LA THERMODYNAMIQUE
La thermodynamique est l’ ´etude de l’ ´energie thermique, son transfert, sa transformation, sa d ´egradation et sa dispersion.
La thermodynamique ´etudie le comportement thermique de la mati `ere.
Quand nous consid ´erons une entit ´e sp ´ecifique (bouteille de gaz, un moteur), on l’appelle un syst `eme. Tout ce qui ne fait pas partie du syst `eme est appel ´e milieu ext ´erieur.
Un syst `eme peut interagir avec l’ext ´erieur de plusieurs fac¸ons : par exemple il peut recevoir ou fournir de la chaleur `a travers ses parois, il peut aussi
´echanger un travail m ´ecanique.
D’autre part nous pouvons aussi imaginer un syst `eme compl `etement isol ´e de
son environnement.
Premi `ere Loi de la Thermodynamique
La conception la plus compl `ete de la loi de conservation de l’ ´energie inclut toutes les sortes d’ ´energie et est connue comme le premier Principe de la Thermodynamique :
L’ ´energie ne peut ˆetre ni cr ´ee ni d ´etruite, mais seulement transf ´er ´ee d’un syst `eme `a un autre et transform ´ee d’une forme `a une autre.
Quand une pomme de 1N tombe d’une hauteur de 10m, d’un arbre dans votre main, l’ ´energie potentielle gravitationnelle initiale de 10J est transform ´ee en 10J d’ ´energie cin ´etique juste avant qu’elle ne s’arr ˆete dans votre main (moins une petite partie transf ´er ´ee `a l’air par frottement). Lorsque la pomme s’arr ˆete dans votre main, les 10J se r ´epartissent sous forme d’ ´energie thermique entre la main et la pomme (en n ´egligeant la petite ´energie sonore), ce qui augmente l ´eg `erement leurs temp ´eratures.
Autres exemples possibles : vaisseau spacial entrant dans l’atmosph `ere, une
voiture freine..
Travail, Chaleur et Energie interne (suite)
Nous avons vu `a la page 13-04 que l’ ´energie interne, U , d’un gaz parfait mo- noatomique contenant n moles est ´egale `a la somme de toutes les ´energies cin ´etiques d ´esordonn ´ees de translation des mol ´ecules qui le composent, soit : U =
32nRT . Ainsi U ne d ´epend que de T , pas de P , ni de la densit ´e.
Nous savons d ´ej `a que la chaleur Q et le travail W correspondent, tous les deux, `a un transfert d’ ´energie par des moyens tr `es sp ´ecifiques. La 1ere appli- cation de ces id ´ees fut la machine `a vapeur, `a laquelle on fournit de la chaleur et qui fournit un travail. Il parut naturel de consid ´erer la chaleur fourni `a un syst `eme comme positive et le travail effectu ´e par le syst `eme aussi comme positif. Avec cette convention, le travail effectu ´e par l’environnement contre le syst `eme est n ´egatif. Si une quantit ´e de chaleur est fournie `a un syst `eme ferm ´e Σ, elle peut se manifester , soit par une augmentation de son
´energie interne, soit par un travail ex ´ecut ´e par le syst `eme, soit par les deux `a la fois. Par cons ´equent le 1er Principe de la Thermo permet d’ ´ecrire : Q = W + ∆U ou encore
∆U = Q − W avec Q et W > 0, < 0 ou nul
Ce qui exprime la variation d’ ´energie interne, ∆U , d’un syst `eme ferm ´e pas-
sant de l’ ´etat 1 `a l’ ´etat 2 avec les conventions de signe d ´efinies plus haut.
Travail, chaleur et ´energie interne
Pour pouvoir faire des calculs en Thermodynamique, il est n ´ecessaire d’ex- primer le premier Principe `a l’aide des diff ´erentielles : un accroissement infi- nit ´esimal de l’ ´energie interne du syst `eme, dU , se produit quand le syst `eme rec¸oit une quantit ´e infinit ´esimale de chaleur dQ et une quantit ´e infinit ´esimale de travail, dW . Cela s’ ´ecrit :
dU = dQ − dW
EXEMPLE : Un syst `eme en contact avec une source chaude, rec¸oit une quantit ´e de chaleur de 5000J ; il effectue alors un travail de 2700 J sur son environnement. Quelle est la variation de l’ ´energie interne du syst `eme ?
SOLUTION : Chaleur rec¸ue Q = +5000 J, travail fourni W = +2700 J.
Le premier principe de la Thermo donne :
∆U = Q − W = (+5000)J) − (+2700 J) = 2300J
Travail, Chaleur et Energie interne (suite)
Il est n ´ecessaire de d ´efinir le syst `eme avant de commencer une analyse.
Soit 2 enceintes en contact et pouvant ´echanger une quantit ´e de chaleur, Q, transf ´er ´ee du liquide `a haute temp ´erature, T
H, au gaz `a basse temp ´erature,T
L. Le syst `eme global, 3, form ´e de ces 2 enceintes
est isol ´e du reste de l’environnement. Comme il n’y a aucun travail effectu ´e, l’ ´energie interne du syst `eme 1, U
1, diminue de Q, celle du 2eme, U
2, augmente de Q tandis que celle du 3eme, U
3, ne change pas : ∆U
3= 0.
