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Des manifestations morbides de l'alimentation surabondante · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE

DE BOE.DEA.XJX:

ANNÉE 1894-95 104

DES MANIFESTATIONS MORBIDES

L1IMTM

Pluresocciditgula quamgladius;

est enim fons omnium inalorum.

(Cicéron).

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MEDECINE

PRÉSENTÉE ET SOUTENUE PUBLIQUEMENT LE 31 JUILLET 1895

Jean-Louis-Léon DUTOYA

Né àSaint-Sever (Landes),le 17 février 1869.

EXA.3VEinSTA.TEXJB.S DE LA THESE

MM. VERGELY, professeur, président.

DUPUY, professeur,j

DUBREUILH, agrégé,

(

juges.

MESNARD, agrégé \

Le Candidat répondra auxquestions qui lui serontfaites surles diverses parties de renseignement médical

BORDEAUX

IMPRIMERIE Ve GADORET

17 ruemontméjan17

1895

(2)

ni niMtciî ut Hotnim

M. PITRES Doyen.

PROFESSEURS :

MM. MICE...

AZAM.

Clinique médic ale

Professeurs honoraires.

MM. PICOT.

Clinique chirurgicale..,

Pathologie interne .

Pathologie etthérapeutique générales Thérapeutique

Médecine opératoire Clinique obstétricale

Anatomie pathologique

Anatomie

Histologie et Anatomie générale Physiologie

Hygiène

Médecine légale Physique

Chimie

Histoire naturelle Pharmacie

Matière médicale ' .

Médecine expérimentale Clinique ophtalmologique

Clinique des maladies chirurgicalesdes enfants.

Clinique gynécologique

PITRES.

DEMONS.

LANELONGUE.

DUPUY.

VERGELY.

ARNOZAN.

MASSE.

MOUSSOUS.

COYNE.

BOUCHARD.

VIAULT.

JOLYET.

LAYET.

MORACHE.

BERGONIÉ.

BLAREZ.

GUILLAUD.

FIGUIER.

DE NABIAS.

FERRit.

BADAL.

PIÉCHAUD.

BOURSIER.

AGREGES EN EXERCICE SECTION DE MÉDECINE

Pathologie interne et Médecine légale

Pathologie externe.

MOUSSOUS.

DUBREU1LH MESNARD.

CASSAËT.

AUCHÈ.

SECTION DE CHIRURGIE ET ACCOUCHEMENTS

I POUSSON.

Accouchements.

DENUCE.

VILLAR.

RIVIÈRE.

CHAMBRELENT.

SECTION DES SCIENCES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

â f p, , 1MM. PRINCETEAU. I u. t . ..

Anatomieet Physiologie, j N ' Histoire naturelle. N.

Physique

Chimie et Toxicologie,

Pharmacie . .,

SECTION DES SCIENCES PHYSIQUES

7.. MM. SIGALAS.

DENIGES.

BARTHE.

Clin, interne des enfants Cliu.des mal. syphil.elculan...

Clin,des mal. des voies urin....

Mal. dularynx,desoreilleset dunez.

COURS COMPLÉMENTAIRES

11.A. MOUSSOUS DUBREUILH.

POUSSON.

MOURE. 1

Maladies mentales MM. RÉGIS.

Pathologie externe., DENUCE.

Accouchements... RIVIÈR.E.

Chimie DENIGÈS.

Zoologie BEILLE.

Le Secrétaire de laFaculté, LEMAIRE.

« I ardélibération du 5 août 1879, la Facultéa arrêté que les opinions émises dans les

» Ihèsesqui lui sontprésentées doivent être considérées comme propres à leurs auteurs

* et qu'elle n'entend leur donner ni approbation ni improbation.»

(3)
(4)
(5)
(6)

'

.

W: '

(7)

A mon Président de Thèse

Monsieur le Docteur Paul

VERGELY

ProfesseurdePathologie etde Thérapeutiquegénérales àla FacultédeMédecine,

Médecin des hôpitaux,

Chevalierde la Légiond'honneur,Officier del'Instructionpublique,

Membrecorrespondantdel'Académie demédecine.

2 Dut.

(8)

à**

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*

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S&v.'l

m

'

(9)

DES MANIFESTATIONS MORBIDES

DE

l'hiiïswioi suniiimiwt

Plures occidit gula quam gladius;

estenim fons omnium malorum.

(Cicéhon).

INTRODUCTION

Le plus souvent l'homme ne

meurt

pas,

dit Sénèque, il se

tue.

Lanature, en effet, lui a donné une

constitution qui lui

per¬

met de prolonger son

existence au-delà du temps qu'on lui

voit atteindregénéralement.

Il a de même que chaque espèce

d'animal

une

durée de vie

qui lui est propre,

et bien des esprits éminents ont cherché à

expliquer ce fait

d'observation. Buffon

nous

dit :

«

L'homme

qui ne meurt

point de maladie vit partout quatre-vingt-dix ou

cent ans », et le premier il donna

la loi physiologique de la

durée de la vie. Elle est proportionnelle

à la durée d'accrois¬

sement et de 7 fois cette durée.

