Panorama bureaux Ile-de-France
On Point
I
2ème trimestre 2015Copyright : Antonio GAUDENCIO
Paris La Défense lance son Projet Stratégique et Opérationnel (PSO)
Paris La Défense, territoire de 564 hectares localisé autour de la Grand Arche, 1er quartier d’affaires européen avec près 4 millions de m² de bureaux, qui totalise, en 2014, 11% des surfaces commercialisées et 15% des investissements franciliens, s’engage aujourd’hui dans une réfl exion sur son futur aménagement dans l’objectif de se repositionner dans le territoire francilien à l’aube de la Métropole du Grand Paris.
En effet, au-delà d’être le principal pôle d’emplois avec 160 000 salariés dont 57%
de cadres, Paris La Défense concentre également en son périmètre plus de 500 entreprises dont 40% étrangères, 20 000 habitants, 245 000 m² de commerces, 45 000 étudiants et attire plus de 8 millions de touristes.
Dans l’objectif de maintenir l’attractivité de ce secteur économique et de renforcer le positionnement de Paris La Défense comme porte d’entrée économique de l’Ile-de-France, l’Établissement Public d’Aménagement de la Défense Seine Arche (EPADESA) se lance dans l’élaboration d’une stratégie d’aménagement et de développement de son secteur autour de 4 objectifs :
• Moderniser le parc d’affaires et l’ouvrir sur le territoire environnant.
Cette première ambition se traduit par un objectif de restructuration permanente de 150 000 m² par an pour poursuivre le Plan de Renouveau initié en 2007, et maintenir la qualité de l’offre sur le site. Cette modernisation du parc devrait s’accompagner de travaux de réaménagements des espaces publics pour garantir la continuité de l’espace urbain du quartier d’affaires et des secteurs alentours ;
• Habiter Paris La Défense en renforçant l’offre de logements. L’objectif de l’EPADESA est aujourd’hui de « développer les dimensions sociales » du secteur de la Défense Seine Arche. Pour l’atteindre, il est prévu de produire 400 logements par an sur l’ensemble du territoire afi n de compléter l’offre existante de 150 000 logements accessibles en moins de 20 minutes. Le développement de cette offre constitue une des premières étapes pour renforcer l’attractivité du quartier ;
• Engager la nécessaire « révolution qualitative ». Dans la continuité des objectifs précédents, l’EPADESA souhaite enrichir l’offre de services, de commerces et d’équipements sur le site de la Défense Seine Arche pour le faire évoluer d’un « business hub » à un « social hub » ;
• Contribuer au rayonnement de la métropole francilienne. Un travail est actuellement entrepris pour établir et renforcer la marque « Paris La Défense » afi n d’asseoir la renommée internationale du quartier d’affaires, tout en articulant ce site avec les grands pôles économiques franciliens de manière à faire rayonner l’ensemble du territoire métropolitain.
Le fait
marquant
Mention passable pour le marché au 1
ersemestre
Un retour à la normale pour le marché locatif au 2ème trimestre
Après avoir enregistré un 1er trimestre en demi-teinte avec 412 000 m² commercialisés, le marché locatif se redresse légèrement au 2ème trimestre pour dépasser les 503 000 m², portant la performance du 1er semestre à plus de 915 000 m². Malgré tout, le retard pris au 1er trimestre n’a pas pu être rattrapé, ainsi, en un an, c’est une baisse de 22% qui est enregistrée sur le marché des bureaux francilien.
Si l’on analyse le marché par créneau de surfaces, encore une fois, c’est le segment des transactions de plus de 5 000 m² qui souffre avec seulement 9 nouvelles transactions enregistrées au 2ème trimestre, notons par exemple la prise à bail par l’OCDE de la totalité d’« In/Out » (~33 000 m²), livré en 2013 à Boulogne- Billancourt, ou de RFF sur « Le Coruscant » (~15 000 m²) à Saint-Denis.
