HAL Id: jpa-00208481
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Submitted on 1 Jan 1976
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Effet Kerr et électrostriction dans des verres aux silicates de plomb
M. Paillette
To cite this version:
M. Paillette. Effet Kerr et électrostriction dans des verres aux silicates de plomb. Journal de Physique,
1976, 37 (7-8), pp.855-864. �10.1051/jphys:01976003707-8085500�. �jpa-00208481�
855
EFFET KERR ET ÉLECTROSTRICTION
DANS DES VERRES AUX SILICATES DE PLOMB
M. PAILLETTE
Laboratoire
d’Optique Quantique,
Université ParisVI,
Tour
13, 4, place Jussieu,
75230 Paris Cedex05,
France(Reçu
le25 juin 1975, accepté
le 1 er mars1976)
Résumé. 2014 Les constantes de Kerr en basse (7 kHz) et haute
fréquence
(5MHz) d’une série deverres aux silicates de
plomb
et de la silice vitreuse ont été mesurées à 6 328 Å et à températureambiante. Hormis deux verres, l’écart entre ces valeurs
expérimentales
est en bon accord avec lacontribution calculée de l’électrostriction. Deux verres témoignent d’une corrélation entre les effets
électrooptiques et photoélastiques. L’action d’un champ électrique basse fréquence sur un verre WG 1
met en évidence l’électrostriction. Ces observations suggèrent une nouvelle
approche expérimentale
de la conduction ionique et du contrôle de
l’homogénéité
dans les verres.Abstract. 2014 The low (7 kHz) and the high frequency Kerr (5 MHz) constants have been measured in a number of lead silicate
optical glasses
and fused silica at 6 328 Å and room temperature. Apartfrom two glasses, the difference between these
experimental
constants agrees with thecomputed
electrostrictive contribution. Two glasses give evidence for a correlation between the electro-optic
and the photoelastic effects. The application of a low frequency a.c. electric field to one glass (WG 1)
shows up the electrostriction. These results suggest a new
experimental
method for the measurement of ionic conduction and homogeneity in glasses.LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 37, JUILLET-AOtJT 1976,
Classification
Physics Abstracts
7.142 - 8.760 - 8.816 - 8.200
1. Introduction. -
L’application
d’unchamp
elec-trique
a un verre induit unebirefringence
suivant deux m6canismes : un effetelectrooptique quadratique (effet Kerr)
et un effetphoto6lastique provoqu6
par la contrainte creee par electrostriction. Lafrequence
du
champ applique
permet laseparation
de ces contri-butions.
Dans le d6roulement de 1’etude
entreprise,
nousavons
mesure,
atemperature ambiante,
les constantes de Kerr(n
II et n 1. etant les indices de refraction a lalongueur
d’onde A dans les directions
paralleles
etperpendicu-
laires au
champ applique E)
de diff6rents verres auxsilicates de
plomb
pour deschamps 6lectriques
debasse et haute
frequence [1, 2, 3].
Pour cesmat6riaux,
seules les valeurs en bassesfrequences
avaient etejusqu’ici
mesurees[4, 5].
Nous avons tente de relier les differences observees entre les constantes de Kerr basse et haute
frequence
àla contribution de 1’electrostriction calculee a
partir
des constantes de ces mat6riaux. Cette
comparaison
permet, outre la liaison entre les
parametres phy- siques, d’appr6cier
laprecision
des mesures et laqualité optique
des milieux vitreux 6tudi6s.L’h6t6rog6n6it6 optique
de l’un de ces verres soumis a unchamp electrique
de bassefrequence
permet d’observer une manifestationm6canique
de 1’elec- trostriction. Une carte de larepartition
duchamp electrique
entre les electrodes est effectu6e. Une voie nouvelle pour 1’etude de la conductionionique
dansles verres,
grace
a 1’effetKerr,
estd6gag6e [6, 7].
2. Mise en aeuvre et risultats
exp6rimentaux.
-2.1 MTTHODE EXPTRIMENTALE. - Le
dispositif
et lam6thode de détection lineaire ont été
pr6c6demment
d6crits
[1].
Ces mesures sont faites a lalongueur
d’onde 6mise par un laser
helium-neon (6
328A).
La detection du courant
photo6lectrique
correspon- dant audephasage
de l’onde lumineuse induit par1’application
duchamp electrique
sur le verredepend
de la
frequence
et de la nature de lacharge
duphoto- multiplicateur :
i)
En bassefrequence (3
a 12kHz) :
nous mesuronsle taux de modulation du
signal photo6lectrique,
recueilli par une
resistance,
a lafrequence
double de1’excitation a 1’aide d’une detection
synchrone.