« Comme le cerf est cinq ou six ans à

croître, il vit aussi sept

(10)

12 -

» fois cinq ou six ans ». La durée de la vie humaine serait par

ce calcul de 90 ou 100 ans pourBufifbn.

Cornaro pensait que le terme naturel de la vie de l'homme

est de 100 à i20 ans, selon sa « complexion ». Suivant ses pré¬

visions, étant doué d'une complexion faible, sa vie ne devait

pas dépasser 100 ans.

Flourens, reprenant la question après Buffon, précise la

durée de la période d'accroissement, qui se termine au moment

de la réunion de la diaphyse aux épiphyses des os, et d'après

son observation, la durée de la vie d'un vertébré est de cinq

fois celle de son accroissement.

Chez l'homme, la réunion de la diaphyse aux épiphyses se faisant vers la vingtième année,la durée de la vie humaine est de 100 ans.

La nature accorde donc à l'homme une vie d'un siècle, mais

bien peu y arrivent. Est-il cependant en son pouvoir de pro¬

longerjusque-là son existence?

Cornaro, le célèbre auteur d'un ouvrage sur la Sobriété ou l'Art de vivre longtemps, nous l'apprend par son exemple.

11 mena d'abord la vie dissipée de la jeunesse vénitienne,

mais les excès de toutes sortes achevèrent rapidement de ruiner

unesanté déjà faible. A trente-cinq ans, les médecins ne lui

donnaient plus que deuxannées à vivre. Cet avertissement si

sérieux fut écouté, et Cornaro rompit avec ses habitudes fu¬

nestes. Il mena dès lors une vie régulière et sa sobriété devint

bientôt célèbre. Douze onces d'aliments solides par jour et quatorze onces de vin furent sa nourriture pendant plus d'un demi-siècle, et voici ce qu'il écrivait à 95 ans : «J'ai toujours

» été sain depuis quej'ai été sobre ».

« Je me suisencorefort bien trouvé, ajoute-t-il, de ne point

» me livrer au chagrin, en chassant de mon esprit tout ce qui

» pouvait m'en causer. Siquelquefois je n'ai été ni assez philo-

(11)

13

» sophe ni assez prévoyant pour ne me pas

trouver dans quel-

» qu'une des situations queje

voulais éviter, le régime cle l'ali-

» mentation gui est celui dont l'influence est la plus directe,

» m'agaranti des suites fâcheuses deces

petites irrégularités

».

Il mourutà plus de centans.

Voilà donc le secretd'une longue vie, un régimealimentaire approprié aux besoins de chacun, la

sobriété.

Cette influence de l'alimentation sur la santé n'avait pas

échappé à l'intelligence des éducateurs des

peuples, toutes les

religions s'en sont occupées.

Les Hindous, pour qui santé était synonyme de bonheur,

chantaient à l'égal de l'eau et de l'air, les louanges de la

sobriété.

Moïse régla l'alimentation, les soins de

propreté,

et l'homme

était pur ou impur, selon qu'il observait ces

règles

ou

selon

qu'il les négligeait. De même le

Christ

et

Mahomet imposèrent

des périodes dejeûne à leurs fidèles.

Les médecins de toutes les époques ont ainsi reconnu son importance. Les Grecs

recommandaient

une

bonne hygiène ali¬

mentaire, parce qu'ils savaient qu'une

alimentation modérée

entretient la santé et aussi la beauté et la force. Hippocrate l'appliqua au traitement des maladies;

c'est lui qui le premier

institua les bases de la diététique.

Les Romains, sous les empereurs, se jetèrent avec fureur'

dans tous les excès, et voici comment Horace, témoin et quel¬

quefois acteur de ces orgies, nous

peint la sobriété, lorsque

la mauditepodagre le tient :

«Je veux t'apprendre la

frugalité, vois quels avantages la

» suivent : d'abord, tu te porteras bien, la

diversité des

mets

» nuit à l'homme. Souviens-toi que tu t'es trouvé dispos chaque

» fois que tu t'es nourri d'un

seul plat

:

mais à peine as-tu

» confondu les viandes rôties et les viandes bouillies, les huî-

(12)

14

» très et les grives, ton estomac, livré à la guerre intestine,

» se charge d'une pituite qui le torture lentement. Vois cet

» homme pâle qui se lève d'un festin ambigu ; son corps plie

» sous le faix de son vice, demain encore, écrasé par les excès

» d'hier, son âme rampera dans la fange; son âme, parcelle

» divine de l'intelligence universelle » !

Les Arabes recommandaient aussi la sobriété. Haretz ben

Cadalah, qui vivaitau viesiècle, donnait lesconseils suivants :

« Ce qu'ily a de plus grave, disait-il, c'est d'introduire desali-

» ments sur des aliments, autrement de manger quand on est

» rassasié ». Et Tsabet ben Corrah, autre médecin du ixe siècle,

disait aussi ; « Ce qu'il y a de pire pour un vieillard, c'est un

» bon cuisinier et unejeune femme ».

