PROPORTION DES SEXES (SEX-RATIO)
CHEZ LES VOLAILLES
II. - DIFFÉRENCES ENTRE SOUCHES ET ENTRE FAMILLES Ph. MÉRAT
J’tation de Recherches avicoles,
Centre national de Recherches
zootechniques, Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
La
proportion
des sexes à huit semainesd’âge
a étéanalysée
sur environ r7o 00opoussins pedigree
appartenant àplusieurs
souches et races différentes par la méthode dedécomposition
du x2
, pour déceler des variations
possibles
entre souches, entre années et entre familles.Le sexe était vérifié à
l’âge
de dix semaines,puis
vers six mois pourquelques
cas douteux ; ildoit donc refléter sans
ambiguïté,
sauf raresexceptions.
le sexegénétique.
La
proportion
des sexes est donnée par souches(tableau
i). Des différences hautementsigni-
ficatives
apparaissent
entre souches(P
< o,oi) etpeut-être
entre années intra-souches(P
< 0,05)-Leur
interprétation
est difficile du fait des nombreux facteurs ayant pu différer entre troupeaux.A l’intérieur des souches et des années, la variabilité entre familles de demi-frères et demi-soeurs de même
père,
et de frères-soeurs, est reflétée par le tableau 2. Au total, etspécialement
pour deux souches, il apparaît unehétérogénéité
hautementsignificative
entre la descendance des différentspères (P
< 0,001) ; celle entre mèresintra-pères
atteint seulement leseuil
p. 100de signification.Le rapport F faisant intervenir les
y 2 d’hétérogénéité
entrepères
et entre mèresintra-pères
confirme, dans l’ensemble, etspécialement
pour certaines souches, unehétérogénéité
hautementsignificative
(P # o,oi),dépendant spécifiquement
dupère
(tableau 3).Il y a un nombre
significativement plus grand
queprévu
de familles de mêmepère
à excèssignificatif
de mâles, aussi bien que de femelles(P
< o,oi dans les deux cas ; cf. tableau4 ).
Sur la souche a
Jouy
», les familles de mêmepère
ayant,chaque
année, leplus
de ri ri ou de $ $,et celles à proportion intermédiaire, ne diffèrent ni par l’éclosion, ni par le taux de survie des
poussins
(tableaux 5et6).
Cette conclusion est renforcée,partiellement
du moins, par le sexage desembryons
morts
après
le dix-huitièmejour
d’incubation(depuis 1959 ). L’hétérogénéité
observée ne sembledonc pas attribuable à une variation entre familles du rapport des taux de survie
embryonnaires
ou
postembryonnaires
des ri ri et des Y !.L’aptitude,
pour certainsreproducteurs,
à donner un excès d’enfants a oun’apparaît
pas transmise à la génération suivante. Sur la souche «Jouy n, la
« sex ratio » donnée par lesreproducteurs
de l’un ou l’autre sexe issus de familles à excès
significatif
de ri ri ou de 9 est très voisine de 1/1.Ces faits
indiquent
que nos observations doivent bien être un échantillon sans distorsion de la proportion des sexesgénétiques
à la fertilisation.Une
interprétation
de nos résultats par desgènes
ou accidentschromosomiques capables d’in-
verser le sexe sans anomalies apparentes est très peu vraisemblable. Il reste donc
l’hypothèse
dedifférences entre familles pour la
proportion
d’ovulesproduits
porteurs ou non du chromosome X,par suite de conditions différentes fournies à l’ovule lors de sa méiose. Certains travaux antérieurs
suggèrent
la possibilité d’influences de ce genre exercées par des facteurs du milieu.Dans cette
optique,
la variabilitéqui apparaît
liée en propre auxpères,
sur nos données, conduità
l’hypothèse
d’une influence, sur laségrégation méiotique
de l’ovule, du sperme environnantdéposé
par le mâle.
