Article original
Relations entre caractéristiques de retrait
et densité du bois chez le pin sylvestre,
le sapin pectiné et l’épicéa commun
JF Mazet G Nepveu
1
ONF,
DRLorraine,
5 rueGirardet,
54000Nancy;
2
INRA,
station de recherches sur laqualité
desbois, Champenoux,
54280Seichamps,
France(Reçu
le 12 mars1990; accepté
le 23 novembre1990)
Résumé — Des relations entre les
caractéristiques
de retrait du bois et son infradensité sont re- cherchées pour lesapin pectiné, l’épicéa
commun et lepin sylvestre.
Les échantillons utilisés sont des carottes desondage
de 5 mm dediamètre, prélevées
sur un ensemble de 928 arbres. Les rela- tions obtenues sontsignificatives
mais restentcependant
faibles. Le retrait radial esttoujours
mieuxlié à l’infradensité que le retrait
tangentiel.
L’introduction d’autres variables telles que lalargeur
moyenne de cerne,
l’âge
et la circonférence del’arbre,
n’améliore pas de manièresignificative
lesrelations mises en évidence.
Pinus
sylvestris
/ Abies alba / Picea abies / retrait du bois / infradensitéSummary — Relationships
between woodshrinkage properties
and wooddensity
for Scotspine,
silver fir andNorway
spruce.Relationships
between basic wooddensity,
treecircumference,
age and woodshrinkage properties
wereinvestigated.
Increment cores were used from 928 trees;the number of trees
sampled
for eachspecies
isgiven
in table I. The location of the stands in the"Vosges" department
isgiven
infigure
1. Theshrinkage coefficients, representing
the dimensional variation of wood when its moisture content decreasesby
1%, were calculated. Thecompression
wood was taken into account as it influences the
shrinkage
coefficient values(table II).
The results of the 3species
werecompared (table III): pine
wood had thehighest values;
the values for fir and spruce were identical. Therelationship
between the differentshrinkage
coefficients was also investi-gated (table V).
In order tostudy shrinkage variability,
astep-by-step multiple regression
wasused,
with basicdensity, ring width,
age and tree circumference as theparameters.
The results aregiven
in table VI and can be summarized as follows:
1)
For allspecies,
basicdensity
is thevariable
which correlates best with all theshrinkage
coeffi-cients. Therefore basic
density
isalways
the 1st variable in theregression equation;
2)
The radialshrinkage
coefficient is better correlated with basicdensity
than with volumetric or tan-gential shrinkage;
3)
The otherparameters (ring width,
age and treecircumference)
contribute little to theexplanation of shrinkage variability.
The correlations between the
shrinkage
coefficients and basicdensity
arelow, especially
for firwood.
Figures
3, 4 and 5 show these correlations(each shrinkage
coefficient as a function of basicdensity).
All the results are discussed with reference to the literature.Pinus
sylvestris
/Abies alba / Picea abies / woodshrinkage
/ wooddensity
*
Correspondance
et tirés àpart.
INTRODUCTION
Le retrait, de même
quele gonflement
dubois,
est unepropriété importante à prendre
encompte dans l’évaluation
de laqualité,
notammentlorsque les produits
sont
destinés à être utilisés
enébénisterie,
en
menuiserie
et en structure.En
effet, le retrait conditionne les défor- mations des pièces durant le séchage;
ilpeut également être responsable des pro- blèmes rencontrés
sur leséléments
de bois mis en oeuvre,problèmes résultant
des déformations dues à des pertes
oudes reprises d’humidité du bois du fait de
variationshygrométriques
del’atmosphère
environnante.
