Réalisé par Charles AKOGNON Page OPTION : AMENAGEMENT ET PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
RAPPORT DE FIN DE FORMATION POUR L’OBTENTION DU DIPLOME DE LA LICENCE PROFESSIONNELLE
DEPARTEMENT DE GENIE DE L’ENVIRONNEMENT UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY CALAVI
THEME
CONTRIBUTION A L’EVALUATION DES SOURCES DE POLLUTION DU FLEUVE OKPARA DANS LA
COMMUNE DE PARAKOU AU BENIN
ANNEE ACCADEMIQUE : 2012-2013 6e Promotion
REALISE PAR
Charles Dédédji AKOGNON
Dr Elisabeth YEHOUENOU AZEHOUN PAZOU
Maître Assistant des Universités du CAMES
Enseignante Chercheure EPAC/UAC SOUS LA SUPERVISION DE : Dr Victor GBEDO
Spécialiste en Environnement Santé et Développement
Expert en Gestion des Déchets et Evaluation Environnementale Directeur DCAM/BETHESDA Maitre de stage
Réalisé par Charles AKOGNON Page i DEDICACE
A mes chers parents :
♥ Ma mère, Milove DOUDOU
♥ Mon père, Pierre AKOGNON
Qu’ils trouvent à travers ce travail une partie du fruit des inestimables sacri- fices consentis pour ma formation.
Réalisé par Charles AKOGNON Page ii REMERCIEMENTS
Au seigneur Tout Puissant qui nous a guidé tout au long de nos travaux et qui nous a fortifié à tout instant et en tout lieu ; Gloire à ton nom.
Nous témoignons notre gratitude et notre reconnaissance à tous ceux qui de près ou de loin ont su nous apporter au moment propice leurs contributions.
Nous voudrions nommer :
Prof. CHOUGOUROU Daniel, chef du Département de Génie de l’Environnement (GEn) pour sa disponibilité et pour les grands efforts dont vous faites preuve pour la promotion du département.
DrGBEDO Victor, notre maître de stage pour avoir accepté de superviser ce travail malgré ses multiples occupations. Que Dieu vous comble de ses bienfaits.
Dr YEHOUENOU AZEHOUN PAZOU Elisabeth, pour avoir accepté su- perviser ce travail malgré ses multiples occupations
Mr OBOSSOU Yaou, chef antenne DCAM/BETHESDA Parakou qui, malgré ses multiples charges, s’est rendu disponible pour assurer notre en- cadrement tout au long de notre stage;
Tous les enseignants et techniciens de l’EPAC, en particulier ceux du Dé- partement de Génie de l’Environnement pour leur exigence du travail bien fait, leur rigueur scientifique et leur esprit d’organisation au cours de ces trois années de formation.
Mes chers sœurs et frères Astride, Constance, Perpetue, Estelle, Viviane et Guillaume pour leur soutien moral; que la fraternité soit.
La sixième promotion des techniciens du Département «Génie de l’Environnement » en particulier Maynard DOUALOU, Giscard GUE- ZODJE, Donatien DEGBO, Faiçal SEIDOU, Yessirath TOUCOUROU et Axelle G. GBAGUIDI pour tous les moments passés ensemble.
Réalisé par Charles AKOGNON Page iii Table des matières
Contenu
DEDICACE ... i
REMERCIEMENTS ... ii
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ... v
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES ... vi
RESUME ... viii
ABSTRACT ... ix
INTRODUCTION ... 1
Chapitre 1 ... 3
1.1 PROBLEMATIQUE ... 4
1.2 Objectifs de l’étude ... 5
1.2.1 Objectif général ... 5
1.2.2 Objectifs spécifiques ... 5
1.2.3 Hypothèses ... 5
Chapitre 2 ... 6
2.1 Définition des concepts ... 7
2.2 REVUE DE LITTERATURE ... 8
2.2.1 Source de pollution des rivières ... 8
2.2.1.1 Rejets domestiques ... 8
2.2.1.2 Rejets industriels ... 9
2.2.1.3 Rejets agricoles ... 9
2.2.1.4 Autres rejets ... 10
2.2.2 Types de pollutions rencontrés dans les rivières ... 10
2.2.2.1 Pollutions chimique et minérale ... 10
2.2.2.2 Pollutions organiques ... 11
3.1 Situation géographique... 14
Réalisé par Charles AKOGNON Page iv
3.2 Climat ... 16
3.3 Relief ... 16
3.5 Réseau hydrographique ... 17
3.6 Végétation ... 18
3.7 Présentation de la structure d’accueil ... 18
Chapitre 4 ... 21
4 Matériel et Méthodologie ... 22
4.1 Matériel ... 22
4.2 Méthodologie... 22
4.2.1. Recherche documentaire ... 22
4.2.2. Visite du site d'étude ... 23
4.2.3. Collecte des données ... 23
4.2.4. Traitement et l’analyse des données ... 23
Chapitre 5 ... 24
5.1 RESULTATS ... 25
5.1.1. Personnes enquêtées ... 25
5.1.2. Assainissement de la ville ... 26
5.1.2.1. Déchets solides ménagers ... 26
5.1.2.2 Gestion des eaux usées et excréta ... 28
5.1.3 Inventaire des différentes sources de pollution ... 29
5.1.3.1 Pollution Domestique ... 29
5.1.3.2 Pollution industrielle ... 30
5.1.3.3 Pollution agricole. ... 30
5.2 DISCUSSION ... 31
CONCLUSION ... 35
PERSPECTIVES ... 36
REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE ... 37
ANNEXE ... 40
Réalisé par Charles AKOGNON Page v LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
Sigles Définitions
AEP Approvisionnement en Eau Potable
CAFIP Centre Agro-pastoral de Formation et d’Insertion Professionnel CISE Compagnie d’Ingénierie Sociale et Environnementale
COTEB Complexe Textile du Benin
DBM Déchets Biomédicaux
DCAM Développement Communautaire et Assainissement du Milieu
DSM Déchet Solide Ménager
EPAC Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi
GEn Génie de l’Environnement
GIRE Gestion Intégrée des ressources en Eau GWP Global Water Partnership
NPK Azote Phosphore Potassium
ONG Organisation Non Gouvernementale PGD Plan de Gestion des Déchets
PHAC Plan d’Hygiène et d’Assainissement communal PNE Partenariat National pour l’Eau
PrAPE Programme Assainissement et Protection de l’Environnement SAGAP Secrétariat Administratif chargé de la Gestion Administrative
du Personnel
SEPP Service des Etudes, de la Prospection et des Projets et Chargé du Projet CAFIP
SOBEBRA Société Béninoise de Brasserie
SPSE Service Planification Suivi-Evaluation
SRMF Service des Ressources Matérielles et Financières UGR Unités Génératrices de Revenus
URD Unités de Recherche-Développement
PAGED Projet d’Appui à la Gestion des Déchets et à la Décentralisation
BENEAU Bénin eau
RGPH Recensement General de la Population et de l’Habitat PAGEP Projet d’Appui à la Gestion Participative des Déchets CETG Complexe d’Enseignement Technique et Général PFD Projet a Financement Disponible
PADC Programme d’Appui au Démarrage des Communes
PDC Plan de Développement Communal
Réalisé par Charles AKOGNON Page vi LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Nombre de personnes enquêtées par site de maraichage ... 25
LISTE DES FIGURES Figure 1 Synoptique des principales sources de pollution ... 12
