02 – LE JEUNE
SPORTIF
Table des matières
INTRODUCTION ... 1
A. CARACTÉRISTIQUES PHYSIOLOGIQUES ... 2
1. L’enfance ... 2
2. L’adolescence ... 4
B. ADAPTATION A L’EXERCICE ... 6
1. Chez l’enfant ... 6
2. Chez l’adolescent ... 8
3. La performance ... 9
C. CARACTÉRISTIQUES PSYCHIQUES, COGNITIVES, SOCIOLOGIQUES ... 11
Préambule ... 11
1. La pratique sportive ... 11
a. Intérêts généraux pour le jeune pratiquant ... 11
b. Les facteurs qui poussent le jeune vers le sport ... 12
2. Quelques spécificités du rapport de l’enfant à la pratique sportive ... 13
3. Quelques spécificités du rapport de l’adolescent à la pratique sportive ... 15
D. ESSAI DE PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES ... 18
1. De la nécessité absolue du cadre ... 18
2. Pour encadrer des enfants ... 19
3. Pour encadrer des adolescents ... 20
4. Le rapport à l’échec ... 21
5. Et les parents dans tout ça ? ... 23
CONCLUSION ... 24
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INTRODUCTION
Comme nous l’avons vu en première partie, l’entraîneur doit être en capacité de s’adapter aux différents publics auxquels il a affaire. Il doit tenir compte des spécificités cognitives, affectives et psychologiques de son auditoire, ainsi que de leurs caractéristiques anatomiques et physiologiques.
Dans ce cours, nous allons nous intéresser spécifiquement au jeune sportif qui mérite une attention toute particulière. En effet, dans nombre de clubs, les enfants et adolescents constituent le cœur des licenciés. Ils sont à la fois le moteur de l’activité et le terreau sur lequel l’avenir se construira. Tous bien sûr ne vont pas devenir des athlètes de haut niveau, mais nombre d’entre eux, par le biais de l’activité sportive, vont adhérer à un système de valeurs éthiques et morales, apprendre à se respecter, respecter autrui et le cadre réglementaire, adopter un mode de vie sain et salutaire (au regard des dérives alimentaires et comportementales dont souffrent nos sociétés modernes : la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les enfants, de plus en plus jeunes, devient un enjeu majeur de santé publique).
Dans tous ces domaines, l’entraîneur a un rôle de premier plan à jouer auprès du jeune sportif. En sa qualité d’adulte, il est modèle, passeur de valeurs, éducateur… Sa fonction ne s’arrête donc pas qu’à la seule transmission d’un savoir physique, technique et tactique.
Dans ce cours, nous séparerons enfance et adolescence.
Afin de leur donner un cadre défini, l’enfance correspond à la période scolaire obligatoire pour sa limite basse (nous ne prendrons donc pas en compte la petite enfance) et se termine avec le début de l’adolescence. L’adolescence quant à elle est plus difficile à définir. C’est pourquoi nous lui donnerons comme limite basse le début de la puberté, et comme fin l’acquisition des fonctions physiologiques et des développements anatomiques propres à l’adulte.
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A. CARACTÉRISTIQUES PHYSIOLOGIQUES
Si l’on devait, sur le plan structurel, résumer le jeune sportif, un mot suffirait : CROISSANCE ! Enfants et adolescents ne sont pas des adultes miniatures, à qui l’on peut demander, sur un plan sportif, les mêmes choses qu’à un adulte, mais juste à un degré moindre1 ! Ils sont des individus en constante mutation. Et rien n’est plus dur que de construire un modèle (sportif) sur un matériau instable et mouvant (le jeune pratiquant).
Par croissance, il faut entendre développement global des tissus, des fonctions métaboliques, des systèmes -hormonaux, nerveux, des organes, de la taille, du poids, etc. Cela demande donc une implication tout à fait claire de l’entraîneur qui va être le témoin de ce processus et qui va devoir l’accompagner. Pour cela, il lui faut dans un premier temps des connaissances solides des modifications anatomiques et physiologiques que ce jeune public vit au quotidien.
1. L’enfance
Dans cette partie, nous allons aborder les principales caractéristiques anatomiques et physiologiques de l’enfant prépubère. Le cas échéant, seront précisés les risques que l’enfant peut encourir et les précautions à prendre.
• La taille augmente lentement, et le poids suit globalement la même courbe.
• Durant, l’enfance, l’ossification se fait à partir du cartilage de conjugaison. C’est ce que l’on nomme le processus d’ossification. Durant cette période, l’exercice physique, comme le prouvent de nombreux travaux, a des effets bénéfiques sur la densification osseuse (Gunter et al., 2008). Mais il ne faut pas perdre non plus de vue que cette période est donc, du fait du développement constant et progressif de ce système, une période de fragilité2.
• De la naissance à l’adolescence, le tissu musculaire augmente sans cesse (25% du poids total à la naissance, 40% à l’âge adulte - parfois plus). Nous parlons ici d’hypertrophie, et non d’hyperplasie. Les fibres musculaires, y compris à l’adolescence, suivent en quelque sorte la croissance osseuse, en augmentant leur nombre de sarcomères aux extrémités des muscles.
1 C’est ainsi qu’assistant à un entrainement de karaté, j’ai vu un entraîneur faire exécuter des pompes à de jeunes
pratiquants (le plus âgé devait avoir 8 ans), les jambes surélevées, pieds dans les mains du partenaire qui quant à lui tenait une position isométrique du « cavalier » (équivalent d’un squat sumo). Après mon intervention pour lui faire stopper son exercice lui rappelant qu’il avait face à lui des enfants, celui-ci me rétorqua qu’il le savait, et que c’est pour cette raison qu’il ne leur demandait que 15 répétitions !
2 Il est donc important, dans le cadre de l’activité physique, de prendre quelques précautions : Soumis à des contraintes importantes, le système osseux prend le risque de se rompre ou de manière plus insidieuse, des microtraumatismes peuvent apparaitre. Sont en cause les exercices répétés et les tensions musculaires importantes (impacts violents - réceptions en gymnastique-, étirements forcés et répétés). Gare donc à l’intensité du travail proposé aux enfants, et dans une moindre mesure, aux adolescents
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• Cette croissance des tissus musculaires s’accompagne souvent une certaine laxité articulaire, résultant notamment d’un manque de tonicité des tissus d’insertion1.
• Au niveau cardiovasculaire et respiratoire, l’enfant a aussi ses propres caractéristiques : au repos ou à l’effort de faible intensité, la pression artérielle est plus faible chez lui. La vascularisation musculaire est particulièrement développée (comparativement aux adultes).
L’enfant est donc parfaitement « équipé » pour les efforts de type aérobie.
L’enfant a aussi un cœur plus petit (et moins « puissant » qu’un adulte), et compte tenu des deux éléments précités, le rythme cardiaque de l’enfant est donc bien plus élevé. En avançant en âge, le cœur, comme les autres organes, croît. De fait, son rythme diminue (qu’il s’agisse du rythme au repos ou du rythme maximal), et ce d’autant que le volume sanguin global augmente. Diverses études avancent une chute 0,5 à 1 bpm/an pour le rythme cardiaque maximal.
• Les enfants voient leur système nerveux maturer et s’améliorer à mesure qu’ils vieillissent.
Leur équilibre, leur coordination, leur adresse, leur motricité globale se développent. Les difficultés éprouvées dans l’exécution de certains gestes sportifs s’expliquent bien sûr par le développement cérébral qui n’est pas encore terminé (bien que le cerveau de l’enfant, à l’âge de 6 ans, ait déjà atteint 90% de sa taille définitive), et dont les connexions neuronales ne sont pas encore toutes actives.
