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(1)

par

Gilles Paquet Yvon Côté Georges Gauvin

Minist'ere du

Tourisme, de la Chasse et de la Pêche Service de

l'Aménagement de

la Faune

Service des Recherches Biologiques

Janvier 1975

(2)

forestière en vue de la conservation de la faune

par

Gilles Paquet Yvon Côté Georges Gauvin

Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche Service de l'Aménagement de la Faune

Service des Recherches Biologiques

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Introduction

Importance de la protection accrue de l'environnement 2

Principaux effets des coupes forestières sur l'environnement 4

Rôle des bandes vertes

Autres mesures de protection 13

Conclusion 15

Remerciements 16

Bibliographie 17

Tableau Appendices

Page

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Les fonctions multiples et complexes de la forêt peuvent se résumer à trois rôles principaux: (1) conservation de l'équilibre naturel (rôle écologique); (2) source de matière première (rôle économique); (3) milieu idéal pour la détente et la récréation (rôle social). On ne peut donc parler sérieusement d'utilisation rationnelle du milieu forestier si l'on n'a pas à l'esprit ce triple rôle de la forêt.

Nous assurons actuellement, au Québec, à une prise de conscience collective de ce caractère multifonctionnel de la forêt.

Dans le futur on doit prévoir que la demande pour des possibilités de récréation en plein air n'ira que s'accroissant. Devant ce fait, la matière ligneuse ne peut plus être considérée comme unique

ressource de l'écosystème forestier. Il devient alors inadmissible que l'exploitation corrullerciale des forêts ne tienne pas compte des autres. usagers de ce milieu. C'est pourquoi il est apparu nécessaire d'établir des normes de coupes forestières.

Au. Québec l'une des pierres d'achoppement à l'établissement de normes de coupes forestières est souvent le manque apparent de recherche relativement aux effets de ces coupes sur l'environneMent.

Cependant, d'après M. Frenette (1974, coLatt. pers.)"il n'est certes plus besoin de démontrer (m me scientifiquement) que les coupes à blanc ont.

pour effet de modifier sensiblement le régime des eaux et le régime des sédiments, plus particulièrement en temps de crue".

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Nous considérons donc que plusieurs faits qui ont été démontrés ailleurs sont également vrais pour le Québec et peuvent être utilisés avec profit. Toutefois, pour apporter un appui supplé- mentaire aux normes imposés récemment par le MTF aux exploitants forestiers, nous présentons dans les lignes qui suivent les arguments justifiant l'établissement de telles mesures.

IMPORTANCE DE LA PROTECTION ACCRUE DE L'ENVIRONNEMENT

Il y a 100 ans, alors que l'industrie touristique était assez peu développée au Québec, les seules gens qui avaient un intérêt soutenu pour l'utilisation de nos forêts étaient les compagnies

forestières. Mais depuis lors et surtout depuis les 20 dernières années, le goût pour la récréation en plein air s'est développé à un rythme accéléré.

A titre d'exemple, en 1973, il s'est vendu au Québec,

644,494 permis de pêche et 378,183 permis de chasse. Si l'on ajoute 'a cela le nombre de gens qui s'adonnent à d'autres activités de plein air tels le camping, le canotage, la baignade, la promenade, etc... on arrive vite à un nombre .excédant 2 millions de personnes (tableau I) fréquentant nos réserves et parcs provinciaux seulement.

Evidemment toutes ces activités sont liées de trés près à un environnement de qualité. Ces quelques chiffres démontrent donc

que la protection de l'environnement n'est plus le soucis d'une

poignée de conservationnistes à outrance, mais devient un besoin social d'importance.

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C'est à partir de cette réalité que des normes d'exploitation forestière ont été développées. Elles ont pour but de minimiser

l'impact des opérations forestières sur les habitats de la faune et sur l'esthétique du paysage d'une façon générale. En d'autres termes, elles visent à mettre en application le concept de l'utilisation multiple de la forét.

Basées sur les pratiques forestières recommandées dans plusieurs états américains et dans certaines provinces canadiennes, les noces du MTF concernent principalement les bandes vertes à laisser le long des cours d'eau et des lacs de méme que certaines pratiques plus, générales, qui sont en relation avec les opérations forestières dans leur ensemble.

Ces normes sont donc le fruit d'études réalisées un peu partout en Amérique du Nord, aussi, avons-nous toutes les raisons

d'affirmer qu'elles n'ont pas été lancées au hasard. A priori, il 'y a pas de raison de croire que les conditions générales soient à ce point

différentes au Québec qu'il faille rejeter, sans preuve tout ce qui a été fait ailleurs.

Il s'agit bien sir de normes générales et nous ne prétendons pas qu'il soit nécessaire de les appliquer partout selon les mères modalités. Elles doivent plutôt servir de guide à l'application de mesures plus ou moins sévères selon le cas, bien que de façon générale

elles doivent être considérées comme restrictions minimales.

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PRINCIPAUX EFFETS DES COUPES FORESTIERES SUR L'ENVIRONNEMENT A) Débits

Il ne fait pas de doute que quelque soit l'endroit oh il y a eu des coupes forestières, il s'en suit une augmentation de l'écoulement en période de crue dans les cours d'eau adjacents (Frenette et Tétreault, 1971). L'augmentation en période de crue

semble être proportionnelle a la superficie coupée à blanc (Eschner et Larmoyeux, 1963). Cependant, la valeur exacte de cette augmentation peut varier selon les conditions particulières d'un milieu (nature des sols, exposition, climat). Généralement cette valeur est plus élevée dans les régions humides que dans les régions plus sèches.

D'autre part un certain nombre d'auteurs rapportent que les coupes forestières ont occasionné des périodes d'étiages plus

longues et plus extrêmes. Ace sujet Gonthier (1974, comm. pers.) cite le cas de coupes forestières dans le bassin de drainage du Lac Dudswell (Cantons de L'Est). Ces coupes ont réduit sensiblement les débits d'étiage d'un tributaire utilisé par la truite brune a un point tel que le succès de reproduction de cette espèce y a été énormément affecté.