Figure 2 : Organigramme DCAM/BETHESDA 2013 ... 20
Figure 3: Taux d’abonnement des ménages aux structures de pré-collecte ... 26
Figure 4: Taux de construction des points de regroupement ... 27
Figure 5: Taux d’abonnement des formations sanitaires aux structures de pré- collecte ... 27
Figure 6:Fréquence des ménages disposant de latrines ... 28
Figure 7: Possession de puisard par les ménages ... 28
Figure 8: éléments de la pollution domestique dans la ville de Parakou ... 29
Figure 9: Eléments de la pollution industrielle ... 30
Figure 10: Proportion des maraîchers utilisant les différents types de fertilisants ... 30
Réalisé par Charles AKOGNON Page vii LISTE DES CARTES
CARTES
Carte 1: Situation géographique de la commune de Parakou ... 15 Carte 2: Réseau hydrographique de la commune de Parakou ... 17
Réalisé par Charles AKOGNON Page viii RESUME
L'eau est une ressource indispensable à la survie de l'Homme. La croissance dé- mographique et l’industrialisation contribuent à sa dégradation, hypothèquent ainsi sa disponibilité et limitent son utilisation pour les générations futures. C’est dans ce cadre qu’une étude intitulée “Contribution à l’évaluation des sources de pollution du fleuve Okpara dans la commune de Parakou ” a été réalisée. Elle a pour objectifs de faire un état des lieux sur l’assainissement de la ville, d’inventorier les diverses sources de pollutions des affluents et leurs causes et de rechercher les approches de solutions pour atténuer la pollution. A cet effet, des enquêtes ont été menées auprès de 95 maraîchers et des structures en charge de l’assainissement de la ville. Les résultats ont montré que : 66,67% des mé- nages ne sont pas abonnés aux structures de pré-collecte des DSM, 79% des formations sanitaires ne sont pas abonnées, 49,96% des ménages ne disposent pas de latrines, 70,47% ne disposent pas de puisards. L’inventaire des sources de pollution des eaux révèle que ces dernières sont les DSM, les eaux usées do- mestiques, les boues de vidanges, les effluents des usines de la SOBEBRA et du COTEB et les fertilisants utilisés dans le domaine agricole. A cet égard, il est urgent de mener des actions pour atténuer la pollution des eaux. Pour cela, il faut consentir des efforts supplémentaires en matière de sensibilisation et d'éducation de la population par rapport à la gestion des déchets, développer l'agriculture biologique et réduire la pollution industrielle.
Mots clés : DSM, Eaux usées, Fertilisants agricoles, Okpara, Parakou Bénin
Réalisé par Charles AKOGNON Page ix ABSTRACT
Water is an indispensable resource to man's survival. The demographic growth and the industrialization contribute to its deterioration, mortgage thus its availability and limit its use for the future generations. For that, this study titled
“ assessment of the sources of Okpara stream pollution in Parakou city” has been achieved. The aim of this study was to know the city clean up state, to inventory water affluents pollution and to search approach to attenuate Okpara river pollution. For that, investigations made with 95 vegetable farmers and city clean up structure shown that 66.67% of the households didn’t suscribe to waste pre-collection, 79% of sanitary formation didn’t participate, 74% of the house- holds don’t have any latrines, 80.6% don’t have any cesspools. Inventory of Ok- para river pollution revealed that waste water, sewages from SOBEBRA and COTEB,fertilizers from agriculture were the main Okpara river pollution.
To reduce the river pollution supplementary, effort concerning sensibilization and education of the population on waste management must be done. Biological agriculture and industrial pollution reduction must been promoted.
KeyWords : waste, waste water, agricultural fertilizer, Okpara river, Parakou Benin
Réalisé par Charles AKOGNON Page 0
INTRODUCTION
Réalisé par Charles AKOGNON Page 1 INTRODUCTION
L’eau est indispensable à toute vie terrestre. Celle douce est irremplaçable pour les besoins de l'homme et constitue un bien renouvelable mais très limité.
Que la ressource soit abondante ou très réduite, on en fait une utilisation inten- sive (alimentation, production agricole, activités industrielles, etc.) (Le Barbe et ALE., 1992). Mais cette ressource précieuse est mal gérée du fait des activités humaines et devient une menace pour la santé humaine.
Chaque année, 500 millions de personnes souffrent d'une maladie trans- mise par l'eau dans le monde. Plus de 13 millions de gens meurent chaque année de pathologies liées aux eaux impropres. Toutes les 8 secondes, un enfant meurt d'une maladie transmise par l'eau. En fait, la première cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans provient des maladies infectieuses transmises par l'eau. (VERMEYLEN, 2007)
L’Etat béninois a adopté la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) comme approche prioritaire de gestion des ressources en eau du pays.
Malgré cette volonté manifeste, la gestion des retenues et cours d’eau est con- frontée à d’énormes problèmes communs à la quasi-totalité des divers cours et plans d’eaux du Bénin au nombre desquels figurent l’envahissement par les plantes aquatiques indésirables, le comblement des retenues d’eau, la pollution par les intrants chimiques et les déchets solides. Les causes sont à la fois d’origines naturelle et anthropique. La non maîtrise des ressources en eau dispo- nibles d’une part; et la croissance démographique qui exerce une forte pression sur les dites ressources d’autre part; ainsi que l’augmentation de la demande, du gaspillage et de la pollution des eaux ; sont autant de facteurs qui posent des dé- fis importants à relever en matière de gestion et d’exploitation des ressources en eau au Bénin (Orientations Stratégiques de Développement du Bénin 2006- 2011). La pollution des cours et plans d’eau compromet la qualité de l’eau, qui
Réalisé par Charles AKOGNON Page 2 elle-même dépend tant de la qualité des bandes riveraines et de la plaine inon- dable, que des activités humaines conduites sur le territoire environnant (PNE- BENIN 2010)
Cette problématique de gestion durable des cours et plans d’eau est parti- culièrement préoccupante dans les zones à socle où l’Approvisionnement en Eau Potable (AEP) est quasiment impossible à partir des sources d’eau souterraines.