Les
conséquences
possibles de ces résultats sont discutées.INTRODUCTION
La
proportion
des sexes chez les volailles à l’éclosion(«
sex ratio secondairen)
ou à un
âge
ultérieur(«
sex ratio tertiaire»)
a surtout été étudiée pour sa valeurglobale.
Les résultatspubliés
sont assez nombreux etportent
sur des effectifsparfois
très élevés.
Beaucoup
sont voisins de laproportion 1/1 ,
mais certains s’enécartent,
dans un sens où dansl’autre,
même si l’on omet ceux,peut-être
moinssûrs, qui reposent
sur l’examen ducloaque
à ijour.
C’est cequi
ressort du tableau donnépar HuTT
( 1949 ),
p.45 8,
sur lesproportions
de mâles à l’éclosion observées par divers auteurs. Nous avonsvérifié,
par le calculd’un y 2 d’hétérogénéité,
que lesdivergences
entre les résultats de ces chercheurs sont,statistiquement,
extrêmementsignificatives (x 2
= 70,9 pour 10degrés
deliberté ; P « o,ooi).
Ces écarts ont été obtenus sur des races et des souches
diverses,
cequi peut suggérer
des différences
d’origine génétique. Ainsi,
Ca!,!,!vBacx( 19 29),
By!R!,! etJULL (1935),
et CREW( 193 8),
cités parHuTT,
ont tous trois noté uneproportion plus grande
de mâles chez des Rhode-Island que chez desLeghorns
blanches. COLES(i
957
)
observe un excès depoussins
femelles dans untroupeau
deLeghorns blanches,
et, aucontraire,
un excès de mâles dans un croisement sexable.Quelques
auteurs ont recherché des différences entre familles(demi-frères
etdemi-soeurs ou frères et
soeurs)
pour la « sex ratio secondaire ». Laplupart
notentsimplement
un excèsimportant
de l’un ou l’autre sexe dans certainesfamilles,
cequi
n’exclut pasl’hypothèse
de fluctuations aléatoires. Seuls à notre connaissance HazE!, et I,nMOR!ux( 194 6)
et I,arrnau!R( 1957 )
ont fait uneanalyse statistique rigoureuse ;
celle-ci ne leur révèle pasd’hétérogénéité significative
entre famillesde frères et soeurs. Par
ailleurs,
les données de CHAMPION(ig6o), réanalysées d’après
les tableaux
présentés
parl’auteur,
fontapparaître un y 2 d’hétérogénéité
entrepères
etintra-lignées
de49 ,8 5
pour 42degrés
deliberté,
nonsignificatif.
COLES( 1957
)
ne trouve pas nonplus d’hétérogénéité
entre familles sur desI,eghorns.
Parallèlement à ces
constatations, J ULL ( 1932 ),
cherchant une transmission héréditairepossible
deproportions
anormales des deux sexes, ne trouve pas de corrélation entre la « sex ratio secondaire » de la descendance desparents
et celle de la descendance de leursenfants,
alors que HAYS( 1954 )
observe une faible corré-lation entre la « sex ratio » de la famille du
père
et celle de sa descendance.Pour
interpréter
les variationsconstatées,
au moins celles entretroupeaux,
on
peut
penser à des différences d’éclosion entre les deux sexes, variables suivant lessouches ; quelques
résultatspubliés suggèrent
une mortalitéembryonnaire
unpeu
plus grande
desQ,
d’autresn’indiquent
pas de différence. Cettequestion
a étépassée
en revue par HuTT( 1949 )
et LarrDau!R(rg6r).
Toutefois,
cetteinterprétation n’apparaît
pasprouvée,
d’autant queplusieurs chercheurs, qui
notent une différence defréquence
des deux sexesparmi
lesembryons
morts, ne donnent pas laproportion parmi
lespoussins
nés. Deplus,
eninterpré-
tant l’excès d’un sexe à l’éclosion par une différence de mortalité
embryonnaire,
on
postule
en mêmetemps
uneproportion égale
à la fertilisation.Or,
cettehypothèse
n’est pas strictement vérifiée.
