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Texte intégral

(1)

B. SAUVEUR INRA

Nouzilly

Station de recherches avicoles 37380 Monnaie

Lésions osseuses

et articulaires des pattes

des volailles : rôles

de l’alimentation.

2 à 6 % des volailles de chair produites de façon intensive sont atteintes

de troubles locomoteurs visibles entraînant des baisses de performances

graves. D’autres, victimes de fractures à l’abattoir, sont déclassées. La perte annuelle qui

en

résulte dépasse certainement 100 millions de francs.

Les

causes

de

ces

troubles sont complexes : celles décrites ici concernent

les interactions entre nutriments et les effets indirects de l’alimentation

puisque les

cas

simples de

carence

n’existent pratiquement plus

sur

le terrain.

A

partir

des années 70, la

fréquence

des troubles loco- moteurs résultant de déformations

plus

ou moins visi-

bles de pattes n’a cessé de croître dans les

populations

de volailles en même temps que se diversifiaient les

syndromes

observés

(voir

par

exemple

la revue de Sau-

tions

spectaculaires

des

performances

de croissance des animaux dont la sélection a

beaucoup plus pris

en compte le

développement

des masses musculaires que celui du

squelette

et d’autre part aux conditions d’éle- vage : la forte concentration

qui

est de

règle

favorise,

en

effet,

l’intervention

d’agents pathogènes.

fl n’en reste

pas moins que de nombreux facteurs nutritionnels peu- vent être à

l’origine

des troubles de la locomotion ; ils doivent

toujours

être considérés, ne serait-ce que pour

ne pas aggraver les autres causes de troubles.

Devant la

multiplicité

des lésions

observées,

de nom- breux auteurs ont tenté d’établir une classification et

de normaliser les

appellations (voir références).

Il est

ainsi admis maintenant que le terme de

"perosis"

doit

être écarté de la

terminologie

car ne

désignant plus

aucun trouble

d’origine spécifique.

Les

appellations

rete-

nues ici et faisant

appel

à une classification sympto-

matique

sont les suivantes

(figure 1).

- La

chondrodystrophie

est initialement une lésion du

cartilage

de

conjugaison

dont

l’épaisseur

diminue. La

croissance en

longueur

des os de la patte

(tibia

et méta-

tarse)

est réduite mais la minéralisation est normale ; secondairement ces os peuvent être

épaissis

et cintrés.

Il y a enflure

importante

du

talon, rejet

latéral du méta-

tarse de

façon

uni- ou bi-latérale et,

quelquefois, glis-

sement du tendon hors du

condyle

articulaire.

- Les

"pattes

tordues" constituent un

syndrome

pro- che du

précédent

par ses

symptômes

si ce n’est l’absence de raccourcissement des os et de lésions visi- bles dans le

cartilage

de

conjugaison.

Les os peuvent

être à la fois cintrés et

spiralés ;

l’articulation du talon est

toujours

déformée et le

(ou les)

métatarses

rejetés

latéralement. C’est le

syndrome

le

plus fréquent

avec

la

dyschondroplasie.

- La

dyschondroplasie

tibiale

(quelquefois désignée

par

ostéochondrose)

n’entraîne que peu de déforma-

Résumé

_r_____!_ _ .

Les

syndromes

affectant le

plus fréquemment

les os et articulations des

pattes

des volailles sont la

chondrodystrophie,

le

syndrome

des pattes

tordues,

le

rachitisme,

la

dyschondroplasie

tibiale

(D.T.)

et

l’ostéoporose (nécrose)

des têtes fémorales.

La D.T. peut résulter d’un excès de

phosphore disponible

par

rapport

au calcium

(Ca/Pd

<

2).

Ce

problème peut apparaître

notamment en

présence

de blé dont le

phosphore

est

plus disponible

pour les volailles que celui de maïs. La

fréquence

de D.T. est aussi très sensible

aux excès de chlore

(et plus généralement d’anions)

par

rapport

aux cations.

La

gravité

des

chondrodystrophies

dues à des déficiences en zinc est

aggravée

par les excès d’acides gras

poly-insaturés

et réduite par des

supplémentations

en acides gras saturés.

Utilisés à forte dose dans des aliments de

démarrage, colza, lupin

et

sorgho

induisent des déformations de

pattes.

Le "nanisme infectieux"

s’accompagnant

de rachitisme

précoce puis

de nécrose de la hanche semble devoir être relié au

syndrome

de

"malabsorption"

affectant

principalement

les

vitamines

(surtout liposolubles)

et les minéraux. Les aHatoxicoses conduisent à des

signes cliniques

assez

proches.

Les lésions des

pattes augmentent

enfin avec la concentration de l’aliment. Une

légère

restriction

alimentaire, spécialement

autour de la 3c

semaine, permettrait

de limiter

l’apparition

de DT L’introduction de

périodes journalières

de

jeûne

est une autre voie d’action

possible.

Enfin,

l’alimentation

peut expliquer

l’obtention d’une litière humide et croûteuse favorisant

l’apparition

de lésions

dermiques.

veur,

1975).