Dans ces conditions, on a généralement recours aux eaux de surface dans les centres urbains. Cependant, ces eaux de surface sont confrontées aux problèmes de pollution et aux phénomènes de variations pluviométriques. Parakou, grande ville à statut particulier du Bénin n’échappe pas à la pollution de ses plans d’eaux.
C’est dans ce cadre qu’un travail de rapport de fin de formation a été réa- lisé sur le thème ‘’contribution à l’évaluation des sources de pollution du fleuve Okpara dans la commune de Parakou”. Il est structuré en cinq chapitres. Le cha- pitre premier aborde la problématique, les objectifs et les hypothèses de re- cherche. Le second aborde la définition de quelques concepts. Le chapitre trois prend en compte le cadre d’étude. Les matériels et méthodes utilisés pour la réa- lisation de ce travail sont abordés dans le chapitre quatre. Et enfin le cinquième chapitre est consacré aux résultats et discussion. Des suggestions sont faites par rapport aux résultats obtenus.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 3
Chapitre 1
Problématique, objectifs et
hypothèses
Réalisé par Charles AKOGNON Page 4 1.1 PROBLEMATIQUE
L'eau est indispensable à toute forme de vie ; elle est nécessaire à la santé, l'agri- culture, l'industrie, le tourisme, les loisirs, la navigation. L'eau de la rivière Okpara a des rôles alimentaires et socio-économiques très importants :
elle est utilisée par la SONEB pour alimenter la population de Parakou
elle alimente la nappe phréatique qui fournit l'eau des puits situés dans son voisinage ;
elle renferme des poissons et des crustacés importants pour l'alimentation des populations riveraines;
elle est utilisée pour l'arrosage des cultures maraîchères.
elle est utilisée pour alimenter les animaux des éleveurs.
Cependant, l’action de ces populations n’est pas sans impact négatif sur le fleuve Okpara et les affluents. A cet égard, les constats effectués et les données recueillies montrent clairement que le barrage de l’Okpara qui est l’unique ré- servoir d’eau pour près de 150000 habitants des communes de Parakou et de Tchaourou est menacé. (PNE, 2006). Il en découle que la pollution des cours et plans d’eau compromet la qualité de l’eau, qui elle-même dépend tant de la qua- lité des bandes riveraines et de la plaine inondable, que des activités humaines conduites sur le territoire environnant. (PNE-BENIN, 2010).
Au regard de tout ce qui précède, il importe alors que nous travaillons à iden- tifier les facteurs de pollution du fleuve Okpara dans la commune de Parakou.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 5 1.2 Objectifs de l’étude
1.2.1 Objectif général
Le principal objectif de ce travail est d’identifier les sources et les formes de pollution du fleuve Okpara en faveur des actions correctives pour leur mini- misation.
1.2.2 Objectifs spécifiques De façon spécifique, il s'agit de :
- faire un état des lieux sur l’assainissement de la ville
- inventorier les diverses sources de pollutions des affluents et leurs causes - Proposer des solutions pour atténuer la pollution
1.2.3 Hypothèses
Les activités anthropiques de la ville conduisent à la pollution les af- fluents et le fleuve Okpara ;
Il existe des sources de pollution du fleuve Okpara ;
Il existe au moins une solution pouvant permettre de dépolluer le fleuve Okpara.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 6
Chapitre 2
Définition des concepts et
revue de littérature
Réalisé par Charles AKOGNON Page 7 2.1 Définition des concepts
Eaux usées : eaux transportant des déchets résidentiels et industriels; mélange d'eau et de matières solides en suspension ou de matières solides dissoutes.
(BAOK, 2007)
Eutrophisation : processus naturel d'enrichissement des lacs, des rivières et des étangs en éléments nutritifs dissouts, stimulant la croissance des algues et d'autres plantes microscopiques. (BAOK, 2007)
Gestion des eaux : étude, planification et surveillance des ressources en eau;
application de techniques de développement et de contrôles quantitatif et quali- tatif en vue d'utiliser de façon polyvalente et à long terme les diverses formes de ressources hydriques. (BAOK, 2007)
Pollution de l'eau : introduction de déchets industriels et institutionnels et d'autres matières nocives ou nuisibles, en quantité suffisante pour entraîner une dégradation mesurable de la qualité de l'eau. (BAOK, 2007)
Gestion intégrée des ressources en eau : la gestion intégrée des ressources en eau est un processus qui favorise le développement et la gestion coordonnée de l'eau, des terres et des ressources connexes, en vue de maximiser, de manière équitable, le bien-être économique et social en résultant, sans pour autant com- promettre la pérennité d'écosystèmes vitaux (GWP, 2000)
Déchets :on entend par déchet, tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, ou tout bien meuble abandonné ou destiné à l’abandon (article 2 de la loi cadre sur l’environnement en République du Be- nin).
Réalisé par Charles AKOGNON Page 8 Environnement : l'ensemble des éléments naturels et artificiels ainsi que des facteurs économiques, sociaux et culturels qui influent sur les êtres vivants et que ceux-ci peuvent modifier ; (article 2 de la loi cadre sur l’environnement en République du Benin, 1999)
2.2 REVUE DE LITTERATURE
2.2.1 Source de pollution des rivières
La demande en eau est croissante, mais elle est encore largement fonction du degré de développement. Il convient de distinguer l'eau prélevée et l'eau vérita- blement consommée et perdue. Il convient surtout d'examiner l'état dans lequel elle est restituée. En effet, l'Homme rejette dans les eaux de surface, les déchets de toute nature liés à sa vie, à ses activités. L'eau des rivières reçoit ainsi des dé- chets domestiques, des déchets industriels et des déchets agricoles.
