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Comparaison des exposants de Lyapounov des processus markoviens multiplicatifs

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(1)

A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B

P HILIPPE B OUGEROL

Comparaison des exposants de Lyapounov des processus markoviens multiplicatifs

Annales de l’I. H. P., section B, tome 24, n

o

4 (1988), p. 439-489

<http://www.numdam.org/item?id=AIHPB_1988__24_4_439_0>

© Gauthier-Villars, 1988, tous droits réservés.

L’accès aux archives de la revue « Annales de l’I. H. P., section B » (http://www.elsevier.com/locate/anihpb) implique l’accord avec les condi- tions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions). Toute uti- lisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit conte- nir la présente mention de copyright.

Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques

(2)

Comparaison des exposants de Lyapounov des

processus markoviens multiplicatifs

Philippe

BOUGEROL

Université de Nancy-I, Département de Mathématiques,

B. P. n° 239, 54506 Vandoeuvre-les-Nancy

Vol. 24, n° 4, 1988, p. 439-489. Probabilités et Statistiques

RÉSUMÉ. - Nous donnons un critère assurant que les

exposants

de

Lyapounov

de certains

produits

de matrices stationnaires définies au-

dessus d’un processus de

Markov,

sont distincts. Ces matrices intervien- nent, par

exemple,

dans l’étude des

équations

différentielles

stochastiques

linéaires à coefficients markoviens et dans

l’analyse

des flots de difféomor-

phismes

aléatoires d’une variété.

Mots clés : Exposants de Lyapounov, produits de matrices aléatoires, systèmes linéaires, flots stochastiques.

ABSTRACT. - We

give

a criterion

ensuring

that the

Lyapunov exponents

of some

products

of

stationary

matrices are distincts. These matrices occur, for

instance,

in the

study

of linear stochastic differential

equations

with

markovian

parameter

and in the

study

of stochastic flows of diffeomor-

phisms.

Classification A. M. S. : 60 F 15, 60 J 57, 60 K 15.

Annales de l’Institut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques - 0294-1449

(3)

440 P. BOUGEROL

1. INTRODUCTION

Considérons un processus de Markov stationnaire xt,

t E T,

à

temps

discret

(T = N)

ou à

temps

continu

(T = (~ +)

sur un espace

topologique

E.

Notre

objet

est l’étude des processus

Mt, t E T,

sur l’ensemble

Gl (d, ~)

des

matrices inversibles d’ordre d tels que

(xt, Mt)

est un processus de Markov

invariant sous l’action à droite de Gl

(d, f~).

De

façon précise,

posons DÉFINITION 1. 1. - Un processus de

Markov {(xt, Mt),

sur

semi-groupe

de

transition {Rt, t ~ T},

est un processus

markovien

multiplicatif

si pour tout borélien A

(resp. B)

de E

(resp.

Gl

(d, (~) ~,

où BM = {NM ~ Gl(d, R); N ~ B} et Id est la matrice identité d’ordre d.

Cette définition est

inspirée

de

Iscoe, Ney,

Nummelin

[29].

Nous suppo-

serons que E est un borélien d’un espace

métrique séparable complet

et,

lorsque T = (~ +,

que le

semi-groupe Rt

est mesurable en t. Donnons deux

exemples typiques

de tels processus.

Considérons d’abord une

équation

différentielle

stochastique

linéaire sur

Rd,

dont les

coefficients

sont solutions d’une

équation

différentielle stochasti- que sur une variété V

(pour chaque f=0,1,

..., m,

Xi

est un

champ

de vecteur sur V et

A;

une

application

de V dans l’ensemble de toutes les matrices carrées d’ordre

d).

Sous des

hypothèses

très

générales,

on

peut

écrire zt =

Mt

zo,

Mt),

t E

(~ + ~

est un processus markovien

multiplicatif

sur V x

Gl (d, (~).

Considérons ensuite un de

difféomorphismes

aléatoires

d’une variété V. Par

définition,

est

indépendant

et

de même loi que

ft.

Si r est une trivialisation mesurable du fibré

tangent TV (c, f:

définition 6.

3. 3),

est un processus markovien

multiplicatif

sur V x Gl

(d,

On trouvera

d’autres

exemples

dans

[9].

Nous supposerons que le

processus {xt, t ~ T}

sur E est stationnaire

et

ergodique.

Sous une

hypothèse d’intégrabilité,

il existe alors d réels

(4)

03B31 ~ 03B32 ~ ... ~ 03B3d, appelés

exposants de

Lyapounov

tels que

Pn-presque sûrement,

pour tout p

= 1, 2, ..., d,

Le but de cet article est de montrer un critère assurant que deux

exposants

d’indice donné sont distincts. Il étend les travaux de Baxendale

[5],

Caverhill

[11], Chassaing [14],

Guivarc’h

[21], Guivarc’h, Raugi [22], Ledrappier [37], Royer [43]

et Virtser

[46].

Nous nous sommes

particulière-

ment

inspirés

de Guivarc’h

[21].