B) Erosion et sédimentation

Une augmentation anormale des débits a pour effet d'entraîner une érosion additionnelle des berges et du lit des rivières. Générale- ment on admet que le taux de transport de, sédiments varie de façon

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exponentielle. Ainsi il est possible d'obsrver un transport solide de fond augmenter de 30, 40 ou 50% pour une simple augmentation du débit liquide de 10 à 15% seulement (Frenette et Tétreault, 1971).

C'est donc dire que même de légéres fluctuations des débits peuvent accroître le transport des sédiments d'une façon trés appréciable.

A l'érosion.du lit et des berges s'ajoute l'érosion des aires coupées, des jetées, des routes et sentiers forestiers, qui selon Trimble et Sartz, 1957; Haupt, 1959 a et b; Packer, 1959, 1967 peuvent devenir des sources d'érosion encore plus importantes que celle créée par l'augmentation des débits. Encore là bien que nous ne possédions pas au Québec de données quantitatives à ce sujet, il ne fait pas doute que ces mêmes phénoménes se produisent chez nous.

Les sections suivantes de ce rapport en apporteront la preuve.

L'hydrologie, nous enseigne que les dédiments érodés puis transportés par un cours d'eau finissent par se déposer dans des zones où le courant est plus faible (Frenette, 1974). Ces zones peuvent être soit un estuaire ou une embouchure de cours d'eau, soit une fosse,

soit enfin une frayére.

La littérature sur la foresterie et la connaissance des phénoménes biologiques fondamentaux nous apprennent que le transport accru de sédiments et leur déposition subséquente peuvent entraîner des effets néfastes à la fois sur la viabilité des organismes et le potentiel de production piscicole des nappes d'eau (Chapman, 1962).

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"Le colmatage des fonds a en outre deux autre répercussions; le mort par asphyxie des oeufs déposés dans les graviers, et la suppression des cachettes existant entre les graviers, abris nécessaire aux jeunes alevins pour se défendre contre les prédateure(Vibert et Lagler, 1961, p. 289).

C) Température

En fonction des. conditions climatologiques locales où

se trouve une aire de coupe donnée il peut s'ensuivre une augmentation significative ou non de la température de l'eau en été (Sheridan, Oison et Hoffman, 1967; Brown, 1971). Inversement dans certaines régions la coupe a pour effet de diminuer la température hivernale de l'eau (Green, 1950).

Au Québec, nombre d'auteurs, dont Wilmot (1873, 1879, 1882), ont attribué, en partie, la disparition progressive des populations de saumons et truites des rivières situées en amont de Québec sa la

déforestration des bassins versants de ces rivières. L'un des effets de la déforestration dans ces régions méridionales de notre province a été l'augmentation des températures de l'eau à des valeurs létales pour les salmonidés (Parsons, 1973). Dans d'autres régions un peu plus au nord,l'augmentation de la température de l'eau sans étre létale aux salmonidés, a favorisé l'implantation d'espèces dites d'eau chaude qui, par leur possibilité d'adaptation plus grande, ont tôt fait de supplanter ou de réduire à des niveaux très bas les popu-

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lations de salmonidés (Bergeron, Guibert et Vincent, 1972; Chapman, 1962).

D) Oxygène dissous

C'est là un facteur qui entre en ligne de compte en interaction avec d'autres facteurs tels le degré de sédimentation,

le degré de pollution organique, le brassage des eaux au sein d'un plan d'eau considéré. Il semble plutât improbable que l'oxygène dissous puisse diminuer à un point tel, après une coupe forestière, que cela entraîne des mortalités de poissons adultes.

Cependant, tel n'est pas le cas pour la survie des oeufs et des embryons de poisson qui se développent généralement dans le gravier ou le substrat des cours d'eau et des lacs. On a démontré que métre de faibles diminutions en oxygène dissous liées à une augmentation du transport et de la déposition des sédiments modifient la percolation de l'eau dans le gravier réduisant ainsi de beaucoup la survie des oeufs de poissons (Servizi, Martens et Gordon, 1970).

E) Autres composantes et propriétés chimiques de l'eau

Plusieurs études ont démontré que l'on peut s'attendre h des augmentations en solides dissous, nitrates et phosphates après les coupes forestières (Chapman, 1962). Ce qui demeure moins bien connu c'est l'ef et sur la faune. et la flore aquatique d'un apport supplémentaire de "nutrients". Une augmentation de température de l'eau relié h un apport de "nutrients" additionnels peut conduire à une augmentation de la productivité primaire en favorisant la croissance

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d'algues (Frediksen, 1971). Dans certains cas cet effet pourra être bénéfique mais dans d'autres il peut conduire à l'eutrophisation.

Au'Québec ce genre d'études n'a pas été fait, il est donc difficile de prédire avec précision les conséquences à long terme

de cet apport des constituants chimiques lessivés à partir de l'écosys- tème forestier. Cependant, nous soupçonnons qu'au Québec, ces phénomènes de lessiVage peuvent causer les mêmes effets a long terme.

ROLE DES BANDES VERTES

Les cours d'eau et les lacs peuvent être protégés dans une large mesure en gardant intacte des bandes de végétation et en prenant des mesures pour minimiser les perturbations et l'érosion du sol

(Lantz, 1971). Dans plusieurs états américains et provinces canadiennes on a démontré que les bandes vertes constituent l'une des mesures les plus efficaces pour la protection de l'environnement aquatique.

1) Protection des berges_

En conditions naturelles la végétation riveraine contribue à la stabilisation des berges des cours d'eau et des lacs (White, 1973).

Lorsque cette végétation est enlevée et si le sol n'a pas une forte cohésion interne ou si encore les pentes environnantes sont abruptes il en résulte un équilibre instable des berges. Celles-ci, en périodes de crue, s'érodent alors facilement (Swanston et Dyrness, 1973) à moins que l'on ne procède à des travaux en vue de les consolider artificiellement.

