Commission
Organisation de la gestion
de trésorerie dans les groupes
GUIDE
DES TRANSFERTS DE TRESORERIE A L’ETRANGER
GUIDE DES TRANSFERTS DE TRESORERIE A L’ETRANGER
DOCUMENT AFTE
Cette brochure a été rédigée par l'équipe de la commission
«Organisation de la gestion de trésorerie dans les groupes»
Gérard Celerier Jean-François Dupont
Olivier Garreau Lionel Lavigne
Anne Le Corre Etienne Madelin Dominique Mainville
Philippe Pecout Dominique Piot
Alain Rividi
Lionel Lavigne, Président de la commission, et l'AFTE remercient l'ensemble des membres de la commission,
et plus particulièrement, Etienne Madelin pour leur collaboration.
INTRODUCTION
3L’ORDRE DE TRANSFERT
4LE RESEAU SWIFT :
CARACTERISTIQUES GENERALES
5LES CIRCUITS DE PAIEMENT USUELS
7LE CAS DES TRANSFERTS COMMERCIAUX
16LES MODES D’ORGANISATION DE L’ENSENBLE
DES COMPTES BANCAIRES D’UN GROUPE
17ANNEXE : FORMAT DE SAISIE
DE QUELQUES MESSAGES SWIFT
22sommaire
GUIDE DES TRANSFERTS DE TRESORERIE A L’ETRANGER
PAGES
« Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur, ou de ses ayants droit, ou ayants cause, est illicite (loi du 11 mars 1957, alinéa 1erde l’article 40). Cette représenta- tion ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constitueraient une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. La loi du 11 mars 1957 n’autorise, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective d’une part, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration. »
© 1994 by l’Association Française des Trésoriers d’Entreprise.
L’exécution de transferts bancaires de trésorerie entre une centrale de trésorerie en France et ses filiales à l’étranger, (que l’initiateur du transfert soit la centrale ou une filiale), se heurte parfois à des difficultés qui peuvent être significatives, en termes, notamment, de délais d’exécution, de dates de valeur ou de frais bancaires.
L’objectif de ce document est donc :
1. De présenter les différents circuits bancaires utilisables pour la réalisation de tels transferts de fonds afin de mettre en lumière les étapes de ces circuits qui peuvent être à l’origine de retards ou d’erreurs.
1. Il ne s’agit ici que des circuits entre banques et entre la France et l’étranger; sont donc exclus, d’une part, les liaisons entre l’entreprise française et sa banque (qui peut être en France ou à l’étranger) et, d’autre part, les transferts en francs en faveur d’un compte en France d’un résident.
2. D’indiquer aussi clairement que possible les informations à communiquer et les pré- cautions à prendre pour une bonne exécution de ces transferts de fonds (en francs ou en devises).
3. De présenter les différents modes d’organisation possibles pour l’ensemble des comptes bancaires utilisés par un groupe (centrale de trésorerie et filiales) pour leurs mouvements de trésorerie.
Pour des transferts de trésorerie à l’intérieur d’un même groupe, la mise en place et l’utilisation de procédures et de circuits de paiement fixes permettent de réduire forte- ment les risques de retard et de surcoût.
Une telle standardisation est généralement possible pour de tels flux répétitifs intra- groupe.
S’agissant de transferts commerciaux dont les bénéficiaires sont des tiers et dont la répétitivité est en général plus faible, l’application de ces procédures et circuits stan- dardisés peut s’avérer plus difficile.
L’application des quelques règles simples présentées dans ce document permet toute- fois, dans de nombreux cas, de réduire, là aussi, les sources d’erreur et de retard.
L’ORDRE DE TRANSFERT
L’ordre de transfert doit comprendre les informations nécessaires uniquement, l’excès d’informations se révélant souvent une source de complications.
L’utilisation de la télétransmission entre le client et sa banque est certes un «plus», (notamment sous protocole sécurisé ETEBAC V), mais elle ne constitue pas une solution en soi dans la mesure où le point clef réside dans le choix du circuit de paiement opti- mum par la banque, avant transmission via le réseau SWIFT.
Il convient de noter que certaines banques ont inclus dans leurs systèmes de traitement des programmes informatiques de déduction automatique de ces circuits de paiement
«optimum».