Avec l’âge :
• Le cerveau atteint sa taille définitive (vers 11/12 ans) ;
• Les connections neuronales deviennent naturellement effectives et sont multipliées ;
• Le système neuromoteur (et le système nerveux dans sa globalité) atteint un degré de maturation qui le rend plus performant (notamment grâce à la myélinisation des fibres nerveuses (axones) : la conduction de l’influx nerveux devenant meilleure). Le mouvement peut progressivement se spécialiser et acquérir plus de force.
C’est donc avec l’âge que se développent et s’affinent les mouvements
• Au niveau hormonal, il est intéressant de noter que les concentrations plasmatiques en adrénaline sont 3 fois supérieures au repos chez l’enfant que chez l’adolescent, notamment chez les garçons (voilà qui en partie explique l’explosivité de leur rapport à l’activité physique).
• Enfin, au niveau thermique, l’enfant est plus sensible au stress que les adolescents et à fortiori les adultes. Cela est dû notamment à une moindre capacité à évacuer la chaleur par évaporation sudorale. En cas de contexte de chaleur, les enfants sont donc plus facilement sujets à l’hyperthermie.
1La tentation de développer cette souplesse peut être tentante dans certains sports. Mais elle peut avoir des effets désastreux sur le développement postural des enfants, et se répercuter à l’âge adultes (certaines jeunes adultes, anciennes gymnastes peuvent en attester).
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2. L’adolescence
La puberté est corrélée à une sécrétion hormonale importante (GH -Hormone de croissance, IGF1 - Facteurs de croissance insuline, SSH – Hormones stéroïdes sexuelles) qui va stimuler la croissance osseuse et musculaire, les aptitudes fonctionnelles et métaboliques.
• La croissance s’accélère à nouveau (comme durant les premières années de vie) puis s’annule quand la taille définitive est atteinte (16 ans en moyenne chez les filles, 18/20 chez les garçons). Il en va de même pour le poids.
• Cette période s’accompagne bien entendu du développement des caractères sexuels primaires (maturation de la fonction reproductrice) et du développement concomitant des caractères sexuels secondaires :
Chez les garçons :
• Développement de la pilosité (pubienne, axillaire, faciale…) ;
• Modification du ton de la voix (conséquente d’une modification du Larynx) ;
• Epaississement du derme Chez les filles :
• Développement des glandes mammaires (qui deviennent fonctionnelles) ;
• Augmentation du tissu adipeux ;
• Développement de la pilosité (axillaire et pubienne).
• Les os commencent à se souder à partir de l’adolescence et l’ossification est totalement achevée aux alentours de 20 ans (quelques années plus tôt chez les filles du fait de l’action des œstrogènes qui provoquent le processus d’ossification). L’adolescence est la période cruciale du développement maximal de la densité osseuse. Elle sera stimulée et optimisée par la présence d’une nutrition saine et adaptée, et par la pratique d’une activité physique régulière.
• Chez les garçons : cela se traduit chez les garçons par une augmentation significative de la distance biacromiale, un développement conséquent de la cage thoracique, et une croissance importante des mains et des pieds.
• Chez les filles : cela se traduit essentiellement par un élargissement du bassin (parfois supérieur à celui des épaules)
• Au niveau du tissu musculaire : A la puberté, la production de testostérone est multipliée par 10 chez les garçons. La masse musculaire s’accroit alors considérablement (hypertrophie, alors que dans la période prénatale, il s’agit d’hyperplasie). Il n’en va pas de même chez les filles, qui voient bien sur leur masse musculaire augmenter durant la puberté, mais à un degré moindre, du fait d’un fonctionnement hormonal différent (30 à 35% du poids total à l’âge adulte).
• Au niveau du système nerveux, bien que le cerveau ait atteint sa taille adulte, il est encore en cours de maturation (qui se poursuit par ailleurs bien au-delà de cette période). Mais rien de comparable avec l’enfance. Les connexions synaptiques sont renforcées. La fonction cérébrale
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devient plus efficace et spécialisée. Cela se traduit notamment par une amélioration de la vitesse de traitement de l’information, de la concentration, et de la mémoire.
La myélinisation des fibres nerveuses est terminée (tant et si bien que certains chercheurs avancent une capacité de connexion multipliée par 110 par comparaison à l’enfance). Il peut donc y avoir assez rapidement spécialisation du geste moteur, et il est possible d’atteindre assez rapidement un haut niveau de technicité.
• La puberté s’accompagne aussi d’une forte sécrétion de sérotonine, neurotransmetteur régulateur de l’humeur et de l’émotivité (ceci pouvant expliquer selon certains spécialistes les variations d’humeurs et de comportements que l’on peut observer à cette période-là).
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B. ADAPTATION A L’EXERCICE
Il est désormais admis (et corroboré par de nombreux travaux de recherche), que l’activité physique régulière a un impact important sur la santé à court et moyen terme. D’une manière générale on peut affirmer que les enfants et adolescent qui pratiquent une activité sportive ont :
• Un pourcentage de masse grasse moins important (ce fait à lui seul devrait, en matière de santé publique, pousser à la promotion plus active encore des activités physiques et sportives…). En effet, une dépense énergétique importante et régulière modifie la masse corporelle et la répartition des masses grasse et maigre chez les enfants et les adolescents. Et peut avoir des répercussions à l’âge adulte.
• De nombreuses études montrent que les activités physiques et sportives influencent positivement la minéralisation osseuse. En d’autres termes, le sport, pour peu qu’il soit modéré chez l’enfant, favorise l’ostéogénèse.
1. Chez l’enfant
Naturellement, sans aborder le « sport » proprement dit, les enfants ont une inclinaison naturelle à l’intermittence physique. Ils sont portés vers les efforts intenses et brefs (qui excèdent rarement 20s en moyenne1), avec de brusques changements entre les périodes de repos et d’activation. Ces efforts intenses, en fonction des enfants, peuvent représenter 36% de l’activité physique totale en une journée (Cela peut représenter jusqu’à 200 minutes par jour, pour des enfants âgés de 7 ans) !
• A mesure que la masse musculaire s’accroit et que la myélinisation des fibres nerveuses se développe, la force augmente elle aussi. Cela permet d’accroitre progressivement la charge d’entraînement. Toutefois, il n’est pas question en ce domaine de travail avec charges additionnelles ! Les exercices ludiques, de poussées, tirages, sauts, etc.2… pour peu qu’ils soient pensés et encadrés de manière sécuritaire sont autant d’exercices de force qui vont aider l’enfant à développer son système nerveux (coordination motrice notamment), l’amenant à développer plus encore cette qualité physique. De plus, ces exercices de force, réalisés au poids du corps, ont un effet bénéfique sur le développement osseux du jeune enfant3.
1 Bayley et al., 1995
2 L’organisation de circuits en échauffement est un excellent moyen de mettre en place ces exercices de renforcements. Ils peuvent être aussi proposés sous formes de jeux d’opposition : les enfants doivent se pousser ou se tirer hors d’une limite fixée, etc.
3Certains auteurs proposent la possibilité d’un travail de gainage pour les enfants prépubères. En ce domaine, selon mon expérience, je conseille d’éviter fortement tous les exercices classiques de type « planche », qui peuvent amener très vite des soucis posturaux chez des enfants qui ont encore du mal à solliciter leur caisson abdominal, ou éprouvent des difficultés à contrôler une contraction isométrique. Par contre, de manière ludique, les faire se tenir sur une jambe ave un ou deux bras tendus au-dessus de la tête, ou encore en appuis sur les deux mains (ou une seule main) contre un mur, ou toute autre situation qui ne risque pas de compromettre l’alignement rachidien peut s’avérer particulièrement intéressant.
