Corrigé de la séance n ◦ 2 : Kit de trigonométrie
Objectifs et Motivation
La trigonométrie n’est en général pas très appréciée par les lycéens. Il est vrai que les pro- grammes actuels lui réservent une toute petite place... Pourtant, la trigonométrie est incon- tournable en mathématiques et plus généralement dans les sciences. Comment programmer une rotation sur un jeu vidéo ? Comment prévoir la trajectoire d’un satellite autour d’une planète... ? Le nombre π peut même surgir lorsqu’on ne s’y attend pas :
1 − 1 3 + 1
5 − 1
7 + · · · = π
4 et 1 1 2 + 1
2 2 + 1
3 2 + · · · = π 2 6 .
L’objectif ce texte est d’apprendre et comprendre les relations trigonométriques «fondamen- tales» en les redémontrant et les manipulant. Il faut s’entraîner ! ! Cet apprentissage sera com- plété lors de la séance suivante sur les nombres complexes.
I Démonstration des premiers résultats
En «caricaturant», on pourrait dire que la trigonométrie se résume à trois points :
• Un tour complet mesure 2 π radians.
• Les nombres cos( θ ) et sin( θ ) sont les co- ordonnées du point M du cercle trigono- métrique d’angle polaire θ .
• Si a et b sont des réels, on a
cos( a + b ) = cos a cos b − sin a sin b.
1. Vérifier que vous savez placer sur une feuille quadrillée les points du cercle trigonométrique d’angle polaire 1 0 , π 6 , π 4 , π 4 et π , et compléter le tableau suivant :
x 0 π 6 π 4 π 3 π 2 cos x 1 √ 2 3 √ 2 2 1 2 0 sin x 0 1 2 √ 2 2 √ 2 3 1 tan x 0 √ 1 3 1 √
3 ∞
2. Relation fondamentale entre cos et sin : justifier à l’aide d’un théorème du collège que pour tout x ∈ R, on a cos 2 x + sin 2 x = 1.
1. Le plan est muni d’un repère orthonormé direct (O, − → u , − → v ). Le cercle trigonométrique noté C est le cercle de centre O et de rayon 1. On dit qu’un point M de C a pour angle polaire θ (mesuré en radians), si θ est une mesure de l’angle orienté ( − → u , −−→
OM ).
On utilise la figure ci-dessus. Soit M le point du cercle trigonométrique d’angle polaire x . On note H son projeté orthogonal sur l’axe des abscisses. Ainsi, H a pour coordonnées (cos x, 0). La triangle OHM est rectangle en H et donc d’après le théorème de Pythagore, on a : OM 2 = OH 2 + HM 2 , ce qui donne 1 = cos 2 x + sin 2 x .
3. Angles associés : en vous servant du cercle trigonométrique, compléter les relations suivantes : (a) cos( x + 2 π ) = cos x (b) cos( −x ) = cos x. (c) cos( x + π ) = − cos x
(d) cos( x − π ) = − cos x (e) cos( x + π 2 ) = − sin x (f) cos( π 2 − x ) = sin x (g) sin( x + 2 π ) = sin x (h) sin( −x ) = − sin x (i) sin( x + π ) = − sin x
(j) sin( x − π ) = − sin x (k) sin( x + π 2 ) = cos x (l) sin( π 2 − x ) = cos x 4. Équations trigonométriques
Comprendre et/ou lire sur le cercle les relations suivantes :
cos a = cos b ⇔ ( a = b mod 2 π ) ou ( a = −b mod 2 π ) (1) sin a = sin b ⇔ ( a = b mod 2 π ) ou ( a = π − b mod 2 π ) (2) Et pour l’équation cos a = sin b ? Et bien on se ramène à l’un des cas précédents en utilisant par exemple que sin b = cos( π
2 − b ).
II Autour des formules d’addition
1 Le cours
La relation e i(a+b) = e ia e ib entre nombres complexes se retient facilement. En identifiant les parties réelles (resp. imaginaires), on retrouve alors les formules d’addition du cosinus (resp. de sinus) rappelée ci-dessus.
1. Compléter, et démontrer les relations suivantes :
cos( a + b ) = cos a cos b − sin a sin b (3)
cos( a − b ) = cos( a + ( −b )) = cos a cos( −b ) − sin a sin( −b ) = cos a cos b + sin a sin b (4)
sin( a + b ) = sin a cos b + sin b cos a (5)
sin( a − b ) = sin a cos b − sin b cos a (6)
2. Formules de duplication (on double l’angle)
Déduire des formules d’addition, les formules de duplication suivantes :
cos(2 x ) = 2 cos 2 x − 1 (7)
sin(2 x ) = 2 sin x cos x (8)
On a
cos(2 x ) = cos( x + x ) = cos 2 x − sin 2 x = cos 2 − (1 − cos 2 x ) = 2 cos 2 x − 1 . On a sin(2 x ) = sin( x + x ) = sin x cos x + sin x cos x = 2 sin x cos x .
3. Les formules de linéarisation :
il s’agit de transformer un produit de fonctions trigonométriques en une combinaison linéaire (ou somme) de fonctions trigonométriques :
Démontrer, puis compléter à l’aide des formules d’addition ci-dessus les relations suivantes :
cos a cos b = 1
2 (cos( a + b ) + cos( a − b )) (9) cos a sin b = 1
2 (sin( a + b ) − sin( a − b )) (10) sin a sin b = 1
2 (cos( a − b ) − cos( a + b )) (11) La formule (9) s’obtient en additionnant les deux premières formules d’addition : (3)+(4).
