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Séance 4 : La création des hommes et des femmes

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Academic year: 2022

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Séance 4 : La création des hommes et des femmes

Après le monde, comment sont créés les femmes et les hommes qui y habitent ? Toutes les religions ont tenté de répondre à cette question…

A. Voici trois textes différents racontant la création des hommes et des femmes. Lisez-les et répondez aux questions :

1. L’origine des êtres humains chez les Yanomami

Le peuple des Yanomami est un peuple d’Amérique du Sud, qui vit dans la forêt amazonienne au Brésil et au Venezuela.

Au début, il y a très longtemps, commença le chaman1, dans toute la forêt, dans tout le monde, il n’y avait qu’un homme, sa femme et son fils. Ils vivaient comme nous, mais ils étaient seuls. Ils avaient tout le monde pour eux, beaucoup de gibier, beaucoup de bananes et le père savait se servir des plantes pour guérir les maladies.

Mais un jour, il mourut ; sa femme et son fils rassemblèrent du bois, firent un bûcher comme on fait aujourd’hui, brûlèrent le corps. Le bûcher s’éteignit, les cendres devinrent froides, la nuit tomba. Tout à coup, le fils vit une ombre penchée sur le tas de cendres ; on entendait des craquements, ce que font les os cassés, broyés. Le fils avait peur, il savait qu’il n’y avait que lui et sa mère sur la terre, mais il s’avança. Alors, l’ombre se retourna et il vit que c’était Lune qui croquait les os de son père. Il faut dire qu’alors, au commencement du monde, Lune n’était pas encore dans le ciel, c’était un esprit qui avait vécu dans la poitrine du père.

Le fils cria, mais Lune continuait son « repas ». La mère arriva, indignée ; elle dit à son fils :

« Prends ton arc et tes flèches, et tire, tu es un chasseur adroit ! » Le fils obéit, alla chercher ses armes, mais déjà Lune s’éloignait, s’élevait dans le ciel. Le temps de mettre la flèche en position, Lune n’était plus qu’un gros point brillant parmi les étoiles. Le fils, cependant, visa et tira. La flèche longue, fine, bien empennée2, fila, monta, vite, vite, parmi les étoiles, rattrapa Lune, mais ne fit que la blesser. Lune se mit à saigner. Alors, de chaque goutte de sang qui tomba sur la terre naquit un Yanomami. Il y en eut des centaines. Voilà comment la terre fut peuplée, voilà pourquoi nous sommes tous des fils de la Lune. Nés du sang, nous sommes des hommes forts, faits pour la lutte, des hommes qui n’avons peur de rien, ajouta Horonami, le vieux chaman.

Christian Rudel, Les Enfants de la Lune. Les Indiens Yanomami (Amazonie), Paris, Gallimard, « Contes du Ciel et de la Terre », 1993.

a. Qui est le narrateur du texte ? Pourquoi raconte-t-il ce récit ? Le narrateur est un chaman, chargé de transmettre un enseignement spirituel : il raconte ce récit pour expliquer d’où vient le peuple Yanomami et pourquoi le courage et la valeur au combat sont des valeurs fortes de ce peuple.

b. Qu’est-ce qui nous montre que ce mythe est transmis oralement, et non par écrit, comme dans d’autres cultures (la Théogonie d’Hésiode, par exemple, ou les textes sacrés monothéistes) ? Des phrases en incise comme « commença le chaman » ou « ajouta Horonami, le vieux chaman » montre que nous lisons en fait le discours de quelqu’un, le chaman Horonami. Cela nous montre que tous les récits de création ne sont pas transmis dans des livres sacrés, mais aussi parfois à travers un enseignement oral.

1 Prêtre-sorcier qui a notamment des fonctions de guérison, d’enseignement, et de divination dans certaines sociétés d’Asie et d’Amérique latine.

2 Empennée : garnie de plumes, ce qui stabilise sa trajectoire.

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c. Quels sont les premiers mots du récit ? Quel autre récit de création vous rappellent-t-ils ? Les premiers mots du récit sont « Au début » : ils nous rappellent le « Au commencement » de la Bible.

d. Pourquoi le narrateur utilise-t-il une personnification pour parler de la Lune ? La personnification (une figure de style qui consiste à parler d’un objet comme si c’était une personne) permet de suggérer le caractère divin de la Lune, qui est un « esprit ». C’est pour cela qu’on trouve dans le texte une majuscule (« Lune ») et que le narrateur n’utilise pas de déterminant devant le nom « lune » (il dit « Lune » et non « la lune »).

e. Comment les hommes ont-ils été crées ? Quel liquide vital leur a donné la vie ? Quelles qualités leur a apporté ce liquide ? Les hommes sont crées à partir du sang de Lune blessée, ce qui explique leur force et leur courage : ils sont nés d’un combat entre le fils et un esprit, d’un acte de violence.

f. Quels sont les deux phénomènes expliqués par ce texte ? Le texte explique à la fois la présence de la lune dans le ciel et la création des hommes.