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• Nous l’avons vu, l’enfant présente toutes les caractéristiques physiologiques le prédisposant à l’exercice aérobie. Un entraînement spécifiquement aérobie ne provoque pas d’adaptations particulières de cette voie métabolique. Celle-ci devient naturellement plus performante à mesure que l’enfant avance en âge, de manière concomitante avec le développement de ses systèmes cardiovasculaires et respiratoires.
• Les performances de type anaérobie sont de plus en plus élevées à mesure que l’enfant avance en âge. L’activité glycolytique est moindre chez l’enfant, du fait d’une immaturité de ce système. Celle-ci est due fort logiquement à des stocks de glycogène musculaire plus faibles (moitié moins que chez l’adultes) et à une activité enzymatique moindre. Ce très faible recours à la glycolyse anaérobie est attesté par ailleurs par la faible concentration de lactates sanguins post exercice que l’on peut constater chez l’enfant.
Il est à noter que cette faiblesse du stockage du glycogène explique notamment la raison pour laquelle les enfants utilisent lors des efforts aérobies préférentiellement les Acides Gras Libres.
Et donc, par extension, la raison pour laquelle une activité physique régulière peut aider à lutter contre le surpoids infantile.
Certaines études mettent en avant que des exercices intenses, compris entre 15 secondes et 1 à 2 minutes pourraient développer ces voies métaboliques encore immatures. Mais ces effets seraient temporaires (tout comme chez l’adulte), et de tels protocoles d’entraînements ne sont pas envisageables avant la préadolescence1.
L’intensité de l’exercice doit donc être modulée en fonction de l’âge du jeune sportif.
• Il est intéressant de noter que les stocks de PCr et ATP chez l’enfants sont identiques à ceux de l’adulte, ce qui explique la capacité des jeunes enfants à produire des exercices explosifs, mais de courte durée.
1Cela pose donc la question de la charge imposée à des groupes d’enfants parfois diffus (il n’est pas rare dans certains sports, de combats notamment, d’avoir des groupes d’enfants allant de 6 à 14 ans… Peut-on ainsi raisonnablement uniformiser le contenu des séances ?). La répartition par classe d’âge et la réflexion sur le contenu des séances d’entraînement semble donc à cet égard être nécessaire.
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2. Chez l’adolescent
• A l’adolescence, les variations anatomiques sont importantes. Elles peuvent être parfois extrêmement rapides ou inhabituelles (la fameuse poussée de croissance n’est pas qu’un mythe). De fait, il n’est pas rare de constater chez des adolescents une certaine désorganisation motrice temporaire1.
• Avec la puberté, en raison des modifications ostéo-musculaires, hormonales, et parce que le système nerveux a atteint sa pleine maturité, la force augmente considérablement, avec une progression plus nette chez les garçons que chez les filles2.
• Nous l’avons vu, le pic pubertaire s’accompagne d’une sécrétion particulièrement importante d’hormones. Il est intéressant de noter que l’activité physique est un puissant activateur de la sécrétion de GH et d’IGF1. Les exercices intenses induisent des pics de sécrétion (notamment de GH), perturbant ainsi les cycles normaux de sécrétion. Difficile au regard de ce fait d’accréditer la thèse du sport qui limite la croissance…
• Avec le pic pubertaire, les performances aérobies augmentent. Cela est bien sûr à mettre en relation avec la maturation des systèmes cardio-vasculaire et respiratoire. La VO₂max atteint son niveau maximal entre 17 et 21 ans chez les garçons, entre 12 et 15 ans chez les filles.
• Concernant les voies métaboliques, il faut noter que l’adolescence est la période où les performances anaérobies sont les plus élevées. Cela est bien sûr corrélé au développement de la masse musculaire, et à la maturation du système nerveux qui permet le recrutement des fibres glycolytiques (de type II). Cette meilleure performance du processus glycolytique est corroborée par certains travaux (Bougnères, 1988) qui ont démontré que les concentrations en glycogène (hépatique) étaient inférieures chez l’enfant prépubère comparativement à l’adulte, avec une augmentation significative durant la puberté.
A contrario de l’enfant prépubère, la concentration de lactates sanguin s’accroit de concert avec la maturation sexuelle. Ainsi, il y une corrélation entre le taux de testostérone sanguin et la production de lactate post-exercice chez le garçon.
1 J’ai été confronté dans le cadre du karaté à un jeune pratiquant de 12 ans qui, au cours d’un été, a gagné 11 cm de taille. A son retour en septembre alors qu’il était plutôt « à l’aise » sur un plan technique avant la coupure estivale, il a éprouvé des difficultés à retrouver son aisance dans certains secteurs de pratique, dont notamment la précision et la gestion de la distance. Il lui a fallu plusieurs semaines (presque 2 mois) avant de pouvoir réajuster son travail technique à son « nouveau gabarit ».
De même, j’ai dû intégrer un jeune garçon de 12 ans directement à un cours destiné aux adultes car il mesurait alors 1,82m !
2 Toutefois, si l’augmentation de la charge de travail dans nos disciplines peut être envisagée, il faut garder la plus grande prudence en ce domaine… Avant de penser à la performance, l’entraîneur doit avoir en tête l’intérêt supérieur de l’intégrité physique du jeune sportif.
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• Chez les filles, la production d’œstrogènes est fréquemment accompagnée d’une augmentation plus ou moins importante de la masse grasse. Celle-ci peut engendrer une baisse des performances. Ce processus est d’autant plus accentué que cette sécrétion accrue d’œstrogènes provoque une modification du seuil de perception de la douleur.
La maturation sexuelle peut en revanche être perturbée par une activité physique intense.
Dans les activités physiques demandant une masse corporelle légère (activités artistiques et/ou gymniques), l’apparition des premières menstruations peut être retardée.
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3. La performance
De manière évidente, sur un plan physiologique, la croissance et la maturation constituent les facteurs essentiels de la performance sportive des enfants et des adolescents, les performances aérobies et anaérobies s’améliorant naturellement à mesure que l’âge avance.
Cela va à l’encontre d’une croyance encore trop persistante qui consiste à spécialiser très tôt les enfants dans une disciplines sportive (Russes et Chinois notamment s’en sont fait une spécialité), afin de les rendre performants. Outre l’impact psychologique que cela peut avoir sur le jeune sportif (perte de l’aspect ludique de la pratique sportive et de ses vertus socialisantes), cette pratique a des effets délétères indéniables :
• Elle nuit considérablement à la variabilité motrice, limitant le développement d’autres capacités et habilités motrices non essentielles au sport pratiqué.
• Elle surcharge bien souvent le système musculosquelettique, entraînant parfois des blessures irrémédiables.
• Elle peut être un facteur limitant la maturation sexuelle (le cas des jeunes gymnastes chinoises, âgées de 16 ans et en paraissant 12 en est un exemple criant…)
A cet égard donc, l’entraîneur doit donc se garder de spécialiser1 trop tôt les jeunes sportifs.
D’aucuns s’accordent pour affirmer que l’adolescence parait être une bonne période pour débuter le travail de spécialisation sportive.
En attendant, plutôt que de les surcharger les enfants avec de lourdes séances d’entraînement, une approche technique et/ou tactique un peu plus poussée chez des sujets « détectés » parait plus judicieuse, à condition de ne jamais perdre de vue que la pratique sportive doit être mise au service du bien-être de l’enfant et de l’adolescent, et non devenir la manifestation du désir irraisonné de victoire de l’entraineur ou des parents.