L'École de Salerne, dont la renommée fut si grande, donne

les mêmes préceptes.

Veux-tujouirenpaix d'une santé prospère Chasse les noirs soucis, fuistoutemportement Ne bois que peu de vin,soupelégèrement.

Nous n'aurions qu'à puiser ainsi dans la littérature des dix- septième etdix-huitième siècles, pour y trouver des exemples

des inconvénients d'une alimentation trop copieuse.

Mais si de tout temps on a reconnu ces inconvénients, c'est

notre époque qui a eu l'honneur d'en donner une explication scientifique.

C'estgrâce aux magnifiques travaux de la physiologie et de

la chimie biologique qu'on apu découvrir le travail intimequi

se fait dans la cellule. On a pu étudier ainsi chacune des phases

de ces transformations, qui permettent aux plantes, ainsi que le dit Moleschott, de créer les hommes et les animaux avec les

simples éléments de l'air.

Giâce à elles, on a pu étudier, d'une manière précisera

(13)

15

quantité de matières

premières dont l'organisme

a

besoin dans

ses différents états, et comment cette quantité étant

dépassée

ou n'étant pas atteinte, l'état pathologique

succède à l'état de

santé.

Le choix du sujet de notre thèse

inaugurale

nous a

été

sug¬

géré par une leçon de

notre maître M. le professeur Vergely,

dans son cours de l'hiver 1894-1895.

Nous n'avons pas eu la prétention, en

traitant

ce

sujet, de

faire de nouvelles découvertes.

Notre but, plus modeste, aété de

résumer la question, d'en

faire un travail d'ensemble.

Notre peu d'expérience, la

difficulté et la vaste étendue de la

questionjointes au peu

de temps dont

nous

disposons,

ne nous

ont pas permis de tenter

autre chose.

Nous avions cependant essuyé, par des

expériences

sur

des

groupes d'animaux

maigres et

gras,

de

comparer

pendant leur

vie les déchets de leur organisme, et, après les

avoir sacrifiés,

derechercher les lésions d'anatomie pathologique de quelques-

unes de ces manifestations. Pour divers motifs, nous

n'avons

pu, à notre grand

regret, les

mener

à bonne fin.

Nous présentons donc

à

nos

juges

un

travail incomplet,

mais nous comptons cependant sur leur

bienveillance,

en

rai¬

son des nombreuses difficultés que nous avons

éprouvées dans

l'accomplissement de notre

tâche.

Notre excellent maître, M. le professeur

Vergely,

nous per¬

mettra de lui témoigner ici notre

vive gratitude

pour

les

conseils qu'il n'a cessé de nous

donner, alors

que nous

étions

son élève et pour l'honneur

qu'il

nous

fait aujourd'hui

en acceptant la

présidence de notre thèse.

(14)

CHAPITRE PREMIER

DE L'ALIMENTATION

Avant d'étudier les effets de l'alimentation surabondante, il

est croyons-nous nécessaire de définir ce qu'il faut entendre par alimentation normale, physiologique.

L'organisme de l'homme, aussi bien que celui des animaux,

fait partie intégrante de l'univers, et, comme tel, il est soumis

aux deux grandes lois de la conservation de la matière

(Lavoisier) et de la conservation de l'énergie (Mayer-Helmoltz- Joule). L'être vivant ne peut ni créer ni détruire la matière ; de même il ne peut ni détruire le mouvement ni l'engendrer

de rien.

Pour croître, lutter contre les agents extérieurs et se perpé¬

tuer, pour produire du travail et pour réparer les pertes pro¬

venant du fonctionnement de la machine animale, l'individu

a besoin de puiser dans le milieu cosmiquedes matériaux qu'il transforme, élabore et s'assimile en vue de cesfinalités.

L'alimentation est la fonction qui a pour but de subvenir à

ces besoins.

Les matériaux tirés ainsi du monde extérieur constituent les aliments.

Mais l'animal ne peut s'adresser directement aux éléments

simples pour en former de la matière vivante et développer de l'énergie. C'est dans le végétal qu'il puise. La plante, en effet,

sous l'influence des radiations solaires, fait la synthèse des

(15)

- 17

minéraux en principes nutritifs, et

transforme ainsi

en

force

de tension la force vive émanée du soleil.

L'animal, qui se nourrit de la plante,

réduit

ces

principes

nutritifs, et dégage à l'état de force

vive la force de tension

accumulée dans les tissus.

Étude des aliments :

Principes immédiats

azotés.

Albuminoïdes.

—•

Les albu-

minoïdes quittent l'organisme à

l'état d'urée, d'acide urique.

Mais un animal privé d'aliments et

considéré

au repos

n'en

élimine pas moins une certaine

quantité d'urée correspondant

à un minimum d'albumine détruite.