L’ ´energie interne d’un syst `eme isol ´e est constante (bien qu’elle puisse ˆetre trans- form ´ee d’une forme d’ ´energie interne `a une autre) (par exemple rotationnelle, vibratoire).
L’ ´energie interne d’un syst `eme fini est finie. Il est clair que si un travail est
extrait de ce syst `eme, une quantit ´e ´equivalente d’ ´energie doit lui ˆetre fournie,
sinon l’ ´energie interne diminue et cela ne peut durer ind ´efiniment. Une ma-
chine `a mouvement perp ´etuel de premi `ere esp `ece est celle qui produit plus
de travail qu’elle ne rec¸oit d’ ´energie et qui continue ainsi ind ´efiniment. Une
Transformations
Une transformation survient quand certaines grandeurs mesurables (P, V, T ) caract ´erisant un syst `eme changent de valeurs. Un syst `eme peut changer de plusieurs fac¸ons, mais il y a 4 transformations fondamentales :
– isotherme : `a temp ´erature constante, – isobare : `a pression constante,
– adiabatique : aucune chaleur n’est transf ´er ´ee au syst `eme ou du syst `eme, ∆Q = 0
– isovolumique ou isochore : `a volume constant.
Envisageons un syst `eme thermodynamique effectuant une transformation
d’un ´etat A `a un ´etat B. Pour qu’on puisse tracer une ligne allant de A `a B,
il faut qu’en chaque point du parcours, P, V, T soient connus, c- `a-d que le
syst `eme soit en ´equilibre. Mais `a l’ ´equilibre, rien ne bouge. Donc il faut que
la transformation se fasse tr `es lentement par rapport au temps de stabilisa-
tion du syst `eme. On parle de transformations quasi-statiques. En suivant
le chemin de A `a B de cette fac¸on-la, on pourra rebrousser chemin en n’im-
porte quel point et parcourir la m ˆeme courbe en sens inverse. On dit alors que
c’est une transformation r ´eversible. Il faut donc qu’elle se d ´eroule lentement,
sans frottement ni turbulence. Dans le cas contraire c’est une transformation
irr ´eversible.
Travail effectu ´e dans les variations de volume
On cherche `a calculer le travail accompli par un gaz lorsqu’il se dilate de fac¸on quasi-statique.
Le travail infinit ´esimal dW effectu ´e par le gaz pour d ´eplacer le piston d’une distance infinit ´esimale d~ l :
dW = F ~ · d~ l = (P A) (dl) = P (A dl) = P dV Le travail effectu ´e pour une variation finie du volume, de V
i`a V
f, est donn ´e par l’int ´egrale :
W =
ZdW =
ZVVfi
P dV
-1) processus isotherme de 1 `a 2 : T = cte
On augmente le volume d’un gaz de V
1`a V
2tout en conservant la m ˆeme temp ´erature. Pour un gaz parfait : P = nRT /V
W
12=
ZVVfi
nRT
V dV = = nRT ln V
2V
1= nRT ln P
1P
2Travail effectu ´e dans les variations de volume (suite)
Mais on peut aller de 1 `a 2 en suivant le chemin ab-bc.
-2) processus isovolumique suivant ab (V = cte) : On abaisse la pression de P
1`a P
2, le volume reste constant. W
ab= 0 puisque dV = 0
-3) processus isobare suivant bc (P = cte) On dilate le gaz `a pression constante,P
2.
W
bc=
RVVifP dV = P
2(V
2− V
1) = P
2∆V Pour aller du point 1 au point 2, selon le trajet ab-bc, le travail vaut : W
12= W
ab+ W
bc= P
2(V
2− V
1) = nRT
V
2(V
2− V
1) = nRT (1 − V
1V
2) ce qui n’est pas le m ˆeme travail que celui obtenu en suivant l’isotherme ac.
Le travail effectu ´e sur un syst `eme ou par un syst `eme d ´epend de la fac¸on
dont il passe de l’ ´etat initial `a final : ce n’est pas une variable d’ ´etat.
Travail effectu ´e dans les variations de volume (suite)
Voici quelques exemples de processus thermodynamiques dans lesquels le syst `eme passe de l’ ´etat initial i `a l’ ´etat final f .
Le travail W est positif quand il y a augmentation de volume.
Quand le volume diminue ( `a cause d’une force externe) le travail fait sur le syst `eme est n ´egatif.
Dans un cycle ferm ´e, le tra-
vail r ´esultant fait par le syst `eme
est repr ´esent ´e par la surface
enferm ´ee, qui est la diff ´erence
des aires sous les 2 courbes
qui constituent le cycle.
Exemple 1 : Processus isobare
Un cylindre, ferm ´e avec un piston mobile, contient initialement 10,0g de va- peur `a 100
◦C. On chauffe le syst `eme pour que sa temp ´erature augmente de 10, 0
◦C, pendant que la vapeur se d ´etend de 30,0×10
−6m
3`a une pression constante de 0,40 MPa. D ´eterminer (a) le travail fait par la vapeur et (b) la variation de son ´energie interne. (Prendre c = 2, 02kJ.kg
−1.K
−1).