Cette tendance n’est pas

aujourd’hui

modi-

fiée et de nouvelles lésions

(nécrose

des têtes fémora-

les par

exemple)

continuent de voir le

jour.

Une telle évolution est certainement difficile à ren- verser ; elle doit être reliée d’une

part

aux

augmenta-

(2)

La

dyschondroplasie

est d’autant

plus fréquente

que les

régimes

sont

plus

riches

en

phosphore

et moins

riches

en

calcium, dans la

mesure où les

apports alimentaires de

ces 2 éléments sont

sufflsants.

tions

des os, aucune des articulations, mais freine con-

sidérablement les

déplacements

des animaux

qui

ten-

dent à rester assis sur leurs talons. Son

symptôme caractéristique

est l’existence, sous le

cartilage

de con-

jugaison

des os

longs (tibia surtout),

d’une masse car-

tilagineuse

non minéralisée et non vascularisée

qui

peut occuper toute la zone

métaphysaire.

Les fractures sont

fréquentes lorsque

les animaux sont accrochés sur les

chaînes à l’abattoir.

- La nécrose de la tête fémorale

(dite

aussi hanche

galeuse)

est la

plus

récente de ces maladies. C’est une

ostéoporose

entraînant une

résorption

de la base des

têtes fémorales calcifiées et pouvant être associée à de

profonds

ulcères de la peau.

Lorsqu’on

tire sur le corps

fémoral,

la tête reste dans l’articulation : elle est peu

colorée,

facilement écrasable et très

sujette

aux frac-

tures à l’abattoir.

- Le

rachitisme, enfin,

reste une maladie observable

sur le terrain et

qui

n’est pas

toujours

facile à distin-

guer des autres troubles. Le tibia est couramment incurvé et on rencontre dans les cas extrêmes le &dquo;cha-

pelet costal&dquo;,

des curvatures du sternum et un bec ramolli. Les

cartilages

de

conjugaison

sont

épaissis

et

désorganisés

de

façon

variable selon que le rachitisme

est attribuable à des déficiences en

calcium,

en

phos- phore

ou en vitamine

D 3 .

Un

symptôme spécifique

du

rachitisme est la moindre teneur en cendres du tibia.

De nombreuses déficiences nutritionnelles

primaires

peuvent entraîner chez les volailles des lésions osseu- ses,

articulaires,

musculaires ou nerveuses induisant des troubles de la locomotion. Ces cas

simples

ne seront

pas décrits ici et sont

rappelés

dans le tableau 1. Les

plus

connus concernent le rachitisme et la

chondrodys- trophie provoqués

par des carences en vitamines ou

oligo-éléments.

La carence en cuivre induit des altéra- tions

cartilagineuses proches

de celles observées dans la

dyschondroplasie. Cependant

de telles déficiences

nutritionnelles,

directement attribuables à des insuffi-

sances

d’apports,

sont rares

aujourd’hui,

sauf

peut-être

pour la biotine dont la

disponibilité

dans les matières

premières

est souvent faible.

La

fréquence

des

problèmes

osseux et locomoteurs

ne cessant pourtant de croître, on peut penser que :

-

plusieurs

facteurs nutritionnels

interagissent

pour induire les

troubles,

- certaines matières

premières

contiennent des facteurs anti-nutritionnels

bloquant

l’utilisation de nutriments

indispensables,

- des agents

(infectieux

ou

autres) empêchent l’absorp-

tion et/ou l’utilisation de nutriments.

Nous allons voir que ces

hypothèses correspondent

à des situations réellement existantes. Il sera montré aussi que des restrictions

légères

du niveau

global

de

l’alimentation

(énergie

et

protéines)

permettent

quel- quefois

de réduire la

fréquence

des troubles

(dyschon- droplasie surtout).

Les

points

considérés sont les suivants :

1 -

équilibre calcium/phosphore

et

dyschondroplasie.

2 -

équilibre

sodium,

potassium,

chlore et

dyschondro- plasie.

3 - interactions entre

ofigo-éléments,

vitamines, acides aminés et acides gras,

impliqués

dans la

chondrodystrophie.

4 - effets

spécifiques

de certaines céréales et sources

de

protéines végétales (soja, colza, lupin).

5 -

problèmes

de

malabsorption

induisant rachitisme

et

ostéoporose.

6 - niveau

global

d’alimentation et

dyschondroplasie.

7 - influence de l’aliment sur la

qualité

de la litière.

1 / Equilibre calcium/phosphore

et dyschondroplasie

La

dyschondroplasie

est

plus fréquente

dans le tibio-

tarse que dans les autres os

longs.

Peut-être ceci doit- il être

rapproché

du fait que cet os est celui

qui pré-

sente l’activité

métabolique

la

plus

élevée et la crois-

sance la

plus rapide

autour de trois semaines

d’âge.

