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Condensation locale de l'hydrogène dans le chrome

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HAL Id: jpa-00209565

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00209565

Submitted on 1 Jan 1983

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Condensation locale de l’hydrogène dans le chrome

P. Peretto, G. Teisseron, J. Berthier

To cite this version:

P. Peretto, G. Teisseron, J. Berthier. Condensation locale de l’hydrogène dans le chrome. Journal de

Physique, 1983, 44 (1), pp.109-121. �10.1051/jphys:01983004401010900�. �jpa-00209565�

(2)

Condensation locale de l’hydrogène dans le chrome

P. Peretto, G. Teisseron (*) et J. Berthier (**)

Centre d’Etudes Nucléaires de Grenoble, DRF/Laboratoire Interactions Hyperfines,

85 X, 38041 Grenoble Cedex, France

(Reçu le 13 avril 1982, révisé le 16 septembre, accepté le 24 septembre 1982)

Résumé.

2014

Des expériences de corrélation angulaire perturbées effectuées

sur

des noyaux de hafnium actifs dilués dans

une

matrice de chrome montrent que la sonde peut piéger plusieurs atomes d’hydrogène. Cet effet est expliqué

par l’influence de l’impureté de hafnium qui transforme localement le caractère répulsif des interactions entre atomes

d’hydrogène dissous dans le chrome

en une

interaction très attractive. L’amas d’hydrogène subit

une

transfor-

mation à la température T ~ 550 K. La transition est large parce que la taille du système est petite. La géométrie

des configurations stables à haute et basse températures est de symétrie élevée. Les spectres de corrélation angulaire correspondants

ne

sont pas perturbés. Les configurations intermédiaires par contre sont moins symétriques.

Elles créent des gradients de champ électrique sur la sonde qui peuvent être étudiés

sur

des échantillons conve-

nablement refroidis.

Abstract.

2014

Perturbed Angular Correlation experiments carried out

on

active hafnium nuclei diluted in

a

chro- mium matrix show that the probe can trap

a

large number of hydrogen atoms. This effect is explained by the

influence of the hafnium impurity which locally transforms the repulsive character of the interaction between

hydrogens dissolved in pure chromium into

a

strongly attractive one. The hydrogen cluster undergoes

a

quasi

1st order transformation at T ~ 550 K. The transition range is large due to the finite cluster size. Low and high température configurations give rise to unperturbed spectra but the intermediate states are non-symmetric and they can be studied on conveniently frozen samples.

Classification Physics Abstracts

05.50

-

76.80

-

81.308

1. Introduction.

-

Les composes interm6talliques

de formule AB2, dans lesquels 1’element A est un

lanthanide, un actinide ou un metal des groupes IV et V tel que le hafnium ou le zirconium et dans lesquels

1’616ment B est un metal de la lre s6rie de transition,

absorbent de grandes quantit6s d’hydrogene [1].

De fait la capacite d’absorption de ces alliages est beaucoup plus grande que celle de leurs constituants A

ou B pris s6par6ment. La densite maximale d’hydro- gene dissous y est g6n6ralement sup6rieure a la densite

de Fhydrogene liquide. On peut se demander pourquoi

ces alliages poss6dent de telles progri6t6s d’absorption

et quel est le role respectif de la structure . cristallo-

graphique et de la nature chimique des composants.

Considerons un alliage tres dilue d’atomes A dans une

matrice metallique de type B. Si ron suppose que la forte capacite d’absorption de Fhydrogene par la phase de Laves AB2 est li6e a la presence simultan6e

des atomes A et B et non a la structure cristallogra- phique particulière de ces systemes, on peut penser

(*) Universite Scientifique et Medicale de Grenoble.

(**) Centre National de la Recherche Scientifique.

que les atomes d’hydrogene ont, dans la matrice B, tendance a se rassembler autour de l’atome isole A.

Un phenomene de cette nature, s’il existe, doit pouvoir

etre mis en evidence par des techniques d’observation locale du site de l’atome A, en particulier par I’etude

des interactions hyperfines auxquelles 1’atome-sonde A est soumis.

C’est une experience de ce type que nous pr6sentons

dans cet article. Le syst6me choisi est une solution

extremement diluee d7isotopes "’Hf dans une matrice

de chrome. Les interactions hyperfines sont mesur6es

sur le noyau 181 Hf par la technique de la correlation

angulaire perturbee diff6rentielle y-y. La phase de

Laves HfCr2 absorbe plus de 4 atomes d7hydrog6ne

pour 1 atome de hafnium alors que le chrome m6talli- que absorbe tres peu d’hydrogène (environ 1 % at).

On imagine donc que les atomes isoles de hafnium

dans une matrice de chrome peuvent pieger plusieurs

atomes d’hydrogene. Nous avons observe que eest bien le cas. L:interpr6tation des spectres de correlation

angulaire et de leur evolution thermique montre

que la structure de 1’amas ainsi form6 est complexe.

Elle se modifie aussi lorsque les conditions thermo-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01983004401010900

(3)

dynamiques changent. Les informations acquises grace a 1’ensemble des experiences que nous presentons mettent, a notre avis, en evidence le role des inter- actions hydrogene-hydrogene a courtes portees et le renforcement considerable de cette interaction lorsque

la paire de protons se trouve a proximite de 1’atome- sonde de hafnium.

L’article est organise de la facon suivante :

Le chapitre 2 est consacr6 a la preparation des

echantillons et a une breve introduction a la technique

de la correlation angulaire diff6rentielle perturbee.

