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RÉFORME DU LYCÉ ACTUALITÉ

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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prendre tout ou partie en charge) qu’il est difficile à l’heure actuelle de les faire entrer dans la réparti- tion des moyens disciplinaires (d’où les consignes pour les CA, voir plus haut). Les ajus- tements se feront-ils pour des raisons péda- gogiques ou de service ? La consigne du ministère est de ne pas insister sur ces enseigne- ments dans la communication vers les familles.

Il s’agit sans doute de dissi-

muler le fait que les lycées ne sont pas prêts alors que les parents de Troisième commencent à réflé- chir à leurs demandes d’affecta- tion pour l’an prochain.

Vous avez dit

« abondements » ?

Les moyens supplémentaires (au- delà des 39 heures/division de Seconde) sont rares. Ils permet- tent parfois le maintien d’options facultatives, non le financement des enseignements technolo- giques.

Tutorat : c’est non !

Certains recteurs ont annoncé compter sur le bénévolat !

Que faire

dans son établissement ? Organiser l’action !

•Demander et investir les demi- journées banalisées d’informa- tion sur la réforme.

•Exiger la consultation du CA pour toute demande d’ouverture/

suppression d’enseignement par le chef d’établissement au rectorat.

•Préparer la répartition des moyens sur la base des structures et des revendications de l’an der- nier et la proposer au vote en CA.

•Neutraliser le conseil pédago- gique (modalités selon le contexte local).

•Refuser la mise en place des groupes de compétences en LV.

•Susciter des réunions avec les parents.

Il s’agit dès maintenant de faire la démonstration que la réforme est inapplicable, qu’elle se traduit par des baisses horaires dans toutes les disciplines, que l’AP est une régression par rapport même à l’existant, que les élèves les plus en difficulté sont les plus mal- menés. ■ Valérie Sipahimalani

(1) Le CA de février doit voter sur la répartition des moyens d’enseignement envisagée pour la rentrée suivante.

ACTUALITÉ

14-US MAGAZINE- Supplément au no690 du 16 janvier 2010

S

ur le terrain, recteurs et chefs d’établissement s’agitent en ordre dispersé, tentant tant bien que mal de trouver les moyens de traduire concrètement les errements ministériels.

Les chefs d’établissements mènent des tractations de couloir pour répartir enseignements et dédoublements, tout en convo- quant des instances (coordonna- teurs, conseil pédagogique, etc.) priées de se mettre au travail sur la classe de Seconde.

Dans une lettre aux recteurs, le ministre indique qu’il faut pré- senter au prochain conseil d’ad- ministration dans les lycées(1)un document simplifié indicatif et reporter les décisions au prin- temps. Le SNES dénonce cette consigne : la répartition des moyens peut avoir des consé- quences sur les ouvertures/sup- pressions de poste par le rectorat (voir page 10).

Si laisser au local la gestion de la pénurie est un des axes centraux de la réforme, le ministère ne peut pas permettre que cette gestion mette à mal sa communication résolument angélique. À nous de démontrer dans la pra- tique au sein des éta- blissements que la réforme est non seule- ment dangereuse, mais encore inapplicable.

Accompagnement personnalisé (AP) : foire à tout

Toute heure en petit groupe sera prise sur la dotation globalisée.

L’équation à résoudre est simple : plus il y a de moyens

dégagés pour l’AP, avec pour objectif de vraiment « person- naliser », et plus les possibilités de dédoubler les heures disci- plinaires fondent. Bref, plus on améliore l’« extérieur » des cours, plus on dégrade l’inté- rieur.

Le cadrage flou (soutien, appro- fondissement, orientation, inter- disciplinarité) donne lieu à inter- prétations multiples : certains annualisent, d’autres reprennent le modèle de l’aide individuali- sée, ou l’emploient au maintien de sections européennes ou de classes à projet, etc.

Au bout du compte, qui y gagne ? Les élèves qui perdent heures dis- ciplinaires et aide individualisée ? Les personnels qui voient leurs missions s’empiler et leurs condi- tions de travail se dégrader ? La qualité de la formation qui sera construite sur des disciplines déna- turées et une réduction de l’offre?

Groupes de compétences en LV : refuser

leur mise en place

Les réunions d’équipes discipli- naires se multiplient. Le SNES appelle à refuser la mise en place des groupes de compétences, dont l’obligation ne figure à l’heure actuelle dans aucun texte.

Enseignements d’exploration (EDE) : qui et pour quoi faire ?

La carte des EDE et des options facultatives semble fortement sug- gérée par les recteurs, et leur ouverture adaptée de l’existant.

Les contours de ces enseigne- ments sont tellement flous (diverses disciplines peuvent en

Le calendrier de préparation de rentrée est-il soluble dans celui de la réforme ? Le ministère communique tous azimuts : recteurs, chefs d’établissements, enseignants, élèves et maintenant parents ont reçu lettres, diaporamas, brochures et autres courriels de présentation et d’incitation

R É F O R M E D U LYC É

Documents ministériels : voir sur le site du MEN www.education.gouv.fr et sur www.snes.edu, cam- pagne lycée programmes et contenus disciplinaires : voir page 28 et sur Eduscol (textes en consultation). Les détails techniques dans le Courrier de S1.

snes.edu

© Thierry Nectoux

PRÉPARATION DE LA RENTRÉE 2010

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Supplément au no690 du 16 janvier 2010 - US MAGAZINE- 15

à soutenir la réforme et sa mise en place. Officiellement, tout va bien ! Pour le SNES, il est inacceptable que la réforme s’applique dans les lycées à la rentrée, tant pour les séries générales que technologiques.