Les

modifications ultra-structura1es et

biochimiques

induites

par la

dyschondroplasie

ont été décrites de

façon

détail-

lée par

Hargest

et al

(1985).

ll a été dit

pendant près

de 20 ans que ni

l’apport calcique

alimentaire ni celui de

phosphore

n’était lié à la

dyschondroplasie jusqu’à

ce que Edwards

(1982),

suivi d’autres auteurs, réexamine ce

problème.

Une dif-

ficulté inhérente à la

comparaison

de ces études rési- dait

pourtant

dans le fait que la

disponibilité

du

phos- phore végétal

était

généralement

mal

appréciée

par les

auteurs. Afin de

supprimer

cette

difficulté,

nous avons recalculé, à

partir

des formules alimentaires de

base,

les teneurs en

phosphore disponible (Pd)

des différents

régimes,

utilisant pour

chaque

matière

première

des

valeurs réellement déterminées sur

poussins (Sauveur 1983).

Traitées ainsi, les données de

plusieurs expé-

riences sont cohérentes et montrent

(tableau 2)

que la

fréquence

de

dyschondroplasie

est d’autant

plus

éle-

vée que les

régimes

contiennent

plus

de

phosphore

et

(3)

moins de calcium. Cette

fréquence apparaît

en outre

indépendante

de la teneur en cendres de l’os

(Edwards

et Veltman

1982).

Les mêmes conclusions

générales

peuvent être tirées de

plusieurs

études les

régimes

sont de type

expé-

rimental ou

pratique

mais dans

lesquelles

calcium et

phosphore

sont chacun

apportés

à un niveau

proche

du besoin ou

supérieur

à celui-ci

(tableau 3).

Dans tous

les cas, la

fréquence

de

dyschondroplasie

diminue lors- que le rapport Ca/Pd augmente, comme le montre la

figure

2 reconstruite à

partir

de ces données. Un rap- port Ca/Pd

égal

au minimum à 2

para 1 Q

nécessaire pour éliminer la

plupart

des

problèmes.

Toutefois, le rapport Ca/P

n’explique

pas toutes les observations : selon Lil- burn et al

(1983),

il est

plus important

de remarquer que l’incidence de

dyschondroplasie

décroît avec le

niveau de

phosphore

pour un apport de calcium donné

(figure 3) .

Les modifications

d’apport

de

phosphore

semblent

donc avoir un

impact plus important

sur une

dyschon- droplasie

que celles de calcium. Toute addition de

phos- phore

au-delà du niveau

requis

pour obtenir les per- formances maximales devrait donc être évitée.

Cepen-

dant le niveau

optimal n’apparaît

pas

toujours

facile

à fixer : selon Hulan et al

(1985)

la vitesse de crois-

sance et l’efficacité alimentaire peuvent n’être pas tout à fait maximales

lorsqu’on

cherche à limiter la

dyschon- droplasie (tableau 3) .

Dans certains cas,

enfin,

ces excès

de

phosphore

peuvent

provenir

d’une sous-estimation de la

disponibilité

de cet élément ;

l’exemple

le

plus

fré-

(4)

L’excès de chlore alimentaire par

rapport

aux cations

(sodium et potassium) peut

entraîner une acidose

métabolique

et une

augmentation

de la

dyschondroplasie.

quent est celui du blé

(ou

du

triticale)

dont le

phos- phore

est

disponible

à 50 % au moins

(Sauveur 1983).

Inversement, certains facteurs tels

qu’un

apport ali- mentaire

important

de

graisse

saturée ou un

problème

de

malabsorption (voir § 5) pourraient

abaisser assez

l’absorption

de calcium pour

expliquer

une

apparition

de

dyschondroplasie lorsque

le rapport Ca/Pd est

près

du seuil minimal.

L’ensemble de ces conclusions n’est

plus

valide lors- que les apports de calcium et de

phosphore

sont notoi-

rement insuffisants. Ainsi, dans

plusieurs expériences,

certains niveaux

d’apports calciques

sont très faibles

(0,3

à 0,7

%)

et très inférieurs aux besoins des ani-

maux. Ces déficiences provoquent

l’apparition

de rachi-

tisme

qui

peut alors être souvent confondu avec de la

dyschondroplasie. Lorsque

la teneur en

phosphore

de

l’aliment est trop basse

(voir

tableau

2),

les

performan-

ces de croissance sont très abaissées et la

fréquence

de

dyschondroplasie

observée ne

peut

avoir

grande signification. Enfin, lorsque

les

apports

de calcium et de

phosphore

sont tous deux

insuffisants,

la

fréquence

de

dyschondroplasie n’augmente plus

mais en fait dimi-

nue avec

l’apport

de

phosphore (tableau 4).

Dans un tel cas, du rachitisme est

obligatoirement présent

et pro- bablement confondu avec la

dyschondroplasie.

Il est donc

important,

avant de vouloir raisonner sur

le rapport

Ca/Pd,

de s’assurer que calcium et

phosphore disponible

sont

apportés

en

quantités suffisantes,

à

savoir 0,9 % et 0,45 % de l’aliment

respectivement,

pour des

poulets

de 0 à 3 semaines.