La motivation

principale

de ce travail est

qu’il

nous

permet

de montrer dans

[9]

que

Mt),

t E

T; ~ ~

est un

système multiplicatif

fortement

irréductible

(cf

définition

1. 5)

et si le processus vérifie la condition de

Doeblin,

alors pour tout vecteur non nul u de

f~d

converge vers une loi

gaussienne

centrée

(non dégénerée

si

Nous obtenons une condition

particulièrement simple

pour que y 1 soit différent de

Appliquant

cette condition à

l’équation ( 1.1)

dans le

cas où les matrices

Ai (x)

sont toutes de trace

nulle,

nous verrons que,

généralement,

les

solutions

tendent p. s. vers l’infini

exponentiellement

vite.

Supposons

que d = 2 m et que les matrices

Mt

sont

symplectiques. Appli- quant

notre critère aux

exposants

y~ et y~+i, nous obtiendrons une

condition pour que le

système

n’a pas

d’exposant

de

Lyapounov égal

à 0.

Ceci est un

ingrédient

fondamental pour montrer que le

spectre

d’une

équation

de

Schrôdinger

à coefficients markoviens dans une bande a un

spectre purement ponctuel (cf Bougerol,

Lacroix

[7], paragraphe

B.

IV, Delyon, Levy,

Souillard

[16]

et

Deylon, Simon,

Souillard

[17]).

Nous

obtenons aussi un critère assurant

qu’un

flot

stochastique

formé de trans-

formations

canoniques

d’une variété

symplectique

est

hyperbolique.

Afin d’énoncer de

façon précise

nos deux résultats

principaux,

introdui-

sons

quelques

définitions. Pour tout xeE notons la loi du processus

{(xt, Mt),

t E

T}

vérifiant

(xo, Mo) = (x, Id)

et, si 03C0 est une

probabilité

sur

E, P,=f

DÉFINITION 1. 2. - On

appelle système multiplicatif

sur E x Gl

(d, R)

la

donnée d’un processus de Markov

multiplicatif {(x, Mt), t ~ T}

et d’une

probabilité

invariante

ergodique x

du

processus {xt, t ~ T}

telle que

Sup [En Mt Il + Log + ~ Il)

est

fini.

Rappellons

que la résolvante d’ordre 1 d’un processus de Markov de

semi-groupe

de

transition {Pt, t ~ T}

est le noyau

lorsque

(5)

442 P. BOUGEROL

T = et le

noyau £ 2 - n -1 Pn lorsque

T = Si ce processus est défini

sur un espace

topologique,

on dit

qu’il

est

fellerien

si pour toute fonction continue bornée

f, Ptf

est continue. Nous supposerons que le

système

considéré soit est non

singulier,

soit vérifie

l’hypothèse (H),

au sens des

définitions suivantes.

DÉFINITION 1.3. - Nous dirons que le

système multiplicatif

~ (xt, Mt),

t E

T; ~ ~

sur E x Gl

(d,

est non

singulier

si la résolvante d’ordre 1 du

processus {xt,

t E T

},

notée

K,

est telle que

~ ~

x E

E;

K

(x, . )

n’est pas

étrangère à ~ ~ ~

0.

On dit que ce

système vérifie l’hypothèse (H)

si

(H 1)

E est un espace

métrique complet.

(H2)

Le processus

(xt, Mt)

est

fellerien.

(H3)

Les

fonctions

boréliennes bornées h sur E

vérifiant

K h = h sont

continues et

Supp (~t)

= E.

Remarquons

que ces

hypothèses portent

essentiellement sur le processus xt. Un

système

satisfaisant à

(H)

est non

singulier (cf proposition 2.6).

Si

(xt, Mt)

est

fellerien, Supp (~c)

x Gl

(d, R)

est invariant par ce processus et il

n’y

a donc pas de

perte

de

généralité

à supposer que = E dans

(H3).

NOTATION 1. 4. - Soit U la résolvante d’ordre 1 d’un processus

multiplica- tif

sur E x G1

(d,

Pour tout x E

E,

on note

Dx

le support de la

probabilité U ((x, Id), . )

et

Sx

le

plus petit fermé

de tel que U

((x, Id);

E x

Sx)

= 1 . Pour tous x, y de E on pose

DÉFINITION 1. 5. - On dit

qu’un

sous ensemble S de Gl

(d, R)

est

p-contractant

si il existe une

suite {An,

n E de S telle que

Il (

converge vers une matrice de rang

inférieur

ou

égal

à p;

fortement irréductible si il n’existe pas de réunion

finie

W de sous-espaces vectoriels propres de

f~d

telle que MW = W pour tout M de S.

Un

système multiplicatif { (xt, Mt),

t E sur E x Gl

(d, R)

est dit

p-contractant

si x

(x

E

E; Sx

est

p-contractant)

est non

nul;

fortement irréductible

si,

pour tout r

d,

il n’existe pas de

famille finie

~ V1, V2,

... ,

d’applications

mesurables de E dans l’ensemble des sous-

espaces vectoriels de dimension r de telle que si W

(x)

= U

Vi (x),

i=1, ...,k

Mt

W

(xo)

= W

(xt),

s., pour tout t E T.