(BAOK, 2007)
2.2.1.1 Rejets domestiques
Ils proviennent des activités humaines de tous les jours: bains, excréments, pré- paration des aliments, lessive et vaisselle. Les eaux usées domestiques sont divi- sées en eaux vannes et eaux ménagères. A travers ces activités, l'homme rejette des polluants biologiques, urinaires et fécaux. L'urine apporte le Cl-, K+, Na+ et surtout les matières organiques telles que l'urée, l'acide urique, la créatine et autres. En anaérobiose, l'urée se transforme en azote ammoniacal (NH4 +) (Ra- doux et al, 1995).
L'homme introduit également dans les eaux usées des produits chimiques divers : détergents, huiles qui retardent l'auto épuration des cours d'eau (Leroy, 1999)
Réalisé par Charles AKOGNON Page 9 2.2.1.2 Rejets industriels
L'eau, fluide porteur, solvant et diluant sert à évacuer les déchets des industries.
La pollution provient :
de pertes en matières premières dans les eaux de lavage (industrie laitière...) ;
d'élimination de produits de dégradation accompagnés souvent de matières premières. L'industrie chimique utilise en moyenne 200 à 600 tonnes d'eau pour fabriquer une tonne de produit, 10 l sont né- cessaires pour raffiner 1 l de pétrole, 250 000 l pour fabriquer une tonne de pâte à papier (Veyret et Pech, 1993) ;
de pertes en réactifs, incomplètement épuisés ou fixés (industrie de textile et de traitement des surfaces...);
Ainsi de nombreuses industries rejettent dans les eaux de surface des substances persistantes : Chrome, mercure. Les industries agroalimentaires polluent les eaux en substances nutritives. Les produits de conditionnement des eaux de re- froidissement notamment les polyphosphates et le chrome hexavalent entraînent une pollution des rivières au niveau du rejet dans le milieu naturel (Guérin et Thomazeau, 1985).
2.2.1.3 Rejets agricoles
L'agriculture a recourt à des produits chimiques : pesticides, insecticides, dés- herbants, destructeurs divers de parasites des plantes, des engrais azotés. Les engrais azotés sont source de nitrates dont l'augmentation qui peut être lente et irréversible est une donnée fondamentale de la pollution des eaux de ruisselle- ment et des eaux souterraines (Commoner, 1970).
Réalisé par Charles AKOGNON Page 10 Une mauvaise pratique culturale entraîne des dégradations environnementales dues à la sédimentation dans les cours d'eau ou dans les barrages (Sharma et al, 1996).
2.2.1.4 Autres rejets
Il s'agit des effluents des installations à caractère collectif telles que les casernes, les hôpitaux, les marchés, les écoles, les hôtels et les bornes fontaines.
Par ailleurs certains riverains rejettent directement dans le cours d'eau des dé- chets ménagers et matières solides de toutes sortes : bouteilles, vieilles bombes aérosols, vieux appareils électroménagers, carcasses de véhicules, céramiques, métaux inoxydables et autres (Aka, 2002). Ces rejets libèrent dans l'hydrosphère des polluants parfois dangereux tels que le fréon ou le chlorofluorocarbone, cer- tains métaux lourds, les radionucléides. Il faut noter que le mercure minéral peu toxique à l'état métallique est transformé par les bactéries benthiques en méthyle mercure de toxicité redoutable (Aka, 2002). Ces déchets entraînent des pollu- tions minérales, organiques et physiques des cours d'eau.
2.2.2 Types de pollutions rencontrés dans les rivières
Quand l'eau est dégradée, il peut s'agir d'une pollution thermique, d'une pollu- tion par les substances chimiques et minérales, d'une pollution par les matières en suspension, par des produits radioactifs. La pollution peut également résulter d'agents infectieux ou de produits organiques (Veyret et Pech, 1993).
2.2.2.1 Pollutions chimique et minérale
Les matières minérales rejetées d'une manière durable avec les eaux de lavage des matériaux de carrière par exemple, vont contribuer à la pollution minérale de ce dernier, ils annihileront la vie du cours d'eau sur une certaine distance en se déposant au fond du lit, sur les végétaux ainsi que sur les branchies des poissons et en colmatant les frayères.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 11 Une pollution minérale peut avoir un effet aigu et immédiat : il s'agit par exemple d'un déversement de toxique minéral par une industrie chimique, métal- lurgique, sidérurgique... (Leroy, 1999). Il faut aussi considérer les pollutions liées aux nitrates et aux rejets agricoles (pesticides, insecticides...).
2.2.2.2 Pollutions organiques
D'après Kerspen (1998) il en existe trois :
Les pollutions organiques facilement biodégradables ;
Les pollutions organiques difficilement biodégradables ;
Les pollutions organiques toxiques ;
2.2.2.2.1 Les pollutions organiques facilement biodégradables
Il s'agit de matières organiques provenant d'activités biologiques : matières fé- cales et urines, déchets de l'élevage et des industries agroalimentaires ; feuilles, plantes et animaux morts. La nuisance qui en résulte est due aux germes patho- gènes que peut contenir ces matières organiques ou due à une forte concentra- tion de ces déchets qui annihileront le phénomène d'auto épuration naturelle.
Cette pollution est souvent la plus grave, du moins la plus répandue.
2.2.2.2.2 Les pollutions organiques difficilement biodégradables
Elles proviennent d'activités comme la fabrication de pâte à papier, de textiles, de cuirs et peau ; ce sont aussi les détergents qui produisent des mousses dimi- nuant la capacité d'oxygénation du cours d'eau. La dégradation par le milieu na- turel de cette pollution est plus lente. Du fait de la dégradation difficile de ce type de pollution, leur nuisance résulte de leur accumulation dans le milieu natu- rel.
2.2.2.2.3 Les pollutions organiques toxiques
Elles proviennent des industries pétrochimiques et des raffineries qui rejettent dans leurs effluents des quantités importantes de phénols et d'hydrocarbures.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 12 Certains pesticides utilisés en agriculture sont d'origine organique et l'on sait que ce sont des produits toxiques particulièrement nuisibles pour la faune aquatique ; ils peuvent atteindre l'homme par accumulation dans la chaîne alimentaire. Ce type de pollution gênera ou empêchera totalement les mécanismes d'épuration.
Figure 1 Synoptique des principales sources de pollution Source : Meinck, 1977
Réalisé par Charles AKOGNON Page 13
Chapitre 3 : Présentation du
cadre d’étude
Réalisé par Charles AKOGNON Page 14 3.1 Situation géographique
Capitale régionale du Nord Bénin, la ville de Parakou (chef-lieu de la Commune de Parakou) dans le Département du Borgou, est située au centre de la République du Bénin à 407 km au Nord de Cotonou. Elle se situe entre 9° 21’
de latitude Nord et 2°36’ de longitude Est avec une altitude moyenne de 350 m.
