¦ On note I un intervalle deRnon vide et non réduit à un point. On appelle fonction vectorielle définie surItoute fonction f :I→Rn.
Remarque. SiE est unK-espace vectoriel de dimension finie, on peut tout aussi bien
considérer des fonctions vectoriellesf :I→E.
I. Dérivation, fonctions de classe Ck
Définition 1 – Dérivabilité
On dit que f :I→Rnest dérivable en a∈I lorsque : 1
t−a(f(t)−f(a))
admet une limite finie (dansRn) lorsque t→a. Lorsque c’est le cas, on pose : f0(a)=lim
t→a
1
t−a(f(t)−f(a))
On dit que f est dérivable sur I lorsqu’elle est dérivable en tout point de I . Lorsque c’est le cas, on définit la fonction :
f0: I → Rn a 7→ f0(a)
On dit que f est est de classeC1sur I lorsque f est dérivable sur I et f0est continue sur I . Pour k>1, on dit que f est de classeCksur I lorsque f est dérivable sur I et f0est de classeCk−1sur I . On dit que f est de classeC∞sur I lorsque f est de classeCksur I quel que soit k∈N. Notations :Ck(I,Rn),C∞(I,Rn).
1
Proposition 2 – Caractérisation avec un DL1
Soient f :I→Rnet a∈I . On a équivalence entre : (i) f est dérivable en a ;
(ii) Il existe un vecteur v∈Rnet une fonctionε:I→Rntels que :
∀t∈I, f(t)=f(a)+(t−a)v+(t−a)ε(t) ε(t)−−−→
t→a 0 et, lorsque c’est le cas, v=f0(a). On écrit alors :
f(t)=f(a)+(t−a)f0(a)+ o
t→a(t−a) (développement limité de f à l’ordre1en a).
Proposition 3 – Caractérisation par les coordonnées
Soient f :I →Rn,Bune base deRn et x1, . . . ,xn les composantes de f dansB. On a équivalence entre :
(i) La fonction f est de classeCksur I ;
(ii) Les fonctions x1, . . . ,xnsont de classeCksur I .
et lorsque c’est le cas, les composantes de f0dansBsont x10, . . . ,x0n. Proposition 4 – Opérations sur les fonctions de classeCk
Soient f :I→Rn, g:I→Rn,λ:I→Rnet kÊ1(ou k= ∞). Si f , g etλsont de classeCk sur I , alors :
(1) f +g est de classeCksur I et(f +g)0=f0+g0; (2) λf est de classeCksur I et(λf)0=λ0f +λf0;
(3) Siϕ:J→I est de classeCksur J (intervalle non vide et non réduit à un point), alors f ◦ϕest de classeCksur J et(f ◦ϕ)0=ϕ0×f0◦ϕ;
(4) Si A∈Mp,n(R), alors A×f est de classeCksur I et(A×f)0=A×(f0);
(5) Si L:Rn→Rp est linéaire, alors L◦f est de classeCksur I et(L◦f)0=L◦f0; (6) Si B: (Rn)2→Rp est une application bilinéaire, alors B(f,g)est de classeCksur I
et B(f,g)0=B(f0,g)+B(f,g0).
2
II. Arcs paramétrés
Définition 5 – Arc paramétré de classe Ck, point régulier
Soit k∈N∗. On appelle arc paramétré de classeCktoute application f :I→Rnde classe Ck. L’ensemble :
©f(t)|t∈Iª
est appelé support (ou trajectoire) de l’arc paramétré. Soit t ∈I , on dit que le point de paramètre t est un point régulier de l’arc paramétré f lorsque #–
f 0(t)6=0.
Remarque. Un point qui n’est pas régulier est dit stationnaire (ou singulier).
"Remarque. Des arcs paramétrés différents peuvent avoir le même support.
Définition 6 – Tangente en un point régulier
Soit f :I→Rnun arc paramétré de classeCket t∈I . Si le point de paramètre t est régulier, alors la droite passant par f(t)et dirigée par #–
f 0(t)est la tangente à l’arc paramétré au point de paramètre t .
3
Tracés de courbes
x (t ) = 10 cos(2t ) sin(t )
cos(t ) y (t ) = 10 cos(2t ) sin(t )
2cos(t )
24
x (t ) = sin(t ) y (t ) = sin(2t )
5
x (t ) = 5(1 − t
2) exp( − t
2) y (t ) = 5t exp( − t
2)
6
x (t ) = 5t 1 − t
21 + t
2y (t ) = 5 1 − t
21 + t
27
Les résultats à connaitre
• Dérivabilité pour une fonction à valeurs vectorielle.
• Caractérisation par un développement limité à l’ordre 1.
• Opérations sur les fonctions dérivables.
• Point régulier d’un arc paramétré de classe Ck, tangente en un tel point.
Quelques objectifs du chapitre
• Savoir étudier la dérivabilité d’une fonction f :I→Rn.