On

prendra garde

au fait que la définition d’un sous ensemble p- contractant diffère

légèrement

de celle de

[7] (un

sous-ensemble est p- contractant au sens de la définition IV . 1. 1 de

[7]

si il contient une suite

A"

telle que

Il

converge vers une matrice de rang exactement

égal

à

p).

(6)

Énonçons

alors nos deux résultats

principaux.

Ils donnent des critères pour que y 1 soit différent d’un autre

exposant.

En

appliquant

ces critères

aux matrices AP

Mt,

on en déduit une condition pour que

y~

soit différent d’un

exposant

d’indice

plus

élevé.

THÉORÈME 1.6. - Considérons un

système multiplicatif

non

singulier fortement

irréductible sur E x Gl

(d,

Alors les exposants de

Lyapounov

y 1 et yp+ 1

sont

différents

si et seulement si le

système

est p-contractant.

Cette condition

peut

être difficile à vérifier directement. C’est

pourquoi

nous la

précisons

sous

l’hypothèse (H)

de nature

topologique.

THÉORÈME 1. 7. -

Soit {(xt, Mt),

un

système multiplicatif

sur

E x

Gl (d, f~) vérifiant l’hypothèse (H).

Si il existe un élément x de E tel que

Sx (x)

est p-contractant et

opère

de

façon fortement

irréductible sur alors les exposants de

Lyapounov

yl et

yp+

1 sont

différents. Réciproquement,

si

le

système

est

fortement

irréductible et si 1, alors

Sx (x) opère

de

façon fortement

irréductible sur

Rd

et est p-contractant pour 03C0-presque tout

x.

L’un des intérêts de ce deuxième théorème est que nous verrons que

sous

l’hypothèse (H),

les ensembles

Sx (x)

sont des

semi-groupes

fermés.

Or il est souvent facile de vérifier si un

semi-groupe

est

p-contractant

ou

non

(en

utilisant par

exemple

les travaux récents de

Guivarc’h, Raugi [23]

et de

Goldsheid, Margulis [20]).

Une condition élémentaire suffisante pour

qu’il

soit 1-contractant est

qu’il

contienne une matrice

ayant

une seule valeur propre de

plus grand module,

cette valeur propre étant

simple.

Il est

remarquable

que ces conditions ne

portent

que sur les valeurs

prises

par les matrices

Mt

et non sur leur

loi, puisqu’elles

ne font intervenir

que le

support

des

probabilités

U

((x, Id), . )

associées à la résolvante. On voit que

plus

ces

supports

sont

grands, plus grandes

sont les chances que les

exposants

soient distincts. En

particulier,

un

système multiplicatif

étant

donné,

on

peut toujours

en trouver une

perturbation

arbitrairement

petite

dont tous les

exposants

sont différents. Notons enfin que le second théo- rème

généralise

les résultats connus pour les

produits

de matrices

indépen-

dantes de

Guivarc’h, Raugi [22].

Décrivons maintenant le

plan

de l’article.

Les

paragraphes 2,

3 et 4 sont consacrés à la démonstration du théorème 1. 6. Dans le

paragraphe 2, après quelques généralités,

nous montrons

qu’il

suffit de l’établir pour une classe très

particulière

de processus

multiplicatifs

felleriens à base

compacte.

Nous

présentons

au

paragraphe

3 un critère

très

général, inspiré

de Guivarc’h

[21],

assurant que deux

exposants

d’indice donné sont distincts. Tel

quel,

ce critère est

inapplicable

et il ne constitue

qu’une étape

vers le théorème 1. 6. Ce théorème est

prouvé

au para-

graphe

4. Nous y donnons aussi une condition

simple

pour que les expo- sants ne soient pas tous

égaux (corollaire 4. 9).

(7)

444 P. BOUGEROL

Dans le

paragraphe 5,

nous prouvons le théorème 1. 7. Nous montrons aussi une condition pour que tous les

exposants

soient distincts et exami-

nons le cas des matrices

symplectiques.

Le

paragraphe

6

précise

ces

résultats sur un certain nombre

d’exemples.

Au

paragraphe

6. 1 nous examinons le cas

où,

pour une

application

et où le noyau de transition de la chaîne x~ admet une densité strictement

positive

par

rapport

à la

probabilité

invariante x. Le critère est alors

particulièrement simple

et

généralise

les résultats de Guivarc’h

[21]

et

Virtser

[46].

Au

paragraphe 6.2,

nous étudions le cas des

équations

différentielles

stochastiques (1. 1)-( 1. 2). L’hypothèse (H)

est alors

généralement

vérifiée.

Nous donnons des conditions

d’hypoellipticité

assurant d’une

part

que le

système

considéré est fortement

irréductible,

d’autre

part

que tous les

exposants

sont différents. Nous examinons en détail

l’exemple

très

impor-

tant où les mouvements browniens intervenant dans

l’équation

définissant

Mt

sont

indépendants

du processus xt. Ce cas est celui

qui

est en

général

considéré pour modéliser un

système mécanique

soumis à des

perturbations

aléatoires

(cf.

Arnold et al.

[2], [3], [4]).

Dans ce cadre nos critères devien-

nent très

simples

et sont aisément vérifiables.