L’experience montre que les spectres des echantillons

sont perturb6s par des interactions quadrupolaires 6lectriques. L’analyse de ces resultats permet de caract6riser un certain nombre de sites (§3.1).

On observe que ces sites sont metastables et dispa-

raissent dans un traitement thermique a basse temp6-

rature. U6tude des cin6tiques d’annihilation cor-

respondantes est presentee dans le paragraphe 3.2.

D’autre part les interactions quadrupolaires sont r6g6n6r6es dans des traitements thermiques a haute temperature (§ 3. 3). Le chapitre 4 est consacr6 à

l’interpr6tation des resultats : les interactions quadru- polaires electriques sont d’abord attribu6es au pi6geage

d’atomes d’hydrogene par 1’atome-sonde de hafnium

(§4.1) puis les divers sites observes sont associ6s

aux diverses configurations des atomes d’hydrogene

sur la premiere couche de coordination de sites interstitiels (§ 4.2). revolution des spectres en fonc- tion de la temperature est alors expliqu6e par une modification des configurations a 1’6quilibre thermo- dynamique (§ 4. 3). Enfin un modele d’interaction entre atomes d’hydrogene autour de la sonde de haf- nium est propose dans le paragraphe 4.4.

2. Procedure expérimentale.

-

2.1 PREPARATION

DES ECHANTILLONS.

-

L’isotope 1 g 1 Hf est prepare

suivant la reaction 18OHf (n, y) 181Hf. Un grain de

1 mg de hafnium m6tallique extr8mement actif (le flux int6gr6 est 102° neutronS/CM2 ) est melange par fusion

avec environ 3 g de chrome MRC-5N. L’alliage est fabriqu6 dans un four a haute frequence sur une barquette de cuivre refroidie a Feau. Par dilutions successives la concentration de hafnium, mesur6e par l’intensit6 des raies d’emission y de 181 Hf, est abaiss6e jusqu7i 0,02 at. ppm. Tous ces traitements sont

effectu6s dans une atmosphere d’hydrogcne ou de

deuterium. La vitesse de refroidissement des échan- tillons peut etre controlee.

Le hafnium est tres peu soluble dans le chrome.

11 tend a former des composes definis, en particulier HfCr2. Un noyau-sonde, pris dans un tel precipite,

est isol6 de la matrice de chrome. Or le chrome pr6sente

une transition de phase magnetique ; au-dessous de

TN

=

310 K il devient antiferromagn6tique. Les spec- tres de correlations angulaires des noyaux isol6s sont

modifies a la transition magnetique alors que les spectres des noyaux se trouvant au sein des precipites

ne le sont pas. Cette propriete permet de distinguer

les noyaux-sonde mal dissous des noyaux-sonde bien

isol6s dans la matrice. De 1’analyse des resultats

exp6rimentaux on conclut que la limite de solubilite du hafnium dans le chrome est d’environ 0,5 ppm

atomique (voir chapitre 3). La proportion des atomes

mal dissous dans les echantillons etudies qui

contiennent pourtant 20 fois moins de hafnium, est

encore de 25 % environ. Une dilution suppl6mentaire permet de la reduire mais I’activit6 de l’échantillon devient trop faible pour que rexp6rience de correlation

angulaire puisse alors etre faite dans un temps rai- sonnable.

2.2 LA CORRELATION ANGULAIRE PERTURBEE DIF-

FERENTIELLE y-y.

-

Dans une experience de correlation

angulaire perturbee diff6rentielle y-y on mesure le taux d’6mission en coincidence W(0, t) de deux photons y issus d’une m8me cascade de desexcitation d’un noyau-sonde. 0 est I’angle entre les directions

d76mission des deux photons. En roccurrence, l’isotope 181 Hf alimente par desintegration fl - la cascade 133-482 keV. Cest cette cascade qui est utilis6e dans 1’experience de correlation angulaire. Le taux de coincidence, lorsque les interactions hyperfines sont

distribuees de faqon isotrope, se met sous la forme

suivante [2] :

expression dans laquelle TN est le temps de vie du niveau intermediaire. La valeur kmax est determinee

par les regles de conservation des moments cinetiques

du noyau et des rayonnements emis. Les coefficients

Ak sont les constantes d’anisotropie. Ils ne dependent

que des propri6t6s de la cascade nucl6aire. Les fonc- tions Pk sont les polynomes de Legendre. Enfin les

fonctions Gk(t) sont appel6es facteurs de perturbation;

elles renferment toute 1’information sur les interactions

hyperfines. Pour la cascade de desexcitation de 18 ’Ta, kmax

=

4 et les constantes d’anisotropie sont les

suivantes : A2

= -

0,29 et A4

= -

0,07. L’influence du terme du quatri6me ordre sur les spectres est faible

et elle n’est de toutes facons estim6e qu’avec une precision mediocre. Elle est donc habituellement

negligee.

W(O, t) est mesure par la technique classique des

coincidences lentes-rapides et de 1’arrangement à trois compteurs mont6s sur armature toumante.

Ce syst6me permet de determiner avec precision la

valeur absolue des anisotropies et donc de mesurer

la concentration relative des sites non perturb6s.

Le rapport d’anisotropie R(t) est défini par :

Son interet, compte tenu de 1’equation (1) et dans la

mesure ou le terme A4 est neglige, est d’etre propor-

tionnel au facteur de perturbation G2(t). Plus precise-

(4)

ment :

D’un point de vue th6orique le facteur G2(t) est

une somme de fonctions p6riodiques battant aux frequences des transitions entre les niveaux propres de 1’hamiltonien des interactions hyperfines. Pour un

noyau de spin I

=

5/2 (c’est le spin du niveau inter- m6diaire de "’Ta) soumis a un gradient de champ electrique, le facteur de perturbation s’ecrit :

Les interactions quadrupolaires 6lectriques sont

en effet les seules que nous aurons a considerer.

