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Réflexion par diffusion des participes 03B1 1
Par H. GEIGER et E. MARSDEN [Université de Manchester.
-Laboratoire de M. RUTHERFORD.]
Lorsque des particules a tombent sur une surface,
on observe une forte radiation émise par la face
frappée par les particules p. Beaucoup d’observateurs considèrent cette radiation comme une radiation secondaire, mais des expériences récentes semblent
montrer qu’elle est constituée principalement de par-
ticules B primaires, qui se sont difl’usées dans la matière sur une épaisseur telle qu’elles émergent de
nouveau du même côté de la surface 2 . En ce qui con-
cerne les parlicules x, un effet semblable n’a pas
encore été observé et on n’a peiit-ètre pas recherché
cet effet à cause de la diffusion relativement faible qui
accompagne la pénétration des particules a, dans la
matière3.
Les expériences suivantes montrent clairement qu’il existe cependant une réflexion par diffusion des
particules x. Quelques-unes des particules a. qui
tombent sur un plateau métallique ont leur direction changée de telle façon qu’elles émergent de nouveau du
côté de l’incidence. Pour avoir une idée de la manière dont cet effet a lieu, nous avons étudié les trois points
suivants :
l. La valeur relative de la réflexion sur diffë- rents métaux;
11. La valeur relative de la réflexion sur un métal pour différentes épaisseurs ;
III. La fraction des particules a incidentes qui sont
réfléchies.
La méthode des scintillations a été employée dans
toutes ces expériences pour observer les particules
réfléchies. Les détails de cette méthode ont été décrits dans des notes de Regener 4, et Rutherford et Geiger 5.
La quantité de particules réfléchies étant très faible,
il était nécessaire d’avoir une source très intense de rayons x. Nous avons employé un tube semblable à celui qui avait convenu à 1’tin de nous dans des expériences de diffusion’. Cette source est constituée par un tube de verre AB étiré en pointe et rempli d’émanation, l’extrémité B de ce tube étant rendue
1. llémoire lu à la Société Royale de Londres. Communiqué
par M. Rutherford.
2. YOY SCHMIDT, Jahrbuch der Radioaktivitat und Electro- ni k, 5 41908 471.
5. RUTHERFORD, Phil. Mag 12 1906 143: H. GEIGER. Roy.
Soc. Proc., A-8i (1908 1 î 4.
4. REGEsER, Verc. d. D. Pfry. Ges., 10 (19081 78.
3. Roy. ,Soc. Proc., A-8i (1908) 141.
6. GEIGER, Roy. Soc. Proc., A-81 (1908) 174.
imperméable à l’air par une fenêtre de mica. L’épais-
seur du mica était équivalente à environ 1 cm. d’air,
de telle sorte due les particules a pouvaient traverser
aisément.
Comme il est important due la pression du gaz à
l’intérieur du tube soit aussi faible que possible, nous
avons purifié l’é-
manation suivant la méthode de Ilu- therford 1. Le tube contenait une
quantité d’émana-
tion équivalente à
enniron 20 milligr.
RaBr2 à une pres- sion de quelques
centimètres. Le Fig. 1.
nombre de parti-
cules ce traversant la fenêtre par seconde était par
conséquent très grand, et, en vertu de la faible pression à l’intérieur du tube, les différentes espèces
de particules oc des trois produits, émanation, RaA et RaC, étaient bien définies.
L’écran S au sulfure de zinc était fixé derrière une lame de plomb P, dans une position telle qu’il ne pouvait être frappé directement par les particules oc.
Quand un réflecteur était placé dans la position RR,
à environ 1 centimètre de l’extrémité du tube, on commençait à observer des scintillations. En même temps l’écran brillait d’une façon appréciable par l’effet des particules B réfléchies.
On déterminait, au moyen d’un mir;roscope de
faible grossissement, le nombre des scintillations par minute sur un millimètre carré déterminé de 1 écran, pour des réflecteurs de dînèrent s métaux. On prenait
soin à ce que les différents réflecteurs fussent tou-
jours placés exactement dans la même position.
Un doit s’attendre à ce que le nombre des parti-
cules i réfléchies par une surface soit différent pour différentes directions et dépende aussi de l’angle d’inci-
dence. Dans notre disposition, cependant, nous’avons
pas observé de différences pour des angles variables.
Cela tenait à ce que, eu égard cl la nécessité d’avoir
1. RUTHERFORD, Phil. Mag., 12 1908 5L)O.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:0190900607020100
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le tube très près du réflecteur, r angle d’incidence variait beaucoup. La recherche de la variation de l’effet avec les angles d’incidence nécessiterait une source homogène de rayons a, parallèle et très in-
tense, ce qu’il n’est pas facile de réaliser.
La colonne 5 du tableau suivant donne le nombre de scintillations observées par minute; on a indiqué
dans la colonne 4 le rapport au poids atomique, et
on voit que ce rapport décroit avec le poids atomique.
Le plomb semble être une exception qui peut ètre due à la présence d’impuretés de faible poids ato- mique.
Même en l’absence de tout réflecteur on observait environ une scintillation par minute. Il était facile de montrer que cet effet était dîi à la réflexion sur l’air que les particules a traversent. Les nombres de ce
tableau sont corrigés de cet effet.