Au

paragraphe 6. 3,

nous commençons par

adapter

le théorème 1.7 à

l’étude des flots linéaires arbitraires sur les fibrés vectoriels. Ce cadre s’introduit de

façon

tout à fait naturelle dans l’étude des processus

multipli-

catifs. On

peut

même dire que les résultats antérieurs ne se

comprennent

bien que si on considère E x

IRd

comme un fibré vectoriel et

Mr

comme

une

application

de la fibre au dessus de xo dans la fibre au-dessus de xt.

Seul le

souçi

de ne pas ennuyer tout de suite le lecteur avec la

terminologie

des fibrés nous à fait choisir de travailler au

départ

avec des processus

sur E x

Gl (d, Enfin,

nous étudions le flot dérivé d’un flot

stochastique

de

difféomorphismes

d’une variété. Utilisant l’article récent de

Arnold,

San Martin

[4],

nous montrons

qu’on peut

décrire

explicitement

au moins

une

partie

de

grande

taille des sous-ensembles

Sx(x).

Nous examinons

aussi le cas

important

des flots de transformations

canoniques

sur une

variété

symplectique.

Nous terminons par

l’exemple explicite

du flot gra- dient brownien sur une

hypersurface compacte

V de Son

importance

vient du fait que le mouvement d’un

point

de V sous ce flot est le

mouvement brownien

canonique

sur

V,

muni de la

métrique

induite. Nous montrons que

PROPOSITION 1. 8. - Tous les exposants de

Lyapounov

du

flot gradient

brownien sur une

hypersurface

compacte V sont

distincts, sauf

si V est une

sphère (auquel

cas ils sont tous

égaux).

(8)

Les résultats de cet article ont été

présentés

au

congrès

mondial de la société Bernoulli à Tachkent en

septembre

1986

(cf [8]).

2.

RÉDUCTION

AU CAS DES PROCESSUS FELLERIENS A BASE COMPACTE

Après quelques généralités,

nous montrons dans cette section

qu’il

suffit

de montrer le théorème 1. 6 pour une classe très

particulière

de processus

multiplicatifs.

Précisons d’abord

quelques

notations. Nous noterons M

(d, f~)

l’ensem-

ble des matrices carrées à coefficients réels d’ordre d et Gl

(d, f~)

l’ensemble

des matrices inversibles. La matrice identité est notée Id. Si M E M

(d, R)

et u E M u

désigne

l’élément de

/Rd égal

au

produit

de la matrice M par le vecteur colonne u, et, si V est un sous-ensemble de

~ M V = ~ M u;

Si

p E ~ 1, ... , d ~,

APM

désigne l’opérateur (ou

une

matrice le

représentant

dans une base

fixée)

sur

AP IRd

défini par, si ui, u2, ...,

u p

sont dans

IRd,

Nous munissons

AP /Rd

de la norme euclidienne associée au

produit

scalaire

vérifiant

et l’ensemble des matrices AP M de la norme

d’opérateurs

associée.

Montrons d’abord l’existence des

exposants

de

Lyapounov

associés à

un

système multiplicatif.

Considérons un processus markovien

multiplicatif

~ (xt, Mt), t E T}

sur E x Gl

(d, (~)

défini sur un espace Q. Notons ~ la tribu

engendrée

par les variables aléatoires

(xt, Mr),

t E T.

Rappelons

que nous supposons que E est un borélien d’un espace

métrique séparable complet

et,

lorsque

que ce processus est mesurable.

Quitte

à travailler

avec ~2

= (E

x Gl

(d,

nous pouvons supposer

qu’il

existe une famille

d’applications

mesurables de Q dans Q telles que, pour tout

(t, s)

de

T2,

On

prendra garde

au fait que

et

n’est pas le shift usuel des processus de Markov. Nous noterons

~ la

tribu

engendrée

par les variables aléatoires

f (xs,

s _

t}, P(x,

M> la loi du

processus {(xt, Mt),

t E

T} lorsque (xo, Mo) = (x, M)

et

~x

cette loi

lorsque

M = Id.

LEMME 2. 1. - Soit Z une variable aléatoire bornée sur Q. Pour tout

(x, M)

E E x Gl

(d, R)

et t

ET,

(9)

446 P. BOUGEROL

Démonstration. - Pour tout borélien U

(resp. V)

de E

[resp.

Gl

(d, (~)]

et tout s e T nous avons, en utilisant la définition d’un processus markovien

multiplicatif (cf

définition

1.1),

Il en résulte que pour toute fonction borélienne bornée

f

sur E x Gl

(d, R),

Si s, t,

kET,

nous avons et

(

Mk

° Ceci

implique, d’après

la relation

précédente,

que si A =

Mk

°

ot,

On en déduit par récurrence sur p

(en

conditionnant par

rapport

à

et

en utilisant la

propriété

de

Markov)

que si ... >_

tl >__

t, et si

fl, f2, ... , fp

sont des fonctions boréliennes bornées sur E x Gl

(d, (~),

alors

ce

qui implique

le lemme.

