LA TECHNOLOGIE DU MIEL ( 1 )
J. LOUVEAUX
Station de Recherches
apicoles,
Bures-sur-Yvette.Le miel est avant tout une denrée alimentaire. On a tant entendu
parler
<le valeur
thérapeutique
dumiel, d’usages diététiques
dumiel,
etc...qu’on
finit
parfois
par ouhlier que le miel est un aliment connue lepain
ou le lait etqu’il
doitparvenir
sur la table cltt consommateur aussiappétissant,
aussibon,
aussiagréable
à voir et àdéguster
(Illepossible.
Il doit aussigarder
toutes sesqualités diététiques
etthérapeutiques,
bien entendu.Il existe pour le miel toute une
technologie,
comme il en existe une pour lepain,
lelait,
le beurre. I,e hut de cettetechnologie
est de nous fournir les nor- mesqu’il
convient deres l ecter
pourrécolter, préparer
et vendre unproduit sain, digeste, agréable
et de bonne conservation. Ce but est conforme aux inté- rêts duproducteur
et du consommateur. Il nes’agit
pas de dénaturer ou desophistiquer
unproduit
pour le rendreplus attrayant
aux yeux duclient,
ainsique woudraient le faire croire certains. Il
s’agit
seulementd’apporter
à l’ache-teur la
garantie
dequalité
alimentairequ’il
est eu droit de réclamer et, au pro-ducteur,
la satisfaction de vendre àson j juste prix
unproduit irréprochable.
Pour donner à la
technologie
d’unproduit
alimentaire les bases solides dont elle abesoin,
il faut tout d’abord étudier avec leplus grand
soin les carac-tères
h hvsico-chintiques
de ceproduit,
Lepain
que nous consommons àchaque
repas, le lait et des centaines d’autres
produits,
ont faitl’objet
d’un nombre considérable de travauxscientifiques
ettechniques
dont certainspeuvent paraître futiles,
tels ceuxportant
sur la tartinahilité du beurre. C’estpourtant
de la facilité avec
lacluelle
l’Américain moyen étale son beurre sur le toast dupetit déjeuner
quedépend
finalentent unepartie
de la consommation.I,’impor-
tance du
problème
n’a paséchappé
auxproducteurs
de beurre américainsqui
ont leplus grand
intérêt à ce que leurproduit
s’étale facilement sur lepain
même
lorsqu’il
sort duréfrigérateur.
Comment résoudre de tels
problèmes (et
il en est deplus inattendus),
sans une connaissance
approfondie
de laphysique
et de la chimie desproduits
alinientaires? Les
prohlèmes qu’il
faut résoudre pour le miel sont du même ordre que pour les autresdenrées ; c’est pourquoi je
donnerai tout d’abordquelques
indications sur ce que nous savons actuellement despropriétés phy- siques
essentielles dumiel, puis
desprogrès qui
ont été faits dans ces dernières années dans la connaissance de sacomposition chimique.
i Kxtraits cl’une (’ollf0re!HT faite en Avignon le Il février If)5!) devant l’a;;ci>d>1/; !L’ncralc ’lu
:-;B-)l(1i(’a1- {I..-:-; (le de Blit.] <la. FraI1(c.
PrMpru’tcs physiques
Toutes les
propriétés physiques
du miel n’ont pas la mêmeimportance
entechnologie.
C’estpourquoi je
n’ai retenu pour cetexposé
que 5propriétés
essentielles : la
densité,
l’indice deréfraction,
la chaleurspécifique,
la conduc-tibilité
thermique
et la viscosité. Une bonne connaissance de cespropriétés
suffit pour
diriger
le travail del’apiculteur
dans laplupart
desopérations qu’il
a à réaliser sur le miel.
Densité. - La densité
peut
être définie comme lerapport
entre lepoids
de l’unité de volume d’un corps et le
poids
du même volume d’eau pure à4o C.
La densité des
liquides peut
être connue defaçon
commode au moyen de densi-mètres, gradués
directement en densités etqui
sont des flotteursde
verreéqui-
librés au moyen de billes de
plomb.
Avec desliquides
très peuvisqueux,
lesdensimètres donnent sans délai une indication
qui
estgénéralement
suflisani,ment
précise
pour les besoins courants. Avec le miel il fautprendre beaucoup
de
précautions
pour avoir un résultatprécis.
Lerécipient
doit êtregrand
etlarge ;
le miel doit être suffisantment fluide. La lecture nepeut
se fairequ’après
au moins une heure ou deux de stabilisation. Il y
a toujours
une certaineintpré-
cision sur la
position
exacte du flotteur au-dessus duliquide.