Elle est limitée au Nord par la commune de N’Dali, au Sud, à l’Est et à l’Ouest par celle de Tchaourou. (PDC, 2002)
La Commune de Parakou s'étend sur une superficie de 441 Km2 environ dont 30 Km2 sont urbanisés. Elle abrite plusieurs groupes linguistiques et consti- tue un important carrefour des grands axes routiers (Cotonou-communes et pays de l’hinterland). (PDC, 2002)
Plus récemment, entre 1992 et 2002, Parakou a connu un taux d'accroissement intercensitaire de 3,66 %. Sa population est passée de 103577 habitants en 1992 à 148541 habitants en 2002 (RGPH3, 2002). Les trois quart de cette population sont installés dans la zone véritablement urbanisée, le reste se retrouvant dans les périphéries.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 15 Carte 1:Situation géographique de la commune de Parakou
Réalisé par Charles AKOGNON Page 16 3.2 Climat
A Parakou, le climat est de type tropical humide (climat Sud soudanien).
Il se caractérise par l’alternance d’une saison de pluie (Mai à Octobre) et d’une saison sèche (Novembre à Avril). C’est en Décembre-Janvier que l’on enregistre les températures les plus basses à Parakou. La précipitation moyenne annuelle est de 1200 mm. Le maximum survient entre juillet, août et septembre (PADC ,2006).
3.3 Relief
La commune de Parakou est située à une altitude moyenne d’environ 350 m, avec un point culminant fixé au quartier Zongo (397 m). Dans son en- semble, la ville présente une allure de plateau allongée du Sud au Nord avec une double inclinaison dont l’une plus accentuée est orientée vers la vallée de l’Okpara à l’Est et une plus faible vers l’ouest dans la vallée de Yéroumaro. Elle présente un aspect vallonné où l’on observe une succession de croupes ayant généralement un sommet arrondi, surtout dans les régions anciennement culti- vées. Vers Alafiarou, au Nord et au Sud, leur sommet est presque plat. Les pentes sont comprises entre 1.5% et 4% et parfois se rejoignent pour former les principaux talwegs assurant le drainage naturel des eaux pluviales (PADC ,2006).
3.4 Sols
La région de Parakou se singularise sur le plan pédologique par la prédo- minance des sols à texture légère, d’épaisseur importante due à la faiblesse de l’érosion qui entraîne un lessivage en profondeur. Parakou fait partie de la vieille surface d’aplanissement ouest africaine se reposant sur le socle précam- brien de la pénéplaine du Bénin. Ce socle précambrien est constitué de gneiss, de micaschistes, de Quartzites, de granites qui ont été fortement dégradés par les éléments météorologiques. Par rapport aux sols ferralitiques, ses sols ont une
Réalisé par Charles AKOGNON Page 17 meilleure fertilité chimique mais par contre leurs propriétés physiques sont sou- vent contraignantes pour les plantes. On y rencontre aussi des sols hydro- morphes dans les bas-fonds. Dans l’ensemble la ville de Parakou est dominée par la présence de sols ferrugineux et par endroits des sols ferralitiques et hy- dromorphes (PADC ,2006).
3.5 Réseau hydrographique
Le réseau hydrographique de Parakou est constitué de grands cours d’eaux, de ruisseaux ou de marigots.
Carte 2:Réseau hydrographique de la commune de Parakou
L’Okpara, affluent de l’Ouémé est le seul cours d’eau important se trou- vant dans la région de Parakou. Les eaux de la zone d’Alaga sont déversées dans l’Ouémé. Ces cours d’eau se subdivisent à l’infini et restent à sec de janvier à
Réalisé par Charles AKOGNON Page 18 mai. Leurs vallées généralement très larges ont un fond plat. Parakou se trouve donc dans le bassin versant de l’Okpara (PDC, 2002).
3.6 Végétation
Le couvert végétal observé à Parakou est dominé par la savane arborée.
Elle se caractérise par la présence du néré (Parkia biglobosa), du faux acajou (Blighia sapinda), de bois d’ébène (Diospyros mespilifounis), le karité (Butyros- perum paradoxum). Les bas-fonds sont des prairies marécageuses de savanes, des buissons de bambous (Bambusa arundinacca). Les jachères sont envahies par des graminées et des arbustes assez divers. (PADC ,2006)
3.7 Présentation de la structure d’accueil
Développement Communautaire et Assainissement du Milieu (DCAM) / BTHESDA
Structure d'utilité publique depuis 2008, BETHESDA est une organisation con- fessionnelle, apolitique et à but non lucratif, visant le bien-être mental, physique, social et spirituel de l'Homme à travers des activités de Santé et de Développe- ment Communautaire. Créée par les Eglises Protestantes et Evangéliques du Bé- nin, l’ONG Bethesda a commencé ses activités par la mise en place du centre de santé le 19 février 1990. . Elle est reconnue officiellement le 9 avril 2002 sous le N° 2002/366/MISD/DC/SG/DAI/SAAP-ASSOC du 09/04/2002. Sa vision est d’être une réponse permanente aux problèmes de l’homme et dans cette optique elle s’est donnée comme mission: ‘Mobiliser, soutenir et accompagner les ac- teurs de développement local pour une santé, un cadre de vie et des revenus meilleurs pour tous’’.
En mai 1993, une évaluation des activités curatives du Centre de Santé Bethesda a été faite. Elle a révélé qu’en dépit de la qualité des soins offerts, les personnes traitées reviennent quelques temps après avec les mêmes affections.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 19 C’est alors qu’il a été retenu de développer l’aspect préventif des soins par l’assainissement et l’amélioration du cadre de vie. Ainsi, a vu le jour le 1er juil- let 1993, le Service Développement communautaire et assainissement du Milieu (DCAM) logé au sein du centre de santé.