SOLUTION : (a) La transformation est isobare. Le travail fourni (signe +) vaut : W = P (V
f− V
i) = (0, 4 × 10
6Pa)(30, 0 × 10
−6m
3) = 12, 0J
(b) Il faut d’abord calculer la chaleur Q rec¸ue (signe +),
Q = m c ∆T = (0, 01kg)(2, 02 × 10
3J/kg.K)(10, 0
◦C) = 202J Comme ∆U = Q − W , on obtient :
∆U = 202J − 12, 0J = 190J
Exemple 2 : Processus isobare
D ´eterminer (a) le travail accompli et (b) la variation d’ ´energie interne lorsqu’on fait bouillir 1,00kg d’eau et qu’elle se transforme enti `erement en vapeur `a 100
◦C et `a pression constante.
SOLUTION : (a) Le volume de 1,00 kg d’eau `a 100
◦C ´equivaut `a 1000 cm
3ou 1,00×10
−3m
3et celui de 1,00 kg de vapeur `a la m ˆeme temp ´erature `a 1,67 m
3( ρ = 0, 598kg/m
3). Le travail accompli s’exprime donc par :
W = P (V
2− V
1) = (1, 01 × 10
5N/m
2)(1, 67m
3− 1, 00 × 10
−3m
3)
= 1, 69 × 10
5J
(b) La chaleur requise pour amener `a ´ebullition 1,00kg d’eau est ´egal `a Q = 22, 6 × 10
5J (voir page 13-17). D’apr `es la premi `ere loi de la thermo :
∆U = Q − W = 22, 6 × 10
5J − 1, 7 × 10
5J = 20, 9 × 10
5J
Environ 8% seulement de la chaleur ajout ´ee sert `a effectuer du travail ; les
92% restant augmentent l’ ´energie interne de l’eau.
Capacit ´es calorifiques molaires
Jusqu’ `a pr ´esent, on a attribu ´e une valeur `a la capacit ´e calorifique massique sans se pr ´eoccuper des conditions dans lesquelles cette valeur ´etait obtenue.
En fait on doit sp ´ecifier les conditions dans lesquelles ce transfert de chaleur a lieu, i.e `a volume constant c
Vou `a pression constante c
P, surtout pour les gaz o `u ces valeurs diff `erent ´enorm ´ement.
Pour expliquer ces propri ´et ´es par la th ´eorie cin ´etique et la 1ere loi de la thermo, il faut avoir recours au concept de la capacit ´e calorifique molaire, C
V, C
P, qui se d ´efinit comme la chaleur requise pour ´elever de 1
◦K la temp ´erature d’une mole de masse M `a volume ou `a pression constante respectivement.
Elle s’exprime en J.mole
−1.K
−1.
Par analogie avec les ´equations donnant la chaleur calorifique massique (Q = m c ∆T ), la quantit ´e de chaleur n ´ecessaire pour ´elever de ∆T degr ´es n moles de gaz est :
Q
V= n C
V∆T [volume constant]
Q
P= n C
P∆T [pression constant]
En comparant Q = mc∆T = nM c∆T et Q = nC ∆T , on trouve que : C
V= M c
Vet C
P= M c
Po `u M est la masse molaire.
Capacit ´es calorifiques molaires (suite)
c
Vc
PC
VC
PC
P− C
V(kJ/kg.K) (kJ/kg.K) (J/mol.K) (J/mol.K) (J/mol.K) γ = C
P/C
Vmonatomique
He 3,38 5,18 12,5 20,8 8,3 1,67
N e 0,62 1,03 12,47 20,80 8,3 1,67
diatomique
N
20,74 1,04 20,7 29,09 8,4 1,40
O
20,65 0,91 21,05 29,43 8,4 1,40
polyatomique
CO
20,64 0,83 28,46 36,96 8,5 1,30
H
2O(100
◦C) 1,46 2,01 25,95 34,32 8,4 1,32
Plomb 0,128 26,5
Cuivre 0,39 24,5
Valeurs pour des gaz `a 15
◦C. Les valeurs de capacit ´e calorifique massique
donn ´ees sur la page 13-10 sont celles obtenues `a pression constante, c
P.
Capacit ´es calorifiques molaires `a volume constant
Soit n moles d’un gaz parfait `a pression P et `a temp ´erature T confin ´ees dans un volume fixe V . Si on ajoute une quantit ´e de chaleur Q
V, la temp ´erature augmente de ∆T et la pression de ∆P .
D’apr `es la 1ere loi de la thermo, ∆U = Q
V− W = n C
V∆T − W .
Mais ici aucun travail ne s’effectue puisque ∆V = 0. La chaleur ajout ´ee sert enti `erement `a accroˆıtre l’ ´energie interne. Ce qui donne : C
V=
n1 ∆U∆T.
D’autre part l’ ´energie interne d’un gaz monatomique parfait est U =
32nRT , donc ∆U =
32nR∆T . On obtient ainsi :
C
V= 1 n
∆U
∆T = 1 n
(3/2 nR∆T )
∆T = 3
2 R = 12, 5J/mol.K
On peut r ´e ´ecrire l’ ´equation de l’ ´energie interne d’un gaz parfait en remplac¸ant C
Vpar 3/2R, soit :
U = 3
2 nRT = nC
VT et ∆U = n C
V∆T
expression valable pour tous les gaz parfaits monoatomiques, diatomiques et
polyatomiques `a condition de prendre la valeur appropri ´ee de C
V.