2. La création des hommes dans la mythologie grecque

Dans l’un de ses textes (Protagoras), Platon, un philosophe grec de l’Antiquité, rapporte le mythe de la création des hommes par Épiméthée et Prométhée.

Il fut jadis un temps où les dieux existaient, mais non les espèces mortelles. Quand le temps que le destin avait assigné à leur création fut venu, les dieux les façonnèrent dans les entrailles de la terre d’un mélange de terre et de feu et des éléments qui s’allient au feu et à la terre.

Quand le moment de les amener à la lumière approcha, ils chargèrent Prométhée et Épiméthée3 de les pourvoir4 et d’attribuer à chacun des qualités appropriées. Mais Épiméthée demanda à Prométhée de lui laisser faire seul le partage. « Quand je l’aurai fini, dit-il, tu viendras l’examiner ».

Sa demande accordée il fit le partage, et, en le faisant, il attribua aux uns la force sans la vitesse, aux autres la vitesse sans la force ; il donna des armes à ceux-ci, les refusa à ceux-là, mais il imagina pour eux d’autres moyens de conservation ; car à ceux d’entre eux qu’il logeait dans un corps de petite taille, il donna des ailes pour fuir ou un refuge souterrain ; pour ceux qui avaient l’avantage d’une grande taille, leur grandeur suffit à les conserver, et il appliqua ce procédé de compensation à tous les animaux. Ces mesures de précaution étaient destinées à prévenir la disparition des races. Mais quand il leur eut fourni les moyens d’échapper à une destruction mutuelle, il voulu les aider à supporter les saisons de Zeus ; il imagina pour cela de les revêtir de poils épais et de peaux serrées, suffisantes pour les garantir du froid, capables aussi de les protéger contre la chaleur et destinées enfin à servir, pour le temps du sommeil, de couvertures naturelles, propres à chacun d’eux ; […] ensuite il leur fournit des aliments variés suivant les espèces, aux uns l’herbe du sol, aux autres les fruits des arbres, aux autres des racines ; à quelques uns mêmes il donna d’autres animaux à manger […].

Cependant Épiméthée, qui n’était pas très réfléchi, avait sans y prendre garde dépensé pour les animaux toutes les facultés dont il disposait et il lui restait la race humaine à pourvoir, et il ne savait que faire. Dans cet embarras, Prométhée vient pour examiner le partage ; il voit les animaux bien pourvus, mais l’homme nu, sans chaussures, ni couvertures ni armes, et le jour fixé approchait où il fallait l’amener du sein de la terre à la lumière. Alors Prométhée, ne sachant qu’imaginer pour donner à l’homme le moyen de se conserver, vole à Héphaïstos5 et à Athéna6 la connaissance des arts avec le feu ; car, sans le feu, la connaissance des arts était impossible et inutile ; et il en fait présent à l’homme. L'homme eut ainsi la science propre à conserver sa vie […]. Il se glisse donc

3 Prométhée et Épiméthée sont deux frères, deux Titans (des dieux fils de la Terre) chargés de créer les animaux et les hommes.

4 De les pourvoir = de leur donner le nécessaire pour vivre.

5 Dieu du feu, de la forge (ce qui permet de travailler le métal) et des volcans.

6 Déesse de la sagesse, de la guerre, et des sciences.

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furtivement dans l’atelier commun où Athéna et Héphaïstos cultivaient leur amour des arts, il y dérobe au dieu son art de manier le feu et à la déesse l’art qui lui est propre, et il en fait présent à l’homme, et c’est ainsi que l’homme peut se procurer des ressources pour vivre. Dans la suite, Prométhée fut, dit-on, puni du larcin7 qu’il avait commis par la faute d’Épiméthée.

Platon, Protagoras, 321c-322d, traduit par Émile Chambry.

a. Quels indices nous montrent que ce texte appartient à la mythologie grecque ? On retrouve les dieux de la mythologie grecque : Athéna, Héphaïstos et Zeus.

b. A partir de quels éléments les dieux ont-ils façonné les espèces mortelles ? Quels autres mythes cela vous rappelle-t-il ? Les dieux façonnent les êtres vivants à partir de terre, de feu, et d’un mélange des éléments qui s’accordent avec eux. Cela nous rappelle les mythes (comme la mythologie mésopotamienne par exemple) où les hommes sont créés à partir de terre, comme des objets de potier.

