C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
A LBERT B URRONI
Algèbres graphiques (sur un concept de dimension dans les langages formels)
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 22, n
o3 (1981), p. 249-265
<
http://www.numdam.org/item?id=CTGDC_1981__22_3_249_0>
© Andrée C. Ehresmann et les auteurs, 1981, tous droits réservés.
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ALGÈBRES GRAPHIQUES
(Sur
un conceptde dimension dans les langages formels )
p ar
Albert BURRONI
à E. B. e t H. C.
CAHIERS DE TOPOLOGIE E T GEOMETRIE DIFFERENTIELLE
Vol. XXII -3
(1981)
3e COLLOQUE
SUR LES CA TEGORIES DEDIE A CHARLES EHRESMANNAmiens,
Juillet 1980INTRODUCTION.
Dans la
première partie
de ce résuméje
montre que les structures suivante s :les
catégories,
lescatégories
à limitesfinies,
les topos,sont
équationnelles
sur lacatégorie
desgraphes (notée G1ph).
On peutajouter
à cesexemples:
lescatégories
cartésiennesfermées, monordales,
monoidales
fermées,
lescatégories abéliennes,
lesgroupoides,
lespréor- dres,
lestriples,...
bref «toutes» les structures étudiées en propre par lescatégoriciens.
Autrementdit,
non seulement ces structures peuvent être décrites au moyen d’un«langage graphique»,
cequi
est assezévident,
maisplus précisément
au moyen d’un«langage graphique équationnel»,
cequi
n’est
plus
une évidence comme on pourra le voir sur lesexemples
de la Par-tie I. Un
langage
estéquationnel
s’il peut se déduire au moyen desymboles
fonctionnels et
d’égalités
de termes. Unlangage
estgraphique
s’il décritdes structures dans
Grph ( et
nonplus
dans lacatégorie
des ensemblesEns comme les
langages
usuels enLogique).
Deplus
ces structures sont sontfinitaires,
il en résultequ’elles
sonttriplables
surGrph ,
i.e, danschaque
cas il existe untriple
T surGrph
dont elles sont lesT-algèbres.
Nous les
appellerons
desalgèbres graphiques ( relatives
à T).
J’ai développé
cette notiond’algèbre graphique
pourl’ appliquer
àune
description
de la théorie des modèles. De cepoint
de vue un modèleest un
homomorphisme d’algèbres graphiques M: T -> E
oùT
est une thé- oriemathématique
et E est «l’univers dudiscours».
La nature de cesalgè-
gre s
graphiques dépend
du type delogique
utilisé et desmodèles m
à dé-crire. Notamment
lorsque
T est une «théorie de structuregraphique»
etE
=Grph, M lui-même
est une structuregraphique.
La deuxième
partie
de ce résumé est uneanalyse
deslangages
for-mels.
Je dégage
un concept de «dimension»qui
mesure un ordre decomplex-
ité de ces
langages
etqui
a desanalogies
avec celui utilisé enTopologie
dans la
description
desCW-complexes.
Dejà
lelangage
de lalogique classique
dupremier ordre,
à une ouplusieurs
sortes, faitapparaître
cephénomène:
- en dimension 0 sont décrites les sortes dont on « déduit » les types ;
- en dimension
1 ,
lessymboles
fonctionnels etrelationnels,
dont on«déduit» les termes et les
fomnules ;
- en dimension
2,
les axiomes dont on déduit( sans guillemets ... )
lesdémonstrations.
Mais le
point
dedépart
de ce travail a été pour moi derépondre
àla
question simple
suivante:qu’arrive-t-il
en théorie des modèles si ongé-
néralise la notion deprédicat n-aire R
CMn ( n
eN )
en celle de«fibré
n-aire » p: E->
M"
où p est uneapplication quelconque
et pas seulement une inclusion? Onpourrait répondre
que cela revient àajouter
une sorte deplus ( celle
deE )
etremplacer
unprédicat R
par unsymbole
fonctionnel p . Mais il estégalement
intéressant deregarder
p comme un«prédicat gé-
néralisé»: c’est en effet cequ’on
faitlorsqu’on
passe de la structure d’en- semblepréordonné
à celle decatégorie qui
lagénéralise:
la relation bi-naire du
préordre
estgénéralisée
en un fibrébinaire,
i.e. en ungraphe E -> M .