C'est ainsi que la construction des routes en bordure des cours d'eau ou encore la coupe forestière sur les rives de lacs et

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cours d'eau peut entraîner des phénomènes d'érosion et de sédimentation susceptibles de prendre des proportions hors de tout contrôle humain et de nuire à la faune aquatique. C'est là en partie l'explication des phénomènes de glissement de terrain survenu à la rivière Moisie (Frenette, 1974).

On voit donc la nécessité de conserver des bandes vertes afin d'atténuer les phénomènes d'érosion des berges-

2) Diminution de l'apport de sédiments

Trimhle et Sartz (1957) et Haupt (1959) ont démontré que des bandes vertes laissés en place le long des plans d'eau sont un moyen efficace de réduire l'apport de sédiments. La bande verte agit alors comme filtre retenant les sédiments et laissant passer l'eau.

3) Protection contre les radiations solaires

La végétation riveraine joue le plus grand rôle• dans le taux d'échauffement des petits cours d'eau (Brown, 1971). Généralement la température augmente dans les cours d'eau après une coupe à blanc.

Par contre là où on prend soin de laiser une bande verte, l'effet d'ombrage créé par les arbres en place élimine les augmentations de température de l'eau (Power, 1972; Lantz, 1971).

Marcotte (1972) nous démontre à l'aide d'exemples québécois que le meilleur moyen de réduire l'élévation de la température des cours d'eau, petits et grands, c'est de maintenir des bandes vertes le long de leurs rives. Il explique comment le déboisement des berges est l'un des facteurs qui a le plus contribué à élever à un niveau

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critique la température de certaines rivières jadis reconnues comme rivières à truite ou à saumon.

4) Contribution à l'apport de nourriture

De nombreuses études sur l'alimentation des truites et des saumons ont démontré que la végétation riveraine supporte des

populations d'insectes qui contribue en proportions importantes à la diète des poissons (Bachman, 1958; Demory, 1961; Allen 1951).

Dans ces études la quantité d'insectes terrestres absorbés par les poissons variait de 5 à 657. (Chapman, 1962). D'après

Bergeron, Guibert et Vincent (1970) on peut conclure que la végétation riveraine donne asile à une faune qui contribue à augmenter la

productivité des habitats aquatiques.

5) Habitat de la faune terrestre

Au Québec, les ravages de chevreuils sont souvent localisés dans les vallées de cours d'eau et en bordure de lacs (Potvin,. 1973).

suppression de la végétation littorale se traduit donc par une perte de couvert, élément indispensable pour la protection. Pimlott et al (1968), dans une étude des populations de cerfs dans les comtés au nord de

Montréal, concluent que la suppression systématique du couvert végétal dans les quartiers d'hiver des cerfs est l'un des principaux facteurs responsables du déclin des populations de cerfs dans cette région.

En ce qui concerne la faune avienne le déboisement des rives produit un impact moins connu. Toutefois d'après des observations non publiées de R. Ouellet (1974, com. persan.) le déboisement des rives

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de lacs et cours d'eau entraîne la disparition locale de certaines espèces comme le canard noir, la sarcelle à aile verte, le garrot commun, le canard huppé, le bec-scie couronné et le huart.

D'autre part des observations de R. Ouellet menées dans le Parc des Laurentides nous confirment que le déboisement des rives entraînent un changement dans les espèces d'oiseaux passereaux fréquentant cet habitat. Ce changement peut s'effectuer en faveur d'espèces indésirables co te le carouge à épaulette, le mainate bronzé et l'étourneausansonnet. A tout événement le déboisement total des rives diminue la diversité des espèces d'oiseaux vivant en bordure

des lacs et cours d'eau.

6)

Paysage

Alors que les prescriptions de coupe visant a protéger la faune aquatique (et parfois terrestre) ainsi que le régime des eaux s'applique à presque tous les lacs et cours d'eau, celles qui visent la protection du paysage ne concernent qu'une faible proportion de ceux-ci. Ce qui signifie que dans la majorité des cas, la nécessité de conserver un rideau boisé le long des berges s'impose d'avantage pour des raisons écologiques qu'esthétiques.

Cependant, il est des endroits où la conservation du paysage est prioritaire par exemple le long des principales voies de circulation, autour de sites naturels d'intérêt particulier et aussi autour d'établissements récréatifs et touristiques.

Les prescriptions de coupe dans les zones dites à vocation prioritaire "Paysage", telles que préconisées par le M.T.F., laissent

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évidemment beaucoup de place à la critique puisqu'il s'agit toujours de normes générales et qu'en pratique, chaque zone à protéger devient un cas particulier dépendant de ses caractéristiques propres. Ainsi, il peut être avantageux parfois de pratiquer une ouverture à travers une bande verte pour permettre la découverte de paysages. Par contre, dans d'autres cas, il peut être important de protéger le couvert forestier sur des étendues qui dépassent largement les 200 et 300 piàds préconisés dans les normes actuelles.

Le jour oti le plan de zonage forestier souhaité par le M.T.F. se sera concrétisé, le problème que pose la conservation du paysage sera grandement simplifié.

En attendant, nous sommes d'avis que l'aménagement

esthétique doit reposer sur des normes générales. Or, celles qui ont été élaborées conjointement par le M.T.C.P. et le M.T.F. bien

qu'imparfaites, n'ont rien d'exagérées et nous insistons pour qu'elles soient maintenues.

7) Les chablis, faux-arguments contre les bandes vertes

L'efficacité des bandes vertes est souvent mise en doute à cause des dangers de chablis auxquels elle serait susceptible. Cela peut être vrai pour des régions bien localisées, mais ce n'est pas toujours le cas (Lantz, 1971).

Il ,y a plusieurs facteurs à considérer dans l'évaluation de dangers de chablis dont, l'orientation des vents dominants, les essences végétales, L'épaisseur et la nature du sol et le couvert forestier.

Ce serait généraliser à outrance que de brandir le fléau des châblis

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à chaque fois qu'on laisse une bande verte le long des rives de lacs ou cours d'eau. De toute façon tous les arbres ne tombent pas en même temps et ne tombent pas tous dans les cours d'eau.

