
P
f(ρ
n= ϕ
n(F
(0))) ≤ 1
.
D´ efinition 1.4.4. Une normalisation al´ eatoire ρ
∗n∈ O
nsera dite α
n-optimale vis ` a vis de la famille {F
0, F
(0)} si les conditions suivantes sont v´ erifi´ ees
¶ ρ
∗n∈ Ω
n(α
n)
· il existe un estimateur f
n∗tel que lim sup
n→∞
R
(r)ρ
∗n, F
(0), f
n∗< ∞.
¸ si ρ b
n= {ϕ
n(F
(0)), b
n} ∈ Ω
n(α
n) telle que lim
n→∞ bnan
= 0, alors lim inf
n→∞
inf
fbn
R
(r)( ρ b
n, F
(0), f b
n) = ∞.
L’estimateur f
n∗v´ erifiant 2. est alors dit α
n-adaptatif.
Tout au long de cette th` ese nous montrerons l’optimalit´ e de nos proc´ edures via la D´ efinition 1.4.4.
1.4.2 Philosophie de la construction de normalisation optimale
Lepski et Hoffmann [83] ont montr´ e qu’il est possible d’expliciter une normalisation optimale adapt´ ee ` a
F
κ, κ ∈ Ψ; F
(0), apr` es avoir r´ esolu s´ epar´ ement les probl` emes concernant les familles F
κ, F
(0). Cette construction justifie notre intˆ eret pour l’´ etude d’une famille du type
F
(0), F
0⊂ F
(0). Nous allons donc exposer la philosophie de la construction dans le cadre pr´ ecis d’une famille constitu´ e de deux classes de fonctions F
0⊂ F
(0).
Dans ce cadre, savoir si la localisation (inconnue) de notre fonction cible permet ou non une proc´ edure d’estimation plus pr´ ecise revient ` a r´ epondre ` a la question : f appartient-elle ` a l’espace F
0? L’id´ ee consiste ` a utiliser les observations afin de donner une r´ eponse fiable. Evidemment les observations ´ etant bruit´ ees, il n’est pas possible d’y r´ epondre de mani` ere exacte. L’outil de base va donc ˆ etre le test statistique de l’hypoth` ese
H
0: f ∈ F
0, contre une alternative locale
A
n: f ∈
f ∈ F
(0): d (f, F
0) = inf
g∈F0
kf − gk ≥ ψ
n.
Une id´ ee naturelle consiste ` a faire correspondre la m´ ethode d’estimation avec le r´ esultat du test.
Typiquement, la strat´ egie est de choisir l’estimateur minimax sur F
0, not´ e f b
0, lorsque le test accepte
l’hypoth` ese, et l’estimateur minimax sur F
(0), not´ e f b
(0), lorsque celle-ci est rejet´ ee. C’est la phase d’estimation. La pr´ ecision alors atteinte par l’estimateur r´ esultant constituera la normalisation al´ eatoire.
EXEMPLE 1.4.1. Observons, le cas du test trivial qui accepte syst´ ematiquement l’hypoth` ese. Ce test induit l’utilisation syst´ ematique de f b
0. La caract´ eristique de la normalisation rattach´ ee est optimale puisqu’elle ´ equivaut ` a la vitesse minimax ϕ
n(F
0). Cependant, cet estimateur n’est pas raisonnable loin de F
0puisqu’il n’ est pas minimax sur F
(0)et donc n’a aucune chance d’ˆ etre α
n-optimal.
La r` egle de d´ ecision permettant de tester H
0doit se soumettre aux contraintes suivantes : 1. accepter l’hypoth` ese avec une grande probabilit´ e lorsqu’elle ci est vraie et ainsi diminuer la
caract´ eristique de la normalisation sous-jacente .
2. distinguer de mani` ere efficace les ´ el´ ements trop loin de F
0.
Pour r´ ealiser ces conditions, la phase de test requiert l’estimation pr´ ecise (au sens minimax) de la distance d = d (f, F
0). En cela, la construction fait appel ` a la notion d’optimalit´ e au sens de la th´ eorie minimax des tests d’hypoth` ese. Nous exposerons plus en d´ etail les notions relatives ` a cette th´ eorie dans la Section 1.5.