Ainsi,
les données de Cot,!s( 1957 ) suggèrent
un excèsde femelles à ce stade dans un
troupeau
deLeghorns.
Au
total,
si certaines données de la littératureindiquent
des variations entretroupeaux,
on nepossède,
en fin decompte,
que peu derenseignements
sur lapossi-
bilité de différences entre familles ainsi que sur leur
interprétation
éventuelle. Ilnous est donc apparu utile
d’analyser
lesdonnées, nombreuses,
que nous avions sur ceproblème.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Nos résultats portent au total sur
près
de 172o0opoussins pedigree
issus de r 388pères
et de9
270mères, et faisant
partie
deplusieurs
souches, et races différentes, élevées, les unes à la Station deJouy,
de 1952 à 1962, d’autres dansl’élevage
« S. A. R. G. :!. S. »,puis
sur le domaine duMagne-
raud, entre 1949 et 1960 (résultatscommuniqués
par le D’’ L. P.COCHEZ),
d’autres dans 5 éle- vages de sélection entre 1955et 1961.Certains
cheptels
étaient élevés auprintemps,
d’autres à l’automne.Chaque
coq étaitaccouplé
à un nombre variable de
poules,
etchaque poule,
dans unegénération,
n’étaitgénéralement accouplée qu’à
un coq. Dans lesquelques
cas où deuxpères
se succédaient avec les mêmes mères, la descen-dance de
chaque
mère avec les deux coqs était comptée, pourl’analyse qui
suit, comme deux familles distinctes.Le sexe était déterminé à
l’âge
de 8 semaines et vérifié à 10 semaines,puis
vers 5-6 moispour les animaux notés « douteux » à io semaines, au moins dans la souche «
Jouy
n. Lediagnostic
du sexe
d’après l’apparence
extérieure àpartir
de cet âgen’apparaît sujet qu’à
des erreurs suffisam-ment rares pour ne pas influer sensiblement sur la
signification
de nos résultats.Aucune élimination d’animaux n’avait lieu avant
l’âge
de 10 semaines.En outre, sur la souche «
Jouy
»(cf. plus loin), depuis
i959inclus, le sexe est déterminé sur lesembryons
mortsdepuis
18jours
et sur lespoussins
morts de l’éclosion à 8 semainesd’âge.
Sur ces données, nous avons
analysé
laproportion
des sexes à 8 semaines, par souches, par années pourchaque
souche et par familles, à’lintérieur des souches et des années. La méthode em-ployée
était ladécomposition du X z
enun X Q
à undegré
de libertécorrespondant
à laproportion
du total, et en
plusieurs
Xzd’hétérogénéité
successifs.Toutes les familles étaient
prises
en considération, sauf celles d’effectif trop réduit(inférieur
à 4ou 5
individus).
RÉSULTATS
i. -
Pro!ortion
des sexespar
souche etpar
année intra-souchesLa
proportion
d’ensemble des sexes, pourchaque
« souche» étudiée ( 1 ),
estindiquée
par le tableau i.( 1
) Les souches dénommées « Jouy n et « Vilvert » sont des souches « synthétiques », créées à partir d’un
croisement initial entre plusieurs races.
On constate que la
plupart
de ces souches neprésentent
pas, sur l’ensemble des années étudiées pourchacune,
d’écartsignificatif
parrapport
à laproportion 1/1
,
mais que la souche Marans blanche montre un excès designi-
ficatif
(x 2
= 9,749, P <0 , 01 )
etqu’inversement
la souche « Vilvert »comporte
un excès
significatif
deçfçf (x 2
=8, 929 ,
P <0 , 01 ). L’analyse
del’hétérogénéité
sur l’ensemble des 15 souches mentionnées dans le tableau donne d’ailleurs
un x 2 égal
à 31,88 7
pour 14 D.I,.,
hautementsignificatif (P
<o,oi).