c. Quelle mission les dieux ont-ils confiée à Prométhée et Épiméthée ? Que veut faire Épiméthée ? Les dieux leur demandent de fournir aux êtres vivants les qualités qui leur permettront de survivre dans le monde et les uns face aux autres, mais Épiméthée veut s’en occuper seul : Prométhée vérifiera seulement que tout est équilibré une fois qu’il aura terminé.

d. Quels sont les deux buts que suit Épiméthée quand il répartit les attributs et les caractéristiques des différentes espèces ? Épiméthée a deux objectifs : équilibrer les qualités pour que toutes les espèces d’animaux puissent survivre sans que l’une ne soit complètement dominée et dévorée par l’autre ; et équiper les animaux de caractéristiques physiques qui leur permettent de survive au changement des saisons.

e. Quel est le défaut d’Épiméthée ? Quelle erreur commet-il ? Épiméthée n’est « pas très réfléchi » : il ne pense pas avant d’agir, il est étourdi, et il se retrouve à avoir utilisé toutes les qualités possibles sur les animaux sans avoir plus rien pour protéger l’homme.

f. Comment est l’homme, avant que Prométhée n’intervienne ? Citez le texte. Peut-il survivre dans ces conditions ? Avant l’intervention de Prométhée, l’homme est « nu, sans chaussures, ni couvertures ni armes » : il n’a rien pour résister au froid ni aux autres animaux, et ne peut donc survivre ainsi.

g. Que décide de faire Prométhée ? Il décide de voler aux dieux deux éléments pour les donner à l’homme : le feu, et la connaissance des arts et des sciences. Ainsi l’homme peut se réchauffer, cuire sa nourriture, et apprendre à se protéger de la nature sauvage.

h. Cherchez l’étymologie des noms « Prométhée » et « Épiméthée ». Comment cela explique-t- il la différence entre les deux frères ? En grec, « Pro » veut dire « en avant » et « Epi », « en arrière » ou « à côté ». Prométhée, c’est celui qui pense avant d’agir, qui prévoit (son nom veut dire « le prévoyant »), Épiméthée, c’est celui qui pense après coup, l’étourdi. Le caractère des deux frères correspond donc bien à leur nom.

i. Pourquoi la connaissance des arts et du feu permet-elle à l’homme de survivre, et même d’être supérieur aux animaux ? La connaissance des arts et du feu lui permet de prendre le dessus sur les autres animaux car il peut sans cesse inventer de nouveaux moyens de se protéger et de « se procurer des ressources pour vivre ».

j. A votre avis, pourquoi Prométhée est-il puni à la fin ? Prométhée est puni pour deux raisons : d’une part, parce qu’il a volé les dieux ; d’autre part, parce que, avec la connaissance des arts et des sciences, l’homme est presque égal aux dieux : il peut développer seul toutes ses ressources. La seule chose qui le sépare des dieux désormais, c’est qu’il est mortel. On retrouvera la même transgression punie dans la Bible.

3. La création de l’homme et de la femme dans la Genèse

7 Larcin = vol.

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La Bible raconte la création du monde et de l’homme dans deux passages différents : dans celui que nous avons lu dans la séance 3, puis dans un second passage, davantage centré sur l’homme, quelques pages plus loin dans la Genèse. Ces passages ne sont pas exactement les mêmes : il y a des différences notables entre eux, notamment en ce qui concerne la création de la femme.

L’Éternel Dieu façonna l’homme avec de la poussière du sol, il lui insuffla dans les narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant.

L’Éternel Dieu planta un jardin vers l’orient : l’Éden, le pays des Délices. Il y plaça l’homme qu’il avait façonné.

L’Éternel Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres portant des fruits d’aspect agréable et délicieux, et il mit l’arbre de la vie au milieu du jardin. Il y plaça aussi l’arbre de la détermination du bien et du mal. […]

L’Éternel Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder.

Et l’Éternel Dieu ordonna à l’homme : « Mange librement des fruits de tous les arbres du jardin, sauf du fruit de l’arbre de la détermination du bien et du mal. De celui-là, n’en mange pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras ».

L’Éternel Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide qui soit son vis-à- vis8 ».

L’Éternel Dieu, qui avait façonné du sol tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, les fit venir vers l’homme pour voir comment il les nommerait, afin que tout être vivant porte le nom que l’homme lui donnerait. L’homme donna donc un nom à tous les animaux domestiques, à tous les oiseaux du ciel et aux animaux sauvages. Mais il ne trouva pas d’aide qui soit son vis-à-vis.

Alors l’Éternel Dieu plongea l’homme dans un profond sommeil. Pendant que celui-ci dormait, il prit une de ses côtes9 et referma la chair à la place.L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena à l’homme.

