Algèbre linéaire
Contents
1 Algèbres 3
1.1 Dénition . . . 3
1.2 Exemples . . . 3
1.3 Sous-algèbres . . . 3
1.4 Morphisme d'algèbres . . . 3
2 Sous-espaces vectoriels 3 2.1 Dénition d'un sous-espace vectoriel . . . 3
2.1.1 Dénition . . . 3
2.1.2 Somme de deux vecteurs . . . 4
2.2 Somme . . . 4
2.2.1 Dénition . . . 4
2.2.2 Image d'une somme . . . 4
2.3 Somme directe . . . 4
2.3.1 Dénition : somme directe . . . 4
2.3.2 Supplémentaires . . . 5
2.3.3 Existence . . . 5
2.3.4 Caractérisation . . . 5
2.3.5 Exemple . . . 5
2.4 Réunion . . . 6
2.4.1 Cas de deux . . . 6
2.4.2 Généralisation . . . 6
3 Le théorème du rang 6 3.1 Dimension deF×G . . . 6
3.2 Dimension deF⊕G . . . 7
3.3 Théorème du rang . . . 7
3.3.1 Théorème de l'isomorphisme induit . . . 7
3.3.2 Théorème du rang . . . 7
3.4 Dimension deF+G . . . 7
3.5 Dimension d'une somme directe . . . 8
3.6 Exercices . . . 8
3.7 Les noyaux itérés . . . 8
4 Interpolation de Lagrange 9 4.1 Un isomorphisme . . . 9
4.2 Une base adaptée . . . 10
4.3 Remarque . . . 10
4.4 Expression d'un polynôme dans cette base . . . 10
5 Matrices équivalentes 11 5.1 Rang d'une matrice . . . 11
5.2 Dénition : matrices équivalentes . . . 11
5.3 Théorème . . . 11
5.4 Caractérisation . . . 11
5.5 Transposée . . . 11
5.6 Caractérisation du rang . . . 12
5.6.1 Lemme . . . 12
5.6.2 Théorème . . . 12
5.7 Applications . . . 12
5.7.1 Exercice 1 : l'inverse faible . . . 12
5.7.2 Exercice 2 . . . 12
5.7.3 Réponses . . . 12
6 Déterminants 12 6.1 Déterminant triangulaire par blocs . . . 12
6.2 Déterminant de Vandermonde . . . 13
6.2.1 Il est non nul . . . 13
6.2.2 La valeur exacte . . . 13
6.2.3 Une application . . . 13
7 Comatrice 14 7.1 Dénition . . . 14
7.2 Comatrice et inverse . . . 14
7.3 Exercice : les inversibles deMn(Z) . . . 14
7.4 Exercice : rang de la comatrice . . . 15
8 Hyperplans 15 8.1 Dénitions . . . 15
8.2 Caractérisation . . . 15
8.3 Equations d'un hyperplan . . . 15
8.3.1 Théorème . . . 15
8.3.2 Autre formulation . . . 15
8.3.3 Cas deKn . . . 15
8.4 Généralisation . . . 16
8.5 Intersection d'hyperplans . . . 16
8.5.1 Théorème . . . 16
8.5.2 Exercice . . . 17
9 Complément : l'opérateur∆ 17 9.1 Noyau . . . 17
9.2 ∆ est surjectif . . . 17
9.3 Un exemple d'isomorphisme induit . . . 17
9.4 Une base adaptée : les polynômes de Hilbert . . . 18
9.5 Calcul de∆n . . . 18
9.6 Exercice . . . 18
9.7 Exercice . . . 18
10 Complément : factorisation des endomorphismes 19 10.1 Exercice 1 . . . 19
10.2 Exercice 2 . . . 19
11 Complément : le résultant 20 11.1 Lemme 1 . . . 20
11.2 Lemme 2 . . . 20
11.3 Degré 2 . . . 20
11.4 Degré 3 . . . 20
11.5 Le même par une méthode élémentaire . . . 21
11.6 Un ouvert deCn[X] . . . 21
12 Complément : SLn(K) et les transvections 21 12.1 Transvections . . . 21
12.2 Réduction . . . 21
12.3 Ti,j(λ) . . . 22
12.4 Opérations élémentaires . . . 22
12.5 SLn(K)est engendré par l'ensemble desTi,j(λ) . . . 22
12.6 SLn(R)est connexe par arcs . . . 22
1 Algèbres
Kdésigne un corps.
1.1 Dénition
(A,+, .,×)est une K -algèbre si
1)(A,+, .)est un K -espace vectoriel.
2)(A,+,×)est un anneau.
