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La diffusion moléculaire de la lumière dans les liquides :
effet Cabannes-Daure
A. Rousset
To cite this version:
LA DIFFUSION
MOLÉCULAIRE
DE LALUMIÈRE
DANS LESLIQUIDES :
EFFETCABANNES-DAURE
Par A. ROUSSET.
Assistant à la Faculté des Sciences de
Montpellier.
Sommaire. 2014 L’élargissement d’une raie spectrale par diffusion dans un liquide (effet Cabannes-Daure)
est un phénomène bien différent du spectre discontinu de rotation qu’on observe par diffusion dans un
gaz L’origine des radiations qui le composent n’a pu être précisé qu’après une étude expérimentale très complète : répartition des intensités dans le fond continu (branches P et R) au voisinage de la raie fonda-mentale, comparaison des intensités des branches P, Q et R, largeur de la branche Q.
L’effet Cabannes-Daure doit être attribué à l’étalement d’une partie de la diffusion anisotrope par les fluctuations d’orientation des molécules L’arrangement des molécules en graupements cybotaeiques, qui
limite les orientations relatives des axes des molécules, change le poids statistique des niveaux de rota-tion, de telle sorte que les maxima d’intensité des branches P et R se trouvent ramenés à la première
raie de rotation la plus proche de la raie fondamentale, c’est-à-dire pratiquement confondus avec
celle ci.
En présence de forts momehts permanents, les fluctuations d’orientation d’un grand nombre de molécules se réduisent à des oscillations de part et d’autre d’une position d’équilibre; la diffusion
aniso-trope d’une molécule oscillante se retrouve en entier dans la branche Q; ainsi s’explique la faible inten-sité de l’effet Cabannes-Daure dans les molécules fortement polaires.
Le léger étalement de la branche Q apparaît seulement par diffusion dans un liquide non polaire; ii
est donc lié à la rotation des molécules. Le champ de force intermoléculaire provoque la multiplicité des
fréquences correspondant aux transitions j ~ j qui donnent la branche Q de rotation.
1.
Introduction.
On sait
qu’après
diffusion dans unliquide
une raiespectrale apparaît
entourée d’un fond continu d’inten-sité et d’étendue variables suivant leliquide
diffusant.Cest l’ensemble des radiations de ce fond continu
qu’on
désigne
sous le nom d’ «effet
Cabannes-Daure ».L’ori-gine
de ces radiations a été attribuée à différentsphé
-nomènes : rotation des
molécules,
chocs,
fluctuations duchamp
moléculaire.Pour Raman et ses collaborateurs
[2] [3]
cespectre
est formé
par l’ensemble
des raies de rotation nonréso-lues ;
ilsexpliquent
ainsi ladissymétrie (le
spectre
estplus
intense du côté desgrandes
longueurs d’onde),
le facteur dedépolarisation
élevé et la forte intensité pour certainsliquides
trèsanisotropes (benzène,
sulfure decarbone).
Cabannes et Rocard
[4]
ontrapproché
ces radiationsde celles que donnerait la théorie de
l’élargissement
des raies d’émission par les chocs : l’effet d’un choc sur un centre émetteur se traduisant par une variation
brusque
del’amplitude
et de laphase
du train d’ondesémis,
lareprésentation
de ces variations par des sériesde Fourier montre que le
phénomène
équivaut
bien à unélargissement
des raies. Ils ont fait aussi intervenir,outre les variations non
périodiques
créées par leschocs directs des
molécules,
les fluctuations duchamp
moléculaire, provoquées
par les mouvements des molé-culesvoisines;
en effet,l’amplitude
et la direction du momentélectrique
induit dans une molécule par lechamp
provenant
de lapolarisation
des moléculesvoi-sines doivent varier suivant les
positions
et les orienta-tions de celles-ci.Après
avoirrappelé
succintement les conclusions de la théorie desspectres
Raman de rotation et celles de la théorie de la diffusion par lechamp moléculaire,
j’exposerai
les résultats de mon étudeexpérimentale
de l’effet Cabannes-Daure. Au moyend’hypothèses
sur lesfluctuations d’orientation des molécules dans les
liquides, j’interpréterai
ensuite les écarts entre mesrésultats
expérimentaux
et la théorie desspectres
Raman de rotation. Je terminerai par unexposé
critique
despublications
récentes surl’origine
des radiations de l’effet Cabannes-Daure.Spectres
Raman de rotation. - Si l’on suppose les molécules diffusantes d’un gaz animées de mouve-ments derotation,
unepartie
seulement de la diffu-sionanisotrope
conserve mêmelongueur
d’onde que la radiation excitatrice(et
que la diffusion cohérente dueaux fluctuations de
densité)
c’est la brancheQ.
Laplus
grande
partie
apparaît
sous forme de raies derotation,
depart
et d’autre de la raiefondamentale ;
cesont les branches P et R
(.r-).
Des théories
classique
etquantique
desspectres
Raman de rotation relatives aux moléculestoupies
(* Les expressions « branches P et B » sont ici. comme danstout cet exposé, des notations rapides pour désigner toutes les
raies de chacune des ailes du sp ctre de rotation pure; elles ne ne présument rien sur les transitions du quantum de rotation
qui leur ont donné naissance.