La formule (10) s’obtient en faisant (5)-(6).
La formule (11) s’obtient en faisant (4)-(3).
2 Exercices
Exercice 1 Résoudre dans [ −π, π ] les équations 2 cos(2 x ) + 1 = 0 et cos x = sin(3 x ) (il y a quatre solutions à la première équation).
1. Première équation :
2 cos(2 x ) + 1 = 0 ⇐⇒ cos(2 x ) = − 1
2 ⇐⇒ cos(2 x ) = cos 2 π 3
⇐⇒
2 x = 2 π
3 + 2 kπ, k ∈ Z
ou 2 x = − 2 π
3 + 2 kπ, k ∈ Z
⇐⇒
x = π
3 + kπ, k ∈ Z
ou x = −π
3 + kπ, k ∈ Z
Nous avons les solutions sur R, (il y en a une infinité, on pourrait même dire «deux familles infinies de solutions»), on ne va garder que celles qui sont dans [ −π, π ]. Pour la première famille de solutions π 3 + kπ , si k = 0, on obtient π 3 . Si k = 1, on a π 3 + π , ça dépasse π ! On prend k = − 1, on a π 3 − π = −2π 3 . Pour k = − 2, c’est plus petit que −π ...
On fait de même avec la deuxième famille de solutions −π 3 + kπ et on obtient −π 3 ( k = 0) et
−π
3 + π = 2π 3 (avec k = 1).
Conclusion, il y a quatre solutions : ± π 3 et ± 2π 3 .
2. Deuxième équation :
cos( x ) = sin(3 x ) ⇐⇒ cos( x ) = cos π 2 − 3 x
⇐⇒
x = π
2 − 3 x + 2 kπ, k ∈ Z
ou x = 3 x − π
2 + 2 kπ, k ∈ Z
⇐⇒
4 x = π
2 + 2 kπ, k ∈ Z
ou − 2 x = −π
2 + 2 kπ, k ∈ Z
⇐⇒ x = π 8 + kπ
2 , k ∈ Z
!
ou x = π
4 − kπ, k ∈ Z
On obtient alors 6 solutions dans [ −π, π ] : π
8 , π 8 + π
2 , π 8 − π
2 , π
8 − π et π 4 , π
4 − π.
Exercice 2 Trouver une valeur exacte de cos π 8 à l’aide d’une formule de duplication.
Le nombre π 8 est la moitié de π 4 dont on connaît le cosinus. Ainsi d’après la formule (8) utilisée avec x = π 8 , on a : cos π 4 = 2 cos 2 π 8 − 1, d’où
cos 2 π
8 = cos π 4 + 1
2 = 1
2
√ 2 2 + 1
!
=
√ 2 + 2 4 . Ainsi comme cos π 8 > 0 car π 8 ∈ [0 , π 2 ], on a
cos π 8 = ±
s √ 2 + 2
4 =
s √ 2 + 2
4 .
Exercice 3 On considère la fonctions f définie sur R par : f ( x ) = sin x
2 + cos x .
1. Vérifier que f est impaire, en déduire qu’il suffit d’étudier f sur [0 , π ].
Remarquons déjà que f est définie sur R car pour tout réel x , cos x > − 1, donc 2 + cos x >
1 > 0.
Soit x ∈ R, on a :
f ( −x ) = sin( −x )
2 + cos( −x ) = − sin x
2 + cos x = −f ( x ) . Ainsi f est impaire.
Elle est de plus 2 π -périodique, donc il suffit de l’étudier sur un intervalle de longueur 2 π . On va choisir [ −π, π ], mais comme elle est de plus impaire, il suffit de l’étudier sur I = [0 , π ].
2. Justifier que f est dérivable et que sa dérivée est du signe de 2 cos x + 1. Terminer l’étude
de f .
f est dérivable sur R, comme somme et quotient de fonctions dérivables. On a pour x ∈ R, f 0 ( x ) = cos x (2 + cos x ) − − sin x sin x
(2 + cos x ) 2 = 2 cos x + cos 2 x + sin 2 x
(2 + cos x ) 2 = 2 cos x + 1 (2 + cos x ) 2 . On a donc pour x ∈ [0 , π ]
f 0 ( x ) > 0 ⇐⇒ 2 cos x + 1 ⇐⇒ cos x > − 1
2 ⇐⇒ x ∈ [0 , 2 π 3 ] . x
f 0 ( x )
f ( x )
0 2π 3 π
+ 0 −
00
√ 1 3
√ 1 3
00
-5
-5 -4.5-4.5 -4-4 -3.5-3.5 -3-3 -2.5-2.5 -2-2 -1.5-1.5 -1-1 -0.5-0.5 0.50.5 11 1.51.5 22 2.52.5 33 3.53.5 44 4.54.5 55 5.55.5 66
-4 -4 -3.5 -3.5 -3 -3 -2.5 -2.5 -2 -2 -1.5 -1.5 -1 -1 -0.5 -0.5 0.5 0.5 11 1.5 1.5 22 2.5 2.5 33
00 ff