La densité du miel varie entre i,39 et 1,44 ; onpeut
assez facilementapprécier
le4 e
chiffreaprès
la
virgule ;
onpossède
par ailleurs des tables de corrélation entre densité et teneur en eauqui permettent
de connaître avec une bonneapproximation
lateneur en eau d’un
miel, simplement
par la lecture de sa densité. Ils’agit
làd’une méthode
empirique
etqui
n’a rien d’absolu.En effet,
lepoids spécifique
du miel
peut
varierlégèrement
selonl’origine
florale et notablement selon la teneur en matières minérales. Pourl’apiculteur qui
nepeut
pas faire les frais de l’achat d’un réfractomètre la mesure de la teneur en eau des miels par l’inter- médiaire de la densité est une méthode tout à fait utilisable.Indice de réfraction. - Il
s’agit
d’unepropriété optique.
Tout corps trans-parent
est caractérisé par un certain indice de réfraction.L’indice
de réfraction est une constantequi dépend
de la naturechimique
du corps.Lorsque
le corpsen
question
est en solution dansl’eau,
l’indice de réfraction varierégulièrement
entre l’indice de l’eau pure et l’indice du corps pur. La mesure de l’indice de réfraction
permet
donc de connaître facilement la teneur en eau d’unproduit
en solution tel que le miel. Cette mesure se fait au moyen d’un réfractomètre.
Il en existe différents modèles dont certains très peu encombrants tiennent faci- lement dans la
poche
etpermettent
de faire trèsrapidement
des mesures dontla
précision
est satisfaisante. Unegoutte
de mielparfaitement liquéfié
écraséeentre les
prismes
del’appareil
suffit pour une mesure.Les tables de
Chataway
donnent lacorrespondance
directe entre indice deréfraction et teneur en
eau. Ces
tables ont faitl’objet
decritiques puis
de révi-sions. On
peut
les considérer comme valables à o,5 p. 100près
de la teneur eneau niesurée.
Le
problème
de la mesure de la teneur en eau des miels est un desplus épineux
et desplus
controversés. Enfait, chaque
méthode donne des résultatslégèrement
différents et il est difficile de choisir une méthode étalon. Pour les besoinscourants,
les méthodes de densité et d’indice de réfraction sont suffi- samment correctes. Onpeut
et on doit les utiliser en raison des services consi- dérablesqu’elles
rendent entechnologie
du miel.Chaleur
spécifique.
- Avec la conductibilitéthermique
la chaleurspéci- fique
est de laplus grande importance
pour la résolution desproblèmes
dechauffage
du miel.La chaleur
spécifique
d’un corps est laquantité
de chaleur nécessaire pour élever d’undegré
latempérature
d’une unité depoids
du corps. Lapetite
calorie se définit comme la
quantité
de chaleur nécessaire pour élever de 1°(entre
14 et15 °)
latempérature
de i g d’eau pure. Par définition la chaleurspécifique
de l’eau est de r. Celle du mieln’est,
selon HELVKY( 1954 ),
que de 0,54 à 20° et pour une teneur en eau de 17 p. ioo. Ce
qu’il
fautnoter,
etqui
esttrès
important,
c’estqu’il
faut environ deux fois moins de calories pour chauf- fer du miel que pour chauffer de l’eau.Conductibilité
thermique.
- C’est laqualité
d’un corps depermettre
la diffusion de la chaleur dans sa masse. Elle estsujette
à des variations considé- rables entre cequ’elle
est pour les métaux et cequ’elle
est pour des matériaux tels que leliège.
Onexprime
la conductibilitéthermique (!,)
en cal. cm. sec. °C.Pour l’eau pure,
qui
n’est pas très bonne conductrice de la chaleur : ), = 14 X 10-4 à 20°Pour le
miel,
À =i,2 9
X jo-4 à o°(pour
un miel cristallisé à 20 p. 100d’eau)
soitprès
de 10 foisplus
faible que pour l’eau. La cire est encoreplus
mauvaise conductrice : !, - 0,02 x jo- 4
1 5 °.
Bien entendu la conductibilité
thermique
varie avec latempérature
et lateneur en eau. On
peut
direpratiquement
que le miel à 20 p. 100 d’eau conduit très mal la chaleur à bassetempérature.
Il la conduit mieux à chaud et lors-qu’il
est très riche en eau, bien que toutefois un miel trèsdéshydraté
retrouvebrusquement
une bonne conductibilité.Les
conséquences
de cette mauvaise conductibilitéthermique
sont consi-dérables en
technologie
du miel. Le miel est facile à chaufferpuisqu’il
a unefaible chaleur
spécifique ;
par contre il diffuse très mal la chaleurqu’on
luicommunique,
surtout à l’état solide où les courants de convexion nepeuvent
pas contribuer à
équilibrer
lestempératures.
Il est doncimpossible
de réchauf- ferrapidement
et sans surchauffe locale des masses de mielimportantes.
Parailleurs,
il faut noter que le miel chaud ne reviendra que lentement à latempé-
rature ordinaire s’il est en masses
compactes ( 1 ).
Viscosité. - Dans tous les
problèmes
de pompage, de circulation et de filtration la viscosité intervient comme un facteur essentiel. C’estpourquoi
il est du
plus
haut intérêt de connaître les loisqui régissent
cette vis-cosité.
