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«Personnes, Monumenta »

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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ŒUVRE :

«Personnes, Monumenta »

2010

Grand Palais,Paris.

ARTISTE : CHRISTIAN BOLTANSKI 1944

Artiste plasticien :

Il enseigne à l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris et vit à Malakoff.

Christian Boltanski est né à la fin de la Seconde Guerre mondiale d'un père juif et d'une mère chrétienne et il est resté marqué par le souvenir de l'Holocauste.

Mots-clefs :installation, mise en scène, reconstitution, inventaire.

Thèmes :l’enfance, le jeu, la mémoire, la tragédie de la Shoah, l’inconscient et la mort, l’individu et le collectif.

L’artiste selon Boltanski, est celui qui dévoile au spectateur « une chose qui était déjà en lui, qu’il sait profondément ;il la fait venir à la hauteur de la conscience ».

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DESCRIPTION :

Titre attribué :PERSONNES Genre :Installation, in situ

Un grand mur de boîtes rouillées, au sol des carrés de vêtements délimités par des poteaux métalliques en haut desquels sont diffusés des enregistrements de battements de cœur. Un grand tas de vêtements, au sommet, une grue pioche au hasard des vêtements les soulève et les laisse retomber.

Moyens plastiques évoquant la mémoire :

L’aspect rouillé, vieilli, des boîtes, en référence au passé

Le choix des boîtes, lieux dans lesquels on peut archiver des souvenirs L’enregistrement audio, donc de passé, manière de les garder en mémoire L’évocation des tombes, monuments installés en souvenir des morts Les vieux vêtements…

CONTEXTE DE CRÉATION

Les premières œuvres de Christian Boltanski sont des reconstitutions de son enfance, Albums de famille, d’histoires imaginaires ou il se met en scène. Hanté par le passé, il réalise ensuite des installations, les inventaires, ou « les objets ayant appartenu à… »évoquent la vie de personnes anonymes. « Il travaille l’inconscient individuel et collectif. »

Monumenta: chaque année un artiste contemporain est invité à investir les 13500m2 de la nef du Grand Palais :l’œuvre « monumentale est spécialement conçue pour l’espace (in situ).

En 2010 c’est Christian Boltanski qui est invité.

ANALYSE :

En choisissant ce titre Boltanski joue sur le double sens du mot personne : personne présente par les battements de cœur et les vêtements mais aussi personne absente, ces vêtements sont vides et il n’y a plus de corps physique.

L’espace est structuré par des piliers (garde, mirador), délimitant au sol des surfaces de vêtements formant des carrés.qui évoquent des tombes comme dans un immense cimetière.Les boîtes à biscuits rouillées peuvent évoquer des urnes funéraires.

Le grand tas de vêtements est désigné comme la partie sacrée de l’exposition.

La grue qui symbolise le « doigt de Dieu » interroge le spectateur sur les notions de chance , hasard,de destinée,elle élève certains vêtements tandis que d’autres passent entre les mailles.

Les vêtements représentent les personnes, ce sont donc des vies que la grue prend ou non.

Le son répétitif des battements de cœur devient alors inquiétant.

Cette installation réalisée pendant l’hiver, sans chauffage contribue à l’atmosphère froide oppressante voulu par l’artiste. La mise en scène rappelle les camps de concentration :le spectateur est au milieu de cette immense installation qui le plonge dans un moment de mémoire collective.

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