S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
F RANCIS H IRSCH
Opérateurs carré du champ
Séminaire N. Bourbaki, 1978, exp. n
o501, p. 167-182
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167 Séminaire BOURBAKI
29e année, 1976/77,
t n° 501 1 Juin 1977OPÉRATEURS CARRÉ
DU CHAMP[d’après
J. P.ROTE]
par Francis HIRSCH
§
1. IntroductionDans la théorie du
potentiel électrostatique
dansR3 ,
interviennent lesapplica-
tions suivantes :
- le
laplacien
à(opposé
de l’inverse du noyau newtonienN )
-
l’opérateur carré
duchamp électrostatique
qui associe, à
toutpotentiel
f =Ng ,
la fonctionqui
vaut en x lecarré
sca- laire duchamp engendré
par lacharge
g en x-
l’intégrale
de Dirichletqui associe, à
toutpotentiel
f =Ng , l’énergie
de lacharge
g . Si l’onnote,
pour f danson
peut
passer de l’un de cesopérateurs à
l’autre par les formules :En
fait,
lespropriétés
fondamentales de cesopérateurs peuvent
être obtenues àpartir
de"principes"
trèssimples gardant
un sens dans un contextegénéral.
Unproblème important
en théorie dupotentiel
est alors la détermination de tous lesopérateurs
vérifiant cesprincipes.
Pour
l’opérateur A ,
leprincipe correspondant
est le"principe
du maximumpositif".
Ladétermination,
dans le cadre desopérateurs
invariants par transla- tions surRn ,
desopérateurs
vérifiant ceprincipe, équivaut à
la formule deLevy-Khintchine (cf. [12~).
Cette formule a été ensuite étendue aux groupes de Lie par G. A. HUNT([8]), puis
au cas non invariant partranslations,
sur un ouvert deRn
ou sur unevariété,
par Ph. COURREGE([4] et [5]).
Nous donnons dans le para-graphe
2 un théorème dereprésentation
dutype
formule deLevy-Khintchine,
tout àfait
général,
etqui permet
de retrouveraisément
les cas connus(il s’agit
d’un résultat de J. P. ROTH(~ 15j ) ) .
En ce
qui
concernel’opérateur Q ,
leprincipe correspondant
est le"principe
des
contractions",
mis en évidence par A. BEURLING et J. DENYqui
ontintroduit,
en relation avec ceprincipe,
la notion de forme de Dirichlet([3], [6], [7]).
Dansle
paragraphe 4,
nous considérons des formes de Dirichlet en un sensgénéralisé (sans
référence à une mesure de
base,
seul leprincipe
des contractions étantconservé)
eténonçons
des théorèmes dereprésentation permettant
de les déterminer. Ces théorèmes sontdus,
pourl’essentiel,
à G. ALLAIN(~ 1~ )
et L. E. ANDERSSON([2]),
certainesaméliorations ayant
étéapportées
par J. P. ROTH([16], [17]).
Enfin,
l’axiomatisation convenable despropriétés
del’opérateur
B a donnéla notion
d’opérateur
carré duchamp,
introduite par J. P. ROTH([15]).
Ils’agit
d’une notion intermédiaire entre celle
d’opérateur
vérifiant leprincipe
du maximumpositif
et celle de forme deDirichlet,
lesopérateurs
carré duchamp
étant caracté- risés à la fois par unprincipe
du maximum et par unprincipe
de contractions. Leparagraphe
3 sera consacré essentiellement à la détermination de cesopérateurs qui
semblent devoirjouer
un rôleimportant
en théorie dupotentiel
et en théorie desprobabilités.
Un certain nombre de résultats
complémentaires,
concernant notamment les relations entre les troistypes d’opérateurs étudiés,
des notionsvoisines,
desproblèmes,
desgénéralisations,
sontmentionnés
auparagraphe 5.
§
2. Formule deLevy-Khintchine généralisée
Soit X un espace localement
compact, 6(X) (resp. ô(X) )
l’ensemble des fonc- tions réelles continues sur R(tendant
vers 0 àl’infini).
Soit A unopérateur
linéaire
de (X),
de domaineD(A) .
DÉFINITION.-
A vérifie leprincipe
du maximumpositif (PMP) si
Notons à l’ensemble {f ~ ~ (R) ; f (0 ) - 0) .