1Un exemple parmi d’autres qui illustre cette spécialisation : En novembre 2013, une jeune américaine de 6 ans a parcouru un semi-marathon en 2h46mn et 30 secondes. Quelles seront les incidences à long termes d’une telle pratique (au niveau ostéoarticulaire notamment) ? Quelle influence ses parents ont-ils joués dans cette aberration que certains qualifient de performance ? Nous sommes bien loin des rythmes physiques habituels des enfants de cet âge…
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C. CARACTÉRISTIQUES PSYCHIQUES, COGNITIVES, SOCIOLOGIQUES
Préambule
Dans cette partie, nous allons aborder certaines grandes lignes du comportement des enfants et des adolescents à l’égard des activités physiques et sportives. Il s’agit là de traits communs, généralement observés, mais qui ne tiennent pas compte des différences interindividuelles et ne sauraient être des vérités absolues. Chaque jeune sportif a en effet des caractéristiques propres qui sont souvent le fruit du contexte dans lequel il évolue, de son patrimoine éducatif et de sa manière de considérer ce qui l’entoure.
Chaque enfant, chaque adolescent est différent. Sa qualité d’individu à part entière, doit pousser l’entraîneur à s’interroger et à tenir compte de ses spécificités.
1. La pratique sportive
a. Intérêts généraux pour le jeune pratiquant
D’une manière générale, on peut affirmer que le sport est porteur de valeur auxquelles sont sensibles les enfants, indépendamment du contexte dans lequel ils évoluent :
• Ils ont conscience des bienfaits d’un mode de vie actif et de la valeur du sport dans la santé globale. L’école et les campagnes institutionnelles (bien que parfois jugées insuffisantes), ont un effet positif sur l’investissement des enfants dans le sport ;
• Ils se construisent une image de soi positive, à travers notamment les succès qu’ils obtiennent (nous reviendrons sur cette notion plus loin) ;
• Il se sociabilisent, apprenant à agir comme les membres d’un groupe ou d’une équipe ;
• Ils apprennent à respecter un cadre réglementaire (les règles du sport, mais celles aussi imposées par les adultes qui encadrent la pratique sportive). Le sport est donc à ce titre porteur de valeurs civiques ;
• Ils apprennent peu à peu à se décentrer et à respecter les autres ;
• Ils s’approprient progressivement des valeurs morales telles que la tolérance, l’équité, la responsabilité.
La liste pourrait être encore longue bien sûr. Et en nous détachant de notre vision adulte et parfois désabusée du milieu sportif (notamment professionnel), il est important de ne jamais perdre de vue que ces points sont particulièrement importants pour les enfants, et qu’il appartient à l’entraîneur de les inculquer aux enfants dont il a la charge.
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b. Les facteurs qui poussent le jeune vers le sport
• Soulignons dans un premier temps que l’environnement familial est déterminant dans l’adhésion de l’enfant et de l’adolescent à l’activité physique, et à fortiori à la pratique sportive.
Nombre d’études mettent en avant que les enfants dont les parents sont actifs sont en général plus actifs que les enfants dont les parents sont totalement sédentaires (jusqu’à 5,8 fois lorsque les deux parents considérés sont sportifs1). Cette différence est bien sûr à mettre en lien avec le rôle de modèle que jouent les parents, mais aussi avec le partage des activités physiques entre les membres de la famille.
• Réseaux sociaux, accessibilités aux images, (sur)médiatisation sont autant de facteurs d’influence pouvant mener les enfants vers une activité sportive. Ainsi, nombre d’entre eux rejoignent des clubs sportifs pour pratiquer le même sport qu’une idole : les stars du football, du basket-ball, ou encore du judo, par leur médiatisation, attirent les enfants dans leurs disciplines.
Il en va de même dans une discipline qui nous concernent plus : la musculation sportive. Elle attire des adolescents de plus en plus jeunes, sous l’influence de motivateurs des réseaux sociaux dans des salles de musculation, avec des motivations qui sont souvent plus d’ordre esthétique que fonctionnelle (nombre d’établissements les acceptent à partir de 16 ans désormais).
• Le besoin de palier un manque ou tout simplement de panser ce que d’aucuns (les parents, souvent) jugent comme un dysfonctionnement social, affectif, narcissique peut pousser vers la pratique sportive. Par exemple, il n’est pas rare que des parents inscrivent leur enfant dans une discipline collective car celui-ci a du mal à se faire des amis ; ou encore dans une discipline martiale car il n’a pas suffisamment confiance en lui ou qu’il a peur de se faire molester par d’autres enfants à l’école… Ce type de démarche pose tout de même la question de l’adhésion positive de l’enfant à la démarche sportive, et bien entendu de la vision que les adultes ont de cette dernière.
1 Moore et al., 1991
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2. Quelques spécificités du rapport de l’enfant à la pratique sportive
Avant de développer certains points précis, nous pouvons relever quelques caractéristiques communes à tous les enfants :
• L’enfant a une approche assez décousue de la pratique sportive. Il pourra produire des efforts importants, mais sur des temps très courts. Il est fatigable mais récupère très vite.
Il peut éprouver des difficultés à se réguler dans l’effort1. Il a parfois du mal à se concentrer.
Il s’ennuie vite.
• Au sein de cette période large qu’est l’enfance, nous pouvons observer deux stades : - De 6 à 8 ans : c’est le début de la scolarisation obligatoire. La pratique sportive va
permettre un renforcement postural, une amélioration de la latéralisation, de la coordination, des trajectoires, de l’équilibre, de l’orientation spatiale et temporelle, etc. C’est l’âge du « sport-jeu ».
- De 8-12 ans : l’enfant passe de l'initiation sportive, au perfectionnement et parfois à la compétition (si elle est librement consentie). Cette phase lui permet de s’affirmer dans un cadre réglementaire respectueux de lui-même et d’autrui. C’est à cette période que la pratique sportive peut devenir un véritable centre d’intérêt. Certains pédagogues appellent cette période « l’âge d’or des apprentissages ».
Abordons maintenant quelques points avec plus de précisions :
→ Chez le jeune enfant, pas de différences intersexes. Garçons et filles peuvent s’associer sans difficultés.
→ L’égocentrisme est prégnant chez le jeune enfant mais va avoir tendance à diminuer à mesure qu’il avance en âge. Il n’a pas encore tout à fait conscience de son appartenance à un groupe social, et du rôle qu’il peut jouer au sein de celui-ci. Il suffit de regarder par exemple un match de basket. Un jeune enfant qui reçoit le ballon va avoir une tendance marquée à dribbler, les yeux rivés sur son ballon, sans regard pour ses partenaires. Il arrive même parfois que deux enfants d’une même équipe se disputent le ballon lors d’un match !
A mesure qu’il va grandir (en théorie après 5 ou 6 ans), il va apprendre à se décentrer, à tenir compte de son entourage, et à admettre qu’il n’a pas une place centrale au sein des différentes organisations dans lesquelles il est intégré.
1 Il m’arrive parfois de faire trottiner quelques minutes mes jeunes pratiquants afin de les échauffer. Je prends systématiquement le temps de leur expliquer ce que j’attends d’eux au niveau du rythme de course. Rien n’y fait, il suffit que je donne le signal de début pour que presque tous partent en sprint !!!
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→ La prise de décision chez le jeune enfant est un processus lent et parfois difficile, surtout quand la situation est inconnue ou vecteur de stress. Cela s’explique bien sûr par le manque d’expérience, mais aussi par le manque de familiarité avec la situation. Ainsi, lors d’un match de football, sur « vrai » terrain, avec arbitres, et parents vociférant sur le bord, il n’est pas rare de voir des enfants laisser filer le ballon sans esquisser le moindre geste.