Alors l’homme s’écria : « Voici bien cette fois celle qui est os de mes os, chair de ma chair. On la nommera ‘‘Femme’’ car elle a été prise de l’homme. »

C’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront plus qu’un.

L’homme et sa femme étaient tous deux nus sans en éprouver aucune honte.

Le Serpent était le plus astucieuxde tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il demanda à la femme : « Vraiment, Dieu vous a dit : ‘‘Vous n’avez pas le droit de manger du fruit de tous les arbres du jardin’’ ? »

La femme répondit au Serpent : « Nous mangeons des fruits des arbres du jardin, mais celui qui est au milieu du jardin, Dieu a dit de ne pas manger de son fruit et de ne pas y toucher, sinon nous mourrons. »

Alors le Serpent dit à la femme : « Mais pas du tout ! Vous ne mourrez pas !Seulement Dieu sait bien que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, décidant vous-mêmes ce qui est bien ou mal. »

Alors la femme vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, agréable aux yeux, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle prit donc de son fruit et en mangea. Elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea.

Alors les yeux de tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils se firent donc des pagnes en cousant ensemble des feuilles de figuier.

Au moment de la brise du soir, ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu parcourant le jardin. Alors l’homme et sa femme se cachèrent de l’Éternel Dieu parmi les arbres du jardin.

Mais l’Éternel Dieu appela l’homme et lui demanda : « Où es-tu ? »

Celui-ci répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur, car je suis nu ; alors je me suis caché. »

8 Qui soit semblable à lui.

9 Cette traduction est contestée : pour certains, la femme est née de la côte d’Adam, ou du côté d’Adam, mais on peut aussi comprendre que Dieu la fait naître à côté d’Adam… ce qui change tout !

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Dieu dit : « Qui t’a appris que tu es nu ? Aurais-tu mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? »

Adam répondit : « La femme que tu as placée auprès de moi, c’est elle qui m’en a donné, et j’en ai mangé. »

L’Éternel Dieu dit à la femme : « Pourquoi as-tu fait cela ?

– C’est le Serpent qui m’a trompée, répondit la femme, et j’en ai mangé. »

Alors l’Éternel Dieu dit au Serpent : « Puisque toi, tu as fait cela, tu es maudit parmi tout le bétail et tous les animaux sauvages : tu te traîneras sur le ventre, tu mangeras de la poussière tout au long de ta vie.Je susciterai de l’hostilité |entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance.

Celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui mordras le talon. »

Dieu dit à la femme : « Je rendrai tes grossesses très pénibles et c’est dans la souffrance |que tu mettras au monde tes enfants. Tes attentes seront tournées vers ton mari, mais lui, il te dominera. » Il dit à Adam : « Puisque tu as écouté ta femme et que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tout au long de ta vie. Il te produira des épines et des chardons ; et tu mangeras des produits du sol.Tu en tireras ton pain à la sueur de ton front jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque tu as été tiré de celle-ci. Car toi, tu es poussière et tu retourneras à la poussière. »

L’homme nomma sa femme Ève (Vie) ; elle est devenue en effet la mère de toute vie humaine.

L’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau pour les habiller.

Puis il dit : Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous pour décider du bien et du mal.

Maintenant il ne faudrait pas qu’il tende la main pour cueillir aussi du fruit de l’arbre de la vie, qu’il en mange et qu’il vive éternellement.

Alors l’Éternel Dieu le chassa du jardin d’Éden pour qu’il travaille le sol d’où il avait été tiré.

Après avoir chassé l’homme, il posta des chérubins à l’est du jardin d’Éden, avec une épée flamboyante tournoyant en tous sens pour barrer l’accès de l’arbre de la vie.

La Bible du Semeur, Genèse, 2 et 3 a. Quelles différences remarquez-vous entre cette version de la création de l’homme et de la femme et celle que nous avons lue dans la séance 3 ? La version de la création des êtres humains que nous lisons ici est beaucoup plus détaillée que la première. Dans le texte de la séance 3, la création de l’homme et de la femme était simplement la dernière étape de la création de l’ensemble du monde. Ici, elle constitue l’enjeu majeur du texte, avec une différence très importante : l’homme et la femme ne sont pas créés de la même façon. La femme ne naît qu’après l’homme, et simplement parce que Dieu ne veut pas que l’homme soit seul et veut lui donner une « aide ». C’est évidemment une version sexiste de la création de l’humanité.

b. De quoi est fait l’homme ? De quoi est faite la femme ? Comment expliquez-vous cette différence ? Retrouvait-on cette différence dans le passage de la séance 3 ? Dans la première version de la création des êtres humains dans la Bible, il n’y a pas de différence entre l’homme et la femme : « homme et femme [Dieu] les créa », « à son image » : rien ne différencie l’homme de la femme, ils sont égaux devant Dieu. Mais dans ce deuxième passage, la femme naît après l’homme, non pas à partir de la poussière de terre façonnée par Dieu, mais à partir d’une côte de l’homme, ce qui suggère symboliquement son infériorité.