On suppose, dans ce
qui
suit, que A vérifie lePMP,
queD(A)
est inclusdans
H(X) (ensemble
des fonctions continues àsupport compact),
dense dans~~~R~ ~
et queOn
note,
pour x E X et m E ,~ (x)
l t idéal deD (A) engendré
par lesm
fonctions
g
où g ED(A)
etg(x) =
0 .On
peut
alors énoncer le théorème suivant~~15~~ :
THÉORÈME
1.- Ilexiste,
pour xE X ,
(i)
une mesure de Radonpositive p
sur telle quex -
et, quel
que soit Vvoisinage
de x ,(il)
une forme linéaireTg
sur‘~ 2 (g)
-
locale, portée
par(x) (i.e. V
f E~~(x) , Supp
f-2014~ T (f) = 0 )
- vérifiant le PMP
(i.e.
V f E f z 0~ T (f) x 0 )
- d’ordre 2
(i.e. V
f E~~(~) , T (f) = 0 )
telles que
Dans
~15~,
J. P. ROTH déduit ce théorème du théorème dereprésentation
desopé-
rateurs carré du
champ.
La démonstration que nous donnonsci-après (~ 1’~~ ~,
mérited’être connue par suite de son
extrême simplicité.
1) L’hypothèse
sur le domaine de A assure queD(A)
n~, (X 1 ~ ~~ ~
est richedans
’~.(X 1 ~x~ ~ .
. D’autrepart, d’après
lePMP, l’application
f --a.
Af(x)
est une forme linéaire sur
D(A)
n’~C,(~ ~. f g~ ~ , positive
surD(A)
Elle se
représente
donc par une mesure de Radonpositive, x ,
sur eton a
2)
Soit f 6D(A)
tel quef(x)
= 0 et f 3: 0 . Il existe une suite croissante(T ) m m ~ U
d’éléments deJ positifs, convergeant simplement
vers y -y
etvérifiant :
On en déduit
et par
conséquent
3)
Soient e ED(A) ,
0 ~ 8 s 1 , e = 1 sur unvoisinage de X, et (p
ED(A) ,
0 ~ 03C6 ~
1 ,Supp 03C6
c:Supp( 1 - e) . D’après
le PMP et la définitionde x ,
et donc
(i)
est ainsi vérifié.4)
Pour fappartenant à J2(x) ,
on poseIl est
clair, d’après
cequi précède,
queTg
estlocale, portée
par{x}
et véri-fie le PMP.
Soit f de ls forme avec cp , g E
D(A)
etg(g) -
0 . Pour tout E >0 ,
f +
~g appartient ~ ~ 2 (~)
et estpositive
dans unvoisinage
de g .T
étantlocale et vérifiant le PMP
A la limite et de même
~
(ii)
est donc vérifié.Remarques.- l)
Si X est un ouvert deRn
etD(A)
= lethéorème
précédent permet
de retrouverrapidement
la formule dereprésentation
donnée par Ph. COURREGE([4]) .
2)
Sous leshypothèses
et avec les notations duthéorème,
si f est continue bornée et localement dansD(A) (1,e.
Y x£ X , Y
V g £D(A) ,
x
g x
(V
=f(V ),
onpeut
définir Af parce
qui
est une définition cohérente. Onpeut,
enparticulier, définir
A 1(qui
est une fonction s.c.i.,
négative
ounulle).
Nous allons terminer ce
paragraphe
en donnant un résultat~~ i’l~ ~ qui s’apparente
à la formule d’Ito connue en théorie desprobabilités.
THÉORÉME
2.- Avec leshypothèses
et les notations duthéorème précédent,
La
démonstration
estimmédiate : d’après
la formule deTaylor,
ilexiste’
dans ~ (R)
tel quece
qui
conduit au résultat.§ 3. Opérateur
carré duchamp
Les résultats de ce
paragraphe
sont dus à J. P. ROTH([15], [ 17J ~ .
Onconsidère
unespace localement
compact X .
Ondésigne
par~
l’ensemble desapplications
T de R dans R vérifiant :Si f et g sont des fonctions réelles sur
X,
f est dite contraction normale de g siIl est clair que, pour que f soit une contraction normale de g , il faut et il suffit
qu’il
existe Tdans ’=6
tel que f = T o g .Soit A un
opérateur
de~f(x) ,
de domaineD(A)
vérifiantet considérons
l’application
PROPOSITION.-
Si
A vérifie leprincipe
du maximumpositif,
B estune application
bilinéairesymétrique
vérifiant(i)
Vf ,
g ED(A)
f c ontracti on normale de g ~B(g,g)
Nous donnons ici une
démonstration
directe de cetteproposition (la
démonstration initiale de J. P. ROTH utilisaitl’approximation
desopérateurs
vérifiant lePMP).