PROPOSITION 2. 2. -

Mt),

t E

T; ~t ~

un

système multiplicatif

sur E x Gl

(d,

Il existe d réels yl

>__ Y2 ? ... ? Yd

tels que, pour tout p =

l, 2,

...,

d, lorsque

nE f~ tend vers

l’infini,

~,~ presque

sûrement et dans

L1,

pour tout

p =1, 2,

..., d. Si de

plus

~ Mr,

t E

T ~

est un processus

séparable

et

est

fini, lorsque

t E T tend vers

l’infini,

Démonstration. - Le lemme

précédent

entraîne immédiatement que les transformations

8t

conservent

[P~ ==

De

plus

le

système

(Q, ~ , T,

est

ergodique.

En effet si Z est une variable aléatoire

(10)

bornée

vérifiant,

pour tout t

~ 0,

Z ~

8t

=

Z,

on a

~,~ presque

sûrement

Ceci entraîne que Z est mesurable par

rapport

à la tribu

engendrée };

ce processus étant

ergodique

Z est constante

P03C0-presque

sûrement. Si m, n E

I~,

et il résulte du théorème

ergodique

sous additif de

Kingman [32] qu’il

existe une variable aléatoire

Zp

telle que

lorsque

nE N tend vers

l’infini,

s. et dans

L 1,

Par

ailleurs,

nous vérifions facilement que

Nous en

déduisons,

en utilisant le lemme de Borel

Cantelli,

que pour tout t

fixé,

s.,

Par

ergodicité, ZP

doit être constante. Pour tout M de Gl

(d,

la suite

( ( AP+ 1 AP M I I,

p =

0, 1,

..., d -1 est décroissante.

ZP

est donc de la

p

forme 03A3

yi yl

>__

yz >

... >__

ya. La deuxième assertion de la

proposition

est une

conséquence

immédiate de

(2. 2)

et du lemme de Borel Cantelli.

Nous allons montrer

qu’il

suffit d’établir le théorème 1.6 pour les

systèmes multiplicatifs

vérifiant la condition suivante.

CONDITION

(D). -

On dit

qu’un système multiplicatif

à

temps

discret

~ (xn, Mn),

n E

I01; ~ ~

sur E x Gl

(d, R) vérifie

la condition

(D)

si :

(D 1)

E est un espace

métrique

compact.

(D2)

il existe deux réels c >

0,

0 A

1,

tels que les itérés du noyau de transition P de la chaîne de

Markov {xn,

n E

vérifient

pour tout borélien

AdeE

(D3)

Le processus

M")

est

fellerien.

( D4)

Le support de x est

égal

à E.

(11)

448 P. BOUGEROL

LEMME 2. 3. - un

système multiplicatif

sur

E x

Gl (d, (~) vérifiant

la condition

(D2).

On peut

plonger

de

façon

mesurable E dans un espace

métrique

compact C de telle sorte que E soit un borélien dense de C et que ce

système

se

prolonge

en un

système multiplicatif

sur C x Gl

(d, R), possédant

les

proprié-

tés

(Di), (D2)

et

(D3).

Si de

plus

le processus est

fellerien,

on peut supposer que C induit sur E sa propre

topologie.

Démonstration. - Considérons une distance d sur

E, compatible

avec

sa

topologie,

pour

laquelle

l’ensemble

Cu

des fonctions uniformément continues bornées forme une

algèbre séparable (c~ f Parthasaraty [41],

preuve du théorème II.

6. 2). n ? 1 ~

un sous-ensemble

dénombra-

ble dense de

l’ensemble

des fonctions continues à

support compact

sur

Gl (d, R)

et (po la fonction

identiquement égale

à 1.

Si f est

une fonction

borélienne

bornée sur

E,

posons

T nf(x)

= R

( f ~ (x, Id),

pour x E E.

Notons A la

plus petite sous-algèbre

fermée de l’ensemble des fonctions

boréliennes

bornées sur

E,

stable par

conjugaison,

contenant

Cu,

telle que

si fE A,

alors pour tout entier n.

D’après

le théorème IV. 6. 18 de

Dunford,

Schwartz

[18],

il existe un espace

compact

C et une

injection

i : E -~ C tels que A soit l’ensemble des fonctions

fo i, lorsque f

parcoure

l’ensemble des

fonctions

continues sur C. Il est clair que i est une

applica-

tion borélienne et que C est un espace

séparable. Puisque

l’on a

supposé

que E est un borélien d’un espace

métrique complet,

i envoie

chaque

borélien de E sur un borélien de C

(c,f: Parthasaraty [41], Corollary 1. 3. 3).

On

peut

donc identifier E à un borélien dense de C et supposer que i est

l’injection canonique.

Si

f

est une fonction sur

C,

on note

/’ sa

restriction à E.

L’application f ~ fi

est alors une isométrie de l’ensemble des fonctions continues sur C sur l’ensemble A.

Notons R le noyau de transition du processus Soient

r

fo,fi, ... , fr

des fonctions continues sur C. Si (x) la fonction

k=0

r

qui

à xeE associe est dans A. Elle se

prolonge

k=0

donc en une fonction continue sur

C,

notée encore

R g (x, Id),

telle que

L’ensemble des fonctions g de cette forme contient un ensemble dense des fonctions continues à

support compact

sur C x

Gl (d,

Nous définissons

ainsi,

pour tout x de

C,

une

probabilité

R

((x, Id), . )

sur C x Gl

(d, (~)

telle

que

R g (x, Id)

est une fonction continue de x e C

lorsque g

est une fonction

continue à

support compact.