Ce passage a longtemps été utilisé dans les sociétés judéo-chrétiennes pour justifier des pratiques sexistes de domination des hommes sur les femmes. C’est peut-être une version plus tardive de la Bible. En tout cas, il est important de rappeler que la Bible raconte deux versions de la création des hommes et des femmes, et que l’une est nettement moins misogyne que l’autre.

c. Quel est le rôle de l’homme dans le jardin d’Éden ? Que symbolise ce jardin ? L’homme doit cultiver et garder le jardin d’Éden, qui symbolise le Paradis : tout y est harmonieux et la mort n’y existe pas.

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d. Qu’est-ce qui est interdit à l’homme et à la femme ? L’homme et la femme peuvent manger les fruits de tous les arbres du jardin, sauf celui de la détermination du bien et du mal. Dieu leur annonce qu’ils mourront s’ils le mangent : cela annonce la fin de l’épisode, quand l’homme et la femme deviennent mortels.

e. Que suggère le serpent à la femme ? Est-ce qu’il lui ment ? Le Serpent suggère à la femme de manger le fruit défendu. Il la trompe mais ne lui ment pas explicitement : « Vous ne mourrez pas !Seulement Dieu sait bien que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, décidant vous-mêmes ce qui est bien ou mal. » De fait, l’homme et la femme ne mourront pas empoisonnés par le fruit ; mais le serpent ne dit pas à la femme que Dieu les rendra mortels. Par ailleurs, le Serpent a bien compris pourquoi Dieu leur a donné l’interdiction de manger ce fruit : en sachant reconnaître le bien du mal, l’homme et la femme acquerront la même connaissance que Dieu. Ils sont déjà à son image : ils deviendront comme Dieu, ce que Dieu ne veut pas.

f. Que se passe-t-il quand l’homme et la femme ont mangé le fruit défendu ? Pourquoi ? L’homme et la femme perdent leur innocence et deviennent conscients d’eux-mêmes : ils réalisent qu’ils sont nus. Ils deviennent conscients de la possibilité du péché.

g. Qu’est-ce qui pose problème à Dieu, dans le fait que l’homme et la femme mangent le fruit ? L’homme et la femme, en mangeant le fruit, deviennent aussi sages que Dieu, semblables à lui. Ils risquent d’être les égaux de Dieu.

h. Comment sont punis l’homme, la femme et le serpent ? D’abord, tous deviennent mortels et sont chassés du jardin d’Éden. Ensuite, ils sont punis chacun de manière différente :

- le serpent est maudit et condamné à ramper au sol, dans la poussière, et à subir la haine des femmes

- la femme est condamnée à souffrir pour avoir des enfants et à être dominée par l’homme (là encore, cela a longtemps servi de justification à la domination masculine dans les sociétés judéo-chrétiennes)

- l’homme est condamné à ne plus pouvoir se nourrir simplement en cueillant les fruits des arbres, mais devra travailler le sol dur, à la sueur de son front, pour survivre.

- L’homme et la femme mourront : fabriqués à partir de la poussière, ils redeviendront poussière

i. Quels aspects de la condition humaine (= la manière dont les êtres humains doivent vivre) sont expliqués dans ce passage ? Ce passage explique la souffrance et les difficultés que tous les êtres humains doivent affronter : le travail, les douleurs d’enfantement, la mort. Ce mal qui frappe les êtres humains est justifié parce que ceux-ci, selon la Bible, sont coupables : ils ont mangé le fruit défendu, voulu en connaître autant que Dieu, et sont punis pour cela.

j. Pourquoi, à votre avis, appelle-t-on ce passage « le péché originel » ou « la Chute de l’homme » ? Dans les religions de la Bible, « péché » veut dire « faute ». Le « péché originel », c’est la faute à l’origine de la souffrance, de la douleur et de la mort des hommes et des femmes. Avant la faute, l’homme vivait heureux en Éden, après, il doit vivre en souffrant sur la terre, puis mourir. Ce changement complet de condition est appelé « la Chute » dans les religions bibliques.

Synthèse

1. Complétez le tableau suivant Dans le mythe

yanomami

Dans la mythologie

grecque Dans la Genèse Qui crée les êtres

humains ?

« Au début », une famille existe, sans qu’on sache comme

Les dieux. Dieu.

(7)

elle a été créée.

Ensuite, les humains naissent de la blessure de Lune.