Supposons
que f est une contraction normale de g , f et g étant dansD~A~ . (B(f,f) -
=f(g) ~~ - ~Cg) )2
+~Cg)~ -
gnant
son suppositif
ou nul en x, cequi implique (i).
Si, maintenant,
leshypothèses
de(ii)
sontvérifiées,
posonsk
appartient
àD(A)
et atteint son infnégatif
ou nul en x , cequi implique (ii).
Remarques . - 1 ~ ( i ~ implique
enparticulier
0 pour tout f deD (A ~ , 2) Supposons
que A vérifie leshypothèses plus
fortes duparagraphe précédent.
Avec les notations
utilisées
dans lesparagraphes
2 et3,
onobtient,
pour x E X et f ED(A) ,
Cette formule va
être généralisée
dans cequi
suit.DÉFINITION.-
Soit W ci6(X)
un sous-espace densede o (x)
tel que Soit~(x)
un sous-espace de l’ensemble des fonctions de X dans R.On
appelle opérateur
carré duchamp
de domaine W(et
à valeurs dans~(X) ),
une
application
bilinéairesymétrique
B de W x Wdans ~ (X)
satisfaisant à(i)
"Vf, g ~ W ,
f contraction normale de g- B(f,f)
-sB(g,g) (ii)
Vf,
g (W ,
V x( 3L , f(x) = sup et g(x) = sup
0 .On a alors le théorème de
représentation
suivant :TEÊORÈ!tE.-
Soit B unopérateur
carré duchamp
de domaine W et à valeurs dans~?(x) .
Il existe :
. une famille
(~ }
- de mesures de Radonpositives
surXB(x)
telles que, pour tout f deW ,
t(f(y) - f(x)) ~ d~ (y)
est une fonction s.c.i.finie sur X
. une fonction ,a. s.c.s.,
positive
ou nulle sur X. un
opérateur
carré duchamp G,
dedomaine W ,
à valeurs dansl’espace
vec- torielengendré
par les fonctions s.c.i. finiessur X
t de caractère local(i.e.
V f ,
tg E W , V
xE X
f f constante auvoisinage
de x~ G (f , g) (g~ - 0 ),
de sorte que
Nous allons
esquisser
les diversesétapes
de ladémonstration
dont la rédaction détaillée estlongue
et asseztechnique.
1)
Soient f et g dansW+
avecSupp
f nSupp
g= ~ .
Alors( f
+g)
est unecontraction normale de
(f - g) (puisque
f + g =~f - gl )
et donc~(f,g) ~ ~ .
Onen déduit l’existence de mesures
(a ) , positives
surX2, à ( p étant
ladiago-
nale), symétriques,
telles que :V
f , g E W,
Vx EX, Supp
f nSupp g - ~
===~B(f,g)(x) = -J
f 8) g .D’autre
part, d’après (ii),
D’où
l’existence,
pour tout x deX ,
d’une mesure de Radonpositive
~t surx
(X ~ { g~ ~2
telle queOn déduit alors de ce
qui précède
Il en résulte
qu’il
existe deux mesures de Radonpositives
sur Xy x~ , ~
xet x
,telles que
On montre ensuite que
= V x et, posant ~~
cette mesure, on a2)
Soit f ~ W . NotantE
l’ensemble des fonctions deW ,
inférieures ouégales
à 1 , valant 1 surSupp f ,
on voit hpartir
de(i)
que(B(f,of)(x)) .-
est une famille filtrante décroissanteminorée
par 0 . Onpeut
noter X
(f)
la limite(B
est une mesure de Radonposi tive). Puis,
utilisant~ X
(ii),
on voit que X = 6 .x x
3)
On montreOn définit alors G sur W x W par différence
(à partir
de la formule de l’énoncé du théorème1)
et on montre que G a lespropriétés requises.
C’est lapartie
laplus longue
et laplus
difficile de la démonstration.Remarque.- Dans [15],
J. P. ROTH donne un énoncé un peuplus
faible duthéorème
1co
(seules
lescontractions "6 "opérant"
surG).