AUTRES MESURES DE PROTECTION

1) Chemins et sentiers forestiers

Les routes et sentiers situés dans ou à proximité des

cours d'eau augmentent l'érosion, la sédimentation et la détérioration de la qualité de l'eau (Rothwell, 1971). C'est un fait bien connu que les exploitants forestiers n'hé,sitentpas à utiliser les cours d'eau, à en redresser le cours au besoin soit pour les fins de construction des chemins principaux ou secondaires et même comme sentier de débusquage.

Paquet (1965) a bien illustré ce genre de pratiques forestières dans le cas de la rivière Blanche, tributaire de la

rivière Etchemin et souligne comment elles ont favorisé la dégradation de cette rivière à truite.

D'autre part, Larouche (1974, coulai. pers.) et Châtelain (1972) rapportent que le détournement du cours d'une rivière dans le comté de Labelle, pour les fins de relocalisation d'une voie ferrée utilisée par une compagnie forestiére, a occasionné à cet endroit la perte d'une zone de frayère à truite mouchetée.

Ces deux exemples suffisent puur démontrer l'importance de ne pas altérer les cours d'eau pour quelque fin que ce soit, chemin diacc'es ou de débusquage ou autre. De plus les chemins forestiers devraient être localisés suffisamment loin des cours d'eau et rives de lacs pour

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minimiser une détérioration possible du milieu.

2) Débris et déchets de coupes

Les débris de coupes peuvent entrainer des embâcles ou des obstructions qui retardent ou empêchent les mouvements des poissons. Ils favorisent aussi l'érosion du lit des cours d'eau. Les fins débris sous

forme de feuilles, de branches ou d'écorces lorsqu'ils s'accumulent dans l'eau, exercent une demande biochimique d'oxygène qui affectent particu- lièrement les stages embryonnaires des poissons, la croissance des jeunes et le développement d'insectes aquatiques(Narver, 1971).

Il est donc évident que les débris ou déchets de coupes peuvent avoir des effets néfastes pour la production piscicole des cours d'eau et des lacs. C'est pourquoi il est important de ne

déverser aucun déchet de coupe ou encore de faire tomber des arbres dans les cours d'eau et les lacs.

3) Traverse de cours d'eau

Le passage répété de machinerie lourde à travers un cours d'eau bouleverse son lit, en altère les propriétés biologiques et constitue une source additionnelle d'érosion et de sédimentation. On argumentera qu'il s'agit là d'un phénomène bien localisé,, mais Lantz (1971) insiste bien sur le fait qu'une mauvaise pratique forestière sur une toute petite section d'un cours d'eau peut entrainer des effets néfastes sur plusieurs milles en aval.

Il est donc important de construire pont ou ponceau lorsqu'il est nécessaire de traverser un cours d'eau. En plus, les approches à ces ponts ou ponceaux doivent étre aménagés de façon à

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minimiser l'érosion et la sédimentation comme le recommande Rothwell (1971).

Conclusion

Compte tenu de l'importance économique de l'industrie forestière au Québec il serait illogique de s'opposer en toutes circonstances aux coupes de bois. D'ailleurs nombres d'expérience

ont _montré que c'est moins la coupe du bois proprement dite qui cause le plus de dégat mais bien plutôt la façon d'opérer en forêt (Plarnondon, 1973).

'A ce sujet un magnifique travail réalisé en Virginie'est tout 'a fait probant (Eschner & Larmoyeux, 1963). Les effets sur l'environnement aquatique de quatre types de coupes, allant de la coupe à blanc coumerciale â la coupe sélective intensive y ont été étudiés. Alors que dans le premier cas on a noté des effets drastiques

sur la faune aquatique et son habitat, seulement des effets passagers ont été remarqués dans les coupes où on a pris des précautions maximales pour protéger l'environnement.

Vues sous cet angle et coLmle nous le communiquait le

Dr M. Frenette, hydrologiste (1974, comm. pers.), nous considérons les normes du ministère des Terrés et Forêts comme étant un strict minimum

à respecter pour s'assurer d'un minimum de conservation de l'environnement.

On peut même se demander s'il est suffisant de se contenter de ce minimum.

Compte tenu des pratiques forestreres qui sont recoumandés dans d'autres provinces et dans différents -.états américains, les normes du Ministère des Terres et Forêts nous apparaissent très

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raisonnables et présentent l'avantage d'être facile d'application.

Donc elles devraient être maintenues.

Remerciements

Nous désirons remercier les membres des districts . d'aménagement de la faune du Ministère du Tourisnie, de la Chasse et de la Pêche qui ont mis a notre disposition plusiettrs données et observations originales.

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Rep.

Minister Mar. Fish, Suppl. 4, p. 341- 367.

Wilmot, S., 1882. Report of Samuel Wilmot, Esq., on fish-breeding operations in the Dominion of Canada during the year 1881, with remarks on the decline of

the

salmon fisheries, p. 3-47.

In Report on fish breeding in the Dominion of Canada, 1881, 14th Annu. Rep., Dep. Mar. Fish. Suppl. 2.

(24)

Fréquentation du réseau de parcs et réserves du Québec par activité récréative de 1966 à 1972

ACTIVITE RECRATIVE DE PLEIN AIR

1966 1967

FREQUENTATION ANNUELLE EN NOMBRE DE JOURS/VISITEURS

1968 1969 1970 1971 1972

Camping 190,519 46,161 292,153 491,171 727,884876,473 685,366

Promenade en automobile - 146,773 151,846 384,055 252,338320,044

Pique-nique - 3,866 9,397 176,481 483,863 307,322 316,847

Ski alpin 125,000 140,000 162,000 200,00 0 1 134,000 2 308,000

Pêche quotidienne 63,416 73,906 122,085 114,678 145,080 171,469 204,410

Pêche de séjour 18,229 9,034 14,932 18,025 34,463 46,077 55,876

Baignade 5,058 - - 3,821 8,167 17,532 43,903

Ski de fond - - 14,561 35,603

Motoneige - - 31,063 32,748

Canot-camping - 516 437. 8,347 13,923 22,359

Chasse au gros gibier - 2,800 8,495

Chasse au petit gibier - - - - 2, 582 5,631

Raquette - - - - 4,649 10,935

Autres 6,017 109,218 46,203 31,342 99,580 330,312 81,217

TOTAL 408,200 382,200 794,500 1,170,400. 1,932,000 2,205,100 2,144,100 Les données de fréquentation pour le ski alpin au parc du Mont-Orford, en 1970, sont incluses à l'item

"Autres activités".