Capacit ´es calorifiques molaires `a pression constante
Supposons maintenant que la temp ´erature de ce gaz parfait est ´elev ´ee de la m ˆeme quantit ´e ∆T que pr ´ec ´edemment, mais ici la quantit ´e de cha- leur transf ´er ´ee Q
Pse fait `a pression constante. La quantit ´e de chaleur n ´ecessaire pour ´elever de ∆T degr ´es n moles est Q
P= n C
P∆T .
D’apr `es la 1ere loi de la thermo, ∆U = Q
P− W .
Ici la chaleur ajout ´ee sert non seulement `a augmenter l’ ´energie interne, mais
´egalement `a effectuer du travail, soit
∆U = n C
V∆T Q
P= n C
P∆T W = P ∆V = P nR∆T
P Ce qui finalement donne :
n C
V∆T = n C
P∆T − n R ∆T C
P= C
V+ R
Comme R = 8, 314J/mol.K, C
Paura une valeur sup ´erieure `a celle de C
Vd’environ 8,33 J/mol.K, soit
C
P> C
VEquipartition de l’ ´energie
Le tableau suivant permet de comparer les valeurs th ´eoriques donn ´ees par la th ´eorie cin ´etique avec celles exp ´erimentales.
Gaz degr ´e de U/mole C
VC
Pγ =
libert ´e (J/mol.K) (J/mol.K) C
P/C
Vmonoatomique :Th ´eorie 3 3/2 RT 3/2 R=12,5 5/2 R=20,80
He : exp ´erience 12,5 20,80 1,67
di-atomique : Th ´eorie 5 5/2 RT 5/2 R=20,8 7/2 R=29,10
N
2: exp ´erience 20,7 29,09 1,4
polyatomique : Th ´eorie 6 3 RT 3R=24,9 4 R=33,26
CO
2: exp ´erience 28,5 36,96 1,30
La capacit ´e calorifique molaire augmente avec le nombre d’atomes par
mol ´ecules. L’ ´energie interne comprend d’autres formes d’ ´energie en plus de
l’ ´energie cin ´etique de translation ; une mol ´ecule diatomique peut effectuer un
mouvement de rotation autour de 2 axes diff ´erents. On peut encore am ´eliorer
l’accord entre l’exp ´erience et la th ´eorie en tenant compte des oscillations des
atomes ; par exemple dans un gaz diatomique, les 2 atomes dans la mol ´ecule
d’oxyg `ene peuvent osciller l’un vers l’autre, la liaison interatomique se com-
portant comme un ressort oscillant.
Equipartition de l’ ´energie (suite)
Les mol ´ecules monatomiques, qui sont essentiellement ponctuelles et qui ne peuvent avoir qu’une faible ´energie de rotation inertielle autour d’un axe, peuvent stocker de l’ ´energie seulement dans des mouvements de translation.
Par contre les mol ´ecules diatomiques et polyatomiques peuvent en stocker par rotation ou vibration. Pour tenir compte de ces possibilit ´es d’une mani `ere quantitative, on utilise le th ´eor `eme de l’ ´equipartition de l’ ´energie : Chaque sorte de mol ´ecule a un certain nombre,f , de degr ´es de libert ´e, qui sont des moyens ind ´ependants pour une mol ´ecule d’acqu ´erir de l’ ´energie interne.
Chaque degr ´e de libert ´e actif d’un syst `eme poss `ede en moyenne une ´energie
interne de 1/2k
BT par mol ´ecule (ou 1/2 RT par mole). En cons ´equence, dans
la d ´erivation page 14-14, il aurait fallu ´ecrire U =
f2nRT .
Transformation adiabatique d’un gaz parfait
Adiabatique = Aucune chaleur ne peut p ´en ´etrer ou s’ ´echapper du syst `eme.
C’est ce qui se produit dans le cas d’un syst `eme extr ˆemement bien isol ´e ou d’un processus se d ´eroulant avec une telle rapidit ´e que la chaleur -dont la propagation se fait lentement- n’a le temps ni d’entrer ni de sortir. La dilata- tion des gaz dans un moteur `a combustion interne constitue un tel exemple.
Comme Q = 0, on a ∆U = −W .
1) Si le gaz se d ´etend (W > 0), U doit diminuer et par cons ´equent la temp ´erature baisse. Alors le produit P V (=nRT ) prend une valeur moindre au point C qu’au point B (la courbe AB est un processus isotherme).
2) Si le gaz est comprim ´e, du travail s’effectue sur le gaz (W < 0) si bien que son ´energie interne augmente et que sa temp ´erature s’ ´el `eve. Dans un moteur diesel, la compression adiabatique rapide de l’air par un facteur ∼20 r ´esulte en une ´el ´evation de temp ´erature si consid ´erable que, lorsque l’essence y p ´en `etre, le m ´elange s’enflamme spontan ´ement.
On trouve, comme d ´emontr ´e pages suivantes, que :
P V
γ=cte et T V
(γ−1)=cte
o `u γ est une constante qui vaut
CCPV
=
5/23/2∼1,67 pour les
gaz monoatomiques,
7/25/2∼ 1, 4 pour les gaz diatomiques
et ∼ 1, 3 pour les gaz polyatomiques.