Les informations devant figurer dans un ordre de transfert sont les suivantes :
1 Nom du bénéficiaire USACorp Inc.
2 Banque teneur de compte du bénéficiaire USBANK, Chicago, USA (nom, ville, pays)
3 Adresse SWIFT de cette banque USBANILWW
4 Numéro de compte du bénéficiaire DER4556654KL
5 Montant 300.000.000
6 Devise JPY
7 Compte du donneur d’ordre 34567889AS
8 Valeur ou date d’exécution 30 Avril 1996
9 Motif du paiement Facultatif
Comme les transferts entre les deux banques concernées (banque du donneur d’ordre et banque du bénéficiaire) se font généralement via le réseau SWIFT, l’indication systé- matique de l’adresse SWIFT de la banque du bénéficiaire réduit les risques d’erreur.
Cette adresse doit être demandée préalablement au bénéficiaire. Elle peut également être obtenue à partir des recueils dont disposent les services Transferts des banques.
Les frais, délais d’exécution et conditions de valeur, sont fonction de nombreux facteurs : la devise traitée, le moyen de transmission utilisé entre l’entreprise donneuse d’ordre et sa banque, le pays du bénéficiaire et... les conditions négociées préalable- ment (se rapporter sur ce point aux travaux de la commission «Tarification des services bancaires»).
LE RESEAU SWIFT :
CARACTERISTIQUES GENERALES
Le réseau SWIFT
SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) est le nom de la société qui gère le réseau utilisé dans la majeure partie des cas pour le transport des informations relatives à la plupart des opérations interbancaires internationales.
Société de droit belge dont le siège est basé à Bruxelles, SWIFT est une société coopé- rative possédée par ses seuls utilisateurs qui sont exclusivement des établissements ban- caires.
Ceci interdit donc à un établissement non bancaire un accès direct à SWIFT, ce qui correspond en France aux dispositions de la Loi Bancaire qui réserve aux banques l’accès aux systèmes de paiement.
73 pays et 2960 banques sont aujourd’hui adhérents à SWIFT; dans certains pays, seul le siège social de la banque est adhérent, mais ceci est en principe sans consé- quence pour les virements en faveur d’une branche locale.
Le volume moyen quotidien de messages transmis est de 1,4 million (cf en annexe le format de saisie de quelques messages).
Le réseau est utilisé pour les échanges d’informations entre banques différentes, mais il peut être également utilisé au sein d’un même groupe bancaire entre les différentes succursales et branches.
Quelques banques internationales disposent de leurs propres réseaux «captifs».
La qualité du service de SWIFT repose sur plusieurs éléments :
• la continuité : le réseau est opérationnel 24 heures sur 24 et 365 jours par an, avec une disponibilité opérationnelle de 99% et, en cas de panne d’un centre SWIFT, l’utilisation immédiate des autres centres;
• la confidentialité : elle est assurée par un système de chiffrage, des règles strictes et des barrières techniques;
• la sécurité : le réseau subit des audits réguliers de sécurité, et des systèmes de prévention et de détection des anomalies complètent le dispositif;
• la rapidité : le délai total de transmission d’un message est pratiquement indé- pendant de la longueur du texte et de la distance à parcourir;
• l’archivage : le stockage des messages est assuré pendant quatre mois, servant de recours aux adhérents en cas d’incident ou de contestation.
Les messages SWIFT
Les instructions acceptées par le système SWIFT sont nombreuses puisqu’elles peuvent concerner notamment les transactions suivantes (entre parenthèses figure le type du message) :
– transferts clientèle (type 100), – transferts bancaires (type 200),
– confirmations d’opérations de change (type 300), – confirmations de débit/crédit (type 400),
– relevés d’opérations ou extraits de comptes (type 400), – crédits documentaires (type 700),
– confirmation et rapprochement d’opérations hors bilan (FRA, par ex.).
Chaque message appartient à un type donné et sa présentation est standardisée.
En outre, chaque message peut être affecté d’un niveau de priorité particulier, allant de 01 (message urgent donnant lieu à notification de retard et à notification de délivrance), à 02 (message normal) (4 niveaux au total).
La date de valeur de la transaction n’en sera pas modifiée.
Les frais sont d’autant plus importants que le niveau de priorité est élevé.
LES CIRCUITS DE PAIEMENT USUELS
Il existe trois circuits de paiement principaux pour les transferts initiés par une société française utilisant l’une de ses banques en France.