A partir de quoi les êtres humains sont-

ils créés ?

Du sang. De la terre, du feu et

d’autres éléments. De la poussière.

Quelles actions sont nécessaires pour

créer les êtres humains ?

Une blessure par

flèche. Façonner de la terre,

comme un potier. Façonner de la terre, comme un potier, et insuffler un souffle de vie.

Qu’est-ce qui manque, au début, aux êtres humains ?

Rien d’explicite, si ce n’est qu’il n’y a qu’une seule famille.

Des qualités qui leur permettent de survivre : le feu, et la connaissance des arts et des sciences (donc

une forme

d’intelligence).

La connaissance du bien et du mal (donc

une forme

d’intelligence).

Qu’est-ce qui est donné aux êtres humains dans un

deuxième temps, qui les différencie

du reste des animaux ?

Ils sont fils de la

Lune. Les arts, les sciences, et le feu, donc la capacité de se développer et de se protéger soi-même.

La connaissance du bien et du mal et la conscience de soi, qui les rapproche de Dieu.

Quel problème, lié à la création des êtres

humains, suscite une forme de punition divine ?

Il n’y a pas de punition, mais il faut qu’un esprit soit blessé pour que naissent les êtres humains.

Les qualités des hommes ont été volées aux Dieux, et les rendent trop semblables aux dieux.

L’homme devient comme Dieu, capable de décider du bien et du mal (c’est la naissance du libre- arbitre).

Quels aspects de la vie des hommes sont expliqués par

le récit de leur création ?

Leur existence, et leurs qualités : force, courage et aptitude au combat.

Leurs qualités, et notamment

l’intelligence

scientifique et rationnelle.

Leur conscience du bien et du mal, leur mortalité et la cause de leurs souffrances.

Quelle place, entre les animaux et les

dieux, les êtres humains occupent- ils dans le monde ?

Ils sont supérieurs aux animaux puisque fils de Lune, et presque égaux aux esprits qu’ils peuvent blesser.

Ils sont supérieurs aux animaux et presque semblables aux dieux (pas tout à fait car ils restent mortels).

Ils sont supérieurs aux animaux et presque semblables à Dieu (pas tout à fait car ils restent mortels).

2. A partir du tableau et de vos réponses aux questions, dites quels sont les points communs et les différences entre ces trois récits de la création des êtres humains.

Dans ces trois récits, la création des hommes et des femmes intervient après la création du reste du monde, et suscite un problème ou est la cause d’une violence ou d’une lutte. Les hommes, nés à partir d’éléments naturels ou façonnés par une divinité, sont en effet supérieurs aux animaux par leur intelligence et leur conscience d’eux-mêmes. Parfois, cette supériorité, acquise par une transgression (un vol, une désobéissance), donne lieu à une punition terrible. Dans tous les cas, elle explique les caractéristiques des êtres humains, qui les séparent des animaux.

(8)

Le mythe Yanomami est différent des deux autres en ce qu’il met moins l’accent sur l’intelligence que sur la force et la bravoure des êtres humains, et parce qu’une version de l’humanité peut exister sans offense aux Dieux ou à Dieu. Dans la mythologie grecque, et contrairement à la Bible, ce n’est pas l’homme qui est puni pour avoir une intelligence semblable à celle des dieux, mais Prométhée : il n’y a pas de faute originelle de l’homme qui expliquerait la souffrance de sa condition.

B. Orthographe : Les accords au féminin et au pluriel 1. Observez

a. Le pluriel des noms et des adjectifs

Dans le passage ci-dessous, relevez tous les noms communs et les adjectifs. Si le nom ou l’adjectif est au singulier, mettez-le au pluriel. S’il est au pluriel, mettez-le au singulier. Que remarquez vous ?

L’Éternel Dieu, qui avait façonné du sol tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, les fit venir vers l’homme pour voir comment il les nommerait, afin que tout être vivant porte le nom que l’homme lui donnerait. L’homme donna donc un nom à tous les animaux domestiques, à tous les oiseaux du ciel et aux animaux sauvages. Mais il ne trouva pas d’aide qui soit son vis-à-vis.

Noms Adjectifs

Dieu à dieux Sol à sols

Animal à animaux Champ à champs Oiseau à oiseaux Ciel à cieux Homme à hommes Être à êtres

Nom à noms Aide à aides

Vis-à-vis à vis-à-vis

Éternel à éternels Vivant à vivants

Domestique à domestiques Sauvage à sauvages

La plupart du temps, on ajoute un –s pour former le pluriel des noms et des adjectifs. Mais il y a des exceptions :

- les mots en –al (comme animal) font leur pluriel en –aux (animaux)

- les mots en –eau (comme oiseau) ou –eu (comme dieu) font leur pluriel en –x (oiseaux, dieux)

- les mots qui se terminent déjà par un –s (comme vis-à-vis) ne changent pas - certains mots ont des pluriels irréguliers, comme « ciel », qui fait « cieux » b. Le féminin des noms et des adjectifs

Dans le passage ci-dessous, relevez tous les noms communs et les adjectifs féminins. Mettez les adjectifs au masculin. Que remarquez vous ?