Quant
aux différencespossibles
entre années ougénérations
pour une mêmesouche,
lex 2 d’hétérogénéité
intra-souches estégal,
sur l’ensemble desdonnées,
à
8 9 ,6oi
pour65
D. L.(P
<0 , 05 ). Incidemment,
onpeut
noter d’autrepart qu’il n’apparaît
pas de différence entrecheptels
nés auprintemps
et à l’automne.Certaines différences dans la « sex ratio » à 8 semaines
apparaissent
donc entresouches,
etpeut-être
entre années pour une mêmesouche,
mais leurinterprétation
est difficile. Les
troupeaux
enquestion
étaient élevés en des années et des lieuxgéographiques,
avec des conditionszootechniques
et un programme de sélectionen
partie
différents. Pourchacun,
l’environnement a pu varier sensiblement d’annéeen
année, parallèlement
à une évolutiongénétique
due à la sélection exercée sur les(caractères
économiques.
On nepeut
donc savoir si les différences observéesproviennent
- du
génotype
ou du milieu. D’autrepart,
nous n’avons pas d’observations compa- natives directes sur la mortalitéembryonnaire
des deux sexes dans toutes ces souches.2
. -
Di f érences
deproportions
entref amilles intra-générations, pour chaque
soucheNotre but
principal
étaitd’analyser,
à l’intérieur dechaque génération
de,chaque souche,
les différences deproportions
des sexes entre la descendance des - divers coqs, et, dans la descendance dechaque père,
entre les familles de frères et .soeurs, pour tester si ces variationspouvaient
être attribuéesuniquement
à desfluctuations aléatoires.
a)
Le tableau 2donne,
parsouches,
lesZ 2 d’hétérogénéité
de laproportion
.des sexes à 8 semaines entre familles de même
père intra-générations
et entre famille-de même mère
intra-père.
On remarque une
hétérogénéité
hautementsignificative
entre familles depères
dans les souches «Jouy
» et MaransCoucou,
etsignificative
au seuil de 5 p. 100 sur les souches(d’ailleurs
moinsnombreuses) Wyandotte
« D » et Marans blanche. DePlus,
lex 2 d’hétérogénéité
cumulé sur l’ensemble des souches est hautementsigni-
f
icatif
(au
seuil i p. iooo).
La « sex ratio » à 8 semaines de la descendance de certains
cfcf
au moins s’écarte donc defaçon appréciable,
dansplusieurs souches,
de laproportion moyenne qui
caractérise la souche une certaine année.
Quant
aux familles demères, l’hétérogénéité
entreelles,
considérée « intra-pères
», est seulementsignificative
auseuil
5 p. 100 sur l’ensemble desdonnées,
mais n’atteint nullepart
ce seuil pourchaque
souche considéréeséparément.
Cecisuggère
donc laprésence
dequelques
écartssystématiques
de laproportion
dessexes attribuables à certaines
mères,
mais moinsimportant
que ceux entrepères.
b)
Cedegré
designification beaucoup plus grand
des différences entrepères suggère qu’elles
nepeuvent s’expliquer
seulement parl’échantillonnage
des mèresaccouplées
à un même coq. Pourpréciser ceci,
nous avonsconsidéré,
pourchaque
2 2
souche ainsi que pour le total des
données,
lerapport
F =x’-/x2
yv2 ou xi 1 et X2
2
représentent respectivement
lesX 2 d’hétérogénéité
entrepères
intra-souches etintra-années,
et entre mèresintra-pères,
vlet Y ,
étant lesdegrés
de liberté correspon- dants.Dans
l’hypothèse
oùl’hétérogénéité
entre familles depères
n’est que le reflet de cellepouvant
exister entremères,
F est une variable de Fisher-Snédécorà v, et ’1
2 degrés
de liberté.Le tableau 3 donne les
rapports
F parsouches,
et confirmequ’au
moins pour deux d’entreelles,
ainsi que pour l’ensemble desdonnées,
ilapparaît
unehétérogé-
néité hautement
significative,
liée en propre auxpères,
enplus
de cellequi
existepeut-être
entre mères.c) Enfin,
si l’on considèrel’hétérogénéité
entre familles de frères et soeurs,intra-années et
intra-souches,
mais nonintra-pères,
elleapparaît,
sur l’ensembledes
données,
hautementsignificative ( Z 2
= 9567,7 19
pour 9y 6
D. I,., P #0 , 001 )
Il est donc
clair,
enconclusion, qu’en plus
des différences entresouches,
ilexiste,
dans notrematériel,
des variationssystématiques
entre familles à l’intérieur des souches(ou
du moins de certaines d’entreelles),
variationsqu’il
estpossible,
cettefois,
de chercher àinterpréter,
ces familles étantreproduites
et les oeufs incubésensemble,
dans les mêmesconditions,
pourchaque génération.