L’objectif
de cetteétude était d’appré-
cier la
possibilité
d’évaluation descaracté-
ristiques de
retrait depetits échantillons de bois (carottes de sondage) résineux (pin sylvestre, épicéa
commun etsapin pecti- né)
pard’autres caractéristiques simples
et
plus faciles à
mesurer.Ce travail
adonc été mené
avecpour but principal
la recherche del’allégement
des
protocoles
de mesures dequalité,
afinde
savoir,
parexemple,
s’il estpossible
d’estimer raisonnablement le retrait du bois à partir de
soninfradensité, caracté- ristique dont
la mesure estfort aisée,
com-plétée éventuellement par quelques indi-
cations décrivant l’arbre d’origine (largeur
de cerne,
âge, etc.).
Il n’entredonc
pas dans notrepropos
derechercher
des inter-prétations causales des liaisons signalées
dans la littérature
oumises
enévidence dans
lecadre de
cetteétude.
MATÉRIELS
ETMÉTHODES
Essences
Dans ce
travail,
nous nous sommes intéressésaux 3 essences résineuses les
plus
abondantesdans l’Est de la
France,
à savoirl’épicéa
com-mun
(Picea
abies L(Karst),
lesapin pectiné (Abies
albaMill)
et lepin sylvestre (Pinus syl-
vestris
L).
Échantillonnage
L’échantillonnage
recueilli ici découle en fait de celui réalisé dans le cadre d’une étude de com-paraison
despropriétés
de base des bois rési-neux dits de
«Pays»
avec celles des bois rési-neux dits du
«Nord»,
en l’occurrence de Finlande(Nepveu et al, 1988b).
Le nombre d’arbres
pris
encompte
pour cha- que essence estindiqué
au tableau I.La
répartition
despoints
del’échantillonnage
total a été réalisée sur 3
départements (Moselle, Vosges
etArdennes)
et, à l’intérieur dechaque département,
auprorota
de la ressource réelleeffectivement existante sur
pied,
afin d’en obte- nir uneimage
bienreprésentative.
Cette ventila- tion(2
607arbres)
est décrite par Mazet et al(1989).
Pour l’étude des retraits
présentée ici,
unsous-ensemble de cet
échantillonnage
a été uti-lisé, qui
concerne le seuldépartement
desVosges.
La localisation des
points
échantillonnés estprésentée
à lafigure
1.Ces arbres ont été choisis dans une four- chette de diamètres allant de 15 à 45 cm. Ce sont donc
principalement
des bois utilisables en structure.Type
deprélèvement effectué
Sur
chaque point (ou placette),
4 arbres ont étéchoisis et sondés à 1,30 m à la tarière de Press-
ler,
pour en extraire 2 carottes diamétrales de 5 mm de diamètreperpendiculaires
etpassant
par la moelle de l’arbre. Ces 2 carottes ont été sectionnées à la moelle donnant ainsi 4 carottes radiales par arbre.Deux de ces carottes radiales tirées au ha- sard
parmi
les 4 carottesdisponibles
par arbre ont été utilisées pour la mesure des retraits et de l’infradensité du bois.Types de
mesureseffectuées
Le
capteur automatique
unidirectionnel utilisé pour les mesures du diamètretangentiel
est dé-crit dans l’article de Perrin et Ferrand
(1984).
Les mesures réalisées ont été :
Sur carottes
à l’état
secà l’air
On a mesuré :- le diamètre
tangentiel (Diamtangsec),
la va-leur obtenue est la moyenne d’au moins 100
mesures
(par palpage)
sur l’ensemble de la ca-rotte,
- la
longueur
radiale(Longsec),
sur unpalmer
modifié
(précision :
10-2mm),
- le
poids
sec à l’air des carottes(Poidssec).
Après 4 j de saturation
des carottes sous videOnt été mesurés :
- le diamètre
tangentiel (Diamtangsat),
- le
longueur
radiale(Longsat).
Après passage des
carottes à l’étuveà 102 °C pendant
24 hLe
poids anhydre
des carottes(Poidsanh)
aenfin été mesuré.
Ces données de base nous
permettent
decalculer :
Nous avons
préféré
utiliser les coefficients de retraitplutôt
que les retraitsproprement
dits d’un état saturé à un état sec à l’air ouanhydre.