Il fut jadis un temps où les dieux existaient, mais non les espèces mortelles. Quand le temps que le destin avait assigné à leur création fut venu, les dieux les façonnèrent dans les entrailles de la terre d’un mélange de terre et de feu et des éléments qui s’allient au feu et à la terre. Quand le moment de les amener à la lumière approcha, ils chargèrent Prométhée et Épiméthée de les pourvoir et

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d’attribuer à chacun des qualités appropriées. Mais Épiméthée demanda à Prométhée de lui laisser faire seul le partage.

Noms Adjectifs

Espèces Création Entrailles Terre Lumière Qualités

Mortelles à mortels Appropriées à appropriées

Les noms féminins se terminent le plus souvent souvent par un –e (espèce, terre), ou une terminaison typique du féminin, comme –tion (création).

Cependant, les mots féminins en –té (qualité) ne se terminent pas un –e la plupart du temps (sauf exception, comme « dictée »).

Pour former le féminin d’un adjectif, il suffit en général d’ajouter un –e (approprié à appropriée), mais il faut parfois effectuer d’autres modifications. Par exemple, doubler la consonne finale (mortel à mortelle).

2. Leçon

Recopiez ou collez dans votre cahier les leçons (« Retenons ») des deux pages de manuel (« Le féminin des noms et des adjectifs » et « Le pluriel des noms et des adjectifs »), p. 270-271 et p. 272- 273.

3. Exercices

Exercices 1, 2, 5, 6, 8, 9, 10, 13 p. 270-271 et 1, 2, 3, 4, 5, 7 p. 272-273.

Exercices p. 270-271 Exercice 1

Jars à oie Coq à poule Cheval à jument Sanglier à laie Cochon à truie Bélier à brebis Bouc à chèvre Canard à cane Mouton à brebis Cerf à biche Taureau à vache Exercice 2

Une étrangère Une chanteuse Une charcutière Une vendeuse Une actrice

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Une lycéenne Une voleuse Une navigatrice Une pharmacienne Une conseillère Exercice 5 Une avenue Une brebis Une fourmi Une écurie Une fantaisie Une jetée La bonté La portée Une cohue La morue La vertu Exercice 6

a. sécurité / clé (ou clef) b. liberté / allée

c. responsabilités / maturité d. pitié / poupée

e. jetées f. dictée Exercice 8

a. Une femme heureuse

b. Une pièce de théâtre distrayante c. Une céréale complète

d. Des paroles ambiguës e. Une élève studieuse f. Une toison épaisse g. Une fille étourdie h. Une chienne stupide i. Une renarde rusée j. L’oiselle moqueuse Exercice 9

Un manœuvre : un ouvrier non qualifié / une manœuvre : mouvement que l’on fait faire à quelque chose que l’on dirige (un véhicule, une troupe, voire une intrigue !)

Une cartouche : charge d’une arme à feu ou recharge d’un appareil ou d’un bien de consommation (cartouche d’encre, cartouche de cigarette) / un cartouche : information présentée dans un cadre ou un encadré

Un livre : ensemble de pages reliées entre elles, ouvrage / une livre : ancienne unité de mesure d’environ 500g, ou unité monétaire (la livre sterling, pour la monnaie du Royaume-Uni, par exemple).

La poste : service de tri et d’acheminement du courrier / le poste : lieu, emplacement, mais aussi lieu où l’on travaille et par extension emploi occupé par quelqu’un dans ce lieu

La tour : construction toute en hauteur / le tour : mouvement complet le long d’un cercle

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La voile : large pièce de tissu permettant de prendre le vent dans un bateau / le voile : pièce de tissu recouvrant une partie du corps ou un objet

Exercice 10 Mère à maternel Père à paternel Frère à fraternel Sœur à sororal Famille à familial Science à scientifique Physique à physique Chimie à chimique Biologie à biologique Géologie à géologique Forêt à forestier Mer à marin Bois à boisé Désert à désertique Montagne à montagneux Mois à mensuel

Année à annuel Trimestre à trimestriel Semestre à semestriel Exercice 13

Féminin Masculin

Souris Perdrix Pie

Chaleur / peur Pitié / charité Nuit

Tapis

Bonheur Beurre Thé / café Bruit / fruit

Certaines terminaisons sont féminines ou masculines selon les mots : on ne peut donc pas s’y fier.