2 / Equilibre sodium, potassium,

chlore et dyschondroplasie

Le rôle des

électrolytes

dans

l’apparition

de la

dyschondroplasie

a

déjà

été

exposé

dans la revue de

Sauveur et

Mongin (1978).

Il est maintenant bien éta- bli

qu’un

excès de chlore par

rapport

aux cations

(sodium

et

potassium)

peut entraîner une acidose méta-

bolique

et une

augmentation

de la

dyschondroplasie.

Selon

Mongin

et Sauveur

(1977),

la

fréquence

de celle-ci

est d’ailleurs étroitement corrélée à la teneur en bicar- bonate du sang

(figure 4).

La voie par

laquelle

l’acidose

métabolique

entraîne-

rait la

dyschondroplasie

n’est pas connue. Sauveur et

Figure

4. Relation entre la teneur en bicarbonate du sang et

l’apparition

de

dyschondroplasie

tibiale

lors de

perturbations

de

l’équilibre acido-basique

(d’après Mongin

et Sauveur

1977).

(5)

al

(1977)

ont montré que, chez des

poulets rachitiques,

l’acidose réduit de 40 % la

synthèse

rénale du méta- bolite actif de la vitamine

D,,

le 1,25

dihydroxycho-

lecalciferol.

Cependant,

l’administration orale de ce

métabolite ou de molécules voisines ne permet en rien de compenser les effets de l’acidose

(Leach

et Simmons

1976, Edwards

1984).

Il est donc difficile

d’impliquer

le métabolisme de la vitamine D dans ce

problème

et

la meilleure

précaution

reste

de

limiter strictement

l’apport

alimentaire de chlore à la couverture du besoin

(0,12 %)

en apportant le sodium éventuellement man-

quant sous forme de bicarbonate. Aucun effet perma-

nent des

ionophores (monensine

et

lasalocide)

sur la

dyschondroplasie

n’a été démontré

(Edwards 1985).

Leffet néfaste des excès de

phosphore évoqué

au para-

graphe précédent, s’explique peut-être

par un

dépla-

cement de

l’équilibre acido-basique

dans le sens d’une

acidose : selon

Johnson

et

Karunajeewa (1984),

il est

en tout cas recommandé de porter la valeur de

(Na

+

K -

CI)

à 300

mEqlkg

d’aliment au moins

lorsque

la

teneur en

phosphore disponible

du

régime

est élevée

(0,6 %),

par

exemple

lors

d’incorporations importan-

tes de farine de viande

(rappelons

que,

d’après

Mon-

gin

et Sauveur, 1977, la valeur

optimale

pour la crois-

sance de

l’expression

Na + K -

Cl,

est

proche

de 250

mEq/kg

).

3 / Interactions entre oligo-éléments, vitamines, acides aminés

et acides gras impliqués

dans la chondrodystrophie

3.

i Zinc, tryptophane, histidine

et

vitamine

B6

Plusieurs auteurs ont montré

qu’une supplémenta-

tion d’un

régime

par la

pyridoxine (vitamine B6)

pou- vait abaisser la

fréquence

de

chondrodystrophie

ou de pattes tordues. Un

exemple

en est donné dans la

figure

5. Ces auteurs ne proposant pas

d’interprétation

au

mode d’action de la

pyridoxine,

nous avons

suggéré qu’il s’agisse

d’une interaction avec le métabolisme du zinc et

plus précisément,

d’une stimulation de la

synthèse

de l’acide

picolinique,

molécule favorisant

l’absorption

intestinale du zinc. En

effet,

différentes étu- des

(voir

la revue d’Edwards

1980)

montrent

(figure 6)

que, dans les cellules exocrines du

pancréas,

l’acide

picolinique

est

produit

à

partir

du

tryptophane

en

pré-

sence de

pyridoxine.

D’autres substances telles que l’histidine ou la

cystéine

ont

également

des effets

bénéfiques

sur

l’absorption

intestinale du zinc

(Cousins 1979) ;

l’administration d’histidine à des

poulets

carencés en zinc réduit la sévé-

rité de la

chondrodystrophie

observée. Une

synergie

entre zinc, vitamine B6,

tryptophane

et histidine peut donc être

impliquée

dans la

prévention

de cette lésion.

A l’inverse, toute substance

s’opposant

à

l’absorption

du zinc

(exemple

des tanins ou de l’acide

phytique ;

cf.

§ 4)

peut aggraver le

phénomène.

3.