On constate alors que lespropriétés
que doit satisfaire pour être unpréordre
sontmétamorphosées
endonnées
sur legraphe E 3 M
pouren faire une
catégorie.
Parexemple
lapropriété
de transitivité dupréordre
devient la donnée de la loi de
composition
de lacatégorie.
Ces nouvelles donnéespeuvent
être alors soumises à de nouvellespropriétés qui
sont enquelque
sorte à la«dimension» supérieure.
En l’occurence la loi de compo- sition doit être associative. Lesexemples
de telles situations sont nom-breux ;
ainsi toutes lesalgèbres graphiques
consistent en la donnée d’unfibré binaire p : E ->
M2 ,
de lois etd’équations
sur ce fibré.Ces
exemples
s’arrêtent dans leurdescription
à la dimension 3. Enrevanche,
dans lemême esprit, l’emploi
d’unlangage
de dimension 4 est utile pour décrire parexemple
la structure de2-catégorie.
Pour fixer lesidées disons que la
donnée
de l’ensemble D des 2-cellules d’une 2-caté-gorie
est celle d’unfibré
D ->G(->) ( voir
notationsplus loin),
où G estle
graphe sous-jacent
des1-cellules,
l’arité de cefibré
n’étantplus
unentier comme en dimension 3 mais la « formule » « X-> Y b
qui
se réalisesur l’ensemble des
«graphes
intemes» de G etqui
dans le cas où G estseulement un
préordre
se réduit à la formuleclassique
« X YA
XY ».
D’autres
exemples
nous conduiraient à des dimensionsplus
élevées et mê-me
infinie,
comme parexemple
lescatégories
dont les Hom sont munis destructures d’ensembles
simpliciaux.
Cesexemples expliquent, d’ailleurs,
une
partie
del’analogie
queje
fais avec lesCW-complexes.
Je
termine cette deuxièmepartie
en résumantquelques
argumentsqui indiquent
que ce concept de dimension peut avoir un sensintrinséque.
Il concerne alors toute
T-algèbre
où T est untriple
sur unecatégorie quel-
conque E .
Lorsque
E =Ens ,
la dimension peuttoujours
se réduire à0,
c’est sans doute ce
qui explique
que cephénomène
ne semble pas avoir attiré l’attention. Par contre avec E =Grph
cette dimension peut être ir- réductiblement aussi élevée que l’on veut.Indiquons
brièvement les liensqu’il
peut y avoir entre monpoint
devue et d’autres sur des
sujets
voisins. Une formulationcatégorique
de lathéorie des
modèles
se trouve chez de nombreux auteurs, citons enparti-
culier
Bénabou,
M.Coste,
M. F.Coste, Diers, Ehresmann, Guitart, Joyal, L air, Lawvere, Makkai-Reyes, Volger, ...
Dans ce travail ils’agit d’une
formulation entièrement
graphique, plus proche
des travaux deLambek
maiségalement
desesquisses d’Ehresmann, Lair, Conduché,
A. Burroni. Ce quej’ai
fait estplus précis
que de démontrer parexemple
que les topos sont«esquissables»,
cequi
assure seulement l’existence de topos libres sur lesgraphes
ou encorel’équationnalité
sur lescatégories; j’ ai montré l’équa-
tionnalité sur les
grcaphes
et ceci parce que d’une certainefaçon, j’ai
cons-truit une
esquisse
de toposadéquate.