Elles dependent de deux param6tres, la frequence quadrupolaire w et rasym6trie du gradient de champ electrique ’1. Ces param6tres s’expriment en fonction

des composantes principales Vii du tenseur local de gradient du champ electrique cree sur le noyau-sonde

par les charges 6lectriques environnantes :

et

Q est le moment quadrupolaire du noyau. La figure 1

montre les formes que peut prendre le facteur de

perturbation pour diverses valeurs du parametre d’ asymetrie q..

L’ajustage des donn6es exp6rimentales a fexpression (4) tient compte du temps de resolution ’tR de fappa-

reil : TR

=

1,8 x 10-9 s et de l’existence simultanee de sites diff6rents pour les noyaux-sonde. A chaque

site i sont donc associ6s une concentration relative ci,

une frequence quadrupolaire Wi et un facteur d’asy-

m6trie q;. Il est possible egalement de tenir compte des fluctuations de fenvironnement d’un site par- ticulier en introduisant une distribution gaussienne

de largeur Awi de la frequence quadrupolaire.

3. Risultats experimentaux.

-

3.1 CARACTTRISA-

TION DES SITES.

-

Une fois prepares suivant la proce-

dure decrite au paragraphe precedent, les échan-

tillons sont etudies a 330 K. Cette temperature est superieure a la temperature de Neel de la matrice de chrome. Ainsi les complications cr66es par rexistence d’interactions magn6tiques hyperfines peuvent-elles

Etre evitees.

La premiere observation importante est que la structure des spectres de correlation angulaire depend

de la vitesse de refroidissement v des 6chantillons

pendant la preparation.

a) Les spectres d76chantillons refroidis tr6s lente- ment, v -- 0,003 °/s, peuvent s’interpreter par l’exis- tence de deux types de sites (Fig. 2a), un site non per- turb6 appel6 So et un site appele Sf soumis a une

Fig. 1.

-

Dependance en temps du facteur de perturbation G2(t) pour

un

spin I = 5/2,

une

frequence

co =

380 Mrad./s

et les facteurs d’asymetrie suivants : a) il

=

0 ; b) il

=

0,5;

c) q

=

1.

[Time dependence of the perturbation factor G,(t) for

a

spin I

=

5/2,

a

frequency

a)

= 380 Mrad./s and the following asymmetry factors : a) 11 = 0 ; b) tj

=

0.5 ; c) il

=

1.]

interaction quadrupolaire. La concentration des sites

Sf est de 1’ordre de 25 %. La distribution des frequences

associ6es aux sites Sf est eentr6e à Wf

=

1 100 Mrad/s.

Elle est trcs large : ADf 300 Mrad./s. La proportion

des deux sites So et Sf varie d’un 6chantillon a Fautre

mais, pour un echantillon donne, elle ne depend pas de la temperature. Au-dessous de la temperature de

Neel du chrome aucune interaction magnetique hyperfine n’affecte les sites Sf.

Suivant les remarques du paragraphe 2, ces obser-

vations permettent de conclure que les sites Sf sont occupes par des atomes-sonde qui ne sont pas passes

en solution dans la matrice de chrome. Leur existence

est liee a 1’extreme petitesse de la limite de solubilite

(5)

Fig. 2.

-

Facteurs de perturbation experimentaux obtenus

sur

des echantillons Cr-Hf* prepares dans une atmosphere d’hydrogene pour les vitesses de refroidissement suivantes : a)

v =

0,003°/s; b)

v =

0,3°/s ; c)

v =

500°/s. La tempe-

rature a laquelle la

mesure

est faite est T

=

330 K.

[Experimental perturbation factors obtained on Cr-Hf*

samples prepared in

a

hydrogen atmosphere for the following cooling rates : a)

v =

0.003°/s ; b)

v =

0.3°/s ; c)

v =

5000/s.

The measurement temperature is T

=

330 K.]

du hafnium. Le spectre associe aux sites So par contre se modifie a la transition. L:6tude des inter- actions magn6tiques hyperfines sur les sites So a 6t6

faite par ailleurs [3]. Elle montre que la distribution des champs hyperfins observ6e est compatible avec

le d6veloppement d’ondes de densite de spins statiques

dont 1’existence dans le chrome a ete 6tabli par des

experiences de diffraction des neutrons (pour T TN).

b) Lorsque les 6chantillons sont refroidis plus rapidement, v 0,3°/s, les sites Sf

f

responsables du spectre de fond subsistent mais un nouveau site

appele S1, dont le spectre est un spectre quadrupolaire caracteristique, apparait (Fig. 2b). 11 se developpe au

detriment du site non perturb6 So. Typiquement les

concentrations relatives sont 20 % pour Sf’ 15 % pour

So et 65 % pour Sl. La frequence quadrupolaire

associ6e au site S, est w,

=

391 (3) Mrad./s, le para- metre d’asymetrie est f/l

=

0,00 (5) et la largeur de

raie Awl

=

0 (2) Mrad./s. Le site S, est donc bien

defini et il est de sym6trie axiale.

Une experience similaire a ete faite sur des échan-

tillons prepares dans une atmosphere de deuterium.