2

/ Zinc, vitamine

E et

acides gras Bettger

et al

(1980a)

ont montré

qu’un régime

sup-

plémenté

en acides gras

polyinsaturés aggravait

les

lésions

dermiques

et la

chondrodystrophie

observées

chez le

poulet

carencé en zinc ; inversement

l’ajout

au

régime

d’acides gras saturés, de niveaux élevés de vita-

mine E ou d’indométhacine réduisait ces

symptômes (Bettger

et al

1980b) . Puisque

Nielsen et al

(1968)

ont

aussi montré que

l’aspirine

et l’indométhacine

(inhibi-

teurs de

synthèse

des

prostaglandines)

étaient effica-

ces pour traiter les

problèmes

de pattes induits par la

carence en zinc, il

peut

être

supposé

que celle-ci indui- rait chez le

poulet, (contrairement

à ce

qui

est observé

chez le

rat)

une

augmentation

de

synthèse

des prosta-

glandines

et que la vitamine E

agirait

en limitant

l’oxy-

dation de l’acide

arachidonique (figure 7).

Un tel effet

de la vitamine E, conduisant à la limitation de

synthèse

des

prostaglandines,

a d’ailleurs été

évoqué

dans

d’autres circonstances et notamment pour

expliquer

l’effet protecteur de la vitamine observé chez des pou- lets victimes d’une infection léthale par E.Coli

(Likoff et al 1981).

La

fréquence

de la

chondrodystrophie

semble diminuer

lorsque des

substances favorisant

l’absorption

intestinale du zinc sont

ajoutées

à la

ration

(pyridoxine,

histidine, cystéine).

(6)

L’addition au

régime

d’acides gras

polyinsaturés

aggrave

les lésions

dermigues

et la

chondrodystrophie

chez

les

poulets

carencés en zinc ou en biotine.

3.

3

/ Biotine

et

acides gras

La biotine est

indispensable

à la conversion de l’acide

linoléique

en acide

arachidonique (Whitehead 1977).

Chez le

poulet,

une carence en biotine réduit effective-

ment les teneurs des tissus en acides gras

précurseurs

des

prostaglandines,

notamment de la

PGE,

du coeur

(Kratzer

et

al 1984) .

On

pourrait

donc s’attendre à ce

que les lésions

dermiques

et la

chondrodystrophie caractéristiques

des déficiences en biotine

puissent

être

minimisées

lorsqu’on

augmente

l’apport

alimentaire d’acides gras essentiels. Or il n’en est rien ; au con- traire, l’addition de ces nutriments à un

régime

pauvre

en

biotine,

accroît la sévérité des lésions

préalablement observées,

tandis que

l’apport

d’acides gras saturés a

un effet réducteur ! Il est donc

possible

que les acides gras

interagissent

avec la biotine selon une voie

quel-

que peu similaire à celle décrite pour le zinc.

Limpli-

cation d’interactions biotine-acides gras a d’ailleurs été

également

démontrée dans le

syndrome

de la &dquo;crise car-

diaque&dquo; (Sudden

Death

Syndrome)

affectant les pou- lets les

plus

lourds.

3.

4

/ Biotine, acide folique

et

acide pantothénique

Lors de

l’apparition

sur le terrain de

symptômes

simi-

laires à ceux d’une déficience en biotine, Roblee et Clan- dinin

(1970)

purent traiter les

chondrodystrophies

observées par un

mélange

de biotine, acides

folique

et

pantothénique

alors

qu’aucune

de ces vitamines

prise séparément

ne se révéla efficace.

4 / Effets spécifiques de certaines

matières premières : céréales, protéagineux et tourteaux

4. 1 / céréales

Dès 1965, lors de leur

première

étude sur la

dyschon-

droplasie,

Leach et Nesheim observent que l’introduc- tion de 20 à 30 % de maïs dans un

régime synthéti-

(7)

que réduit l’incidence des troubles. Inversement, un ali-

ment à base de blé et de caséine peut entraîner une

fréquence

de

dyschondroplasie

deux fois

plus

élevée que celle

enregistrée

avec un

mélange maïs-soja (Leach

et

Lilburn

1980). Compte

tenu de la forte

disponibilité

du

phosphore

contenu dans le blé et des valeurs faibles dans le maïs et le

soja,

il est

probable qu’on

retrouve là les effets des teneurs en

phosphore disponible

du

régime déjà

discutés

1 et

2).

Des lésions de type

&dquo;pattes

tordues&dquo; avec enflure des talons sont

provoquées

par des

sorghos

riches en tanins

(Rostagno et al 1973, Amstrong et

al

1973) .

Elles peu- vent être liées à une

malabsorption

du zinc

(revoir

§

3a)

et à des altérations de

synthèse

du

collagène (Ekin

et

al 1978).

Cet effet

disparaît

à peu

près

totalement

lorsque

les

graines

ont été stockées en milieu humide

(tableau 5) ;

il est aussi

probablement

réduit par la gra- nulation de l’aliment à la vapeur.

Le

seigle

contient dans sa fraction

organique

un fac-

teur

rachitogène (Mac

Auliffe et

al 1976) qui

peut être combattu par

l’apport

de

grandes quantités

de vitamine

D

3

et,

partiellement,

par l’addition de suif au

régime.

Il est éliminé de la matière

première

par extraction de

l’eau, autoclavage

et irradiation

(Mac

Auline et al

1979) .

4.