Apartir
de mon travail on retrouve-rait une confirmation de ce fait en utilisant les critères de
triplabilité
desstructures
esquissables formulés
par Lair( Diagnxmme,
Volume1). Freyd
a
publié
un article sur le«langage diagrammatique»
et on m’asignalé
que Blanc adéveloppé
un«langage graphique »
dans sa thèse.Enfin
je
ne peux terminer sans dire que certaines intuitions con- tenues ici datent del’époque
oùj’étais,
encoreétudiant,
élève de CharlesEhresmann.
Je
lui dois -parmi
tant d’autres choses - mespremiers
balbu-tiements dans le
langage
desgraphes ( orientés ... ).
NOTATIONS. Un
graphe
est la donnée de deuxensembles,
l’ensemble desobjets
M et l’ensemble desflèches E ,
et de deuxapplications
de la formes,
b:
E 4M.
Lesgraphes
forment lesobjets
d’un toposEns
Les no-tations
symbolisent, respectivement,
legraphe
à unobjet
et pas deflèche,
le gra-phe
à deuxobjets
et uneflèche
lesreliant,
legraphe
à deux flèchesparal- lèles,...
SiG,
D sont desgraphes,
unhomomorphisme
degraphes
D-> Gest
appelé diagramme de typ e
D dansG ,
leur ensemble sera notéG( D) .
En
particulier G (. ) = M, G( ->) = E .
Demême,
si u : D’ -> D est un homo-morphisme
degraphes, G(u): G(D)-> G(D’)
est uneapplication appelée projection;
elle estdéfinie
par :G(u)(d)
= d o u, pour toutd: D->G.
Enparticulier
s, b sont desprojections.
Par contre, si
E
est unecatégorie
etS
ungraphe,
on noteEW
la
catégorie
dont lesobjets
sont les foncteursXl- D ;
notamment, la ca-tégorie Ens ("4)
ci-dessus est ainsidéfinie.
1. STRUCTURES GRAPHIQUES.
Une
loi ( graphique )
sur ungraphe G
est uneapplication
de la formew : .
G(D)-> G( D’) ,
, oùD, D’
sont desgraphes.
Elle associe à tout dia- gramme detype D
undiagramme
de type D’ dansG.
On dit que oi est unD uplet
de lois D-aires.A
partir
d’une famille de lois on peut construire inductivement de nouvelles loisqu’on appellera
des termes( et qu’on
devraitappeler
des«réalisations de
termes »).
Uneéquation ( graphique )
est alors unepropriété qui s’exprime
par uneégalité
s = t , oii s, t sont des termes. Unethéorie
équationnell e
(graphique)
T fixe la forme des lois et deséquations.
Ungraphe
muni de telles lois etéquations
est alorsappelé
unealgèbre
gra-phique ( relative
à T).
La construction inductive des termes se fait en utilisant les lois données par la
théorie,
lesprojections ( i. e,
lesapplications
de la formeG(u)),
lacomposition
et aussi une notion de «recollement» de termes.Dans un
prochain
articleje
donnerai unedescription complète
de cetteconstruction
qui
serafacile,
aposteriori,
àpartir
de cepremier
travail.Mais dans ce résumé
j’ai
voulu éviter cette notion de « recollement» etj’ai
fait en sorte, comme dans
l’exemple
1ci-dessous,
de ne pas avoir besoin de l’utiliser et que lesexemples
se suffisent àeux-mêmes.
EXEMPLE 1 : LES CATEGORIES.
On
définit
usuellement cette structure sur ungraphe
G par deux loiso :
G (->->) -> G (-> ) ( composition ), id : G ( . ) -> G (->) ( identités )
soumises aux
équations
pour tout
On constate tout de suite l’une des difficultés des structures
équationnelles
sur les
graphes -
difficultéqui
ne seprésente
pas sur les ensembles: Leséquations (2)
et(4),
c’est-à-dire les termesqui
yfigurent,
ne peuvent avoir de sens que si leséquations ( 1)
et( 3)
ont étépréalablement
écrites.Nous
appellerons
par la suite de telleséquations
des«équations
deposi-
tion». En fait on peut
toujours
éviter une telle situation enintroduisant
des lois
plus compliquées.