Il convient d’abord de
distinguer
deuxtypes
de miels dupoint
de vue dela viscosité : les miels normam,
qui
suivent les lois de Newton sur la viscosité(miels newtoniens)
et les miels anormaux(non-newtoniens) qui présentent
dupoint
de vue de la viscosité des anomaliesqui peuvent
être deplusieurs ordres ;
en
général
ils’agit
de mielsthi YO tropes
tels que les miels de Callune.Pour les miels newtoniens la viscosité
peut
être reliée d’unefaçon
correcteà la teneur en eau et à la
température.
Les courbes de viscosité établies par MGl’
ŒO
( y 43 )
sont tout à faitparlantes.
On constate facilement à la lecture de ces courbes que la zone sensible se situe entre 30et45 °.
Au-dessous de30 °
la viscosité estgénéralement trop
élevée pour que le mielpuisse
circuler facile- (’) Pour ces questions voir l’étude publiée dans les Annales de j’abeille (TRUŒRT et Lou!,r!,Al r95
8) sur la refonte du miel.
ment dans les pompes, les canalisations et les filtres. Sa clarification par décan- tation ne
peut
pas nonplus
se faire normalement car lesparticules
solides etles bulles gazeuses rencontrent dans leur
déplacement
une résistancetrop
considérable. Les lois de STOCKES sur le
déplacement
desparticules
solides ausein d’un fluide font en effet intervenir la viscosité à coté de la différence des densités et du diamètre des
particules.
Nous reviendrons sur cettequestion
àpropos de
l’épuration
des miels. I’netempérature
de35 ° paraît
très suftisantepour assurer à un miel normal la fluidité dont il a besoin pour circuler dans les divers
appareils
de la iniellerie.Il en va tout autrement avec les miels non-newtoniens dont le
prototype
est le miel de callune. Ces miels sont doués de
thixotropie
c’est-à-dire que leurviscosité,
au lieu d’êtrefixe,
estsusceptible
de varier dansd elarges
limites dans letemps,
sans que soient modifiées ni latempérature
ni la teneur en eau. Unfait,
ils sontcapables
de passer de l’état degel
à l’état de sol sous l’action d’uneagitation
et de revenir ensuiteprogressivement
à l’état degel.
Les caractéris-tiques physiques
des miels de Callune ont faitl’objet
d’études trèspoussées
dela
part
deI’x5!cr.-Jowrs ( 1 <) 5 .J) qui
a mis aupoint
tout unappareillage physi-
que fort
compliqué
pour mesurer les variations de viscosité des mielsthixo-
tropes.
I,etemps
nous manque pour entrer dans le détail de cesexpériences.
Notons seulement que les miels de Callune ne sont pas vraiment
thisotropes
au sens que les
physiciens
attachent à ce mot. Uneffet,
iln’y
ajamais
retour à l’état de sol
parfait
mais seulement une forte diminution de l’état degel
sous l’influence del’agitation.
Parailleurs,
on sait maintenant que la thi-xotropie
du miel de Callune est due à laprésence
d’uneprotéine ;
cette pro- téine a étéisolée ;
ellepeut
se trouverjusqu’à i,<S
p. 100 dans les miels de Ca11une lesplus
purs(lui présentent
auplus
hautpoint
lespropriétés physi-
q
ues dont il vient d’être
question.
I,echaufiage
et le vieillissement naturel ne fontqu’accentuer
lesphénomènes
dethixotropie.
I )upoint
de vuetechnologique
les miels de Callune
posent
desproblèmes
très ardus mais très intéressants.Leur viscosité anormale interdit évidemment de les traiter comme des miels ordinaires.
l’ne anomalie moins connue de la viscosité est la dilatance. Les miels doués de cette
propriété
out une viscositéqui
varie considérablement en fone- tion de la vitesse d’écoulement. Plus cette vitesse estgrande plus
la viscosité estélevée,
si bienq u’;’
la vitesse de rotation normale de l’extracteur le miel seprésente
sous forme de filantents à très haute viscositéqui
finissent par blo- quer l’extracteur. I,es miels dilatants sont riches en dextrines à très haut
poids
moléculaire. Ce sont
principalement
des mielsd’Eucalvptus.
Connaissant maintenant les
propriétés physiques
fondamentales dumiel,
nous sommes
déjà
ntiem armés pour le travailler dans de bonnes conditions.Xous savons mesurer sa teneur en eau et nous savons que sa
viscosité,
donc la facilité aveclaquelle
il vacirculer, dépend
de cette teneur en eau et de la tem-pérature.
Parailleurs,
nous savons que le miel est relativement facile à échauf- fer maisqu’il
conduit très mal la chaleur. Si le miel était un corpssimple
dela
chimie,
aussi nettement défini que le sucreordinaire,
nouspourrions
nousarrêter là. Mais le miel est un
produit
extrêmementcomplexe ;
c’est un pro- duitbiologique
presque aussicompliqué
que le lait. Il est donc trèsimportant
de connaître sa
composition
defaçon précise,
ne serait-ce que pour savoirquelles
seront lesconséquences
desopérations technologiques auxquelles
nousnous livrons.