Ces coefficients
représentent
le retrait du boisen % lors d’une baisse de son taux d’humidité de 1%, dans
l’hypothèse
où la déformation du bois auséchage
suit une loi linéaire dans lazone
hygroscopique (0-30%).
Cette manière de
procéder
est conforme auxnormes
françaises
NF B 51.004(AFNOR, 1985a)
et NF B 51.006(AFNOR, 1985b)
de dé- terminations de l’humidité et du retrait du bois.Observons que nous avons admis que le
point
de saturation des fibres était constant etégal
à 30% pour tous les échantillons. Ceci n’est pas unehypothèse trop
forte(au
demeu-rant admise par la norme
française
NF B51.006)
si l’on en croit les résultatsexpérimen-
taux obtenus sur
l’épicéa
commun de Haute-Ardenne par
Fouarge
et Sacre(1952).
La
largeur
moyenne de cerne est obtenue àpartir
de la circonférence à 1,30 m sur écorce et del’âge
de l’arbre estimé parcomptage
sur lescarottes.
Problèmes posés
par le bois de compression
Le bois de
compression
des résineux se carac-térise par des
largeurs
de cernesplus
fortes etpar une couleur
plus
foncée(rougeâtre
à bru-nâtre)
que le bois normal.La
répartition
du bois decompression
sur lasection est connue
(Kollmann
etCôté, 1968;
Giordano, 1971) :
le bois anormal est souvent localisé dans unquartier qui
est engénéral
celuiprésentant
laplus
forte excentricité.Dans notre
échantillonnage,
les 2 carottesprélevées
surchaque
arbre n’ont pas été orien- tées.Toutefois,
elles ne se trouvaientjamais
si-tuées dans le même
quartier
de la section. Il était donc peuprobable
que les 2 échantillons d’un même arbreprésentent
tous les 2 du bois de réaction.Nous avons cherché à éliminer les arbres pour
lesquels
les mesures de retrait avaient été réalisées sur des carottespossédant
du boisanormal.
Le bois de
compression
des résineux a unedensité
beaucoup plus
forte que le bois normalprovenant
des mêmes arbres.L’obtention de 2 valeurs d’infradensité par arbre nous a conduits à effectuer le
rapport
dela
plus grande
à laplus petite
valeur.Lorsque
cerapport
étaitsupérieur
à 1,04,nous
pouvions
soupçonner laprésence
de boisde
compression
sur la carottepossédant
laplus
forte valeur, et 2 cas
pouvaient
alors seprésen-
ter :
- soit la carotte
soupçonnée
deposséder
dubois anormal était celle
qui
avait servi à obtenir les valeurs deretrait,
- soit elle ne l’était pas.
Dans le 1ercas, l’arbre était éliminé de notre étude. Dans le 2ecas, l’arbre était
conservé,
les valeurs de retraitprises
encompte
etla
valeur retenue pour l’infradensité était celle de la ca- rotteayant
servi à la mesure des retraits.Lorsque
cerapport
était inférieur ouégal
à 1,04, nous considérionsqu’il n’y
avait de bois decompression
dans aucune des 2 carottes. Les valeurs de retrait étaient donc conservées et l’in- fradensité retenue était la moyenne des infra- densités des 2 carottes.La
présence
de bois decompression
in-fluence
également
lescaractéristiques
de retraitdu bois.
Il est en effet connu
depuis longtemps
que le retraitlongitudinal
du bois decompression
desrésineux est
beaucoup plus
élevé que celui du bois normal(Vintila, 1939).
Kollmann et Côté(1968) signalent
que si le retraitlongitudinal
dubois normal est
pratiquement négligeable (0,1- 0,2%),
celui du bois decompression peut
at-teindre 6-7%.
