Ce bulletin est destiné aux jardiniers amateurs. Il s’appuie sur les observations réalisées par les observateurs des filières arboriculture fruitière, maraîchage, olivier, tomates d’industrie, zones non agricoles ; et sur l’analyse de risque effectuée par les animateurs de ces filières.
Des informations sur le rythme de parution de votre bulletin : Janvier-mars : en fonction de l’actualité phytosanitaire
Avril- octobre : 2 bulletins par mois
Novembre – décembre : 1 bulletin par mois
SOMMAIRE
AU VERGER ... 2
FIGUIER ... 2
Teigne du figuier ... 2
AU POTAGER ... 3
CUCURBITACEES (MELON, COURGE, COURGETTE, CONCOMBRE) ... 3
Oïdium ... 3
TOUTES CULTURES POTAGERES ... 4
Punaises vertes ... 4
TOMATE... 5
Mineuse de la tomate, Tuta absoluta ... 5
AU JARDIN D’ORNEMENT ... 7
BUIS ... 7
Pyrale du buis ... 7
N°39 – 27 juillet 2017
Au verger
Figuier
Teigne du figuier
Des dégâts de teigne du figuier sont signalés dans le Var et les Alpes Maritimes. Ils peuvent être relativement importants sur certains arbres
La teigne du figuier est un petit papillon nocturne avec les ailes brunes. Il mesure environ 2 à 3 cm. La femelle pond ses œufs dans le feuillage au printemps. Les chenilles qui éclosent se nourrissent des feuilles du figuier, on devine leur présence par l’apparition de zones dévorées
« en dentelle » et les feuilles qui sont enroulées. En été, une deuxième génération de papillons pond ses œufs au plus près des pétioles des fruits et les jeunes chenilles endommagent les figues.
Les dégâts engendrés ne sont pas préjudiciables pour la survie de l’arbre.
Photos : papillon, bord de feuille enroulée et chenille de la teigne du figuier (P. Falatico)
Outils de biocontrôle :
Des applications d’un insecticide biologique formulé à base de Bacillus thuringiensis sont utilisables sur les chenilles de la teigne du figuier. Toutefois ces applications seront d’autant plus efficaces que les chenilles sont jeunes.
Au potager
Cucurbitacées (melon, courge, courgette, concombre)
Oïdium
On observe des dégâts d’oïdium sur toutes les cultures de la famille des Cucurbitacées. Les dégâts sont plus ou moins importants en fonction des parcelles et des conditions climatiques. Les températures élevées associées à de fortes hygrométries atmosphériques mais sans pluie observées ces derniers jours ont considérablement favorisé le développement de la maladie. L’arrivée du mistral le 24 juillet dans les secteurs exposés permet de retrouver des conditions atmosphériques moins favorables. Le vent est toutefois un facteur de dissémination des spores.
L’oïdium est une maladie due à un champignon. Il existe deux champignons capables d’infecter les plantes potagères de la famille des Cucurbitacées (melon, courge, courgette, concombre). Cette maladie se manifeste par l’apparition de taches blanches et poudreuses sur les feuilles, d’abord sur la face supérieure puis sur toute la feuille. Cette dernière peut finir par jaunir. La croissance de la plante ralentit et les autres organes des plantes sont touchés : les tiges et les pétioles.
Une fois que la maladie est installée, il n’y a pas de méthode curative efficace.
La maladie est favorisée par un climat chaud et humide sans eau liquide (temps orageux). Les spores sont véhiculés par le vent et germent sur une feuille dès que les conditions sont favorables.
Méthodes culturales :
- éliminer les feuilles atteintes car si elles tombent au sol, le champignon se conservera dans le sol jusqu’au printemps prochain.
- à la fin de la saison, bien éliminer les résidus de culture pour les mêmes raisons
- pratiquer la rotation des cultures si possible et éviter de réimplanter chaque année les cucurbitacées au même endroit.
- arracher la végétation spontanée (le séneçon notamment) des abords du potager qui peuvent être infectées et constituer un réservoir de contamination.
- limiter les apports d’engrais azotés.
Auxiliaires :
Sur les feuilles des plants atteints, on peut parfois observer de petites coccinelles jaunes à points noirs, la coccinelle à 22 points. Il s’agit d’une des rares espèces de coccinelles mycophages (qui se nourrissent de champignon). Le rôle de cette coccinelle est controversé car, si elle se nourrit de mycélium (l’organe de reproduction du champignon), elle peut également par ses déplacements contribuer au transport des spores et donc disséminer à son tour la maladie.
Photos : larve et adultes de coccinelle à 22 points sur feuilles de melon infecté par l’oïdium (FREDON PACA)
Toutes cultures potagères
Punaises vertes
On observe actuellement des punaises vertes dans les potagers. Ces dernières vont se développer sur toutes les plantes, y compris sur la végétation spontanée à proximité.