Ces trois circuits se distinguent par le type de la devise concernée :
– Dans le premier circuit, la devise du transfert est celle du pays de la banque du donneur d’ordre («devise déplacée»), (ex.: Franc français transféré à partir de France);
– Dans le second circuit, la devise du transfert est celle du pays de la banque du bénéficiaire («devise sur place»), (ex.: Deutschmark transféré à partir de France vers l’Allemagne);
– Dans le troisième circuit, la devise du transfert n’est ni celle du pays de la banque du donneur d’ordre ni celle du pays de la banque du bénéficiaire («devise dépay- sée»), (ex.: Yen transféré de France en Allemagne).
Deux messages principaux sont utilisés, le MT 100 et le MT 202:
– le MT 100 est un ordre de virement commercial en faveur d’un tiers non bancaire (le bénéficiaire final);
– le MT 202, qui appartient à la famille des ordres de transfert en faveur d’une banque, est un ordre de couverture envoyé à la banque correspondante et associé à un MT 100 lorsque ce dernier est transmis à une banque non correspondante dans la devise concernée.
Le message MT 910 est également utilisé : il sert au correspondant d’une banque à indiquer à celle-ci un crédit en sa faveur.
Afin de réduire les risques d’erreur et de retard, la règle de base est que la banque du donneur d’ordre doit envoyer directement à la banque du bénéficiaire l’instruction de transfert (via un message MT 100), afin de limiter au maximum l’utilisation d’une banque tierce pour l’acheminement de cette instruction (cette banque tierce est appelée banque de couverture).
L’envoi d’un tel MT 100 par une banque A à une banque B correspond à une deman- de de virement en faveur d’un tiers non bancaire.
Le cas idéal est celui dans lequel les deux banques sont en compte : soit A dispose d’un compte chez B (devise sur place), soit B dispose d’un compte chez A (devise déplacée), soit le circuit de couverture est bien rodé.
Le tableau ci-après présente les différents circuits utilisés selon la nature de la devise concernée et selon les relations de correspondant.
Schéma 0
Circuit «Devise déplacée»
Un transfert avec devise déplacée est celui dans lequel la devise transférée est celle du pays de la banque du donneur d’ordre.
Exemple : transfert de Francs français depuis une banque à Paris au bénéfice d’une société dont la banque est basée à Francfort.
La banque française est le correspondant en Francs de la banque allemande (circuit 1)
Il s’agit du cas le plus simple et qui doit donc être systématiquement privilégié pour des virements de trésorerie intra-groupe : comme la banque allemande (BA) est titulaire d’un compte en Francs français auprès de la banque française (BF), la banque française trans- met simplement un message SWIFT de type MT 100 pour demander à la banque alleman- de de régler le bénéficiaire.
Ce message vaut également confirmation que les fonds sont crédités au compte de BA ouvert dans les livres de BF.
Le principe de base est, en effet, que les opérations de transfert et de rapatriement en Francs français (ou dans une devise x) aboutissent toujours in fine à mouvementer un compte dans une banque française (ou une banque du pays de la devise x).
Dans l’exemple ici, il existe dans les livres de la banque BF un compte «Loro» en Francs ouvert au nom de la banque BA, qui sera crédité du montant du transfert. Symétriquement, ce compte, dans les livres de la banque BA, est qualifié de compte «Nostro».
Schéma 1
La banque française n’est pas le correspondant en Francs de la banque allemande
La banque correspondante en Francs français de la banque allemande BA est une autre banque à Paris (BF2).
Dans le cas d’une trésorerie de groupe, cette situation peut survenir si la banque alleman- de qui n’est pas le correspondant de la banque de la centrale de trésorerie française apporte à la filiale des services domestiques importants (services de cash management par exemple).
Dans ce cas, la banque française BF1 du donneur d’ordre procède au virement des fonds en francs à Paris en faveur de la banque BF2, correspondant en Francs de la banque alle- mande BA, via les procédures et circuits habituels de compensation; s’agissant d’un mou- vement en francs français entre deux banques à Paris, aucun message SWIFT n’est émis à cette occasion.
Simultanément, la banque BF1 transmet directement un ordre de transfert MT 100 à la banque allemande BA du bénéficiaire, en indiquant dans le message que la couverture des fonds sera effectuée auprès de la banque BF2, appelée banque de couverture.