Ledispositif
calibre par la mesure du sulfure decarbone,
du benzene et du tetrachlorure de carbone permet d’atteindre un
dephasage
de 4 x10-’
rad.ii)
En hautefrequence (~ 5
MHz dans uneplage
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01976003707-8085500
TABLEAU I
Parametres
physiques
des verres étudiés(les
lettres a,b,
ccorrespondent
auxréférences respectives [8] [9] [7])
de 750
kHz) :
a 1’excitation alternative(250 V)
estsuperpos6e
une composante continue(jusqu’a
5kV).
La modulation
m6canique
du faisceau permet une double detectionsynchrone
a 5 MHz ± 500 Hz.Pour les
premiers
resultats(procedure a)
lacharge
dudetecteur etait une resistance
[1].
Nous lui avonssubstitu6 un circuit bouchon accordable a la
frequence
d’excitation du verre. La surtension de 50 a la reso-
nance accroit la sensibilite du montage.
Dans une
premiere
s6rie de mesures, lacharge
etaitaccord6e pour chacune des
frequences
d’excitation des verres,puis
calibr6e par la mesure du benzene(procedure b).
Dans uneseconde, chaque
verre estdispose
enparallele
avec une cellule de Kerr de ben- zene dans le circuit d’excitation(procedure c).
Lamesure successive des deux mat6riaux facilite le
r6glage
et laprecision
de 1’accord de lacharge.
Nousavons retenu la valeur
B = 37 x 10-9 cm-1
uesE -2 (6
328Å)
comme reference pour Ie benzene[8].
Grace a ce
dispositif
le seuil de detection se situe à 1 x10-’
rad.2.2 PARAMETRES PHYSIQUES DES VERRES ETUDIES. - Ces mat6riaux comprennent la silice fondue et un
ensemble de 6 verres de la famille des flints extra-denses
ranges
dans les diff6rents tableaux suivant l’ordre d6croissant des concentrations enoxyde
deplomb (PbO).
Le tableau I rassemble tous lesparametres physiques disponibles
de ces mat6riaux. Ladensite,
l’indice de
refraction,
la constantedi6lectrique
s
(1 MHz,
20°C)
et la constante de Brewsterstatique
C
(5
876A)
=n3/2(q12 - q 11) ({ qijkl} d6signe
lesconstantes
pi6zo-optiques
d6finies apartir
deAP 6tant la contrainte uniaxiale
appliqu6e) proviennent
du
catalogue
du fabricant ou de la litt6rature[9],
silice fondue
[10, 11];
ces valeurs sontextrapol6es
à6 328
A.
Les modules derigidit6 p
et la constante Cde F 4820 manquants, nous avons retenu les valeurs des verres les
plus proches
mentionn6es entre paren- theses. Nous avons mesure la constantedielectrique
c
(1 kHz, 20°C)
a 1’aide d’unpont
General Radio 716 C. Les valeurs absolues des constantes C à 5 461A
de WG 1 et D 2129 nous ont ete mesur6es(1).
2.3 RESULTATS EXPTRIMENTAUX. - Les valeurs
alg6briques
des constantes de KerrB,
mesur6es en haute et bassefr6quence,
de ces verres sontpresentees
dans le tableau II. Les mesures
l, 2
et 3 mentionnees enhaute
frequence
se rapportentrespectivement
auxprocedures
a, b et c d6crites dans leparagraphe
2.1.Pour
chaque
verre, nous v6rifions que led6phasage
est une fonction
quadratique
duchamp applique.
La fourchette d’erreur attribuee a
chaque
valeurcorrespond
a ladispersion
despoints exp6rimentaux.
Les deux valeurs attribu6es a un meme verre se
rapportent a des coulees distinctes. La
dispersion
desresultats en haute
frequence
est li6e a laprecision
desdiff6rentes
procedures
d6crites. La mesure 3 nousapparait
laplus
exacte dans la limite toutefois ou la valeur de reference choisie pour le benzene n’est pas modifi6e. Nous constatons :i)
Les constantes de Kerr B de tous ces verres sontpositives sauf pour
D 2129quelle
que soit lafrequence
du
champ electrique.
Ce typed’anomalie,
lapremiere
observ6e dans la famille des
flints,
a etesignal6e
dansles crowns
[4]
et dans les tantalates et niobates[5].
(1) Nous remercions M. Martin du Laboratoire de Mecanique
des Milieux Continus (ESPCI) de nous avoir obligeamment fourni
ces resultats.