Dans un cadre Hilbertien, la r` egle de d´ ecision se base g´ en´ eralement sur le principe suivant : f b
0estime bien la projection de f sur F
0; f b
(0)estime bien f de mani` ere uniforme sur F
(0); en observant une la quantit´ e
d b = k f b
0− f b
(0)k,
on peut d´ etecter l’appartenance ` a F
0. On d´ etermine un seuil de tol´ erance que d b ne doit pas d´ epasser pour que H
0soit accept´ ee.
Remarque 1.4.5. Notons que dans certains mod` eles. il est plus facile de distinguer la fonction f de l’espace F
0que d’estimer f. En effet ce ph´ enom` ene provient du fait que la vitesse minimax d’estimation de d = d(f, F
0) = sur F
(0)est meilleure que la vitesse minimax ϕ
n(F
(0)), lorsque le risque est d´ efini par rapport ` a k · k. En particulier, dans le cas o` u k.k = k · k
pavec p ∈ 2 N cette am´ elioration est remarquable (voir Lepski, Nemirovski et Spokoiny [81]). Aussi, selon l’espace F
0il est possible d’avoir une meilleure precision d’estimation de d que d’estimation de f sous l’hypoth` ese.
Dans ce cas pr´ ecis, la phase d’estimation est limitante pour la normalisation al´ eatoire.
Comme nous l’avons vu, la m´ ethodologie est tr´ es claire lorsqu’on se limite ` a consid´ erer une unique hypoth` ese ’acc´ el´ eratrice’. Une question assez naturelle peut se poser : Que se passe-t-il lorsque plu- sieurs hypoth` eses sont envisag´ ees ? Lepski et Hoffmann ont r´ epondu ` a cela. En effet, dans le cas d’un nombre fini d’hypoth` eses, ils ont montr´ e qu’il suffit de tester s´ epar´ ement chaque hypoth` ese puis choisir parmi celles qui ont ´ et´ e accept´ ees, celle qui permet une plus grande pr´ ecision d’estimation.
Une g´ en´ eralisation ` a un nombre quelconque d’hypoth` eses est ´ egalement envisag´ ee dans Lepski [83].
Cette construction dite construction canonique se formalise dans la proposition suivante.
Supposons avoir expliciter des normalisations al´ eatoires α
n-optimale, ρ
∗n,κ, ainsi que les estimateurs adapt´ es, f
n,κ∗, pour chaque famille {F
κ, F
(0)}, κ ∈ Ψ. D´ efinissons alors l’indice κ
∗tel que
ρ
∗n,κ∗= inf
κ∈Ψ
ρ
∗n,κ. On pose alors,
ρ
∗n= ρ
∗n,κ∗, f
n∗= f
n,κ∗ ∗.
Proposition 1.4.2. La normalisation al´ eatoire ρ
∗nest α
n-optimale et f
n∗est α
n-adaptatif pour la famille {F
κ}
κ∈ΨRemarque 1.4.6. Le probl` eme r´ eciproque de la construction des normalisations ρ
∗n,κ, κ ∈ Ψ, ` a partir d’une normalisation α
n-optimale sur la famille {F
κ}
κ∈Ψest ´ egalement soulev´ e dans Lepski [83].
Nous utiliserons la construction canonique dans le chapitre 3 afin d’´ etendre les r´ esultats obtenus pour le mod` ele d’additivit´ e partielle pr´ esent´ e dans la Section 1.6. En outre, ce r´ esultat permettra de consid´ erer des espaces fonctionnels anisotropes.
1.4.3 Liens avec certains r´ esultats existants
Cette m´ ethodologie ´ etant assez r´ ecente, la litt´ erature s’y rapportant est par cons´ equent assez r´ eduite. Lepski [82] initie le principe et propose une premi` ere ´ etude th´ eorique. Il traite dans ce papier le cas de l’ hypoth` ese de sous-famille param´ etr´ ee et pr´ esentent certains probl` emes ouverts :
1. Lepski et Hoffmann [83] r´ epondent ` a celui concernant l’hypoth` ese de dimensionnalit´ e pour l’ob- servation d’un signal dans le mod` ele (1.1.2) lorsque F
(0)est un espace de Sobolev d-dimensionnel anisotrope. Cette hypoth` ese consiste ` a supposer que la fonction observ´ ee ne d´ epend effectivement que de s < d variables.