Nous construisons alors un noyau

multiplica-

tif fellerien sur C x Gl

(d, prolongeant

le noyau initial sur E x Gl

(d, (~),

(12)

en

posant,

si U est un borélien de C et V un borélien de Gl

(d, I~),

Remarquons

enfin que si P est la

projection

de R sur

C, alors, d’après (D2)

pour toute fonction continue

f

sur C

majorée

par

1,

Ce

qui

montre que le noyau R sur C x Gl

(d, R)

vérifie les conditions

(Dl), (D2)

et

(D3)~

Si de

plus

R est un noyau

fellerien, l’algèbre

A est formée de fonctions

continues,

ce

qui

entraîne que

l’injection

i est continue. D’autre

part,

pour tout x E

E,

la fonction d

(x, . )

est uniformément continue et se

prolonge

donc en une fonction continue sur

C,

il en résulte que C induit sur E sa

propre

topologie.

PROPOSITION 2.4. - Considérons un

système multiplicatif

non

singulier

~ (xt, Mt), t E T; ~c ~

sur E x

Gl (d, R)

de résolvante d’ordre 1 notée U et

d’exposants

de

Lyapounov

Y1, ... , Il existe alors un borélien F de E

portant

x, un espace

métrique compact

C dont F est un sous ensemble borélien et un

système multiplicatif ~

n E

N; ~’ ~

sur C x Gl

(d, ~) vérifiant

la condition

(D), d’exposants

de

Lyapounov Y~,

1

_ i _ d,

et de

résolvante U’

ayant

les

propriétés

suivantes :

(i)

~’ est

équivalente

à x.

(ii)

il existe oc > 0 tel que

Yi

= 03B103B3i pour tout 1 _ i _ d.

(iii)

Pour tout

(x, M)

de F x Gl

(d,

les

probabilités

U

((x, M), . )

et

U’

((x, M), . )

sont

équivalentes.

Démonstration. -

(a)

Considérons une suite de variables aléatoires

~ ~i", n ?_ 1 ~ indépendantes

entre elles et

indépendantes

du processus

(xt, Mt), t E T, ayant

toutes

lorsque (resp.

une loi

exponentielle (resp.

n

géométrique) d’espérance

1.

~ü,

et

i=1

Bn),

n E

f~; ~c ~

est un

système multiplicatif

à

temps

discret sur E x Gl

(d, I~)

dont la

probabilité

de transition est

égale

à la résolvante U.

De

plus, ~n-p.

s.

ce

qui

montre que Y1, 72? ’ ’ ’ ? Yd sont encore les

exposants

de

Lyapounov

de ce nouveau

système.

(b)

La résolvante d’ordre

1,

K

(x, dy),

du processus xt est le noyau de transition de la chaîne de Markov z".

Puisque ~

est une

probabilité

(13)

450 P. BOUGEROL

invariante

ergodique

ce noyau induit une contraction conservative

ergodi-

que de

L1 (~).

On déduit donc de

l’hypothèse

de

non-singularité

et du

théorème IV. 4. 6 de Revuz

[42] qu’il

existe un borélien F de E

portant

x, tel que K

(x, F)

= 1 sur F et tel que la restriction de la

chaîne zn

à F ait la

propriété

de Harris. Considérons une fonction mesurable bornée h sur F et introduisons le noyau

multiplicatif Uh

sur F x Gl

(d, l~)

défini par

lorsque f

est une fonction borélienne bornée. La

projection

de

Uh

sur F

est le noyau

Kh = L (K I1-h)n K Ih

I~

est

l’opérateur

de

multiplication

n>_0

par h. Nous pouvons choisir h de telle sorte que 0 h

(x)

1 pour tout x de E et

qu’il

existe un réel 0 0 1 tels que

Kh

est un noyau markovien

vérifiant,

pour tout borélien A de

F,

v est la

probabilité h03C0/(h d03C0) (cf.

la démonstration du théorème III.2.5 de Revuz

[42]).

Dans ce cas,

Uh

est un noyau

multiplicatif

sur

FxGl(d,M).

Calculons les

exposants

associés à

Uh.

Notons

zn,

Bn),

n E

I~,

les

applications

coordonnées

et i

l’opérateur

de

décalage

sur E défini par

Soit la

probabilité

sur E pour

laquelle (zn, BJ

est une réalisation de la chaîne de Markov de

probabilité

de transition U vérifiant

(zo, Bo) = (x, Id)

et {un’

n E une suite de variables aléatoires

indépendantes

de loi uni-

forme sur

[0, 1], indépendante

de la suite

(zn’ Bn).

Définissons une suite de

temps

d’arrêt

T (n),

par

rapport

à la filtration naturelle de E en

posant T(0)=0,

et

On vérifie facilement que

(zT BT ~n~)

est sous tout une chaîne de

Markov de noyau

Uh.

Soit (p une fonction borélienne

positive

sur F et

(l-h)jh.