#
508
symétriques (4]
[5]
[6] (axe
desymétrie
d’ordresupé-rieur ou
égal
à3),
je
rappelle
les conclusions suivantes : 1° Les branches P et I? sontdépolarisées :
le facteur dedépolarisation
estégal
à -
si la lumière incidente1
est naturelle et si l’on étudie la lumière diffusée à 90° du faisceau incident.
2° La branche 7~
(du
côté desgrandes longueurs
d’ondes)
doit êtreplus
intense que la branche Il. 3°La courbe
qui
donne la distribution des intensités entre les différentesfréquences
des branches P ou Rdoit
présenter
un maximum d’autantplus
rapproché
de la raie fondamentale que le moment d’inertie de la molécule est
plus
élevé.4° L’intensité
globale
des branches P et R vautsen-siblement 3 fois l’intensité de la branche
Q
(exac-tement 3 fois si la molécule est
diatomique
outriato-mique
linéaire).
Fig.4.
La
figure
1représente
les courbes de distribution des intensités dans lesspectres
Raman de rotation du benzène(courbe
I) et du sulfure de carbone(courbe II),
prévues
par la théoriequantique
de Placzek et Tel-lerf6] ;
les maxima sontrespectivement
à 21 em-1 et à 13 cm-1 de la raie fondamentale pour des moments d’inertie(par
rapport
à un axe duplan
équatorial)
res-pectivement
égaux à
92 X 10-fO et242 X
10-40 g X CM2.Les
répartitions
d’intensités dans lesspectres
Raman de rotation deO2, N2, H2,
et NH3 gazeux sont en bon accord avec la théorie.Diffusion par le
champ
moléculaire. -- Le rôle duchamp
moléculaire dans la diffusion de la lumière par un fluidequelconque
a été très bienanalysé
parRocard
[7].
Rappelons
que dans la théorieclassique
de la diffu-sion moléculaire de la lumière onajoute
auchamp
élec-trique
extérieur lechamp produit
par lapolarisation
électrique
de toutes les autres molécules du fluide. Onpartage
ces molécules en deux groupes entraçait
autour de la molécule diffusante une certainesphère
d’unrayon assez
grand
pour contenirbeaucoup
demolé-cules mais
petit
devant lalongueur
d’onde(sphère
deLorentz).
L’ensemble des molécules extérieures donne lechamp
depalar°isatiorc
classique :
c’estgénéralement
le seulqu’on ajoute
auchamp
extérieur pour calculerl’intensité de la diffusion
Rayleigh.
Mais les doublets intérieurs à lasphère
de Lorentzagissent
aussi et créent lecharup
fiioléculaire. °Dans le calcul du
champ
produit
par lapolarisation
électrique
des molécules duliquide,
larépartition
des molécules en deux groupes au moyen de lasphère
de Lorentz n’est qu un arlifice commode.Cependant
la diffusion clue auchamp
depolarisation classique
et celle due auchamp
moléculaire sedistinguent
par leursfréquences :
eneffet,
lechamp
depolarisation
clas-siq ue, qui
est cor2stant, intervient seul dans le calcul de l’intensité de la raieRayleigh,
nonchangée
de lon-gueurd’onde,
tandis que lechamp
moléculaire, qui
est esseiitiellementvariable,
va intervenir dansl’élargis-selnent. Les effets des deux
champs
sont doncséparés
par lespectrographe,
ladilfusioii
par lechamp
rrcolé-culaire devantapparail1’e
sousforme
fond
continuede
part
et d’autre de la raie nonchangée
delongueur
d’onde.
Rocard calcule la diffusion due au
champ
molécu-laire enremarquant
que chacun des doublets intérieursà la
sphère
de Lorentz se compose d’un terme constant,parallèle
àla vibration lumineuseincidente,
qui
donne lechamp
nzaléculaired’hétérogénéité
et d’un termevariable,
qui
donne lechamp
moléculaired’anisotro-pie :
.’ ce second terme est dû à lapartie anisotrope,
orientée defaçon
quelconque,
du moment de la molé-cule. Onpeut
remarquer que lechamp
moléculaired’hétérogénéité
serait nul pour une structure enpile
de boulets comme pour toute structureisotrope
duliquide.
Dans lesliquides,
cequi
affaiblit lechamp
moléculaire,c’est
qu’on
estprès
de la structureisotrope :
seulereste la
partie
due aux écartsdepuis
la structureiso-trope,
écartsproduits
par les mouvementsd’agitation
thermique.
Dans les gaz, cequi l’annule,
c’est que les molécules sonttrop
éloignées
les unes des autres.Des calculs de
Rocard,
j’ai
tirél’expression
de la constante de LordRayleigh
pour la diffusion due auchamp
moléculaire(n:
nombre de molécules parcm3 ;
v. : indice duliquide
pour la radiation delongueur
d’ondeî. ; ~3 :
coefficient decompressibilité
isotherme ; ô :
anisotropie
molécu-laire duliquide;
1’:température
absolue).
Le facteur de
dépolarisation
de la diffusion due auchamp
moléculaired’hétérogénéité
estégal à (i/7
tandis que celui de la diffusion duchamp
moléculaired’aniso-tropie
est sensiblementégal
à 1.Le tableau 1
donne,
pour desliquides
d’indice etl’aniso-tropie ;
dans les colonnes(3)
et(4),
les diffusions H etA,
en unitésarbitraires,
dues auchamp
moléculaired’hétérogénéité
etd’anisotropie ;
dans la colonne(5),
la diffusion due auchamp
moléculairetotal;
dans la colonne(6),
lerapport ?
de la diffusion par lechamp
moléculaire total à la diffusion
Rayleigh.