2. Yode [110] obtient une normalisation al´ eatoire optimale et un estimateur α-optimal pour l’hy- poth` ese d’ind´ ependance des coordonn´ ees, lors l’observation de la densit´ e d’un vecteur al´ eatoire de R
d.
Soulignons ´ egalement que Baraud [4] utilise, dans le contexte de construction d’intervalles de confiance (voir section suivante), une m´ ethode ´ egalement bas´ ee sur une utilisation de tests d’hy- poth` ese. La strat´ egie g´ en´ erale consiste ` a contrˆ oler uniform´ ement kf − f b k lorsque f est la fonction de r´ egression et f b un bon estimateur, typiquement construit par projection sur un sous-espace S. Un test de l’hypoth` ese f ∈ S bas´ e sur l’estimation de la distance de f au sous espace S, est alors utilis´ e afin de valider ou non la pertinence du choix de S.
Le probl` eme trait´ e dans les chapitres 2 et 3 se situe dans la continuit´ e de ces travaux. En effet, les r´ esultats contenus dans cette th` ese visent ` a am´ eliorer la construction de vraies r´ egions de confiance pour l’observation d’une fonction multidimensionnelle en se basant sur l’hypoth` ese de structure additive (1.1.1). Nous traitons ici un cadre hilbertien, en supposant F
(0)⊂ L
2(D), avec D compact de R
d, muni de la norme quadratique usuelle. Dans ce cas pr´ ecis, nous verrons que la phase de test limite la pr´ ecision accessible de la proc´ edure, c’est ` a dire la normalisation al´ eatoire optimale, tout en fournissant des estimateurs adaptatifs au sens de la d´ efinition 1.3.2.
En effet, dans l’ensemble des cas trait´ es par cette m´ ethode, l’estimateur α
n-adaptatif construit est non seulement minimax optimal mais aussi adaptatif optimal. Cette propri´ et´ e montr´ ee par Lepski [82], apparaˆıt ` a partir du moment o` u l’on se fixe une suite α
ntendant assez vite vers 0. La r´ esultat exact est donn´ e ci-dessous. Pour deux suites r´ eelles (u
n)
n∈Net (v
n)
n∈N` a valeurs dans R
∗, nous noterons u
n= O(v
n) lorsque la suite (u
n/v
n)
n∈N
est born´ ee.
Proposition 1.4.3. Soit le couple (ρ
∗n, f
n∗) α
n-adaptatif optimal pour
F
0, F
(0). Supposons que l’estimateur f
n∗1
{ρ∗n≤xn(ρ∗)}soit asymptotiquement minimax sur F
0et que si ω(x) = |x|
q,
α
n= O
n(ϕ
qn(F
0)) ,
alors f
n∗est adaptatif par rapport ` a
F
0, F
(0).
Remarque 1.4.7. Le r´ esultat reste vrai si le couple (ρ
∗n, f
n∗) v´ erifie les points ¶ et · de la D´ efinition 1.4.4.
Remarque 1.4.8. Un r´ esultat analogue permettant de traiter le cas d’une famille finie quelconque d’espaces fonctionnels a ´ et´ e prouv´ e par Lepski et Hoffmann [83]. La question r´ eciproque qui consiste
`
a savoir dans quelles conditions un estimateur adaptatif peut ˆ etre α
n-adaptatif reste ouverte.
Cette proposition dicte implicitement le choix de α
n→ 0 lorsque n → ∞. La difficult´ e technique majeure li´ ee aux r´ esultats pr´ esents dans cette th` ese, se rapporte ` a cette condition. En effet, celle-ci va n´ ec´ essiter un contrˆ ole tr` es pr´ ecis des erreurs de tests. Nous verrons dans la Section 1.7 en quoi cela peut s’av´ erer d´ elicat pour le mod` ele de r´ egression. Tout d’abord, revenons en d´ etails sur la construction de r´ egions de confiance li´ ee ` a l’approche d’estimation via le risque avec normalisation al´ eatoire.
1.4.4 R´ egion de confiance
Comme nous l’avons soulign´ e plus haut, l’une des motivations principales li´ ee ` a l’introduction de la th´ eorie de risque avec normalisation al´ eatoire est l’obtention de ”vraies” r´ egions de confiance pour la fonction cible f .