Pour obtenir le théorème1,
on doitcompléter
la démonstration de lafaçon
suivante(L17]) :
Lemme.- Soit une forme
quadratique
R sur W sous-espace de~,(~~ et
U la forme bilinéaire associée. Sontéquivalents :
a)
Vf , g E W , V
T ECC, g=Tof ===~ R(g~ $ R(f) b) V f , g E W,
VT fonction continue croissante nulle en0 ,
g = T o f====~
U(f,g) ~
0c)
V f EVT,S
continues croissantes nulles en 0g = T o f ,
h=Sof 0 .Soient alors f et g
appartenant
à W tels que g = T o f avec T crois- sante continue nulle en 0 . Soit x E X .On montre facilement que
où ~
n est une fonction continue croissanteappartenant
vérifiant(
~- , cp n (t)
= a+
t pour t voisin deg(x) ,
d’où le résultat en utili-sant le Lemme.
En
fait,
onpeut
décrireplus précisément l’opérateur
G et montrer quec’est,
en un sens
abstrait,
un "carré degradient".
THÉORÈME
2.- . Vf,
g, h EW , G(h,fg) =
fG(h,g)
+g G(h,f)
. v
f ,
g EW ,
ve , ~t
Ej ,
iG(e
0f ~ ~ ~ g) = (e’
of ) C~’ ~ g)G(f,g)
. Si X est un ouvert de
Rn
et W = n~°,~ (X~ ,
il existe une matricesymétrique (aij)1 ~ i ~
n de fonctions réelles telles queLe
3-ième point
découle d’une extension du 2-ième à des fonctions 9et t
den variables. Le 2-ième
point
découle assezsimplement
du 1er. Donnons une indica- tion sur la démonstration du 1erpoint :
soit f E W avecf(x) =
0 . On voit alors que, sur unvoisinage
de x assezpetit, f
est une contraction de ef .D’où, d’après
le caractère local deG ,
on obtientsoit,
à la limiteD’après l’inégalité
deSchwarz,
il en résulte queDonc,
ce
qui
donne le résultat.Remarque.-
Les théorèmes 1 et 2permettent,
dans le cas où X est un ouvert deRn
et W =
n ’G 2 (X) ,
de "remonter" del’opérateur
carré duchamp
B à unopé-
rateur A vérifiant le
principe
du maximumpositif.
Avec les notationsprécédentes,
il suffit de poser
t~ n ~
où
8 x E ~(X)
et8~ -
1 sur unvoisinage
de x(A
ainsi défini n’estcependant
pas, en
général,
à valeurscontinues).
§
4. Formes de Dirichletgénéralisées
Soit X un espace localement
compact
et B unopérateur
carré duchamp
de domaineW , à
valeurs dans~°(J~~ .
Soit ~, une mesurepositive
sur X telle quePosons alors
Q
est une forme bilinéairesymétrique
sur W x W telle que, si fet g
appar- tiennent à W et f est une contraction normalede g,
Nous allons
généraliser
cette situation.Soit V un sous-espace de dense dans
~,~~~} ,
tel queSoit
Q
une forme bilinéairesymétrique
sur V x V.Q
est dite forme de Dirichletgénéralisée
de domaine Vsi,
enoutre,
V
f ,
g E V f contraction normale de g ====!>Q(g,g) .
Le théorème de
représentation
suivant a été démontré par G. ALLAIN(~ 1~ ) ,
avecune définition
plus
restrictive de la notion de forme deDirichlet ;
il a été modi- fié sous la forme donnée ici par J. P. ROTH([17]).
Ils’agit
d’unegénéralisation
d’un résultat donné sans démonstration par A. BEURLING et J. DENY dans
[ 3~ . THEOREME
1.- SoitQ
une forme de Dirichletgénéralisée
de domaine V. Alors il existe. une mesure de Radon
positive, symétrique,
Q(0394
étant ladiago-
nale
de 7?)
. une mesure de Radon
positive, ,
sur X. une f orme de Dirichlet
généralisée N ,
de domaineV,
locale(i.e.
V
f ,
gE V ,
g constante sur unvoisinage
deSupp
f -~N(f,g) = 0 )
avecLa démonstration suit des idées de J. DENY.