Cette quantitéd'albumine

consumée

ne

représente

pas ce

qui

serait nécessaire pour que cet

animal toujours

au repos ne

détruisît pas sa propre

substance.

Si cet animal privé d'alimeqts

azotés reçoit des hydrocar-

bonés, des graisses, la

quantité d'azote éliminée devient infé¬

rieure à ce qu'elle était précédemment

dans l'inanition

pure

et

simple, parce que ces

substances ternaires subvenant à une

partie des oxydations

internes épargne d'autant la consomma¬

tion des principes azotés. Ces substances ne

servent

pas

seule¬

mentà produire de la chaleur

(Liebig), elles diminuent aussi

la combustion des albumines.

Si au contraire l'animal est soumis à un régime

exclusive¬

ment azoté, on voit la quantité

d'urée augmenter dans les

urines et l'azote s'y trouver

proportionnellement à la quantité

d'aliments ingérés.

L'animal élimine tout l'azote qu'il reçoit,

mais en revanche on ne retrouve pas dans les

urines et dans

des produits

d'expiration tout le carbone absorbé, parce que

une certaine portion s'est

fixée dans les tissus et

a

servi à

fabriquer de la graisse.

3 Dut.

(16)

jfe'j- '-X

Les diverses substances albuminoïdes prises isolément ou combinées sont incapables de nourrir les animaux pendant longtemps. Ils meurent avec un tel régime au bout de trois ou

quatre mois.

Dans l'alimentation exclusivement azotée, il faudrait une quantité considérable d'aliments, 1/25 à 1/20 du poids de l'ani¬

mal parjour, pourqu'il ne maigrît pas et une quantité beau¬

coup plus grande pour qu'il engraissât.

Si en même temps 011 donne de la graisse, on obtientles mêmes résultats avec trois ou quatre fois moins d'albumine.

Ladésassimilationdes substances azotées est enrayée par les hydrocarbonés et les graisses.

Principes immédiats non azotés : hydrates de carbone;

graisses.

D'après Liebig, ce sont des substances essentiellement ther¬

mogènes. Elles ont aussi, comme nous l'avons vu, un autre rôle, elles ralentissent la combustiondes albuminoïdes,au point

de permettre leur fixation dans l'organisme.

Enfin ces substances sont surtout importantes au point de

vue de l'engraissement et de la production du travail, contrai¬

rement à ce que pensait Liebig, qui attribuait ce rôle unique¬

ment aux albuminoïdes.

Les substances non azotées sont incapables d'entretenir la vie, ainsi que le prouvent les expériences de Magendie. Des

chiens nourris exclusivement avec du sucre, de la gomme, de

l'huile d'olive, du beurre ne pouvaient vivre au-delà d'un temps très limité.

Ils succombaient dans le marasme au bout d'une trentaine de jours, comme s'ils avaient été totalement privés de nourri¬

ture.

L'urine était alcaline, privéed'acide urique et de phosphates.

Comme la bile, elle présentait les caractères propres à la bile

(17)

19

et à l'urine des herbivores. Au moment de leur mort, ces ani¬

maux avaient perdu toute leur graisse, ils

avaient de

l'atro¬

phie musculaire, du

resserrement de l'estomac et de l'intestin.

On pourrait objecter

à

cette

expérience

que

les animaux

choisis étaient des carnivores, et que le régime auquel on les

avait soumis étaitcontraire à leur organisation.

Pour répondre à cette

objection, Tiedemann et Gmelin

nour¬

rirent des oies avec de la gomme arabique, d'autres avec du

sucre, d'autres encore avec del'amidon.

Ces animaux perdirent plus de 1/6 de leurs

poids, quoiqu'ils

eussenttrès bien digéré les substances

qu'on

leur

avait

don¬

nées, et ils moururentau bout

de 16 à 27 jours.

Ainsi une substance facile à digérer, azotée ou non azotée,

est insuffisante à l'entretien de la vie. Il faut un aliment com¬

plet,

c'est-à-dire

une

association de substances digestibles,

contenant une certaine quantité d'albuminoïdes et de

principes

, , , ,, , > substancesalbuminoïdes

non azotes,telleque le rapport snb5,ances „„„MOtées,

=reia.ion nutritive.

Ce rapport est

variable

avec

l'âge, l'individu, le travail

pro¬

duit et les conditions de milieu. Mais il doit être tel quetoutes

les fonctions organiques

s'accomplissent

avec une consomma¬

tion minimum de principes

nutritifs

pour un

effet utile maxi¬

mum.

Pour l'enfance ce rapport est de 1/2.

Il représente la relation

nutritive du lait, qui est la nourriture

exclusive de l'enfant.

Pour l'homme, ce rapport est de 1/3,5 pour

les hydrocar¬

bones et î/0,45 pour les

graisses.

Ce rapport correspond

à

peu

près

aux

chiffres indiqués par

Moleschott.

