BIOFUTUR 248 • OCTOBRE 2004 3
É D I T O R I A L
Bioterrorisme
agents infectieux et toxines, quels risques, quelles ripostes ?
De manière plus ou moins précise, chacun a pris conscience de la vulnérabilité de nos sociétés face au risque bioterroriste. Souvenons-nous de l’automne 2001 au cours duquel les États-Unis ont subi un épisode d’envoi d’enve- loppes contaminées par Bacillus anthracis. Inéluctablement, l’utilisation intentionnelle de la ricine, du charbon ou de la toxine botulique reviendra, tôt ou tard, perturber notre organisation mondiale. Le risque étant connu, avons-nous tout mis en œuvre pour éviter que le pire ne se produise ?
Notre inventaire des agents du bioterrorisme est-il correctement actualisé ? Celui-ci peut- il s’enrichir dans le futur, notamment du fait des progrès des biotechnologies ? Savons- nous diagnostiquer rapidement la présence d’agents biologiques dans notre environnement ? Possédons-nous les infrastructures ad hoc pour manipuler les agents dangereux en toute sécurité ? Disposons-nous des réseaux de surveillance pour analyser la propagation des agents infectieux ? Où se situent nos vulnérabilités ? Notre arsenal juridique est-il correc- tement adapté ? N otre industrie s’investit-elle-t-elle suffisamment dans l’effort de préparation des capacités de biodéfense et de prévention (kits de détection, médicaments,
vaccins) ? Est-elle incitée à le faire ?
Ces questions sont abordées dans ce premier dossier sur la biodéfense. Des solutions techniques existent mais l’intérêt pour la complémentarité des actions
à mener au niveau européen ne doit pas nous faire négliger la nécessité de disposer d’une capacité nationale forte. Beaucoup reste à faire, le défi
à relever dépendant largement d’une volonté politique.
André Ménez et Patrice Binder
Bioterrorisme
agents infectieux et toxines, quels risques, quelles ripostes ?
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