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Note sur la théorie des quantités négatives

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Academic year: 2022

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N OUVELLES ANNALES DE MATHÉMATIQUES

A BEL T RANSON

Note sur la théorie des quantités négatives

Nouvelles annales de mathématiques 1

re

série, tome 3 (1844), p. 318-320

<http://www.numdam.org/item?id=NAM_1844_1_3__318_1>

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NOTE

LA THEORIE DES QUANTITES NEGATIVES PAR M. ABBX. TRAJISO1V,

répétiteur d'analyse à l'École polytechnique.

La théoçjie des quantités négatives se présente dès le début de l'algèbre/et il importe qu'elle ne laisse dans l'esprit des

«lèves aucun nuage. Cependant les explications que Ton

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donne ordinairement à ce sujet ne laissent-elles rien à d é - sirer ?

Par exemple, si on fait naître ces quantités d'une sous- traction impossible, demeure*t-il bien clair qu'une opération qui ne peut pas avoir lieu puisse produire des quantités quelconques ?

Ensuite, les quantités négatives étant une fois admises, on ne peut pas les soumettre aux opérations fondamentales du calcul sans avoir donné à la définition de ces mêmes opé- rations une extension nouvelle. Mais si cette extension pa- raît tout à fait arbitraire, elle ne jettera aucun jour sur les règles qu'on en déduit. Il faudra donc que l'élève admette ces règle» sur la foi du professeur, sauf à en constater plus tard l'utilité.

Ayant eu l'occasion, il y a déjà quelques années, de faire un cours de mathématiques élémentaires, j'ai essayé de lever ces difficultés en présentant la théorie à peu près de la façon suivante.

J'ai fait remarquer premièrement, avec tous les auteurs, que certaines grandeurs concrètes ne sont pas complètement déterminées par leurs valeurs numériques. Ces sortes de grandeurs étant susceptibles de croître dans deux sens con- traires, il est indispensable de spécifier le sens dans lequel elles ont été formées et dans lequel elles doivent être comptées.

Ceci n'est pas, à proprement parler, une convenance du calculateur : c'est une nécessité qui résulte de la nature même des choses.

À la vérité, la dualité du sens ne se manifeste pas dans toute sorte de grandeurs concrètes ; mais il est naturel que la grandeur abstraite soit considérée comme absolument sus- ceptible de ce double aspect, puisque toute relation entre les grandeurs reçoit de son passage à l'abstrait toute la géné- ralité possible. Déjà en arithmétique, on a rencontré un ré-

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sultat analogue. Assurément la subdivision de l'unité n'est pas praticable sur toutes sortes de grandeurs concrètes , et toutefois, dans le passage du concret à l'abstrait, l'unité n'est-elle pas considérée comme absolument susceptible de cette subdivision, sauf au calculateur à rejeter dans l'appli- cation un résultat fractionnaire, si les grandeurs qu'il com- bine entre elles n'admettent pas cette forme particulière du nombre ?

Ainsi dès le début de l'algèbre, il y aura lieu d'admettre des monômes positifs et des monômes négatifs, c'est-à-dire des quantités algébriques isolées, dans lesquelles on dis- tinguera le sens de formation par quelque signe convenable.

Maintenant 6i on fait attention que le propre des gran- deurs de même sens, lorsqu'elles sont réunies, est de for- mer un total qui est aussi de même sens ; au lieu que si on réunit deux grandeurs de sens contraires, on a un tout nu- mériquement égal à leur différence et conservant le signe de la plus grande ; on comprendra que les signes déjà adop- tés pour représenter l'addition et la soustraction sont singu- lièrement propres à spécifier le sens de la formation des grandeurs. Car lorsqu'on voudra réunir des grandeurs de même nature, mais de sens différents, les signes + et — , dont elles auront été affectées pour marquer le sens de leur formation , indiqueront en même temps les opérations à ef- fectuer entre elles pour obtenir le résultat de leur réunion ; et de nouveau, quand ces opérations auront été effectuées, le signe du résultat marquera, non pas une opération à faire, mais le sens dans lequel ce résultat doit être pris.

(La suite prochainement.)

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