130gr. d'albumine

84 gr. de graisses

404 gr. de féculents ê

(18)

qui représentent les quantités d'aliments nécessaires à des adultes.

Donc, suivant les circonstances, le rapport entre la quantité

des albuminoïdes et des substances non azotées qui doivent

être ingérées variera. En effet, au moment de la lactation, la femme devra,pour subvenir aux besoins de la sécrétion lactée,

absorber plus de graisses, les hydrocarbones étant incapables

de produire de la graisse en quantité suffisante dans un temps

relativement court.

Par de basses températures, les substances graisseuses, qui

sont thermogènes, devront être prises en plus grande quantité (Esquimaux absorbant de grandes quantités d'huile de poisson).

Si un individu était soumis à un régime presqu'exclusive-

mentazoté, les albuminoïdes seraient en plus ou moins grande quantité brûlés pour la calorification et ainsi détournés de leur destinée principale qui est la reconstitution du sang et des

tissus.

Outre le rapport dans lequel l'individu doit recevoir des substances albuminoïdes et des substances non azotées, il y a

encore une question de quantité, la ration alimentaire.

Elle doit être telle qu'un équilibre parfait existe entre les

entrées et les sorties.

Cette ration doit donc varier suivant les individus, l'âge, le

travail.

C'est que chaque individu, nous dit Moleschott, échange la

matière avec une vitesse différente. L'ouvrier et le penseur

changent la composition de leur corps en un temps plus court

que les oisifs et les viveurs. Nous connaissons tous des indi¬

vidus qui, mangeant beaucoup, restent maigres, tandis que d'autres mangeant peu arrivent cependant à l'obésité.

L'âge et le sexe influent égalementsur la quantité d'aliments

à ingérbr. « Les hommes excrètent dans le même temps plus

(19)

21

d'acide carbonique et d'urée que les femmes. Les

enfants éva¬

cuent moins d'urée et d'acide carbonique que les femmes d'une

manière absolue etnon pointen proportion de leur

poids. Dans

la vieillesse aussi, l'alimentation subit une

diminution consi¬

dérable. L'intensité la plus grande de l'échange

des matières

se place dans la période de la

vie qui

va

de trente à quarante

ans ».

Le travail qui est le plus

puissant modificateur des échanges

nutritifs exige pour chaque

individu

une

ration alimentaire

d'autant plus considérable

qu'il est lui-même plus grand.

Smith, cité par

Dujardin-Beaumetz,

a

calculé

pour un

adulte

au repos la quantité de

carbone et d'azote dépensée, et l'aug¬

mentation de la dépense, pour un

travail modéré et

un

tra¬

vail plus actif. Un

adulte de 65 kilogr. dépense par 24 heures:

Carbone. Azote.

1° Au repos 234gp 13 gr

travailmodère'.. 337 92 19 36

Travail actif. . . 442 23

Evidemment, pourréparerces

pertes, la ration alimentaire

devra être proportionnelle

à la dépense d'azote et de carbone.

Ritter, également

cité

par

Dujardin-Baumetz, a calculé

comme suit les diverses excrétions

pendant le travail :

Ammoniaque Urée Acideurique 0,48 32sr90 0,90

0,62 39 23 0,88 0,39 40 30 0,62

Les deux dernières colonnes

de

ce

tableau sont dignes de re¬

marque. On

voit

que

l'urée et l'acide urique suivent une

marche inverse. Le travail

musculaire

a eu

pour résultat une

élimination plus

grande d'azote et une combustion plus com-

Quantitéd'urine Azotetotal

Repos l,340sr

17gr89

4heuresdemarche. 1,940 20

4jours demarche. 2,-120

20 30

(20)

22

plète des matières albuminoïdes, puisque l'acide urique qui représente une oxydation incomplète de ces substances dimi¬

nue.

Le travail cérébral a la même action que le travail mus¬

culaire, augmentation de l'urée, de la température, et, par

conséquent, de laquantité d'oxygène combiné.

Il résulte donc des considérations que nous venons d'ex¬

poser.

Que l'alimentation doit être proportionnelle à la désassimi- lation, c'est-à-dire que les recettes doivent être proportion¬

nelles aux dépenses de l'organisme.

Si pour une raison quelconque l'équilibre est rompu, nous passons de l'état de santé à l'état pathologique.

Il y a inanition si l'équilibre est rompu en faveur des dépenses.

Alimentation surabondante si les recettes sont supérieures

aux dépenses.

Nous définirons donc l'alimentation surabondante : Une

ingestion trop considérable d'aliments entraînant un excès des recettes sur les dépenses de l'organisme.

(21)

CHAPITRE II

DES MANIFESTATIONS MORBIDES DE L'ALIMENTATION

SURABONDANTE

Dans l'alimentation surabondante, les aliments

ingérés

en trop grande

quantité peuvent agir de deux manières

: ou

bien

par la quantité

d'aliments elle-même,

ou

bien

par

leur élabo¬

ration vicieuse.