2 Les données de fréquentation pour le ski alpin au parc du Mont-Orford, en 1971, sont incluses à l'item

"Autres activités". La fréquentation de 134,000 comprend seulement ie parc du Mont Ste-Anne 3 Données extraites de parcs, territoires et zones analogues. - Plein air et conservation au Québec.

Préparé par le comité des parcs en forêt. Edité par la Corporation professionnelle des ingénieurs forestiers du Québec. Mai 1974.

(25)

FACULTÉ DES SCIENCES

CITÉ UNIVERSITAIRE CàuÉE.c 10, CANADA

Le 11 décembre 1974.

Monsieur Bertrand Tétreault, Biologiste, Ministère du Tourisme, Chasse et Pèche, Service de la Faune,

Edifice de la Faune, Orsainville,

Que.

Re: Rapport de l'Association des Industries Forestières de Québec (A.I.F.Q.)

Cher monsieur Tétreault,

Pour faire suite è votre demande, j'ai examiné le rapport de l'A.I.F.Q. discutant les récentes normes d'exploitation de la forêt dans la province de Québec.

COLuite vous vous l'imaginez, il me serait bien difficile de répondre en quelques minutes à toutes les ob- jections soulevées dans le rapport. Aussi, je me limiterai, dans cette première missive, à formuler quelques commentaires bien généraux qui permettront de jeter quelques lumières sur l'impact de l'exploitation forestière sur les composantes d'un environnement forestier.

Auparavant toutefois, il est peut-étre bon de souligner que le remaniement du territoire forestier peut être relié à des causes directes ou indirectes. Par causes directes, on entend l'effet du déboisement proprement dit. Par causes indirectes, on entend tout remaniement créé par la réali- sation de l'exploitation forestière: transport de bois, chemins, décapage et bancs d'emprunt (pour chemins), changement de micro- drainage, modification de cours d'eau, flottage du bois, etc.

Le plus souvent, les causes indirectes sont plus néfastes que les causes directes.

Le document de l'A.I.F.P. fait bien voir

(26)

"l'envers de la médaille" du rapport du M.T.F. Alors que le M.T.F.

vise à assurer un minimum de conservation de l'environnement fores- tier, le deuxième vise à exploiter de façon maximale la forêt. C'est le problème de l'heure: conservation ou aménagement polyvalent - vs - utilisation maximale des ressources.

A cet effet, je pense que le document M.T.F.

est loin, d'une façon générale, d'être trop sévère. Mais justement, puisqu'il est général, il est probablement trop sévère pour certaines régions et pas assez pour d'autres. On applique alors la règle médiane.

A cet égard, le rapport de l'A.I.F.P. laisse entrevoir le mécontente- ment des premiers mais non la satisfaction des deuxièmes.

A mon avis, la seule solution au problème se- rait un règlement par zonage, tel que planifié pour l'exploitation de la forêt domaniale de la Basse Côte Nord (Rayonier Québec), mais cela nécressiterait beaucoup d'efforts et d'énergie de la part du gouverne- ment et des exploitants.

D'un autre côté, le document dénote bien le manque de connaissance de l'A.I.F.Q. sur l'environnement ou l'éco- système forestier. Sait-on, par exemple, qu'il existe en milieu fo- restier un équilibre naturel eau-sol-forêt-atmosphère qui se répercute dans les lacs et les rivières, de même que sur l'ensemble de la micro- écologie d'un bassin (érosion, sédimentation, formation d'humus, micro- flore, nutrients, nitrate, etc., et qu'un changement de l'une des com- posantes peut affecter l'ensemble de l'équilibre.

Sait-on également que le changement d'équilibre peut affecter à son tour les composantes hydrologique, hydraulique, sé- dimentologique, morphologique, chimique, biologique, bactériologique, etc...

d'un bassin? Les eaux atmosphériques du bouclier canadien ont, par exemple, un Ph relativement bas (Ph = 4) et elles atteignent des valeurs de 6 7 dans les cours d'eau par échange ionique avec les arbres (d'après J.Ls Sasseville, communication personnelle, 11/12/74). Un déboisement prononcé peut donc affecter le Ph des eaux et appauvrir les substances minérales des sols et tout ce qui en dérive.

D'autre part, il n'est certes plus besoin de démontrer (même scientifiquement) que les, coupes à blancs ont pour effet de modifier sensiblement le régime des eaux et le régime des sédiments, plus particulièrement en temps de crue; ces deux régimes étant à la base du comportement hydro-morphologique des cours d'eau. Inutile d'ajouter que des relevés en rivières ont démontré à maintes reprises, après dé- boisement, que l'hydrogramme de crue pouvait être manifestement modifié avec des pointes de crues plus élevées, et que la charge sédimentaire pouvait être multipliée par des facteurs aussi élevés que 100 et même 500.

. . .3

(27)

La problématique est que les phénomènes se produisent surtout en période de crue alors qu'on est porté à faire des observations en période d'étiage, au cours de laquelle aucun signe évident de pertur- bation n'est entrevu.

Notons enfin qu'il y a aussi l'équilibre du sous-sol à préserver dans des régions comme la Côte Nord où on risque des perturbations rapides, du genre éboulement, glissement ou même coulée d'argile qui peuvent causer des torts irrémédiables aux rivières et à leur environnement. A cela s'ajoute, bien entendu, l'impact pro- bablement le plus important qu'est celui des implications de la défo- restation sur la faune aquatique, la faune terrestre et leurs habitats que personne ne met en doute naturellement.

A mon avis, le Ministère des Terres et Forêts se devait de prendre des mesures nécessaires à une protection équitable du -uilleu forestier. A cet effet, les restrictions suggérées par le M.T.F. concernant les lisières à laisser en bordure des lacs et ri- vières, l'emplacement de chemins forestiers, la protection des cours d'eau, etc., me semblent être un minimum à respecter.