Au
contraire,
en cequi
concerne les retraits transverses(radial
ettangentiel),
ces mêmesauteurs
rapportent qu’ils
sont engénéral
infé-rieurs à ceux rencontrés pour le bois normal.
Cette indication est d’ailleurs vérifiée sur le bois de
pin
maritime(Polge
etIIIy, 1967)
et surl’épicéa
de Sitka(Gentner, 1985).
Le tableau II montre les résultats obtenus en
utilisant le critère de densité décrit
plus
hautcomme indicateur de la
présence
de bois decompression.
Les valeurs moyennes des coefficients de ré- tractibilité
tangentielle,
radiale etvolumétrique,
ainsi que
l’anisotropie
des retraitstangentiel
etradial y sont
présentés
pourchaque
groupe etessence.
Nous observons que les valeurs des coeffi- cients sont
toujours plus
faibles que les groupes«bois de
compression».
Cette différence de moyenne est d’ailleursstatistiquement significa-
tive en ce
qui
concerne les coefficients de retraittangentiel
etvolumétrique
pour lesapin
et radialet
volumétrique
pourl’épicéa*.
Remarque
concernant letype
de
prélèvement effectué
Taille de l’échantillon
Les échantillons
auxquels
nous nous sommesintéressés étaient donc des carottes de son-
dage
de 5 mm dediamètre (grande
dimension =direction
radiale).
L’extrapolation
desvaleurs
de retrait obte-nues à des échantillons aux dimensions d’em-
ploi
ne pourra se fairequ’avec
une extrême pru- dence.Certains auteurs se sont intéressés à l’effet de la taille et de la forme de l’échantillon consi- déré sur les valeurs de retrait ou de
gonflement
mesurées.
Futo
(1981), qui
observe le retrait de coupes de bois desapin,
constate que les valeurs de retrait obtenues diminuentgraduellement
lors-que
l’épaisseur
des coupesaugmente
de 20 à100 μm.
Signalons
toutefois que Noack(1964), qui
s’intéresse aux valeurs de
gonflement maximal,
ainsiqu’à l’anisotropie
degonflement (tang/rad)
du bois
d’épicéa,
constatequ’il n’y
a pas de dif- férence entre des échantillons de 80 mm de lon- gueur pour les directions radiale ettangentielle
et 15 mm
d’épaisseur (direction axiale)
et deséchantillons de 80 mm de
longueur
en directionradiale et 15 mm pour les directions
tangentielle
et axiale
(forme d’échantillons
doncproches
decelle d’une carotte de
sondage).
Enfin,
les relation entre retraits sur carottes desondage
et retraits surplanches
de 50 cmde
longueur
en direction axiale ont été étudiées pourl’épicéa
de Sitka par Gentner(1985);
lespièces provenaient
de 30 arbres différentsorigi-
naires de
plusieurs
reboisements irlandais. Une similitudeapparaît
dans la variation des retraits radial ettangentiel (depuis
l’état vertjusqu’à
l’état sec à
l’air)
d’un arbre à l’autre entre les 2types
d’échantillons.Toutefois,
les retraits sonttoujours plus
forts sur les carottes.La relation entre retrait radial sur carottes et valeur moyenne de retrait sur
planches
estparmi
les meilleures de celles obtenues par cet auteur : r =0,89, significatif
à 1‰ et0,73,
en fonction del’emplacement
deprélèvement.
Ence
qui
concerne le retraittangentiel,
les coeffi- cients de corrélations linéaires sont nettementmoins bons :
respectivement
0,48 et 0,61(28 ddl, significatifs
à1‰). Enfin,
cet auteur note une absence de relation dans le cas du retrait axial.Représentativité de la
carottede sondage
Rappelons
iciqu’une
seule carotte desondage
par
arbre, prise
à 1,30 m, a été utilisée pour lesmesures de retrait.