Ainsi, notons X
(n)l’ensemble des observations g´ en´ er´ e par l’exp´ erience (typiquement n est le nombres d’observations), et G : F → F
0une fonctionnelle ` a valeurs dans un espace de Banach (F
0, k · k).
D´ efinition 1.4.5. Un sous ensemble B(X
(n)) ⊂ F
0, dependant des observations mais en aucun cas d’un param` etre inconnu li´ e ` a la fonction f, est appel´ e r´ egion (ou boule) de confiance de niveau
%
npour G(f ) lorsque
f
inf
∈FP
fG(f) ∈ B(X
(n))
≥ 1 − %
n. (1.4.5)
L’ensemble des r´ egions de confiance de niveau %
nsur la classe F est not´ e l
%n(F ).
Pour un niveau de confiance %
nfix´ e, l’objectif est de minimiser le rayon (calcul´ e par rapport ` a k·k) d’une region de confiance satisfaisant (1.4.5). Ce probl` eme statistique est ` a l’origine de nombreux travaux, citons parmi eux Baraud [4], Li [87] et Low [90].
La plupart des m´ ethodes de construction de boules de confiance sont bas´ ees sur une estimation via l’approche minimax de la fonctionnelle G(f ). Par exemple, dans le cas o` u F = F
0et G(f) = f, supposons que f b
nsoit un estimateur minimax de f sur F, atteignant la vitesse ϕ
n(F ) pour le risque quadratique en norme k · k. Une simple application de l’in´ egalit´ e de Chebychev permet d’obtenir l’existence d’une constance C > 0 telle que :
sup
f∈F
P
fk f b
n− f k > Cϕ
n(F )
≤ %
n.
Ainsi, la boule centr´ ee sur f b
net de rayon Cϕ
n(F) (mesur´ e par rapport ` a k·k), not´ ee B
k·k( f b
n, Cϕ
n(F )),
est une r´ egion de confiance de niveau %
npour f ∈ F .
Dans le contexte minimax, la pr´ ecision d’une boule de confiance pour G(f ) est mesur´ ee via deux quantit´ es fortement reli´ ees : sa probabilit´ e de recouvrement sur F et sa taille. Cette derni` ere est intuitivement d´ efinit lorsqu’ on imagine une boule de confiance ayant un diam` etre d´ eterministe. Par contre, d` es lors que nous consid´ erons une r´ egion de confiance pour laquelle le rayon d´ epends des observations, la notion de taille doit ˆ etre rattach´ ee ` a la notion de diam` etre moyen. Ainsi, si l’on note d(B(X
(n))), le diam` etre de la r´ egion de confiance B(X
(n)), on a
d(B(X
(n))) , max n
kx − yk ; x , y ∈ B(X
(n)) o . La taille de la r´ egion B(X
(n)) sur la classe F est alors d´ efinit par
L(B(X
(n)), F) , sup
f∈F
E
fh d(B(X
(n))) i .
Du point de vue de Neyman-Pearson, l’objectif est de minimiser la taille moyenne L(B(X
(n)), F) tout en conservant une probabilit´ e de recouvrement de 1 − %
nsur la classe F . En d’autre termes, il s’agit de construire une r´ egion de confiance atteignant la borne
L
∗%n
(F ) , inf
B(X(n))∈l%n(F)
L(B(X
(n)), F ) .
Citons ` a ce sujet les travaux de Donoho [26], Hall [49] ou encore Hardle et Marron [50] fortement inspir´ es par la technique de bootstrap.
Evidemment, ce point de vue minimax va poser le probl` eme d’adaptation statistique concernant la construction de r´ egion de confiance. Exposons les fondements de cette notion sur l’exemple simple de deux classes fonctionnelles F
1⊂ F . Dans ce contexte, nous souhaitons pouvoir construire une boule de confiance, B
∗(X
(n)), de niveau %
nsur F et de sorte que :
L(B
∗(X
(n)), F) = L
∗%n(F ) , L(B
∗(X
(n)), F
1) = L
∗%n
(F
1) . (1.4.6)
Une telle r´ egion de confiance, si elle existe, sera dite adaptative optimale relativement ` a la famille {F
1, F }. La construction de r´ egions de confiance adaptatives est au centre des travaux de Hengartner et Stark [55], Picard et Tribouley [92] et plus r´ ecemment de Cai et Low [15] [16]. En particulier, ces derniers ont introduit une notion d’adaptation interm´ ediaire en definissant une quantit´ e mesurant le degr´ e d’adaptation entre deux classes de fonctions :
L
∗%n(F, F
1) , inf
B(X(n))∈l%n(F)
L(B(X
(n)), F
1) .