3) Sixet ysont des éléments deA etλun scalaire : λ.(xy) =x(λ.y) = (λ.x)y
1.2 Exemples
SoitK un corps ; exemples de K -algèbres : 1)K, K[X].
2)KX =F(X, K)pour la multiplication usuelle.
3)Mn(K);(L(E),+,◦)siEest unK-espace vectoriel.
1.3 Sous-algèbres
B est une sous-algèbre de(A,+, .,×)si : 1)B est stable par combinaison linéaire.
2)B est stable par multiplication.
3)1A∈B. Conséquence
B est stable pour les 3 opérations, et constitue une algèbre pour les opéra- tions induites.
Remarque
Pour montrer qu'un ensemble est une algèbre, on montre en général que c'est une sous-algèbre d'une algèbre connue.
1.4 Morphisme d'algèbres
SoitAet B deuxK-algèbres ;f :A→B est un morphisme d'algèbres si -f est une application linéaire
- et un morphisme d'anneaux.
Concrètement, on vérie que : 1)f est une application linéaire.
2)f est un morphisme multiplicatif.
3)f(1A) = 1B.
2 Sous-espaces vectoriels
Edésigne unK−espace vectoriel.
2.1 Dénition d'un sous-espace vectoriel
2.1.1 Dénition
F est un sous-espace vectoriel deE si -F est non vide.
-F est stable par l'addition.
-F est stable par la multiplication par les scalaires.
2.1.2 Somme de deux vecteurs
SoitF un sous-espace vectoriel deE ; soit xet ydes éléments deE. Que dire de x+y si les deux sont dans F, un seul des deux, aucun des deux ? Un dessin !
Réponse
- six∈F et y∈F, alorsx+y∈F
- six∈F et y /∈F, alorsx+y /∈F ; en eet, y= (x+y)−x Six+y était dansF,y serait dansF.
- si x /∈ F et y /∈ F, on ne peut pas conclure ; exemples : x = y et x=−y.
2.2 Somme
2.2.1 Dénition
SoitF1, ..., Fq des sous-espaces vectoriels deE ; soit f : F1×...×Fq → E
(x1, ..., xq) → x1+...+xq
L'image def est notéeF1+...+Fq ; on l'appelle somme deF1, ..., Fq. On montre facilement quef est une application linéaire, ce qui entraine queF1+...+Fq est un sous-espace vectoriel deE.
Exercice
Montrer queF1+...+Fqest le plus petit sous-espace vectoriel deEcontenant F1∪...∪Fq.
2.2.2 Image d'une somme Exercice
Soitu∈L(E, F)etE1, E2 deux sous-espaces deE. - compareru(E1+E2)etu(E1) +u(E2). - compareru(E1∩E2)et u(E1)∩u(E2). - compareru(E1∪E2)et u(E1)∪u(E2). Réponse
La linéarité ne sert que pour le premier.
u(E1+E2) =u(E1) +u(E2). u(E1∩E2)⊂u(E1)∩u(E2).
u(E1∪E2) = u(E1)∪u(E2), mais en général ce ne sont pas des sous- espaces vectoriels.
2.3 Somme directe
2.3.1 Dénition : somme directe
On dit que la sommeF1+...+Fq est directe sif est injective, oukerf ={0}; ce qui signie que tout vecteur de la somme se décompose de manière unique.
Dans ce cas, on la note
F1⊕...⊕Fq
2.3.2 Supplémentaires
SoitF1, ..., Fq des sous-espaces vectoriels deE.
On dit qu'ils sont supplémentaires dansE s'ils sont en somme directe, et que leur somme estE.
Ils sont donc supplémentaires si et seulement sif est un isomorphisme.
2.3.3 Existence Théorème
Si E est de dimension nie, tout sous-espace F possède un supplémentaire dansE.
Démonstration
Soit(e1, ..., ep)une base deF, que l'on complète en une base(e1, ..., en)de E.
Alors(ep+1, ..., en)engendre un supplémentaire deF dansE. 2.3.4 Caractérisation
Exercice
La sommeF1+...+Fq est directe si et seulement si pour toutj, 2≤j≤q, (F1+...+Fj−1)∩Fj={0}
Démonstration
Supposons que la somme n'est pas directe.
Soit(x1, ..., xq)non nul tel que
q
X
k=1
xk = 0
Soit alors
j= max{k/1≤k≤q, xk6= 0}
Alorsj≥2,xj 6= 0, etPj
k=1xk= 0, d'où xj=−
j−1
X
k=1
xk
Donc
xj ∈(F1+...+Fj−1)∩Fj\ {0}
On a montré que si la somme n'est pas directe, alors il existej tel que (F1+...+Fj−1)∩Fj6={0}
La réciproque est plus facile.
