BIOFUTUR 243 • Avril 2004 11
É D I T O R I A L
Actualités sur l’épigénétique
Lavoisier, qui édite déjà de nombreuses publications scientifiques, a le plaisir de vous annoncer qu’elle devient, à compter de ce numéro, le nouvel éditeur de la revue Biofutur.
Vous trouverez bien entendu toutes nos coordonnées - pour correspondre avec la rédaction, vous abonner ou acheter des anciens exemplaires - à la fin de ce numéro.
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es temps changent, les mots restent et évoluent tout comme nos savoirs. Le domaine de l’épigénétique illustre bien cette idée. Le terme défini et utilisé pour la première fois en 1942 par Conrad Waddington a fait du chemin, comme nous l’explique dans ce numéro l’article de M. Morange « 60 ans d’épigénétique » (1). À ce tournant de son existence, le terme « épigénétique », qui initialement couvrait une définition très large difficile à cerner sur un plan opérationnel dans des approches expérimentales, prend une orientation plus ciblée. À ce titre, la recherche dans ce domaine va concerner les modalités de transmission de caractères cellulaires spécifiques non codés génétiquement.L’article « L’art et la manière de faire des nucléosomes»
d’A. Gérard et al. fournira quelques éléments permettant d’imaginer comment des informations (d’ordre structural) « non codées »par le génome peuvent être héritées ou non lors de la réplication de l’ADN. L’exemple de la«Méthylation de l’ADN et activité du génome »par G. Filion et P.A. Defossez présentera comment des modifications stables de la molécule d’ADN peuvent être impliquées dans le contrôle de l’information génétique et sa modulation.
Enfin, « L’inactivation du chromosome X chez les mammifères »de J. Chaumeil et É. Heard nous
fournira un modèle classique de régulation épigénétique.
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a question n’en étant qu’à ses prémices à ce stade, Biofuturpoursuivra ce dossier dans le numéro suivant afin d’aborder, entre autres, l’empreinte parentale, la mémoire épigénétique, les inhibiteurs d’enzymes capables d’interférer avec ces modulations, ainsi que les nouvelles informations sur les régulationsépigénétiques impliquant l’interférence ARN (RNAi).
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our conclure, le domaine de l’épigénétique après plus de 60 ans semble plus que jamais porteur d’énergie et promoteur d’idées, avec un esprit d’ouverture qui mérite d’être cultivé. Nous ne manquerons pas d’assister à la reconnaissance de son importance tant au niveau biotechnologique que médical.Geneviève Almouzni
(1) voir C-T. Wu, J.R. Morris (2001) Science293, 1103-5
© D.R.
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