1)
Comme auparagraphe 3
on voit que, si f et g sont dansV
etSupp
f nSupp
g= ~ , alors Q(f,g) s
0 . Il existe donc une mesure de Radonposi-
tive
symétrique
a , surX 2 B ~ ,
telle queV
f ,
g E VSupp
f nSupp g = ~ -°’~ Q(f,g) = -2 J
f 8) g d? . De mêmequ’au paragraphe
3 on voit aussi que si fappartient à V
,f
est une famille filtrante décroissante minorée par 0 et on pose
F
f~r,
la limite.2)
On montre que, si f et g sont des éléments de V et T une fonction de R dansR,
continue strictement croissante, telle queT(o) =
0 et g = T of ,
Cette
partie
de la démonstration est assez difficile. Laméthode
consiste à faire un"découpage
en tranches" de f defaçon
quechaque
"tranche" soit àsupport disjoint
du
support
de presque toutes les autres "tranches". La démonstration de[1] doit,
à cet endroit êtremodifiée
pour n’utiliser que des contractionsappartenant à 2f .
On
peut
alors définir N par différence et montrer(en
utilisant le lemme cité au§ 3)
que N a toutes lespropriétés
voulues.Le
problème
se pose alors de la détermination des formes de Dirichletgénérali-
sées locales. Le théorème
suivant,
sous une forme un peudifférente,
a étédémontré
par L. E. ANDERSSON
(~ 2] ~ , puis,
avec unedémonstration simplifiée
par J. P. ROTH([16]).
THÉORÈME
2.- Soit X un ouvert deRn ,
V= K(X)
n1(X) ,
N une forme de Dirichletgénéralisée,
de domaineV ,
locale.Alors,
il existe une famillesymétrique
i s n de mesures de Radon sur X telle que :
La
démonstration
est assezlongue, l’étape
laplus
difficile étant de montrerla continuité de N pour la norme de la convergence uniforme des fonctions et de leurs dérivées
premières.
§
5.Problèmes,
résultatscomplémentaires, généralisations
- Un des
problèmes qui
seposent
est desavoir,
dans le casgénéral,
"remonter"d’une forme de Dirichlet
généralisée à
unopérateur carré
duchamp,
ou d’unopéra-
teur carré du
champ à
unopérateur
vérifiant leprincipe
du maximumpositif.
Dans le cas d’un ouvert de
Rn
et de domainesconstitués
de fonctionsrégu- lières,
les théorèmes dereprésentation permettent, grosso-modo,
de résoudre leproblème.
Dans le cas
général,
J. P. ROTH a donné dans(16J
un élément deréponse
au pro- blème de l’existence d’unopérateur
carré duchamp
associé à une forme de Dirichletgénéralisée :
PROPOSITION.- Soit
Q
une forme de Dirichletgénéralisée,
de domaine V.On suppose en outre que
V
f, ~~o)
= 0 =~~~f,~) ~ v .
Notons, pour
Alors
est une f orme bilinéairesymétrique
vérifiantEn
effet,
soit h dansV .
Avec les notations duparagraphe 4,
On
considère,
pour f fixé dansV,
la forme bilinéairesymétrique
On a alors une forme de Dirichlet
généralisée
locale surR2
àlaquelle
onpeut appliquer
le théorème 2du §
4.Si T est
dans ~ Cl ‘~,~ (R~ ,
on obtientoù est
positive
etportée
parR+
x R(d’après
lapositivité
deh).
Laproposition
est donc démontrée.Conséquence.
h - seprolonge
en une mesurepositive
bornée.Donc,
pour f et g dansV ,
il existe une mesure de Radon bornéer(f,g)
telle quePosons
B est une
application
bilinéairesymétrique
de V x V dans l’ensemble des mesures de Radon bornéessur X ,
surlaquelle
lescontractions ~~ opèrent.
Bpeut
être considéré comme unopérateur carré
duchamp
à valeurs mesures et- Un autre
problème
est le suivant :Si
Q
est une f orme de Dirichletgénéralisée
de domaineV,
existe-t-ilune famille de mesures de Radon
positives-symétriques bornées
surX2 ,
une famille de mesures de Radon
positives
bornées sur X et unfiltre ~
sur I tel que
La
réponse
estpositive
dans le cas où X est un ouvert deRn
etV = n
~°,~ (X) ! d’après
les théorèmes dereprésentation (cf . ~ 16~ ~ .
Le casgénéral
n’est pas connu.Dans [16],
J. P. ROTH montre que leproblème
estéquiva-
lent à celui des "contractions
généralisées".