Les spectres ressemblent aux spectres des echantillons

prepares dans une atmosphere d’hydrogene. En par- ticulier on y observe des sites Si dont les parametres caracteristiques sont les suivants :

La difference entre les frequences mesurees sur les

6chantillons hydrog6n6s et sur les 6chantillons deuteres n’est pas significative.

c) Si, enfin, les 6chantillons hydrog6n6s sont refroi-

dis tres rapidement a la vitesse v -- 5000/s. Les

contributions des sites Sf et celles des sites S1

1

sont inchang6es mais les sites So disparaissent complete-

ment. Ils sont remplaces par de nouveaux sites S3

dont la contribution au spectre experimental se

manifeste le plus clairement par une perturbation

de la premiere periode du spectre associe au site S 1.

Les contributions relatives sont 20 % pour Sf’ 68 %

pour S, et 12 % pour S3. La frequence quadrupolaire

des sites S3 est W3

=

479 (20) Mrad./s et le facteur d’asymetrie associe est q

=

0,95 (10). 11 n’a pas 6t6

possible de determiner la largeur de la distribution de frequence (Fig. 2c).

Une analyse plus serree des spectres d’echantillons refroidis a des vitesses interm6diaires (v

=

0,30/s)

montre que les sites S3 existent probablement 6gale-

ment dans ces 6chantillons mais leur contribution serait seulement de 1’ordre de 3 4 4 %, a la limite de

ce que Inexperience permet d’observer. La contribution des sites S3 dans les echantillons deut6r6s refroidis a des vitesses interm6diaires est plus 6lev6e : elle est de 1’ordre de 8 a 9 %. Cette difference significative est

la manifestation d’un effet isotopique.

Les param6tres caract6ristiques du site S 1 dependent

de la vitesse de refroidissement. Par rapport a la valeur qu’elle avait dans les 6chantillons refroidis

plus lentement, la frequence quadrupolaire WI’ mesuree

sur des 6chantillons trempes, a diminue : WI

i =

379 (8) Mrad./s. Le site est toujours de sym6trie axiale

ni

=

0,00 (10) et la distribution s’est elargie Acv

i =

8 (3) Mrad./s.

3.2 DISPARITION DES SITES.

-

Puisqu’ils n’appa-

raissent que dans les 6chantillons refroidis rapidement,

les sites S1

1

et S3 sont instables et doivent disparaitre

(6)

dans un traitement thermique ulterieur. On peut aussi

penser que les sites S3 sont plus instables que les

sites SI puisqu’ils sont plus abondants dans les

echantillons tremp6s.

a) L’experience est d’abord faite sur des échan- tillons hydrog6n6s et refroidis a la vitesse de 0,3°/s.

Les echantillons sont portes par paliers a des temp6-

ratures croissantes, puis refroidis et etudies.

On observe la disparition progressive du site S,

au profit du site So, les spectres pouvant a la contri- bution des sites Sf près, s’interpreter par une simple superposition des deux spectres correspondants (Fig. 3). La courbe de disparition des sites Si dans un

traitement isochrone (paliers de 24 h distants de 15 K)

est presentee dans la figure 4. D’autre part la cin6tique

de la disparition des sites S 1 a ete 6tudi6e dans des

experiences d’annihilation isotherme. On observe que la concentration des sites d6croit exponentielle-

ment avec le temps. La transformation des sites S,

1

en sites So est donc du 1 er ordre. De plus la reaction

est activ6e thermiquement. L’application de la loi d7Arrh6nius a deux courbes de disparition isotherme

différentes permet de determiner 1’energie d’activation E et le facteur pr6exponentiel T. associ6s a la reaction d’annihilation. Ces valeurs sont les suivantes :

L’hypothese d’une reaction de disparition activ6e thermiquement rend bien compte des observations.

11 n’est pas n6cessaire de faire appel a d’autres meca-

nismes impliquant par exemple 1’effet tunnel. Nous

avons v6rifi6 que les courbes d’annihilation . sont

Cm

Fig. 3.

-

Disparition dans

un

traitement thermique iso-

chrone de la perturbation quadrupolaire observee sur les

echantillons refroidis a la vitesse de 0,3°/s. La longueur des paliers est 24 h et la difference de temperature entre les paliers consecutifs du traitement est rr 15 K. Les spectres presentes sur la figure ont ete obtenus apres les paliers

suivants : a) T

=

330 K; b) T

=

548 K; c) T

=

563 K;

fl T

=

628 K. Les spectres s’interpretent par une simple superposition de spectres cr66s par les sites So et de spectres cr66s par les sites S,.

[Isochronal annealing of the electric quadrupole pertur- bation observed on samples cooled down to

v =

0.3°/s.

The annealing steps

are

24 h long and 15 K apart. The spectra displayed in the figure

are

observed after the follow-

ing steps have been completed : a) T

=

330 K;

b) T

=

548 K; c) T

=

563 K ; d) T

=

628 K. These spec- tra are a mere superposition of spectra due to the sites So

and spectra due to sites S 1.]

insensibles à 1’atmosphere du traitement : les memes resultats sont obtenus lorsque les 6chantillons sont

trait6s sous vide ou dans une atmosphere d7hydrog6ne.

Une 6tude similaire a ete faite sur un echantillon deut6r6. On observe que la courbe d’annihilation isochrone est décalée vers les basses temperatures

d’environ 50 K (Fig. 4). U6nergie d’activation d6duite de ces exp6riences est E

=

1,87 (3) eV. La disparition

des sites S 1 revele elle aussi un petit effet isotopique.