Par leur effet de retention, ces mesures res- trictives peuvent assurer un minimum de conservation, un déséquilibre physique et un déséquilibre écologique pour le moins permissible, et un ralentissement des effets de coupes reliés, par exemple, à l'érosion et la sédimentation. Elles doivent donc être fortement encouragées, au risque même de voir quelques arbres tombés par accident ou par vieillis- sement en bordure des lisières ou des chemins.

A la lecture des documents, il ne m'apparaît pas que le M.T.F. vise à ralentir, voire même à gêner l'exploitation forestière dans la province de Québec, mais bien à aller de l'avant

vers une politique saine de l'exploitation de nos ressources forestières.

Espératt le tout à votre entière satisfaction, je vous prie de croire, cher monsieur Tétreault, à l'eXpression de mes distinguées salutations.

Soyez bien a votre aise de communiquer avec moi si de plus amples informations vous sont nécessaires.

Marcel Frenette, D.Sc.ing., Département de Génie civil.

(28)

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC MINISTÈRE DU TOURISME, DE LA CHASSE ET DE LA PCCHE DIRECTION GÉNÉRALE DE LA CHASSE ET DE LA. PÊCHE

GOUVERNEMENT QUÉBEC

-

.:-;ujet: Comité T.C.F. sur coupe de bois Cher Monsieur,

Nous avons peu de renseignements i vous fournir au sujet de mauvaises pratiques forestières liées e des effets

évidents sur la qualité du milieu aquatique.

Deux cas précis retiennent notre attention. Le premier est une coupe â blanc en bordure dtun tributaire du lac Miroir, comté. Mégantic-Compton (sur la carte fédérale, 1: 50,000 le nom du lac est Dudswell ). 'La. coupe de bois a été effectuée'environ un mille en

amont du lac. A la suite

de cette coupe g blanc, le débit d'eau du ruisseau e diminué considérablement. Les frayeres de truites brunes ont été énormément affectées.

Nous expliquons

la

perturbation du milieu par le fit que la foret coupée ne pouvait pa,s . retanir peau et assurer un débit constant au ruisseau. •

Ce sont probablement des propriétaires privés qui ont opéré cette coupe il y a quatre-ans•environ.

. Le second cas est une coupe è blanc sur une rive du

lac

user e proximité du Parc Orford. Les travaux ont

éte,. -

effectués lthiver passé par des propriétaires privés. l'endroit oû le coupe e été faite est une pante assez prononcée de sorts•

que nous prévoyons une érosion considérable du terrain.

Nous connaissons certains endroit ou des coupes de bois ont été faites en bordure des cours d'eau, cependant, nous n'avons aucun renseignements des effets évidents sur le milieu aquatique.

Sherbrooke 10_ décembre 1974

Monsieur Gilles Paquet

Min. Tourisme, Chasse At Peche Édifice de la "ieune

ORS9INVILL-2, P.Q.

Bien

A vous .

Contlier, biologiste Chef District de la Faune des Cantons de 11 Set - 740 Gait ouest

Sherbrooke -

(29)

IENT DU QUÉBEC:

N-11\

[)V TOUR ISM.E.

DE LA CHASSE ET DE LA PÊCHE

DIRECTION GÉNÉRALE DE LA CHASSE ET DE LA PÊCHE

GOUVERNEMENT QUÉBEC

Service de l'Aménagement de la Faune • 250, boul. St-Joseph, Hull, Qué.

Le 19 décembre 1974.

M. Gilles Paquet,

Service de l'Aménagement de la Faune,

Edifice de la Faune, Orsainville, Québec.

Sujet: Cas de dégradation du milieu aquatique dans le Parc Papineau- T.ebelle.

Monsieur,.

Suite à votre demande d'information sur des cas de dégradation du milieu aquatique nous vous soumettons ici deux exemples qui pourront peut-être vous intéresser.

Cas de la Rivière Ernest.

De façon à redresser le parcours de là voie ferrée qu'elle possède dans le Parc Papineau-Labelle, la compagnie MacTn'ren a procédé au début de 1973 au détournement du lit de la rivière Ernest à la hauteur du

"jarr'êt de chien", en aval du lac Ernest dans le canton de Gagnoa, comté de Labelle. A l'automne 1972, une équipe de biologistes avait observé dans la section de rivière qui devait être détournée plusieurs truites mouchetées affichant un comportement de fraye (Voir rapport ennexé). . A la suite du détournement de la rivière, nous avons effectué de nombreuses •

observations à l'automne '.73 et à l'automne '74 sur le nouveau parcours emprunté par la rivière. - Nos observations nous ont permis de constater qu'aucune truite mouchetée n'utilisait le nouveau lit de la rivière pour frayer. La modification du parcours de la rivière Ernest a donc eu pour conséquence la disparition d'une importante frayère à truite mouchetée.

Cas du Ruisseau Scryer.

Au cours d'une visite effectuée dans le secteur Papineau du Parc Papineau-Labelle, le 25 octobre 1973, nous avons remarqué aue l'eau des lacs des Ibis et Petit Rat-Musqué ainsi que celle du ruisseau Scryer,

qui relie ces derniers, était fortement turbide. Après quelques recher ches, il nous est apparu évident que cette turbidité excessive de- l'eau découlait des opérations forestières menées par la compagnie Macler=

dans ce secteur (voir rapport annexé).

Nous espérons que ces quelques informations pourront vous être utiles.

Bien à vous,

7/

GL/ac Gaston Larouche, biologiste

(30)

P...lisseau Ernest, parc,Labelle Frdyre de truites .rnuchetées

une équipe fore des biologistes lernare Vincent,

"7.harelain a observé en plonée sous-marine dans le ruisseau Erest A ta 110.;;teur.lu " jarret de chien " soit environ 50Q pieds en A,Iont du pont qui urnv.erse le chemin de fer et la rivière .plusieurs truites .i.m.lbe=tées affichant un c.ceportement de fraye. •.Un eXamen détaillé de la section

riv'ère qui duit ;3tre c_iplacée pour permettre l'amélioration de la voie f!--,te la companie Thurso and Nation Valley Rallway Cmpany.' En,amont, à l`endroit o les travaux doivent cotnmencer, il y a un bassin d'environ 10 à 12 .f,ic!s de profondeur dont le fond est constitué de gravier fin et dans lequel

noua avons observé plusieurs nids creusés par des truites mouchetées. Nous n'avons cependant pu observer aucun oeuf marne en creusant dans le gravier qui y forine le fond de la rivière à cet endroit.

