École Normale Supérieure 24, rue Lhomond - 75231 PARIS CEDEX 05 LICENCE- MASTER DESSCIENCES DE LAPLANÈTETERRE- L3 9 décembre 2009 MATHÉMATIQUES- Partiel
Mathématiques L3– Correction de l’examen partiel du 18/11/09
Exercice 1
Trouver la racine positive de l’équationx2−x−1 = 0ou de x2 = x+ 1, revient à trouver le point fixe de l’équationx=F(x)avecF(x) =√
x+ 1. On sait (théorème 3.1 du cours) que la méthode de Picard converge siF est une contraction lipschitzienne. OrF′(x) = 2√x+11 ≤ 12 sur l’intervalleJ = [0,∞[. On peut donc partir d’un point arbitraire surJ pour converger vers le point fixe, ou la racine,asatisfaisant àa=√
1 +a.
Le processus itératif s’écritxn+1 =F(xn) =√
1 +xn=p
1 +√1 +xn−1. On a donc la convergence des itérés versa=
q 1 +p
1 +√ 1 +· · ·.
On remarque que la racine positive de l’équationx2−x−1 = 0, c’est une équation banale du second degré, esta= (1 +√
5)/2 = 1.61803....
Exercice 2
(1) Soit un maillage régulier de l’intervalle [a, b]enn sous-intervalles[xi, xi+1],1 ≤ i ≤ n, avecx1 = a et xn+1=b. Le pashdu maillage esth= b−na etxi=a+ (i−1)hpour1≤i≤(n+ 1). Sur un intervalle[xi, xi+1] la méthode des trapèzes est définie par :
Z xi+1
xi
f(x)dx≈h
2(f(xi) +f(xi+1)). (1)
Or on aRb
af(x)dx=Pn+1 i=1
Rxi+1
xi f(x)dx. D’après (1) il vientRb
af(x)dx≈Pn+1 i=1
h
2(f(xi) +f(xi+1)), soit :
Z b a
f(x)dx≈ h
2(f(a) +f(b)) +h
n
X
i=2
f(xi). (2)
Supposons maintenant quef(x) =CoùCest une constante. Son intégrale sur[a, b]estC(b−a). Par ailleurs, le second membre de (2) s’écrith2(2C) +hPn
i=2C=hPn
i=1C=nCb−na =C(b−a).La méthode des trapèzes est exacte pour les constantes.
On remarque qu’il suffit que la méthode soit exacte sur[xi, xi+1]pour qu’elle soit exacte sur[a, b].
Vérifions qu’elle est exacte pourf(x) =x. Dès lors, d’après ce qu’on vient de voir, elle sera exacte pourf ∈ P1, oùP1est l’espace des polynômes de degré un. D’après la remarque faite il suffit de vérifier l’exactitude de la formule sur l’intervalle[xi, xi+1]. Le premier membre de (1) est évidemment x2i+12−x2i = (xi+1−xi)xi+12+xi =
xi+1−xi
2 (xi+1+xi) = h2(xi+1+xi). Le dernier terme est exactement l’expression du second membre de (1) si f(x) =x. Ce qui conclut.
La méthode ne peut pas être exacte pourf ∈ P2, espace des polynômes de degré deux. Soitf(x) = x2, la formule serait exacte si on pouvait calculer exactement l’aire d’un arc de parabole sur un intervalle[xi, xi+1] par un trapèze. Ce qui est évidemment impossible.
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(2) Cette question est un très simple rappel du cours. On a ei(h) =
Z xi+1
xi
f(x)dx−h
2(f(xi) +f(xi+1)). (3)
(3) Soit la formule de Taylor avec reste intégral
f(x) =f(a) +f′(a)(x−a) + Z x
a
(x−t)f′′(t)dt. (4)
Introduisons la fonction
(x−t)+=
(x−t) six≥t
0 six < t. (5)
et considérons le terme intégral dans (4). On aRb a = Rx
a +Rb
x. Or sit ∈ [x, b]par définition(x−t)+ = 0et si t∈[a, x]par définition(x−t)+=x−t. On peut écrireRx
a(x−t)f′′(t)dt=Rx
a(x−t)+f′′(t)dt+Rb
x(x−t)+f′′(t)dt puisque la dernière intégrale est nulle. Nous avons doncRx
a(x−t)f′′(t)dt=Rb
a(x−t)+f′′(t)dt, et on a : f(x) =f(a) +f′(a)(x−a) +
Z b a
(x−t)+f′′(t)dt. (6)
Appliquons l’opérateurLà l’équation (6). Cet opérateur est linéaire en la fonction, c’est-à-dire que L(f1+f2) =
Z b a
(f1+f2)(x)dx−h 2
(f1+f2)(a) + (f1+f2)(b)
=L(f1) +L(f2).
On a donc en appliquantLà l’équation (6)
L(f(x)) =L(f(a)) +f′(a)L(x−a) +L
Z b
a
(x−t)+f′′(t)dt
.