Ces transactions viennent s’ajouter aux 12 qui ont été réalisées au 1er trimestre dont notamment le regroupement de différents services de l’État sur l’îlot
« Fontenoy - Ségur » (~43 000 m²) dans le 7ème arrondissement de Paris.
Le segment des petites et moyennes surfaces (inférieures à 1 000 m²) a performé et représente 40% des surfaces commercialisées en Ile-de-France au 1er semestre (en hausse de +10% en un an): c’est le seul créneau de surface qui enregistre une évolution positive d’une année sur l’autre, reflétant peut-être une meilleure santé des PME mais aussi une tendance des grandes entreprises à prendre des extensions à proximité de leur implantation principale, plutôt que de réaliser de grands mouvements. Du côté des surfaces intermédiaires (1 000 - 5 000 m²), le constat est le même qu’au 1er trimestre, mais dans une moindre mesure, avec un repli de 7% : les ETI étant toujours dans une logique de rationalisation de leurs coûts, et donc plutôt de réductions de surfaces.
De manière générale, on constate que la baisse des valeurs locatives sur les marchés établis leur a permis de capter les utilisateurs qui se positionnaient, il y a un an ou deux, sur les marchés de report. Ainsi, une fois de plus, 1 m² sur 2 a été commercialisé à Paris intra-muros au 1er semestre, une performance nettement supérieure à son ratio habituel autour de 35 à 40%.
Si dans le QCA, les mètres carrés consommés restent à un niveau similaire, la transaction d’INRIA dans le « Trio Daumesnil » (~9 800 m²) impacte positivement la demande placée de Paris 12-13. En première périphérie, les marchés souffrent toujours, cependant certains d’entre eux ont profité de la concrétisation
Sources : JLL/ImmoStat
Nombre de grandes transactions
> 5 000 m2
En direct du marché
Sources : JLL/ImmoStat En milliers de m²
T1 T2 T3 T4
Demande placée cumulée
35 -14 21
1er sem
2014 1er sem
2015
de transactions de plus de 5 000 m² à l’image de la Boucle Sud (OCDE) ou de la Première Couronne Nord (RFF). Même tendance en seconde périphérie et notamment sur le marché de Saint-Quentin-en-Yvelines, où la transaction de NISSAN sur « le Krebs » à Montigny-le-Bretonneux a été enregistrée au 2ème trimestre.
Le stock vacant francilien n’évolue que très peu et repasse au 2ème trimestre au-dessus du seuil symbolique des 4 millions de mètres carrés de bureaux, ce qui représente toujours un taux de vacance 7,6% pour l’ensemble de l’Ile-de-France.
Les mètres carrés de bureaux vides dans la capitale, comme pour le Quartier Central des Affaires (5,3%), restent contenus, avec un taux de vacance autour 5%
en moyenne et un taux toujours très faible à Paris 5-6-7. L’écart entre Paris et la première périphérie est toujours important puisque la plupart des marchés de cette dernière dépassent le seuil des 10% de vacance. Ainsi, en première périphérie l’offre demeure abondante, et notamment sur le Croissant Ouest où plus d’1 million de mètres carrés de bureaux sont vacants (hors La Défense). À La Défense, le taux de vacance se stabilise au 2ème trimestre et se positionne à 11,7%.
Les loyers « prime » faciaux connaissent des évolutions hétérogènes d’un secteur à l’autre, mais restent globalement compris dans la fourchette basse des valeurs.
Alors que le loyer « prime » du Quartier Central des Affaires baisse pour se positionner à 710 €, à La Défense, il est resté globalement stable pour se positionner à 525 €/m²/an. Du côté des mesures d’accompagnement, elles atteignent aujourd’hui en moyenne près de 19% en Ile-de-France, allant de 15% dans Paris intra-muros (ou en dessous pour certains arrondissements parisiens) à 20%
en moyenne, sur l’ensemble de la 1ère couronne, tout ceci variant en fonction de la taille des surfaces louées et de la durée d’engagement ferme mais aussi selon la stratégie des propriétaires qui restent très souples sur les conditions locatives offertes à leurs locataires, qu’il s’agisse de les conserver en place ou de les attirer.