Exercices p. 272-273 Exercice 1

a. portail (pluriel « portails » alors que les autres font leur pluriel en –aux) b. signal (pluriel « signaux » alors que les autres font leur pluriel en –als) c. hibou (pluriel « hiboux » alors que les autres font leur pluriel en –ous) d. bois (le seul dont le singulier est en –ois et non en –oi)

e. pneu (pluriel « pneus » alors que les autres font leur pluriel en –eux) Exercice 2

Pluriel en –s Pluriel en –x Pas de changement entre le singulier et le pluriel Lots

Chefs

Marteaux Radicaux

Héros Faux

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Détails Vélos

Chapeaux Enclos

Exercice 3

Jeux / roseaux / sous / poux / rayons / pieux / amiraux / soupiraux / rails / hiboux Exercice 4

Un beau gâteau / un fils gentil / un fil vert et bleu / un bal costumé / un caillou pointu / un enfant nerveux / un feu lumineux / un citron vert / un abri confortable / un époux fidèle

Exercice 5

Hôpital / cheval / peau / émail / bourreau / corail / radeau / arsenal / maréchal / joyau Exercice 7

Bois / ténébreux / feuilles / vagues et fraîches lueurs / grands branchages / buissons chétifs et difformes / clairières / hautes herbes / anguilles / ronces / longs bras armés de griffes / proies / bruyères sèches / étendues lugubres

C. Histoire des arts : Le châtiment de Prométhée

Regardez les trois représentations de la punition de Prométhée et répondez aux questions :

1. Pour chaque œuvre d’art, dites quelle est la technique (peinture, sculpture…) employée, et de quelle époque elle date.

Œuvre 1 : céramique de l’antiquité Œuvre 2 : peinture du XVIIe siècle Œuvre 3 : sculpture du XVIIIe siècle

2. A partir de ces trois images, pouvez-vous deviner comment les dieux ont décidé de punir Prométhée ? Prométhée, enchaîné à un rocher, est condamné à avoir le foie dévoré par un aigle. Comme il est immortel, tous les jours son foie renaît, et tous les jours il est dévoré à nouveau.

3. Comment les artistes ont-ils fait, à chaque fois, pour montrer le caractère terrible de cette punition ? Dans la coupe grecque, on voit le sang couler abondamment de la blessure tandis que l’oiseau dévore le foie et que Prométhée est maintenu dans une position épuisante. Il est comparé par l’artiste à Atlas, qui doit porter tout le poids du monde sur ses épaules.

Dans le tableau de Rubens et Snyders, la composition du tableau, autour de la double diagonale formée par le corps du dieu et les ailes de l’aigle, et le choix d’un point de vue en plongée permettent de rendre la scène encore plus dramatique : on a l’impression de ressentir la chute en arrière de Prométhée sous le poids de l’aigle. La lumière dirige le regard du spectateur vers son corps nu, sans défense contre l’oiseau qui le dévore. Sa position renversée souligne son impuissance, encore marquée par les serres du rapace qui lui déchirent le visage. La torsion de son corps et ses muscles saillants soulignent la violence de sa lutte, perdue d’avance, contre l’oiseau. C’est une scène très énergique et très brutale.

Dans la sculpture aussi, le corps nu de la victime est mis en valeur au centre. Le jeu entre le déséquilibre de la pose (Prométhée tient sur un seul pied) et la lourdeur du marbre renforcent la violence de l’attaque, comme le faisait chez Rubens la torsion du corps : on retrouve d’ailleurs le choix de montrer le corps en diagonale, pour dynamiser la

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composition. Le drapé flottant au vent donne une idée de l’intensité de la bataille : tout vole et tout s’agite. Comme dans le tableau, la taille de l’oiseau est démesurée, pour le rendre encore plus menaçant.

4. Le châtiment de Prométhée vous semble-t-il juste ? Pourquoi ? Il est difficile de trouver juste le châtiment de Prométhée : le dieu a simplement voulu aider les hommes qui allaient mourir sans son assistance, par la négligence de son frère, et il paie pour un avantage qui profite à l’humanité, et non à lui. Cette punition est une illustration de la toute-puissance et de la colère des dieux dès lors qu’on menace leur pouvoir.

Nicolas-Sébastien Adam, Prométhée attaché, 1762, Musée du Louvre.

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Kylix (=coupe) grecque du VIe siècle av. J.-C., représentant Atlas (qui tient le monde sur ses épaules, à gauche) et le châtiment de Prométhée à droite. Musées du Vatican, Rome.

Pierre Paul Rubens et Franz Snyders, Prométhée supplicié, 1618, Philadelphia Museum of Art.

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