2 / Protéagineuac

La

fréquence

des pattes tordues chez le

poulet

aug- mente avec

l’incorporation

de

grandes quantités

de

lupin

dans le

régime (supérieures

à 20

%) qu’il s’agisse

de

lupin jaune

testé en

Allemagne (Vogt et

al

1979)

ou de

lupin

blanc en France

(Lacassagne

1980,

figure 8).

Ceci n’est modifié ni par divers traitements des

grai-

nes

(extrusion, granulation, décorticage ;

tableau

6),

ni par une

supplémentation

en

tryptophane.

A

l’inverse,

une

supplémentation

par 0,6 à 1 ppm d’acide

folique permet

une croissance

corporelle

normale et

corrige

par- tiellement les effets du

lupin

sur les troubles des pat-

tes. Une amélioration

partielle

est aussi

apportée

en substituant des levures ou des bactéries

(Pmteen)

au

gluten

du

régime

de base ou en

ajoutant

de la ribofla- vine, un

mélange vitaminique

ou de l’histidine

(tableau 7).

4.

3

/1burteaux

L’introduction de

quantités

élevées de tourteaux de colza

(20

à 30 % dans un

régime

de

démarrage

aug- mente la

fréquence

des déformations de pattes chez le

poulet (Holmes

et Roberts 1963, Seth et Clandinin

1973)

et le dindonneau

(Moody

et al

1978) .

Une sup-

plémentation

en

manganèse

ne réduit pas ce

phéno-

mène. Les nouvelles variétés de colza

faibles teneurs

en

glucosinolate)

se révèlent moins actives de ce

point

de vue que les

précédentes (Moody et al 1978,

Ibra- him et

al 1980) .

Il est

probable

que les tanins ou l’acide

phytique

du colza

agissent

en

complexant

certains

cations minéraux

(zinc notamment)

mais aucune

preuve directe de ce mode d’action n’a été

apportée.

(8)

Les

syndromes

de

malabsorption

concernent

les

lipides,

les vitamines E et

D3,

le calcium et le

phosphore.

Le

nettoyage

et la

désinfection

des bâtiments entre 2

bandes d’élevage jouent

un rôle

déterminant dans la

prévention de la

maladie.

Le tourteau et les

protéines

isolées de

soja

sont soup-

çonnés depuis longtemps

d’être

impliqués

dans

l’appa-

rition des

problèmes

de locomotion des volailles. Une action de type

rachitogène

fut d’abord

suspectée

par Carlson et al

(1964) :

éliminée par

autoclavage

du tour-

teau, elle

pouvait

aussi être

compensée

par des

apports

élevés de vitamine

D 3 . Comparés

à un

hydrolysat

de caséine, tourteau et

protéines

de

soja

sont aussi sus-

ceptibles d’aggraver

les effets d’une carence en zinc sur

la

chondrodystrophie (Morrisson

et Sarett 1958, Zie-

gler

et al 1964, Nielsen et al

1966) .

Chez le porc d’ail-

leurs,

l’accroissement

d’apport

alimentaire de

soja

aug mente la

parakératose

induite par une déficience en

zinc.

Le tourteau de

soja

semble surtout

pouvoir

être

impli- qué

dans

l’apparition

de

dyschondroplasie.

Dans une

étude récente utilisant des

régimes

pauvres en calcium

et riches en chlore, Edwards

(1985)

montre

qu’une

source

particulière

de tourteau

(A)

entraîne

systémati-

quement des

fréquences

élevées de

dyschondroplasie (34

à 69

%)

tandis

qu’une

autre source

(B) produit

des

fréquences

basses

(14

à 28

%). Quand

le niveau

d’incorporation

du tourteau A est réduit de 35 à 24

puis

à 12 %, la

fréquence

de

dyschondroplasie

dimi-

nue, dans le même ordre de 60 à 25

puis

à 15 %. Un

an

plus tard,

les mêmes résultats sont obtenus avec

des tourteaux venant des mêmes usines. La différence la

plus grande

entre les tourteaux A et B concerne leurs activités

anti-trypsique

et

uréasique

mais rien ne prouve que ceci soit lié à la

dyschondroplasie.

Plus

important

est le fait

qu’un

abaissement de la teneur en chlore du

régime

ou une

augmentation

de

l’apport calcique

per-

mettent d’abaisser la

fréquence

de

dyschondroplasie

entraînée par le tourteau A.

Déjà

en 1981, Leach avait d’ailleurs pu montrer que les effets du

soja

sur la

dyschondroplasie disparaissaient lorsque

les teneurs en

sodium, potassium

et chlore et

régimes

étaient norma-

lisées. Il est donc

possible

que certains tourteaux de

soja

contiennent des

quantités

anormales de chlore

(ils

en sont normalement

dépourvus) qui

devraient être par- ticulièrement surveillées.