Loyer prime facial - Quartier Central des Affaires (€/m2/an)
Source : JLL
Sources : JLL/ORIE
Taux de vacance au 2ème trimestre
2ème trim 2014
740
2ème trim 2015
710
675
Moyen Grade A Prime
Taux de vacance du trimestre En %
> 15%
10 à 15%
8 à 10%
6 à 8%
4 à 6%
< 4%
Copyright Lavigne
Le marché de l’investissement reprend son souffle au 2ème trimestre avant d’entamer une deuxième partie d’année qui promet d’être dynamique Le 2ème trimestre 2015 ne fera pas date dans les annales du marché de l’investissement avec 1,79 milliard d’euros investis en Ile-de-France.
En cumulé, le total des investissements réalisés atteint 5,385 milliards d’euros, soit une baisse de 38% par rapport à juin 2014. Ce creux de marché est à mettre sur le compte d’un nombre plus réduit de lancements de marketings en fin d’année dernière et pas à un reflux de l’activité des investisseurs. D’ailleurs de nombreux produits sont actuellement en cours de commercialisation et devraient se déboucler en deuxième partie d’année, permettant d’anticiper sur un deuxième semestre dynamique en Ile-de-France.
Le 2ème trimestre enregistre peu de transactions de plus de 100 millions d’euros avec seulement 4 opérations. La plus grande est la cession des « Tours Pascal » à la joint-venture GOLDMAN SACHS / ALTAFUND pour un montant de 190 millions d’euros, suivie par l’acquisition de « Colisée III et IV » par AMUNDI auprès de BLACKSTONE pour 159 millions d’euros. Après un démarrage très dynamique en début d’année, les grandes transactions sont en retrait de 51% en volume et de 10% en nombre par rapport à l’an passé à la même époque. Cette baisse reste toutefois à relativiser en raison de la dimension exceptionnelle de certaines opérations l’an passé, puisqu’au 1er semestre 2014 on avait enregistré deux transactions supérieures au milliard d’euros. Ainsi, il faudra surtout retenir que jusqu’au seuil des 500 millions d’euros d’investissement unitaire, le marché a finalement été plus dynamique au 1er semestre 2015 qu’au 1er semestre 2014 et enregistre une croissance de 10% des volumes investis.
Le marché est dominé par les investisseurs français qui sont très dynamiques sur tous les segments de taille de produits. Les assureurs et organismes collectant de l’épargne auprès des particuliers sont particulièrement actifs, recherchant dans l’immobilier le rendement que les obligations ne leur offrent plus. Les investisseurs étrangers se concentrent eux sur les plus gros produits puisque 2 des opérations de plus de 100 millions d’euros du trimestre sont parties aux mains d’investisseurs internationaux. Enfin, même si on ne les voit pas encore dans les chiffres, les investisseurs chinois, exclusivement positionnés sur l’hôtellerie jusqu’à maintenant, sont dorénavant présents sur les produits bureaux et ont fait des offres.
In fine à l’issue du 1er semestre, la répartition des volumes investis respecte les équilibres traditionnels du marché avec 57% des investissements réalisés par des français contre 43% par les internationaux.
Le marché est de nouveau très majoritairement dominé par les investissements en bureaux qui pèsent pour 85% des volumes investis à la mi-année. Alors qu’au 1er trimestre, on avait enregistré une cession de participation d’ORION au profit d’ALTAREA COGEDIM dans le centre commercial « Qwartz » pour 200 millions d’euros, les transactions du 2ème trimestre concernent exclusivement du commerce de centre-ville avec deux transactions avenue Montaigne cumulant plus de 200 millions d’investissements et une cession rue du faubourg Saint-Honoré.