Transformation adiabatique : d ´emonstration
Supposons que la transformation se fasse de telle sorte que le volume change tr `es peu de mani `ere `a ce que la pression `a l’int ´erieur du gaz reste constante : ceci nous permet d’ ´ecrire que le travail fait par le gaz pendant l’augmentation de volume est ´egal `a P dV . On a donc :
dU = dQ − dW = dQ − P dV
mais dQ = 0 pour une tranformation adiabatique. D’autre part dU = nC
VdT ainsi
n C
VdT + P dV = 0
Exprimons dT en fonction de P et V pour un gaz parfait : P V = nRT P dV + V dP = nR dT dT = 1
nR (P dV + V dP ) n C
V1
nR (P dV + V dP ) + P dV = 0 ( C
VR + 1) P dV + C
VR V dP = 0
Transformation adiabatique : d ´emonstration (suite)
Remplac¸ant et simplifiant par R, on obtient :
C
PP dV + C
VV dP = 0 Divisons les 2 membres par C
VV P , on obtient :
C
PC
VdV
V + dP
P = γ dV
V + dP
P = 0 avec C
P/C
V= γ . En int ´egrant :
γ
ZdV
V +
ZdP
P = 0
γ ln V + ln P = cte ln(P V
γ) = cte P V
γ= cte
Pour un gaz parfait (P V = nRT ), on peut remplacer P par nRT /V , ce qui donne
T V
(γ−1)= cte
Transformation adiabatique : libre expansion
Il y a des processus adiabatiques dans lesquels aucun travail n’est fait ni rec¸u par le syst `eme. Ainsi Q = W = 0 et d’apr `es la 1ere loi de la Thermo, on a donc
∆U = 0 expansion libre
Ce processus diff `ere des autres processus vus jusqu’a pr ´esent car il ne peut pas ˆetre fait lentement, d’une mani `ere control ´ee. Ce qui a pour cons ´equence que le gaz n’est jamais en ´equilibre thermique. On peut mettre les valeurs initiales et finales dans un diagramme P − V , mais on ne peut pas dessiner l’expansion elle-m ˆeme.
D’autre part, comme ∆U = 0, la temp ´erature de l’ ´etat final doit ˆetre ´egale `a la temp ´erature de l’ ´etat initial, T
i= T
f.
Si on a affaire `a un gaz parfait (P V = nRT ), comme il n’y a pas de variation de temp ´erature, le produit P V doit ˆetre constant, soit :
P
iV
i= P
fV
fTableau r ´ecapitulatif des transformations
R ´esultats sp ´eciaux
Chemin Quantit ´e Type de (∆U = Q − W et
constante processus ∆U = n C
V∆T pour tous chemins)
1 P Isobare Q = n C
P∆T ; W = P ∆V
2 T Isotherme Q = W = n R T ln(V
f/V
i); ∆U = 0
3 P V
γ, T V
(γ−1)adiabatique Q = 0 ; W = −∆U
4 V Isochore Q = ∆U = n C
V∆T ; W = 0
Exemple 1 : dilatation adiabatique et isotherme
On laisse un gaz parfait monoatomique se dilater lentement jusqu’ `a ce que sa pression soit `a exactement la moiti ´e de sa valeur initiale. Par quel facteur son volume varie-t-il s’il s’agit d’un processus (a) adiabatique, (b) isotherme ?
SOLUTION : (a) Pour un processus adiabatique, P
1V
1γ= P
2V
2γ, soit : V
2V
1= ( P
1P
2)
1/γ= (2)
3/5= 1, 52 puisque γ = C
P/C
V= (5/2)(3/2) = 5/3.
(b) Lorsque la temp ´erature reste constante (T
1= T
2), P
1V
1= P
2V
2conform ´ement `a la loi des gaz parfaits. Il en r ´esulte que :
V
2V
1= P
1P
2= 2
Exemple 2 : dilatation adiabatique
L’argon `a l’ ´etat gazeux (monoatomique) est comprim ´e tr `es lentement et adia- batiquement, dans un cylindre bien isol ´e, jusqu’ `a la moiti ´e de son volume initial de 0,100 m
3. S’il ´etait initialement `a la pression atmosph ´erique et `a 27,0
◦C, quelles seront sa temp ´erature et pression finales ?
SOLUTION : La transformation est adiabatique et implique un changement dans P, V et T . Pour un gaz monoatomique γ = 1, 67, ainsi
P
f= P
i
V
iV
f
γ
= (0, 101MPa)(2)
1,67= 0, 322MPa
On trouve la temp ´erature `a l’aide de l’ ´equation des gaz parfaits (P V /T =cte) que l’on ´ecrit pour l’ ´etat initial et final. Ce qui donne :
T
f= T
i
P
fP
i
V
fV
i
= (300K)(3, 19)
1 2
= 479K
Cycles thermiques
Nous ne consid ´erons ici que des transformations r ´eversibles et nous voulons qu’apr `es leur ex ´ecution, le syst `eme revienne `a son ´etat initial,soit ∆U = 0.
Le diagramme dans le plan P − V repr ´esente alors un cycle.
Le cas le plus simple consiste `a enfermer un gaz parfait dans un cylindre ferm ´e par un piston, le mettre en contact avec un bain `a temp ´erature constante et le d ´etendre suivant un isotherme. Une quantit ´e de chaleur Q
ACest rec¸ue par le syst `eme entre A et C , le travail effectu ´e par le syst `eme est W
AC> 0 et comme ∆T = 0, on a aussi ∆U = 0.