• Le désir de bien faire peut aussi limiter la prise de décision. Ainsi, un enfant qui joue son premier match de basket-ball, peut avoir enregistré qu’il devait défendre en permanence sur un joueur adverse, au point d’en oublier totalement le ballon ! ou encore faire systématiquement une passe à un partenaire de jeu alors qu’il est en position de tirer, simplement car il redoute de manquer son tir.
• A cela s’ajoute bien sûr la capacité à traiter nombres d’informations dans le même temps, et l’incertitude que cette multiplicité fait naitre ! ainsi au rugby, il n’est pas aisé de repérer où se trouvent ses partenaires, les joueurs adverses, le ballon, si l’on est hors-jeu ou non, etc. Et si par-dessus tout cela l’enfant doit décider s’il fait une passe ou s’il part tout droit en courant…
→ Le rapport au succès est un concept important à définir. Chez l’enfant succès n’est pas synonyme de victoire dans le cadre sportif. Pour un enfant, terminer simplement une course, sans regard pour sa place à l’arrivée, peut être un succès. Cette notion est importante, car elle est parfois en décalage avec les attentes des adultes qui entourent l’enfant (y compris l’entraineur), qui ne doivent jamais perdre de vue l’influence qu’ils peuvent avoir sur le jeune enfant, souvent en quête d’approbation.
Pour aller plus loin, la notion de plaisir est primordiale. Les enfants veulent naturellement jouer, participer, même s’ils ne gagnent pas. Il ne se dévalorisent pas et acceptent bien volontiers qu’un autre enfant soit meilleur qu’eux. C’est souvent l’absence de plaisir qui pousse l’enfant à abandonner le sport…
→ L’estime de soi : Selon Jean Piaget (entre autres spécialités, psychologue internationalement reconnu de l’enfance), la période la plus importante pour le développement de l’estime de soi se situe entre 6 et 11 ans. Période qui correspond bien souvent avec la première expérience sportive. Et de manière évidente, le succès dans la pratique sportive (au sens où nous l’avons envisagé juste avant), va aider l’enfant à construire l’image qu’il a de lui-même. Certains psychologues vont même jusqu’à affirmer que la personnalité adulte est le résultat de la somme des encouragements que nous avons reçu lors de notre enfance. L’estime de soi conditionne donc la capacité que va avoir l’enfant de croire en ses chances de réussite.
→ La versatilité : Chez l'enfant, la découverte sportive est très souvent associée à celle des copains ou d’un des parents (mimétisme et / ou désir de plaire). Cela explique la raison pour laquelle les changements d’activité sportive sont nombreux au cours de l’enfance. Cela cesse en général le jour où (souvent à la préadolescence ou à l’adolescence), ce choix devient personnel et réfléchi (ou que l’enfant se désintéresse de la pratique sportive).
Il n’est pas rare qu’un enfant abandonne la pratique en cours de saison, par lassitude, suite à une mise à distance de ses copains, etc. Ce comportement est normal chez les enfants. Il pose bien sur la question de sa capacité à s’engager sur le long terme (et bien entendu celle de la
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position des parents à l’égard de l’attitude de leur progéniture…). De plus, il n’est pas rare qu’un enfant revienne à sa pratique sportive quelques années plus tard.
3. Quelques spécificités du rapport de l’adolescent à la pratique sportive
Aborder les aspects psychiques, cognitifs et sociologiques des adolescents n’est pas chose aisée. En effet, l’adolescence est une période bouleversante, au sens fondamental du terme. Tout d’abord, aux plans anatomique et physiologique, la croissance s’accélère de manière considérable, avec tous les troubles physiques que cela peut occasionner. Si ce n’était que cela, une adaptation progressive permettrait de pallier les difficultés rencontrées.
Mais voilà, ce bouleversement touche aussi le psychisme. Avec ce « nouveau corps » apparait sur un plan symbolique la sortie de l’enfance, et donc la transition vers le mondes des adultes. Et en ce domaine, il existe autant de problématiques que d’adolescents !!! Certains vivent très mal cette sortie de l’enfance (notamment chez les filles, avec l’apparition des marqueurs de maturité sexuelle que sont les menstruations et le développement de la poitrine), d’autres au contraire vivent cette période comme une traversée du désert sans fin, tout à leur désir d’être considérés comme des adultes dignes de confiance…
Les capacités cognitives évoluent elles aussi. L’adolescent a une capacité d’abstraction plus poussée que celle de l’enfant, et cela va avoir son importance dans son rapport au monde. C’est souvent à cette période-là qu’il adhère à des causes « supérieures » (humanitaires, identitaires, parfois spirituelles…).
Il développe donc son propre système de pensée, qui peut l’amener à remettre en question le cadre dans lequel il évoluait jusque-là.
Enfin, au plan sociologique, afin de s’émanciper de la structure familiale, l’adolescent éprouve souvent un besoin d’appartenance à un groupe (qu’il faut prendre au sens large, car le groupe n’est parfois composé que de deux personnes), qui sera fédéré par divers biais : intérêts communs, amitiés fortes, affinités de caractère… et bien entendu, pratique sportive.
La littérature sur le sujet est abondante et pourra sans nul doute répondre aux questions que vous pourriez vous poser sur le sujet. Dans cette partie, nous nous limiterons à développer certains aspects que l’on peut rencontrer dans le cadre de la pratique sportive, et dont il est nécessaire de tenir compte lorsqu’en notre qualité d’entraîneur, nous avons affaire à des adolescents.
→ A l’adolescence, à la différence de l’enfance, l’activité physique est en général moins chaotique et explosive. Elle est plus structurée, et moins spontanée. Elle s’inscrit plus facilement dans une approche raisonnée, individuelle ou collective, et elle est souvent associée à des objectifs de bien être-santé. (C’est en général vers 10 ans qu’apparait ce glissement vers une activité physique moindre).
→ Cependant, l’adolescence est souvent marquée par une désaffection pour la pratique sportive.
Il s’agit l’un d’un constat, que la catégorisation des licenciés de diverses fédérations vient corroborer. Baisse de motivation, nouveaux intérêts, volontés de rupture sont autant de raisons qui sont avancées.
Il est intéressant de souligner que filles et garçons évoquent en premier lieu une même raison de ne pas pratiquer de sport : la charge de travail scolaire à la maison : « J’ai trop de devoirs »
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est le premier motif avancé par les jeunes âgés de 12 à 17 ans. Ensuite, les garçons évoquent plutôt un manque de temps (global), alors que les filles sont plus nombreuses à déclarer ne pas aimer le sport1. Plus spécifiquement :
• Dans le cas des filles, des facteurs psychosociaux peuvent expliquer ce phénomène : le sport est parfois associé à une image de masculinité ; les filles se tournent aussi plus facilement vers des activités culturelles, artistiques ou sociales. Les changements d’ordres biologiques dont nous avons précédemment parlé deviennent parfois un frein psychique.
• Chez les garçons, divers facteurs peuvent expliquer ce phénomène : une croissance forte peut provoquer des douleurs physiques importantes : douleurs articulaires, syndromes tendineux, douleurs dorsales (qui s’accompagnent souvent d’une cyphose marquée) ; mais aussi rejet de la pratique à cause du cadre qu’elle impose.
→ Nous avons parlé des modifications anatomiques que subissent les adolescents. Celles-ci sont corporelles et visibles. L’adolescence ne débute pas au même moment chez tous les enfants.
Maturation différente, passage « obligé » par les vestiaires ou la douche, certaines tenues sportives proches du corps peuvent mettre terriblement mal à l’aise les adolescents et préadolescents qui ont la comparaison (et la moquerie) parfois facile. Cela peut entraîner des modifications aisément identifiables du comportement (l’adolescent arrive directement en tenue par exemple), où plus subtiles (l’adolescent se désociabilise en se tenant à distance de
« ceux qui ne sont plus comme lui »).