• Savoir interpréter les notions physiquement (vitesse, accélération) et géométrique- ment (tangente).
• Savoir étudier et construire une courbe paramétrée du plan.
• Savoir résoudre un système d’équations différentielles linéaire homogène à coefficients constants.
En pratique
Ï
Comment résoudre à un système d’équations différentielles ?
On ne considère ici que des systèmes d’équations différentielles linéaires, homogènes et à coefficients constants. Par exemple un système (E) de la forme
µx0 y0 z0
¶
=A³x
y z
´
avecA∈M3(K).
• Si on peut trouverP ∈GL3(K) etD=diag(λ1,λ2,λ3) telles queP−1AP =D, alors en posant
³x1
y1
z1
´
=P−1³x
y z
´, le système (E) s’écrit :
x10 =λ1x1
y10 =λ2y1 z10 =λ3z1
On en déduitx1,y1,z1puis³x
yz
´
=P³x1 y1
z1
´
;
• Si on peut trouverP∈GL3(K) etT ∈M3(K) triangulaire supérieure telles queP−1AP= T, alors en posant
³x1
y1 z1
´
=P−1³x
y z
´, le système (E) s’écrit :
x01=ax1+b y1+c z1
y01=d y1+ez1 z01=f z1
avecT= µa b c
0d e 0 0 f
¶
On en déduitz1, puisy1et enfinx1. Ensuite,³x
yz
´
=P³x1
y1
z1
´ .
Remarque : il n’y a pas lieu de calculerP−1(sauf parfois lorsqu’il y a une condition initiale).
Ï
Comment étudier une courbe plane ?
Pour une courbe associée à une fonction vectoriellef :t7→
³x(t) y(t)
´
, on suit le plan d’étude :
• Déterminer le domaine de définitionDde f : c’est l’intersection des domaines de définition dexet dey;
exemple). Pour cela, on compare le point M(t) à un pointM(t ) oùt dépend de t, dans les cas les plus fréquents :
— Pour tirer parti de laT-périodicité des fonctionsxet y, on compare les points M(t) etM(t+T) ;
— Pour tirer parti de la parité dexety, on compare les pointsM(t) etM(−t) ;
— Si on a réduit le domaine d’étude à un segment [0,a], on peut comparerM(t) et M(a−t).
(Cette liste n’est pas exhaustive, dans certains cas on peut par exemple comparerM(t) etM(1/t).) Les symétries que l’on rencontre le plus souvent sont les suivantes :
— Six(t0)=x(t) ety(t0)=y(t) alorsM(t0) etM(t) sont confondus ;
— Six(t0)= −x(t) ety(t0)=y(t) alorsM(t0) etM(t) sont symétrique par rapport à l’axe (O y) ;
— Six(t0)=x(t) ety(t0)= −y(t) alorsM(t0) etM(t) sont symétrique par rapport à l’axe (Ox) ;
— Six(t0)= −x(t) ety(t0)= −y(t) alorsM(t0) etM(t) sont symétrique par rapport à O;
— Six(t0)=x(t)+αety(t0)=y(t)+β, alorsM(t0) se déduit deM(t) par la translation de vecteur#–
u¯
¯αβ.
L’ordre dans lequel on procède pour réduire le domaine d’étude est généralement le suivant :
(1) Recherche de simplifications liées à la périodicité ; (2) Recherche de simplifications liées à la parité ;
(3) Si on a aboutit à un intervalle [0,a], on peut comparerM(t) etM(a−t) ;
(4) Plus généralement, si on a aboutit à un intervalle [a,b], on peut comparerM(t) etM(a+b−t) (cette dernière étape peut-être répétée plusieurs fois).
• Établir un tableau de variation conjoint pour les fonctions x et y sur le domaine d’étude ;
• Placer les tangentes intéressantes. Rappel : si (x0(t0),y0(t0))6=(0, 0), alors la courbe possède une tangente au point (x(t0),y(t0)) dirigée par (x0(t0),y0(t0)). En particulier, x0(t0)6=0 et y0(t0)=0 donne une tangente « horizontale » etx0(t0)=0 et y0(t0)6=0 donne une tangente « verticale. »
• On peut également noter que six(t)−−−→
t→t0 ±∞et y(t)−−−→
t→t0 `(limite finie), alors la droite d’équationy=`est asymptote à la courbe lorsquet→t0. De même, six(t)−−−→
t→t0
` (limite finie) et y(t)−−−→
t→t0 ±∞, alors la droite d’équation x=`est asymptote à la courbe lorsquet →t0. La recherche d’asymptotes dans le cas général n’est pas au programme.
Illustrations du cours
Exercice 1Application linéaire. SoientA∈Mn(R) etf :R→Rnde classe C1. Démontrer que l’application :
g:t∈R7→A×f(t) est de classe C1et déterminer sa dérivée.