Par leurquantité, ils peuvent provoquer un

accident aigu :

indigestion, malaise passager

dont

nous ne nous

occuperons

pas ici.

Mais chez certains individusprédisposés, que

cette alimenta¬

tion copieuse devienne

habituelle, l'estomac, lassé par un

travail au-dessus de ses forces, cessera de réagir et se

laissera

distendre par le poids des

aliments. Il faut ajouter à cela que

le plus souvent les gros mangeurs

sont aussi de grands

buveurs, ingérant surtout des

boissons alcooliques; de sorte

que, à la

dilatation produite

par

la quantité d'aliments intro¬

duits dans l'estomac, sejoignent les

effets d'une adultération

du suc gastrique par les

fermentations secondaires que favo¬

rise l'alcool.

Cesfermentations agissent sur

tout l'organisme à la manière

d'un empoisonnement

chronique.

Le foie congestionné augmente

de volume. La céphalée est

habituelle, les malades sont

mélancoliques et

nous en

connais¬

sons un auquel sa dilatation

de l'estomac donnait des idées de

suicide.

(22)

Enfin les manifestations cutanées sont des plus fréquentes,

de même que les accidents du côté des poumons et des reins.

Bien plus, la diminution de HC1 dans le suc gastrique étant

habituelle dans la dilatation de l'estomac, livre l'organisme à

tous les germes pathogènes qui ne sont plus détruits parcet agent antiseptique. Aussi voit-on souvent coïncider avec la dilatation de l'estomac la tuberculose et survenir quelquefois

une fièvre typhoïde.

Une élaboration vicieuse des aliments introduits en grande quantité dans le tube digestifdonne lieu à diverses manifesta¬

tions morbides que nous allons successivement passer en revue.

Occupons-nous d'abord de l'obésité. Brillat-Savarin la définit ainsi : « J'entends parobésité cet état de congestion graisseuse où, sans que l'individu soit malade, les membres perdent peu à

peu leur forme et leur harmonie primitive ».

Au pointde vue mondain, en effet, l'obésité n'est qu'un excès

de santé, un embonpoint exagérérendant l'individu qui en est atteint ridicule par ses formes disgracieuses.

Au point de vue médical, il n'en est plus de même, et l'obé¬

sité peut être considérée comme une maladie dont le pronostic

est des plus sévères.

C'est une hypertrophie générale du tissu adipeux. La graisse

envahit tout le tissu cellulaire de l'organisme, s'infiltre même entre les fibres musculaires, et le tissu cellulaire au lieu de faciliter lejeu des organes, comme c'est son rôle, l'entrave et trouble ainsi toutes les fonctions.

Comment l'alimentation surabondante produit-ellel'obésité?

On pourrait supposer, tout d'abord, que l'ingestion d'une grande quantité de matières grasses est une condition indis¬

pensable à la production de l'adipose. Il n'en est rien. Les

Lapons et les Esquimaux,qui font uneconsommation exagérée d'aliments gras, n'en arrivent pas pourcela à l'obésité.

(23)

Lesgraisses

introduites

avec

les aliments,

en

effet, subissent

des élaborations diverses.

Une partie, après avoir

été émulsionnée

par

le

suc

pancréa¬

tique, se divise en

glycérine et acide

gras.

La première s'unis-

sant à l'acide phosphorique pour

former de l'acide phospho-

glycérique, les

seconds s'unissant

aux

bases alcalines

pour

former des savons solubles. La glycérine et les

acides

gras ainsi combinés passent dans le sang et

sont facilement brûlés

par l'oxygène, pour

produire

avec

les hydrocarbones la cha¬

leur et la force.

L'autre partie des graisses non

décomposée, restée à l'état

d'émulsion ou dissoute à l'état degraisse neutre, s'oxyde beau¬

coup plus lentement et

s'enkyste dans les cellules adipeuses,

elle produit la graisse de

réserve. Mais cette graisse intro¬

duite avec les aliments n'est pas la seule

origine

de celle con¬

tenue dans l'organisme.

Nous avonsvu, en effet, qu'un animal soumis

à

un

régime

exclusivement azoté éliminait tout l'azote qu'il reçoit, mais

non pas tout le carbone, et que

celui-ci

se

fixe dans les tissus

pour former de la graisse.

Voici donc encore unn autre source de la graisse de l'orga¬

nisme, les albuminoïdes.

Les aliments hydrocarbonés

eux-mêmes servent indirecte¬

ment à la fabrication de cette graisse, et

voici comment. Nous

venons de dire que les albuminoïdes,

pris

en

.quantités suffi¬

santes, étaient capables deformer de la

graisse.

Des chiens nourris ainsi, en ajoutant cependant

quelques ali¬

ments gras, avaient

augmenté de poids

;

si

on

ajoutait des hy¬

drocarbones à cette alimentation, le poids augmentait plus rapidement. Les

hydrocarbones,

en

effet, s'oxydent plus vite

que les albuminoïdes et

les graisses, et ralentissent

par ce

fait

4Dut.