857
TABLEAU II
Constantes de Kerr B haute et
basse frequence
mesurees a 6 328A
et àtempérature
ambianteCe comportement
signifie
que l’indice de refraction dans la directionperpendiculaire
auchamp
devientsup6rieur
a celui dans la directionparallele.
ii)
Les modules de B croissent sensiblement dans le meme sens que la concentration en ionplomb
à1’exception
du verre de Pockels a 6 328A.
Ce verrepossede
le meme comportement enphotoelasticite (la
constante C s’annule vers 6 438A)
et dans lesmesures de
dispersion
de B[3].
Cette similitude pour rait faciliter lacomprehension
des mecanismesphy- siques
intervenant dans B.iii)
De part et d’autre du verre dePockels,
lesigne
de la constante de Brewster C determine le sens de 1’6cart entre les valeurs de B en haute et basse fr6- quence : :l’effet
photoelastique
se manifeste donc sauf pour WG 1.2.4 ETUDES PARTICULITRES DU VERRE WG 1. - 2.4.1 Mesures
de
B>z
suivant la provenance. - Six 6chantillonsdistingues
par les lettres de A aF,
de diversescoulees,
ont 6t6 mesures en haute et bassefrequence
a 1’aide d’un faisceau lumineux(diametre
2 a 3
mm)
traversant trois fois la zone centrale du mat6riau.Ainsi,
nous mesurons une valeur moyenne dudephasage
cp>z
suivant1’6paisseur provoqu6e
par une excitation
electrique
moyenne( E2(z) >z
d6finie a
partir
de la tension Vappliqu6e
et1’epaisseur
de la lame e
(4 mm).
Ces valeurs moyennes de(
B>z,
àtemperature ambiante,
sontgroupees
dans letableau III.
Positives,
elles serepartissent
autour de3 x
10-9 cm-’
uesE-2
mais le sens de la contribu- tion due a lafrequence
duchamp electrique
est tresvariable.
2.4.2 Mesure du
déphasage T(z)
dansl’épaisseur
zdu verre. -
i) Principe
de la m6thode : nous avonsrepris
cettemesure
en utilisant un seul passage du faisceau lumineux ramene a0,5
mm de diametre à travers deux 6chantillons de WG 1(E, D) disposes
sur un support a hauteur
reglable
de0,25
mm enTABLEAU III
Constantes de Kerr B haute et basse
ftiquence (6
328A, to
~22°C)
d’unéchantillonnage
de verresWG 1. --
0,25
mm(sch6ma a
de lafigure 1).
Ainsi achaque
altitude z, nous mesurons le
dephasage T(z)
lie a laconstante de Kerr
B(z)
et a 1’excitationelectrique E2(z)
dans la zone de
longueur
I autour de z :FIG. 1. - Variation de la birefringence electrique suivant 1’6pais-
seur de deux verres WG 1 : a) Schema du dispositif de mesure.
b) Variation de B(z) E2(z) (6,5 kHz) rapport6e;i la valeur moyenne ( BE2 )z pour WG 1 E, non recuit. c) Dependance des constantes
de Kerr basse (o) et haute (x) frequence de WG 1 D apr6s recuit.
La
presence d’impuret6s
modifiant la conductibilit6 dumat6riau,
larepartition
duchamp electrique
et lapolarisation
du milieu peuventapparaitre hétérogènes
suivant
1’epaisseur.
Enfait,
les resultats du tableau IIIcorrespondent
a la valeur moyenne suivant1’epais-
seur e de
valables seulement pour un milieu
homogene.
La mise en oeuvre de
la birefringence electrique
deKerr dans
1’espace
interelectrode montre lapossibilit6
d’etendre aux verres les travaux faits sur le nitroben- zene en
particulier [6, 7].
ii)
Résultats des mesures. - Lafigure
1 bpr6sente
une
cartographie
des valeurs deB(z).E2(z)
obtenuesa
partir
de(p(z)
etrapport6es
a la valeur moyenneB(z) E2z >
issue du tableau III pour le verre WG 1« E » soumis a un
champ
bassefrequence.
A lapr6-
cision
experimentale pres indiquee,
nous observonsune distribution d6sordonn6e de
B(z) E’(z)
renforceecependant
auvoisinage
d’une electrode.La
figure
1 c apporte lesrepartitions
deB(z)
suivantl’épaisseur
en basse et hautefrequence
pour 1’echan- tillon WG 1 D,apres
un recuitthermique.
Nousavons pu atteindre
B(z)
car nous avonsv6rifi6,
àchaque
altitude z, queT(z)
etait une fonction lineaire deE2(z).