DCAM a donc eu la charge de concevoir et de mettre en œuvre un pro- gramme de développement communautaire dans les huit quartiers de l’ex com- mune de Sainte Rita (8ème arrondissement de Cotonou). Les activités ont dé- marré par l’identification des leaders d’opinion, des groupes stratégiques, l’organisation des associations communautaires, la préparation du projet de ges- tion durable de déchets ménagers, la recherche de financement et la mise en œuvre du programme. La Mission Française de Coopération et d’Action Cultu- relle acceptera alors d’appuyer le premier projet préparé avec la population : Programme Assainissement et Protection de l’Environnement (PrAPE) qui a été mis en œuvre. L’intervention de DCAM en matière d’assainissement et d’hygiène a évolué et lui a permis de devenir un département à part entière et séparé du Centre de Santé. La nécessité d’organiser les populations de la zone d’intervention autour des activités génératrices de revenus s’est vite révélée à travers le programme Assainissement et Protection de l’Environnement de DCAM.
Le Développement Communautaire et Assainissement du Milieu (DCAM) est donc le deuxième département de l’ONG Bethesda. Les activités de DCAM sont diversifiées et s’exercent dans la vision d’un développement du- rable à travers la défense des droits de la personne humaine et de l’environnement, la recherche et le développement, l’assainissement et la protec- tion de l’environnement, l’information, l’éducation et la communication.
Globalement, DCAM dispose de cinq pôles d'expertise à savoir:
Réalisé par Charles AKOGNON Page 20
La Gestion des déchets et l'Evaluation environnementale.
La GIRE (Accès à l'eau, Traitement des eaux usées, etc.).
Le Développement local et Décentralisation (Plan de développement, Mobilisation sociale, Gouvernance, Habitat, PGD, PHAC, etc.)
Le Développement organisationnel et Gestion des projets (Elaboration et Gestion des projets, Suivi d'impacts, Diagnostic et Appui institutionnel,
Elaboration de Plan d'Affaires, etc …
Figure 2 : Organigramme DCAM/BETHESDA 2013
Réalisé par Charles AKOGNON Page 21
Chapitre 4
Matériel et méthodes
Réalisé par Charles AKOGNON Page 22 4 Matériel et Méthodologie
4.1 Matériel
Pour conduire cette étude, nous avons eu recours à un certain nombre de moyens à savoir :
un appareil photo numérique ;
une moto pour le déplacement ;
des consommables (papier, stylo, marqueurs) ;
et de la connexion à internet.
4.2 Méthodologie
La démarche méthodologique s’est articulée autour de :
la recherche documentaire,
les visites du cadre d'étude,
la collecte des données,
le traitement et l’analyse des données.
4.2.1. Recherche documentaire
Pour mener à bien ce travail, des recherches documentaires sont effec- tuées à la bibliothèque de l’EPAC, au centre de documentation du Département Génie de l’Environnement (GEn), à la bibliothèque de l’ONG DCAM/BETHESDA (antenne Parakou). Le moteur de recherche Google nous a permis de capitaliser et d’actualiser les informations existantes relatives à notre sujet.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 23 4.2.2. Visite du site d'étude
Il s'agit de parcourir les différents sites de maraichage installés aux abords des affluents du fleuve Okpara dans la ville. Ces visites nous ont permis de ci- bler les lieux d'enquêtes de terrain et de toucher du doigt les véritables pro- blèmes qui surviennent au niveau des cours d’eaux. Elles nous ont également permis de répertorier les sites de décharge d'ordure présents sur la berge du fleuve.
4.2.3. Collecte des données
Comme outils de collecte, une grille d’observation a été élaborée. Aussi, des questionnaires d’enquête ont été adressés non seulement aux exploitants des affluents du fleuve Okpara (maraîchers) mais aussi aux structures en charge de l’assainissement de la ville.
4.2.4. Traitement et l’analyse des données
Après dépouillement, les données ont été traitées avec le tableur Excel. Le rapport a été rédigé avec le logiciel Word.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 24
Chapitre 5
Résultats et discussion
Réalisé par Charles AKOGNON Page 25 5.1 RESULTATS
5.1.1. Personnes enquêtées
Les personnes enquêtées sont les maraîchers. Au total 95 maraichers ont été en- quêtés sur l’ensemble de la zone d’étude (Tableau 1).
Tableau 1: Nombre de personnes enquêtées par site de maraîchage Sites d’investigation Nombre de personnes
enquêtées
Zongo zenon 15
Arafat 7
Abattoir 40
Sinangourou 7
Titirou 26
Total 95
Réalisé par Charles AKOGNON Page 26 5.1.2. Assainissement de la ville
5.1.2.1. Déchets solides ménagers
La figure 3 montre le taux d’abonnement des ménages aux structures de pré- collecte. Le taux de ménages non abonnés (69,43%) est deux fois plus élevé que celui des abonnés (30,57%).
Figure 3: Taux d’abonnement des ménages aux structures de pré-collecte Source : DCAM Parakou, 2013
0 10 20 30 40 50 60 70
Abonnés réèls Non abonnés 30,57
69,43
Frequence(%)
Réalisé par Charles AKOGNON Page 27 Figure 4: Taux de construction des points de regroupement
Source : DCAM Parakou,2013
Sur l’ensemble des points de regroupements prévus, 33,33% ont été réalisés (figure 4).
5.1.2.2. Gestion des déchets biomédicaux
La figure 5 montre le taux d’abonnement des formations sanitaires de la ville à la structure de pré-collecte.
Figure 5: Taux d’abonnement des formations sanitaires aux structures de pré- collecte
SOURCE : DCAM Parakou, 2013
0 10 20 30 40 50 60 70
point de regroupement construit
Point de regroupement non construit 33,33
66,67
Frequence (%)
Formations sanitaires abonnées
21%
Formations sanitaires
non abonnées
79%
Réalisé par Charles AKOGNON Page 28 Très peu (21%) des formations sanitaires se sont abonnées à la structure de pré- collecte des DBM.
5.1.2.2 Gestion des eaux usées et excréta
Figure 6:Fréquence des ménages disposant de latrines Source : PHAC, 2013
50,96% des ménages de Parakou disposent de latrines (figure 6)
Figure 7: Possession de puisard par les ménages Source : PHAC, 2013
48 48,5 49 49,5 50 50,5 51
Ménages disposant de latrines
Ménages ne disposant pas de latrines 50,96
49,04
Frequence (%)
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Ménages disposant de puits perdus ou
puisards
Ménages ne disposant pas de puits perdus ou
puisads 29,53
70,47
Fréquence (%)
Réalisé par Charles AKOGNON Page 29 Peu de ménages (29,53%) disposent de puits perdus pour le stockage des eaux usées domestiques produites.
5.1.3 Inventaire des différentes sources de pollution
Trois grandes formes de pollution des eaux ont été constatées dans la ville à sa- voir : la pollution domestique, la pollution industrielle et la pollution agricole.