TABLEAU 1Des valeurs de l’ et de 1>, on déduit que l’intensité
de la le
molécitlaire,
très variabled’un
liquide
àl’autre,
ne quequelques
cen-t1"èrnes de lcc
diffusion Rayleigh.
Deplus,
ellepeut
b’étendre surplusieurs
centaines de cm-i[1] ;
encon-séquence,
on nepeut
espérer
la mettre en évidence avec certitude si unPpartie
de la diffusionanisotrope
se trouve étalée par la rotation des molécules.Etude
expérimentale
del’efiet
Cabannes-Daure.
1. - La difficulté de l’étude
expérimentale
de l’effetCabannes-Daure
provient
du fait que le fond continuqui
le constitue entoure une raiebeaucoup plus
intense , et que c’estjustement
au
voisinage
immédiat de cette raie que, d’unepart,
se trouve laplus grande partie
sinon la totalité du fond continu et que, d’autrepart,
l’étude de la courbe derépartition
des intensités est laplus
intéressante.Une
première
condition à réaliser estl’emploi
d’unspecl?.ogiapfie
àgrande
J’ai obtenu unedispersion
d’environ 6 1 au mm dans larégion
40001 enplaçant
untéléobjectif (distance
focale :120mm)
derrière un train de 2prismes
en flint extra-dense.Il faut
ensuite,
autant quepossible,
réduirel’in-tensité de la raie non
changée
delongueur
d’onde devant celle du fond continu( ). Rappelons
que la raie nonchangée
delongueur
d’ondecomprend
unepartie
(*) Une méthode élégante a été imaginée par Rasetti dans son
étude des spectres de rotation des gaz (Z. 1930, 61, p. 598) : la raie excitatrice est la raie de résonance du mercure, 2 536 À; elle est absorbée le long du faisceau diffusé par de la vapeur de mercure. L’absorption de nos liquides ne permet pas d’utiliser cette raie de résonance comme raie exci-tatrice.
complètement
polarisée,
c’est ladiffusion
cohérente,
etune
partie
dépolarisée,
c’est la brancheQ
de ladif-fusion anisotrvpe.
Si donc l’on neprend
dans la lu-mière diffusée àangle
doit du faisceau incident que lavibration i,
parallèle
au rayonincident,
on élimine toute la diffusioncohérente,
tandisqu’on
prend
unemême
fraction,
les6/>lj,
des 3 branchesP, 1)
et li de la diffusionanisotrope (fig. 2).
Ainsi l’élude de larépartition
des intensités auvoisinage
de la raiefon-damentale,
conlfue la niesure du desation,
exige
laséparation
des 2vibrations, i,
parallèle
ait rayon incident et
l,
»erpeizdiculaiie
auplan
desrayons incident et Aussi
ai- je
effectué les imesures du facteur de
dépolarisation, p
= Î
et lesmesures de
répartition
des intensités avec le mêmemontage
Fig. 2. - Effet Cabannes-Daure dans le benzène
(raie4047 A du mercure).
La différence des intensités dans les images et 1 de la raie non changée de longueur d’onde se traduit sur les enregistrements
photométriques ci-dessus de la façon suivante : au voisinage du centre de la raie, la transparence du cliché reste nulle pour un
intervalle spectral beaucoup plus étendu dans I que dans i.
Montage
(fig. 3).
- Il estanalogue
à celui utilisé par M. Cabannes et moi-même dans la mesure du facteur dedépolarisation
des raies Raman desliquides
[8].
Unelampe
à vapeur de mercure enquartz 8
estprojetée
en vraiegrandeur,
par un condenseur C(ouvert
à dans l’axe du tubeJI,
renfermant le510
Fig. 3.
une
première
lentilleachromatique
Li
(dist.
foc. : 9 i cm ; diam. : 5cm)
qui
projette,
en vraiegrandeur,
la trace du faisceau incident dans leliquide
sur undia-phragme rectangulaire
D de 4mm dehauteur,
une deuxième lentille
L2, identique
àL1,
qui
pro-jette
D en vraiegrandeur
sur la lente F duspectro-graphe,
un
prisme biréfringeant
deWollaston,
UT,
enquartz,
à une dista,nce convenable pour dédoubler exactement
l’image
deD,
ces 2images
étant l’une au-dessous de l’autre(le
biréfringent
a ses arêteshorizontales ;
parconséquent,
des 2 faisceauxqui
ensortent,
l’untrans-porte
la vibrationi,
parallèle
au rayonincident,
l’autre la vibrationI, perpendiculaire
auplan
des rayonsincident et
diffusé),
un mica
quart d’onde,
dont leslignes
neutres sont à 45 de laverticale, qui
transforme en circulaires droite etgauche
lesrectilignes i
etl,
issues duWollaston ;
ces deux vibrations sont alors réduites dans le même
rapport
par réflexionoblique
sur les faces desprismes.