Le domaine de disparition du site S3 est situ6 entre

520 et 550 K (Fig. 4). Malgr6 la faible concentration de ces sites, si l’on fixe le facteur preexponentiel à

’t 00

=

lo- 12 s, on peut estimer 1’6nergie d’activation de la reaction de disparition du site S3. On trouve

E

=

1,77 (5) eV.

(7)

Fig. 4.

-

Evolution

au cours

d’un traitement d’anni- hilation thermique isochrone de la concentration des sites observes

sur

les echantillons refroidis a la vitesse de 0,3°/s.

Carr6s fermes : evolution des sites Sl dans

un

echantillon prepare dans une atmosphere d’hydrogene. Carr6s ouverts :

evolution des sites S dans un echantillon prepare dans

une

atmosphere de deuterium. Cercles : evolution des sites S3

dans le meme echantillon.

-

[Evolution, during

an

isochronal annealing treatment, of the concentrations of the sites observed

on

the samples cooled

down at

v =

0.3°/s. Closed squares : evolution of sites S,

in

a

sample prepared in

a

hydrogen atmosphere. Open

squares : evolution of sites S

1

in a sample prepared in

a

deuterium atmosphere. Circles : evolution of sites S3 in the

same

sample.]

b) Les experiences d’annihilation ont egalement 6t6

effectu6es sur les 6chantillons trempes a la vitesse

v

=

5000/s. A la difference des experiences de recuit qui viennent d’etre d6crites, les spectres de correlation

angulaire perturbee sont profond6ment transformes

apres chaque palier. La courbe de disparition des

sites S est complexe et de nouveaux sites apparaissent puis disparaissent pendant le traitement (Figs. 5 et 6).

Ces sites appel6s S4 sont caract6ris6s par une frequence quadrupolaire assez faible et une large distribution de fr6quence. Les ajustages donnent les valeurs suivantes :

La valeur du paramctre d’asym6trie 14 est fixée a 0.

3.3 CREATION DES SITES. - L’id6e la plus simple suggeree par les experiences qui viennent d’etre d6crites, est qu’il existe a temperature suffisamment 6lev6e, T > 600 K, des sites de configuration aniso- tropes, instables a basse temperature mais qu’un

refroidissement suffisamment rapide de 1’echantillon retiendrait. Ce point de vue est infirm6 par 1’experience.

Un echantillon est port6 a la temperature T. On y laisse 1’equilibre thermodynamique s’6tablir puis on

étudie le spectre de correlation angulaire a la meme temperature T. On observe que pour toute temperature superieure a la temperature de N6el (TN

=

310 K)

les sites ne sont pas perturb6s, a la contribution des sites Sf pr6s. Aucun phenomene de relaxation n’a ete mis en evidence quelle que soit la temperature de 1’experience et il faut exclure Fhypothese d’un retre-

Fig. 5.

-

Evolution dans

un

traitement thermique iso-

chrone des spectres observes

sur

les echantillons refroidis a la vitesse de 500°/s. Les spectres presentes sur la figure

ont ete obtenus apr6s les paliers suivants : a) T

=

330 K;

b) T

=

533 K; c) T

=

578 K ; fl T

=

628 K.

[Evolution, during

an

isochronal annealing treatment, of the spectra observed

on

quenched samples,

v =

5000/s. The spectra displayed in the figures have been obtained after the following steps have been completed : a) T

=

330 K;

b) T

=

533 K; c) T

=

578 K; d) T

=

628 K.]

(8)

Fig. 6.

-

L’evolution dans

un

traitement d’annihilation

thermique isochrone des spectres observes

sur

des échan- tillons trempes implique 3 types de sites : les sites So, les

sites S, (cercles) et

un

ensemble de sites S4 de basses fr6-

quences (triangles).

[Evolution of the concentration of the sites S, (circles)

and sites S4 (triangles) during

an

isochronal annealing

treatment performed

on

quenched samples.]

cissement des spectres haute temperature par le mouvement. Ainsi les sites de configuration non isotropes tels que S,, S3, S4, ... sont instables a toutes

temperatures.

On conclut que les sites a sym6trie non cubique

sont cr66s pendant le refroidissement de l’échantillon

et qu’ils ne pr6existent pas a ce traitement Afin d’etudier le mccanisme de creation des sites on proc6de

de la facon suivante : les 6chantillons, subissent un

traitement d’annihilation a 600 K pour faire dispa-

raitre toute interaction quadrupolaire. Ils sont ensuite port6s par palier a des temperatures croissantes.

Apr6s chaque palier ils sont refroidis rapidement

a 330 K temperature a laquelle ils sont etudies.

On observe la reapparition progressive des -sites perturb6s mais on constate que les details de cette

r6apparition dependent de 1’histoire de 1’echantillon.

a) Consid6rons d’abord les 6chantillons qui, pen- dant leur preparation, ont ete refroidis a la vitesse moyenne de 0,3°/s. Lorsque le traitement d’anni- hilation et le traitement de revenu sont effectu6s dans

une atmosphere d’hydrogene, les sites S 1 r6appa-

raissent a des temperatures des paliers comprises

entre 580 K et 750 K (Fig. 7). La concentration relative des sites ne depend pas de la longueur des paliers. Ce resultat est int6ressant parce qu’il montre

que la configuration qui donne naissance aux sites S,

1

est en equilibre thermodynamique a la temperature

du traitement. Nous avons par ailleurs vérifié les

points suivants :

-

Si le traitement d’annihilation est effectue sous

vide et le traitement de revenu sous atmosphere

&hydrog6ne, la courbe de r6apparition des sites S,

est d6cal6e vers les hautes temperatures d’environ

40 K (Fig. 7).

-

Si le traitement d’annihilation et le traitement de revenu sont tous deux effectu6s sous vide on observe que les sites S,

1

reapparaissent encore. La courbe

de revenu est d6cal6e par rapport a la premiere courbe

d’environ 100 K vers les hautes temperatures (Fig. 7).