De deux heures et demi à quatre heures de l'après-midi, nous avons nagé en Observant sous l'eau dans ce bassin et dans toute la section en aval jusqu'au bassin situé près du pont de'la route. Les seuls nids observés sont ceux

mentionnés précédemment situés dans le premier bassin au tout début de la section qui doit être déplacée. Nous avons pu par la même occasion observer et

photographier sous Peau une dizaine de truites mouchetées en couleur de fraye et e›.:hibant un comportement typique de poissons en temps de fraye c'est-à-dire' paissons accouplés deux par deux se frelant mutuellement à quelques pouces au-dessus d'un nid creusé dans le gravier, presqu'insensibles à notre présence rui3que certaines photos ont été prises à moins d'un pied des. spécimens sans gfils senblent incommodes le moins du monde.

(31)

; 11' 1- le snciv.i2n depuis pz,:u avit encore de la laitance lee eenales et celle-si titait feeile 1'eetrai.se L'examen du spécimen eees e leneis ee ceeelure gelit slneissait d'un poisson qui avait été capturé

la eiene et renis à l'eau, probabiessent par l'autre équipe du Service de la T:aure eui ,avait precédé 'à le erification de l'état de cette frayêre quelques

jours aupaeavant. La temperature de l'eau prise en amont du pont vers cinq heeree à ee° degrés F. La température était ensoleillée et-très froide.

Il s'aeit évidersment d'une tr?s belle. frayère de truites mouclsetées eeies qui eracco-elrode cependant qu'une douzaine d'adultesi • .Pui.eire la section

d€ rivière en aeont et en aval est aussi susceptible de servir de frayère.

l'éventualité dei déplacement de ,cette section de riviére, il s'agirait de leréeoir une profondeur du chenail d'un minimum de 5 pieds et d'une latgeur de

pieds avec certains obstacles pour ralentir le courant dans les points précis et permettre aux truites de se grouper pour procéder à l'acte de fraye.

res

C.:Ject à noter, tous les nids observés se situaient sous 2 à 4 pieds d'eau. Les nids s'étalaient sur une surface ovale d'environ 20 pouces de long • dans l'axe principale et d'environ 15 pouces de large. La dépression au centre était d'environ 3 pouces tandis que la lèvre formée à la circonférence par l'action de creusage au centre ne dépassait pas 5 pouces.' Le'gravier titil forme le fond de la rivière aux endroits où les nids étaient creusés était composé de cailloux d'un diamêtre moyeil d'un demi pouce.

Signé Richard Chatelain Le .19 octobre 1972

(32)

Appendice 5

MINISTÈRE DU TOURISME, DE LA CHASSE ET DE LA PÉCHE

MÉMOIRE

A' M...Y.leon..C.êt.

DE; 14,

n'emeld

()pelle

Sujet: Impact sur la fauve avienne par le déboisement des rives des lacs et cours d'eau.

Monsieur,

Pour faire suite à votre demande, il m'est agréable d'apporter mon concours concernant la faune ailée affectée par le déboisement. Le dé- boisement des rives des cours d'eau et des lacs peut avoir un impact important sur l'avifaune aquatique et terrestre. En effet, pour certains lacs et certaines rivières de la forêt boréale qui favorisent la nidifi- cation de plusieurs espèces chez la sauvagine, tels que le canard noir, la sarcelle à ailes vertes et le garrot commun, le déboisement des rives entraîne indéniablement la dispersion et même la disparition de ces. es- pèces. Pour le canard noir et la sarcelle à ailes vertes, leur dispari- tion ne sera que temporaire, le temps qu'une nouvelle génération d'arbres ou d'arbustes fasse une transition, à la condition que le milieu humain ne s'y installe pas en modifiant davantage les rives.

Par contre, des espèces comme le garrot commun (qui niche dans les arbres morts avec cavités) et autres espèces aquatiques (huart et grèbes) qui fréquentent des lacs à eau claire et froide et qui préfèrent vivre solitairement, seront à jamais éliminés par de tels bouleversements. De plus, les arbres ayant été éliminés des rives, ces eaux se réchauffent et une végétation aquatique abondante apparaît sur les fonds. Il en est de même pour les lacs et rivières plus au sud où les feuillus dominent, ces deux espèces suivantes: le canard huppé et le bec-scie couronné peu- vent être plus affectées par le déboisement car elles nichent exclusive- ment dans les cavités d'arbres. Par la suite, il n'est pas rare de voir

_13..jaxarier 19..7.5

(33)

ces régions occupées par le milieu humain qui pollue ces cours d'eau ou ces lacs.

Certains grands oiseaux tels que l'aigle pécheur et le grand hé- ron peuvent également en souffrir, car ils ne peuvent subir aucune contrainte dans le déboisement des rives des cours d'eau et des lacs.

Le grand héron est probablement le plus affecté, car il niche en co- lonie plus ou moins grande assez loin de toute civilisation.

Ayant participé au cours des six dernières années à ces recense- ments annuels sur les oiseaux nicheurs dans le Parc des Laurentides, j'ai remarqué que plusieurs variétés de passereaux qui fréquentaient les rives boisées d'un ruisseau et d'un lac avaient totalement dis- parues depuis les deux dernières années et ceci dû aux coupes à blanc effectuées dans ce secteur. Méme si au cours de la première année d'exploitation, une bande boisée était demeurée presque intacte, cette dernière n'existait plus l'année suivante, car les forts vents avaient, soit cassés, soit déracinés les arbres qui bordaient jadis ces rives.