Schéma 2
Circuit «Devise sur place»
Un transfert avec devise sur place est celui dans lequel la devise transférée est celle du pays de la banque du bénéficiaire.
Exemple : transfert de Deutschmarks depuis une banque à Paris au bénéfice d’une société dont la banque est basée à Francfort.
La banque française a pour correspondant en Marks la banque du bénéficiaire (circuit 2)
Il s’agit de la solution la plus simple, identique à celle exposée précédemment (page 9) : la banque française (BF) transmet un message SWIFT de type MT 100 à la banque alle- mande BA, son correspondant habituel pour les marks.
La banque BA effectue ensuite le règlement au bénéficiaire et débite le compte de la banque BF dans ses livres : symétriquement à l’exemple 1 (page 9), il existe dans les livres de la banque BA un compte «Loro» en Marks ouvert au nom de la banque BF, qui sera débité du montant du transfert; ce compte, dans les livres de la banque BF, est qualifié de compte «Nostro».
La banque française a pour correspondant en Marks une banque tierce Première variante
Il s’agit d’une solution à éviter, même si elle semble logique, dans la mesure où la banque du donneur d’ordre transmet l’ordre de transfert à la banque auprès de laquelle elle est titulaire d’un compte.
Ainsi, la banque française (BF) transmet un message SWIFT de type MT 100 à la banque allemande BA1, son correspondant habituel pour les marks.
Schéma 3
La banque allemande BA1 se charge alors de procéder au transfert domestique en Allemagne en faveur de la banque du bénéficiaire BA2.
Cette dernière effectue ensuite le règlement au bénéficiaire.
Il convient de noter que ce règlement peut entraîner des frais et des délais importants s’il est traité comme un transfert commercial : tel sera le cas, par exemple, en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis, ...
Seconde variante
Plutôt que de transmettre uniquement un message à son correspondant habituel en Marks, il convient au contraire que la banque française BF :
– transmette directement à la banque BA2 du bénéficiaire un message MT 100 lui demandant de créditer le compte du bénéficiaire,
– transmette à son correspondant habituel en Marks BA1 un ordre de couverture (mes- sage MT 202).
Ceci permettra d’éviter un retard dans l’émission du virement domestique entre les deux banques allemandes, émission qui n’est pas contrôlée par la banque BF.
Comme BF et BA2 ne sont pas en relation habituelle, BF demandera à son correspondant habituel en Allemagne, BA1, via un MT 202, de «couvrir» l’engagement directement donné à BA2 via le MT 100.
Schéma 4
C’est la solution à privilégier mais qui ne peut toutefois pas se substituer durablement à la solution dans laquelle l’ordre de virement est envoyé directement à la banque correspon- dante auprès de laquelle le bénéficiaire dispose également de son compte (circuit N°2).
Schéma 5
Circuit «Devise dépaysée»
Un transfert avec devise dépaysée est celui dans lequel la devise transférée n’est ni celle du pays de la banque du bénéficiaire ni celle du pays de la banque du donneur d’ordre : il s’agit d’une variante du circuit «Devise sur place».
Exemple : transfert de Yens depuis une banque à Paris au bénéfice d’une société dont la banque est basée à Francfort.
Ce type de transfert est fréquent dans le cadre d’une centrale de trésorerie disposant, par exemple, du monopole de réalisation des opérations de change sur les marchés finan- ciers.
Dans un tel cas, la banque française BF va :
– directement transmettre à la banque allemande BA du bénéficiaire un message MT 100 lui demandant de créditer le compte du bénéficiaire,
– transmettre à son correspondant habituel en Yens BJ1 un ordre de couverture (messa- ge MT 202) sur la banque correspondante en Yens de la banque allemande.
Cette banque correspondante sera, soit elle-même, soit une autre banque japonaise BJ2.
Dans ce dernier cas, la banque japonaise BJ1 effectuera un virement domestique en faveur de la banque BJ2.
Dans les deux cas, la banque allemande BA du bénéficiaire sera prévenue par avis de crédit que son compte en Yens auprès de BJ1 (ou BJ2) a été crédité.
Schéma 6
La présence de deux banques correspondants au Japon se traduit par le schéma suivant.