Il est clair que L
∗%n(F, F
1) ≥ L
∗%n(F
1) mais surtout que la construction de r´ egions de confiance adatpa- tives au sens de (1.4.6) ne sera possible que si ces deux quantit´ es sont du mˆ eme ordre de grandeur. En particulier, Low [90] a fournit un exemple de mod` ele pour lequel L
∗%n(F, F
1) est asymptotiquement grand vis ` a vis de L
∗%n
(F
1).
Comme nous l’avons soulign´ e plus haut, l’approche d’estimation adaptative ne permet pas de
d´ eduire de mani` ere simple de ”vrais” intervalles de confiance adaptatifs, c.a.d. dont la taille s’adapte
de fa¸con optimale ` a la r´ egularit´ e effective de f. Ainsi les probl` emes d’estimation adaptative et de construction de r´ egions de confiance adaptative au sens de (1.4.6) ne sont donc que tr´ es faiblement li´ es. En ce sens, pour le probl` eme de construction de r´ egion de confiance pour G(f) = f(t
0) o` u t
0est un point fix´ e, et k · k = | · |, Low [90] a montr´ e qu’il ´ etait impossible d’am´ eliorer le rayon minimax uniform´ ement sur F , c.a.d L
∗%n
(F , F
1) ≈ L
∗%n
(F ). La th´ eorie d’estimation avec normalisation al´ eatoire essentiellement d´ evelopp´ ee dans le cadre hilbertien de l’estimation en norme k · k
2permet d’obtenir des r´ esultats plus optimistes dans ce contexte. En effet, (1.4.2) permet d’interpr´ eter une normalisation al´ eatoire comme le rayon al´ eatoire d’une r´ egion de confiance de niveau %
n, potentiellement plus fin que le rayon minimax. Nous verrons au chapitre 3, Section 3.1.4.2, une construction assez fine d’une r´ egion de confiance bas´ ee sur l’estimation avec normalisation al´ eatoire d’une fonction de r´ egression.
En particulier, nous discuterons l’influence d’un niveau de confiance asymptotiquement nul sur la largeur des r´ egions de confiance.
1.5 Th´ eorie minimax des tests d’hypoth` ese
1.5.1 Mise en place th´ eorique
D’un point de vue minimax, la th´ eorie de test d’hypoth` ese est un outil majeur pour la construc- tion des normalisations al´ eatoires. Elle trouve son origine dans les travaux de Ingster [60][61][62][63].
L’id´ ee fondamentale consiste ` a ´ etudier le test de l’hypoth` ese ”nulle”, not´ ee H
0, contre une alternative locale non param´ etrique. Au travers de diff´ erentes ´ etudes, men´ ees dans Bierens [12], Eubank et Hart [34], Stute [103], il a ´ et´ e possible de constater la forte d´ ependance du test ’optimal’ par rapport au choix de l’alternative. En effet, certains tests peuvent s’av´ erer tres efficaces pour d´ etecter H
0contre une famille d’alternatives locales mais cependant peu raisonnable pour le choix d’une autre famille d’alternatives. Ingster a ainsi formalis´ e le fait qu’un test ne peut ˆ etre uniform´ ement consis- tant que si l’on consid´ ere les alternatives suffisament ’´ eloign´ ees’ de l’hypoth` ese nulle. Typiquement l’on va chercher ` a contruire un test de puissance asymptotiquement ´ egale ` a 1, permettant de distin- guer l’hypoth` ese nulle de l’alternative la plus proche possible. Pour un mod` ele donn´ e, la d´ emarche consiste donc ` a obtenir ` a la fois cette distance minimale d’approche et un test efficace ` a cette distance.