Voyons
donc ce que l’on sait de lacomposition
des miels ouplus
exacte-ment
quels progrès
on a fait dans ces dernières années dans la connaissance de cettecomposition
car toutapiculteur
sait en gros ce<lu’c»
trouve dans lemiel.
Composition
du miel.En moyenne, le miel coutient zo 1>. ioo
d’eau,
!! p. 100 de sucres diverset
p. ioo de constituants mineurs mais d’une extrême variété, dont l’inven- taire est bien loin d’être achevé etqui
donnent auproduit
sa véritable person- nalité.Cela,
toutapiculteur
lesait,
ou devrait le savoir.Classiquement
on considère (Iiie les sllcrcs du miel sont leglucose,
le lévu-lose et le saccharose. Glucose et lévulose
proviennent
de l’invertion du saccha-rose contenu dans le nectar par les enxymes
(invertases)
de l’abeille . le saccha-rose du miel est considéré comme un reste avant
échappé
ii l’invertion, Unfait,
lestechniques
de la chimieclassique
étaient totalement insuf- fisantes pour pousserplus
loin l’identification des sucres du tniel. Elles donnent des résultatsglobaux qui
sont certe intéressants maisqui
ne rendent pas com-compte
de l’exacte réalité. Avecl’apparition
de lachromatographie
surpapier
et son
application
am sucres dumiel,
on s’est aperçuqu’ils
sont bien loin d’être aussisimples qu’on
lecroyait.
C’est ainsi que T:Wrua, et Rt.cssi q_ 52 )
onttrouvé dans le miel
cinq
sucres totalement inconnusjusqu’à
cejour
et(Illi,
pour l’instant ne
portent
pas encore de nom. Par contre, ils ont pu démontrer (l
ue le saccharose n’est pas aussi commun dans les ntiels
qu’on
lepensait
avanteux. Il serait souvent confondu avec d’autres sucres avec
lesquels
ilprésente
de
grandes analogies chimiques.
Plusrécemment.
et ll:wtrtz out mis enévidence une dizaine de sucres nouveaux
présents
enpetites quantités
dans lemiel et ils ont montré clue les enzymes de l’abeille ne travaillent pas selon le schéma
simple
admisjusqu’alors :
saccharose7 glucose - lévulose.
Il ya a en effetpossibilité
de transformation duglucose
en lévulose parisomérisation
sous
l’influence des enzymes, si bien que le fameuxrapport léwulosej l ;lucose (lui
devrait être relativementf iae,
se montre au contraire essentiellement va-riable.
Quant
à cequ’on appelle
habituellement la dextrine du ntiel et clue l’on obtient parl mécipitatiou
parl’alcool,
il est maintenant établiqu’il s’agit
d’unefraction du miel
particulièrement contple l e
et<l ui
n’aprobablement
pasgrand-
chose à voir avec ce
qu’on appelle
habituellement dextrine.Dans le domaine des acides
nr,,cauiqrrcs
dumiel,
mêmeprogrès.
’i°uii’i:( IC ) 57
)
travaille actuellement cettequestion
par lachromatographie
surpapier.
Il a
déjà
mis en évidence unequinzaine
d’acidesorganiques dont 4 seulement
ont pu être identifiés. Le travail continue.
Pas de
grands progrès
;t propos des aitcrrrti ucs. Le miel est pauvre ou même très pauvre en ce genre de substances. Il est bien établi maintenant (pie la valeur du miel ne saurait résider sans sa teneur en vitamines,L’attention
des chimistes seporte plutôt
maintenant vers les diastases eton
peut
direqu’il
y a une véritablequerelle
des diastases dumiel, querelle (lui
est bien loin de n’avoir
qu’un
caractère strictementacadémique.
Ils’agit,
en
effet,
d’unequestion <l ui
intéresse tont le commerce du miel.Que
sont donc ces fameuses diastases? Iinbref,
ce sont des corps très actifsprésents
à l’état de traces dans la ntatièrewivaute ;
ellespermettent
à latempé-
rature ordinaire les réactions
chimiques indispensables
a la vie. Ce sont donc descatalyseurs biologiques.
1,’invertase parexempte permet l’hydrolyse
d’unsucre
complexe,
le saccharose en sucresplus simples pouvant
être assimiléspar
l’organisme. L’amylase dégrade
l’amidon en sucressimples
defaçon analogue.
I,es miels naturels sont, le
plus
souvent, riches endiastases,
tantd’origine
animale que
d’origine végétale.
Parailleurs,
ces diastases sont assez sensiblesà la chaleur et elles sont détruites ou affaiblies par une élévation
importante
detempérature.
Onpeut
donc se servir des diastases comme indicateur de chauf-fage
desmiels ;
tout miel chaufféexégarément présente
des réactions diasta-siques
affaiblies ounulles,
cequi permet
aux paysimporteurs
de miel etqui
ne tolèrent pas le
chauffage,
de refouler commeimpropres
à la consommation les mielsn’avant
pas de réactiondiastasique
suffisammentpositive.
