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Théorie des expériences de Pinaud, relatives aux sons rendus par les tubes chauffés

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(1)

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Submitted on 1 Jan 1873

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Théorie des expériences de Pinaud, relatives aux sons rendus par les tubes chauffés

J. Bourget

To cite this version:

J. Bourget. Théorie des expériences de Pinaud, relatives aux sons rendus par les tubes chauffés. J.

Phys. Theor. Appl., 1873, 2 (1), pp.193-199. �10.1051/jphystap:018730020019300�. �jpa-00236833�

(2)

I93

THÉOIIIE DES EXPÉRIENCES DE PINAUD,

RELATIVES AUX SONS RENDUS PAR LES TUBES

CHAUFFÉS ;

PAR M. J. BOURGET,

Directeur des Études à Sainte-Barbe.

(Société de Physique; séance du 23 mai I872.)

Pinaud, professeur

de

Physique

à

Toulousc,

a

étudié,

en 1835

(1),

un

phénomène acoustique remarquable, qui

se

produit quand

on

laisse refroidir un tube

thermométrique

à l’extrémité

duquel

est

soufflée une boule.

Si, après

avoir chauffé assez fortement la

boule,

on la retire de la

flamme,

l’air

extérieur,

en rentrant par le

tube, produit parfois

un son

très-pur.

Pinaud s’est attaché à trouver les circonstances les

plus

favo-

rables à la

production

du

phénomène,

et il a cherché la liaison

qui

existe entre la hauteur du son et les divers éléments de

l’appareil.

Dans son

Mémoire,

il formule ainsi les trois lois

générales

aux-

quelles

il est arrivé :

1 ° Le son

produit

par un tube de verre terminé par une boule échauffée est d’autant

plus

grave que le tube est

plus long,

toutes

choses

égales

d’ailleurs.

La

longueur

et le diamètre du tube restant les

mêmes,

le son

est d’autant

plus

grave que la boule a un

plus grand

diamètre.

3° Toutes choses

égales d’ailleurs,

le son

produit

est d’autant

plus aigu

que le tube a un

plus grand

diamètre.

Pinaud a cherché ensuite une formule

empirique

donnant le

nombre des vibrations sonores en fonction de la

longueur

du

tube,

de son rayon et du rayon de la boule. En

désignant

par n le nombre des vibrations

complètes,

par 1 la

longueur

du

tube,

par r son rayon, par R celui de la

boule,

enfin par C un coefficients constant, il a trouvé

qu’on pouvait prendre

a,

b,

y étant des constantes données par

l’expérience.

Son Mémoire

n’indique

pas les résultats

qu’il

a trouvés.

C) Institut, t. III, p. 366; 1835.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018730020019300

(3)

Les

expériences

de Pinaud ont été

répétées,

d’abord par C. Marx

(1), puis

par

Sondllaus (2).

Ce dernier a donné une for- mule

très-simple

pour déterminer l e nombre n des vibrations doubles de

l’appareil.

En nommant V le volume de la

boule,

L la

longueur

du tube

thermométrique,

S sa

section,

il trouve

empiri-

quement

C est une constante

égale

environ à

5 2 , 2, si

le mètre est

pris

pour unité de

longueur.

Sondhaus a été

plus loin ,

il a étudié le cas de

plusieurs

tubes

soudés au même réservoir. Si deux tubes

égaux

sont soudés à une

boule aux extrémités du même

diamètre,

il suppose

qu’il

se forme

un

plan

nodal

perpendiculaire

à la

ligne

des

tubes,

et

qui

divise la

boule en deux

parties égales

de

volume - ,

V de telle sorte

qu’on

doit

2

avoir

cette formule

empirique

est encore d’accord avec

l’expérience.

Dans le cas

plusieurs

tubes

(S, L), ( S’, L’), (S", L"), ...

sont

soudés à un même réservoir

V, Sondhaus,

se fondant sur le même

principe, écrit,

pour ce

système complexe,

Les

expériences qu’il

rapporte, faites pour le cas de trois ou quatre

tubes,

sont peu nombreuses et peu

concluantes,

parce que

l’ap- pareil

ne vibrait

qu’avec beaucoup

de difficultés.

Je me suis

proposé

de trouver les lois véritables des

phénomènes

observés par Pinaud et Sondhaus.

(1) Erdrnann’ s Journal für praktische Chemie, t. XXII, p. i 2g; 1841.