Il s’avérerait donc délicat
d’essayer
d’étudierl’effet du
sol,
de la station ou de tout autre para- mètreindépendant
despropriétés intrinsèques
de notre échantillon tel que la
largeur
moyenne des cernes et l’infradensité.En
effet,
la variabilité intra-individuelle descaractéristiques
de retrait n’estprobablement
pas
négligeable :
certains auteurs ont en effet observé des variationssignificatives
des retraitsavec la hauteur dans
l’arbre,
les directions deprélèvement
sur une mêmesection,
ainsi que la distance radiale parrapport
à la moelle chez Pinus taeda L(Yao, 1969)
ouuniquement
avecla hauteur chez Pinus echinata Mill
(Choong
etFogg, 1989).
Dans les 2 cas, les retraitsradial, tangentiel
etvolumétrique
diminuentlorsque
lahauteur de
prélèvement
dans l’arbreaugmente.
RÉSULTATS ET DISCUSSION
Variabilité
des valeurs de retraitscomparaison des 3
essencesRemarquons
tout de suite(tableau III), que
le retrait du bois
est unecaractéristique
très variable à l’intérieur
dechacune des
essences
considérées (cf
lescoefficients
devariation).
La
figure
2présente
parexemple les
distributions
ducoefficient de
retrait volu-métrique
pourles
3 essences sousforme
d’histogrammes.
Nous
pouvons également
noterque le
sapin
etl’épicéa présentent
desvaleurs
moyennes
extrêmement proches
maisque la dispersion
estbeaucoup plus importante
chez
l’épicéa.
Le bois de pin apparaît
commeétant plus
sensible auretrait que
celuid’épicéa
ou de
sapin.
À titre indicatif, le tableau IV indique les
valeurs des coefficients de retrait fournies par le Centre technique du bois
etde
l’ameublement
(CTBA, 1984). Les valeurs
obtenues pour lepin
sont toutà fait
com-parables
auxnôtres. Celles
concernantles coefficients tangentiel
etvolumétrique
au-raient
tendanceà être plus élevées
queles nôtres pour
lesapin
etl’épicéa.
La comparaison
de nosvaleurs
aveccelles obtenues par
d’autres
auteurs estdifficile,
enraison
dedifférences
oud’im-
précisions quant
auxméthodologies
et auxdéfinitions des caractéristiques de retrait considérées.
Relations
entreles
retraitsOutre les relations
entreretraits radial
ettangentiel auxquelles
nouspouvions
nousattendre (tableau V),
il estintéressant de
noter
quel’amplitude de l’anisotropie du
retrait (rapport tang/rad) dépend beaucoup plus de la variaton de retrait radial que de celle
duretrait tangentiel (un retrait
radialfaible peut donc laisser présager
unfort comportement anisotrope
dubois
au coursdu séchage).
Recherche de facteurs
explicatifs
des retraits
Comme
nous l’avonsdéjà dit,
le butprinci- pal
de ce travail est la recherche d’unepossibilité d’estimation du retrait du bois
en
fonction de paramètres simples
etfaci-
lement
appréhendables
par leforestier à
partir d’une
carottede sondage. C’est
pourquoi les variables explicatives choisies
sont :
-
l’infradensité
dubois,
-
la largeur moyenne de
cerne,-
l’âge,
-
la circonférence de l’arbre à 1,30
m.Pour toutes
les variables à expliquer (coefficients de retraits radial, tangentiel
etvolumétrique,
etanisotropie du retrait),
etpour les 3 essences
considérées,
uneré- gression progressive multiple
aété
effec-tuée
enpartant à chaque fois des
va-riables
explicatives citées plus
haut.Le logiciel de régression progressive multiple était
celui de laprogrammathèque statistique STATITCF.