2.3.5 Exemple
Que dire de trois droites distinctes dans un plan ? Réponse
Elles ne sont pas en somme directe, mais en somme directe deux à deux.
2.4 Réunion
2.4.1 Cas de deux Exercice
SoitF, G deux sous-espaces vectoriels deE.
Si F ∪Gest un sous-espace vectoriel de E, montrer que l'un des deux est contenu dans l'autre.
Démonstration
On montre la contraposée.
Supposons qu'aucun des deux n'est contenu dans l'autre.
Donc l'existence dea∈F\Get b∈G\F ; soit c=a+b
On sait que dans ce cascn'appartient ni àF ni àG.
Conclusion : F∪Gn'est pas un sous-espace vectoriel deE. 2.4.2 Généralisation
SoitF1, ..., Fq des sous-espaces vectoriels deE. On suppose que leur réunion F est un sous-espace vectoriel deE.
Montrer que l'un desFj contient tous les autres.
Démonstration
Par récurrence sur q ; le cas q = 2 est connu ; soit q ≥3 ; supposons la propriété au rangq−1.
Supposons donc F = F1∪...∪Fq ; si F = F1 ∪... ∪Fq−1, il sut d'appliquer l'hypothèse de récurrence.
Sinon : il existe un
x∈F \ (F1∪...∪Fq−1) Soity∈F non nul ; considérons les
yt=x+ty oùt décritK ;K étant inni :
- deux desytappartiennent au mêmeFj. -xet y appartiennent à ce mêmeFj. -x∈Fj,doncj=q ; doncy∈Fq. Conclusion,F =Fq.
3 Le théorème du rang
3.1 Dimension de F × G
Théorème
SiEest unK−espace vectoriel de dimensionpetF unK−espace vectoriel de dimensionq,E×F est unK−espace vectoriel de dimensionp+q. Démonstration
Soit (e1, e2, ...ep) une base de E et (f1, ..., fq) une base de F ; on montre aisément que
((e1,0), ...,(ep,0),(0, f1), ...,(0, fq)) constitue une base deE×F.
3.2 Dimension de F ⊕ G
Théorème
SiF etGsont deux sous-espaces vectoriels deEen somme directe, alors dimF⊕G= dimF+ dimG
Démonstration
Il existe un isomorphisme deF×GsurF⊕G: (x, y)→x+y
3.3 Théorème du rang
3.3.1 Théorème de l'isomorphisme induit
Siu∈L(E, F)et si E0 est un supplémentaire dekerudansE : E= keru⊕E0
Alorsuinduit un isomorphismeu0 deE0 surImu. Démonstration
Il est clair queu0 est une application linéaire.
Son noyau estE0∩keru={0}, doncu0 est injective.
Soity=u(x)un élément deImu; on écrit x=x1+x2
avecx1∈E0 etx2∈keru. Alors
y=u0(x1) Ce qui montre queu0 est surjectif.
3.3.2 Théorème du rang
SiE est de dimension nie, et siu∈L(E, F), alors dimE= dim (keru) + rgu
Démonstration
E étant de dimension nie, on sait quekerupossède un supplémentaireE0 dansE.
On peut donc utiliser l'isomorphisme induit : u0 étant un isomorphisme, E0 etImuont même dimension ; donc :
dimE−dim keru= dimE0 = rgu
3.4 Dimension de F + G
Théorème (formule de Grassmann)
SoitF etGdes sous-espaces vectoriels de dimensions nies deE. Alors : dim (F+G) = dimF+ dimG−dim (F∩G)
Démonstration 1 On dénit
f :
F×G→F+G (x, y)→x+y Que dire dekerf ?
Réponse
i:x→(x,−x)est un isomorphisme deF∩Gsurkerf. D'où dim (F+G) = dimF+ dimG−dim (F∩G)
Démonstration 2
SoitF1un supplémentaire deF∩GdansF : F =F1⊕(F∩G); on vérie que
F+G=F1⊕G On en déduit
dim (F+G) = dim (F1) + dim (G) = dimF+ dimG−dim (F∩G)
3.5 Dimension d'une somme directe
Théorème
SoitF1, ..., Fq des sous-espaces vectoriels de dimension nie de E ; dans ce cas :
dim
q
X
j=1
Fj≤
q
X
j=1
dimFj
et il y a égalité si et seulement si la somme est directe.
Démonstration
On applique le théorème du rang à l'application : f : F1×...×Fq → F1+...+Fq
(x1, ..., xq) → x1+...+xq
3.6 Exercices
Soitu, v∈L(E, F)et E0 un sous-espace vectoriel deE. On suppose E de dimension nie. Montrer que :
-dimu(E0)≤dimE0 -rg(u+v)≤rg(u) +rg(v)
Soitv ∈L(E, F)etu∈L(F, G). On suppose E etF de dimensions nies.