Sources : JLL/ImmoStat En milliards d’euros
Volumes investis
T1 T2 T3 T4
> 100 M€
17
Transactions
Transactions investissement
Sources : JLL/ImmoStat
Sous la pression de la demande qui reste forte, les taux de rendement immobiliers dans leur ensemble restent stables alors même que le rendement des OAT est remonté. Passant de 0,65% début avril à 1,20% fin juin, il n’a toutefois fait que retrouver son niveau de l’automne dernier, et à ce niveau la prime de risque offerte par l’immobilier reste toujours compétitive à plus de 200 pb. Les taux de rendement sont restés stables dans la majorité des marchés : dans Paris on trouve couramment des transactions sous le seuil des 4% de rendement et on constate des cessions à moins de 5% en 1ère couronne parisienne.
Dans certains marchés parisiens une baisse marginale des taux s’est concrétisée au 2ème trimestre comme sur la rive gauche et dans l’Est de la capitale.
On constate que le marché des VEFA profite de ce contexte de recherche de rendement et progresse pour atteindre 826 millions d’euros placés à l’issue du 1er semestre. Si au 2ème trimestre les montants investis sont plus modestes qu’en début d’année, toutes les VEFA enregistrées sont des projets en blanc. On retiendra également que les investisseurs qui se sont positionnés sur ces projets spéculatifs sont des acteurs institutionnels. Le segment des VEFA devrait continuer à progresser dans les mois qui viennent puisque ce sont une quinzaine d’opérations, toutes en blanc, qui sont actuellement en cours pour un volume d’investissement de 1,6 milliard d’euros.
Source : Eurosic
« Tour Between », La Défense
Perspectives
Depuis ce printemps les perspectives de croissance économique se consolident en France. L’INSEE vient de confirmer le taux de croissance de 0,6% du PIB au 1er trimestre, et l’ensemble des économistes convergent vers une prévision de croissance de l’ordre de 1,2% pour 2015. Il semblerait enfin que la reprise se diffuse puisque les moteurs de la croissance sont à la fois la consommation des ménages, mais également, et c’est nouveau, l’investissement des entreprises.
Le Climat des Affaires quant à lui progresse doucement vers les 100 points, signe d’une amélioration progressive de la confiance alors que l’indice PMI Markit confirme l’amélioration de l’activité des entreprises.
Les derniers développements de la crise grecque avec le non au référendum sont-ils susceptibles d’obérer cette amorce de reprise ? Selon de nombreux économistes, les liens économiques avec la Grèce sont limités et sa sortie éventuelle de la zone Euro ne devrait pas impacter l’économie française. Néanmoins, l’incertitude qui prévaut n’est pas un facteur favorisant le rebond de la croissance, alors que les marchés financiers font preuve de nervosité, ce qui se traduit par une forte volatilité des cours boursiers.
Marché locatif
Nous anticipons une meilleure dynamique sur le marché au 2nd semestre, en particulier sur le segment des grandes transactions (supérieures à 5 000 m²) puisque certaines opérations en cours de négociation pourraient être finalisées dans les prochaines semaines. De plus, la stratégie des entreprises se montrant volatile en matière de décisions immobilières, si certaines peuvent geler un projet en cours, d’autres peuvent aussi se montrer opportunistes et profiter des conditions financières qui leur restent favorables suite aux baisses de loyers qui sont intervenues.
Cependant, après un 2ème trimestre au-dessus du seuil des 500 000 m², le retard pris au 1er trimestre ne devrait pas être rattrapé dans le contexte actuel.
Dans ces conditions, nous anticipons que la demande placée devrait se situer autour de 1,9 million de mètres carrés de bureaux commercialisés d’ici à la fin de l’année 2015 sur le marché francilien. Ce sont les marchés qui proposeront une offre de qualité à un loyer attractif qui tireront parti de ce surcroît d’activité attendu.
Dans un contexte où les entreprises cherchent toujours à restaurer leurs marges, les loyers faciaux ne devraient pas connaitre d’évolution significative d’ici la fin de l’année. Statu quo également du côté des mesures d’accompagnement consenties par les propriétaires, ces derniers devraient continuer à être souples pour capter de nouveaux occupants, ou à défaut pour conserver ceux qu’ils ont déjà.