(1) Annales de Poggendorff, t. LXXIX, p. 1; i85o. - Ibid., t. CXL, 53-76 et 219-242. - M. Bertin a résumé le travail de Sondhaus dans les Annales de Chimie et

de Phrsique, 4e série, t. XXV, p. 207; 1872.

(4)

I95 Tout

d’abord,

il est facile de reconnaître par

expérience

que la hauteur du son n’est pas duc au mode

employé

pour le

produire,

mais seulement à la forme de

l’appareil.

Le

procédé

de Pinaud

exige

d’assez

grandes précautions,

et il est

capricieux

dans ses résultats.

J’ai pu facilement exciter les vibrations des tubes à réservoir au

moyen d’une flamme

d’hydrogène,

comme on le fait dans les tubes

ouverts. De

quelque façon

que le son soit

produit, l’appareil

donne

toujours

la même note.

Toutefois,

si l’on se sert de la flamme

d’hy- drogène,

l’air de

l’appareil change

bientôt de densité et le son est

modifié ;

il faut avoir soin de l’étudier dans les

premiers

instants

seulement.

Ainsi,

dans ces

expériences,

ce

qu’il

y a de vraiment

intéressant,

ce n’est pas le mode d’ébranlement de l’air dans

l’ap- pareil :

tout écoulement gazeux est

accompagné

de mouvements ,

périodiques qui

peuvent, dans des circonstances favorables encore

obscures,

faire vibrer une masse d’air limitée.

Masson,

dans son

grand

travail sur les tuyaux sonores, n’a pas

employé

d’autre pro- cédé pour exciter les

vibrations ;

mais il m’a paru

important

de rat-

tacher les résultats de Pinaud et de Sondhaus à la théorie

générale

des tuyaux sonores.

Le tube de

Pinaud,

le double tube de Sondhaus peuvent être con- sidérés comme des tuyaux à cheminée d’une forme

particulière ;

on

appelle

ainsi des tuyaux formés de deux

parties

de diamètres diffé-

rents. Il m’a donc été facile d’aborder la théorie de ces

appareils,

en

suivant la marche tracée par

Duhamel;

cette théorie a d’ailleurs la

plus grande analogie

avec celle des vibrations d’une corde formée de

plusieurs parties

diverses de nature

(Annales

de

l’ École Noi-male,

I re

série,

t.

IV; 1867).

Voici les résultats que

j’ai

obtenus .

J’ai

supposé

les réservoirs

cylindriques;

le

problème

est

plus

fa-

cile à

résoudre,

et les

expériences

de Sondhaus montrent que la forme des réservoirs est à peu

près indiliérente,

pourvu que leur

volume soit le

même,

au moins

quand

leur

capacité

ne

dépasse

pas certaines limites.

J’appelle

cc la vitesse du son dans le

réservoir ;

S sa section;

1

sa longueur;

a’ la vitesse du son dans le tube

plus étroit ;

S’ sa

section;

(5)

l’

s a longucur ;

N le nombre des vibrations doubles du son

fondamental ;

À une constante telle que

J’ai

trouvé,

pour déterminer la constante

À, qui

convient au son

fondamental et aux diverses

harmoniques

de

l’appareil,

formé d’un

réservoir fermé suivi d’un

tube, l’équation

transcendante

Sans résoudre cette

équation,

on voit que :

1 ° ). augmente si S’ augmente : toutes choses

égales d’ailleurs,

c’est la troisième loi de

Pinaud ;

2° a diminue si S augmente : c’est la seconde loi de

Pinaud;

30 1 diminue si l’ augmente : c’est la

première

loi de

Pinaud;

a, diminue si 1 augmente : c’est un résultat conforme à la se-

conde loi de Pinaud.

Si l’on suppose maintenant que l’on se

place

dans des conditions telles que soit si

très-petit,

c’est le cas des tubes de

Pinaud,

les

S Al Al’

arcs -, a a’ seront petits et pourront

remplacer

leurs tangentes :

l’équation précédente

deviendra

donc,

pour la valeur de J.

qui

cor-

respond

au son

fondamental,

d’où

en

appelant

V le volume du réservoir. On arrive donc à la formule

approximative

Cette formule est

précisément

celle de

Sondhaus,

sauf la différence

(6)

des notations. Ce

qu’il

y a de

remarquable,

c’est que l’on obtient la valeur

théorique de:

la constante

C, qu’il

a déterminée par

expé-

rience. Si l’on

prend

pour a le nombre 333

mètres,

on a

Donc,

si l’on diminue un peu le nombre a, comme on doit

toujours

le faire dans la théorie des tuyaux, on retombe exactement sur la

constante

52 , 2

de Sondhaus. Ce résultat me semble

confirmer,

d’une

manière

remarquable,

la

justesse

de la théorie que

je

propose.