Formalisons cette notion, en consid´ erant l’observation d’une fonction f appartenant ` a un espace fonctionnel F dans le mod` ele de r´ egression (1.1.3). Notons F
0un sous-ensemble de F. Nous nous int´ eressons au probl` eme de test de l’hypoth` ese nulle
H
0: f ∈ F
0, contre l’alternative locale
A
n(Cϕ
n) : f ∈ Φ
n(Cϕ
n) = {f ∈ F : d(f, F
0) ≥ Cϕ
n} ,
lorsque d est une fonction distance donn´ ee, C > 0 et ϕ
n> 0 (n ´ etant le nombre d’observations). De mani` ere g´ en´ erale, on attache ` a l’espace F une condition de r´ egularit´ e n´ ec´ essaire (voir Ingster [63]) ` a la distinction de la fonction ` a tester f du bruit d’observations.
On appelle fonction test ou plus simplement test toute variable al´ eatoire ∆
nmesurable par
rapport ` a X
(n)et ` a valeurs dans {0, 1}. Cette fonction se base sur une r` egle de d´ ecision et d´ ecide
d’accepter H
0(typiquement si ∆
n= 0) ou rejeter celle-ci (si ∆
n= 1). Dans le cadre minimax, la qualit´ e du test ∆
nest caract´ eris´ ee par deux quantit´ es repr´ esentant les deux types d’erreurs possibles.
L’erreur de premi` ere esp` ece ou niveau du test α(∆
n) = sup
f∈F0
P
f(∆
n= 1),
qui symbolise la probabilit´ e de rejet de l’hypoth` ese alors que celle-ci est v´ erifi´ ee en r´ ealit´ e et l’erreur de deuxi` eme esp` ece
γ(∆
n, ρ
n) = sup
f∈Φn(Cϕn)
P
f(∆
n= 0)
repr´ esentant la probabilit´ e d’accepter H
0` a tort. La quantit´ e 1− γ(∆
n, ρ
n) est commun´ ement appell´ ee puissance du test.
Notons Γ
nl’ensemble de toutes les strat´ egies relatives au test de H
0. Afin de comparer deux
´ el´ ements de Γ
n, nous adopterons une approche dite de Neyman-Pearson. Celle-ci consiste ` a fixer au pr´ ealable le niveau de test d´ esir´ e, c’est ` a dire ` a se restreindre ` a consid´ erer un sous ensemble de strat´ egies de niveau α, puis ` a minimiser l’erreur de deuxi` eme esp` ece sous cette contrainte. Pour cela, consid´ erons une suite de r´ eels α = (α
n)
n∈Net introduisons l’ensemble
Γ
n(α
n) =
∆
n∈ Γ
n: lim sup
n→∞
α
−1nα(∆
n) ≤ 1
.
Un test appartenant ` a Γ
n(α
n) sera dit de niveau asymptotique α
n. On mettra en evidence l’in- fluence de la valeur α
∞= lim inf
n→∞α
n. Soit γ = (γ
n)
n∈Nune suite de r´ eels positifs. Nous donnons alors le crit` ere d’optimalit´ e permettant de caract´ eris´ e la plus petite distance pour laquelle il est possible de distinguer l’hypoth` ese nulle de l’alternative.
D´ efinition 1.5.1. La suite ϕ
nest dite vitesse (α
n, γ
n)-optimale de test lorsque
¶ il existe C
∗> 0 telle que ∀C < C
∗, on a lim inf
n→∞
γ
n−1inf
∆n∈Γn(αn)
γ(∆
n, Cϕ
n) ≥ 1
· il existe C
∗> 0 et un test ∆
∗n∈ Γ
n(α
n) tels que ∀C > C
∗, lim sup
n→∞
γ
n−1γ(∆
∗n, Cϕ
n) ≤ 1.
Le test ∆
∗nv´ erifiant le second point est dit asymptotiquement optimal.
1.5.2 Contexte statistique
Les premi` eres ´ etudes se rattachant ` a cette th´ eorie ont eu pour objet le probl` eme de test d’absence de signal H
0: f = 0 contre l’alternative locale A
n(Cϕ
n) : kf k
r> Cϕ
npour f appartenant
`
a des espace de Holder, Sobolev puis Besov. L’ensemble des r´ esultats obtenus montrent une forte d´ ependance entre la vitesse optimale de test et les hypoth` eses de r´ egularit´ es.
