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De l'utilisation des synostoses crâniennes comme déterminants chronologiques

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De l'utilisation des synostoses crâniennes comme déterminants chronologiques

PITTARD, Eugène

PITTARD, Eugène. De l'utilisation des synostoses crâniennes comme déterminants chronologiques. In: Congrès international des sciences anthropologiques et

ethnologiques: compte-rendu de la deuxième session . Copenhague : Einar Munksgaard, 1939. p. 1-4

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:111471

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(2)

Congrèe international cl,es scienoes anthropologiques

et àtlinologlques, Oopenhagler L9tr8

DE

L'UTILISATION

DES SYNOSTOSES CRANIENNES COMME DETERMINANTS CHRONOLOGIQUES

Par

M.

le Prof. Eugène Pittard (Genève).

L'ÉTAT

des sutures crâniennes, le début de leur fermeture et le lieu du crâne où se produit ce phénomène,

la

direction que prennent les synostoses à partir du point où elles ont commencé

à

se manifester,

ont,

depuis longtemps, été utilisées en anthropologie, en médecine lêgaIe, en identification historique. Dernièrement, un anthropologiste d'un haut mérite, H.

V.

Vallois, a utilisé l'état et le processus d'oblité- ration des sutures crâniennes Pour essayer de déterminer l'âge de la

mort

chez les hommes fossiles.

On

conçoit I'intérêt philosophique d'une telle constatation. Ainsi

il

n'y a Presque pas de jour, à la surface de la terre, où les synostoses ne soient invoquées dans un but ou dans

un autre.

il

est donc très important d'avoir, à l'égard de ces fermetures suturales, de leur ordre d'apparition, et de la façon dont les oblitéra- tions ainsi commencées se poursuivent, des renseignernents précis, si possibles applicables Partout.

Or,

ceux-ci,

il faut

I'avouer, malgté d'importantes recherches, manquent encore.

Ils

manquent surtout à titre de renseignements qui deviendraient de haute valeur comparative, dans les divers groupes ethniques.

Au

surplus,

ils

manquent encore, dans

le

cadre'd'un groupe ethnique donné, selon

la

qualité sexuelle des sujets considérés. Nous sommes très mal renseignés sur

la

Êaçon

dont, chez les hommes et chez les femmes d'une même région, (nous ne parlons pas de

la

race) s'accomplissent les synostoses crâniennes'

Si I'on consulte les auteurs, on s'aperçoit'qu'aucun accord n'existe réellement sur ces différents points. En passant, nous I'avons montré, dans des publications récentes, faites en collaboration avec mon as'

1

(3)

sistante l1q[elle l(asf6ann. Or, encore une fois, nous ne pouvons rester indifférents devant une telle constatation, surtout quand on pense aux résultats pratiques auxquels des constatations de telle sorte peuvent conduire.

Il

faut essayer de comprendre

la

raison de ces variations, de ces cotrtradictions.

Une étude d'assez longue haleine, de nature comparative, ayant eu

pour objet l'examen de 1O00 crânes environ, appartenant

d'un

côté

à des Suisses de différentes qualités ethniques, de l'autre à une popu- lation africaine d'un type très particulier, les Boschimans-Hottentots, nous y aidera. Cette étude semble confirmer l'idée que depuis plus de

trente âns j'essaye de soutenir: à savoir que beaucoup des différences et surtout des contradictions que nous rencontrons dans nos recherches, proviennent de l'hétérogénéité des séries examinées. Avec j\{elre l(asf- mann nous avons montré que si, pour ce qui concerne les crânes suis- ses et les crânes boschimans,

l'on

met en deux colonnes I'ordre de

fermeture des diverses sutures nous obtenons, pour chacune de ceiles-

ci, des résultats qui sont bien loin d'être semblables. Une telle consta-

tation nous oblige à dire que ce que nous enregistrerions après l'étude des crânes suisses ne pourrait être reporté sans plus comme conclu- sion, dans une étude de même sorte faite sur des crânes de Boschimans.

Dans un tableau comparatif où

il

a mis en regard les données de R.

Martin et celles très importantes de Todd et Lyon,

le prof.