Malheureusement,
il y a des miels naturels(miel d’oranger
parexemple) qui présentent
des réactionsdiastasiques
nulles ou trèsfaibles,
même sans chauf-fage.
I1’où laquerelle
des diastases entre les paysimportateurs qui exigent
des miels une réactiondiastasique positive
comme lneuve dunon-chauffage
et lespays
exportateurs <lui protestent
contre uneréglementation qui
leurparait
abusive.
()ue
faut-il penser de cettequerelle?
Dupoint
de vuediététique
laprésence
ou
l’absence
de diastases dans un mielparait
assez indifférente. Il y aplus d’amylase
dans unegoutte
de salive que dansquelques
centaines de grammes de miel.Quant
àl’invertase,
elle est normalement sécrétée par nosglandes diges-
tives et les traces d’invertase que contient le miel ne sont sans doute pas d’une bien
grande
utilité pour notredigestion.
I,aplupart
des sucres du miel sontd’ailleurs directement assimilables sans
digestion
et c’est là l’une desprinci- pales qualités
duproduit
des abeilles.Les diastases constituent donc
plutôt
un moyen, d’ailleurscontesté, d’apprécier
laqualité
d’un mielqu’une qualité proprement
dite. IZeste à savoir si unchauffage
modéré dumiel,
telqu’il apparaît
nécessaire pourgarantir
unconditionnement correct, est vraiment nuisible au
miel,
et àquels
constituants du miel. Nous ne trancherons pas cettequestion
car toutdépend
de ce( I ll’oil
entend par
chauffage.
KIERYlEIE1{ et KIJBnRI,h:ixj I < j 54 ) qui
ont étudié l’inac-tivation des diastases par la chaleur ont soumis les miels à des
chauffage
dez à ! heures ;
les méthodes modernes ne fontporter
lechauffage
que surquelques
minutes et nous sommes
persuadés
que dans ces conditions lesdommages
causés au ntiel sont
insignifiants.
Un gros travail de recherche reste encore à faire dans cedomaine,
surtout eu étudiant de trèsprès
lespropriétés
1>iolo-gÏ<
l
ues
du miel.Il resterait encore
heaucoup
à dire sur les autres constituants mineurs du miel : selsminéraux, colloïdes, protéines, pigments,
substancesodorantes,
hor-mones,
inhibine,
etc... Des centaines de corps restent à identifier dans le miel à l’état de traces ; ce sont euxqui
font que le miel ne ressemble à rien d’autre.l’i«>hli.ni<.; de
1 (’(’h IInlnui(’
Nous voici donc en
possession
de donnéesqui
nouspermettent
mainte-nant
d’envisager
lesproblèmes
detechnologie
du miel avec deplus grandes
chances de les résoudre de
façon
satisfaisante. Cesproblèmes
sont fort nom-breux et nous ne pouvons pas les
envisager
tousaujourd’hui.
Il convient doncde les classer par
grands
groul>es et d’examiner pourchaque
groupe les solutions lesplus
intéressantes.J’insisterai
toutspécialement
sur lesproblèmes qui
sont àl’étude à la
Station expérimentale d’apiculture
de 31<>iitfax!et.Dans l’ordre
chronologique
desopérations
seposent
enpremier
lieu desproblèmes
de recolte et de I1UlIlUtClltiOIl. Comme il n’estplus guère
fait usage de la presse pour extraire lemiel,
c’estuniquement
l’extracteurcentrifuge qui
retiendra notre atteution. Cet
appareil
semble avoir atteint un état deperfec-
tionnement difficile à
dépasser. Pourtant,
nous savons tous que le taux d’ex- traction desappareils
actuellement enservice,
s’il est voisin de 100 p. 100 n’atteintpourtant jamais
ce chiffrequ’il
est d’ailleursthéori d uement impos-
sible d’atteindre.
!lais,
entre (i5et ()o p. 100d’extraction parexemple,
la margeest
grande. Admettons < l u’un perfectionnement apporté
à l’extracteur clas-si(
I
Ue,
ousimplement
à lafaçon
del’utiliser, permette d’augmenter
ne serait-ceque de 1 p. 100 le taux d’extraction sans rien
changer
auxopérations
habi-tuelles,
leproducteur
de io tonnes de miel aura récolté en fin de saison iookg
de miel en
plus qui
ne lui auront rien coûté.Je
suispersuadé qu’une simple
étuderationnelle des taux d’extractiou en fonction de la
température
du miel et desa viscosité ainsi due de la vitesse de rotation de l’extracteur et du
temps
d’ex- tractionpermettrait
d’améliorer le rendement de bien des installations où letemps
de fonctionnement de l’extracteur est fixé un peu au hasard.Ceci n’est
qu’un point
de latechnologie
de l’extraction. Il en est bien d’autresqui
mériteraient une étudeapprofondie.