Lesvariables
sontintroduites si leur corrélation
avecla
va-riable à expliquer
estsignificative
aumoins
au
seuil de
5%.Les résultats de
cesanalyses figurent
au
tableau
VI.Les
grandes lignes peuvent être énon- cées
commesuit :
- c’est
l’infradensité qui
estla variable la
mieux corrélée
auxcaractéristiques
de re-trait,
et de cefait,
c’estelle qui
entre aupremier palier
desrégressions;
-
c’est le coefficient de retrait radial qui
estle mieux «expliqué» par l’infradensité, puis
viennent
dans l’ordre le coefficientde
re-trait volumétrique
et le coefficient de retraittangentiel.
-
les
autresvariables (largeur
moyennede
cerne,âge, circonférence)
necontribuent
quetrès
peuà améliorer
lecoefficient
decorrélation multiple.
Ces
3remarques doivent toutefois être modulées. En effet,
s’il est vrai que l’infra-densité
estcorrélée de manière significa-
tive
avecles coefficients de retrait pour les
3 essences,la relation
restecependant faible,
et ce surtoutdans le
casdu sapin (R
2 = 4% pour le retraittangentiel
parexemple). Nous pensons qu’il
estintéres- sant,
encomplément du tableau VI, de présenter les répartitions graphiques
desmesures
où
sontportées
enordonnées les
coefficients de retrait et en abscisse l’infra-
densité pour l’épicéa (fig 3),
lesapin (fig 4)
et le
pin (fig 5).
Nous constatons
alors
demanière claire que
ladéformation
auséchage
estbeaucoup plus dépendante de l’infradensi- té dans la direction radiale que dans la di- rection tangentielle. Ce résultat
est en ac-cord
aveccelui obtenu
parChoong (1969),
ainsi qu’avec
ceuxde Trénard
etGuéneau
(1977). Ces
derniersauteurs, qui
cher-chaient les relations liant le
retrait(états
saturé à anhydre) à des caractéristiques anatomiques
etdensitométriques
pourle
sapin (5 arbres,
3échantillons
pararbre, dimensions L
xR x T respectivement
100x 25 x 25
mm), n’obtenaient de corréla-
tionssignificatives qu’avec
desvariables
relatives
à
la massevolumique
et ce, uni-quement pour
leretrait radial. Les
va-riables étaient
en l’occurrencedes valeurs moyennes
surplusieurs
cernes de :-
la quantité
debois dont
la massevolumi-
que
estcomprise
entre 700 et 900g/dm 3 (r = 0,61,
15échantillons).
Dans le
casde l’épicéa de Sitka, Gent-
ner
(1985)
constate luiaussi
quela rela- tion
entreinfradensité (mesurée
sur ca-rottes)
et retraittangentiel (mesuré
surplanches) est,
commedans
notre cas,beaucoup moins bonne que celle
concer- nant leretrait radial. Le même type de ré- sultat
estobtenu par Yao (1969)
avec unpin,
etpar Hôwecke (1987).
La
relation retrait-densité du bois
adéjà
été pressentie
etobservée de longue
date :
eneffet, Newlin
etWilson,
en 1919(cités par
Kollmann etCôté, 1968)
sontles premiers à avoir proposé
unerelation li- néaire
dans le cas deplusieurs espèces
en
mélange :
RV = 28 xID, où
RV est leretrait volumétrique total (état saturé à
an-hydre)
etID l’infradensité exprimée
eng/
cm 3
.
Siau(1971)
annonce une relationtrès proche
de celle-ci.Ces
auteursainsi
queceux
qui
ontrepris
cesrelations à leur compte, tel Villière (1966), signalent
toute-fois leur
caractère très «statistique». Ceci
rend périlleuse leur application «brutale», à telle
outelle
essence.Cette dernière
re- marque estparfaitement corroborée par
nos
résultats puisque
nous constatons(ta-
bleau
VI, lignes :
1erpalier) que les ajuste-
ments entre
coefficient
de retraitvolumé- trique
etinfradensité
du bois sontrelative-
mentdifférents suivant les
essences.Recherchant toujours
unerelation
entreretrait volumétrique
etdensité du bois, Vin- tila (1939) propose diverses valeurs pour le facteur constant,
selonqu’il considère
lebois
initial ou lebois final
dedifférentes
es-pèces
dont lesapin
et lepin. Ce coefficient
constantreprésente
enfait le
tauxd’humi-
dité (en %)
aupoint de saturation des fibres
du bois. Eneffet,
onpeut imaginer
que la variation dimensionnelle d’une pièce
de bois soumise
auséchage
estéquiva-
lente
à l’espace occupé
parl’eau liée
avantque celle-ci n’en soit
chassée (Trendelen- burg, 1939; Kollmann, 1982).