Donc Q
AC> 0. Le travail fait par le gaz est l’aire au-dessous de la courbe.
Si nous revenons au point A en suivant le m ˆeme isotherme mais en sens in- verse, le gaz rec¸oit du travail et fournit de la chaleur, tels que Q
AC= −Q
CAet W
AC= −W
CA. Le syst `eme revient `a son point de d ´epart. Si on ajoute ces 2 travaux W
AC+ W
CA= 0, le travail total `a la fin du cycle est nul.
Le travail total est repr ´esent ´e par l’aire `a l’int ´erieur de la courbe ferm ´ee
repr ´esentant le cycle dans le plan P − V . Ici cette surface est nulle.
Cycles thermiques (suite)
∆U = Q − W
Ici on a un cycle tel que le travail effectu ´e par le gaz (l’aire du cycle) est positif.
En allant de A `a B, un travail est produit par le gaz car son volume augmente (V
B> V
A).
Sa temp ´erature augmente (on passe d’une isotherme `a une isotherme de temp ´erature plus ´elev ´ee), donc U augmente. Q
ABdoit donc ˆetre positif : une quantit ´e de chaleur Q
ABentre dans le syst `eme.
En allant de B `a C , aucun travail n’est fait et la temp ´erature diminue, donc U diminue et de la chaleur Q
BCest c ´ed ´ee par le syst `eme.
En allant de C `a A le long de l’isotherme (∆U = 0), le gaz est comprim ´e (V
C> V
A) et un travail n ´egatif est effectu ´e qui doit ˆetre accompagn ´e par une quantit ´e de chaleur ´egale n ´egative, donc sortante. Comme ∆U = 0 sur le parcours ferm ´e, le travail total effectu ´e par le syst `eme est ´egal `a la chaleur totale rec¸ue.
Ce cycle fait penser au fonctionnement d’un moteur thermique.
Moteurs thermiques
Un moteur thermique est un dispositif cyclique qui convertit l’ ´energie thermique en travail, qu’il c `ede `a l’ext ´erieur. On utilise un fluide moteur qui permet de transf ´erer la chaleur et qui subit des processus de d ´etente et de compression.
Processus cyclique qui ram `ene le fluide moteur dans son ´etat initial
U
2− U
1= ∆U = 0 = Q − W → Q = W Le moteur travaille entre un r ´eservoir `a haute temp ´erature, T
H, et un r ´eservoir `a basse temp ´erature, T
L.
Q
H> 0 Q
L< 0 W > 0 La chaleur nette absorb ´ee par cycle : Q = Q
H+ Q
L= |Q
H| − |Q
L|.
Le travail fourni par la machine : W = Q = |Q
H| − |Q
L|
L’exp ´erience montre qu’il est impossible de transformer toute la chaleur
rec¸ue Q en travail ; Q n’est jamais nul.
Cycle de Carnot
Le cycle de Carnot est un cycle id ´eal ne correspondant `a aucun moteur r ´ealisable, mais permettant de calculer des rendements.
Le moteur de Carnot est un simple cylindre ferm ´e par un piston, contenant un gaz et qu’on am `ene alter- nativement en contact avec une source de chaleur `a haute temp ´erature(vapeur) puis avec un r ´eservoir de chaleur (eau de refroissement) dans lequel la chaleur est rejet ´ee. Ce cycle est une suite de 4 ´etapes :
1. A → B : d ´etente isotherme(∆U = 0, W >
0 donc Q > 0) dans laquelle le gaz rec¸oit une quantit ´e de chaleur Q
H`a haute temp ´erature T
H2. B → C : d ´etente adiabatique (P,V,T changent)
(Q = 0, W = −∆U )
3. C → D : compression isotherme (∆U = 0, W < 0 donc Q < 0) dans laquelle le gaz rejette une quantit ´e de chaleur (−Q
L)
4. D → A : compression adiabatique
(Q = 0, W = −∆U )
Cycle de Carnot
La partie ABC repr ´esente la d ´etente : c’est la course motrice, car le gaz ef-
fectue un travail positif sur le milieu ext ´erieur. Sur la partie CDA du cycle le
gaz rejette une quantit ´e de chaleur et le milieu ext ´erieur effectue un travail sur
lui.
Rendement d’une machine thermique
La raison pour laquelle le moteur de Carnot est si important est qu’il repr ´esente un dispositif id ´eal qui a la meilleure efficacit ´e possible. Son rendement est la limite sup ´erieure du rendement de tout moteur thermique r ´eel. D’une mani `ere g ´en ´erale, on d ´efinit le rendement ´energ ´etique r d’une transformation comme :
r = Energie disponible sortante Energie entrante
Pour un moteur thermique, l’ ´energie utile est le travail effectu ´e et l’ ´energie fournie est la chaleur prise `a la source chaude. Ainsi pour un cycle :
r = T ravail ef f ectue Chaleur entrante
1er principe donne |W
s| = |Q
H(entrante)| − |Q
L(sortante)|
r = |W
s|
|Q
H| = |Q
H| − |Q
L|
|Q
H| = 1 − |Q
L|
|Q
H|
Le rendement augmente si Q
Ldiminue, devenant 1 si aucun rejet de chaleur
est effectu ´e. Les moteurs r ´eels dissipent de l’ ´energie par frottement et perdent
une quantit ´e appr ´eciable d’ ´energie `a l’environnement par convection, conduc-
tion et radiation. Ainsi pour le moteur d’une voiture, r devrait valoir 55% mais
son rendement effectif est seulement de 25%. Pour une centrale thermique, le
rendement effectif est de 30% et th ´eorique de 40%.