-
Dans [10],
E. KUNITA a introduit la notion degénérateur
infinitésimal étendu d’un processus de Markovstandard,
parrapport à
une fonctionnelleadditive tp ,
bien
choisie,
de ce processus. Cegénérateur
étendu est notéA
et H. KUNITA endonne une
expression explicite
au moyen de la formule d’Ito(le
théorème 3.1 de[10] est à
comparer authéorème
2du §
2 de cetexposé).
Il déduit ensuite de cethéorème
queD(A )
est unealgèbre
etdonne,
encorollaire, l’expression analy- tique
et lasignification probabilité
del’opérateur
("l’opérateur
carré duchamp"
associé àA ).
-
Dans [13],
P. . A. MEYER a introduit une autrenotion,
engénéral
différente de celle de H.KUNITA,
de domaine étendu d’umgénérateur
infinitésimal : si on suppose, poursimplifier,
que A est legénérateur
infinitésimal d’unsemi-groupe
de Fellersur un espace localement
compact à
basedénombrable X ,
et si ondésigne
par(R03BB)03BB>0
la famille résolvanteassociée,
on dit que fappartient
au domaineétendu
de A( D (A) )
si f est universellement mesurable bornée et si il existee
g universellement mesurable
(notée
Aef ),
telle queP. A. MEYER pose alors le
problème
de savoirquand D (A)
est unealgèbre,
etmontre
qu’une
condition nécessaire et suffisante pourqu’il
en soit ainsi est que, si l’on noteP~’
la loi du processus de Markov associé à A et à la loi initiale~ : :
pour toute loi
P~’ ,
, toutemartingale (Mt)
relative àP~
et de carréinté-
grable,
la mesure aléatoire d(M M)
est absolument continue parrapport à
dt . ..Dans ce cas, on dit que
l’opérateur
carré duchamp associé à
A existe et onle
définit
parP. A. MEYER montre que, si
l’opérateur
carré duchamp
associé à Aexiste,
les fonctions de n variables de classe2 opèrent
sur D(A) (ce qui
est uneappli-
e
cation de la formule
d’Ito)
et que, si 0 et sont deux semi- groupesauxquels
onpeut
associer unopérateur
carré duchamp,
il en est de même de~t~t~O -
"Des
conséquences
pour l’étude desinégalités
deLittlewood-Paley
en sont tirées.Le
problème
de l’existence d’unopérateur
carré duchamp
associé à ungénéra-
teur infinitésimal sur
P
est résolu par l’affirmative dans de nombreux cas(et
en
particulier
dans le cas "invariant partranslations").
Ceci découle de la condi- tion de P. A. MEYER mentionnéeplus
haut et de résultatsde [9].
Laquestion
sui- vante reste ouverte :La
propriété
d’inclusion de~)(R )
dans le domaine étendu d’ungénérateur
infinitésimal A sur
Rn
entraine-t-elleautomatiquement
l’existence del’opéra-
teur carré du
champ associé à
A ?Signalons
enfin que Y. LE JAN([11])
et G. MOKOBODZKI ontapporté
aussides
éléments
deréponse,
dans des cadres un peudifférents,
auproblème
de l’exis- tence d’unopérateur
carré duchamp.
- Dans
~19~,
M. YOR a montré que les différentes notions introduites par J. P.ROTH
(opérateur
carré duchamp associé à
unopérateur A ,
formes"tronquées" Qh
asso-ciées à
une forme de DirichletQ , partie
locale d’unopérateur
carré duchamp,
etc...) gardaient
un sens etpouvaient
êtreétudiées
dans le cadre des semi-martingales,
lesopérations (X,Y) - [X,Y], [X,Y]c , (X,Y)
donnant desexemples d’opérateurs carré
duchamp généralisés.
-
Enfin, dans [11],
Y. LE JAN donne aussi diversesinterprétations
de notions dont nous avonsparlé
dans cetexposé,
dans le cadre des espaces deDirichlet, à
formenon nécessairement
symétrique,
etdémontre plusieurs propriétés intéressantes
les concernant. Ces notions avaientauparavant
été introduites par M. L. SILVERSTEIN([18])
dans le cassymétrique (en particulier
la notion de mesured’énergie
de fqui
n’estautre,
avec les notationsemployées
dans laconséquence
de laproposition
de ceparagraphe,
que la mesureB(f,f) - f2 ).
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