5 / Problèmes de malabsorption

induisant rachitisme et ostéoporose

5.11

/ Syndromes de malabsorption

Au cours des dernières années, des

syndromes

de

malabsôrption

ont notablement réduit les

performan-

ces de nombreux troupeaux de

poulets

de

chair,

d’abord

aux

Pays-Bas (1977), puis

dans les autres pays

d’Europe (G.B., France),

aux USA et en Australie. Il semble que le même

syndrome (ou

des

syndromes

pro-

ches)

ait été

désigné

par différentes

appellations s’appuyant

sur les

signes cliniques

observés. On trouve

ainsi les

appellations

de

&dquo;syndrome

des oiseaux

pâles&dquo;

(pale

bird

syndrome)

lié à une baisse de fixation des

pigments caroténoïdes,

de &dquo;nanisme infectieux&dquo;

(infec-

tious

stunting

on

runting syndrome),

de &dquo;maladie de

l’hélicoptère&dquo; (helicopter disease)

décrivant

l’aspect

des

plumes

ou d&dquo;’entérite infectieuse&dquo;

puisqu’on

observe

toujours

la

présence

de nombreuses

particules

alimen-

taires non

digérées

dans les excreta de coloration

jaune

sombre.

Selon

Bergs

et

Goedegebuure (1982),

deux altérations successives des

pattes

peuvent

apparaître

dans les

syndromes

de

malabsorption.

La

première,

visible sur

des

poulets

de deux semaines,

présente

toutes les carac-

téristiques

du rachitisme avec défaut de croissance

glo-

bale de l’animal. La maladie est dite de

&dquo;runting

and

leg

weakness&dquo; ou &dquo;brittle bone disease&dquo;. L’altération suivante est une lésion du fémur visible sur les pou- lets de 6 semaines et

présentant

les caractères d’une

ostéoporose ;

cette

lésion,

dite de &dquo;nécrose des têtes fémorales&dquo; ou de &dquo;hanche

galeuse&dquo;

est la

plus

souvent

décrite.

Les causes de ces manifestations de

malabsorption

sont loin d’être claires. L’intervention d’une

composante

infectieuse

paraît

assez bien établie dans

plusieurs

cas

et on sait que les oiseaux doivent être

exposés

durant

les

premiers jours

de leur vie pour manifester ensuite

tous les

symptômes.

De

plus,

le nettoyage et la désin- fection des bâtiments entre deux bandes

jouent

un rôle

déterminant dans la

prévention

de la maladie. Plusieurs auteurs ont

suspecté

l’intervention de réovirus mais d’autres virus peuvent être aussi trouvés ; il est de toute

façon probable

que les réovirus ne sont pas seuls res-

ponsables

et que des bactéries peuvent être

impliquées.

Une nécrose

staphylococcique

de la tête fémorale a d’ail-

leurs été décrite.

Comment

rapprocher

le

problème

de

malabsorption

des lésions observées au niveau des

pattes ?

La revue faite par

Jensen (1984)

montre que

l’absorption

des

lipi-

des est

particulièrement

affectée

(50

% contre 90 %

chez des oiseaux

sains). L’absorption

des vitamines E

et

D 3

est donc réduite ce

qui

peut

expliquer

les

signes d’encéphalomalacie,

de rachitisme et

d’ostéoporose

observés.

L’absorption

des macro-minéraux

(calcium, phosphore)

est

probablement

réduite aussi

(directement

ou

non) puisque

le contenu en cendres des feces est

accru chez des

poulets

de 3 semaines

présentant

un

syndrome

de

malabsorption (Salyiszabo 1985).

Des lésions

histologiques

du

foie,

du

pancréas

exocrine et

surtout de la

thyroïde

sont aussi

signalées

chez ces ani-

maux. Une

supplémentation

de l’eau de boisson en

iodure à 2 semaines

d’âge

serait suffisante pour res- taurer 80 % de

l’emplumement,

2 semaines

plus

tard

(Kapp

et

Cserep 1986).

Un apport de 0,5 à 2,5 ppm de

molybdate

de sodium s’est

également

avéré efficace

contre la nécrose des têtes fémorales

(Payne

et Bains

1975)

mais ceci n’a pas été confirmé ultérieurement

(Jensen 1979).

La malabsorption peut

certainement concerner aussi certaines vitamines

hydro-solubles puisqu’une

infection

par réovirus élève

significativement

la

fréquence

des

problèmes

de pattes chez les

poulets

recevant des

régi-

mes déficients en biotine, niacine ou acide

folique (Cook

et

al 1984) .

Inversement une addition de biotine

(0,06 ppm)

s’est avérée efficace contre la nécrose des têtes fémorales.

Cependant,

aucune

supplémentation

alimen-

taire n’a pu

jusqu’à

ce

jour,

éliminer totalement les lésions osseuses et articulaires des pattes observées chez des

poulets

victimes de

malabsorption.

Des

hypo-

thèses d’action différentes doivent donc être étudiées.

Selon Godard

(1984),

les

anti-corps

anti-réovirus trou- vés chez les animaux atteints de &dquo;nanisme infectieux&dquo;

pourraient agir

directement contre l’hormone de croissance.

5.