Larepartition apparait plus homogene
surtout au centre en basse
frequence accompagne cependant
d’un renforcement auvoisinage
dechaque
electrode.
L’observation de ces
histogrammes
traduit a la foisl’inhomog6n6it6
dumat6riau,
et larepartition
duchamp electrique
que seules les mesures a tension variablesepareraient.
Elle revele aussi la difficulte de cerner la contribution de 1’electrostriction dansce verre a
partir
des constantes B, haute et bassefr6quence.
3. Contribution de l’ilectrostriction. - Un raison- nement
thermodynamique classique
montrequ’un
fluide ou un materiau soumis a un
champ electrique
subit une deformation dont les composantes sont une fonction
quadratique
duchamp applique.
Apartir
de deux m6thodes
classiques
nous avons etabli lesdeformations dues a la contrainte creee par 6lectrostric, tion
qui
entrainent une contributionphoto6lastique
a la
birefringence.
Nous comparons ces r6sultats à 1’ecart observe entre les valeurs des constantes de Kerr bassefrequence
et hautefrequence presentees prece-
demment.
3.1 CALCUL DE LA BIREFRINGENCE DUE A L’TLECTRO-
STRICTION. - 3 .1.1 Géométrie des matiriaux. - Les echantillons de verre
representes
sur lafigure
2 ont laforme de lames
parallelepipediques
delongueur
L
(4
a 10 cm pour lasilice),
delargeur
1(0,9 cm)
etd’epaisseur e (0,4 cm)
dont les facesprincipales
sontrecouvertes par des electrodes d’or-chrome
d6pos6es
par m6tallisations sous vide. G6n6ralement ces bandes
de materiau sont d6limit6es par les electrodes dans des
plaques
de 3 a 4 cm delargeur.
Les contraintesm6caniques
r6siduelles sont annihil6es par un recuit fin.FIG. 2. - Geometrie des echantillons etudies.
Dans le
systeme
d’axechoisi,
lechamp electrique
est orient6 suivant Oz et la direction de
propagation
de l’onde de mesure suivant Ox. Les deformations
correspondant
aux variations relatives des dimensions4L/L, Al/l, Aele
sontdesignees respectivement
par les composantes ex = el l, e22, e33- Le milieu considere 6tant initialementisotrope
les composantes de cisaille- ment sont nulles.Les corrections dues aux extr6mit6s sont
negligees
compte tenu de la
longueur
par rapport aux dimen- sions transversales.3.1.2 Calcul à
partir
de la méthodeénergétique.
-Cette methode due a
Kortweg
et Helmholtz[12], developpee
dans les trait6sd’electromagnetisme [13],
ne se soucie pas de determiner avec
precisions
lesforces
agissantes.
Elle consiste a 6tablir
1’6nergie caract6ristique
Udu materiau a
partir
desenergies electrostatiques WS
et
elastiques We
en fonction des deformations euv( U = We
±Ws,
± suivant que ce dernier termes’exprime
a 1’aide dupotentiel
ou duchamp electrique).
Puis en ecrivant les conditions
d’6quilibre ðUlðeuv
=0,
on obtient
1’expression
des deformations dans les diff6rentes directions.Appliqu6e
a lageometrie d6crite,
nous avons :oA y
et udesignent
le module deYoung
et le coefficient de Poisson relies entre eux par le module de cisaille- mentJl(Jl = 2(1 : a)}
I qijki les composantes du+
u))
tenseur
piézo-optique, B
la constantedielectrique
basse859
frequence
et n l’indice de refraction. Ainsi la compres- sion uniaxiale -sE’18
7r due auchamp applique
entraine une deformation du volume du materiau
et une variation de la constante
dielectrique,
diff6rentes dans les directionsparalleles
etperpendiculaires
a lacontrainte.
Par suite de 1’effet
photo-61astique,
ces deformations donnent naissance a unebirefringence
tel que :ou
{ Pijkl }
sont les coefficientsphoto-61astiques
lies à{ qijkl },
dans un milieuisotrope
par la relation :L’expression
de labirefringence
est conforme auxconventions de la
photo6lasticit6.
Les tractions sontconsid6r6es
positives
ainsi que(gll -- g12)
si n estsup6rieur à n.L
enpresence
d’une traction uniaxe.La combinaison des relations
(1)
et(2)
compte tenu de(3)
aboutit a1’expression
de labirefringence
due à1’61ectrostriction :
Du fait de l’incertitude sur la nature des forces cette
methode conduit au meme resultat pour un materiau ayant la forme d’une lame mince isolee suivant la
g6n6ratrice
d’uncylindre.