→ L’appartenance au groupe est un facteur déterminant dans la pratique sportive à l’adolescence, y compris dans les sports individuels. Le sport permet de tisser ou de renforcer des liens sociaux. Il est aussi un facteur égalitaire, gommant les différences sociales et culturelles. A ce sujet, il est intéressant de noter que le port d’une tenue vestimentaire arborant les mêmes codes (et pas uniquement en compétition), permet d’accroitre cette cohésion et ce phénomène de groupe si important à l’adolescence.
→ Avec le besoin d’émancipation apparait chez l’adolescent le besoin de relever des défis, de braver symboliquement le cadre sécuritaire propre de l’enfance. Les expériences doivent être nouvelles. Ce phénomène qui peut entraîner une remise en question du contenu des séances d’entraînement, voire de la pratique sportive dans son ensemble, peut devenir un moteur considérable pour qui saura apporter de la nouveauté. Dans le cadre des arts martiaux par exemple, sortir de l’entraînement sportif classique pour aborder le travail de défense personnelle peut être un moyen de relancer l’intérêt pour la discipline.
→ A contrario, cette volonté de relever des défis peut se traduire par une quête (parfois irraisonnée) de victoire. La recherche constante de performance doit être abordée avec circonspection. Si elle peut être un atout sur lequel s’appuyer pour faire avancer la pratique sportive, elle peut se révéler symptomatique d’un trouble du comportement, qui peut entraîner des conduites désastreuses lorsque l’échec est rencontré (dépréciation, tricherie, dopage…).
1 « SPORT, ADOLESCENCE, ET FAMILLE », rapport ministériel, 2003
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→ Le besoin de reconnaissance et de confiance est aussi au cœur des préoccupations adolescentes. L’âge adulte ne paraissant plus si loin que ça, le besoin d’être traité en tant que tel est manifeste. C’est durant cette période qu’il peut s’avérer judicieux de confier aux jeunes sportifs des tâches d’arbitrage, d’encadrement d’un exercice, ou encore d’un groupe, afin qu’il puisse accéder symboliquement à cette reconnaissance.
→ L’estime de soi est souvent une problématique de l’adolescence. La pratique sportive peut être un moyen d’améliorer cette perception. D’une manière globale, les adolescents (filles et garçons confondus) qui font du sport ont une image plus positive de leur corps. C’est ainsi que de plus en plus de filles se tournent vers le sport afin de maigrir (bien souvent dans une recherche esthétique, et moins dans une approche sport/santé, preuve s’il en était encore besoin, de la place de l’image projetée dans nos sociétés). Les jeunes sportifs, surtout les garçons, reconnaissent avoir une image plus positive d’eux-mêmes que les non sportifs, et ils sont aussi plus nombreux à s’accepter physiquement et à se sentir acceptés par les autres1.
→ La différence inter-genres est une problématique parfois inattendue de l’adolescence. Les adolescents éprouvent souvent une certaine difficulté à s’associer à des pratiquants de l’autre sexe lors de l’activité physique (toutes les disciplines ne séparent pas les séances d’entraînement par genre, notamment dans les sports individuels). Garçons et filles aiment rester entre eux, et peuvent parfois éprouver une gêne (quand il ne s’agit d’un refus pur et simple) à pratiquer de manière mixte.
1 DE PERETTI, INRP, 1995
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D. PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES
Avec les lignes qui vont suivre, l’idée n’est pas de dresser un catalogue exhaustif des attitudes pédagogiques utilisables avec les enfants et les adolescents. Il s’agit plutôt de mettre en avant certains axes de réflexions pour l’entraîneur. Tout cela bien sûr dans le but de lui permettre plus encore ses interventions auprès de ces publics spécifiques.
1. De la nécessité absolue du cadre
A mon sens, la pratique sportive ne peut se concevoir sans l’établissement d’un cadre fixe, dont l’entraîneur doit être le garant. Par « cadre », je n’entends pas seulement l’aspect réglementaire sportif, mais aussi les règles de vie et de comportement à l’égard des autres et du lieu qui accueille la pratique.
Pour ma part par exemple, tout écart de langage est sanctionné au club. Le matériel utilisé doit obligatoirement être rangé par l’enfant qui l’a utilisé. Les enfants n’ont pas le droit de s’allonger sur le tatami (mais peuvent tout à fait s’assoir).
J’ai connu un entraîneur de football qui obligeait ses joueurs à retirer leurs crampons avant d’entrer dans les vestiaires afin de les garder propres et qui n’autorisait pas un mot lorsqu’il donnait des explications.
A chacun de définir ses propres règles, qui pour la plupart ne devraient être que des expressions de bon sens. Ne perdons jamais de vue que le sport est un reflet de ce que les enfants, les adolescents vont vivre ou vivent au quotidien (compétition, rapport à l’autorité, performance…).
Leur imposer des règles, c’est à la fois les sécuriser (« je ne peux pas faire n’importe quoi, et ainsi je ne cours pas de risques ») et leur donner des limites (« je ne peux pas faire n’importe quoi, et ainsi je peux m’intégrer dans un cadre social régulé par diverses règles »).
Qui dit « règles », suppose aussi possibilités de transgression. A cet égard, il faut être vigilant, et la réponse doit être appropriée.
Chez le jeune enfant, la transgression et la tricherie sont souvent un marqueur d’autonomisation (au sens premier du terme : « suivre ses propres lois »). Si elle doit être relevée, cela doit être fait avec indulgence.
A l’adolescence, la transgression peut être un signe d’émancipation (mais aussi parfois de simple défi).
À l’entraîneur d’adapter sa réponse en fonction de chaque situation. Mais il doit avoir toujours comme guide de ses actions la bienveillance.
Certains entraîneurs sont parfois si durs qu’ils provoquent une désaffection pour la pratique sportive.
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2. Pour encadrer des enfants
a. Positiver ! Il est essentiel de positiver chacune des actions sportives de l’enfant. Quoi qu’il fasse, il y a toujours du positif à en tirer ! Au football, un enfant de 7 ans qui tire 5 mètres du but est un enfant qui est parvenu avant tout à tirer dans un ballon ! Il faudra seulement lui donner un peu plus de temps pour acquérir plus de précision. La valorisation finira immanquablement par entraîner la réussite. Et la réussite, sur un plan psychique, entraîne la réussite.
b. Par conséquent, il faut placer l’enfant en situation de réussite ! Il ne me parait pas envisageable que l’enfant ressorte d’une séance d’entraînement sans avoir le sentiment d’avoir réussi ce qui lui a été demandé ! Un enfant qui a du mal par exemple au basket-ball à faire une passe à distance devra être placé en conditions de réussite par l’entraîneur, impérativement (ballon plus léger, distances raccourcies, changement pour un partenaire plus adroit en réception…).
c. De ces deux premières idées découle la troisième : il faut, verbalement, gestuellement, valoriser l’enfant. Un enfant valorisé est un enfant qui psychiquement grandira bien, je ne le répéterai jamais assez !
Il n’est pas nécessaire d’user constamment de superlatifs mais par contre le discours doit être bienveillant. Les sentences négatives, les jugements de valeur sont à bannir. Plutôt que de faire remarquer à l’enfant qu’il a raté son tir (par ailleurs, il le voit bien, inutile de lui rappeler !), pourquoi ne pas lui dire par exemple que son tir a été puissant (valorisation), mais qu’il devrait fléchir un peu plus sa jambe d’appui pour être moins en déséquilibre au moment de la frappe (remédiation) ? Un pouce levé bien haut, lors d’un entraînement, accompagné d’un sourire, vaut parfois pour l’enfant bien plus que tout ce que vous pourriez lui dire !
d. Il faut rendre le sport ludique ! Il est vecteur de plaisir. Et rien de pire pour un enfant que s’ennuyer lors d’une séance. Alors inventez, développez des scénarii, trouvez des images, appuyez-vous sur l’imaginaire des enfants. Crocodiles, serpents, samouraïs, épées magiques sont des intervenants réguliers des cours que j’anime !