Montrer que :
-rg(u◦v)≤rg(u) -rg(u◦v)≤rg(v) Démonstration
- On applique le théorème du rang àu0 =u/F. -Im (u+v)⊂Imu+ Imv.
-Im (u◦v)⊂Imu. -Im (u◦v) =u(Imv)
3.7 Les noyaux itérés
Exercice important
Soitu∈L(E); on noteu0= Id,Fk= keruk etGk= Imuk pourk≥0. a) Montrer que(Fk)k≥0est croissante et (Gk)k≥0décroissante.
b) Montrer que sik≥0 etFk=Fk+1, alorsFk+1=Fk+2. On suppose queE est de dimension nie n; soitak= dimFk.
c) Montrer quean =an+1.
d) Montrer que (ak+1−ak) est décroissante ; on pourra utiliser la re- striction deuk à Fk+1.
e) Montrer que(Fk)k≥0 et(Gk)k≥0sont stationnaires à partir du même rang.
On ne suppose plusE de dimension nie.
f) Trouver un exemple où(Gk)k≥0 est stationnaire, mais pas(Fk)k≥0. g) SoitE=R[X] ;u(P) =P0 ; montrer qu'il n'existe pas de v∈L(E) tel queu=v2.
h) Montrer que si(Fk)k≥0 et (Gk)k≥0 sont stationnaires, elles le sont à partir du même rang (plus dicile).
Démonstration de b)
Soitx∈Fk+2 ;uk+2(x) =uk+1(u(x)) = 0; doncu(x)∈Fk+1=Fk ; donc uk(u(x)) = 0
Finalement
x∈Fk+1
Démonstration de c)
Si par l'absurdean< an+1, alors0 =a0< a1< ... < an < an+1.
Donc, par récurrence surk, pour 0≤k≤n+ 1 : ak≥k; en particulier an+1≥n+ 1
Contradiction ; doncan =an+1. Autre démonstration de c)
Siun(x)6= 0etun+1(x) = 0, on montre que la famille (x, u(x), ..., un(x)) est libre.
Démonstration de d) Avec le théorème du rang :
ak+1−ak = dimuk(Fk+1) = dim Imuk∩keru
Démonstration de f) E=R[X] ;u(P) =P0. Démonstration de g)
Siv existe,kerv⊂keruqui est de dimension 1.
- sikerv= (0),v est injectif,uaussi, contradiction.
- sikerv= keru= kerv2, on utilise b) : la suite kervkest stationnaire, contradiction.
4 Interpolation de Lagrange
On xen≥0 eta0, ..., an ∈K, distincts.
4.1 Un isomorphisme
f :
Kn[X]→Kn+1 P →(P(a0), ..., P(an))
Attention
Kn[X]est de dimensionn+ 1, doncn+ 1 points.
4.2 Une base adaptée
On cherche les antécédents des éléments de la base canonique. Soit N =
n
Y
j=0
(X−aj)
et
Nj= N X−aj
=Y
k6=j
(X−ak)
Exemple
n= 2; N = (X−a0) (X−a1) (X−a2); N0= (X−a1) (X−a2); N1 = (X−a0) (X−a2);N2=...
Que dire de f(Nj) ? On note
Lj= Nj
Nj(aj) Images des Lj par f
Lj(ai) =δi,j ; par exemple,f(L0) = (1,0...,0),f(L1) = (0,1,0, ...,0)...
En résumé, l'image de(L0, ..., Ln)est la base canonique de Kn+1.
4.3 Remarque
Nj(aj) =N0(aj), donc
Lj = Nj
N0(aj)= N N0(aj) (X−aj) Démonstration
N= (X−aj).Nj ; on dérive, et on évalue enaj.
4.4 Expression d'un polynôme dans cette base
∀P ∈Kn[X], P =
n
X
j=0
P(aj)Lj
Démonstration On écrit
P =
n
X
k=0
λkLk
et on évalue en chaqueaj.
Ou on constate que la diérence est un polynôme de degré au plusn, qui a au moinsn+ 1 racines.
Au fait, pourquoi est-ce une base ?
On peut répondre que c'est l'image de la base canonique deKn+1 par un isomorphisme ; ou constater que la formule précédente prouve qu'elle est génératrice, de cardinaln+ 1.
On peut aussi montrer directement qu'elle est libre.
5 Matrices équivalentes
5.1 Rang d'une matrice
SoitA∈Mp,q(K); les colonnes deAsont des éléments deMp,1(K). Notons C= (C1, ..., Cq)la famille des colonnes deA.