EXEMPLE 1.5.1. Dans le mod` ele du bruit blanc gaussien (1.1.2), sur des espaces de Besov B
s,p, et dans le cas o` u α
∞> 0, il a ´ et´ e (voir Ingster [60], [62]) montr´ e l’optimalit´ e de la vitesse ε
4s+14slorsque r ≤ 2 ≤ p, et de la vitesse ε
2s+1−1/p2spour p = r > 2. Le cas de r´ egularit´ e inhomog` ene p < r = 2 fut r´ esolut par Lepski et Spokoiny [78] en observant l’optimalit´ e de ε
4s0
4s0+1
o` u s
0= s −
2p1+
14.
De nombreux autres probl` emes de test furent abord´ es via l’approche minimax. On citera parmi eux les travaux de Ermakov [33], Gayraud et Pouet [37], Lepski et Pouet [85], Lepski et Tsybakov [86]. Une partie de cette th` ese est dedi´ ee ` a l’obtention de vitesse optimale de test de l’hypoth` ese de structure additive (1.1.1). Ce probl` eme a ´ et´ e r´ esolu par Abramovich, De Feis et Sapatinas [1] dans le mod` ele de r´ egression ` a pas fixe sur des espaces de Besov et pour une suite α
nconstante. Nous r´ epondrons ` a cette question dans un mod` ele plus g´ en´ eral de r´ egression ` a pas al´ eatoire de loi inconnue et en imposant surtout α
∞= lim inf
n→∞α
n= 0.
A partir de ces r´ esultats, plusieurs points peuvent ˆ etre discut´ es. Nous nous concentrons ici sur deux probl` emes essentiels :
1. Quels sont les enjeux concernant le choix de la suite α
n? Que se passe-t-il lorsqu’on envisage α
∞= 0 ? Quel influence ce choix a-t-il sur la vitesse optimale de test ?
2. La structure d’un test asymptotiquement optimal d´ ependant fortement du param` etre de r´ egularit´ e a priori inconnu, peut-on proposer une strat´ egie de test s’adaptant ` a ce param` etre ? Si oui, dans quelles mesures ?
Dans cette th` ese, nous consid` ererons l’approche de Neymann-Pearson en autorisant la suite α
n` a tendre vers 0. Ce choix privil´ egie l’acceptation de l’hypoth` ese au d´ epens de l’alternative. En effet, en faisant tendre l’erreur de premi` ere esp` ece vers 0, l’on va garantir d’accepter H
0avec une grande probabilit´ e lorsque celle-ci est vraie. Cette d´ emarche s’int` egre dans la proc´ edure de construction d’une normalisation al´ eatoire, puisque l’acceptation de l’hypoth` ese engendre directement l’am´ elioration de la pr´ ecision d’estimation via la valeur de la caract´ eristique (D´ efinition 1.4.2). De plus, comme nous le verrons, le choix de α
∞= 0 diminue la vitesse de test optimale et ainsi augmente la taille de la zone neutre {f ∈ F : 0 < d(f, F
0) < ϕ
n} sur laquelle la proc´ edure d’estimation est susceptible d’ˆ etre am´ elior´ ee.
Un autre aspect important de ce choix r´ eside dans le lien entre estimation α-adaptative et estima- tion adaptative. La Proposition 1.4.3 montre que lorsque α
n= O (ϕ
rn(F
0)), un estimateur α-adaptatif est aussi adaptatif au sens de la D´ efinition 1.3.1. Ainsi, en faisant tendre α
nvers 0, on donne la pos- sibilit´ e ` a la proc´ edure d’estimation construite ` a partir du test de structure, d’ˆ etre adaptive.
Ce type de consid´ eration est assez r´ ecent (Ingster [63]). On le retrouve dans le travaux de Yode [110] qui r´ esout le probl` eme de test d’ind´ ependance des coordonn´ ees dans le mod` ele de densit´ e.
Comme on a pu le constater les probl` emes de test d’hypoth` ese et d’estimation dans le contexte minimax sont ´ etroitement li´ es. Cependant, il est possible d’observer des diff´ erences entre vitesse de test et vitesse d’estimation. Par exemple, pour le test d’absence de signal dans le cadre d’un espace de Besov comme d´ ecrit plus haut p ≥ r, la vitesse minimax d’estimation est ε
2s+12s, alors que la vitesse de test optimale est ε
4s+14s. Une chose persiste la d´ ependance par rapport au param` etre de r´ egularit´ e s. Cette dualit´ e a naturellement pouss´ e ` a transposer la notion d’adaptation ` a la th´ eorie des tests d’hypoth` eses.