Résultats. - Les résultats de cette
première
étudeexpérimentale
sont les suivants :i Avec le
benzène,
l’acideacétique
et le tétrachloru>.e decarbone,
aux erreursexpérirnentales
près,
lef acteur
dedépolarisation
des radiations de le f f et
Cabanlles-Daure est
égal
à6j 7.
Cette valeur étant la même pour des
liquides
aussidifférents au
point
de vue del’anisotropie
et del’indice,
nous avons étendu ce résultat à tous les
liquides
(*).
2° Les courbesqui
donnent la distribution desin-tensités dans le fond continu ont très sensiblement la même allure
(fig.
4) :
elles traduisent une dinzinutiontrès
rapide
et continue des intensitésquand
ons’éloigne
de la r°aie
fondaiflentale.
Onn’y
trouve pas le maximumprévu
par la théorie des raies Raman de rotation de Placzek et Teller.J’ai cherché ensuite à déterminer la
répartition
de la(*) Sur les nombreux clichés. deqtinés à la mesure du facteur de dépolorisation des raies Raman d’une quarantaine de liquides
différents, obtenus par 31. Cabannes et moi-même
(Annales de
Phy,ique 1933, 19, p. 229) nous avons toujours observé que
lorsque la raie excitatrice est entourée d’un spectre continu,
celui-ci est très. dépolarisé.
diffusion
anisotrope
entre laQ
(non changée
de
longueur
d’onde)
etl’ensemble
des et R(effet Cabannes-Daure).
Cela revient à comparerl’in-tensité d’une raie
partiellement polarisée
(ensemble
de la brancheQ
et de la diffusionisotrope)
à celle dutond
contin2cdépolarisé
qui
l’entoure.
Pour cela il suffit de nzesurer lefacteur
dedé}Jolarisation
pourdifférentes
largeurs
de lafente
duFig. 4.
Avec une fente
large,
l’éclairement au centre del’image photographique
est dû non seulement à la raienon
changée
delongueur
d’onde mais encore aux branchesP etR ;
on doit donc trouver le même facteur dedépolarisation
qu’en
lumièreblanche,
sansspectro-graphe
(*).
Avec une fentefine,
le centre del’image
de la fente n’est éclairé que par la radiation nonchangée-de
longueur
d’onde et le facteur dedépolarisation
doit (*) L’intensité des raies de Raman de vibration qui inter-viennent aussi si l’on supprime le spectrographe est en généraly être inférieur à celui
précédemment
observé. De cesdeux mesures du facteur de
dépolarisation,
onpeut
déduire les intensités relatives des
branches Q
etP+R.
Soient : po et p[, les facteurs dedépolarisation
en fentefine et en fente
large; io,
l’intensité de la brancheQ,
l’intensité des branches P et R dans la vibration
i ;
on a la relationLes auteurs hindous Raman et
Bhagavantam [9J,
Veukateswaran[ 10],
Ranganadham [Ii],
qui
ontap-pliqué
cetteméthode,
seproposaient
seulement dedéterminer les intensités relatives des branches P
-~-
Rét
Q de
la diffusionanisotrope.
Les rnesures dufacteur
dedépolarisation
DIFFÉRENTESlargeurs
defente
permis
non seulementd*infirine2- quelques-uns
de leurs
résultats,
mais encore depréciser
larépartitions
des intensités au
voisinage
immédiat de la branche~l.
5.
Soit en effet s la
largeur, exprimée
en ~, de la fentede notre
spectrographe.
Comme le collimateur et 1ob-jectif
de chambre ontrespectivement
67 et 47cm de distancesfocales,
lalargeur
del’image géométrique
de la fente donnée par une radiation delongueur
d’onde10
47
est égale
à s’_ 47
s.Supposons
la radiationmono-67
chromatique
Ao
entourée d’un fond continu(fig. 5);
le centre del’image géométrique précédente
est encoreimpressionné
par toutes les radiations du fond continu dont leslongueurs
d’ondes sontcomprises
entreXo
- A~, et)~ +
Sî.,
l’intervalle AX étant déterminé par la condition que les centres desimages
dues aux radia-tions),o
et),,, -E-
soientséparées,
sur lecliché,
parr
une distance
égale
à , .
Or,
avec lespectrographe
y
utilisé,
ladispersion
autour de la raie),o
== 4 358 A est de 20 À au mm(1 Á
s’étend sur50 ¡;.).
Cette conditiondevient donc
ou encore
Supposons
connue la courbe derépartition
des inten-sités dans le fond continu. En faisant lerapport
de l’aire hachurée à l’aire totale limitée par la courbe et F axe des1,,
on obtientpour chaque
valeur de AX(c’est-à-dire encore
d’après
(2)
pourchaque
valeur des)
lafraction k de l’intensité des branches ~’ et R
qu’on
ajoute
à la brancheQ
dans la mesure du facteur dedépolarisation.
Ce facteur dedépolarisation p
est reliéaux
grandeurs
po,io
et a définiesplus
haut par la relationPour une fente suffisamment
large, k
~1,
P = PL et l’on retrouve la relation( I ).
En divisant membre à membre
(3)
par(1),
on obtient-
Cette
équation,
résolue parrapport
à p, donne àpriori
la valeurde p
pourchaque largeur
defente, si,
d’unepart,
on a mesuré po et ~~, etsi,
d’autrepart,
on connaît la courbe ou la loi de distribution desinten-sités
qui
donne k pourchaque
valeur de(donc
des)
(*).