On appelle rang deAle rang de cette famille : rgA= rg (C1, ..., Cq)
Exercice : matrices de rang 1 Toute matriceM de rang 1 s'écrit
M =X.YT oùX etY sont des colonnes non nulles.
Démonstration
Les colonnesMj deM sont proportionnelles à une colonneX : Mj =yj.X
Doncmi,j=xi.yj ; donc
M =X.YT
5.2 Dénition : matrices équivalentes
On dit queM etM0 éléments deMp,q(K)sont équivalentes si
∃P ∈GLp(K),∃Q∈GLq(K), M0=P.M.Q
5.3 Théorème
On supposeE etF de dimensions nies ; soitu∈L(E, F)de rangr. Alors il existe une baseedeE et une basef deF telles que
Me,f(u) =Jr=
Ir 0 0 0
∈Mp,q(K)
Démonstration
Voir isomorphisme induit...
Soit (e1, ..., er) une base de E0 ; (f1, ..., fr) leurs images ; (er+1, ..., eq) une base dekeru...
5.4 Caractérisation
DansMp,q(K),AetBsont équivalentes si et seulement si elles ont le même rang.
Aest équivalente à Jrsi et seulementAest de rang r.
5.5 Transposée
Théorème
Une matrice et sa transposée ont le même rang.
Démonstration
SiA=P.Jr.Q, alorsAT =QT.Jr.PT ; attention, ce n'est pas le mêmeJr.
5.6 Caractérisation du rang
5.6.1 Lemme
SoitA∈Mp,q(K), etrson rang.
Le rangr0 d'une matrice extraiteA0 vérier0≤r. Démonstration
SiA0 est obtenue en supprimant des colonnes dans A,C0⊂C ; donc Vect (C0)⊂Vect (C)
Doncr0≤r. Si on supprime aussi des lignes ? 5.6.2 Théorème
SoitA∈Mp,q(K), etrson rang.
rest la taille maximale d'une matrice carrée extraite inversible.
Démonstration
La famille des colonnes deA,C= (C1, ..., Cq)est de rangr ; il existe donc une sous-famille libre de cardinalr; on obtient ainsi une matrice
A1∈Mp,r(K) de rangr.
La famille des lignes de A1 est aussi de rang r ; elle possède donc une sous-famille libre de cardinalr; on obtient ainsi une matrice
A2∈GLr(K)
5.7 Applications
5.7.1 Exercice 1 : l'inverse faible
SoitA∈Mp,q(K); montrer l'existence deB∈Mq,p(K)vériantABA=A etBAB=B.
5.7.2 Exercice 2
Soit E un espace vectoriel de dimension nie ; soit u ∈ L(E) ; montrer l'existence dev∈GL(E)tel que v◦usoit un projecteur.
5.7.3 Réponses
SiA=P.Jr.Q, il sut de choisirB =Q−1.Jr.P−1 ; siMB(u) =P.Jr.Q, il sut de choisir
MB(v) =Q−1P−1
6 Déterminants
6.1 Déterminant triangulaire par blocs
Théorème SoitM =
A B 0 C
une matrice triangulaire par blocs ; on suppose A et Ccarrées ; alors
detM = detA.detC
Démonstration M =
A B 0 C
=
Ir 0
0 C
.
Ir B 0 Is
.
A 0 0 Is
6.2 Déterminant de Vandermonde
6.2.1 Il est non nul
Soitn≥1 eta0, ..., an ∈K, distincts ; le déterminant suivant est non nul :
1 a0 . an0
. .
. .
1 an . ann Démonstration SoitC=Pn
k=0λkCk une combinaison linéaire des colonnes ; soit P=
n
X
k=0
λkXk
SiC= 0, que dire deP ? Réponse
Si C= 0, P possèden+ 1racines, les ak ; étant de degré au plusn, il est nul ; donc lesλk sont nuls.
On a montré que la famille des colonnes (C0, ..., Cn) est libre, ce qui prouve que le déterminant est non nul.
6.2.2 La valeur exacte Théorème
On montre qu'il vaut
Y
i<j
(aj−ai)
Démonstration
C'est clair sia0, ..., an ne sont pas distincts. On les suppose donc distincts et on procède par récurrence surn.
Le résultat est évident pour n= 1 ; soitn≥2 ; supposons la propriété vériée au rangn−1; on remplace dans le déterminantanparX; on obtient un polynômeP ∈Kn[X]dont on connaîtnracines distinctesa0, ..., an−1 ; de plus, le coecient deXn dansP est donné par l'hypothèse de récurrence.
6.2.3 Une application Exercice
Soitn≥1 etλ1, ..., λn ncomplexes ; on suppose que
∀k,1≤k≤n,
n
X
j=1
λkj = 0
Montrer que lesλj sont nuls.