Trendelenburg (1939)
trouvepour l’épi- céa, le sapin
etle pin respectivement des
coefficients
constants de32,
34 et 26.Eric-
son
(1960) obtient,
enutilisant la méthode
des moindrescarrés,
un coefficient de39,6
pourl’épicéa :
-
la
massevolumique maximale (r
=0,67,
15
échantillons),
-
et,
defaçon moindre,
la massevolumi- que moyenne (r = 0,49, 15 échantillons).
L’absence d’influence de la largeur de
cerne sur les
retraits,
unefois enlevée celle
del’infradensité,
adéjà été signalée
par Yao (1969) pour Pinus taeda L.
Par
contre,
Kärkkäinen etMarcus
(1985) comparent pour l’épicéa de Fin-
lande du Nord
desajustements linéaires
expliquant
leretrait volumétrique par
ladensité du bois pour différentes popula-
tions définies en fonction de leur
largeur
moyenne de
cerne(0,5
et1, puis
2mm).
Ces
auteursobservent qu’à densité
cons-tante, plus la largeur de
cerneaugmente, plus
leretrait augmente.
CONCLUSION
Les résultats
obtenus montrent bien le ca-ractère audacieux d’une démarche qui
consisterait à vouloir prédire
avecpréci-
sion l’amplitude des retraits du bois de ré-
sineux à partir d’une
mesurede l’infraden- sité. Toutefois,
danscertains
cas, notam- ment danscelui de l’épicéa
commun, cettemesure
de densité peut donner
uneindica- tion utile quant à
lavaleur du retrait radial.
En ce
qui
concernele retrait tangentiel,
deloin le
plus important,
il sembledifficile de s’affranchir d’une
mesuredirecte.
D’autre part,
lesdifférences observées
entreles
3 essencesquant à l’importance
des
liaisons
nepeuvent pas être expli- quées
avec lesdonnées dont
nousdispo-
sons.
Une bonne compréhension
desphé-
nomènes de
retrait des bois résineuxdevra
sans aucundoute
passerpar des études anatomiques
ou desanalyses
finesde
répartition
dedensité à l’intérieur
des cernes.Le travail de Nepveu
et al(1988a), qui constitue
un 1er pasdans
ce sens,ré- vèle des différences importantes
entre lesprofils microdensitométriques du
cernemoyen des
3 essences.De telles
études pourraient également’
nous amener
à définir
desparamètres plus pertinents
pourprédire
demanière simple
le retrait du
bois.
RÉFÉRENCES
AFNOR
(1985a) Bois,
détermination de l’humidi- té. Normefrançaise
NF B51.004,
sep-tembre, 3
pAFNOR
(1985b) Bois,
détermination du retrait.Norme
française
NR B51.006, septembre, 5 p
Choong
ET(1969)
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2.Mitteilung:
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bei derTrocknung. Holztechnol 22,
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Sapin pectiné
et Pinsylvestre
des
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et des bois du Nord(Épicéa
commun, Pin
sylvestre) originaires
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interneINRA,
St Rech QuaiBois,
24 pNepveu G, Velling P,
Varcin E(1988b) Compa-
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commun,Sapin pectiné
et Pin
sylvestre
desVosges)
et des bois du Nord(Épicéa
commun, Pinsylvestre) origi-
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