Cas d’un donneur d’ordre français utilisant une banque à l’étranger
Les circuits présentés ci-dessus concernent un donneur d’ordre français utilisant pour ces opérations une banque à Paris.
La banque utilisée pourrait également être située à l’étranger (Londres par exemple), comp- te tenu de l’absence de restrictions spécifiques en France pour un résident de détenir des comptes en devises sur cette place.
Les différentes opérations ci-dessus ne sont pas modifiées.
Schéma 7
LE CAS DES TRANSFERTS COMMERCIAUX
Les quelques règles indiquées ci-dessus restent valables dans le cas de transferts commer- ciaux.
Leur mise en application complète s’avère toutefois plus difficile, dans la mesure où la fixi- té des circuits de règlement n’est réellement possible que pour des transferts répétitifs.
La règle principale reste que la banque du bénéficiaire devrait recevoir l’ordre de vire- ment directement de la banque du donneur d’ordre.
Lors d’une première opération effectuée entre deux banques (celle du donneur d’ordre et celle du bénéficiaire) qui ne sont habituellement pas en compte, il conviendra donc d’être attentif car le circuit de couverture nécessitera peut-être un bref «rodage» qui pourra, de ce fait, entraîner quelques retards au début.
LES MODES D’ORGANISATION DE L’ENSEMBLE DES COMPTES BANCAIRES D’UN GROUPE
Le choix de l’organisation des comptes bancaires est largement influencé par le choix effec- tué en matière d’organisation des réglements et des encaissements commerciaux, qui sont à l’origine, au sein d’un groupe, de la majorité des opérations bancaires.
En effet, ces opérations quotidiennes, telles que l’émission des chèques ou des ordres de transfert, peuvent être réalisées, soit par chacune des filiales, soit par la société-mère ou une filiale spécialisée (centrale de trésorerie ou autre).
L’objet de cette partie n’est pas de présenter les avantages et les inconvénients des diffé- rents choix possibles en ce domaine, mais d’indiquer quels sont les schémas d’organisation possible qui en découleront, en matière de comptes bancaires utilisés par la centrale de tré- sorerie et les filiales.
Il convient de noter en effet que, quelle que soit l’organisation retenue, l’exécution des trans- ferts de trésorerie pourra s’effectuer dans des conditions satisfaisantes, dès lors que les banques et les comptes utilisés seront figés, sous réserve, bien sûr, que leur nombre ne soit pas trop élevé.
Il existe trois modes principaux d’organisation pour l’ensemble des comptes bancaires utili- sés au sein d’un groupe :
– utiliser une banque par pays, – utiliser une banque par devise, – utiliser une banque unique.
Une banque par pays
– Ex.: Chaque filiale allemande dispose auprès de la même banque allemande de comptes en marks et, si nécessaire, de comptes en devises.
• Si chaque filiale du groupe est responsable de l’exécution de ses propres opérations d’encaissement et de réglement, ce schéma offre pour celles-ci plusieurs avantages :
– la proximité des interlocuteurs bancaires (même pays, même langue) facilite la résolu- tion des problèmes potentiels courants (contrôle des conditions bancaires, date de valeur erronée, par exemple);
– il ne pertube pas les habitudes de réglement des clients, qui pourraient être réticents à envoyer leurs chèques à l’étranger, ou à initier des transferts à l’étranger à coût non négligeable;
– la simplification des communications informatiques peut être importante : d’une part, il existe désormais dans la plupart des pays européens des logiciels de consultation des soldes bancaires qui répondent aux spécificités fonctionnelles domestiques;
d’autre part, l’installation est simplifiée et le coût est réduit dès lors que l’usage demeure domestique;
– les compétences de la banque loca- le retenue en matière de cash mana- gement domestique (traitement des chèques, par exemple) pourront également être mieux exploitées ainsi que son accès à des finance- ments locaux spécifiques.
• A l’inverse, les opérations de la centra- le de trésorerie (dans la cadre d’une gestion centralisée de trésorerie) sont sensiblement alourdies à cause de l’existence, pour une même devise, de plusieurs comptes auprès de plusieurs banques (une par pays). Ceci nécessite alors des transferts de concentration sur une banque pivot et l’utilisation de plusieurs systèmes de reporting bancaire.