J’ai pu traiter aussi le cas d’un réservoir portant deux tubes : en

appelant

S, il

V les dimensions du

premier tube ; S’, l’,

V’ les dimensions du

réservoir;

S", l",

V" les dimensions du second

tube;

a,

a’,

a" les vitesses du son dans chacun des

appareils,

j’arrive,

pour la détermination de la constante

A, qui

donne le son

fondamental et les divers

harmoniques,

à

l’équation

transcendante suivante :

Dans le cas où S et S" sont

petits

par rapport à

S’,

comme dans

les

expériences

de Pinaud et de

Sondhaus,

on peut encore

rempla-

cer les tangentes par les arcs et, en admettant aussi que a,

a’, a", qui

sont peu

différents,

soient

égaux,

on obtient enfin

ou

bien,

en

négligeant

encore le dernier terme

qui

est

très-petit,

(7)

d’où

pour le son fondamental : c’est la formule trouvée

empiriquement

par Sondhaus .

En

généralisant

ce

système,

on peut

imaginer

un

appareil qui

serait formé d’une suite de tubes

étroits, séparés

par un renflement.

Mon

analyse

s’étend facilement à l’étude des lois du son donné par

un

pareil

ensemble. J’ai

trouvé,

pour trois tubes et deux renfle- ments, la formule

approximative

suivante :

(S, l) (SI,, l"), (SIV lIV)

sont les dilnensions des

tubes; V’,

V"’ sont les volumes des réservoirs.

Si l’on suppose, en

particulier,

et

on trouve

donc le son rendu par ce nouvel

appareil

serait à peu

près

un

fa*

relativement ait son rendu par celui de

Sondhaus,

étudié

précé-

demment.

Si l’on suppose

on obtient

Donc,

le son rendu par cet

appareil

serait exactement l’octave

(8)

aigue

du son rendu par l’ un des

tzcbes fixé

à l’extrémité d’un des réservoirs

fernzé.

En

résumé,

la théorie des tuyaux à cheminée donne

l’explication complète

des faits observés par

Pinaud, Marx, Sondhaus.,

et elle

conduit à la démonstration des formules

empiriques

trouvées par Sondhaus pour le nombre des vibrations du son fondamental dans les divers cas.

DE LA FLUORESCENCE (1);

PAR M. E. GRIPON.

Certains corps, tels que le verre

d’urane,

la dissolution de sulfate de

quinine,

etc.,

présentent,

par

réflexion,

une couleur

qui

diffère

complétement

de la couleur

transmise ;

on les dit

fluorescents.

D’après Burckhardt,

on avait observé cette

propriété,

vers le milieu

du XV,e

siècle,

dans une dissolution de bois

néphrétique;

elle était

connue de

Goet,he,

de l’abbé

Haüy;

mais elle ne fut étudiée avec

soin que par

Brewster,

John

Hersche,

et surtout par )Bif. Stokes.

Brewster y

voyait

une sorte de difl’usion

intérieure,

tandis que, pour

Herschell,

cette diffusion était entièrement

superficielle,

ou, comme

il le

disait, élgipoliqtte.

M. Stokes a donné à la fluorescence une

grande importance,

au

point

de vue

théorique,

en démontrant que, pour

l’expliquer,

il faut admettre que les rayons incidents sont absorbés en

partie

par le corps fluorescent et restitués par lui sous forme de rayons moins

réfrangibles.

Les travaux des trois

physiciens anglais

ont été

analysés

par Verdet

(Annales

de ChÏ1nie et de

Physique,

3e

série,

t. XXXVIII

et

XL VI).

Nous nous

garderons

bien de refaire cette

analyse;

notre

but est de la

compléter,

en faisant connaître les résultats de certains

travaux récents relatifs à la fluorescence.

Nous

rappellerons

que les rayons

qui

excitent la fluorescence

appartiennent

surtout à la

partie

la

plus réfrangible

du spectre. Il

est bien peu de corps

qui

soient fluorescents dans le rouge,

l’orangé,

(1) PISKO, Die Fluorescenz des Lichtes. - HAGENBACII, Annales de Poggendorff,

t. CXLVI, p. 65, 232, 3;5 et 508. - E. BECQUEREL, Annales de Chimie et de Ph,yvique, 41 série, t. XXVII, p. 539.

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