Cycle de Carnot : Rendement
Effectuons un cycle de transformation r ´eversible sur 1 mole d’un gaz parfait.
Calculons le rendement. Sur les 2 adiabatiques, nous avons les relations sui- vantes :
V
Bγ−1T
H= V
Cγ−1T
Let V
Dγ−1T
L= V
Aγ−1T
HEffectuons leur rapport de mani `ere `a ´eliminer les temp ´eratures :
( V
CV
D)
γ−1= ( V
BV
A)
γ−1→ V
CV
D= V
BV
ACalculons maintenant le rapport
|Q|QL|H|
sur les 2 iso- thermes :
|Q
L|
|Q
H| = R T
Lln (V
C/V
D)
R T
Hln (V
B/V
A) = T
LT
Hr
c= 1 − |Q
L|
|Q
H| = 1 − T
LT
HR ´esultat valable pour tout moteur id ´eal r ´eversible. Cela constitue le rende-
ment maximal. Pour avoir un moteur parfait, il faudrait que Q
L= 0 ce qui
est possible seulement si T
L= 0K ou T
H→ ∞, conditions impossibles `a
Exemple : Centrale ´electrique thermique
Le rendement le plus ´elev ´e possible pour une machine `a vapeur op ´erant entre 200
◦C et 27,0
◦C est :
r
c= 1 − 330K
473K = 1 − 0, 634 = 36, 5%
En pratique, les pertes r ´eduisent cette valeur du tiers environ.
Une centrale thermique moderne utilise de la vapeur chauff ´ee `a environ 500
◦C. Cette vapeur `a haute pression se d ´etend dans une turbine, frappe et pousse ses lames pour la faire tourner. La turbine propulse un g ´en ´erateur ´electrique de haute tension. Une grande diff ´erence de pression est maintenue
`a travers la turbine en condensant la vapeur.
La vapeur est expuls ´ee vers un condensa-
teur froid `a ∼ 373K. Le rendement th ´eorique
vaut 53% bien que les pertes thermiques (en
fum ´ee par exemple) le r ´eduisent `a environ
40%.
Combustion interne
Carnot a discut ´e les possibilit ´es de faire tourner un moteur en enflammant
un gaz dans un cylindre, mais c’est J.Lenoir qui conc¸ut en 1859 le premier
moteur `a combustion interne. C’est N.Otto qui construisit le premier moteur
pour lequel il obtint un brevet.
R ´efrig ´erateurs/Climatiseurs
On peut consid ´erer le r ´efrig ´erateur comme un moteur thermique marchant `a l’envers : il rec¸oit un travail m ´ecanique W et l’utilise pour pomper une petite quantit ´e d’ ´energie thermique Q
Ld’une source `a basse temp ´erature et c ´eder une quantit ´e de chaleur plus grande Q
H= Q
L+ W `a une source `a haute temp ´erature, ainsi Q
L> 0 Q
H< 0 et W < 0. Si on refroidit une pi `ece plut ˆot que des aliments, on a un climatiseur.
Le travail fourni par la moteur :W = Q = |Q
H|−|Q
L| Le coefficient de performance η est le rapport de la quantit ´e de chaleur enlev ´ee `a la source froide au tra- vail effectu ´e pour l’extraire :
η = |Q
L|
|W | = |Q
L|
|Q
H| − |Q
L|
Plus η est grand, plus la machine de r ´efrig ´eration est efficace et une valeur de l’ordre de 5 est courante.
La meilleure performance est celle d’une machine de Carnot op ´erant en sens inverse. On peut r ´e ´ecrire cette ´equation avec les temp ´eratures et on obtient ainsi le coefficient de performance d’un syst `eme id ´eal, soit : η
c=
|T |TL|H| −|TL|
.
Il faut toujours fournir du travail pour transf ´erer de la chaleur d’une
source froide `a une source chaude.
Exemple : Climatiseur
D ´eterminer le meilleur coefficient de performance possible d’un climatiseur maintenant une pi `ece `a 21
◦C, quand la temp ´erature ext ´erieure est 36
◦C. Sup- posons que la chaleur qui p ´en `etre dans la pi `ece en 1 heure est de 5,0MJ. La machine rejette la chaleur, qu’elle engendre pendant qu’elle fonctionne, vers l’ext ´erieur de la pi `ece `a l’aide d’un ventilateur. Quel travail ce ventilateur doit-il effectuer pour maintenir la temp ´erature de la pi `ece ? Quelle est la quantit ´e de chaleur totale rejet ´ee vers l’ext ´erieur par heure ?
SOLUTION : η
c= |T
L|
|T
H| − |T
L| = 294K
(309K) − (294K) = 19, 6
La quantit ´e de chaleur horaire est la chaleur Q
Lqui entre dans le climatiseur `a basse temp ´erature. Le travail qui doit ˆetre effectu ´e par heure pour ´evacuer Q
L:
W = Q
Lη
c= 5, 0MJ
19, 6 = 0, 26MJ
Ainsi pour extraire 5,0 MJ, cette machine n’effectue qu’un travail de 0,26 MJ.