Nous allons le faire pourl’associativité.
Au lieu de la loi o et des
équations ( 1)
et( 2 ) ,
onconsidére
leslois et
équations
suivantes. Onnégligera
dans lesdiagrammes
la notation desobjets.
Lapremière
loi associe àtout . ->u.->u.
lediagramme
avec les
équations
La
deuxième
loi associe àtout .->u.->v->w.
lediagramme
avec les
équations (en abrégé):
Il est clair que ceci
équivaut
à définir surG
une loi decomposition
asso-ciative. On laisse au lecteur le soin de
vérifier
que des définitions analo- gues sontpossibles
pour les «éléments neutres s. On obtient ainsi une dé- finitionéquationnelle
très nette de la structure decatégorie
surG.
Dans les
exemples
suivants nousnégligerons
de faire ce genre de trans form ationsfaciles.
EXEMPLE 2: LES PREORDRES.
On les obtient en
ajoutant
à la structure decatégorie l’équation
u = v pour tout ,
v
EXEMPLE 3: CATEGORIE MUNIE D’UN
OBJET
FINAL.Il est donné par une
«constante-objet» 1: G(O)-> G(. ),
mais ladéfinition
usuelle «pour toutobjet X
il existe un et un seulmorphisme
x -
1» n’est paséquationnelle.
On se donne donc une loi 17:G(.) -> G(-> ),
avec les
équations
Pour avoir
l’unicité,
onajoute
leséquations (
pour toutOn en
tire,
eneffet,
pourf: X->1 ; f = id (1) of = TI ( 1 ) 0 f = n(X).
EXEMPLE 4: L E S
ADJON CTION S.
Cet
exemple
est, enfait,
à «deux sortes». Sonintérêt
est de fixerla
tenninologie
dont nous aurons besoin et de faciliter lacompréhension
des autres
exemples.
Uneadjonction
est unsextuplet ( G, H, U, F,I, J ) formé
de deuxcatégories G, H ,
deux foncteursU ;
H -G, F:
G -H,
deuxtransfonnations naturelles
l: idG -> UF, J: FU -> idH .
Cesdonnées
sa-tisfont les
«équations»:
En
abrégé
on écrit(I, J); F -| U ou simplement F -1
Ü. Lesadjonctions
forment les
objets
d’unecatégorie Adj.
P ROPO SITION. Le
foncteur d’oubli Adj -> Grph.2: ( G, H, U, F, l, J ) |->(G, H)
(on
note encoreG le graphe sous-jacent à la catégorie G)
esttriplable.
Pour la preuve
je
renvoie àl’Exemple
5 ci-dessousqui
en donne lesdétails dans un cas
particulier.
EXEMPLE 5: LES CATEGORIES A PRODUITS FIBRES.
Comme dans le cas de
l’objet final,
la définition des limites n’est pas apriori équationnelle.
En réalité elle ne peut pas même êtreformulée,
en
général
par des loisgraphiques puisque
celles-ci devraient être définiessur des
diagrammes
non pasquelconques
mais commutatifs. Mais même dans les cas suivants utiles pour la construction de limitesquelconques:
les
produits ( finis
ouinfinis),
les noyaux( simples
oumultiples),
les pro- duitsfibrés,
où 1’«arité» de la loi est undiagramme
sans condition de com-mutativité la
propriété
des limitess’exprime
usuellement non pas par deséquations
mais par des «formules de Hom ». En réalitéj’ai
montré que danschaque
cas, par des constructions astucieuses etchaque
foisdifférentes
onparvient
à donner des définitionséquationnelles.
