BIOFUTUR 241 • février 2004BIOFUTUR 245 • JUIN 2004 111
É D I T O R I A L
Le printemps des chercheurs Le printemps des chercheurs
Avec l’arrivée du beau temps et un gouvernement plus conciliant, le mouvement contestataire des chercheurs n’occupe plus le devant de la scène. Une victoire, certes, a été remportée dans cette bataille pour le nombre de postes disponibles, mais la guerre aura-t-elle lieu ? Des comités de réforme restent en place, mais au moment d’exposer leurs recommandations, l’élan de l’hiver sera difficile à retrouver. Tous s’accordent à reconnaître que les problèmes structuraux de la recherche en France sont immenses : les universités et les organismes de recherche sont imbriqués dans des organisations centralisées et statiques. En consé- quence, les barrières cinétiques à toute réforme sont très hautes et rendent la transition vers un autre état stable ex- cessivement improbable.
En revanche, à l’échelle des laboratoires, certains change- ments peuvent être effectués plus facilement. Comparés à d’autres systèmes d’organisation de recherche, par exemple ceux des États-Unis et de la Suisse, que je connais person- nellement et qui fonctionnent très bien, les laboratoires en France donnent l’impression d’un népotisme flagrant, où un premier poste stabilisé est souvent obtenu par une jeune chercheuse dans le même laboratoire où elle a obtenu son doctorat et a fortioripar un jeune chercheur. On peut comprendre l’envie des directeurs de rentabiliser leur in- vestissement, mais aux États-Unis et presque autant en Suisse, de telles pratiques sont jugées incompatibles avec le brassage, l’indépendance, la mobilité et la polyvalence indispensables à la recherche de haut niveau.
Sur ce point, il suffirait que tous les directeurs ex-démis- sionnaires acceptent cette logique et de nouveau signent un pacte.
Stuart Edelstein
© D.R.
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