Fig, 6.
Réciproquement,
si l’on a mesuré po, ~L etenfin p
pour différentes valeurs
de s,
onpeut.
àpartir
del’équation
(4)
calculer les valeurscorrespondantes
de k et construire la courbe de variation de k en fonctionde s
(ou
deà5,).
Maisd’après
la définition dek,
l’in-tensité des radiations delongueur-
d’onde)’0
-~-
Ill....et
î.o
- A), estproportionnelle
à -(d’ , ,donc
encore p6./-.)
proportionnelle
donc enfinproportionnelle
auds
lcoefficient
de latangente
à la courberepré-sentative de la
(onction
k de s aupoint
d’abscisse s = 140 à~’. _Les courbes en pointillé de la figure 6 donnent, pour diffé-rentes largeurs de fente, les valeurs de p que j’ai calculées à
partir des courbes théoriques de Placzek et Teller, relatives au
benzène et au sulfure de carbone. L’écart entre les valeurs
512
Résultats. - J’ai étudié les
liquides
suivantsqui
donnent une diffusionanisotrope importante :
benzène,
acide
acétique,
sulfure decarbone,
anhydride
sulfureux. Pour chacun de cesliquides,
de nombreuses mesuresdu facteur de
dépolarisation
ont été faites avec des lar-geurs de fente duspectrographe comprises
entre 2 500 et 25 fi.. Les résultats de ces mesures sont traduits par les courbes de lafigure
6.10 le benzène et le
sulfure
de mesvaleurs de po sont en bon accord avec celles
prévues
par la théorie desspectres
de rotation.Ainsi,
pour cesdeux
liquides,
les branches P et R ont bien l’intensitéprévue
par la théorie desspectres
Ralnan de rotation. 2° Pour l’acideacétique
etl’anhydride
sulfureux,
la diminution PL - p0 estbeaucoup plus
faible : la valeur9- À
calculée pour le
rapport -
n’est pas la valeurthéo-10
rique
3,
maisrespectivement 0,88
et0,52.
Ainsi les branches P et R ont une intensitébeaucoup plus
faibleque celle
prévue
pour lesspectres
de rotation.3° J’ai
déduit,
àpartir
de la variation de p avec scomme
il a étéindiqué précédemment:
calcul deIz,
puis
mesure dedk)
la distribution des intensités au 1ds /
voisinage
de la raie fondamentale. Les courbes de lafigure
7précisent
etcomplètent
celles de lafigure 4
qui
résultent de l’étude des clichés àgrande dispersion.
Fig. 7.
r
Les maxima des branches P et
R,
s’ilse,r’isteJlt,
sontsitués à moins de
1,
8 cni-1(ou
0, "î 6 A)
de lcc î-aiefon-clamentaleet cela pour les
quatre liquides étudiés,
dont les molécules ont des formes et des moments d’inertie très différents. Aussidansl’interprétation
des résultatspeut-on
envisager l’hypothèse
lesles rnaxinla des ¡n’anches Il et R coïncident avec la raie
La
plus ,grande
partie
del’effet
C’abannes-Daure setrouve au
voisinage
intn1édiat de la brancheQ,
l’inteil-sité de toutes les
radiations,
de,
(réquence sllpél’ieul’e
ii 2041 Pour le benzène et le sulfure de
carbone,
sur des clichés peuposés,
obtenus avec des fentes fines(s C JO:1.),
la brancheQ,
clans la vibration iapparaît
comme unspectre
con tinu s’étendant surdon 3 dixièmesd’A
("). Avec
l’acideacétique
etl’anhydride
sulfureux,
la vibration iapparaît
aussimonochromatique
que J.III. Les
fluctuations
d’orientation
des molécules dans les
liquides.
La mesure des intensités relatives des branches
Q
et
P -E-
R dans lesspectres
de tliiiusion du benzène et du sulfure de carbone montre que l’effetCabannes-Daure doit être attribué à
l’étalement,
sous l’effet del’agitation thermiques,
d’unepartie
de la diffusionani-sotrope.
Maisl’hypothèse
de Raman etIirishnan,
d’après laquelle
ce fond continu n’estqu’un
spectre
de rotation nonrésolu,
n’explique
pas l’absence de maximadistinets d’intensité de
part
et d’autre de la raiefonda-mentale,
la faible intensité dans le cas deliquides
à molécules fortement tpolaires
et l’étalement de la brancheQ
dans la vibration i.Molécules non
polaires.
- Dans le sulfure cle carbone en les rotations des molécules se fontautour d’axes
perpendiculaires
à la droitequi joint
les centres des 3 atomes. Ces rotations sontquantifiées:
le nombre demolécules,
dont lequantum
de rotation estégal
àj,
estproportionnel
à(2j + 1)
avecIL? ,
-27..
,.1 -. ?t2jiv j1 (h
6,oj
Xi 0
1,
moment
d’inertie;
ro 7t i /
k
=1,375) X 10-16 7’,
température
absolue).
Ledegré
dedégénérescence
dansl’espace
est en effetégal
aux2y
+
1 valeurs del’angle
6 quepeut
faire le momentcinétique, dirigé
suivant l’axe de rotetion avec unchamp magnétique
situé dans leplan équatorial.