Démonstration
Supposons par l'absurde qu'ils ne sont pas tous nuls ; on peut supprimer ceux qui sont nuls, regrouper ensemble lesλj qui sont identiques, les réindexer, et on obtient :
∀k,1≤k≤q,
q
X
j=1
nj.λkj = 0
oùq est le nombre deλj non nuls distincts, etnj le nombre de fois que la suite de départλ1, ..., λn contientλj.
Le vecteur(n1, ..., nq)est donc solution d'un système linéaire homogène, dont le déterminant est non nul, carλ1, ..., λq sont distincts ; donc
(n1, ..., nq) = 0
Or les nj sont des entiers non nuls, contradiction ; conclusion, tous lesλj
sont nuls.
7 Comatrice
7.1 Dénition
SoitA∈Mn(K); on noteDi,jle déterminant de la matrice obtenue à partir deAen supprimant la ligneiet la colonnej ; la comatrice deAest
(−1)i+j.Di,j
7.2 Comatrice et inverse
Théorème
Pour toutA∈Mn(K):
tCom (A).A=A.tCom (A) = det (A).In
Si de plusAest inversible
A−1= 1
detA.tComA Exemple
SoitA= a c
b d
; sidetAest non nul,A−1=?
A−1= 1 ad−bc
d −c
−b a
7.3 Exercice : les inversibles de M
n( Z )
SoitA∈Mn(Z).
Montrer queAest inversible etA−1∈Mn(Z)si et seulement sidetA=
±1.
Démonstration
SupposonsA−1∈Mn(Z).
AlorsA.A−1 =In ; donc detA.detA−1 = 1 ; c'est le produit de deux entiers, doncdetA=±1.
SupposonsdetA=±1.
A∈Mn(Z), doncComA∈Mn(Z); doncA−1∈Mn(Z).
7.4 Exercice : rang de la comatrice
SoitA∈Mn(K); soit rson rang, etr0 le rang deComA. - cas oùr=n: r0=n.
- cas oùr≤n−2: ComA= 0.
- cas oùr=n−1. tCom (A).A= det (A).In= 0, donc l'image deAest contenue dans le noyau detCom (A); donc r0≤1; de plus,Com (A)n'est pas nulle, donc
r0= 1
8 Hyperplans
8.1 Dénitions
E∗ =L(E, K): l'ensemble des formes linéaires.
Hyperplan
Un hyperplanH est le noyau d'une forme linéaire non nulleϕ. On dit alors queϕest une équation deH.
8.2 Caractérisation
Tout supplémentaire d'une droite est un hyperplan ; siE est de dimension nien, les hyperplans sont les sous-espaces de dimensionn−1.
8.3 Equations d'un hyperplan
8.3.1 Théorème Elles sont proportionnelles.
Démonstration
Soit f et g deux éléments de E∗− {0} ; supposons H = kerf = kerg et montrons que(f, g)est liée.
Soita∈E\H ; soit
λ= g(a) f(a) La formule
g=λ.f
est vériée surH et au pointa, donc surE par linéarité ; en détail : Soitx∈E.
∃t∈K,∃h∈H, x=h+t.a Alors :
g(x) =g(h+t.a) =t.g(a) =t.λ.f(a) =λ.f(x)
8.3.2 Autre formulation
Soitf et gdeux éléments deE∗ ; sikerf ⊂kerg, alors
∃λ∈K, g=λ.f
8.3.3 Cas de Kn
SiE=Kn, les formes linéaires sont de la forme
ϕ: (x1, x2, ...xn)→
n
X
j=1
ajxj =AT.X
Démonstration
ϕ(x1, x2, ...xn) =ϕ
n
X
j=1
xjej
=
n
X
j=1
ajxj
où(e1, e2, ...en)est ?
8.4 Généralisation
Exercice
Soitq≥1 ; soitf, f1, ..., fq des formes linéaires surE ; on suppose que
q
\
j=1
kerfj⊂kerf
Montrer quef est combinaison linéaire desfj. Démonstration 1
Par récurrence sur q ; le cas q = 1 est connu ; soit q ≥1 ; supposons la propriété au rangq. On part de
q+1
\
j=1
kerfj⊂kerf
Soit
E0 =
q
\
j=1
kerfj
On examine les restrictions surE0 :
kerfq+10 ⊂kerf0 D'après le casq= 1 :
f0=λq+1fq+10 Donc
E0⊂ker (f−λq+1fq+1) Donc, d'après l'hypothèse de récurrence :
f−λq+1fq+1 est combinaison linéaire des(fj)1≤j≤q. Démonstration 2
C'est une conséquence directe de l'exercice 2 de factorisation, qui s'applique avecF =Kq.