d)
Un test accessoire surl’hétérogénéité
des familles concernespécialement
les mères
particulières ayant donné,
une certaineannée,
un excès trèsimportant
de l’un ou l’autre sexe. Soit N le nombre total de mères cette
année-là, X2 la
valeurdu
X
2 observé,
vis-à-vis de laproportion 1/1 ,
dans la descendance d’unecertaine
mère
(anormale
pour la « sex ration), et p
laprobabilité
dedépasser
par hasardcette
valeur X2 ( 1 ).
Le nombre des mèressusceptibles, parmi
les N enquestion,
de donner un
x 2
aussi élevépeut
être considéré comme distribué suivant uneloi de Poisson de moyenne m =
N!,
et laprobabilité
de rencontrer au moins unemère
répondant
à ce critère est P = i - e-m. ,C’est ainsi que, dans la souche «
Jouy »,
auprintemps
1959, sur 95mères,
l’unea donné 28
çfd
pour 62gy,
d’oùun X 2 corrigé
de 12,100 et uneprobabilité
Pvoisine de o,025 d’obtenir par hasard au moins une telle
mère.
Demême,
en automne 1959, une mère sur z3o a eu 5 fils et 24 filles
(P
voisine deo,0 5 )
et, en automneig6o,
une sur 139 a donné 2 fils et 21 filles
(P
voisine deo,oi5).
Plusgénéralement,
engroupant
toutes lesgénérations
de la souche «Jouy
», ontrouve 4
familles donnantun Z 2
supérieur
à 10, et laprobabilité d’apparition
d’un nombre au moinségal
de telles familles est inférieure à 2 p. 100.
e)
Notons enfin que les écarts à laproportion 1/1
des 2 sexes à 8 semaines sont à peuprès
aussi souvent dans le sens d’un excès de!
que dans le sens d’un excès.de
jç f .
Ceci estdéjà suggéré
par le fait que laproportion
des sexes, dansl’ensemble,
pourchaque souche,
ne s’écarte pas très fortement de1/1 .
Plusprécisément,
les.nombres de familles de même
père ayant
donné un excès deç f ç f
et un excès de99
sont
respectivement,
sur l’ensemble de la souche «Jouy »,
de 206 et i9r, et ne diffèrent donc pas sensiblement(les pères ayant
donné un nombre exactementégal
des deuxsexes n’ont naturellement pas été
comptés).
Pàn outre, le tableau 4donne par souches
(les
moins nombreuses étantgroupées),
les nombres de
pères
dont la descendanceprésente
un excès de l’un des deux sexessignificatif
au seuil 5 p. 100bu i p. 100, parrapport
à laproportion 1/1 ,
en détaillants’il
s’agit
d’unexcès
dec J cJ
ou d’un excès deYy.
On note, presque
partout,
un nombreplus grand
queprévu,
aussi bien depères ayant
un excès dedescendants d
que depères
à excès de descendants9.
Onpeut
tester, par unx 2 ,
lesproportions
observées depères
à excèssignificatif
dechaque
sexe
pris séparément,
parrapport
auxproportions prévues, égale
à 2,5 ou o,5 p. 100respectivement
du nombre total despères
danschaque
souche. Ilapparaît
ainsique, sur le total des
données,
ainsi que dansles
souches« Jouy
», « Vilvert » et surl’ensemble des autres « souches », il y a un nombre très
significativement supérieur
à la
prévision
depères
à excès de filles(P
<o,oi).
