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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Ecole Polytechnique Aléatoire, MAP311

Eléments de correction

de la rubrique "Pour en savoir plus"

Amphi 6 - E. Gobet

L’objectif est d’approfondir quelques propriétés des fonctions caractéristiques et d’en mon- trer quelques applications.

Question 1. Que dire sur la v.a.X siΦX(u) =eihm,uipour un certain vecteurm∈Rd?

Solution.Si P(X =m) = 1(c’est-à-dire X est presque-sûrement constant et égal à m), sa fonction caractéristique est bieneihm,ui. Par le théorème de caractérisation unique de la loi par la fonction caractéristique, on a doncX =m p.s..

Question 2. SiXa pour fonction caractéristiqueΦX(.), quelle variable aléatoire a pour fonction caractéristique u7→ |ΦX(u)|2?

Solution.SoitXe une variable aléatoire de même loi queX et indépendante de X : on a que ΦXe(u) =E(eihu,−Xei) =E(e−ihu,Xi) = ΦX(u). Ainsi, par indépendance de X etX,e

ΦX

Xe(u) = ΦX(u)Φ

Xe(u) = ΦX(u)ΦX(u) =|ΦX(u)|2.

La v.a. X−Xe a donc pour fonction caractéristique u7→ |ΦX(u)|2.

Question 3. Si|ΦX(u)|= 1pour tout |u| ≤ε(pour un certain ε >0), que dire deX?

Solution.Nous allons montrer que la v.a.Xest presque-sûrement constante : siε= +∞, cela découle directement du théorème de caractérisation unique des lois. Le cas ε fini est plus technique.

En fait, il suffit de montrer le cas X de dimension 1, car siX = (X1, . . . , Xd) la propriété s’écrit "|ΦXi(ui)|= 1 pour tout |ui| ≤ε" en prenant u= (0, . . . ,0, ui,0, . . . ,0).

En appliquant la question 2 et en prenant la même notation pour X, on déduit quee Z = X−Xe est tel queΦZ(u) =|ΦX(u)|2= 1 pour tout |u| ≤ε. La loi deZ étant symétrique, sa fonction caractéristique est réelle et ainsi ΦZ(u) = E(cos(uZ)), tout en valant 1 pour

|u| ≤ ε. Pour de tels u, sur un ensemble Ωu de probabilité 1 on a cos(uZ) = 1, c’est- à-dire uZ ∈ 2πZ. En prenant u = n−1 avec n assez grand, sur l’intersection ∩n≥1n−1 (encore de probabilité 1), Z ∈ 2nπZ pour tout n assez grand. Cela prouve que Z = 0 p.s. , ou encore X = Xe p.s. . S’il existait un réel x tel que p = P(X ≤ x) ∈]0,1[ alors P(X ≤ x < X) =e P(X ≤ x)P(x < X) =e p(1−p) > 0 contredisant que X = Xe p.s. .

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Ecole Polytechnique Aléatoire, MAP311

Cela prouve ainsi que pour tout x, P(X ≤ x) = 0 ou 1, c’est-à-dire que la v.a. X est

presque-sûrement constante.

Question 4. Que dire sur la v.a.X si X et Y sont indépendants et si X+Y a même loi que Y ?

Solution.Nous allons montrer que X= 0 p.s. .

SiXetY sont de carré intégrable, leur indépendance donneVar(X+Y) = Var(X)+Var(Y) et c’est aussi égal à Var(Y)par hypothèse. Ainsi Var(X) = 0, ce qui prouve que la v.a.X est presque-sûrement constante, disons égale àm. Un calcul d’espérance donnem+E(Y) = E(X+Y) =E(Y), donc m= 0.

Maintenant, ne supposons plus que X et Y sont de carré intégrable. Le calcul sur les fonctions caractéristiques donne

ΦY(u) = ΦX+Y(u) = ΦX(u)ΦY(u).

ΦY(u) est continue enu= 0donc non nulle dans un voisinage |u| ≤εde 0(ε >0): dans un tel voisinage, on déduit ΦX(u) = 1. La question 3 montre alors que X = m p.s. pour une certaine constante m. Cela implique de plus que ΦX(u) = eihm,ui pour tout u petit.

On conclut que m= 0.

Question 5. Que dire surX−Y si X−Y est indépendant deX et deY ?

Solution.En écrivantX = (X−Y) +Y etY = (Y −X) +X, par indépendance on a ΦX(u) = ΦX−Y(u)ΦY(u), ΦY(u) = ΦY−X(u)ΦX(u).

En multipliant les deux égalités entre elles et en simplifiant par ΦX(u) etΦY(u) non nuls au voisinage de u= 0, on déduit1 = ΦX−Y(u)ΦY−X(u) =|ΦX−Y(u)|2. Par la question 3, on conclut que la v.a.X−Y est presque-sûrement constante.

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