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Submitted on 7 Sep 2020
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Charlotte Corday
Isabelle Laboulais
To cite this version:
Isabelle Laboulais. Charlotte Corday. Dictionnaire historique de la Liberté, 2015, pp.201-202. �hal-
02932826�
Charlotte Corday (1768-1793)
L’assassinat de Jean-Paul Marat par Charlotte Corday le 13 juillet 1793 a conduit certains historiens, essentiellement issus de la droite nationaliste et royaliste, à faire de celle- ci une héroïne, auteure d’un geste sublime par lequel cette jeune femme aurait voulu libérer la France révolutionnaire du redoutable cordelier, rédacteur de L’Ami du peuple, qui, à ses yeux, incarnait la Révolution pervertie.
Née en Basse-Normandie, dans une famille de petite noblesse, Charlotte Corday a passé huit ans à l’abbaye aux Dames de Caen, avant que la fermeture des couvents ne la contraigne à revenir vivre auprès de son père, monarchiste convaincu. Alors que ses deux frères ont émigré au cours de l’hiver 1791, elle est venue vivre à Caen, où grâce à la presse, elle a suivi la vie politique. D’abord favorable aux réformes, l’exécution de Louis XVI et la répression que subissent les Girondins semblent l’avoir éloignée de la Révolution et avoir motivé son geste.
Décidée à tuer à Marat, elle quitte Caen pour Paris le 9 juillet 1793. Le 13, après avoir renoncé à commettre cet assassinat au sein de la Convention, elle prétexte avoir des révélations à faire au sujet des conspirateurs et obtient d’être reçue au domicile de l’ami du peuple où elle le poignarde dans sa baignoire. Interrogée les 14 et 15 juillet, elle est traduite devant le Tribunal révolutionnaire où elle revendique son acte et affirme avoir « tué un homme pour en sauver cent mille ». Elle est guillotinée le lendemain des funérailles de Marat et devient une sorte d’icône.
Dans la culture contre-révolutionnaire se construit l’image d’une sorte d’héroïne qui aurait vengé la mort de Louis XVI. Du côté des républicains modérés, Charlotte Corday apparaît comme celle qui a répondu aux persécutions dont étaient victimes les Girondins, voire comme celle qui a tenté de résister à la Terreur. Au milieu du XIXe siècle, elle est avec Jeanne d’Arc la figure la plus représentée dans les arts graphiques. Le buste que Jean-Baptiste Clésinger présente au Salon de 1859 fait de Charlotte Corday une effigie de la France.
Plusieurs attributs évoquent même les bustes de la liberté. Les travaux historiques récents qui lui ont été consacrés la présentent plutôt comme une jeune noble mue par un sens de l’honneur particulièrement aigu, défendant une conception conservatrice des rapports sociaux et de la religion.
Références
Guillaume Mazeau, Le bain de l’histoire. Charlotte Corday et l’attentat contre Marat (1793-2009), Seyssel, Champ Vallon, 2009.
Guillaume Mazeau, Corday contre Marat. Deux siècles d’images, Vizille, Musée de la Révolution française, 2009.
Isabelle Laboulais
(2668 caractères)