Il en est de mêmequant
auxpères
à excès de
fils,
pour le total des données et pour les souches« Jouy
», Marans Coucou et Vilvert.3
. - Parallèle entye la
proportion
des sexes à 8 semaines et la mortalité(ou infertilité)
antérieureLa
première hypothèse
à tester pourexpliquer
les différences observées dans laproportion
des sexes est celle de différences entre familles pour la mortalitéembryo-
naire ou
postembryonnaire comparée
des deux sexes, ou pour la fertilitécomparée
des ovules X et O.
a)
Concernant la mortalitéembryonnaire
et lafertilité,
nous nous sommeslimités à la souche «
Jouy
», dont les résultats d’éclosion nous étaient facilementdisponibles (!) ;
elle était d’ailleursspécialement
intéressante à étudier de cepoint
de vue, étant l’une des deux
populations
oùl’hétérogénéité
entre familles de demi- frères et demi-soeurs de mêmepère
est hautementsignificative.
Dans cette
souche,
nous avonscomparé, chaque année,
lepourcentage
d’éclosion(poussins nés/oeufs
mis enincubation)
de la famille de mêmepère ayant
leplus grand
excès dec J cJ
et de celleayant
leplus grand
excès de99,
à celui des autresfamilles.
L’importance
de l’excès deç f d
ou deYy
était estiméed’après
la valeurdu
X
2
parrapport
à laproportion 1/1
et nond’après
lepourcentage
de!!3’.
Cepourcentage
doit en effet êtreplus
variable dans les familles d’effectifréduit, qui
auraient donc ainsi eu
plus
de chances d’être classées comme familles à sex ratio« extrême ». Ceci aurait pu introduire un « biais »
systématique
dans notre compa-raison,
dans la mesureoù, précisément,
un faible effectifpeut provenir,
entre autreschoses,
d’une mauvaise éclosion.( 1
) Sauf pour les années antérieures à 1955 (Documents détruits accidentellement).
Il était normal de faire la
comparaison
entre familles de mêmepère puisque,
ce sont essentiellement ces familles
qui
diffèrent entreelles,
dans nosdonnées, quant
à la
proportion
des sexes.Pour
chaque
année et pour letotal,
le tableau 5 donne lepourcentage
d’éclosion des familles de mêmepère
àplus grand
excès deCI,
àplus grand
excès deQ Q
etintermédiaires.
On voit que le
pourcentage d’éclosion,
autotal,
est le même pour les famillesayant
leplus
de mâles que pour cellesayant
leplus
defemelles,
maisqu’il
estlégè-
rement meilleur pour ces deux
catégories groupées
que pour les familles « intermé- diaires ».Cette dernière différence
pouvait
être uneconséquence
del’hétérogénéité
entreannées pour le taux
d’éclosion, l’importance numérique
relative des effectifs des2 groupes
comparés
n’étant pasidentique
dans toutes les années.Pour enlever cette difficulté
d’interprétation,
nous avonscalculé,
pourchaque génération,
ley 2
decontingence correspondant
à lacomparaison
du taux d’éclosionchez les familles de même
père
à sex ratio « extrême » et chez celles à sex ratio « inter- médiaire ». La racine carrée de cettequantité analogue
àun x 2
àdegré
de libertépeut
être considérée comme une variablenormale,
mais nonréduite,
car il existeune forte
hétérogénéité statistique,
comme onpouvait s’y attendre,
entre les tauxd’éclosions des différentes familles à l’intérieur de
chaque
année. A cettevariable,
que nous
appelons
t, nous attribuons lesigne
-!- si la différence de taux d’éclosion est en faveur des familles à sex ratio « extrême », et lesigne
- dans le cas contraire.Soit t la moyenne de ces
variables,
etS2 l’estimation
de la variance de cettemoyenne à
partir
de nos données. Laquantité 1 - peut
être considérée comme uneS 2
ïvariable de Student-Fisher à 23
degrés
de liberté(le
nombre degénérations
étudiéesétant 24,
réparties
sur leprintemps
oul’automne). Or,
sa valeur estégale
à -+-0 , 97 6 (P
= 0,3 -0 , 4 ),
cequi indique
l’absence de différence d’éclosion décelable entre familles à sex ratio « extrême » ou « intermédiaire ».D’une
façon analogue,
on ne trouve, pour lacomparaison
intra-années entre familles contenant leplus
et le moins demâles,
pas de différencesignificative (t
= -o,i3o pour 23 D. I,., P =0 ,8 - 0 , 9 ),
comme le résultatglobal
sur l’ensembledes années
l’indiquait déjà ( 1 ).