Icije
me limite au seulutilisé
plus loin,
celui desproduits
fibrés. Pour ceux-ci la difficultévient des mots «...pour tout carré commutatif ... »
qui exprime
unquantifi-
cateur universel
(graphique)
borné. En faitje
vaisdémontrer qu’une
ca-tégorie
àproduits
fibrés estéquationnelle grâce
à une de leurspropriétés caractéristiques qui
n’utilise que destriangles commutatifs.
Cestriangles
sont
définis
entièrement par la donnée de deuxflèches X "-> m X’ ->P X ,
donc sans condition de commutativité.
Soit G une
catégorie
et u : X - Y unmorphisme.
Ondéfinit
un fonc-teur u, :
G / x -> G/ Y,
oùG/ X, G/ Y
sontrespectivement
lescatégories
des«objets
au-dessus» de X et Y etoù ul (p) = u
o p pour toutobjet
p deG/X .
Se donner desproduits
fibrés sur G revient à se donner pour tout uune
adjonction (I u ,Ju ) ;
uj-1 u * . Je
vais détailler ces données defaçon équationnelle
surGrph ,
mais dans un cadre àpeine plus général
cequi
en facilitera la
compréhension
et sera utile par la suite.On va donc se donner
équationnellement
pour tout u uneadjonction :
Pour
abréger
la définition d’une loi ce :G(D) -> G(D’) je
donnerai sur unmême
diagramme
en traitspleins
lesflèches
de D et enpointillés
lesflè-
chee de D’ . Ces
diagrammes
contiennent en eux-mêmes desequations
deposition
queje n’expliciterai
pas. On se donne d’abord quatre lois :soumises aux
équations
suivantes: d’abord cellesqui
font devu, F.
deshomomorphismes
degraphes :
puis
cellesqui
en font desfoncteurs :
où
Maintenant
introduisons les transformations naturelleslu, J u ( ou plutôt,
comme pourF , Uu ,
lesflèches qui
lesdéfinissent):
On
exprime
leur naturalité par leséquations :
Reste enfin à écrire les
équations d’adjonction:
Remarquons
en passant que le sens de laflèche
u n’ajoué
aucun rôle(en
fait la flèche elle-même n’a
joué jusqu’ici
aucunrôle).
Pour décrire
l’adjonction
souhaitée ul-| u*
il suffit de faire coin-c ider u j
avecFu par les équations :
On peut alors
prendre u *
défini parlJu ,
cequi
termine la preuve.Evidemment si G est muni de
plus
d’unobjet final,
G admet toutesles limites
projectives finies.
Dualement ondéfinit
les limites inductivesfinies.
EXEMPL E 6: LES CATEGORIES LOCALEMENT CARTESIENNES FERMEES.
Ce sont les
catégories G qui
admettent unobjet
final 1 et pourlesquelles chaque G/ X
est cartésienne fermée( définition
due àPenon).Si
dans la construction
précédente
on inversait le sens de laflèche u ,
celane
changerait
riend’ es sentiel ;
alorsu *
étantconstruit,
on peut construire de même un nouveladjoint
àgauche M*-|
u* , donc cettefois-ci
en faisantcoïncider
u *
avecFu .
Ceciéquivaut
à faire de G unecatégorie
localementcartésienne
fermée,
enparticulier
cartésiennefermée.
EXEMPLE 7: LES TOPOS.
Pour faire du
graphe G
un topos on commence par se donner sur luiune structure
équationnelle
decatégorie
à limites finies et cartésienne fer- mée. Alors à toutmorphisme u: X->
Y peut être associé undiagramme
dela forme
où
X-> i->Coim (u)
est le conoyau duproduit fibré X x Y X ->X , Im (u) J -> Y
est le noyau de la somme
amalgamée Y =>Y + X Y,
toutes ces constructions étantéquationnellement descriptibles :
on a évidemment unmorphisme
Or on sait que dans un
topos
u’ estinversible;
on peut donc dé- finir sansrisque
deux«lois-flèches» u |-> u’, u |->u"
soumises auxéqua-
tions
Il en résulte en
particulier
que toutmonomorphisme
est un noyau.Il ne reste
plus qu’ à
introduire par une«constante-flèche»
le mor-phisme
classifiantPour
exprimer
lapropriété d,e
classification on se donne une loi(-> )-aire qui
associe à toutmorphisme
u:X -> Y
undiagramme
de la fonnecommutatif et où l’indication
p.f.