3.1.3 Calcul à
partir
de1’expression
tensorielle desdéformations.
-L’expression g6n6rale
de la déforma- tion e,,, d’un milieu solide enpresence
d’une contrainteTpð
et d’unchamp electrique
E est[12]
ou les coefficients
{S(XyPð}
sont lescompliances
elas-tiques
et{}’ JLvPð}
les composantes d’electrostrictionDans un milieu
isotrope
soumis a une contrainteuniaxiale
Tz dirigee
suivant Oz led6veloppement
decette relation donne :
La condition
d’isotropie
du milieu entraine :et
Comme la contrainte est une
compression
d’apres
lesconventions,
on en deduit :La combinaison des relations
(5), (2)
et(3)
conduit àla
birefringence
Les constantes d’61ectrostriction ’Yijkl
n’ayant jamais
ete mesur6es dans les verres, nous sommes amenes à utiliser leur
expression th6orique [14]
d’ou la
birefringence :
La
comparaison
des relations(4)
et(6)
montrequ’une
determinationprecise
des contraintes entraineune diminution d’un facteur 2 de la
premiere
contri-bution. Du fait que la relation de Maxwell n’est pas verifiee dans ces mat6riaux
(e # n2),
la secondecontribution est
majoree
d’un facteure/n2 ~
4 a 2pour la silice.
3.2 APPLICATION AUX MESURES D’EFFET KERR. - La
presence
de 1’electrostriction dans les mesuresd’effet Kerr
depend
de lafrequence
duchamp
elec-trique.
Elle se manifeste aussi parI’apparition
deresonances
m6caniques
defrequences g6n6ralement
basses compte tenu de l’inertie du mat6riau. Pour la
silice,
le mode fondamental defrequence
laplus
6lev6esoit la vibration en cisaillement suivant
1’6paisseur
sesitue a 750
kilocycles.
Pour ces verressupposes homog6nes,
a lafrequence
choisie de 5MHz,
la contribution de 1’electrostriction estpratiquement
nulle.
Ainsi 1’ecart
algebrique
entre les constantes de Kerr mesurees a ces deuxfrequences
devrait corres-pondre
aux contributions donnees par(4)
ou(6).
Pour cette
comparaison,
nous nous affranchissons de lalongueur
d’onde A dans B enexprimant
les resultats du tableau II sous la forme :En outre dans la notation pour les verres
optiques,
il est3
d’usage
dedesigner
laquant,t6 n 2 3 (ql2 - q11)
par leterme de constante de Breuster C.
Compte
tenu de ces conventions et des relations(4)
et
(6),
labirefringence
mesur6e par effet Kerr en bassefrequence
est donc :TABLEAU IV
Comparaison
des variations d’indice en hautefréquence
mesurees à celles calculees àpartir
de mesuré en bassefréquence
et de la contribution de l’électrostriction :(les
résultatsentre
parenthèses correspondent
à la relation(6)).
TABLEAU V
Tentative de
comparaison
entre les valeurs decalculées et mesurées des
différents
verres WG 1 étudiés861
Comme chacune des
birefringences electriques
n’estd6finie
qu’a
laprecision experimentale pres,
nousavons
compare
les valeurs de mesurées ’HF
a celles calculées à
partir
de mesurees en tenant compte de la contribution de 1’electrostriction et desconventions
designe.
Ces
resultats,
etablis apartir
des donnees des tableaux I etII,
sontgroupes
dans le tableau IV ou la contribution de la relation(6) figure
entreparentheses.
En l’absence du
signe
de C pour D 2129 et WG 1 1’examen de ces constantes dans cette famille de verre nous laisse a penserqu’elles
sontpositives. Or,
lesconventions sont 6tablies pour des
birefringences positives (n > n.l)’
La situation de D 2129(n
I,n_L)
nous
parait
necessiter l’inversion designe
de cesconventions. Pour F 4820 nous avons retenu les
parametres
des verres lesplus proches (F 1821,
STF376).
3.3 DlscussloN. -
L’application
des relations(4)
et
(6)
faitapparaitre
que, pour laplupart
des verres, la contribution donn6e par(4)
conduit a un meilleuraccord avec les resultats
experimentaux
a laprecision pres. Compte
tenu de la faible valeur de lacontribu-
tion de
1’61ectrostriction,
seule une meilleureprecision
de mesure de tous les
parametres dissiperait
les ambi-guit6s
enparticulier
pour la silice. La determination de la nature exacte des contraintes exerc6e par lechamp electrique
restecomplexe
surtout si 1’homo-geneite
du materiau intervient.Le verre de Pockels tout en v6rifiant la valeur nulle de C apporte un critere de la
precision
et de la sensi- bilit6 de nos mesures.Pour les verres a
birefringences positives,
les conven-tions sont
parfaitement
v6rifi6es. Pour D 2129(n jj n j
nous observons que l’inversion de sens des conventions estjustifiee.