b)
Nous avonsfait, parallèlement,
la mêmecomparaison intra-années,
cumuléepour toute la souche «
Jouy
», en cequi
concerne la mortalité desjeunes
de la nais-sance à 8 semaines
d’âge,
ainsiqu’en groupant
mortalitéembryonnaire
et mortalitédes
jeunes :
Dans lepremier
cas, iln’y
a aucune différenceapparente
entre les familles de mêmepère
à sex ratio « extrême » et celles à sex ratio « intermédiaire »(t
= !--o,z58
pour 23 D. I,., P = 0,7-0 ,8),
nonplus qu’entre
familles ayant leplus de !3’!j’
et famillesayant
leplus
de99 (1
= — 0,341pour 23 D. I,., P = 0,7-0 ,8),
et il en est de même dans le second cas dont les résultats sont très semblables à
ceux obtenus sur les
pourcentages
d’éclosion. De toutefaçon,
la mortalité desjeunes
était faible enpourcentage
dans l’ensemble. Nous neprésentons
donc pas pour elle un détailanalogue
au tableau 5, mais nous nous contentons dedonner,
dans le tableau6,
pourchaque
année et pour letotal,
lespourcentages
de survieà 8 semaines
rapportés
aux oeufsincubés,
pour les familles depères
à excès deCd,
à excès de
9!
et intermédiaires.c)
On nepeut
donc raisonnablement pas supposer que l’excès de mâles ou l’excès de femelles caractérisant à 8 semaines la descendance de certainspères
tireson
origine
d’un excès demortalité, embryonnaire
oupostembryonnaire,
de l’unou l’autre sexe. On ne
peut
pas nonplus
penser,plus précisément,
à une mortalitéplus grande
des femelles dans les familles à excès de mâles à 8 semaines.Si l’on voulait
malgré
toutexpliquer
un tel excès dans certaines familles par( 1
) A noter qu’avec les effectifs considérés, les taux d’éclosion des différents groupes comparés peuvent être estimés avec un intervalle de confiance très petit, d’ordre de grandeur nettement inférieur
à i p. 100, et il serait impossible de ne pas déceler, par exemple, une infériorité même relativement faible des familles à sex ratio extrême pour l’éclosion.
une mortalité des femelles
supérieure
à la moyenne, il faudrait supposer, dans cesfamllles,
une mortalité des mâlesqui soit, elle,
inférieure à la moyenne ducheptel, puisque
l’éclosionglobale
n’est pasmodifiée ;
et la situation devrait êtreanalogue,
mais en sens
inverse,
pour les familles à excès de femelles à 8 semaines. On ne voit pas comment une tellehypothèse pourrait
être réalisée. Ellesupposerait
l’existence d’une sorte de mécanismecompensateur
du taux d’éclosion d’un sexe parrapport
à celui de
l’autre,
mécanisme dont lagénéralité
semble bien invraisemblable.D’une
façon analogue,
une différence de laprobabilité
de fertilisation des ovules X et 0 dans certaines familles semble exclue.d)
Onpourrait
penser, àpremière
vue,qu’un
testd’hétérogénéité
entre famillesayant
100p. 100 d’éclosion et de surviejusqu’à
8 semaines refléterait directementl’hétérogénéité
desproportions zygotiques
à la fertilisation.Cependant,
ceci n’estvrai que
si, précisément,
il n’existe pasd’hétérogénéité
entre familles pour la morta- litéembryonnaire comparée des 1
et desÇJ.