Sources : Oxford Economics
Croissance du PIB France et Ile-de-France
Marché de l’investissement
De nombreux dossiers sont actuellement en cours de transaction sur le marché de l’investissement : portefeuilles pan-européens comprenant une part française, comme le portefeuille « Aqua » mis en vente par UNION INVESTMENT et qui comprend plusieurs actifs parisiens, ou encore le portefeuille logistique « Viking » vendu par TIAA ; un nombre important de VEFA en blanc, ou encore des actifs cédés dans le cadre de la fin de la convention fiscale franco-luxembourgeoise. Le deuxième semestre sera actif en Ile-de-France et le montant des investissements devrait se situer autour des 15 milliards d’euros en 2015.
Pour le moment la crise grecque a eu pour conséquence de créer de la volatilité sur les marchés financiers, ce qui, en-dehors de tout contexte de crise des financements privés, a plutôt pour résultat de diriger une masse croissance de capitaux vers l’immobilier. Ainsi, nous n’anticipons pas de crise de la demande pour l’immobilier, au contraire celle-ci restera soutenue. Conséquence d’une demande ne faiblit pas alors que les OAT semblent vouloir se stabiliser autour de 1,25%, la pression sur les taux restera forte dans les mois qui viennent.
Bloc-notes
Les marchés mondiaux de l’investissement se portent bien
Le marché de l’investissement immobilier a continué sa croissance au 1er trimestre 2015 avec des volumes en hausse de 13% (hors effet change).
Les taux de rendement prime de bureaux atteignent des niveaux planchers mais les primes de risque restent globalement suffisantes. Ainsi, des compressions de taux restent encore possibles en 2015.
Les États-Unis sont le marché « star » du début de l’année et enregistrent une hausse d’activité de 24%. C’est d’ailleurs là-bas que les plus grandes transactions ont été enregistrées comme celle du « 1095 Sixth Avenue » à New York vendu par BLACKSTONE pour 2,2 milliards de dollars. En Asie, c’est le Japon qui mène le bal d’une croissance plus modérée. On y a enregistré également de grandes opérations, comme la vente de « Meguro Gajoen » à Tokyo, un ensemble de bureaux cédé par MORI TRUST pour 1,175 milliard de dollars. Les volumes investis en Europe suivent une progression moins dynamique en raison de la baisse de l’euro par rapport au dollar. En Europe de nombreuses grandes opérations ont également eu lieu au 1er trimestre, notamment en commerces et hôtels comme la vente des actifs du GROUPE DU LOUVRE par STARWOOD pour plus d’1,4 milliard de dollars. On retiendra aussi une grande opération mixte à Milan, la cession de « Porta Nuova » par HINES à QATAR HOLDING pour plus d’1 milliard de dollars.
Dans un contexte économique et financier favorable, où les financements sont disponibles à un coût attractif, les volumes d’investissement devraient de nouveau acter une croissance en 2015. À l’échelle mondiale, nous anticipons une hausse de l’ordre d’au moins 5% des volumes investis soit environ 740 à 760 milliards de dollars.
Immobilier d’entreprise et fiscalité en région Ile-de-France
Depuis 2010, la fiscalité appliquée à l’immobilier d’entreprise a explosé : +50% de taxes en 5 ans. Dans sa dernière étude publiée en juin 2015, l’Observatoire Régional de l’Immobilier d’Entreprise (ORIE) a recensé 5 taxes appliquées à la construction des locaux économiques, 14 sur leur exploitation et 9 sur leur cession/acquisition.
Cette inflation fiscale pèse lourdement sur les opérations. Les simulations montrent que la TA1 et la RCBCE2 , pour une opération de construction de 5 000 m² de bureaux en première couronne, représentent les deux tiers de la charge foncière, 10% du prix de revient et 7% de la valeur vénale du bien. En matière d’exploitation des immeubles, les pouvoirs publics multiplient chaque année les taxes additionnelles.