Labirefringence negative apparait
comme unepropriété physique
interessante contrairement aux id6es avanc6esjusqu’ici
1’attribuantau fait de 1’electrostriction
[4, 15].
Pour1’expliquer
ilfaudrait supposer une contribution
ionique impor-
tante car la mesure de la
susceptibilite
non lineairerijkl(WL, WL’ - cos)
donne unebirefringence
de+
3,7
x10-13
ues auxfrequences optiques [16].
Une etude
experimentale
est actuellement en cours.Compte
tenu des resultats obtenus pour WG 1(tableau III)
nous avons fait cettecomparaison
pour 3 lots de verres. Ces resultats sontgroupes
dans letableau V ou nous voyons que la contribution de 1’electrostriction est
impossible
adistinguer
saufpeut etre pour 1’echantillon A.
4. Manifestation de Ilklectrostriction et de la conduc- tibilite
ionique
dans les verres WG 1. - Les tentatives de mesure de la constante de Kerr en fonction de lafrequence
et de latemperature
de ce verre revelentdes anomalies entrainant diverses modifications pou-
vant evoluer dans le temps. Ces observations montrent que la
birefringence electrique
constitue un outilpour
l’analyse
de1’homogeneite
et de la conductionionique
enphase
vitreuse.4.1 EFFETS DE LA TEMPERATURE EN PRESENCE D’UN
CHAMP ELECTRIQUE. - La conduite de ces mesures de
birefringences
dans des verresdisposes
a l’int6rieur d’une enceinte thermostat6e estdecrite
dans unepublication
ant6rieure[2].
Enregle generale,
lesanomalies
apparaissent
sous diversesformes,
brutale- ment, a destemperatures
variables(434 °C
pour WG1 D,
162 °C pour WG 1C)
et dans un etroitdomaine de
temperatures (20
a70 °C).
Toutes lestentatives pour les
reproduire
sont rest6es vainesjusqu’ici. Apres
lerecuit,
les verres ramenes atemp6-
rature ambiante
presentent
un nouvel 6tat.Pour WG 1
D,
nous avons observe une augmen- tation brutale de labirefringence
a6,5
kHz entre357 °C et 434 °C
d6crite dans
[2] (verre C).
Ramene atemperature ambiante,
untriple
passage de la lumiere de mesurer6v6lait un effet de lentille
cylindrique divergente
dans1’espace
inter-electrodes.Au cours de la seconde mesure en haute
frequence
de WG 1
C,
ledephasage
cree par lechamp electrique
a ete
masque,
apartir
de 162OC,
par1’apparition
d’une
absorption a
6 328A proportionnelle a E(O) E(w)
et
atteignant
5 x 10-5 a 212 OC pouret 1 = 12 cm. A
temperature ordinaire,
ce verre estparfaitement
transparent a 6 328A (oc ~ 10-3 cm -1 ).
Cette
absorption
n’est pasr6apparue
au cours deschauffages post6rieurs.
La conductibilite
electrique
en courant continuu(O)
des 6chantillons de WG 1 normaux, mesur6e enfonction de la
temperature T,
a un comportement Arrh6nien(log 0"
fonction lin6aire de1/7)
avec uneenergie
d’activationAEdc
de1,3
a1,4
eV.L’extrapo-
lation a
temperature
ambiante conduit a une conduc- tivit6 de0,4
a 2 x10- 21
ohm-’cm-1.
Par contre pour les verres WG1,
C etD,
nous obtenons une conductivitecomprise
entre2,5
x10-12
et3,6
xlO-15 ohm-1
cm-1(AEdc
=0,6
et0,8 eV).
La manifestation de ces
phenomenes
dans le verreD 2129
(417 °C),
decomposition voisine, peut signifier
que la modification de ces materiaux avec T et
E2
est due a
l’oxyde
commun(Ti02)..