Onpeut
le montrer de lafaçon
suivante:Supposons qu’il n’y
ait pasd’hétérogénéité
entre familles dans laproportion
des
zygotes d’ et ÇJ
à lafertilisation ;
soitp
laprobabilité
de formation d’unzygote
mâle dans ces conditions.
Appelons ri
laprobabilité
d’éclosion et de survie d’un mâle dans la famille de rang i et d’effectif nt ; nousdésignons
alors par r! ! dc laprobabilité
d’éclosion et de survie d’une femelle dans cette mêmefamille,
et nous supposerons que dipeut
varier suivant les familles.En
répétant
le raisonnement que nous avons fait à propos de la sex ratio observéesur l’ensemble d’un
cheptel (M ERAT , y 6z),
onpeut
montrer que le nombre de mâles à 8 semaines dans la. famille de rang i est une variable binomiale deparamètre
P =
p-+ !lp p) d! ,
dansl’hypothèse,
enparticulier,
où cette famille a éclos et survécup+ (1 - p) di’
-! ’à 100p. 100. Ceci suffit à montrer que des variations du
paramètre di
suivant les familles sont une caused’hétérogénéité statistique, qu’il s’agisse
de cellesayant
eu100p. 100 d’éclosion et de survie ou des autres. Autrement
dit,
pour ces famillesparticulières,
unehétérogénéité significative
constatée nepeut
pas êtreattribuée,
à
priori,
à unehétérogénéité
au stade de la fertilisation avecplus
de certitude que si l’on considère l’ensemble de toutes les familles.C’est donc notre
comparaison
du taux d’éclosion dans les familles à sex ratio« extrême » ou non
qui
reste la meilleure indication de variations de laproportion
des sexes à la fertilisation.
e) Enfin,
une vérificationdirecte,
mais seulementpartielle,
de la relationentre éclosion et
proportion
des sexes étaitpossible, toujours
dans la souche «Jouy
», sur lesgénérations postérieures
àiq 5 8,
où lesembryons
morts àpartir
du 18ejour
d’incubation étaient sexes par
autopsie.
Le total des
embryons
morts à cestade,
et dont le sexe a pu êtredéterminé,
se
répartit,
pour l’ensemble des années enquestion,
en99 8 d’d’
et 105 6 ÇJÇJ,
lesnombres
correspondants parmi
lespoussins
éclos étantrespectivement
io 575 et10
5 6 4 .
Iln’y
a pas de différencesignificative
de laproportion
desc!
dans ces deux groupes( Z 2 d’hétérogénéité
=1 ,6 3 8
pour idegré
deliberté,
P = 0,2 -0 , 3 ).
D’autre
part,
nous avons calculé ce mêmeZ 2 d’hétérogénéité
entre les em-bryons
morts et lespoussins
éclos pourchaque
famille de mêmepère.
Dansl’hypo-
thèse ott il
n’y
a pas de différence entre ces deux groupes dans la descendance d’unpère donné,
cettequantité
est distribuée effectivement comme un/ 2
à idegré
de libertéet la somme de ces
x 2 pour
npères
estun y 2
à ztdegrés
de liberté.Or,
sur l’ensemble des années enquestion,
la sommecorrespondante
estégale
à i2r,4o9 pour 126pères
au
total,
soitégalement
126degrés
de liberté. Laprobabilité
dedépasser
une tellevaleur est élevée
(P
>0 ,6).
Rien ne
permet
donc de mettre en doute l’identité de laproportion
des sexeschez les
embryons
morts et lespoussins
nés dans la descendance dechaque père,
ce
qui
revient à dire que des différences entrepères
nes’expliquent
pas par des variations durapport
des taux de survie des deux sexes suivant lepère,
du moinsà ce stade de la vie