8.5 Intersection d'hyperplans
8.5.1 Théorème
SiE est un espace de dimension nien, l'intersection de m hyperplans est de dimension au moinsn−m.
Démonstration
f : E → Km
x → (ϕ1(x), ..., ϕm(x))
8.5.2 Exercice
Si E est un espace de dimension nie n, l'intersection de m hyperplans d'équationsϕ1, ..., ϕmest de dimensionn−r, avec
r= rg (ϕ1, ..., ϕm)
Démonstration
Il sut d'étudier le cas où(ϕ1, ..., ϕm)est libre, et de montrer que dans ce casf est surjective.
Par contraposée : si f n'est pas surjective, Imf est contenu dans un hyperplan deKm :
Il existea= (a1, ..., am)non nul tel que
∀x∈E,
m
X
j=1
aj.ϕj(x) = 0
ce qui montre que(ϕ1, ..., ϕm)est liée.
9 Complément : l'opérateur ∆
Ici,K=Rou C.
E=K[X] ; on dénit∆par
∆P =P(X+ 1)−P(X)
9.1 Noyau
ker ∆ =K0[X]; quel est le degré de∆P ? Son terme dominant ? Réponse
Si∆P = 0, alorsP(X)−P(0)a une innité de racines (les entiers naturels), donc
P=P(0) SiP =anXn+..., alors
∆P =n.anXn−1+...
Remarque
Si par exempleK=Z/pZ(avecppremier), c'est très diérent.
Un exemple d'élément du noyau non constant ? Réponse
Xp−X =X(X−1) (X−2)...(X−p+ 1)
9.2 ∆ est surjectif
Démonstration Pourn≥1, on introduit
∆n :Kn[X]→Kn−1[X]
restriction de∆;∆n est surjectif d'après le théorème du rang ; comment en déduire que∆est surjectif ?
9.3 Un exemple d'isomorphisme induit
Un supplémentaire deker∆ ?
Réponse Par exemple,
E0={P ∈E/P(0) = 0}= Vect Xk
k∈N∗
D'où un isomorphisme∆0 induit par∆deE0 surE.
9.4 Une base adaptée : les polynômes de Hilbert
On les dénit par H0 = 1, et Hn = (∆0)−1(Hn−1) ; pour n ≥1, Hn est donc caractérisé par
∆ (Hn) =Hn−1, Hn(0) = 0
On en déduit facilement que0,1, ..., n−1sont racines deHn ; nalement : Hn= X(X−1)...(X−n+ 1)
n! =
X n
Soit∆n l'endomorphisme induit par∆surKn[X]. Quelle est sa matrice dans la base(H0, ..., Hn)? Réponse
M =
0 1 . 0
0 1 .
.
. . 1
0 . 0
Quelle base choisir pour que cette matrice soit celle deD:P →P0 ? Réponse
Xk k!
0≤k≤n
9.5 Calcul de ∆
n∀P ∈E,∆nP =
n
X
k=0
(−1)n−k n
k
P(X+k)
Démonstration
∆ =T−Id, les deux commutent, on applique la formule du binôme.
9.6 Exercice
SoitPn=Pn
k=0(−1)n−kHk ; exprimerPn en fonction deHn. Réponse
(I+ ∆)Pn=Hn ; d'où Pn =T−1Hn=Hn(X−1).
9.7 Exercice
Montrer que∀n≥0, Hn(Z)⊂Z.
Réciproquement, soit
P=
n
X
k=0
akHk
Montrer que siP(Z)⊂Z, lesak sont dansZ.
Réponse
SiP(Z)⊂Z, d'aborda0∈Z; ensuite,(∆P) (Z)⊂Z...
10 Complément : factorisation des endomor- phismes
On suppose queE, F etGsont de dimensions nies.
10.1 Exercice 1
Soitv ∈ L(F, G) et w ∈ L(E, G) ; trouver une condition nécessaire pour qu'existeu∈L(E, F)tel que
w=v◦u Montrer que cette condition est susante.
Réponse
Imw⊂Imv est une condition nécessaire.
Réciproque : soit (e1, e2, ...en) une base de E ; pour tout j, w(ej) ∈ Imw⊂Imv ; on peut donc choisir un antécédentfj dansF dew(ej)parv:
v(fj) =w(ej) Ensuite, on dénitupar
∀j, u(ej) =fj
Alors :
∀j, w(ej) =v(fj) =v◦u(ej)
10.2 Exercice 2
Soitu∈ L(E, F)et w ∈L(E, G) ; trouver une condition nécessaire pour qu'existev∈L(F, G)tel que
w=v◦u Montrer que cette condition est susante.