Lors du dernier recensement, à l'été de 1974, j'ai remarqué l'implan- tation d'espèces d'oiseaux indésirables dans ce secteur aujourd'hui déboisé. Ces espaces sont le carouge à épaulettes, le mainate bronzé et l'étourneau sansonnet; auparavant, à l'exception du carouge à épau- lettes (bord du lac), les deux autres espaces n'ont jamais été obser- bées. Toutefois, si ce secteur devait subir d'autres modifications dû à la civilisation, il est à prévoir que ces espaces augmenteront en nombre et nuiront à d'autres espaces plus utiles.

D'autres parts, plusieurs variétés des passereaux percheurs (fauvettes) sont remplacées par des variétés terrestres (pinsons) et

autres semi-aquatiques (bécassine et chevalier). Finalement, la diversité des espaces d'oiseaux vivant en bordure des lacs et cours d'eau, surtout chez les percheurs, sera considérablement diminuée par le déboisement de ces rives.

En espérant que ces quelques éléments que j'ai soulevés pour at- tirer votre attention seront à votre enture satisfaction. Je sais d'ailleurs qu'il est difficile de faire appliquer certains règlements, adéquants pour protéger la faune, en limitant la coupe de bois le long des rives des lacs et cours d'eau, si les compagnies et autres orga- nismes ne les respectent pas.

RO:mb

..4é

Réginald Ouellet

(34)

LES

GRAULD:.;

1301.LUWAUD3 par

Gilles Paquet

Danà la province do Québoce la foret constitue la principale riehesse naturelle et on eme temps la principalo source do revenu. Cotte richesse doit être exploitée sans aucun doute aux meilleures fins possibles.

De nos jours, on parle de plus en plus do l'utilisation ration- nelle do la foret en relation. avec le rkilm des eaux. Doit-On coz:prendrie dans ce principe que leexploitation- do.la foret doit se faire tout on res- pectant les normes qui. peuvent maintenir les milieux aquatiques soit les lacs et cours d'eau, dans un état tel que l'on puisse. exploiter aussi les populations do poissons habitant ces milieux et présentant un intérêt par- ticulier pour les sportifs ?

La majeure partie de nos forêts est exploitée par d'importantes

compagnies ayant des concessionsforesti3res très considérables. Nul,

ne

peut ignorer que plusieurs de.ces compagnies font dos efforts louables pour respecter autant quo possible .les normes susceptibles de préserver los mi--

lieux aquatiques dans leur état naturel. - Malheureusement, il. neen est pas de m'âme pour toutes les compagnies.

Co rapport- a pour but do mettre en évidence certaines observations que nous avons faites dans une concession forosti3ro du comté do Dorchester.

Dans le rang XIV du canton Standon, ce trouve la riviére rauche,

un affluant -

do

la rivCre Etchemiu. Dans ce cours d'eau d'une longueur do

6.5 milles, s'écoulait avant Io printemps 1965, une eau limpide indépen-

(35)

dammont des conditions atmosphériques. On y.trouv6it alors une peputation de truites mouchetées qui faisait l'objet d'une attention particulière de la part de nombreux pécheurs. C'était une des bonnes riverez à truite mouchetée do la région.

Depuis ce temps, une section de 1.25 mille do longueur do cette rivière a été nivelée -à l'aide, d'un tracteur à chenille, et sert de chemin pour le transport' du bois de pulpe qui est amassé sur les deux rivez de ce cours d'eau'où l'on pratique la.coupe à blanc.

Depuis la- début de cette exploitation, les eaux de la rivi3re Blanche. sont rarement limpides, et à la suite de la moindre précipitation, une boue grisàtre accentue consideirablement cette situation. Le déboise- ment do la riviare Blanche assénera à brave échéance un réchauffement graduel de reau et une érosion considérable des abords. La turbidité artificielle,' provoquée par le nivelage et le déboisement, conduire à la disparition de la chape alimentaire et l'envasement dos frayk.es1 facteurs indispensables à la survie de la truite.

Cet état de chobes nuira éventuellement à la rivière tchemin. En effet, puisque la riviére Blanche est un affluent important de l'Etchemin, et quo ces conditions d'érosion que nous avons décrites sont susceptibles do s'awraver d'année en année, nous pouvons prévoir inévitablement des alté, rations profondes et néfastes de l'étatactuel de l'Uchomin, qui soit dit en passant, est le meilleur cours d'eau à truite dans lo comté do Dorchester.

Le résultat final sera évidor:drent.la disparition en ces endroits dos populations de truites, chose quo personne ne souhaite.

Comment se fait-il quo do telles irrégularités puissent se

(36)

fester do nos jours dans une société moderne supposémcnt. évoluée ? Est- ce que cet incident a pu se produire à la suite d'une indifférence vis-à- vis dos lois déjà existantes-ou est-ce par ignorance ?

Io Ministère des Richesses NatUrolles a juridiction sur ie ré ima des eaux et los- travaux de ce genre ne peuvent être effectués sans l'autori- sation do ce Ministàre et l'approbation de notre Service qui a juridiction sur la faune aquatique et, terrestre. Je doute que

ces

deux organsmcs auraient permis une telle destruction.

Les articles 11.7 et 118 du chapitre 9a do la loi des Terres et Forets protkont le boisement des rivières à saumon, mais no tiennent pas compte des lacs et cours d'eau qui supportant des populations de poissons, autres quo le saumon. Il est Irr.;ensé de croire quo tous les pêcheurs ne vont s'intéresser qu'au saumon. Il faut donc veiller à ce que les milieux suppor- tant d'autres esp3ces d'intérêt sportif, soient aussi protégés. Les lois actuelles sont nettement insuffisantes et inadéquates pour protéger ces milieux

Si de telles perturbations sont causées aux rivières par simple ignorance, à qui la faute.7. A qui revient le devoir de renseigner les, Sons sur. l'exploitation forestiélre en relation avec Io régime des eaux

Il est à souhaiter qu'un jour les autorités concernées feront vigilance et peut-etre pourrons-nous à ce moment-là.parler ou discuter amésnagoment.

NOVE 1-1 I 9

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