dans un carréindique qu’il
est cartésien.Mais pour être
complet
disons que cettedernière
conditions’exprime équa-
tionnellement en
ajoutant
unisomorphisme
entrelm ( u )
etvrai *(
Y->ÇI )
commutant avec le reste de la
figure,
car iln’y
a aucune raison pour queces deux
objets
coïncident.Donc tous les
exemples précédents
conduisent au résultat suivant THEOR EME. Lacatégorie des topos (avec choix canoniques, c f. Remarque 1)
esttriplable
surla catégorie des graphes. * )
La
possibilité d’exprimer équationnellement
dans un topos l’existen-ce d’un
objet
des entiers reste ouverte.R EM AR QU E S. 10
Quand je parle
de«catégorie
à limites » ils’agit
évidem-ment ici de
catégories
munies de limites«canoniques»;
même chose pourtoutes les données de ce genre, par
exemple
pour lemorphisme
classifiant 1 -> fl dans un topos, cequi
donne aussitôt parproduits
fibrés des sous-objets «canoniques ».
2o Dans un
prochain
articleje développerai
la notion delangage à W-
sortes,
où Xl
n’estplus
un ensemble mais ungraphe.
Le cas deslanga-
ges
graphiques
est obtenupour 1 = (=>) .
Pour décrire parexemple
les ca-tégories
doubles ou les2-catégories
on utilisera d’autresgraphes S.
II. LES
FIBRÉS
n.AIRES. DESCRIPTION DES LANGAGES FORMELS.1 .
Construction des
termes etdes formules.
Les
opérateurs
usuels de lalogique classique
dupremier
ordrepeuvent se réaliser dans diverses
algèbres graphiques adéquates (citons
notamment: les
catégories logiques
deVolger,
lescatégories
àdéduction
de
Bénabou,
les topos,etc...).
On réalise des modèles dans cesalgèbres graphiques
en construisant par induction les notions de termes et de for- mules d’unlangage.
Pour fixer les idées prenons par
exemple
unecatégorie G
munie*) Je
dois à L ambek de m’avoirsignal é
qu’un e p remi ère d émonstratio n était in-d’un
objet
final1 ,
d’unobjet
initial 0 et pour tout u : X -> Yd’adjonctions
de la forme
où les
premières
sontdéfinies
comme dans la Partie I et où u ? est la no-tion duale de
M/
dansG°p ,
i.e.u?(q)
= q o u pour tout q: Y 1Y’.
Rappelons brièvement
comment, dans une tellealgèbre graphique,
on peut
interpréter
unlangage classique ;
Les limites
projectives
finies donnéespar 1
et lesu *
permettent les«changements
de variables ». Parexemple
dansG
=Ens ,
àpartir
dupré-
dicatRCM2
et du«changement»
on construit la fonnule
atomique R(x,y)
par unproduit
fibré(Remarque:
Poursimplifier
dans tout cet articleje
confonds volontiersles notions
syntaxiques
avec leurs réalisationssémantiques : R(x, y)
icin’est pas, à vrai
dire,
une formuleatomique
mais sa réalisation dansG.)
Avec les mêmes
données
onexprime également
les connecteurs T, A. Les noyaux permettentd’écrire
leséquations.
Les ul et les limites
projectives
finies permettentd’exprimer
lestermes.
Les
u+ ,
avec0 ,
permettentd’exprimer
les limites inductives finieset donc les
images.
Avec lesimages
onexprime
lesquantificateurs 3x,
...et le connecteur V .