Il y a notamment dans cedomaine une
quantité
trèsimportante
deproblèmes qui
relèvent surtout del’organisation scientifi d ue
du travail. Uneorganisation
rationnelle de la miel- lerie c’est-à-dire unedisposition judicieuse
deslieux,
un calcul serré destemps d’extraction,
une certaine mécanisation desmanipulations
de hausses parl’emploi
despalettes,
lepré-chauffage
des haussesqui
facilite l’extraction dumiel,
tout cela est de nature à élever sensiblement le rendement duposte
d’ex-traction,
donc de réduire le nombre d’heures de travail d’extraction par tonne de miel. Nous avons tenté à Montfavet de réaliser une installation aussi ration- nelle quepossible
en cequi
concerne ladisposition
des lieux etl’emplacement
<les
appareils
les uns parrapport
aux autres.Tant (pie le miel reste à l’état
liquide,
le moven leplus
rationnel d’en assu-rer la manutention est de le faire circuler par pompage ou par
gravité
dans descanalisations
appropriées.
Il estanachronique
de voir encore à l’heure actuelle des installations d’extraction deprofessionnels
où le miel estrepris
au seau àla sortie de l’extracteur pour être versé dans le maturateur. Les canalisations doivent avoir un diamètre
compris
entre 3,5 etS cm :
ellespeuvent
être enplastique,
en pyrex(solution
récente etqui paraît
fortintéressante)
ou eninox,
solution coûteuse mais
parfaite.
Le pompage nepeut
se fairequ’au
moyen de pompes à mouvements lents et àgrandes
ouvertures. Il fautproscrire
tout sys- tèmequi incorpore
de l’air au miel.On
prévoit généralement
à la sortie de l’extracteur unposte
de filtrationsommaire ;
des tôlesperforées
arrêtent les débris de cirejusqu’à
un diamètre de1 ou 2 mm. I,e miel est envoyé ensuite au maturateur.
Si nous considérons l’ensemble des
opérations
allant de l’extracteur cen-trifuge
à la clarification du miel au maturateur nous constatons quepartout
nous avons besoin d’un miel fiuide ou très fluide. L’ne bonne fluidité du miel ne
peut
êtreacquise
que vers3!°
± !° selon la teneur en eau. Cettetempérature
idéale n’est que fort rarement réalisée dans la miellerie, I,a
température
ordiniaredes locaux d’extraction ne
dépasse guère
20 àz!°,
soit un déficit d’une dizaine dedegrés environ ;
sur la viscosité legain apporté
par un écart de 100est consi-dérable ;
le miel estrendu 3 à fois plus
fluide. I,epré-chauffage
des haussespeut
se faire aisément dans un local doté d’unchauffage électrique réglé
par thermostat. Il faut tenircompte
de la très mauvaise conductibilitéthermique
du miel et des difficultés de circulation de l’air chaud dans les hausses. Il y a
donc lieu de
prévoir
un passage en chambre depré-chauffage pouvant
atteindreou
dépasser
2:1 heures. I)es contrôles detempérature
sontindispensables
pour déterminer le moment ou la masse du miel a atteint satempérature optima :
pour
chaque
installationl’expérience peut
seule faire connaître lestemps
depré-chauffage
àappliquer.
Si le local d’extraction n’est pas vraiment froid on
peut
considérer que laperte
de chaleur entredésoperculation
et sortie <le l’extracteur estnégligeable.
Par contre, dès la filtration sommaire il faut réchauffer le miel et le ramener à
35
&dquo;
environ. Nous avonsprévu
pour cela unpetit chauffage électrique
auxi-liaire sous la cuve de filtration. Nous avons ainsi la
garantie
que le miel ne serapas
trop visqueux
au moment du pompage etqu’il
arrivera aux maturateurs sans s’être sensiblement refroidi. Dans les maturateurs eux-mêmes la remonté des bulles d’air et desimpuretés
diverses nepeut
se fairerapidement
et correc-tentent que si la viscosité des miels est fail>le. 1)’autre
part,
il est trèsimportant
d’eutraver toute cristallisation
prématurée
dans le maturateur, cristallisationqui
s’amorcespontanément
enquelques jours
pour les miels de colia parexemple
et pourquelques
autres miels.Nous pensons donc
qu’il
fautprolonger
la chaîne de chaleurjusque
dansles maturateurs. Nous savons d’ailleurs que le miel ne demande
qu’à
se tnain-tenir chaud et nous n’avons besoin de
prévoir
pour les maturateursqu’un chaufffage d’appoint
destiné à compenser lespertes,
pourvu bien entendu que l’ensemble soit correctementcalorifugé.
I)ans notre installation de 3I!lntiax.et les maturateurs sont
calorifugés
aumoyen de
plaques
defrigolithe
et réchauffés au moyen depetites
résistances commandées par thermostatqui
maintiennenttoujours
le miel à cettetempéra-
ture de
35 °. qui
est celle de la ruche à i ou 2degrés près
et<lui
ne saurait donc être considérée par lesesprits
lesplus chagrins
comme unetempérature
inad-missible pour le miel.