On voit immédiatement que ce nombre de molécules est maximum pour une valeurde j
donnée par(2/
’l)-2
Dans le sulfure de carbone
liquide,
on doit encore j supposer les molécules animées de mouvements derotation,
mais on nepeut plus
poser que toutes lesdirections
quantifiées
de l’axe de rotation sontégala-ment
probables.
Les anneaux de diffraction, que l’on obtientaprès
le passage d’unpinceau
derayons X
à (") Cette différence d’aspect des 2 vibrations i et I avait été déjà signalée par Cabannes (Transactions ol’ilie Faraday Society,1929, 25, p. 8uU) : on ne peut obtenir des anneaux
travers
quelques
dixièmes de mm d’unliquide,
ont amené Stewart et ses collaborateurs[12]
à supposer pour lesliquides
un état dit «cybotactique
» : : il existe-rait ungrand
nombre degroupements
temporaires
à l’intérieurdesquels
1 orientation des molécules n’estplus
arbitraire,
Enparticulier,
du faitqu’on
n’obtienten
général
qu’un
anneau dont le diamètre donne pouréquidistance
desplans
réticulaires leplus pelit
dia-mètre desmolécules,
j’ai
conclu que les moléculesdia-tomiques
outriatomiques
linéaires(comme CS2),
assi-milablesquant
à la forme à desellipsoïdes allongés,
ont tendance àplacer
leurgrand
axe clans desplans
parallèles :
ainsi les seules rotationsqui
ne détruisent pas lesarrangements
cybotact iques
sont celles autour d’un axeperpendiculaire
auplan
d’orientation.Si les axes des
ellipsoïdes
restaientparallèles
à unmême
plan
P(ou
encore si les axes de rotation de molé-cules restaientparallèles
entreeux)
le nombre de molécules dequantum
derotation j
serait propor-tionnel à e- l~ i (j + 1) et ainsi le maxirnum d’intensité se trouveraitreporté
à lapremière
raie duspectre
/Raman de
rotation,
c’est-à-dire,
avec les valeurséle-vées des moments d’inertie des molécules des
liquides
usuels,
auvoisinage
immédiat de la raie fondamen-tale.En
réalité,
des rotations autour d’axes nonperpen-diculaires au
plan
P,
rotationsqui
maintiennent l’axede la molécule dans un
plan
P’ incliné sur leplan
Pangle
0,
sont encorepossibles,
mais on doit tes supposer d’autant moinsprobables
quel’angle
0 estplus
grand :
il revient au même d’attribuer à la mole culequi
tourne dans leplan
P’ uneénergie potentielle
qui
doitaugmenter
trèsrapidement
avec 0. Si1 étierqie
( _ )
d’zcjie moléculequi
1
élte’gie
potenÙ>:lle
9)
d’une moléculequi
tow’ne dans un auplan
P(c.est-à-dire
en som)nequi
détruit lesarrangements
cybotactiques)
est
beaucoup plus
élevée quel’énergie cor’respondaut
àUlt
degré
de liberté(*),
le maximll nl d intensité setrou-vera encore
rel)oî-té
auvoisina,qe
iuunédiat de lafondamentale [1,
p.52].
L’action des forces intermoléculaires ne se limite pas
à une modification dans la distribution des
fréquences
de rotation entre les différentes molécules. Par
ana-logie
avec l’effet Stark observé sur les raies émises parles
atomes,
onpeut
prévoir
que le termeénergique
correspondant
à unevaleur j
duquantum
de rotationprend
des valeurslégèrement
différentes suivants l’orientation relative du momentcinétique
et de lanor-male au
plan
d’orientation. Lamultiplicité
des termesénergétiques
entraîne lamultiplicité
desfréquences
correspondantes
à une mêmetransition j
- j .
Ainsi non seulement chacune des raies des branches f’ et R(~j -~ j ± ~)
seraremplacée
par unspectre continu,
(*) Le fait que les arrangements cyhotactiques ne sont pas détruits par une élvéation de température, si le volume spéci-fique est maintenu constant I’liyc. Rev., 1934. 46, p. 698 ; BENZ et STEWART. Phys. liev., 1934, 46, p. ’j03), iiiilite en
faveur de cette hypothèse.
mais encore on observera un étalement des
fréquences
relatives à la brancheQ
(?
2013~j)
C’est seulcnlent dansla vibration i pourra d(Jceler’ sur les clicfiés en
fente fine
lalai-geuî-
de la bt’uncheQ.
Pour le benzène et le suifure de carbone cettelargeur
est de l’ordre deou
1,:S
cm-’. Les maxima.supposées
placés
à lapremière
raie de rotation, c’est-à dire à cm-1 de la raie fondamentale pour un moment d’inertie de130 g
X cm’(benzène) disp,-iraissen
par
suite de l’étaiement de cette raie de rotation et de la brancheQ
et sontpratiquement reportés
sur la raie fondamentale. Enrésumé,
daos lesliquides
non à 11/oléculesaaisotropes
(benzène,
sulfure decarbone)
les rotations des molécules sont encorepossibles
dans lesgroupe-ments
temporaires caractéristiques
de l’étatcybotac-ticlue,
et parconséquent
l’ilileiisilé cle Cabannes-J)aure sera celleprévue
par’ la théorie des derotation de Placzeli et
’te 11er ,
mais laprésence
duchamp
de force intermoléculaire se traduit :1° par un
changement
dans larépartition
des inten--sités entre les différentesfréquences
qui reporte
les maxima des hranches 1-’ et Il sur la raie fondamentale : -,2" par un étalement de la branche
() (qui
s’observedans la
yibration i)
et de chacune des raies des bran-ches P et Ilqui
rendimpossible
la résolution en raies distinctes de l’effet Cabannes-Daure.Molécules
polaires. -
Parl’analyse
aux rayons X.les
liquides
à moléculespolaires
ne sedistinguent
pas, en.principe,
desliquides
à molécules nonpolaires.
