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Théorème de Riesz-Fischer

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

DÉVELOPPEMENTS POUR L’AGRÉGATION EXTERNE

Théorème de Riesz-Fischer

Leçons : 201, 205, 208, 234

[Bré], théorème IV.8 [Rud], théorème 3.11 Théorème

SoitXun espace mesuré, muni d’une mesure positiveµ.

Pour toutp∈[1,+], Lp(µ)est un espace de Banach.1

Démonstration :

Étape 1 : Montrons que L(µ)est complet.

Soit(fn)n∈Nune suite de Cauchy dans L(µ).

Ainsi,kN,NkN,m,n>Nk,kfnfmk6 1 k.

Donc il existe une famille(Ek)k∈Nd’ensemblesµ-négligeables, vérifiant :

kN,NkN,m,n>Nk,xX\Ek,|fn(x)−fm(x)|6 1 k On définitE= [

k∈N

Ek; et comme l’union est dénombrable :µ(E) =0.

Et donc, on obtient :

kN,NkN,m,n>Nk,xX\E,|fn(x)−fm(x)|6 1

k (1)

PuisxX\E,kN,NkN,m,n>Nk,|fn(x)−fm(x)|6 1 k, autrement dit :xX\E,(fn(x))n∈Nest une suite de Cauchy dansR.

Et commeRest complet, cette suite converge ; on note f(x)sa limite.

On va montrer que la fonction f ainsi définieµ-presque partout est bien dans L(µ)et que c’est bien la limite de la suite(fn)n∈Nen normek.k.

Par passage à la limite dans (1), on obtient :

kN,NkN,n>Nk,xX\E,|fn(x)−f(x)|6 1 k Ainsi,N1N,kfk61+fN1

<∞, donc fL(µ). Enfin,kN,NkN,n>Nk,kfnfk6 1

k. Donc : lim

n→kfnfk=0.

Étape 2 : Pourp∈[1,+[, Lp(µ)est également complet.

Soit(fn)n∈Nune suite de Cauchy dans Lp(µ).

On va en fait montrer qu’une sous-suite converge dans Lp(µ); en effet, prenonsε>0.

Si d’une part :K0N,k>K0,

fnkf p6 ε

2, et d’autre part :N0N,m,n>N0,kfnfmkp6 ε

2, Alors finalement, en posantN = max

nK0,N0 on obtient :n> N,kffnkp 6 ε, et le théorème est prouvé.

Soit donc(nk)k∈Nune suite strictement croissante d’entiers telle que :

kN,m,n>nk,kfnfmkp6 1 2k

1. Une application de la complétude des espaces Lpest le prolongement de la transformée de Fourier à L2, qui utilise le fait que toute suite de Cauchy dans L2converge dans L2(voir le développement consacré en page??).

Florian LEMONNIER 1

Diffusion à titre gratuit uniquement. ENS Rennes – Université Rennes 1

(2)

DÉVELOPPEMENTS POUR L’AGRÉGATION EXTERNE

Ainsi,kN,

fnk+1fnk p6 1

2k.

Notons désormais ˆfkpour fnk, ainsikN,

fˆk+1fˆk

p6 1

2k. Posons alors, pournN:gn=

n k=0

fˆk+1fˆk

, on a donc : kgnkp6

n k=0

fˆk+1fˆk p6

n k=0

1 2k 62

Par convergence monotone,gnconverge ponctuellement surX\E, oùEest un ensembleµ-négligeable, vers une fonctiongdéfinie presque partout.

Les fonctionsgnétant à valeurs dans[0,+], on a : kgkpp=

Z

X|g(x)|pdx= Z

Xlim inf

n→ |gn(x)|pdx6lim inf

n→ Z

X|gn(x)|p dx62p. DoncgLp(µ).2

SoitxX\E:

m>n>1,

fˆm(x)− fˆn(x)6fˆm(x)−fˆm−1(x)+. . .+fˆn+1(x)−fˆn(x)=gm−1(x)−gn−1(x) DoncxX\E,

fˆn(x)

n est une suite de Cauchy dansRqui est complet donc elle converge ; on note ˆf(x)sa limite.

De plus,m>n>1,xX\E,

fˆm(x)−fˆn(x)6gm−1(x). Par passage à la limite :n>1,xX\E,

fˆ(x)−fˆn(x)6g(x). En particulier,

fˆ

p6kgkp+fˆ1

p<∞, donc ˆfLp(µ). OrxX\E,

fˆ(x)−fˆn(x)p6(g(x)−gn−1(x))p −→

n→0 et

fˆ(x)− fˆn(x)p6g(x)pavecgLp(µ). Donc, par convergence dominée, il vient :

fˆfˆn

p −→

n→0

Références

[Bré] H. BRÉZIS–Analyse fonctionnelle, 2eéd., Dunod, 2005.

[Rud] W. RUDIN–Analyse réelle et complexe, 3eéd., Dunod, 2009.

2. C’est pour montrer quegLp(µ)qu’on a besoin d’utiliser [Rud].

Florian LEMONNIER 2

Diffusion à titre gratuit uniquement. ENS Rennes – Université Rennes 1

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