Vallois montre à quel point les auteurs cités fournissent des indications dif- férentes. Par exemple, les divers points de la sagittale, se synostosent

de 20 à 50 ans selon Martin, de 22 à 35 ans selon Todd et Lyon; la synostose de la sagittale aurait lieu de 30 à 50 ans et >>très tard<< pour Martin, de 24

à 4l

ans pour Todd et Lyon. Pour ce

qui

touche la lambdoïde, on trouve chez Martin l'indication: après 50 ans et >>très tard<<; et chez Todd et Lyon, la fermeture aurait lieu de 26 à

47

ans.

Et

il

en est ainsi des autres synostoses.

Nons ne savons exactement sur quel matériel a tnvalllé R. Martin, (ce sont probablement des données prises dans diverses publications).

Quant à Todd et Lyon, ils ont eu à leur disposition des crânes d'Amé- ricains, mais de quels Américains s'agit-il? On sait à quel point les Etats-Unis sont un cosmopolis ethnique et du même coup racial.

ll

faut revenir à ce que nous avons

dit

tout-à-l'heure: à savoir que les séries humaines jusqu'à présent mises en comparaison, apparaissent

(4)

a

priori

comme des séries racialement hétérogènes.

Et je

pense qu'il y a lieu, pour être réellement au clair sur l'état des synostoses crânien- nes dans le monde, d'établir nos enquêtes sur des bases plus strictement raciales qu'on ne

l'a

fait jusqu'à présent.

C'est dans une telle pensée que nous avons essayé, car à nos yeux semblable entreprise n'est qu'un essai, de mettre en parallèle les deux séries numériquetnen{- importantes dt-rnt

il a

été question ci-dessus:

Suisses et Boschimans.

Cette comparaison permet de constater qu'au point de vue qui nous occupe ici,

il y

a de très nettes différences entre ces deux groupes.

Malheuresement nous n'avons aucune indication au sujet de l'âge réel auquel sont morts les individus dont nous étudions les crânes.

C'est pourquoi nous avons examiné sur chacun de ces crânes, l'état des synostoses, le lieu où elles débutaient et la façon dont, dès ce début, elles se comportaient les unes les autres.

Comme point de comparaison, nous avons choisi la suture coronale puisque elle se ferme dans

un

ordre presque toujours

le

même (6 exceptions sur plus de 600 crânes examinés) et que cette oblitération progresse lentement. Pendant que la co(onale n'a encore aucune oblité- ration, nous examinerons ce que montre, au point de vue des synos- toses, la suture sagittale, la suture lambdoïde, et enfin, la suture fronto- sphénoïdale.

Exemples: quand

la

suture coronale présente une synostose nulle, le suture lambdoïde présente: 10 une synostose nulle; 20 une synostose

partielle; 30 une synostose totale selon le tableau que voici (en

/o):

Ainsi lorsque nous examinons le comportement des diverses sutures envisagées selon le procédé choisi, nous constatons qu'il existe une dif-

férence parfois considérable allant comme ordre de grandeur de 1 à 13

(2,56

%

d'un côté, et 33,33

/o

del'aaûe.) ces différences se répètent

-

avec des valeurs diverses

-

partout

nous avons essayé une comparaison, c'est-à-dire en examinant les quatres sutures indiquées ci-dessus.

Une telle constatation nous amène

à

dire,

qu'il

paraît impossible, dans l'état actuel de nos connaissances, d'appliquer à n'importe quel qroupe humain (la question des sexes est encore réservée) le résultat d'observations faites en

tel

ou

tel lieu

du monde. On vient de voir qu'en Suisse

et

dans

un coin de l'Afrique du

sud indigène, les crânes humains sont

loin

de mbntrer dans processus des synostoses, 3

(5)

synostose partielle

Synostose nulle

5r\2 33,33 94,87

66,66

52,O3 77,77

40,65

)') ))

28,23 50,00

37,64 42,36 Svnostose nulle

'

Alpins:

Boschimans:

Synostose de la région ptérique

Alpins:

Boschimans:

Synostose de la région ptérique

. +..

feg. supefreufe Alpins:

Boschimans:

Suture coronale Suture lanibdoïde

synostose totale

7,31

34,rt

7,69

les mêmes aspects. Ils se différencient même très fortement les uns des autres.

Conclusion:

Il

faut setrer, de plus près qu'on ne t'anuit

fait

jusqu'à

présent, nos observations de morphologie cortparative;

il

faul. ubliga- toirement les considérer dans le cadre racial.

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