Dans les
groupelnents
imaginés
par Stewart etcarac-téristiques
de l’étatcybotactiquc,
les axes cles molé-culespolaires
leiident
encore à seplacer
dans desplans
parallèles.
Mais les
changements
d orientation des axes dansces
plans
modifient l’orientation et laposition
desnio-ments
permanents
liés aux molécules dans lechamp
créé par les
dipôles
des molécules voisines. Lesdipôle,
et par suite les axes des molécules, tendent à s’orienter dans despositions
telles quel’énergie potentielle
du. moment,
dans lechamp
desdipôles
voisins,
soit mi-nimum. Une rotation de la molécule provoque doncl’apparition
d’uncouple
derappel
sous l’actionduquel
la molécule va osciller de
part
et d’autre d’uneposition
d’équilibre.
A cause dudéplacement
des moléculesvoisines,
cecouple
change
cle valeur,peut
s’annuler et ainsi une moléculepeut
effectuer successivement des oscillations et des rotations. Suivantl’importance
desdipôles,
leurplace
dans lamolécule,
la formeaniso-trope
decelle-ci,
le nombre des rnoléculesqui,
à unmoment
donné,
tournent ou oscillent variera d’unliquide
à l’autre. Comme les rotations entre deuxchocs,
lesamplitudes
des oscillations seront limitées à unefraction de
degré
~~1,
p.~8~,
mais les deuxhypothèses,
rotation ouoscillation,
conduisent à desrépartitions
très différentes des intensités entre la raie non
changée
°
514
J’ai calculé
[1,
p.57]
l’intensité de la raiefonda-mentale,
defréquence
lV et des raies defréquences
N ± nqui
doiventapparaître
dans lespectre
de la lumière diffusée par une moléculetoupie
symétrique
qui
effectue des oscillations de faihleamplitude
de fré-quence n, autour d’un axe duplan équatorial :
-.1° la raie non
changée
delongueur
d’onde a mêmeintensité que dans la diffusion par une molécule im-2° les raies de
fréquences
N ± n sontdépolarisées,
leur intensité estégale
à celle des branches P et R derotation,
lJlultipliée
par te carré detarnplitude
desoscillations. En
adoptant,
pourl’amplitude
desangles
inférieurs a1°,
cette diffusionsupplémentaire
nerepré-sente que
quelques
millièmes de l’intensité duspectre
Raman de rotation.point
de vue de ladiffusion
nlolécule
toupie
symétrique
oscillantepeut
êtrecon-fundue
avec une niolécule imnlobile.Dans un
liquide
à moléculeshétéropolaires,
unepartie
seulement des molécules étant animées demou-vements de
rotation, l’importance
cles branches P et ~l doit être diminuée parrapport
à celle de la brancherl,
le faett-ur dedépolarisation
et l’intensité de l’ensemble des 3 branches1:1,
Q
et R et de la diffusion cohérente n’en sont paschangés.
Enfin le
léger
étalement de la brancheQ,
qui
est lié à lamultiplicité
des niveauxénergétiques
corres-pondant à
un mêmequantum
derotation,
disparaît
spila molécule ne tourne pas ; la diffusion
anisotrope
d’une molécule oscillante estmonochromatique
En fente trèsfine,
le faiblespectre
de diffusion des molé-culesqui
tournent(branches
P et Il et brancheQ
légèrement étalée) n’apparaît
pas et la vibrationi,
avecliquide polaire,
seniblei-a aussinzonochromat£que
que la vibration1,
avec unliquide
polaire
ou non.En
résumé,
avec desliquides
fortementpolaires :
Il l’effet Cabannes-Daure estfaible ;
2o les maxima des branches IJ et R sont confondus
avec la raie
fondami-ntale ;
3° la vibration i
paraît monochromatique.
Ces conclusions sont en bon accord avec mes nesures
sur l’effet Cabannes-Daure de l’acide
acétique
et del’anhydride
sulfureuxliquide
dont t les moments per-manents(1,40
et1,’ i
D)
sont relativement élevés. Si l’on compare enfin lesspectres
de diffusion du benzène et dunitrobenzène,
on estfrappé
par ladisparition
presque totale de l’effet l’abannes Daure dans ce dernierliquide qui
estcependant
beaucoup
plus anisotrope
que lebenzène,
mais dont les molécules sont fortementpolaires (3,90 D).
IV. Nouvelles recherches sur l’effet Cabannes-Daure.
’
De nouvelles recherches sur l’effet Cabannes-Daure ont fait
l’objet
depublications
récentes de lapart
d’au-teurs hindous(Bhagavantam
et sescollaboi aieurs)
etrusses
(Gross
etVuks).