A
3!°
la clarification estrapide,
la cristallisation nepeut
pas se faire et il il’B- a pas nonplus
de fermentation. Seul inconvénient del’opération,
unléger changement
de coloration du mielqui peut
devenirperceptible
au bout dequelques
semaines. Cet inconvénient est mineur car nous ne considérons pas le tuaturateur comme un lieu destockage
maisuniquement
comme le lieu oùs’épure
le miel par décantation.Ainsi se trouve donc réalisée la chaîne de chaleur que nous considérons
comme
indispensable
tout d’abord à une extraction facile ettotale, puis
à uneépuration
satisfaisante.Les
problèmes qui
seposent
désormais sont desproblèmes
destoc/cagc
etde colldilic!/lilCl/1cl/l. C’est là
qu’interviennent
la teneur en eau et la nature dumiel pour
aiguiller l’apiculteur
vers telle ou telletechnique
de conditionnement.Je
crois que l’onpeut
poser commeprincipe général qu’un
miel<l ui
titreplus
de W p. 100 d’humidité est voué à une fermentation
plus
ou moinsrapide
etplus
ou moinsimportante
selon le nombre de germesprésents
àl’origine
etqui peut
varier de i àplusieurs
millions par gramme. Relativement faibles à 18 p. ioo, les
ris<lues
sont considérables dèsqu’on
atteint oudépasse
20p. zoo.I>’autre
part
les miels titrantplus
de iS 1!. ioo d’eau sontsujets
à l’effondre- ment de la texturecristalline,
c’est-à-dire à laséparation
en deuxphases,
l’uneliquide
contenant le lévulose etqui
fermente avec laplus grande facilité, l’autre
solide constituée surtout deglucose.
La rectification de la teneur en eau des miels
paraît
devoirs’imposer
dansbeaucoup
derégions.
Il m’estpassé
1>ar les ntainsplus
de i 20o échantillons de miel au cours de ces dernières années etje
peux affirmer que l’on rencontre des miels fermentes ou fermentescibles dans toute la hrance.L’apiculteur
n’estd’ailleurs pas
toujours responsable
de cet état de choses : il estprouvé
que le taux d’Ituntidité pourlequel
a lieul’operculation
est extrêmement variable(de
W àplus
de 26 p,ioo)
selon les conditions locales.Deux solutions
peuvent
êtreenvisagées :
i° Déshydratation du miel avant l’extraction par circulation d’air chaud dans les
piles
de hausses.2
°
I)éshvdratation
du miel extrait.La
première
de cestechniques
a étépréconisée
àplusieurs reprises
par les Canadiens.J AMIH H OX signalait
en i<j_5<> avoir réduit de1 ,8
p. 100 la teneur en eau du miel contenu dans unepile
de hausses par circulation d’air à4 oo
et 33p. 100d’humidité relative. l >’autres essais ont eu lieu dans le même sens et, àchaque fois,
leprocédé
a donné satisfaction. Nouscomptons
le mettre enapplication
à Montfavet. Ledispositif expérimental
que nous devons utilisercomportera
une section deréchauffage
de l’air sur des résistancesélectriques.
la circulation à l’intérieur des
piles
dehausses
enfin une section dedéshydra-
tation de l’air par condensation de la vapeur sur des éléments
réfrigérés
à trèsbasse
température.
Le même air est constamment recvclé.L’analyse
des eauxde condensation obtenues par
dégivrage
nouspermettra
de rechercher lesparties
volatiles du mielsusceptibles
d’être enlevées par leprocédé. L’avantage
du
dispositif
est de constituer à la fois la chambre depré-chauffage
des hausses à3!°
et la chambre de déshydratation.La seconde solution consiste à déshydrater le ntiel extrait par passage dans
un
appareil
àévaporation
sous vide. LesNéo-Zélandais, qui
récoltenttoujours
des miels
trop
riches en eau pourpouvoir
êtreexportés,
ont mis aupoint
unappareil qui
leur donne toute satisfaction. Ilcomporte
un cylindre en acierinoxydable
à doubleparoi,
chauffé à la vapeur et danslequel
on fait un vide deO
S mm de
Hg.
Cecylindre
est relié à luicondenseur,
où l’eau arrachée au mielse
condense,
et à une pompe à vide. Le miel humide tombe enpluie
dans lecylindre
et uningénieux système
de sas àdépression permet
d’évacuerrégu-
lièrement le miel traité.
L’appareil
revenait à 15°000 Frenviron,
il y aquel-
dues
années,
mais il fautajouter
auprix
del’appareil
celui d’ungénérateur
àvapeur et d’une pompe. Les
performances
sont les suivantes : débit 3à kg
demiel par minute. Réduction de la teneur en eau : i à 3,7 p. too.
Température
du miel :
500
environ. En S heures de fonctionnementl’appareil
retire 2 p. 100 de son eau à 2 jookg
de ntiel. Le fonctionnement cesse d’être satisfaisant si la teneur en eaudépasse
20 p. ioo audépart
par suite d’une insuffisance du condenseur àlaquelle
il serait d’ailleurs facile de remédier. Laqualité
du tuieltraité est très améliorée.