Réponse
keru⊂kerwest une condition nécessaire.
Réciproque : soit(f1, f2, ...fn)une base deImu; chaquefj a un antécé- dentej paru; on dénitv par
∀j, v(fj) =w(ej) Alors :
∀j, w(ej) =v◦u(ej) Où sert l'hypothèsekeru⊂kerw?
Enn,v n'étant dénie que surImu, il reste à la dénir surF. Variante
Dénirv surImuparw◦u−11 , oùu1 est un isomorphisme induit.
Remarque
Dans cet exercice, on n'a utilisé que la dimension nie deF.
11 Complément : le résultant
DansK[X], soit
P =u0+...+upXp, Q=v0+...+vqXq On supposep≥1,q≥1, up6= 0, vq6= 0.
11.1 Lemme 1
Montrer queP∧Q6= 1si et seulement si il existe deux polynômes non nuls AetB tels que
AP =BQ,degA < q, degB < p
Démonstration
SupposonsD=P∧Q6= 1; écrivonsP =D.P1 etQ=D.Q1; alors D.P1.Q1=Q1.P =P1.Q
DoncA=Q1 etB =P1 conviennent.
Pour la réciproque, on utilise le théorème de Gauss.
11.2 Lemme 2
Montrer queP∧Q6= 1si et seulement si
P, XP, ...Xq−1P, Q, XQ, ..., Xp−1Q est liée.
On appelle résultant le déterminant suivant, de taillep+q:
Res(P, Q) =
u0 . . up
. .
u0 . . up
v0 . . vq
. .
v0 vq
Lesp+qlignes correspondent aux vecteurs de la famille P, XP, ...Xq−1P, Q, XQ, ..., Xp−1Q. On en déduit que
P∧Q6= 1⇐⇒Res(P, Q) = 0
11.3 Degré 2
SoitP =aX2+bX+c∈C[X]; on supposea6= 0; calculerRes(P, P0). Réponse
c b a
b 2a 0 0 b 2a
=−a b2−4ac
11.4 Degré 3
SoitP =X3+pX+q∈C[X]; calculerRes(P, P0). Réponse
4p3+ 27q2.
11.5 Le même par une méthode élémentaire
P =X3+pX+q∈C[X] On veut savoir à quelle conditionP a une racine multiple.
Réponse
On calcule le resteRde la division euclidienne deP parP0 : R= 2
3pX+q
D'oùα=−3q2p ; on retrouve queP0(α) = 0si et seulement si4p3+ 27q2= 0.
11.6 Un ouvert de C
n[X]
SoitU l'ensemble des polynômes de degré n(n≥1), scindés à racines sim- ples.
Montrer queU est un ouvert deCn[X].
Remarque : l'ensemble des polynômes scindés à racines simples deCn[X]
n'est pas un ouvert deCn[X]: utiliserQk=X Xk −12. Démonstration
P →Res(P, P0)est une fonction polynomiale sur Cn[X], donc continue ; U est l'image réciproque d'un ouvert de C: C∗.
12 Complément : SL
n(K ) et les transvections
Edésigne unK−espace vectoriel de dimensionn.
12.1 Transvections
On dit qu'un élémentudeL(E)est une transvection si -detu= 1
- l'ensemble des vecteurs invariants est de dimensionn−1. Matrice d'une tranvection
In−1 C
0 1
oùC est une colonne non nulle.
On en déduit que
(u−Id)2= 0 Donc
D⊂H oùD= Im (u−Id)etH = Ker (u−Id).
12.2 Réduction
Soituune transvection. Il existe une baseB telle que MB(u) =In+E2,1
Démonstration
Choisir une basee2deD.
12.3 T
i,j(λ)
Pouri6=j etλ∈K∗, on note
Ti,j(λ) =In+λ.Ei,j
Inverse ?
Ti,j(λ)−1=In−λ.Ei,j=Ti,j(−λ)
12.4 Opérations élémentaires
SoitM ∈Mn(K).
Que dire deTi,j(λ).M ? M.Ti,j(λ)? Réponse
Ti,j(λ).M est obtenue par l'opération Li←Li+λ.Lj
M.Ti,j(λ)est obtenue par l'opération
Cj←Cj+λ.Ci
12.5 SL
n(K) est engendré par l'ensemble des T
i,j(λ)
Démonstration
SoitM ∈SLn(K). On multiplie à gauche M par desTi,j(λ)pour obtenir successivement :
- un desmi,1 non nul, aveci≥2. -m1,1= 1.
- la première colonne deM égale à celle deIn.
Par récurrence surn, on obtient une matrice triangulaire supérieure.
Enn, on arrive àIn.