Sur un plan pédagogique, le jeu est le précurseur du sport. Développons un exemple simple :
• Je jette un ballon au milieu d’un groupe de jeunes enfants, tous se précipitent dessus, courent en tous sens pour le conserver.
• J’interdis les contacts, et oblige l’enfant qui est en possession du ballon à le passer à un camarade avant que j’aie fini de compter jusqu’à 3.
• Je conserve les mêmes règles, mais je sépare le groupe en deux. Les passes ne peuvent désormais se faire qu’au sein du même groupe.
• Je conserve les mêmes règles, mais je délimite une surface d’évolution dont ils n’ont pas le droit de sortir.
Ce processus décrit bien comment du jeu je passe à une situation sportive, régulée. Il n’aura suffi que d’augmenter progressivement les contraintes. Et cette démarche est utilisable dans absolument tous les sports !
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e. Surveille ton langage PUTAIN !!!! je crois que cette sentence résume à elle seule l’idée du modèle. L’adage « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » n’a aucun sens dans la relation pédagogique et éducative. Difficile de reprendre un enfant sur son langage justement si à chaque phrase vous jurez comme un charretier. De même, difficile de demander aux joueurs d’une équipe ou à vos jeunes athlètes de respecter les décisions arbitrales si vous- mêmes vous les contestez. Ou de leur dire, comme j’ai pu l’entendre déjà, au court du même temps-mort lors d’un match de basket-ball, « peu importe le résultat » et « si j’avais su que vous prendriez 24 points dans les dents, je serais resté chez moi ! »…
Ne perdez jamais de vue qu’au plan symbolique, et dans un cadre spécifiquement sportif, l’entraîneur est une extension de la figure parentale pour les jeunes enfants.
3. Pour encadrer des adolescents
Deux chercheurs (Sarrazin et Guillet, 2001), qui se sont penchés sur les phénomènes d’abandon dans le sport, ont identifié trois « besoins fondamentaux que l’expérience sportive doit satisfaire ». Ces besoins sont valides pour les jeunes enfants, mais sont centraux pour les adolescents :
• La compétence : le sentiment de "contrôle", de "maîtrise", d’"être bon" ;
• L’autonomie : le sentiment de « liberté » et le sentiment d’être à l’origine de son comportement (de s’engager de sa propre initiative) ;
• L’appartenance ou la proximité sociale : le fait de se sentir proche de quelqu’un qui compte, de faire partie d’un groupe, de se sentir accepté par les autres (coéquipiers et les entraîneurs).
Si l’entraîneur veille à ce que ces trois besoins soient présents dans sa pratique, un grand pas vers le maintien dans le sport aura été fait.
Développons maintenant d’autre axes importants de la relation entraineur-adolescent :
a. Accompagner les adolescents. Comme nous l’avons vu plus haut, cette période n’est pas toujours un long fleuve tranquille. L’entraîneur, dans un moment où le modèle familial est remis en question, peut être un relai inestimable. Il peut écouter, conseiller (tout en gardant cette neutralité bienveillante chère aux psychologues), rassurer, aider à surmonter les problèmes. En d’autres termes, il doit faire preuve d’empathie.
b. Modérer. L’adolescence est la période de l’expérimentation, des bravades, des prises de risque. Il n’est pas rare de voir les adolescents (notamment les garçons, qui sont souvent en recherche d’une virilisation de leur pratique sportive), tenter de franchir leurs limites, sans considération pour les conséquences qu’ils pourraient subir. La modération de l’effort est donc un point sur lequel l’entraîneur doit être vigilant. Expliquer et empêcher un adolescent de tenter son record personnel à l’arraché tous les 3 jours peut être salutaire.
c. S’adapter constamment. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les dispositions psychiques et physiques de l’adolescent sont à géométrie variable. Les phénomènes liés à la croissance sont parfois douloureux, et souvent générateurs de fatigue. Cette période est aussi celle d’une
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scolarité plus exigeante en termes de résultats, de volume de cours, de travail annexe à fournir.
Il n’est donc pas aisé d’avoir à chaque séance un adolescent capable d’être à 100%.
L’entraîneur doit donc être capable sur un moment « T », de modifier totalement ce qu’il avait prévu au regard des capacités de ces jeunes sportifs.
d. Prendre des précautions dans les relations : Les adolescents ne sont pas à un paradoxe près.
Alors qu’ils ont une tendance certaine à rejeter le système familial et le monde des adultes en général, ils peuvent aussi « investir » totalement un adulte tiers, dans une relation parfois ambigüe. L’entraîneur peut être de ceux-là. Il peut devenir le substitut parental, l’ami proche qu’on l’on souhaite satisfaire pour lui plaire, l’objet d’un désir amoureux, etc. (quand il ne devient pas un objet de détestation). Afin de limiter ces phénomènes, il est bon que l’entraîneur conserve quelques distances avec ces jeunes sportifs. Tout est affaire de dosage.
« Ni trop, Ni pas assez », pour résumer…
e. Responsabiliser les adolescents. Ne perdez jamais de vu que ces jeunes sont des adultes en devenir. La pratique sportive peut être un cadre d’épanouissement dans cette voie.
L’entraîneur, sans contraindre bien sûr, ne doit pas hésiter à s’appuyer sur ses sportifs plus âgés pour des tâches responsabilisantes. Ainsi, il peut par exemple, demander à un de « ses grands » d’apprendre les bases techniques d’un mouvement simple à des débutants, ou à des enfants plus jeunes… Tout cela, bien entendu, sous la supervision de l’entraineur, qui gardera toujours un œil bienveillant, mais ferme, sur les interventions de son « jeune adjoint ».
4. Le rapport à l’échec
Jusqu’à présent, nous avons beaucoup insisté sur les valeurs positives à transmettre au jeune sportif, et à la nécessité de le valoriser et de le placer en situation de réussite. Cependant, la pratique sportive n’est pas un monde enchanté dans lequel tout va toujours pour le mieux. Et bien souvent, malgré tous vos effort, enfants et adolescents seront confrontés à l’échec. En parlant d’échec, nous aborderons deux sujets distincts : l’échec de la situation d’acquisition motrice, technique, tactique, etc., et la défaite en compétition.
La première est au final inhérente à la situation d’apprentissage. Malgré tous vos efforts pour placer le jeune sportif en situation de réussite (objectifs raisonnables, atteints par d’autres enfants, éducatifs et progressivité de la mise en situation…), il se peut que celui-ci ne parvienne pas à restituer ce que vous lui demandez.
Ce type de situation peut se révéler assez difficile à vivre pour un enfant. Il faut dans un premier temps qu’il gère son sentiment de frustration. Dans un second temps qu’il comprenne que son échec ne remet aucunement en question ce qu’il est (« Je suis un gros nul ! », phrase récurrente de certains adolescents qui ont une tendance marquée à la dévalorisation). Il faudra peut-être aussi qu’il soutienne la comparaison avec ceux qui réussissent (surtout valable pour les adolescents, mais pas seulement, car l’émulation et la performance touchent les enfants de plus en plus jeunes…).
Et qu’il comprenne pourquoi il n’a pas réussi !
Il ne nous appartient pas dans ces lignes de relancer le débat sur les pédagogies centrées sur le concept
« échec/remédiation/réussite », ni sur le fait comme je l’ai tant entendu, que « c’est en tombant et en se relevant que l’on progresse » !