Fig. 7.

-

Courbes de

revenu

de rinteraction quadrupolaire

associee

aux

sites S

1

pour des echantillons prepares dans

une atmosphere d’hydrogene et refroidis a la vitesse

v =

0,3°/s. Carres fermes : 1’echantillon

a

subi les traite- ments d’annihilation puis de

revenu

dans

une

atmosphere d’hydrogene. Carres ouverts : 1’6chantillon

a

subi le traite- ment d’annihilation

sous

vide et le traitement de

revenu sous

hydrogene. Cercles : 1’echantillon

a

subi les traite- ments d’annihilation et de revenu

sous

vide. Les courbes

en traits pleins correspondent

aux

parametres donnes

dans le texte.

[Recovery

curves

for the quadrupole interactions associated to sites S,. The samples have been prepared in

a

hydrogen atmosphere and cooled at

v =

0.3°/s. Closed squares : the

sample has been annealed and then treated in

a

hydrogen atmosphere. Open squares : the sample has been annealed in vacuo and treated in

a

hydrogen atmosphere. Circles :

the annealing and the recovery treatments have both been

performed in vacuo. The solid lines correspond to para- meters given in the text.]

Cette derniere experience montre que rannihilation des sites S1 ne peut pas etre expliqu6e par 1’evaporation irreversible d’atomes pi6g6s sur 1’atome-sonde mais

correspond a un rearrangement local vers une configu-

ration a sym6trie cubique.

b) Des 6chantillons refroidis, pendant leur prepa- ration, a la vitesse de 5000/s sont trait6s sous hydrog6ne.

On constate que tout comme 1’annihilation, la creation des sites dans un echantillon trempe met en jeu des configurations complexes. En particulier en dehors

des sites S

1

un ensemble de sites appel6s S2 appa- raissent vers 600 K et disparaissent vers 850 K (Fig. 8).

La frequence quadrupolaire associee est elevee

W2

=

800 (35) Mrad./s et la distribution de frequences

est large AW2

=

50 (25) Mrad./s. La distribution de

frequence parait 6voluer au cours du traitement

thermique mais ranalyse des donnees ne permet pas de degager des tendances d6finies.

4. Interpretation des r6sultats experinientaux.

-

4.1 NATURE DE L’ENVIRONNEMENT DE L’ATOME-

SONDE.

-

Pour interpreter les experiences qui vien-

nent d78tre presentees il faut connaitre, la nature chimique de 1’environnement de 1’atome-sonde. Selon les crit6res de solubilit6 m6tallurgique, les r6gles de Hume-Rothery, le hafnium est sans doute en position

substitutionnelle dans le chrome. Les interactions

quadrupolaires qui sont observees s’expliquent donc

par la presence a proximite de la sonde, d’atomes

(9)

Fig. 8.

-

Evolution de la concentration des sites S

1

(cercles) et des sites S, (triangles) pendant le revenu d’un echantillon trempe puis annihile

sous

vide dans

un

traite-

ment thermique isochrone

en

atmosphere &hydrog6ne.

[Evolution of the concentrations of sites S

1

(circles) and

sites S, (triangles) during the recovery of

a

quenched sample. The sample has been annealed in vacuo and then heat-treated in

a

hydrogen atmosphere.]

etrangers a la matrice. Ces atomes peuvent etre d’autres atomes de hafnium, la limite de solubilité du hafnium 6tant tres faible comme on Fa vu. Ils peuvent aussi etre des impuretes residuelles piegees par

1’atome-sonde ; la concentration de ces impuret6s est

en effet bien sup6rieure a la concentration du hafnium.

Enfin les atomes pieges peuvent etre des atomes

d’hydrogene. Les arguments en faveur de cette derniere hypoth6se sont les suivants :

i) Des effets isotopiques tant a la creation qu’a

1’annihilation des interactions quadrupolaires ont

ete observes par comparaison entre echantillons

prepares dans une atmosphere d’hydrogène et dans

une atmosphere de deuterium.

ii) Les spectres evoluent differemment lorsque les

echantillons sont traites sous vide et lorsqu’ils sont

traites dans une atmosphere d’hydrogene.

iii) Les atomes piégés sont tres mobiles meme à des temperatures peu sup6rieures a la temperature

ambiante.

Ces observations s’expliquent mal si l’on admet que ce sont les impuret6s residuelles de la matrice

qui creent les gradients de champ 6lectrique.

Cependant, contrairement a ce qu’on pourrait alors attendre, des echantillons prepares dans une atmo- sphere neutre (argon) ou legerement oxydante (vide) prcsentent 6galement une interaction quadrupolaire

bien d6finie [4]. Les caract6ristiques de cette interaction

sont tres differentes de celles qui sont mesur6es sur

les 6chantillons hydrog6n6s. La frequence est plus

faible w, -- 185 Mrad./s, elle diminue rapidement lorsque la temperature croit et le site est tres stable.