Finalement les
exponentielles, données
par les u* , permettent d’ex-primer
les connecteurs => et lesquantificateurs dx,
... Lanégation 1
et -L
utilisent,
deplus,
0 pours’exprimer.
Ceci n’est évidemment
qu’un exemple
et on choisit telle ou telle formed’algèbre graphique G
selon le type delogique
que l’on désire ex-primer (classique, intuitionniste,
d’ordresupérieur, graphique, etc...)
etla nature des
modèles
à réaliser. On peut parexemple
citer deux cas ex-trèmes :
G pourrait
être un topos ;G pourrait
aussi êtresimplement
unecatégorie
monoidale(pour
réaliser des monoides parexemple).
2. Description de
structures.Commençons
par unexemple:
la notion decatégorie généralise
celle d’ensemble
préordonné (on
peut caractériser ceux-ci comme les ca-tégories
danslesquelles
tous lesdiagrammes
commutent!).
Faisons un ta-bleau mettant en
parallèle
les données usuelles sur ces deux structures.Les nombres entiers
figurant
dans lapremière
colonne sontappelés dim en- sions ;
ils numérotent lesétapes
de la construction.où par
exemple E(x,y) désigne -
defaçon quelque
peuincomplète -
leproduit
fibréobtenu par le
changement
de variableLes notations
xA , =>A ,
où A est unensemble, désignent respectivement
le
produit
etl’exponentielle
dans lacatégorie Ensl A .
Considérons
maintenant une situationplus générale:
une structuredu
premier
ordre estdécrite
par dessymboles
fonctionnels etrelationnels,
et
plus généralement
pour ces derniers par dessymboles
de«fibrés» (un
fi-bré
n-aire est uneapplication
de laforme E - Mn ).
On observe dans la construction d’une syntaxe et de ses réalisationssémantiques
une séried’étapes (les dimensions)
que nous allonssuggérer
par un tableau très informel:Enfin la
description
de la théories’achève
à la dimension 3 par ladonnée
d’un ensembled’équations (commutation
dediagrammes)
et la thé-orie est en fait obtenue comme
quotient
de la congruenceengendrée
parces
équations.
Expliquons quelques détails :
lo Les fonnules des
fibrés
ne sont pas celles obtenues par les con- necteurs usuelsA, V ,
=>, ... mais par leursanalogues
pour lesfibrés,
i.e.xMA , + M A , => M A ,
... ,où A = {x,y,z , ...1 }
est un ensemble de variables.Le connec-teur
V
est en faitexprimé
à la dimension 2 - par uneimage
ducoproduit +MA (qui
coïncide d’ailleurs avec lecoproduit + ).
Les deuxautres se réduisent
automatiquement
àA
et =>lorsque
lesfibrés
sontdes
prédicats.
2o On peut
exprimer
de diverses manières - à la dimension 2 -qu’un
fi-bré
1 : 4Y - M’
est unprédicat,
i.e. unmonomorphisme.
On peut se donner parexemple
un «axiomes de laforme j : lm (1) - O
etexiger
au niveau deséquations
que lediagramme
suivant commute :où les
flèches
non nomméesreprésentent
ladécomposition canonique
de i .3° Les termes, tout comme les
démonstrations,
sont obtenus par com-position (
= modus ponens, pour lesdémonstrations)
et en utilisant les limitesprojectives finies.
On constate alors que le processus de construction d’un
langage
formel est formé d’une série
d’étapes,
chacune de même nature,qu’on
peut schématiser ainsi :où
ÎÀ symbolise
unopérateur qui
fait passer d’ungraphe
àl’algèbre
gra-phique qu’il engendre,
en respectant les structuresgraphiques
obtenues auxétapes précédentes.