(24)

26

l'oxydation de ces derniers, au point de leur permettre de se fixer dans l'organisme.

C'est, du reste, de cette façon qu'on procède à l'engraissement

des animaux, en leur faisant ingérer de grandes quantités d'hydrocarbonés.

Les gros mangeurs se nourrissent ordinairement de viandes et d'aliments hydrocarbonés, auxquels sont mêlées de petites quantités de graisses. Si l'on ajoute à cela que ces gros man¬

geurs boivent une certaine quantité d'alcool, dont le rôle dans

l'organisme est de ralentir les oxydations, on verra tout autant de causes tenant à l'alimentation qui favoriseront l'adipose.

Les gros mangeurssont ordinairement des gens sédentaires,

ne dépensant pas par un travail proportionnel les recettes de leur organisme ; ils aiment le lit et sont plus particulièrement portés au sommeil. Or le sommeil est encore une condition du ralentissement des combustions.

Voilà donc comment se produit l'obésité desgros mangeurs.

Les inconvénients sont sérieux.

Indépendamment de la forme disgracieuseet souventridicule

que prend le corps de l'obèse, il se produit des symptômes

fonctionnels qui peuvent devenir très graves.

La grande quantité de graisse accumulée dans le tissu cellu¬

laire rend la marche difficile non seulement par son poids

considérable qui n'est pas compensé par une force plus grande

des muscles, mais encore par sa masse même, entravant les mouvements des jambes. L'obèse devient un infirme qui a

besoin de son entourage pour les actes les plus indispensables

de la vie.

Ses fonctions génitales sont bientôt compromises. Il ne peut pratiquer le coït que dans certaines positions, et bientôt même

cet acte lui devient impossible. Du reste, si à ce moment les

(25)

- 27

désirs vénériens existent encore, ils ne tardent pas à disparaî¬

tre, et la frigidité est une conséquence

fréquente de l'obésité.

Le sperme del'obèse est souvent

aussi privé de spermatozoïdes.

Chez lafemme, la menstruation est troublée et la conception

est difficile. Hippocrate pensait que cette

difficulté venait de

ce que les annexes et l'utérus sont

refoulés

et comme

aplatis

par la masse graisseuse

abdominale

dans le

petit bassin. Il faut

joindre à cette cause, d'après

Bouchard,

un

trouble de l'ovu¬

lation, conséquence du trouble de la nutrition.

L'obèse est apathique, son intelligence

devient généralement

obtuse. On constate à ce point de vue des

exceptions. Ce qui

gêne le plus l'obèse, c'est son

essoufflement. Au moindre

effort, il est obligé de s'arrêter, de se reposer.

C'est là le

symp¬

tôme dominant.

Cette dyspnée est due à

l'immobilité

presque

complète du

diaphragme, comprimépar les

épiploons et le mésentère

sur¬

chargés degraisse par le

tissu péri rénal.

Le foie augmente de volume, le coeur

lui-même, surchargé

de graisse, se meut

difficilement

;

si

on

ajoute à cela que la

compression des

petits vaisseaux

en

rétrécit la lumière, on

verra que le cœur, déjà

gêné,

a un

travail beaucoup plus

con¬

sidérable par suite de

l'hypertension sanguine. Aussi les trou¬

bles circulatoires sont-ils nombreux dans

l'obésité. Le

cœur,

entravé dans ses mouvements, traduit sa

gêne

par

des palpi¬

tations. A l'examen sthétoscopique, on trouve

quelquefois de

l'affaiblissement desbruits du cœur;

quelquefois,

au

contraire,

on constate un cœur

hypertrophié,

avec

augmentation de l'in¬

tensité du second bruit.

Ces signes se

retrouvent

au

pouls, qui est tantôt ralenti,

tantôt accéléré, ou bien plein et

marquant ainsi de l'hyper¬

tension artérielle.

L'anémie accompagne

fréquemment l'obésité Elle est due

(26)

28

précisément à ces troubles circulatoires. On rencontre souvent aussi chez les gros mangeurs, en mêmetemps grands buveurs d'alcool, lessignes d'artério-sclérose.

Les fonctions digestives s'opèrent en général fort bien. On a

signalé cependant, un grand nombre de fois, la dilatation sto¬

macale. Mais les troubles de la nutrition sont profonds et se traduisent par une diminution très marquée de l'urée et un abaissement de la température centrale, par l'odeur caracté¬

ristique et particulièrement fétide de l'haleine et de la peau des obèses, due à la combustion incomplète des acides gras vola¬

tils (Bouchard), par l'anémie, les dermatoses fréquentes.

L'obèse meurt de différentes façons. Tantôt et le plus sou¬

vent il meurt d'accidents cardiaques, soit dans Tasystolie, soit

subitement par rupture des vaisseaux ou du coeur.

Tantôt il meurt d'accidents d'angine de poitrine, tantôt il

succombe à l'urémie, conséquence de l'artério-sclérose rénale.