5.1.3.1 Pollution Domestique
Figure 8: éléments de la pollution domestique dans la ville de Parakou Source : Enquête de terrain
La pollution domestique est essentiellement due aux DSM (100%), viennent en- suite les eaux usées (71,01%) et les boues de vidange (42,21%)
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
DSM Boue de
vidange
Eaux usées domestiques 100
42,1
71,05
Fréquence(%)
Types de polluants
Réalisé par Charles AKOGNON Page 30 5.1.3.2 Pollution industrielle
Figure 9: Eléments de la pollution industrielle Source : Enquête de terrain
Deux usines à savoir la SOBEBRA (13,16%) et la COTEB (7,9%) constituent les sources de pollution industrielle.
5.1.3.3 Pollution agricole.
L’utilisation des fertilisants chimiques en agriculture surtout aux abords des plans d’eau constitue un risque de pollution des plans d’eau. La figure 6 montre les différents types de fertilisants utilisés par les maraîchers.
Figure 10: Proportion des maraîchers utilisant les différents types de fertilisants
13,16
7,9 0
2 4 6 8 10 12 14
Eaux usées SOBEBRA Eaux usées COTEB
Féquence (%)
Types de polluants
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Engrais organique Engrais chimique 60,53
100
Frequence(%)
Types d'engrais
Réalisé par Charles AKOGNON Page 31 La totalité des maraîchers utilise les engrais chimiques. Seul 60,53% utilise les engrais organiques
5.2 DISCUSSION
Au regard des entretiens, enquêtes et visites de terrains entrepris dans le cadre de cette étude, il ressort que 100% des personnes interrogées reconnaissent que la ville est polluée. Cette pollution est due à la mauvaise gestion des déchets so- lides ménagers. Un faible taux (30 ,57%) d’abonnement des ménages aux struc- tures de pré-collecte est noté. Ce taux est très inférieur à celui enregistré à Gbadago à Lomé par TCHAOU (2011) qui est de 73,08%. Il se pose un grand problème de pré-collecte des déchets. Ceci s’explique par l’ignorance des risques sanitaires qu’engendrent les déchets et la situation financière précaire des ménages. Ces déchets solides ménagers sont déversés dans la nature sans aucun traitement préalable. Il se pose aussi un véritable problème d’assainissement public. Il se traduit par une mauvaise gestion des eaux usées et excréta. De nombreux ménages ne disposent pas de puisards (70,47%) ni de la- trines (49,96%). Les eaux usées produites par la population sont directement dé- versées dans les rues et les collecteurs d’eau pluviale. Ces populations ne dispo- sant pas de latrine, défèquent à l’air libre, dans les brousses ou sur les dépotoirs sauvages. Quant à la gestion des déchets biomédicaux, il est à noter un faible taux (21% des formations sanitaires) d’abonnement à la structure en charge de la gestion des DBM (DCAM/BETHESDA).
Sources de pollution des eaux
Les sources de pollution des affluents du fleuve Okpara sont diverses. Elles sont entre autres : la pollution industrielle, la pollution domestique et la pollution agricole.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 32 D’abord, il faut souligner que la pollution industrielle est caractérisée par le rejet d’effluents mal traités par la COTEB. Selon les personnes enquêtées, malgré la présence d’une station d’épuration dans l’enceinte de l’usine, cette dernière re- jette dans le réseau d’eaux pluviales des effluents souvent colorés. OUBAGHA (2011) a effectué le même constat dans une usine textile en Algérie (ville de Draa-Ben Khedda) où elle a testé l’efficacité de certains matériaux naturels et synthétiques dans le but de décontaminer les eaux usées produites. Quant à la SOBEBRA, elle rejette les eaux usées issues de ses activités à travers un canal qui débouche sur les cours d’eaux. Ces eaux usées polluent les cours d’eaux, et partant, l’écosystème aquatique. Des émanations de mauvaises odeurs sont aussi relevées. Les eaux usées sont également susceptibles de contenir des substances chimiques telles que les glucides, les lipides et les protides.
En ce qui concerne la pollution domestique, elle est due au rejet des déchets so- lides ménagers dans les réseaux d’eaux pluviales. Aussi nous avons remarqué le déversement des déchets solides collectés par les structures de pré-collecte dans le lit des cours d’eaux. Mis à part cette attitude déplorable des populations rive- raines qui consiste à verser les DSM dans les caniveaux et collecteurs d’eaux pluviales, il faut aussi noter l’inexistence de point de regroupement des déchets collectés. Par voie de conséquence, les déchets sont drainés par les eaux de ruis- sellement vers les cours d’eau.