3. Dimens ions.
Cet
opérateur ÎÀ («libre relatif») suggère
la situationgénérale
suivante :
Soit
U:
E ’ - E unfoncteur, A
unobjet
de E’ et undiagramme
que nous
interprétons
comme une«adjonction
d’une celluleX - X à A
aumoyen du
morphisme X - U ( A )
». On peut chercher à fermer cediagramme
de
façon
universelle par unmorphisme A-> A
dansE’
et un carré commu-tatif dans E
i.e. ces données doivent factoriser de
façon unique
par unmorphisme
deE’
de source A tout autresystème
de données de cette nature. Cette cons-truction de A combine les notions de somme
amalgamée
etd’objet libre:
on obtient- ce demier cas
pour X
=0 ,
A - 0(objets initiaux).
Soit
U: Alg(T) -> Ens
le foncteur d’ oubli d’unecatégorie d’algè-
bres d’un
triple
T sur Ens .Supposons
que X->U (A)
soit unmorphisme d’adjonction,
i.e. A estl’algèbre
libreengendrée
parX .
Dans ce cas Aest encore une
algèbre
libreengéndrée
parX .
Parexemple,
si T est letriple
des anneauxcommutatifs,
la formuleexprime
que, si l’onadjoint
formeliement de nouveaux éléments à un anneaulibre,
le résultat est encore un anneaulibre ;
ceci essentiellement parce que Ens est unecatégorie
booléienne : touteréunion (
sommeamalgamée )
se ra-m ène à une réunion
disjointe.
Par contre, avec unecatégorie
telle queGrph lorsqu’on adjoint
formellement ungraphe
à unealgèbre graphique libre,
laconstruction
précédente
donne unealgèbre graphique qui
peut neplus
êtrelibre.
Pour illustrer ce
phénomène je
me contenterai de donner un exem-ple
élémentaire: T est la théorieéquationnelle
surGrph présentée
parune seule loi w:
G(.)-> G(-> )
et une seuleéquation S (w(X)) = X.
L’al-gèbre graphique
libreA engendrée
par legraphe ( . )
réduit à un seul ob-jet
a la forme suivante :Si on
adjoint
formellement à cegraphe
un nouvelobjet, l’algèbre graphique
A obtenue par
adjonction
d’une cellulequi
a donc la forme(.)-> ( .. )
estle
coproduit
de deuxcopies
deA ,
cequi
est évidemment le même résultat que si on avait tout de suite construitl’algèbre
libreengendrée
par( .. ) .
Par contre si on
adjoint
formellement àA
uneflèche
comme ceci:l’ algèbre graphique
A a la forme suivantece
qui
n’estplus
unealgèbre libre.
Nous dironsqu’elle
est dedimension
1 - les
algèbres
libres étant pardéfinition
de dimension 0 . On peutévidem-
ment
adjoindre
de nouvellescellules,
parexemple
sur A une flèche Z ->Y’ ,
etc... ; on
s’éloigne
encore un peuplus
desalgèbres
libres.Le fait que
parfois
cesadjonctions n’augmentent
pas réellement ladimension,
parexemple
dans le cas( .. )
étudiéci-dessus,
n’est pas trou- blant.Après
tout même entopologie
le concept de dimension n’est pas sim-ple :
une cellule de dimension n - c’est-à-direl’espace
desa le même type
d’homotopie qu’un point - c’est-à-dire
que sa dimension àhomotopie prés
est O. Cette réductionsystématique
à la dimension 0 n’ar-rive pas seulement dans le cas
ensembliste,
mais aussi pour certaines thé- ories surGrph
comme parexemple
la théorie descatégories.
D’autres
exemples
de ces réductions de dimension sont donnés dans la PartieI, puisque justement
nous avonsprouvé
parexemple
quel’esquis-
se de topos est
réductible
à la dimension 0 surl’esquisse
degraphe (4 )
et non pas
algèbrique
seulement surl’esquisse
decatégorie,
cequi
con-sisterait à dire
qu’elle
est de dimension 2 surl’esquisse
degraphe.
U. E.R. de