Une complication fréquente de l'obésité, c'est le diabète.

Comme nous le verrons, en effet, toutes les causes qui favori¬

sent l'obésité favorisent aussi la glycosurie.

Physiologiquement, d'après Claude Bernard, Mering, etc.,

on trouve chez tous les mammifères du sucre dans le sang, dans la proportion maxima de 2 gr. 40 à 3gr. pour 1,000. C'est

ce que Claude Bernardappelle la glycémiephysiologique,qui est indépendante de l'alimentation et de la digestion. Dès que cette glycémie physiologique est dépassée, le sucre paraît dans les urines, c'est la glycosurie.

Ce sucre a deux origines. Ou bien il résulte de l'alimentation,

ou bien il est produit par le foie, grâce au glycogèneaccumulé

dans cet organe.

Nous savons en effet que les substances amylacées, modi¬

fiées par la diastase salivaire et un ferment du pancréas, pénè¬

trent dans l'économie à l'état de glycose, et que les sucres

(27)

29

intervertis par le suc intestinal arrive dans la circulation sous le même état de glycose. Les substances amylacées et

le

sucre

constituent donc une source incessante de glycose fournie au sang. Si la quantité de ces aliments

amylacés

ou

sucrés est

trop considérable, elle n'est pas

combinée

dans

l'économie, le

chiffre de la glycémie physiologique est

dépassé, et

nous avons

la glycosurie alimentaire.

C'est ainsi que la fréquence du diabète

à Ceylan est attri¬

buée par Ohristie, à

l'alimentation exclusivement végétale des

habitants de cette île; Cantani explique le grand nombre des diabétiques de l'Italie méridionale par

l'usage abusif des pâtes,

des fruits, des sirops. Les nègres qui

vivent dans les planta¬

tions de canne à sucre, sont également souvent

atteints de

diabète.

Mais cet abus des aliments amylacés et

sucrés n'est

pas

la

seule cause du diabète alimentaire. « L'Anglais qui mange peu

de pain et de sucre

devient diabétique

parce

qu'il est gros

mangeur de viande, de lard

grillé, de graisse de boeuf et de

pommes de terre.

Mais il

ne

faut

pas

oublier

non

plus qu'il ne

dédaigne pas de généreuses

rations d'alcool, cette substance

qui ralentità un si haut

degré les actes nutritifs

»

(Bouchard).

Et ici, de même que pour

l'obésité,

nous

ajouterons comme

cause adjuvante le défaut

d'exercice, qui expliquerait, d'après

Bouchard, la fréquence du

diabète chez les juifs.

«

Citadins

presquetous, au

moins dans

nos

contrées, répugnant à l'agri¬

culture, lesjuifs sont des

commerçants et des banquiers, obli¬

gés comme tels

d'habiter les cités populeuses, où leur vie se

passe dans l'air

confiné des bureaux

ou

des comptoirs, privés

de lumière et d'exercice musculaire. Amis

d'ailleurs de la

bonne chère que leur

permettent leurs occupations,

en

général

lucratives, ils accumulent encore par

l'hérédité ces multiples

conditions défavorables. Citadins,

fils et petits-fils de citadins,

(28)

30

ils se marient toujours entre eux et ne corrigent pas les in¬

fluences héréditaires par des croisementsavec les habitants des campagnes. Aussi, le ralentissement de la nutrition est-il à peu près universel dans la racejuive, avec son cortège de ma¬

ladies parmi lesquelles le diabète ».

Comme pour l'obésité, nous voyons parmi les causes du diabète alimentaire, à part une prédisposition héréditaire manifeste, l'absorption d'une trop grande quantité d'aliments,

la privation d'exercice, la vie dans un air confiné.

Les conséquences du diabète sont graves.

Du côté du cœur, on rencontre dans 40 0/0 des cas un cœur

pâle et mou, ou bien dilaté, ou graisseux.

Les vaisseaux sont atteints d'artério-sclérose.

Le foie est hypertrophié et souvent atteint de dégénéres¬

cence graisseuse.

Les reins sont très souvent atteints, ils sont hypertrophiés

et leurs cellules sont infiltrées de glycogène.

L'estomac est souvent dilaté. Les poumons présentent des lésions tuberculeuses ou de broncho-pneumonie.

Les diabétiques comme les obèses ont de l'impuissance et

comme lésions des organes génitaux on trouve la balanite, le phimosis, et la vulvite.

La peau des diabétiques présente des lésions diverses, telles quele lichen, le xanthélasma, l'eczéma; les éruptions de furon¬

cles, d'anthrax sont fréquentes.

Les gangrènes et les nécroses sont les résultats des troubles de la circulation.

Du côté de l'œil, la lésion la plus fréquente est la cataracte,

due pour certains auteurs à la soustraction d'eau par le sucre.

Enfin des troubles nerveux divers apparaissent, névralgies faciales, sciatique dont lecaractère estd'être double.Paralysies, attaques comateuses.

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