Nous avons

(14)

Nous en déduisons en utilisant que

v Kh = v

que, si

Ey == ~x

dv

(x),

Choisissons d’abord cp

(x) = Ex (Log+ Il |B1 Il).

En utilisant le fait que

T(I)

est un

temps

d’arrêt et le lemme

2.1,

nous voyons que

On montre de la même

façon

que

E~ ( Log +

est fini. En

prenant

(p

identiquement égale

à

1,

nous obtenons que

~~ (T ( 1)) = a,

On déduit donc du théorème

ergodique

que

T ( n)/n

tend vers a, d’où si 1

_ p _ d,

En

conclusion, ( (zT

~"~,

BT ~"~),

n E

N; v ~

est un

système multiplicatif

vérifiant

(D2)

sur

d’exposants

de

Lyapounov 1 -_ i _ d,

dont la

probabilité

de transition

Uh ((x, M); . )

est

équivalente

à U

((x, M); . ),

pour tout XEF et

M E Gl (d, f~). D’après

le lemme 2 . 3 nous pouvons donc

plonger

F dans un espace

métrique compact

C tel que ce

système

se

prolonge

en un

système multiplicatif

sur C

x Gl (d, R)

vérifiant

(DJ, (D2), (D3)

et les conditions

(i), (ii)

et

(iii)

de la

proposition.

Soit S le

support

de

~’ dans C.

Quitte

à

remplacer

C par C

n

S et F par

F n S,

on obtient

alors la

proposition.

PROPOSITION 2. 5. - Pour établir le théorème 1. 6 en toute

généralité,

il

suffit

de le montrer pour les

systèmes multiplicatifs vérifiant

la condition

(D).

Démonstration. - Considérons un

système multiplicatif

non

singulier

{(xt, Mt), t E

sur E x Gl

(d, R)

et le

système {(yn, Nn), n E N ; 03C0’}

sur

C x Gl (d, ~),

vérifiant

(D), qui

lui est associé par la

proposition

2. 4. La

propriété (iii) implique

que ces

systèmes

définissent les mêmes ensembles

(15)

452 P. BOUGEROL

Sx

pour presque tout x. Montrons que ces deux

systèmes

sont fortement

irréductibles en même

temps,

ce

qui

entraînera la

proposition.

C’est clair

lorsque

T = ~J. Si

T=R,

il suffit de démontrer que le

système multiplicatif

~ (xt, Mr),

t E

I~ +; ~ ~

est fortement irréductible dès que pour tout

r d,

il n’existe pas de famille

... , Vk ~ d’applications

mesurables

de E dans l’ensemble des sous-espaces vectoriels de dimension r de

(~d,

telle que pour x-presque tout x de

E,

si

W (x) = U V (x),

Supposons qu’une

telle famille existe. Nous

pouvons

alors trouver un

borélien B de

R +

de

complémentaire négligeable

pour la mesure de Lebes- gue tel que,

~,~-p.

s., pour tout t de

B, Mt W (xo)

= W

(xt).

Fixons un réel

s > o. Choisissons un teB tel que t + S E B. Nous avons alors

~,~-p.

s.,

et ce

qui implique

que

Cette relation s’écrit aussi

Utilisant le lemme 2.1 nous en déduisons que

W (xo)

=

W(xs))= l, BP> n-P. s. Puisque

est de loi 03C0 nous avons donc =

P03C0-

p. s., ce

qui

montre que le

système

n’est pas fortement irréductible.

La

proposition

suivante

qui

nous sera utile pour l’étude des

systèmes

felleriens.

PROPOSITION 2. 6. - Si le

système multiplicatif

sur E x Gl

(d, R) vérifie

la condition

(H),

il est non

singulier,

on peut dans la

proposition

2. 4 choisir

F

égal à

E et supposer que C induit sur E sa propre

topologie.

Pour tout

(x,y)EE2, les

ensembles

Sx(y)

associés à ce

système

et au

système { (Yn’ Nn), n E N;

sur C x Gl

(d, IR)

sont alors

égaux.

Démonstration. -

Indiquons

les modifications à

apporter

à la démons- tration de la

proposition

2. 4 pour obtenir la

première partie

de l’énoncé.

Si A est un borélien de E

chargé

par x, considérons la fonction (p définie

sur

E par

On vérifie immédiatement que

Kc~

= cp, donc que cp est continue

d’après l’hypothèse (H).

Par

ailleurs,

il résulte du théorème

ergodique

que cp

(x)

=

1 ,

s. Donc (p est

identiquement égale

à 1. Ceci montre que le

système

est non

singulier

et que la chaîne de Markov zn est ~-récurrente au sens

de Harris sur E tout entier. Nous pouvons donc choisir F = E. Comme le noyau K est

fellerien,

il résulte des

propositions

VIII. 4.2 et VI.4. 8 de

Revuz

[42]

que la fonction h

peut

être choisie continue.

Soit f une

fonction

continue bornée sur E x Gl

(d, ~).

Si a est la norme uniforme de

f,

les

(16)

fonctions

Uh(a-f)

et

Uh(a+f)

sont semi-continues inférieurement car

elles sont définies par des séries de fonctions continues

positives. Uh f est

donc

continue,

c’est-à-dire que le noyau

Uh

est fellerien. On obtient alors la

première partie

de l’énoncé en

appliquant

la dernière assertion du lemme 2. 3 à ce noyau

Uh.