• Dans certains pays même, plusieurs banques domestiques (spécialisées ou non par zone géographique ou par types d’opérations) peuvent être utilisées. Cela nécessite alors
Schéma 8
Schéma 8
Une banque par devise
– Ex.: Chaque filiale du groupe dispose, pour la devise A, de son compte auprès de la même banque (qui est une banque du pays de la devise A).
• Ce schéma est sensiblement moins simple pour les filiales qui doivent, dans ce cas, gérer des comptes bancaires à l’étranger, avec des difficultés éventuelles en termes de liaisons informatiques, de difficultés de langage, de contrainte des changes (obligations déclara- tives ou restrictions),... ce qui, multiplié par le nombre de filiales concernées, peut consti- tuer une source importante de complications.
• A l’inverse, l’utilisation de ce schéma améliore les conditions de la gestion de trésorerie consolidée dans la mesure où l’ensemble des comptes pour une devi- se donnée se trouve dans le pays de la devise concernée, entraînant la réduc- tion des délais d’exécution et de valeur, et auprès d’une banque unique, d’où des réductions importantes de frais bancaires.
Schéma 09
Schéma 09
Une banque unique
– Ex.: Chaque filiale du groupe dispose auprès de la même banque de tous ses comptes (dans sa propre devise et dans les autres devises en fonction de ses besoins).
• Pour les filiales, l’utilisation d’une banque unique à l’étranger simplifie le schéma précé- dent puisque tous leurs comptes bancaires en devises, bien que ne se trouvant pas dans leur pays, sont regroupés sur une place unique, entraînant simplification de fonctionne- ment et réduction des frais bancaires.
• Il offre pour la centrale de trésorerie, à la fois un avantage (la forte réduction des frais bancaires, et la simplification de gestion administrative, compte tenu de l’utilisation d’une banque unique), mais également de sérieux inconvé- nients : la concentration des mouve- ments bancaires qui risque de conduire à l’arrêt des relations avec d’autres banques et l’absence de présence directe sur la place de compensation de chaque devise.
Schéma 10
Schéma 10
Critères de choix :
Le tableau ci-après présente de façon synthétique les principaux critères de choix du mode d’organisation des comptes bancaires au sein d’un groupe.
Le signe «+» («–») signifie que le schéma retenu est bien (mal) adapté à l’objectif recherché.
Sch. 1 Sch. 2 Sch. 3 1. Responsabilité du cash management aux filiales + – – +/–
2. Nécessité de disposer d’une banque «locale» ++ + – (Cash managt & financts locaux)
3. Relations informatiques banque/entreprise + – – –
4. Exécution du cash pooling groupe – – + ++
5. Accès aux conditions bancaires de place – ++ –
6. Frais bancaires (dont transferts) – – + ++
7. Diversification des relations bancaires + + – –
ANNEXE
FORMAT DE SAISIE DE QUELQUES MESSAGES SWIFT
MT 100 Customer Transfer
M/O Tag Field Name Content/Options
M 20 Transation Reference Number 16x
M 32A Value Date, Currency Code, Amount 6n3a15number
M 50 Ordering Customer 4’35x
O 52a Ordering Institution A or D
O 53a Sender’s Correspondent A, B or D
O 54a Receiver’s Correspondent A, B or D
O 56a Intermediary A or D
O 57a Account With institution A, B or D
M 59 Beneficiary Customer (/34x)
4’35x
O 70 Details of Payment 4’35x
O 71A Details of Charges 3a
O 72 Sender to Receiver Information 6’35x
MT 202 General Financial Institution Transfer
M/O Tag Field Name Content/Options
M 20 Transation Reference Number 16x
M 21 Related Reference 16x
M 32A Value Date, Currency Code, Amount 6n3a15number
O 52a Ordering Institution A or D
O 53a Sender’s Correspondent A, B or D
O 54a Receiver’s Correspondent A, B or D
O 56a Intermediary A or D
O 57a Account With institution A, B or D
M 58a Beneficiary Institution A or D
O 72 Sender to Receiver Information 6’35x
MT 910 Confirmation of Credit
M/O Tag Field Name Content/Options
M 20 Transation Reference Number 16x
M 21 Related Reference 16x
M 25 Account Identification 35x
M 32A Value Date, Currency Code, Amount 6n3a15number
M 52a Ordering Institution A or D
O 56a Intermediary A or D
O 72 Sender to Receiver Information 6’35x
Source : Swift
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