Pour le traitement des eaux usées, la station d’épuration prévue à cet effet n’est plus opérationnelle. L’autre constat est l’inexistence de puits perdus ou puisards dans certains ménages. Ceci a pour corollaire le rejet des eaux usées dans les caniveaux. L’inexistence de latrines dans certains ménages a pour conséquence la défécation à l’air libre, dans les caniveaux, les collecteurs d’eaux et les cours d’eaux.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 33 La principale activité agricole exercée aux abords des cours d’eaux est la culture maraîchère. La totalité des personnes enquêtées utilisent des engrais chimiques comme l’urée et le NPK pour enrichir le sol. Ces engrais chimiques sont trans- portés par le lessivage dans les eaux. Ils modifient ainsi les paramètres physico- chimiques de ces eaux.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 34
Conclusion et suggestions
Réalisé par Charles AKOGNON Page 35 CONCLUSION
L’étude a révélé que l’état de pollution de la ville est dû à la mauvaise ges- tion des déchets solides ménagers, aux eaux usées domestiques et excréta. Cet état de chose n’est pas sans conséquence sur les cours d’eaux de la ville puisque ces derniers sont pollués par trois grandes sources. La pollution domestique est caractérisée par le rejet des DSM, des eaux usées domestiques et les boues de vidange dans le réseau d’eau. Quant à la pollution industrielle, il a été constaté un rejet d’effluent non traité ou mal traité par les usines de la SOBEBRA et la COTEB. L’utilisation de fertilisants chimiques par la quasi-totalité des marai- chers constitue une source de pollution des eaux. Ces différents polluants ren- contrés sont drainés par le réseau d’eaux pluviales vers le fleuve Okpara, pol- luant ainsi ce dernier. Face à cela, il importe que des dispositions idoines soient prises pour atténuer la pollution des eaux dans la ville afin de limiter les risques de maladie d’origine hydrique auxquelles les populations sont exposées. Pour cela, nous suggérons ce qui suit :
renforcer les capacités des acteurs en charge de l’assainissement de la ville,
consentir des efforts supplémentaires en matière de sensibilisation et d'éducation de la population par rapport à la gestion des déchets et les risques sanitaires encourus,
mettre en application la règlementation en vigueur en matière de la ges- tion des différents types de déchets,
développer l'agriculture biologique afin d'éviter à moyen et à long terme l'usage des pesticides et des engrais chimiques
assainir la berge des affluents du fleuve Okpara
Réalisé par Charles AKOGNON Page 36 PERSPECTIVES
Afin de mieux cerner le problème de pollution des cours d’eaux, il serait ju- dicieux dans les travaux futurs de :
caractériser les rejets de chaque industrie ;
analyser le processus de chaque industrie en vue de l'amélioration en qua- lité des effluents rejetés ;
faire une étude comparative des débits de rejets avec la pluviométrie le long du cours d'eau ;
évaluer le degré de contamination des denrées produites sur les rives du cours d'eau ;
évaluer les paramètres microbiologiques;
Réalisé par Charles AKOGNON Page 37 REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE
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2. BAOK, G., 2007. Pollution des eaux et rivières et impact sur les popula- tions riveraines: cas de la rivière Mgoua dans la zone industrielle de Douala-Bassa. Master en gestion de l'eau option environnement Universi- té de Dschang-FASA, 98 p
3. COMMONER, B., 1970. Threats to the integrity of the nitrogen com- pounds in soil, water, atmosphere and precipitation; global effect of envi- ronmental pollution.London: Singer(ed), 112 p
4. GUERIN, THOMAZEAU., 1985. Environnement Tome1. Paris: ENTPE, 125 p
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7. KERSPEN, Y., 1998. Les réseaux d'assainissement. Ouagadougou (Bur- kina Faso): Ecole Inter Etats des techniciens supérieurs de l'hydraulique et de l'équipement rural, 82 p
8. LE BARBE L., ALE G., 1992. Régionalisation des caractéristiques des régimes pluviométriques ponctuels béninois. Montpellier, ORSTOM, pp 165-173
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sitaire de France.-(que sais-je ?), 127 p.
10. ABE, 1999. Loi-cadre sur l’environnement en république du Bénin. Loi N°98-030 du 12 février 1999, 96 p.
11. MEINCK F, 1977. Eaux résiduaires industrielles. Edition Massons , pp 72-75
12. OUBAGHA N, 2011. Décontamination des eaux contenant les colorants textiles et les adjuvants par des matériaux naturels et synthétiques. Mé- moire de magister .chimie de l’environnement. Faculté des sciences. Uni- versité de Mouloud Mammeri Tizi Ouzou, Algérie, 122 p.
13. Plan de Développement Communal (PDC,2002) de la ville de Parakou.
184 p.
14. PNE-BENIN, 2008. Note de plaidoyer pour la réhabilitation et la mise en place d’une gestion concertée du barrage de l’Okpara, unique source d’AEP de la ville de Parakou, 6 p.
15. PNE-BENIN, 2010. Défis et orientations stratégiques pour la lutte contre la pollution chimique des cours et plans d’eau au Bénin, 26p.
16. Programme d’Appui au Démarrage des Communes, 2006 .Monographie de la commune de Parakou. 44 p.
17. Radoux, M., Cadelli D., Nemcova M., Kemp D., Klaessen D., 1991.Qualité et traitement des eaux. Belgique: Fondation universitaire luxembourgeoise, 180 p.
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20. VERMEYLEN A., 2007. Cours de microbiologie. Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix de Namur, Belgique.
21. VEYRET, Y., et PECH. P., 1993. L'homme et l'environnement. Ven- dome (France): Imprimerie des presses universitaires de France.423 p.
Réalisé par Charles AKOGNON Page 40 ANNEXE
Annexe 1: Questionnaire
QUESTIONNAIRE A L’ENDROIT DES MARAÎCHERS IDENTIFICATION
- Commune / Arrondissement...
- Quartier ...
Sexe : Age : Niveau d’instruction:
1-)Quels types de produits phytosanitaires ou fertilisants utilisez-vous ? -chimiques -organiques
*Si chimiques, lesquels………..
………
*si organiques, comment l’obtenez-vous ?
………
………
……….
3-) Quelle est l’efficacité ?
Bonne Moyenne Faible 4-)Fréquence d'utilisation :
Parfois Toujours Jamais
5-)comment trouvez-vous l’eau que vous utilisez pour l’arrosage?
Polluée Non polluée
6-)Si polluée, quelles sont les causes ?
Réalisé par Charles AKOGNON Page 41
………
……….
7-) Êtes-vous abonné à une structure de pré-collecte vous ? Oui Non
8-) Si non, où jetez-vous les DSM ?
………
………. ……….
Réalisé par Charles AKOGNON Page 42 Annexe 2:types et sources de pollution chimique des cours et plans d’eau au Bé- nin
Types de pollution Nature chimique du pol-
luant Sources de pollution
Pollution par les fertili-
sants agricoles Nitrates, phosphates Agriculture Pollution par les métaux
et les métalloïdes toxiques
Mercure, cadmium, plomb, aluminium, arse- nic, etc.
Industries, agriculture, combustions
Pollution par les pesti- cides agricoles
Insecticides, herbicides,
fongicides Agriculture
Pollution par les déter-
sifs Agents tensioactifs Effluents domestiques
Pollution par les hydro- carbures
Pétrole brut et ses déri- vés (essence, gaz oil, produits de vidange)
Industrie pétrolière, transport, mécanique Pollution par les compo-
sés organochlorés
P.C.B. , insecticides,
solvants chlorés Agriculture Pollution par les autres
composés organiques de synthèse
Très nombreuses (>
70000) molécules
Industries (usages dis- persifs pour certains) Pollution par les matières
organiques fermentes- cibles
Glucides, lipides, pro- duits
Effluents domestiques et agricoles, industries agro-alimentaires, pape- teries
Source : PNE- Bénin 2010
Réalisé par Charles AKOGNON Page 43 Annexe 3:Quelques photos
Photo1: Dépotoir sauvage à Zongo zenon Photo 2: effluent rejeté par COTEB
Photo 4:Cours d'eaux en aval de la COTEB et SOBEBRA
Photo 3: Bassin contenant des hydrocarbures au COTEB