De fait, si l’on chauffe un echantillon hydrogene

sous vide a T > 1 600 K et qu’on 1’etudie a basse

temperature, le spectre caract6ristique des echantillons

hydrog6n6s disparait au profit du spectre que 1’on vient de d6crire. Ces resultats s’interprètent par le

pi6geage d’atomes d7oxyg6ne dissous dans le chrome par 1’atome-sonde. Pour 6viter cet inconvenient il

faudrait traiter 1’echantillon en ultra-vide mais la tension de vapeur du chrome est trop 6lev6e pour que cette experience soit realisable.

Remarquons que c’est le hafnium qui piege 1’hydro- gene et non le tantale issu de l’isotope 181 Hf par

desintegration fl. En effet 1’atome de tantale n’est cree

(dans son 6tat excite) qu’un bref instant, environ 10- 5 s avant qu’il ne soit etudie. Or les 6chantillons sont traites a une temperature et etudies a une autre.

Par consequent toute modification de spectre d6pen-

dant de la temperature de traitement doit etre attribuee a des changements de configuration des atomes d’hydrog6ne autour du noyau parent, le hafnium,

et non du noyau fils, le tantale.

En conclusion les resultats obtenus dans les exp6-

riences de correlation angulaire perturb6es sont expliques par les configurations particulicres que peuvent prendre les atomes d’hydrogene autour des

atomes de hafnium et par les modifications que les mouvements de ces atomes d’hydrogène provoquent dans ces configurations.

4. 2 CONFIGURATION DES ATOMES D’HYDROGENE PRO- CHES VOISINS DE LA SONDE.

-

Le chrome cristallise dans le système cubique a corps centre. Dans ces structures les atomes d’hydrogene peuvent occuper soit des sites interstitiels de geometrie tetraedrique

soit des sites de geometrie octaedrique. Au voisinage

de l’ atome-sonde la g6om6trie est assurement perturbee

mais si l’on suppose que la distorsion n’est pas si

grande que l’identité des positions interstitielles soit

perdue, il est possible de classer les sites en ensemble

ou couches de sites se correspondant dans les ope-

rations de groupe de symetrie associe a 1’atome-sonde.

Ainsi la premiere couche de sites octaedriques comporte-t-elle 6 positions telles que a(l /2, 0, 0), la deuxi6me couche 12 positions telles que a(112, 1/2, 0),

la troisieme couche 24 positions telles que a( l,1 /2, 0)

etc... De meme il y a 24 positions telles que a(I/2, 1/4,0)

pour la premiere couche de sites tetraedriques (Fig. 9).

Consid6rons la premiere couche de sites octa-

édriques. Les atomes d’hydrogène peuvent y prendre 26 configurations mais il n’existe que 10 configurations

différentes et seulement 4 interactions quadrupolaires electriques sp6cifiques. Les resultats d’un calcul de modele de charge ponctuelle dans lequel un facteur

de Sternheimer y 00

=

80 a ete introduit, sont rassem-

bl6s dans le tableau I. Les gradients de champs 6lectriques ainsi calcul6s et le gradient cree par une

charge ponctuelle unique placee sur un site octa- édrique de la premiere couche sont dans les rapports : 0, 1, 3/2, 2. Les facteurs d’asymctrie correspondants

sont les suivants : q

=

0, 0, 1, 0. La comparaison

avec les resultats experimentaux suggère Finterpreta-

tion suivante :

-

Le site So est associe soit a une premiere couche

de sites octaedriques vide soit a une couche pleine.

Le gradient de champ electrique peut aussi etre nul

pour 1’une des configurations a 3 hydrogenes mais

(10)

Fig. 9.

-

Geometrie des couches de sites pour l’hydrogène

autour de la sonde de hafnium. La sonde est entouree par huit atomes de chrome. Les sites interstitiels octaedriques

sont visualises par de petits cercles : a) Dans la figure du

haut les liaisons hydrogene-hydrogene sont supposees etre

favorisees le long des directions ( 100 ). Les trois premieres

couches sont alors connectees. Les sites de la premiere

couche interagissent par l’interm6diaire des sites de la deuxieme couche. Les sites de la troisieme couche sont lies par paires

aux

sites de la deuxieme couche. b) Dans la figure du bas

ce

sont les liaisons suivant les directions ( 110 ) qui sont favorisees. Les trois premieres couches de sites interstitiels

ne

sont pas connectees. La connectivite intra- couche entre les sites est plus grande dans

ce cas

que dans le

cas

ou les liaisons sont dirigees suivant les directions

100 ).

[Geometry of the shells of hydrogen sites surrounding

a

hafnium probe. The probe is at the centre of

a

cube of eight

chromium atoms. The small circles

are

the octahedral sites which

are

supposed to be

more

stable in this structure :

a) In the upper figure the hydrogen-hydrogen bonds

are

supposed to be favoured along the ( 100 ) directions. The first three shells are connected. The sites

on

the first shell interact through the sites of the second shell. The sites of the third shell

are

linked with the sites of the second shell.

b) In the lower figure the bonds

are

supposed to be favoured

along the ( 110 ) directions. The first three shells

are

then disconnected. The intrashell connectivity is higher for this type of hydrogen-hydrogen interaction.]

les effets de relaxation elastique ne sont pas négli- geables et doivent modifier la geometrie de l’amas d’hydrog6ne. Cette relaxation induirait un gradient

de champ electrique observable.

-

Le site S , est associe a la configuration a I

ou a la configuration a 5 hydrogènes. Le gradient

de champ est a symetrie axiale.

-

Le site S2 est associe aux configurations a 2 ou

a 4 hydrogenes. Le gradient de champ est a symetrie

axiale et il est deux fois plus grand que le gradient

de champ electrique associe aux sites Sl.