Nous avons
repris
ces mesures debirefringences
6lectriques
sur WG 1 C et D atemperature ambiante,
apres
ces manifestations.4.2 MESURES DE L’EFFET KERR DANS WG
1,
C ETD,
APRTS RECUIT. - Deux observations sont successive-ment decrites :
4.2.1
Répartition de A(z).E2(co, z) en fonction
de la
fréquence
duchamp électrique
dansl’espace
inter-électrodes. - A l’aide du montage
represente
par le sch6ma a
figure 1,
nous avons mesure led6pha-
sage
cp(w, z) produit
par 1’excitation6lectrique E2(w)
en fonction de 1’altitude z du faisceau de mesure dans
1’epaisseur
du verre pour unelongueur
I traversee :Comme la
birefringence (n I, - n_L)
aupoint
z est lasomme des effets
clectro-optiques (lies
a la constantede Kerr
B(z))
etm6caniques (clectrostriction
liee aC),
nous avons
regroupe
ces contributions sous la forme d’une constanteA(z)
telle que :Le
parametre A(z) E2(W, z)
caracterise a la fois larepartition
de labirefringence
et la forme deE2(z)
dans
1’espace
inter-electrodes.i)
Observations dans WG 1 C en bassefrequence (6,5 kHz).
- Ces r6sultatsrepr6sent6s
sur les courbesa,
b,
c de lafigure
3 ont ete obtenus aussitotapres
lerecuit
thermique.
FIG. 3. - Variation de la birefringence electrique (6,5 kHz)
suivant 1’epaisseur z du verre WG 1 « C » apr6s recuit en presence
d’une excitation electrique E(0) E (5 MHz). a) Dans la zone soumise a E(0) E (5 MHz) et T°. b) Dans les zones soumises a TO avec et sans electrodes. c) Dans la zone soumise a E(0) E (5 MHz) et, TO
en fonction de la disposition de la tension alternative de mesure.
La courbe
(a) presente
lacartographie
deA(z)
E2(6,5 kHz, z)
dans la zone de WG 1 C delimitee par les electrodes ou la mesure de B en hautefrequence
et en fonction de la
temperature
a ete tent6e. La dis-position
de 1’excitationelectrique
et legradient thermique
sontfigures
en dessous. Cetterepartition pr6sente
uneligne
nodale(A(z) E2(z)
=0)
au centrede
1’epaisseur flanqu6e
de part et d’autre par des contri- butions designes opposes.
Ceci traduit une bir6frin- genceprovoqu6e
par la deformation en flexion de lalame dans le
plan
transversalyOz
a la direction depropagation
de l’onde de mesure manifestant lapresence
de 1’electrostriction. Lesigne
deA(z) E2(z)
au
voisinage
des electrodescorrespond
a lapolarite
des electrodes au cours du
chauffage.
Cette courbe peut aussi r6v6ler que larepartition
deE2(z)
est duea la
presence
decharges d’espaces
auvoisinage
deselectrodes. Elles seraient la
consequence
d’une disso- ciationd’impuretes
ou d’une demixtion de la structure vitreuse cr6ant des porteurscapables
demigrer
sous1’action de la
temperature
et duchamp
continuapplique.
Lacomparaison
avec le benzene montre que cet effet estparticulierement
intense.Ainsi
qu’en temoigne
la courbe(b)
nous retrouvonsles memes
phenomenes
dans le m6me verre dans deszones ayant seulement subi le
chauffage
avec et sanselectrodes. L’intensite est 5 a 6 fois
plus
faible. II semblerait quependant
lechauffage
une conductivitysuperficielle
se manifeste sur toute la lame permettantun
d6placement
selectif descharges.
La nature deselectrodes
evaporees
ne semble apporterqu’une
contribution faible.
Nous n’avons pu 6tablir cette
repartition
en hautefrequence.
La variation designal provoquee
par1’application
deschamps
continus et hautefrequence E(w) E(O)
subsisteapres
la coupure deE(O)
etdisparait
lentement
(~
5mn).
Cesphenomenes apparaissent quelle
que soit l’orientation relative des vecteurslumineux e et
electrique
E. Ceci crediterait lapresence
d’une
polarisation
continue creee par lescharges d’espaces.
Pour la meme
position
de la lame le sensd’applica-
tion de la tension alternative donne une
repartition A(z) E2(z)
différente comme le montre la courbe(c).
Ladisposition
1 est larepetition
de la mesurerepr6sent6e
par la courbe(a) apr6s
la tentative enhaute
fr6quence.
11 sembleraitqu’au
cours de celle-ci ladisposition
duchamp
continu ait reduit lacharge d’espace
auvoisinage
de 1’anode. Ladisposition
2revele que
I’application
de la tension alternative tende a reduire ladissym6trie
des electrodes par suite d’unemigration
des ions. Atemperature
ambiante 1’evolu- tion du verre sepoursuit.
ii)
Observations dans WG 1 D. - Ces mesuresrepr6sent6es
par les courbes a et b de lafigure
4 ont eteentreprises
18 moisapres
le recuitthermique
enpresence
d’une excitation alternative(6,5 kHz).