Il est intéressant de remarquer ici que pour les
particules B, le nombre des particules réfléchies décroît aussi avec le poids atomique du réflecteur 1. Mais tan- dis que pour les particules le nombre des particules
réfléchies pour l’or est seulement environ deux fois celui pour l’aluminium, pour les particules a, le même
rapport atteint environ la valeur 20.
II. Nous avons déjà fait remarquer que la réflexion par diffusion des particules a e;t une conséquence de
Fig. 2.
leur diffusion. Il en résulte que le nombre des parti-
cules réfléchies doit varier avec l’épaisseur de l’écran
réfléchissant. L’or pouvant être obtenu en feuilles
1. MC CLELLAND, Dublin Trans., 9 (1906) 9.
très minces et d’épaisseur uniforme, nous avons
employé des réflecteurs formés d’un nombre variable de ces feuilles. Chaque feuille était équivalente, comme pouvoir d’arrêt, à environ 0,4 millimètre d’air. Il était nécessaire de placer les feuilles sur des plaques
de verre, mais le nombre des particules réfléchies
par le verre lui-même était très faible vis-a-vis du nombre relatif à une feuille d’or. La courbe donne le résultat des mesures.
Le nombre des scintillations dues à la réflexion sur
l’air est retranché de chaque lecture. Le premier point
de la courbe représente le nombre de scintillations observées pour une plaque de verre employée seule
comme réflecteur; le dernier point (marqué 50)
donne le nombre de scintillations avec une lame d’or
épaisse.
Cette courbe est semblable à celle qui a été déjà
obtenue pour la réflexion des particules p 1. Elle
montre clairement que la réflexion n’est pas un effet de surface, mais un effet de volume.
Relativement à l’épaisseur d’or que la particule x
peut traverser, le phénomène est confiné dans une
pellicule relativement mince.
Dans nos expériences, la moitié environ des parti-
cules réfléchies provenaient d’une pellicule d’une épaisseur équivalente à 2 millimètres d’air. Si l’on considère la vitesse et la masse de la particule a, il
semble surprenant que certaines particules x, comme
l’expérience le montre, puissent être déviés à angle
droit et même plus, à l’intérieur d’une pellicule de
6 X 10-5 centimètre d’or. Pour produire un effet
semblable par un champ magnétique, il faudrait le
champ considérable de 10-9 unités absolues.
111. Dans une dernière expérience nous avons déter- miné le nombre total des particules réfléchies. Le tube à émanation em-
ployé dans les expé-
riences précédentes ne
convenait pas pour cette expérience, d’a-
bord à cause de la dif- ficulté de déterminer correctement le nom-
bre des particules ot
sortant du tube, en- suite, à cause des dif-
Fig. 3.
férentes espèces de particules « des trois produits :
émanation, radium A et radium C. Aussi avons-nous
employé comme source radiante, du radium C déposé
sur un plateau de faibles dimensions. Le dispositif représenté par la figure était tel que les particules x provenant du plateau A tombaient sur le réflecteur de
platine, d’un centimètre carré de surface environ,
1. Mc CLELLAND, Phil. Mag., 9 (1905) 230; Ann. d. Phys.,
18 (1905) 974: SCHMIDT, Aitn. d. Phys., 23 (1907) 674 ; Phys.
Zeit., 8 (1907) 737.
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sous un angle de 90°. Les particules réfléchies étaient
comptées en différents points de l’écran S.
Nous n"avons trouvé aucune variation appréciable
de ce nombre avec des anglets différents d’émergence ;
nous en avons déjà donné La raison.
La quantité de radium C déposé sur le plateau était
déterminée par son activité en rayons y. En supposant
que 3,4. 1011) particules snnt émises par seconde par
une quantité de Ra C équivalente à 1 gr. de radium 1,
on déterminait le nombre des particules ce émises par seconde par le plateau actif. Le nombre de ces parti-
cules tombant sur le réflecteur de platine était facile-
ment calculé en fonction de sa distance et de sa sur-
face. Pour déterminer le nombre total des particules
réfléchies, on a admis qu’elles étaient uniformément distribuées sur une demi-sphére ayant le milieu du réflecteur comme centre.
Trois déterminations différentes ont montré que, dans les conditions indiquées, environ 1 sur 8000 des particules incidentes était réfléchie.
Une expérience spéciale faite à faible pression a
montré que dans le cas de l’incidence rasante le nombre des particules réfléchies sous un très petit angle sur le réflecteur est bien supérieur au nombre
calculé d’après le rapport ci-dessus. Cette diffusion
tangentielle a une importance considérable dans quel-
ques expériences ; par exemple, si les particules provenant d’une source radioactive sont canalisées
dans un tube de verre de longueur notable, les con-
ditions sont très favorables à cet effet. Le nombre des scintillations comptées sur un écran fixé à l’autre extrémité du tube se compose non seulement des particules frappant 1 écran directement mais aussi de celles qui ont été rétléchies par les parois du tube
de verre.
l,a correction relative à ce dernier effet peut être appréciable, et serait encore plus grande dans le cas
d’un tube de métal. Dans les expériences de Ruther-
ford et Geiger cet effet ne pouvait influencer le résul- tat final, le dispositif étant tel que les particules réflé-
chies ne pouvaient pénétrer dans la chambre d’ioni- sation grâce à un étranglement du robinet d’arrêt.
Il semble probable que le nombre des particules
réfléchies dépend aussi de la vitesse des particules u
tombant sur le réflecteur. Dans notre cas, les parti-
,