La seconde

partie

en est une

conséquence

immédiate.

3. UN

CRITÈRE GÉNÉRAL

ASSURANT

QUE

DEUX EXPOSANTS SONT

DIFFÉRENTS

Un deuxième outil

important

pour la démonstration du théorème 1.6 est le critère

général

établi dans cette

partie (corollaire 3. 8)

en

s’inspirant

d’idées

développées

par Guivarc’h dans

[21].

Nous ne considérerons ici que des processus à

temps

discret. Dans ce cas nous travaillerons avec la version définie ci-dessous sauf mention

explicite

du contraire.

NOTATIONS 3.1. - Considérons un processus markovien

multiplicatif

à

temps

discret sur E x

Gl (d, IR)

de

probabilité

de transition R.

(i)

Nous notons Q l’ensemble des

suites ~ _ ~

nE d’éléments de

E x Gl (d, R)

muni de

l’opérateur

de translation 9

défini

par 9

(w)n

= ~n+ ~~

Notant O)n =

(~n ), (~n

E

E, (~n

E Gl

(d,

on pose

(ii)

Pour tout n ~

N, Fn désigne

la tribu

engendrée par { (xm, Mm); m __

n

},

et ~ la tribu

engendrée

par la réunion des n >_ 0.

(iii)

Pour tout x de

E, P x

est la

probabilité

sur Q pour

laquelle { (x,~, Mn),

n E est un processus de Markov de

probabilité

de transition R

vérifiant

xo = x et

Mo

= Id.

Remarquons

que xm en = xm + n et

Mm

en =

Mm

+ n pour tous n,

m Nous pourrons donc utiliser le lemme 2. 1.

NOTATION ET DÉFINITION 3 . 2. - On note

l’espace projectif

de

dimension d -

1,

i. e.

l’espace

des directions de droite de Soient

u E

0 ~

et M E Gl

(d, ~).

O n

désigne

par

û

la classe de u dans et par M. u la classe de M u. Si v est une

probabilité

sur on note M v

la mesure sur

P ( O~d) définie

par =

lorsque f

est

une

fonction

borélienne bornée.

On dit que v est propre si pour tout sous-espace vectoriel propre H de

~d’

,

Nous allons montrer la

proposition

suivante. On

peut

remarquer que

sa démonstration n’utilise pas

l’hypothèse d’intégrabilité.

Nous notons M*

(17)

454 P. BOUGEROL

la matrice

transposée

de la matrice M et utilisons les ensembles

Sx

définis

notation 1.4.

PROPOSITION 3. 3. - Considérons un

système m multiplicatif

~ (xn, Mn),

n E

I~; ~ ~

sur E x Gl

(d, ~)

et un entier p

E ~ 1 ,

...,

d ~ vérifiant

les

deux conditions suivantes :

(Ci)

il existe une

famille mesurable {vx,

x E

E}

de

probabilité

sur

contenue dans un compact

formé

de mesures propres et

vérifiant,

s.

(C2) Pour x-presque

tout x de E et tout vecteur non nul u E

Sx

contient

une suite

An,

n E

~I,

telle que

An/) converge

vers une matrice A de rang

__ p vérifiant

A u ~ 0.

Il existe alors un entier q

E ~ 1,

... ,

p ~

tel que, pour x-presque tout x de E :

(i) Px-presque

surement, toutes les valeurs d’adhérence

quand

n tend vers

l’infini

de

M"/I Il sont

des matrices de rang q.

(ii)

Si u est un vecteur non nul de

Rd, lim Inf ~Mnu~/~ Mn ~>0,

presque sûrement.

Commençons

par établir trois lemmes. La démonstration du

premier

est immédiate. Le second montre en

particulier

que l’événement considéré

au

(i)

de la

proposition

est mesurable.

Rappelons

que nous notons M

(d, R)

l’ensemble de toutes les matrices réelles carrées d’ordre d.

LEMME 3 . 4. - Soit m une mesure propre sur

P ( I~d)

et A une matrice

non nulle de M

(d, R).

On peut alors

définir

une

probabilité

A m sur

par

lorsque f

est une

fonction

borélienne bornée sur Le

plus petit

sous-

espace vectoriel de

(~d

dont

l’ image

dans porte A m est

égal

à

l’image

de A.

LEMME 3 . 5. - Pour tout p

=1, 2,

...,

d - l,

il existe une

famille

dénom-

brable

Fp d’applications

mesurables de Gl

(d, R)

dans (~ telle que, pour toute suite

R) vérifiant Il An Il = 1,

les deux assertions suivantes sont

équivalentes :

(a)

Toutes les valeurs d’adhérence de la suite

An,

n E

f~,

dans M

(d, ~8)

sont de rang

_ p.

( b)

Pour

toutfEFp,

lim = o.

+ o0

Démonstration. - Pour tout k =

1 , 2,

..., d -1 notons

Pk

l’ensemble des

probabilités

sur

l’espace projectif P(Ak

des directions de droite dans

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