CommeL(f) =Rb
a f(x)dx−h2(f(a) +f(b))avech=b−a,L(f)représente l’erreur de la méthode des trapèzes appliquée à la fonctionf définie sur l’intervalle [a, b]en la variable x. On a vu au (1) que la méthode est exacte pour les constantes et les polynômes de degré un. On a donc L(f(a)) = 0 etL(x−a) = 0. Il reste L(f) =L
Rb
a(x−t)+f′′(t)dt
oùLopère en la variable muettex, ce que l’on note parLx. Cet opérateur est constitué en partie par une intégrale enx. On a par définition deL:
L
Z b
a
(x−t)+f′′(t)dt
= Z b
a
Z b
a
(x−t)+f′′(t)dt
dx−b−a 2
Z b
a
(x−t)+f′′(t)dt|x=a+ Z b
a
(x−t)+f′′(t)dt|x=b
. (7) On peut intervertir les deux signes intégrales carf ∈ C2[a, b]etf′′est continue ; de plus la fonction(x−t)+
est (au moins !) continue en ces deux variables. Comme on travaille sur le compact[a, b]×[a, b], l’intégrable double existe et on peut (par le théorème de Fubini) intervertir les deux signes d’intégration. Il vient
Z b a
Z b
a
(x−t)+f′′(t)dt
dx= Z b
a
f′′(t)
Z b
a
(x−t)+dx
dt.
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Finalement d’après (7) on a : L
Z b
a
(x−t)+f′′(t)dt
= Z b
a
f′′(t)K(t)dt,
avec
K(t) = Z b
a
(x−t)+dx−b−a 2
(x−t)+|x=a+ (x−t)+|x=b .
On vérifie queK(t) =Lx((x−t)+).
CalculonsK(t) =Rb
a(x−t)+dx−b−2a
(a−t)++ (b−t)+
poura≤t≤b. Par définition on a(a−t)+= 0et (b−t)+ = (b−t)pour toutttel quea≤t≤b. On a donc
K(t) = (x−t)2+
2 |x=bx=a−b−a 2 (b−t), soit
K(t) =(b−t)2
2 −b−a
2 (b−t) = (b−t)(a−t)
2 .
Il est évident que la fonctionK est positive pour toutt ∈ [a, b], c’est là un point essentiel pour appliquer le théorème de la moyenne. Dès lors il existe un pointξ∈[a, b]tel que
Z b a
f′′(t)K(t)dt=f′′(ξ) Z b
a
K(t)dt.
et donc
e(h) =L(f) =f′′(ξ) Z b
a
K(t)dt.
Le calcul de l’intégrale deKest élémentaire, il suffit de développer ce polynôme et d’intégrer terme à terme.
On trouveRb
aK(t)dt= 121(a−b)3=−121h3et donce(h) =−121h3f′′(ξ).
Comme la dérivée seconde d’un polynôme de degré un est nulle, la méthodes des trapèzes est exacte sif ∈ P1. Par contre la méthode est inexacte pour tout polynôme de degré supérieur ou égal à deux. On dit que cette méthode est d’ordre un (ne pas confondre avec l’ordre de l’erreure(h)qui est d’ordre 3 enh).
Exercice 3
L’espace des polynômes de degré inférieur ou égal à deux est stable pour l’opérationf →tf′−f. En vertu du même principe qu’à l’exercice 3 cherchons une solution particulière de la formexp(t) = αt2+βt+γ. En remplaçant dans l’équation, il vientt(2αt+β) =αt2+βt+γ+t2soit, en identifiant les coefficients des termes de même degré : α = 1,γ = 0et β quelconque. On peut donc prendreβ = 0 etxp(t) = t2 est donc une solution particulière. Calculons les solutions xh de l’équation homogène. On atx˙ = x, soit xx˙ = 1t; il vient logx= logt+ logCou encorexh(t) =CtoùCest une constante.
La solution générale est doncx(t) =xp(t) +xh(t) =t2+Ct.
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Exercice 4
Cet exercice ne nécessite que des calculs triviaux que nous ne détaillerons pas.
(1) Soit l’équation
y′′+y′+ (−2 + 3 x− 2
x2)y= 0, (8)
montrons quef(x) =exx est une solution particulière. On vérifie que
f′(x) = ex
x 1−1 x
! ,
et
f′′(x) =ex
x 1−2 x+ 2
x2
! .
Par conséquent
f′′(x) +f′(x) + (−2 + 3 x− 2
x2)f(x) = 0.
(2) Soitλune fonction telley=λf. On a :
y′=f′λ+λ′f, et
y′′=f′′λ+ 2λ′f′+λ′′f.
Portons ces expressions dans l’équation (8).
f′′λ+ 2λ′f′+λ′′f+f′λ+λ′f+ (−2 + 3 x− 2
x2)λf = 0, soit
λ f′′+f′+ (−2 + 3 x− 2
x2)f
!
+ 2λ′f′+λ′′f+λ′f = 0.
Commef est une solution particulière de l’équation, le facteur deλest nul. Il reste 2λ′f′+λ′′f+λ′f = 0.
Posonsω=λ′,ωvérifie donc l’équation du premier ordre 2ωf′+ω′f+ωf = 0, ce qui, par les expressions defetf′, donne
ω′=ω −3 + 2 x
! .
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