La
repartition
deB(z) E2(z)
en fonction de1’epais-
seur due a
1’application
d’une haute tension alterna- tiverepr6sent6e
par la courbe(a)
semble montrerune
dependance parabolique
deE2(z).
Les electrodes6tant alternativement anode et cathode au cours du
chauffage
iln’y
aplus migration
selective des porteurs mais redistribution en volume confirmant ainsi le resultat de la courbe 3c.Nous avons
analyse
ladependance
deT(z)
en hautefrequence
a tension continueV(O)
variable(courbe (b))
grace
auparametre B(z) E (5 MHz, z).
Le role de lapolarisation
continue ne se manifesteplus
mais863
FIG. 4. - Variation de la birefringence electrique suivant 1’epais-
seur du verre WG 1 « D » 18 mois apres un recuit en presence de E’ (6,5 kHz). a) Mesure en basse fr6quence de B(z) £2(Z). b) Mesure
en haute frequence de B(z) E’ (5 MHz) en fonction de la tension continue V(0).
seulement une
repartition homogene
deB(z),
a laprecision experimentale pres.
4.2.2 Mesure de
ð.nl E 2( ill) en fonction
de lafréquence
duchamp électrique.
- Le faisceau lumi-neux centre au
voisinage
d’une electrode dans la zonede WG 1 C décrite par la courbe
4a,
nous avonsmesure la
birefringence
An en fonction de lafrequence
du
champ electrique (autour
de6,5 kHz)
pour deux modes de fixation du materiau. Lafigure
5pr6sente
ces resultats obtenus avec un raccord
souple
a 1’exci-tation
electrique (cas A)
et avec unepression
uni-axiale
representee
sur le schema de lafigure
5(cas B).
Nous voyons
apparaitre
des resonancesm6caniques
dont la
frequence depend
de la nature de lavibration,
du mode de fixation et des dimensions
geometriques
de 1’echantillon. Ces resonances confirment la
pr6-
sence de modes de flexion que nous avons tente d’identifier.
La
frequence
de flexion d’un barreau mince delongueur
L est donnee par1’expression [17] :
ou vL est la vitesse de
propagation longitudinale
del’onde sonore
(3
600m/s
a 3 800m/s
en tenant compte de l’inertielat6rale).
k le rayon de
gyration
de la section transversale(el..,13-
oue/ 12
suivant laposition
de 1’axe de rota-tion).
,m un
parametre
lie a Fordre 7c du mode de reso-nance et a la fixation de la lame
((n - 2)
n,1,875).
Les courbes de la
figure
4(a, b)
montrent que la flexion seproduit
dans leplan yOz.
Le schema de lafigure
5 situe laligne
nodale a 1 cm environ du bord.Dans ces conditions en choisissant L =
largeur
de laplaque
de verre(4 cm)
et e =0,4
cm, lafrequence
deflexion du
premier
modepair
est,grace
a la relationpr6c6dente,
entre 4 160 et 4 390Hz,
c’est-a-dire dans laplage
defrequences
utilis6e.Ce resultat a
partir
deshypotheses
choisies sembleFIG. 5. - Variation relative de la birefringence An/E2 du verre
WG 1 C soumis a To + E(0) E(w) en fonction de la frequence
pour deux fixations A et B.
confirmer la
presence
d’une conductivitesuperficielle
sur toute la
plaque
de verre bien que la tension d’exci- tation ne soitappliqu6e
que sur les 6lectrodes.4. 3 DlscussloNs. - Ces diff6rents resultats mon- trent que 1’effet
Kerr, l’électrostriction,
la conductivit6ionique
et la stabilite de la structure vitreuse sont 6troitement lies dans le comportement de WG 1.Dans
1’esprit
de cette etude deuxenseignements
int6-ressants se
d6gagent :
4.3.1
Analyse
desforces
intervenant dans l’elec- trostriction. -Compte
tenu del’inhomog6n6it6
et dela
presence
decharges
ilapparait
difficile deparvenir
a mettre en evidence la contribution de 1’61ectrostric- tion dans WG 1. La
presence
d’une contrainte enflexion confirme que la m6thode
6nerg6tique
bienqu’applicable
a un element decylindre puisse
apporterune meilleure concordance. La
presence
d’unedissy-
m6trie des
charges d’espaces
auvoisinage
des elec-trodes
ajoute
a la contrainte uniaxiale un effort enflexion.