Les larves âgées et les adultes de cette punaise sont les plus préjudiciables au jardin. Elles affectionnent particulièrement les jeunes pousses et les fruits en formation. Leurs piqûres sur les fruits vont engendrer l’apparition de plaques dures et décolorées jaunes ou brunes. Le goût du fruit peut s’en trouver altéré. Elles se nourrissent sur une trentaine d’espèces végétales mais sont particulièrement attirées par les tomates, aubergines, fraises, concombres et poivrons.
Méthodes culturales :
La femelle pond ses œufs en groupe. A l’éclosion, les jeunes larves restent groupées et se nourrissent tout autour des œufs. A ce moment là, il est judicieux de repérer la colonie et de l’éliminer physiquement en coupant la partie de la plante attaquée ou en les enlevant une par une. Attention à bien repérer les larves qui ont une physionomie différente des adultes (cf. ci- dessous).
Photos : jeunes larves (D. Blancard, INRA), larve âgée et adulte (JP Marino et M Chevriaux) de la punaise verte
Tomate
Mineuse de la tomate, Tuta absoluta
Cette mineuse est un papillon dont les chenilles dévorent les feuilles et les fruits de la tomate en créant des galeries sous l’épiderme. Ces galeries apparaissent comme des taches blanchâtres sinueuses dans un premier temps qui finissent par se rejoindre et apparaître comme des plages blanches qui dessèchent et se nécrosent. Les trous de sortie sont ensuite une porte d’entrée pour diverses pourritures qui s’installent alors dans les fruits notamment.
Actuellement, de nombreux papillons sont capturés dans les pièges en cultures sous abris. Cependant en culture de plein air dans les potagers du littoral la pression du
Méthodes culturales :
Dès que l’on aperçoit des symptômes il faut rapidement éliminer les parties atteintes (effeuiller).
Les feuilles atteintes ne doivent surtout pas être laissées au sol dans le potager. Ces dernières ne peuvent pas être brûlées actuellement étant données les conditions climatiques, il suffira de les éliminer en les jetant à la poubelle. Les fruits tombés au sol doivent également être éliminés.
Des pièges à phéromone peuvent être installés afin de surveiller la quantité de papillons présents et donc évaluer le risque de pontes et d’apparitions de chenilles sur les plants.
A la fin de la culture, un travail du sol permettra d’éliminer les individus s’y trouvant afin de protéger les tomates pour l’an prochain.
Photo : dégât sur jeune fruit (D. Blancard INRA)
Au jardin d’ornement
Buis
Pyrale du buis
Les vols de papillons de la pyrale du buis sont actuellement très importants. Les dégâts dus aux chenilles de la première génération n’étaient pas forcément très marqués mais cette deuxième génération qui se prépare risque d’avoir un impact considérable
La pyrale du buis est un papillon dont les chenilles génèrent d’importants dégâts sur les buis dans notre région. Le papillon est un nocturne, ses ailes sont blanches bordées de brun ou à l’inverse brunes bordées de blanc, elles sont légèrement irisées. Les chenilles sont vertes avec des ponctuations noires et une tête noire brillante. Elles se nourrissent des feuilles des buis et on les observe en général à l’ombre, cachées sous les feuilles. Les dégâts peuvent entraîner des défoliations complètes des arbustes touchés.
Méthodes culturales :
Pour surveiller ce papillon on peut mettre en place des pièges à phéromone sexuelle qui attireront les mâles et permettront d’évaluer la population présente. Ces pièges permettent par ailleurs de capturer un certain nombre d’individus et donc de limiter les chenilles.
Photo : chenille de pyrale du buis (FREDON PACA)
L
ES OBSERVATIONS CONTENUES DANS CE BULLETIN ONT ETE REALISEES PAR LES PARTENAIRES SUIVANTS:
Le Bulletin de Santé du Végétal, filière Jardins Amateurs, s’appuie sur les bulletins de santé du végétal des filières : Maraîchage, Arboriculture fruitière, Tomate d’industrie, Olivier, Zones Non Agricoles. Les observateurs des filières correspondantes contribuent donc à l’élaboration de ce document.
COMITE DE REDACTION DE CE BULLETIN :
Lucile ARNAUD (FREDON PACA), Anne ROBERTI (FREDON PACA) et Sébastien REGNIER (FREDON PACA)
N.B. Ce Bulletin est produit à partir d’observations ponctuelles réalisées sur un réseau de parcelles. S’il donne une tendance de la situation sanitaire, celle-ci ne peut pas être transposée telle quelle à chacune des parcelles. La Chambre régionale d’Agriculture et l’ensemble des partenaires du BSV dégagent toute responsabilité quant aux décisions prises pour la protection des cultures. La protection des cultures se décide sur la base des observations que chacun réalise sur ses parcelles et s’appuie, le cas échéant, sur les préconisations issues de bulletins techniques.
Action pilotée par le ministère chargé de l’agriculture, avec l’appui financier de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribués au financement du plan Ecophyto.