Dans cette transformation, cette ´energie de 0,26 MJ est convertie en ´energie thermique, rejet ´ee vers l’ext ´erieur. Nous avons donc :
Q
H= Q
B+ W = 5, 0MJ + 0, 26MJ = 5, 3MJ
Pompe `a chaleur
Si on inverse le climatiseur pour refroidir l’ext ´erieur quelle que soit sa temp ´erature et rejeter la chaleur dans la pi `ece, on a un syst `eme de chauffage : un tel dispositif r ´eversible est appell ´e pompe `a chaleur.
En prenant comme source froide une rivi `ere ou un lac T = 277
◦K et comme source chaude un b ˆatiment que l’on veut chauffer `a 293
◦K, il faut fournir un tra- vail W pour pomper de la chaleur `a la source froide et en restituer `a la source chaude. Supposons que l’on dispose de W Joules sous forme ´electrique. On pourrait les convertir directement en chaleur dans un radiateur ´electrique (ren- dement 100%)→ W Joules en chaleur. Mais la pompe thermique permet d’ob- tenit plus : en effet elle permet de restituer Q
H`a la source chaude. Comme Q
H=
Wret r =
THT−TLH
= 0, 055, d’o `u Q
H=
0,055W= W · 18. On a un gain d’un facteur 18.
M ˆeme si la machine n’est pas parfaite, le gain reste appr ´eciable.
Pompe thermique : machine de Stirling
On a 2 cylindres et 2 pistons, le cylindre de gauche est en contact avec une source chaude, celui de droite avec une source froide. Les 2 cy- lindres sont s ´epar ´es par un r ´eg ´en ´erateur, sub- stance tr `es poreuse et
`a haute capacit ´e calori-
fique, qui joue le r ˆole de
r ´eservoir de chaleur auxi-
liaire. Les 2 pistons sont
connect ´es par syst `eme
m ´ecanique complexe. Ils
sont aussi connect ´es par
un vilebrequin.
Pompe thermique : machine de Stirling
Le gaz suit un cycle d ´efini par le diagramme P − V :
– a → b : d ´etente isothermique `a T
H. Pour rester chaud pendant la d ´etente, le gaz pr ´el `eve de la chaleur Q
H`a la source chaude
– b → c : les 2 pistons se d ´eplacent anti par- rall `element. Le gaz traverse `a volume constant le r ´eg ´en ´erateur froid : il se refroidit, sa pression baisse. Le r ´eg ´en ´erateur se r ´echauffe.
– c → d : le gaz est comprim ´e `a temp ´erature constante, T
Ljusqu’ `a son volume initial, ce qui est produit par le mouvement du piston de droite. Q
Lest alors transf ´er ´e aux parois du cy- lindre de droite qui est maintenu `a temp ´erature T
Lpar un r ´eservoir `a basse temp ´erature.
– d → a : les pistons se d ´eplacent en sens
oppos ´e, le gaz traverse `a volume constant
le r ´eg ´en ´erateur pr ´ealablement chauff ´e, il se
r ´echauffe, sa pression monte, et le r ´eg ´en ´erateur
se refroidit.
Exemple : Moteur de Stirling
Un moteur de Stirling utilise n = 8, 1 × 10
−3moles de gaz (id ´eal). Il travaille entre les temp ´eratures suivantes : T
H= 95
◦C et T
L= 24
◦C ; le volume de gaz double durant l’expansion et il tourne `a 0,70 cycle par seconde. Suppo- sant que le moteur est id ´eal, trouver (a) le travail fait par le moteur pendant un cycle, (b) la puissance du moteur, (c) La quantit ´e de chaleur transf ´er ´ee de la source `a haute temp ´erature vers le gaz et (d) le rendement thermique du moteur ?
SOLUTION : (a) En suivant le cycle P − V de la page pr ´ec ´edente, le travail fait par le gaz sur ab, durant une expansion isotherme entre les volumes V
aet V
bvaut :
W
ab= nRT
Hln V
bV
aDe m ˆeme pendant cd, on a W
cd= nRT
Lln
VVab
. Le travail sur bc et da est nul (volume constant). Soit au total, on trouve :
W = W
ab+ W
bc+ W
cd+ W
da= nR
T
Hln V
bV
a+ T
Lln V
aV
b
Exemple : Moteur de Stirling (suite)
Ce qui donne en regroupant :
W = nR(T
H− T
L) ln V
bV
aComme V
b/V
a= 2, on obtient :
W = (8, 10 × 10
−3mol)(8, 31J/mol.K)(95
◦C − 24
◦C)(ln 2) = 3, 31J (b) La dur ´ee d’un cycle est 1/0, 70 = 1, 43s. La puissance vaut donc
P = W
t = 3, 31J
1, 43s ∼ 2, 3W
(c) La chaleur transf ´er ´ee `a un gaz id ´eal pendant une expansion isothermique
`a temp ´erature T
H= (95 + 273)K (processus ab) vaut :
|Q
H| = nRT
Hln V
bV
a= (8, 1 × 10
−3mol)(8, 31J/mol.K)(368K )(ln 2) = 17, 2J (d) r = 1 −
TTLH
= 1 −
(24+273)K
(95+273)