É E : I N A C C E P TA B L E

Il est indispensable que la profession s’empare de cette consultation pour dire ce qu’elle pense de cette réforme en termes de contenus des programmes, de formation des élèves et de conception de nos métiers.

Il est indispensable de poursuivre l’action pour l’abandon de cette réforme.

Pour compléter les analyses par discipline, consulter le site du SNES : http://www.snes.edu/-Contenus-et- pratiques-les-.html

snes.edu

L

es projets de programme de Seconde censés être mis en œuvre à la rentrée prochaine sont en consultation depuis le 27 janvier sur le site Eduscol. Ils confirment globalement notre analyse d’une réforme qui n’a rien de pédagogique et privilégie le « paraître » aux ambitions, n’en déplaisent à ceux qui veulent encore y croire !

Enseignements facultatifs, enseignements communs

Si les projets des enseignements facultatifs ont été « toilettés » et ne proposent pas d’évolution majeure, pour les enseignements communs, certains choix posent problème, voire relèvent d’une idéologie contestable : mise en exergue d’attitudes attendues, démarche expérimentale et épis- témologie indigentes au profit de l’histoire des arts (SVT, physique- chimie) ; inflexion en faveur de l’histoire culturelle et religieuse au détriment de l’histoire sociale et économique, espace d’étude cen- tré sur l’Europe occidentale (his- toire-géographie) ; mise en avant, favorisée par la globalisation des moyens LV1 et LV2, des groupes de compétences qui « seraient indissociables » du Cadre euro- péen commun de référence pour les langues (CECRL). Pour le français et les mathématiques, les programmes actuels de Seconde ne seraient pas modifiés.

Enseignements d’exploration

Ils ne doivent pas préfigurer du choix de la Première – leur éva- luation n’est pas abordée – et ne donneront rien à voir des futurs enseignements de Première ; ils seront assurés le plus souvent en classe entière et pas forcément par des enseignants spécialistes*.

L’information-documentation qui aurait pu trouver sa place au vu des objectifs annoncés par le ministère a été oubliée.

Enseignements technologiques

Il s’agit d’une profonde dénatu- ration. Comment mettre en œuvre une pédagogie de projet, prati- quer une démarche technolo- gique, mettre les élèves en posi- tion d’acteur face aux systèmes industriels, aux activités de ser-

vice avec 54 heures dans l’année, sans certitude de dédoublement ?

Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion

Le projet rompt avec l’approche technologique qui avait fait l’at- tractivité « d’IGC » (Informatique de gestion et communication) et marque une régression importante.

Il s’agit d’un saupoudrage de concepts micro et macroécono- miques qui ne permettra pas aux élèves de faire clairement la dis- tinction entre les séries ES et STG.

SES

Le programme est dogmatique : il relève uniquement d’une démarche « microéconomique standard », rejette tout esprit cri- tique, remet en question le plu- ralisme des approches, évacue des questions comme l’emploi, le chômage, les inégalités de revenu... Aux deux-tiers écono- mique, il marginalise la sociolo- gie : un seul thème est imposé. La lourdeur et l’abstraction des thèmes à traiter, déconnectés des

Littérature et société

Le programme recouvre quelques parties du programme actuel de français mais propose surtout des

« domaines d’exploration » dans des champs disciplinaires éloi- gnés de la littérature (géographie, SES, certaines disciplines tech- nologiques, LV, ethnologie, anthropologie...).

Comment ces problématiques, proches de l’enseignement

« culture » de BTS, permettront- elles de renforcer l’attractivité de la voie littéraire ?

Le risque est celui d’un saupou- drage et d’une coloration qui dépendra de la discipline de l’en- seignant qui aura en charge cet

« enseignement ». Le tout est placé sous le signe de la « co- disciplinarité » (avec quels moyens ?), « des compétences » et de « l’orientation ».

Méthodes et pratiques scientifiques

Cet intitulé propose des thèmes interdisciplinaires (science et investigation policière, science et œuvres d’arts, science et cosmé- tologie...) sur une base annuelle de 18 heures pour chaque enseigne- ment scientifique (avec réparti- tion des heures sur l’année en fonction de choix locaux). L’esprit des TPE mais sans moyens ! ■ Sandrine Charrier [email protected]

* Document ministériel envoyé aux recteurs, disponible ici : http://www.

snes.edu/Enseignements-d-exploration- dans.html

questions qui font sens dans la société actuelle, risquent d’en- nuyer des jeunes de 15 ans qui devront « absorber » un pro- gramme plus conséquent dans un cadre horaire réduit de près de moitié, avec des TD dont la pérennité, laissée à l’apprécia- tion locale, est loin d’être assurée.

Création et

activité artistiques

Construit sur l’idée d’un « projet » en lien avec des questionnements, une découverte de lieux, de métiers, le programme s’apparente plus au contenu d’un atelier...

Aucun financement n’est prévu pour les créations et activités... Le contenu sera différent d’un éta- blissement à l’autre en fonction du projet et du profil de l’enseignant.

Les élèves qui souhaitent s’orien- ter vers une série L-arts n’y trou- veront sans doute pas leur compte et auront tout intérêt à choisir plu- tôt une option facultative de trois heures (dont aucune garantie n’est donnée sur son maintien ou son ouverture dans les établissements).

PROJETS DE PROGRAMME DE SECONDE

© Clément Martin

Références

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