-

Le site S3, dont le facteur d’asymetrie est voisin

de 1 et dont le gradient de champ est environ 3/2 de

celui associe aux sites S l, peut etre identifi6 avec la

configuration plane a 3 hydrogenes.

Les glissements des rapports experimentaux aux

rapports simples prevus par le modele de charge ponctuelle peuvent etre expliques par des effets de relaxation elastique.

L’elargissement de la distribution des champs electriques observee dans les 6chantillons tremp6s peut etre reli6 a l’influence des secondes couches

non completes. Par exemple un trou dans la seconde couche peut tirer un atome hors de la premiere couche.

Diverses configurations de la deuxieme couche pour- raient modifier diff6remment les configurations de la premiere couche. Cest ainsi que s’expliquerait l’appa-

rition d’un ensemble de sites S4 pendant les traitements d’annihilation des echantillons trempes.

D’autre part il est difficile d’interpreter les resultats

en terme de configurations d’atomes d’hydrogene places en position tetraedrique. En effet la premiere

couche des sites tetraedriques peut prendre 224 configurations. Ces configurations engendrent un grand nombre de gradients specifiques et, donc,

une large distribution de gradients de champ elec- triques devrait toujours etre observee. Les experiences

montrent au contraire que la sonde n’est soumise

qu7A un petit nombre de gradients de champ bien definis. De plus la plupart de ces configurations

n’ont pas une symetrie axiale.

Enfin on observe que les gradients de champ electrique calcul6s sont plus grands d’un ordre de

grandeur que les gradients de champ observes.

Cet effet peut etre explique par la grande efficacite

de 1’ecrantage des charges dans les m6taux de tran- sition. Mais il peut aussi etre lie au caractere anionique

des protons dissous dans les metaux. En consequence

seuls les gradients de champ crees par la premiere

couche de protons sont mesurables.

4.3 CONFIGURATIONS A L’TQUILIBRE THERMODYNA- MIQUE.

-

Les experiences de creation des environ- nements asymetriques par refroidissement rapide

d76chantillons prealablement portes a haute tempera-

ture peuvent etre interpr6t6es de la facon suivante : il existe deux configurations stables des atomes d’hydro- gene pieges par la sonde. L’une est stable a haute

temperature et 1’autre est stable a basse temperature.

(11)

Tableau I.

-

Fréquences quadrupolaires électriques et facteurs d’ asymétrie calculés pour les diverses configu-

rations possibles des atomes d’hydrogène sur les sites de la première couche de positions octaédriques possibles.

La distance entre la sonde et les sites est supposée egale à a/2

=

1,44 A ou a est le paramètre du réseau c.c. de

chrome. Un facteur d’anti-écran de Sternheimer y.

=

80 a été introduit dans le calcul. Le tableau montre l’attri- bution proposée pour les sites observés. Le facteur 10 qui soare les valeurs expérimentales des valeurs calculées

s’explique essentiellement par le caractère anionique des atomes d’hydrogène dissous dans les metaux.

[Electric quadrupole frequencies and asymmetry factors computed, using a point charge model, for the various

configurations of hydrogen atoms on the first shell of octahedral sites. The distance between the sites and the

probe is taken as a/2

=

1.44 A where a is the chromium lattice parameter. A Sternheimer antishielding factor

Y 00

=

80 has been taken into account. The table shows the correspondence between the configurations and the

observed sites. The factor of 10 between the experimental and the computed values is explained by the anionic character of hydrogen atoms dissolved in metals.]

(’) Echantillon trempe.

(b) La deuxieme couche est complete sauf pour les sites S, observes dans l’experience d’annihilation d’echantillons trempes.

Le voisinage immediat de la sonde est de sym6trie

elevee dans les deux configurations et les spectres de correlation angulaire ne sont pas perturb6s. Dans le

modele d6velopp6 dans le paragraphe precedent il

existe precisement deux configurations sym6triques.

Dans l’une de ces configurations tous les sites de la

premiere couche sont occupes par des atomes d’hydro- gene. Dans 1’autre les sites de la premiere couche sont vides, les atomes d’hydrogène etant rejet6s sur des

couches plus extemes.

Lorsqu’un 6chantillon est refroidi, la configuration

haute temperature devient instable et le syst6me

s’efforce de se transformer dans la configuration basse temperature. Cependant ce processus oblige les atomes d’hydrogène a prendre des configurations intermé-

diaires non sym6triques. Ce sont ces configurations

interm6diaires qui sont observ6es dans les experiences

de correlation angulaire perturbee du moins lorsque

la vitesse de refroidissement est suffisamment elevee pour eviter la transformation complete dans la confi-

guration sym6trique stable a basse temperature. Puis-

que la concentration des sites S,, observ6e pendant

les experiences de revenu, ne depend pas de la lon- gueur des paliers de traitement c’est que la transfor- mation de la configuration haute temperature dans

les configurations intermediaires est rapide. Par contre

la transformation des configurations interm6diaires dans la configuration basse temperature est difficile.

La concentration cl(T) des sites Si est proportion-

nelle a la concentration, a la temperature T du palier,

des sites dans la configuration sym6trique stable à

haute temperature : par suite c,(T) est la courbe d’6quilibre thermodynamique entre les configurations

haute et basse temperature. Si El et E2 sont les energies

des deux configurations, la concentration relative

C,(T) est donn6e par la distribution de Boltzmann :

en supposant que les deux etats ne sont pas d6g6n6r6s.

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