Il Travaux de
Bhagavantam. -
Les courbes derépartition
des intensités dans l’effetCabannes-Daure,
de nombreux
liquides
ont été déterminées parBhaga-vantam et ses collaborateurs
[13] ;
elles diffèrent de la courbe derépartition prévue
par la théorie desspectres
de rotation :1° par l’absence de maxima
distincts ;
21 par une
plus
grande
intensité auvoisinage
de la raiefondamentale ;
3° par
unplus grand
étalement de l’extrémité des ailes. D’autrepart,
Bhagavantam
et A. V. Rao ont montré :--1°
qu’une
élévation detempérature
(jusqu’au
voi-sinage
dupoint d’ébullition)
nechange
pas sensible-ment la courbe derépartition
et l’intensité totale de l’effet Cabannes-Daure[14J ;
2° que les maxima d’intensité
caractéristiques
desspectres
de rotation des gaz, comme C02 etN20,.
viennent se confondre avec la raie fondamentale si l’on
augmente
suffisamment lapression
[15].
Bhagavantam
adonné,
de cesrésultats,
l’interpréta-tion suivante :
La structure des
liquides
estquasi
cristalline et dif-fère peu de l’état solide. Par extension de la théorie dePauling
[16]
relative aux rotations des molécules dansles
cristaux,
onpeut partager
lesliquides,
comme lessolides,
en deux classes :~° les
liquides
commeH2, 02,
danslesquels
les molécules tournentmalgré
lesarrangements
quasi-cristallins ;
2’ 1
les
liquides
à moléculesplus
lourdes(benzène,
sulfure decarbone)
danslesquels
laplupart
des molé-cules exécutent des oscillations de faibleamplitude
autour depositions d’équilibre.
Ainsi la
partie
laplus
importante
de l’effetCabannes-Daure,
laplus
proche
de la raie fondamentale serait due à la diffusion des molécules « oscillantes », les « ailes »,plus
éloignées,
seraient constituées par le faiblespectre
de rotation desquelques
molécules aussilibres dans leur rotation
qu’à
l’état gazeux.2. Travaux oie Gross et Vuks. - Gross et Vuks
ayant
remarqué qu’une
variation detempérature
est sans effet sur les « ailes » de la raieRayleigh
ont cherchél’origine
de ces radiations dans un effet Raman de vibrations faiblement liées[l7].
~La
plupart
des cristaux(phényl-éther,
benzène.naphtalène)
donnent,
dans lesspectres
de diffusion,moléculaire,
des raies Raman de vibration de faiblefréquence,
caractérisliques
des vibrations du réseau cristallin(et
non des oscillations des atomes dans lamolécule).
Ces raiess’élargissent jusqu’à
la raie fon-damentale en unspectre
continuquand
le cristal est fondu : oii doit doric çïipposer que les élémertis duréseau
subsistent,
quoique
déformés,
à l’étatliquide.
D’autrepart
le fond continuqui
s’étendjusqu’à
en-viron 20 cm-1 de la raie fondamentale
augmente
d’in-tensitéquand
latempérature
s‘élève ;
il est constituéAinsi pour Gross et
Vuks,
comme pourBhagavantam.
l’interprétation
de l’effet Cabannes-Daure doit êtrerecherchée
dans une structurequasi
cristalline desliquides.
Il fautcependant
distinguer
les vibrationscaractéristiques
du réseau cristallin et les oscillations des molécules autour d’un axepassant
par le centre degravité,
ce mode de fluctuations d’orientationpré-sentant,
pour les auteurshindous,
l’avantage
de relier l’intensité de l’effet Cabannes-Daure àl’anisotropie
de la molécule. Maisj’ai
montré que l’intensité diffusée par ces moléculesoscillantes,
sous forme de fondcon-tinu,
varie comme le carré del’amplitude
des oscilla-tions : elle estitPgligeable
dans le cas des oscillationsde
faible llrnplitude intaginées
parL’hypothèse
de Gross et Vuksn’est,
aucontraire,
nullement en contracliction avec mes résultatsexpéri-mentaux.
D’après
cesauteurs,
c’est auvoisinage
im-inédit de la brancheQ qu’il
faut rechercher lesbran-ches P et R du
spectre
de rotation. Si l’on remarque que lespectre
de rotation des molécules nonpolaires
constitue les
3/4
de la diffusionanisotrope
tandis que l’intensité des raies Raman de vibrationcaractéris-tiques
du réseau cristallin ne vaut quequelques
cen-tièmes de l’intensité de la diffusion
Rayleigh,
ons’explique
la forme de la courbe derépartition
de lafigure
7 quej’ai
déduite des mesures du facteur dedépolarisation
avec des fentes delargeur
variable :l’effet
Cabannes-Daure estpratiquement
limité à 20 c»i-1 depart
et d’autre de la raiefondamentale-Les extrémités des o ailes », dont l’intensité est beau-coup
plus faible,
résultent de lasuperposition
des raies. Raman des vibrationscaractéristiques
duréseau,
et des raies defréquences
élevées duspectre
de rotation.Je remercie 81. le
professeur
J. Cabannesqui
a bienvoulu s’intéresser à ce travail et m’aider de ses coii,--eils
Manuscrit reçu le 15 octobre 1935.
BIBLIOGRAPHIE
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[15] A. V. RAO. Proc. Ind. Acad. Sc., 1934, 1, p. 274.
[16] PAULING