Quant aux opérations d’acquisition/cession, elles sont désormais imposées au taux d’IS de 33,33% contre 19% il y a 5 ans, alors qu’en moyenne, en Europe, les taux s’établissent entre 15 et 20%.
Cette inflation fiscale se double d’une évolution constante qui ne contribue aucunement à la lisibilité et à l’efficacité des dispositifs fiscaux mis en place.
Pire, il apparaît une véritable déconnexion entre les objectifs recherchés par ces taxes et leur réel impact sur le territoire. La fiscalité est devenue un des moyens de financement préféré des acteurs publics. Ces taxes s’appuient en particulier sur la construction de locaux, or on ne construit plus autant qu’il y a 10 ou 20 ans. En parallèle, les montants investis dans le cadre d’échanges d’actifs n’ont jamais été aussi importants. On est passé d’un marché de création de richesses à un marché de création de valeur qui suppose une évolution claire de la fiscalité en Ile-de-France.
Face à ces constats, l’ORIE propose de simplifier la fiscalité et de la faire évoluer pour coller davantage au cycle économique actuel, et propose les pistes d’action suivantes :
• Piste n°1 : créer une part régionale aux droits de mutation pour les immeubles localisés en Ile-de-France, qui pourrait s’appliquer aux locaux économiques et résidentiels. Cette piste s’inscrit dans l’idée de faire évoluer la fiscalité vers la création de valeur, puisque les droits de mutation ne s’appliquent qu’en cas de transactions. Ces nouvelles recettes permettraient de refondre la RCBCE, voire de supprimer les taxes additionnelles créées dernièrement et rapporteraient environ 150 millions d’euros chaque année ;
• Piste n°2 : réduire de 20% les montants de RCBCE en zone 1 (Paris et Hauts- de-Seine), de 75% en zone 2 (unité urbaine de Paris) et supprimer l’imposition en zone 3 ;
• Piste n°3 : supprimer ou réduire les taxes additionnelles dernièrement créées ; réduire l’imposition des parkings souterrains taxés dans la TA ; reporter la date d’exigibilité des taxes d’urbanisme à la Date Réglementaire d’Ouverture de Chantier (DROC) et non plus lors du dépôt de permis de construire.
1 Taxe d’aménagement
2 Redevance pour création de bureaux, commerces et entrepôts
Copyright : Eisenhans
Vif succès pour l’appel à projets urbains innovants
« Réinventer Paris »
Lancé fin 2014 par le Maire de Paris Anne Hidalgo, et porté par Jean-Louis Missika, adjoint au Maire en charge de l’urbanisme, de l’architecture, du projet du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité, ce projet porte sur la réhabilitation de 23 sites situés à Paris intra-muros, propriété de la Mairie. Répartis sur 9 arrondissements parisiens, les sites se trouvent aussi bien dans le cœur historique de la ville qu’en bordure de périphérique. Un jury a été dédié pour chaque site, et il sera invité à choisir le meilleur projet.
D’ailleurs, après avoir reçus 800 propositions de projets, 372 d’entre eux ont officiellement été déposés auprès de la Mairie. Certains sites ont particulièrement inspiré certains candidats, c’est celui de Clichy-Batignolles (17ème arrondissement) qui a reçu le plus grand nombre de propositions (29). Il est suivi de près par la sous-station électrique Parmentier, construite au début du XXème siècle dans le 11ème, et enfin une parcelle de près de 1 400 m² située 2 rue de l’Ourcq dans le 19ème arrondissement.
Les 372 projets seront étudiés au cours de l’été par des jurys composés d’adjoints à la Maire de Paris, de représentants de l’ensemble des groupes politiques du Conseil de Paris, des Maires des arrondissements concernés et des Maires de villes voisines, d’experts associés à la Ville, de membres de la Commission du Vieux Paris et du Conseil Parisien de la Jeunesse. Seuls 3 à 4 candidats seront retenus au terme de ces délibérations et ils devraient être annoncés mi-juillet.