Des travaux th´ eoriques (dans le mod` ele du bruit blanc) de Spokoiny [99] ` a ce sujet, ont permis
d’observer que la propri´ et´ e d’adaptation pouvait aussi n´ ec´ essiter un paiement dans le cadre des
tests d’hypoth` ese. Il a montr´ e que cette perte d’efficacit´ e se caract´ erise par la pr´ esence d’un terme
additionnel en ln (ln (ε
−1)) dans la vitesse optimale de test d’absence de signal. En s’inspirant de
[99], nous construirons, dans le mod` ele de r´ egression, un test de la structure additive qui s’adapte ` a
la r´ egularit´ e de la fonction observ´ ee, tout en conc´ edant ` a la vitesse optimale de test un facteur en ln(ln(n)). L’optimalit´ e, selon le crit` ere donn´ e par Spokoiny, d’une telle proc´ edure sera ´ etablie.
1.6 Le mod` ele non param´ etrique additif
Comme on a pu le voir plus haut, le proc´ ed´ e d’estimation envisag´ e se base sur le test d’une struc- ture permettant de r´ eduire l’entropie de l’espace consid´ er´ e. En effet, dans le cadre de l’estimation ponctuelle d’une fonction d-dimensionnelle, d` es lors que le param` etre d de l’espace des observations augmente, la taille de l’´ echantillon restant fix´ ee, il est n´ ec´ essaire, afin de maintenir un biais d’esti- mation acceptable, d’´ elargir la fenˆ etre d’observation autour du point consid´ er´ e. ce qui va entraˆıner l’augmentation sensible de la variance d’estimation. En cela, le choix de la structure additive n’est pas innocent. En effet, si la fonction observ´ ee s’av` ere v´ erifier (1.1.1), il est alors possible d’estimer de mani` ere satisfaisante chaque composante principale f
set cela ind´ ependamment de la dimension d. Cette id´ ee est concr´ etis´ ee par Stone [101]. Il montre que la vitesse d’estimation minimax d’une fonction r´ eguli` ere additive de d variables correspond ` a la vitesse minimax unidimensionnelle.
L’interpr´ etabilit´ e li´ e au mod` ele de r´ egression additive en fait ´ egalement un mod` ele statistique remarquable. En effet, dans ce mod` ele de r´ egression, la repr´ esentation des fonctions f
sr´ ev` ele la rela- tion entre Y et un r´ egresseur particulier conditionnellement ` a la pr´ esence des autres r´ egresseurs. Ce point de vue est ` a la base de l’estimation via la m´ ethode d’int´ egration marginale d´ evelopp´ ee dans le chapitre 4.
Diff´ erentes extensions de ce mod` ele ont ´ et´ e envisag´ ees. Parmi celles-ci, on retiendra :
? le mod` ele Additif G´ en´ eralis´ e (GAM) introduit par Hastie et Tibshirani [54]
G(f (x
1, . . . , x
d)) =
p
X
j=1
f
j(x
j),
dans lequel on observe la fonction de r´ egression au travers de la fonction lien G.
? le mod` ele de Projection Pursuit (PP) pour lequel on a f(x) =
d
X
i=1
f
i(e
Tix) ,
lorsque e
1, . . . , e
dsont des vecteurs de R
d; e
Tx d´ esigne le produit scalaire dans R
dentre les vecteurs e et x ; les f
i´ etant alors des fonctions r´ eelles unidimensionnelles.
? le mod` ele Multi Index (MP) o` u e
1, . . . , e
m∈ R
davec m < d et F fonction m-dimensionnelle f(x) = F (e
T1x, . . . , e
Tmx).
De nombreux r´ esultats d’estimation dans le cadre minimax concernent les mod` eles pr´ esent´ es ci- dessus. On notera notamment les travaux de Chen [17], Golubev [44] ou encore Hall [48]. Dans cette th` ese, nous nous limiterons ` a consid´ erer le mod` ele additif (1.1.1) et une g´ en´ eralisation de celui-ci, que l’on nommera mod` ele additif partiel et qui consiste ` a supposer que pour tout x = (x
1, . . . , x
d),
(1.6.1) f(x) =
r
X
l=1