2

/ Action des mycotoxines

Un aliment contenant des extraits de Fusarium et

d’Aspergillus

entraîne assez

généralement

des

fréquen-

ces élevées de pattes tordues

(voir

la revue de Wise

1979).

La démonstration a été faite que aflatoxines et ochratoxines induisent

l’apparition

d’os &dquo;caoutchou- teux&dquo;.

Ajoutée

à un aliment au niveau de 2 ppm, l’och- ratoxine inhibe la croissance et réduit la résistance à la rupture du tibia ; avec 4 ppm, le diamètre du tibia est même réduit

(Huff

et

al 1980) .

Une atteinte grave

(9)

de

dyschondroplasie (90

% des animaux

atteints)

a été

observée en

incorporant

dans un

régime

2 % de

grai-

nes contaminées par Fusarium roseum

(Walser

et al

1980) ;

l’effet

pourrait

être

particulièrement

à la frac-

tion TDP-1, une des six fractions

hydrosolubles majeu-

res

séparées

d’un extrait de F. roseum par chromato-

graphie

en couche mince.

Ces aflatoxicoses

présentent

des similarités avec les

syndromes

de

malabsorption

décrits

précédemment,

ce

qui explique

que les deux maladies soient sans doute

quelquefois

confondues : retard de croissance, perte de

pigmentation,

faiblesse des pattes ou

emplumement

anormal sont en effet des

symptômes classiques

de

l’aflatoxicose. On trouve aussi des baisses de teneurs en acides aminés et en vitamines Bl, B2, B6 et acide

pantothénique

du foie et de la bile des animaux atteints.

L’absorption

de la vitamine E est diminuée et, peut- être, celle de la vitamine

D 3’

encore que les résultats à ce

sujet

soient contradictoires.

Globalement,

l’afla-

toxicose inclut donc une part

importante

de

malabsorp-

tion. Une autre voie d’action

possible suggérée

par Robi-

nette

(1972)

pour

expliquer

des carences en biotine chez le dindonneau est la sécrétion, par des moisissures de la litière, de substances

complexant

la biotine : la strep- tavidine et

l’alpha-dehydrobiotine

sont des anti-biotines de ce type.

6 / Niveau global d’alimentation

et déformation des pattes

Les

émergences

de

dyschondroplasie

et de

chondrodys- trophie

sont indubitablement liées à la vitesse de crois-

sance des animaux : les mâles sont

plus

sensibles que les femelles et les

lignées

à croissance

rapide

ne

seraient-elles pas intéressantes dans ces conditions pour abaisser la

fréquence

des troubles de la locomotion ?

6.

1

/ Niveau énergétique

Dès 1973, il est noté par Yoshida et al que le

simple ajout

de cellulose à un aliment permet de

prévenir

les déformations de pattes.

Comparant

deux niveaux éner-

gétiques (3090

et 2850 kcal

E.M./kg)

Poulos et al

(1978)

notent un abaissement de 12 à 2 % de la fré- quence de

dyschondroplasie

mais aussi une réduction de 15 % du

poids

vif à 40

jours (tableau 8).

Dans

d’autres essais, les déformations de pattes sont rédui-

tes de moitié

(12

vs 22

%)

sans réduction grave de la croissance

(2

à 3

%) lorsque

la teneur

énergétique

du

régime

diminue de 3140 à 2900 kcal

E.M./kg.

6.

2

/ Niveau protéique

Des observations similaires peuvent être faites en

fonction de

l’apport protéique.

Ainsi, des dindons ali- mentés avec un

régime

ne contenant que 90 % des aci- des aminés du

régime

témoin sont moins affectés par des

problèmes

locomoteurs bien que la croissance ne

soit pas

significativement

réduite. Inversement, des excès de la seule

lysine

sont

capables

d’induire des

déformations de pattes. Pour des animaux lourds de type roaster, élevés

jusqu’à

82

jours,

un abaissement de

l’apport protéique

en

démarrage (18

au lieu de 22

%)

permet aussi d’abaisser la

fréquence

des anomalies de pattes en fin

d’élevage.

Cette observation introduit la notion de

période

de sensibilité maximale

qui

mérite

d’être examinée

plus

à fond.

6.

3

/ Restrictions globales à différentes

périodes

Une diminution de la

fréquence

de

dyschondroplasie (de

70 à 20

%)

fut observée chez le canard dès 1975 suite à une restriction alimentaire

appliquée

au cours

des 12

premiers jours.

Dans son étude sur les effets

de

l’aflatoxine,

Huff

(1980)

constate

également

que, chez les

poulets

restreints

jusqu’à

3 semaines, la fré-

quence et la

gravité

de

dyschondroplasie

sont

plus

liées

à la vitesse de croissance

qu’au poids

vif lui-même

(figure 9) : lorsque

le même

poids

vif est atteint

plus

De

légères

restrictions

énergétiques

ou

protéiques

diminuent

beaucoup

les

fréquences

des

lésions sans que la croissance ne soit fortement réduite.

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