L’ultime sélection sera faite par un jury international, et les lauréats seront annoncés en janvier 2016.
Source : JLL
Tour Triangle : le nouveau projet est validé par le Conseil de Paris
Quelques jours après la validation du permis de construire de la Samaritaine, le Conseil de Paris du 30 juin 2015 s’est prononcé favorablement sur la deuxième version du projet de la « Tour Triangle », prévue au cœur du Parc des Expositions de la Porte de Versailles dans le 15ème arrondissement de Paris. D’une hauteur de 180 m répartie sur 42 étages, présentant une façade de 150 m de long et de 35 m de large à la base, cette tour devrait être la troisième plus haute de Paris après la « Tour Eiffel » (324 m) et la « Tour Montparnasse » (210 m).
Présentant initialement 92 500 m² dont 88 000 m² de bureaux, le reste devant être réparti entre un atrium au rez-de-chaussée, un centre de conférence de 1 400 m², une crèche et une maison de santé, un belvédère et un restaurant au sommet de la tour, le projet avait été rejeté le 17 novembre 2014. Les motifs invoqués reposaient sur une place trop importante accordée aux surfaces de bureaux, une absence de liens entre la tour et son environnement, le Parc des Expositions, et l’absence de chambres hôtelières alors qu’il semble qu’on soit en pénurie d’offres à Paris et en proche couronne.
Dans ce cadre, le projet d’HERZOG & DE MEURON a été revu. Les surfaces de bureaux ont été réduites de 12% passant à 69 900 m². Les 22 000 m² restants seront, outre les équipements déjà prévus (crèche, centre de santé, etc...), destinés à accueillir un hôtel 4 étoiles d’une capacité de 120 chambres entre les 12ème et 17ème étages sur une surface de 7 700 m². Cet équipement s’ajoutera à l’ouverture de deux autres hôtels au sein du Parc des Expositions. L’offre de restauration sera également renforcée avec l’ajout d’une offre supplémentaire de restauration au 12ème et au 13ème étage.
Un espace de « coworking » de 2 240 m² est également proposé pour accueillir les jeunes entreprises et les usagers du Parc des Expositions. Le centre de conférence initialement prévu est étendu pour permettre l’ouverture d’un espace culturel de 550 m². Cet espace, qui devrait être géré par la Mairie de Paris, accueillera des expositions et animations en lien avec l’art, le design et l’architecture. Enfin, 1 650 m² de commerces supplémentaires sont également prévus.
Le chantier de cette tour devrait durer entre 5 et 6 ans et créer 5 000 emplois. Son coût est estimé aux alentours de 500 millions d’euros, soit la moitié du budget prévu pour la rénovation du Parc des Expositions. Une fois livrée, cette tour devrait générer 10 millions d’euros de redevances et taxes, et accueillir 5 000 emplois.
Source : Unibail-Rodamco
ICC, ILAT et ILC : une indexation négative
au 1
ertrimestre 2015 pour les baux soumis à l’ICC
Après avoir enregistré une hausse d’indice depuis deux trimestres, l’ICC débute l’année avec une légère contraction. En effet, il se positionne à une valeur de 1 632 au 1er trimestre, soit un recul de 0,97% en glissement annuel (contre une augmentation de 0,62% au 4ème trimestre).
En parallèle, l’ILAT a également été publié, et voit toujours son rythme de croissance annuelle évoluer modérément à la hausse avec une progression de 0,29% sur un an.
Ainsi, l’indice s’établit à 107,69 au 1er trimestre 2015.
Pour terminer, concernant les baux de commerces, l’ILC amorce une légère baisse pour atteindre 108,32 au 1er trimestre 2015. Depuis plus de deux ans, l’indice des loyers de commerce reste relativement stable : il fluctue toujours dans une zone comprise entre 108,32 et 108,53.
Source : INSEEComparaison de l’évolution de l’ICC, l’ILAT et l’ILC
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