Nous
comptons
installer à Montfavet undispositif
dedéshydratation
dumiel extrait nettement
plus simple
(lue celuiqui
vient d’être décrit. La cham- 1>re depré-chauffage
etdéshydratation
serait directement utilisée.L’appareil
est encore à l’état de
projet.
1>e toutefaçon,
nous considéronsqu’il n’!°
a pas deproblème
difficile à résoudre du côté de ladéshydratation
des miels. Lesprincipes
àappliquer
sont connus et le matérielsera rapidement
ntis aupoint.
Il faudra ensuite chercher à réaliser à un
prix
aussi has quepossible
les ins-tallations courantes.
Le
problème
que nous allons maintenant aborder est celui de la stahili- satiou de {’état!lawsiclzie
des >ni<1,;. C’est unproblème
deprésentation
et de con-ditionnement.
L’enquête
que nous avons faite l’an dernier sur la vente du miel à I’aris nous aprouvé qu’il s’agissait
d’unequestion
grave pour l’avenir de la consommation du miel. Laqualité
moyenne des miels offerts dans le commerce nepeut
être sensiblement améliorée que si nousadoptons
destechniques
mo-dernes de stabilisation. Et
là,
deuxpossibilités
s’offrent à nous : mielliquide
ou miel solide. Selon que l’on choisit l’une ou l’autre solution les
techniques
à
appliquer
sont totalement différentes.Le miel vendu à l’état solide doit
présenter
lesqualités
suivantes : pro-preté,
stabilité de lacristallisation,
résistance à lafermentation, granulation
très fine et très
homogène.
Lapropreté
doitpouvoir
être obtenue par lesimple
passage au maturateur. La filtration
poussée
neparaît
pasindispensable.
Lastabilité de la
cristallisation,
c’est-à-dire lagarantie
que le miel ne seséparera
pas
spontanément
en ses constituants solides etliquides,
nepeut
êtreacquise
que par un examen sérieux de la
composition
du miel. Si on se base sur les travaux dejAlBIŒSO:’oJ,
la stabilité de la cristallisation est fonction de la teneuren eau et du
rapport lévulose/glucose.
Onpeut
résumer contnte suit les résul- tats dej AMIES ( J :’o J :
pour Ih p. iood’humidité,
le miel est stablequel
que soit lerapport L;G.
Pour 17 à 10 p. 100 d’eau il faut unrapport I,jG é l ;al
auplus
à r,y. Pour Tq p. ioo d’eau il faut un
rapport L / G égal
à t,o. Pour 2o p. 100 d’eau et au-delà iln’y a plus
de stabilité de texture assurée.Un
conclusion,
les mielsayant
vocation pour êtreprésentés
à l’état solide sont des miels pauvres ou très pauvres en eau et riches englucose.
La faibleteneur en eau est favorable à une bonne conservation. La
pasteurisation
nes’impose
pas du montentqu’on
nedépasse
pas Ii,.5 à 18 p. ioo d’humidité.Pour obtenir la
granulation
très finequi
seulepermet
de vendre des mielsagré-
al>les
malgré
leur cristallisation onapl)li( I tiera
bien entendu leprocédé qui
con-siste à
mélangcr
au miel à25 °
ttne semeuce trèsfine,
àremplir
lespots
de détailavec la masse
pâteuse
et à faire cristalliser en chambre fraîche ày ° .
Le miel vendu à l’état
liquide
doitprésenter
lespropriétés
suivantes :propreté
trèspoussée,
stabilité de l’étatliquide
pour au moins sixmois,
résis-tance à la fermentation. La
propreté
trèspoussée peut
êtreobtenue,
soit au 11laturateur, soit par filtration 1 chaud. La stabilité de l’état
liquide
et la résis-tance à la fermentation ne
peuvent
être obtenues que par lapasteurisation.
Malgré
lesavantages
de lapasteurisation
et lesgaranties qu’elle
offre on choi-sira de
préférence
pour laprésentation
à l’étatliquide
des miels riches en lé!·u-lose
(rapport L/G élevé).
Il ne faut pas oublier que pour une teneur en eau iden-tique
de T7 p. ioo la vitesse de cristallisationspontanée
à14°
va de un mois pour unrapport I,/(! =
l,of), à 2! mois pour unrapport I,/G =
T,55.Le but de la
pasteurisation
est double : iotuer tous les germessusceptibles
d’entraîner la fermentation du
miel ;
2° détruire tous les cristauxprimaires
delucose qui
sont àl’origine
de laprise
en niasse du miel.Ou sait
qu’un chauffage
de 3o mn à ()2° tue toutes les levures. Un chauf-fage
de 5 nen à7 h o
a le même effet. Comme letemps
dechauffage
doit être aussi court quepossible
la seconde solution estpréférable.
La destruction des cristaux
primaires
posedavantage
deproblèmes.
Sansentrer dans le détail des travaux américains sur cette
question, signalons
que lapasteurisation
doit être d’autantplus longue
et latempérature
d’autantplus
élevée due la cristallisation à détruire est
plus grossière. Pratiquement
il fautconsidérer