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S’agissant de jeunes pratiquants, il faudra insister sur la valeur de l’effort fourni, du travail qui va finir par payer, sur les problèmes qui ont pu bloquer la réussite (placement corporel, technique, concentration, etc.) Bref accompagner, dialoguer, rassurer… Et surtout vous creuser les méninges pour le sortir de cette situation ! Au final ce qui compte, c‘est de faire comprendre au jeune sportif qu’il a le temps d’apprendre. Ce dernier aspect est surtout propre aux adolescents, qui veulent tout réussir, et tout de suite ! « Rome ne s’est pas faite en un jour ». Modérer, c’est aussi refreiner les ardeurs et enseigner la patience !
La compétition demande une approche différente. En effet, les enfants ou les adolescents qui s’y prêtent doivent être parfaitement conscients que la confrontation implique inévitablement la désignation d’un vainqueur, et de (plusieurs) perdant(s). La défaite est inhérente à la compétition. Et quand on y regarde bien, hormis dans les sports à confrontation unique et directe (un match de tennis par exemple), il y a bien souvent plus de perdants que de gagnants !
Ken Shields, ancien entraîneur de l’équipe nationale du Canada de Basketball, disait, à propos des enfants, « qu’ils doivent apprendre à un très jeune âge à célébrer leurs réalisations même s’ils n’ont pas gagné la compétition. Les entraîneurs contribuent de façon très importante à créer l’environnement dans lequel évoluent les enfants ».
En d’autres termes, et pour rejoindre ce que nous évoquions plus haut, même dans la défaite, il y a des choses positives à rechercher. Bien sûr, et soyons clairs sur ce point, les points faibles ne doivent en aucun cas être occultés. Bien au contraire, ils devront être exposés, travaillés, et à termes palliés.
Mais la valorisation doit être prioritaire ! Insistons plutôt sur le travail qu’il a fallu fournir pour en arriver là, sur la détermination de ces jeunes sportifs, sur le dépassement de soi dont ils ont fait preuve…
Il faudra être vigilant sur les risques de dévalorisation en ce domaine aussi : la peur « de ne plus être aimé », de « décevoir » en cas de défaite est bien plus présente qu’on pourrait de prime abord le croire.
Cette peur est telle que certains enfants refusent catégoriquement la compétition, ne participant qu’aux entraînements.
Il peut être bon de rappeler que tous les athlètes, même les meilleurs, connaissent la défaite ! Et que parfois, même quand on donne le meilleur, il arrive de tomber sur un meilleur que soi.
Et si finalement, là était la clé d’une compétition réussie ? Aller au bout de ce qu’on l’on peut, l’on sait faire, se dépasser ?
Et si la compétition n’était qu’un moyen (d’évaluation), et non un but en soi ? Les questions sont posées. A chacun d’y apporter sa réponse.
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5. Et les parents dans tout ça ?
Vaste sujet que celui de la relation triangulaire « parents – ENFANT – entraîneur ». Dans cette partie, nous ne pouvons traiter cette question dans sa globalité. Intéressons-nous plutôt (il nous faut bien l’admettre de manière un peu caricaturale), au profil type de différents parents que vous pourriez être amener à rencontrer.
Nous ne parlerons que peu de la « championnite » qui touche nombre de parents qui voient, à travers les succès de leurs enfants, la possibilité de leur propre succès, ou qui prennent l’absence de performance comme le reflet de leurs propres échecs1. Ces parents causes souvent un stress assez intense à leurs enfants. Ils pratiquent généralement du sport par procuration, et sont au final assez nocifs psychiquement pour leurs enfants, Bien souvent, par leur comportement, ils finissent par les dégoûter définitivement de la pratique.
Il est plus intéressant de voir comment les parents peuvent être moteurs et source de motivation de la pratique infantile et adolescente : certains d’entre eux investissent la pratique de leur enfant, viennent les voir (quand cela est possible), aux entraînements ou en compétition, font du covoiturage pour les autres enfants. Ils encouragent de bonne grâce leur enfant, et valorisent leurs efforts. D’autres échangent volontiers avec les entraîneurs sur le comportement général de l’enfant, sur ses progrès, ou sur d’autres domaines qui touchent la pratique sportive. En cela, rien d’anormal, bien au contraire.
D’autres en revanche, n’hésitent pas à remettre en question la manière de faire de l’entraîneur, le plus souvent indirectement (comme toutes ces petites phrases anodines prononcées auprès de l’enfant à la sortie d’une séance, du type « il devrait te faire jouer à tel poste » ; « si c’était moi l’entraîneur… »).
Ce sont souvent ceux-là même qui contestent les décisions arbitrales, entretenant chez l’enfant l’idée d’une injustice subjective qui peut l’écarter du sport.
En général, ces adultes-là sont plus intéressés par l’enjeu que le l’expérience de jeu elle-même. Les attitudes sont souvent excessives en cas de victoire, l’indifférence salue bien souvent la défaite.
D’autres sont bien plus directs et n’hésitent pas à vous donner des conseils sur la manière de gérer les choses ! Ce sont ceux qui, par exemple, vous demandent d’expliquer pourquoi les enfants n’apprennent pas à shooter à trois points (alors qu’ils ont encore du mal à être précis dans la raquette) !
En ce domaine comme en d’autres, il est important de prendre de la distance (et parfois de garder son calme !), et surtout de rappeler quelles sont les attributions de chacun. Dans nombre de sports (c’est le cas par exemple dans les arts martiaux traditionnels), les parents ne peuvent assister aux entraînements. Dans d’autres, il leur est formellement interdit d’interagir. Comme le dit l’adage, à chacun son métier. Et à vous de voir où vous placez la limite.
Au final, les parents peuvent donc être tout à la fois des appuis d’intérêt pour l’entraîneur, ou au contraire être, par leurs actions, des éléments perturbateurs (parfois totalement parasites et contradictoires) de son action.
D’autres encore, et c’est fort heureusement la majorité (quoi que cela soit dépendant du sport envisagé), vous laisseront stoïquement faire votre travail, soucieux seulement de l’épanouissement de leur enfant au travers de la pratique sportive.
1 C’est ainsi que j’ai dû, lors d’une compétition, empêcher le père d’une jeune compétitrice de venir gifler sa fille
de 11 ans car elle venait de perdre un combat…
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CONCLUSION
Les comportements mis en place lors de l’enfance et de l’adolescence perdurent jusqu’à l’âge adulte.
Si l’on fait abstraction de l’aspect « performance » et « formation de futurs athlètes », donner le goût de l’activité physique aux plus jeunes est un enjeu majeur de santé publique. Bien sûr, il n’y a pas de déterminisme en la matière, mais un enfant actif aura plus de chance de l’être à l’âge adulte. Le contraire est malheureusement aussi vrai.
En ce domaine, l’entraîneur a un rôle fondamental à jouer : C’est lui qui va donner à l’enfant le goût de la dépense physique, de l’effort, du dépassement de soi (et nous ne parlons pas ici de compétition).
C’est à travers la pratique sportive que l’enfant va découvrir la valeur du travail, car il faut travailler pour réussir. Il va alors apprendre la persévérance. C’est enfin là, qu’accompagné de l’entraîneur, il apprendra à tirer des leçons de ses échecs, et comprendre la logique de ses victoires.
A y regarder de plus près, nous sommes là sur des valeurs qui lui serviront toute sa vie. Et rien que pour cette raison, l’entraîneur a le DEVOIR d’être compétent.
Entraîner des enfants et des adolescents, ce n’est pas uniquement développer des qualités physiques, techniques, tactiques. C’est avant tout ECOUTER, ADAPTER et ACCOMPAGNER.