Exercice 2Applications bilinéaires. (a) Soient #–
f :R→R2et#–
g :R7→R2de classe C1, démontrer que les applications : h:t∈R7→
D#–
f (t),#–
g(t)E
(produit scalaire canonique) d:t∈R7→detC(#–
f (t),#–
g(t)) (déterminant dans la base canonique) sont de classe C1et déterminer leur dérivée.
(b) Soient#–
f :R→R3et#–
g :R7→R3de classe C1, démontrer que les applications : h:t∈R7→
D#–
f (t),#–
g(t)E
(produit scalaire canonique)
#–v :t∈R7→#–
f (t)∧#–
g(t)
sont de classe C1et déterminer leur dérivée.
(c) SoientM∈Mn(R), etu:R→Rnetv :R→Rnde classe C1. Démontrer que l’applica- tion
f :t∈R7→u(t)>M v(t) est de classe C1et déterminer sa dérivée.
Exercice 3Une courbe plane. Représenter graphiquement l’arc paramétré : f :t7→
µt2−1
t2+1,tt2−1 t2+1
¶
Exercice 4Une autre courbe plane (Cycloïde). On considère la fonction vectoriellef :t7→
(x(t),y(t)) avec
½ x(t)=t−sint y(t)=1−cost
Représenter l’arc paramétré correspondant.Indication :pourt 6=0, déterminer le coeffi- cient directeur de la droite (M(0)M(t)) ainsi que sa limite lorsque t →0 et donner une interprétation géométrique. Donner une équation de la tangente en tout point régulier.
(1) La fonction f : R → R2 t6=0 7→
µ t−1sin(t) t−1(cos(t)−1)
¶
0 7→
µ0 0
¶
est dérivable surR.
(2) Soit f :t7→e−t µt
t2
¶
, il existe des valeurs dettelles quef0(t) est colinéaire à µ−1
2
¶ . (3) On considère les fonctions
f :t7→
µt t2
¶
, g :t7→
µt 1
¶
, ϕ:t7→
f(t),g(t)®
(produit scalaire canonique) Il existe des valeurs dettelles queϕ0(t)=0.
(4) On considère les fonctions f :t7→
µet e2t
¶
, g:t7→ f(cos(t)) Il existe des valeurs dettelles queg0(t)=0.
On considèreI intervalle non vide non réduit à un point,f :I→Rn,t0∈I etv∈Rn. (5) Si f n’est pas dérivable ent0, alors f(t)−f(t0)
t−t0 −−−→
t→t0 ±∞.
(6) Si f(t)−f(t0)
t−t0 n’est pas bornée au voisinage det0, alors f n’est pas dérivable ent0. (7) Si f(t)=f(t0)+ o
t→t0
(t−t0), alors f est dérivable ent0. (8) Si f(t)=f(t0)+v(t−t0)+ o
t→t0((t−t0)2), alors f est dérivable ent0. (9) Si f(t)=f(t0)+v(t−t0)2+ o
t→t0
((t−t0)2) alors f est dérivable ent0. (10) Sif(t)=f(t0)+v(t−t0)2+ o
t→t0
((t−t0)2) alors f est deux fois dérivable ent0.
(11) La courbe paramétréex(t)=ln(t),y(t)=et admet une asymptote horizontale d’équa- tionx=0.
(12) La courbe paramétréex(t)=ln(t2),y(t)=t2présente une symétrie d’axe (O y).
(13) La courbe paramétréex(t)=sin(t),y(t)=t3présente une symétrie de centreO.
(14) La courbe paramétréex(t)=cos(t),y(t)=t3possède un seul point stationnaire.
(15) Soita∈R. La courbe paramétréex(t)=t3+at2+at,y(t)=e−t2ne possède pas de point stationnaire quelle que soit la valeur dea.
(16) Les points de paramètretet 1
t de la courbe paramétrée x(t)= t
1+t3, y(t)= t2 1+t3 sont symétriques par rapport à la droite d’équationy=x.
(17) Sur la courbe paramétrée x(t)=cos(t), y(t)=sin(t), les points de paramètrest et t+π/2 sont symétriques par rapport à la droite d’équationy=x.
(18) La trajectoire de la courbe paramétrée x(t)= 2t
1+t2, y(t)=1−t2 1+t2 est contenue dans le cercle de centreOet de rayon 1.
(19) La trajectoire de la courbe paramétréex(t)=et,y(t)=2et+1 est la droite d’équation y=2x+1.
(20) La trajectoire de la courbe paramétrée x(t)= 1
t−1, y(t)= t
t+1, z(t)=t2+1 t2−1 est contenue dans un plan.
On considère la courbe paramétréeC de composantesx(t)=t2,y(t)=t3. (21) La courbeC présente une symétrie d’axe (Ox).
(22) La courbeC présente une symétrie d’axe (O y).
(23) La courbeC présente une symétrie de centreO.
(24) La courbeC ne possède pas de point stationnaire.
(25) La tangente àC au point de paramètret= −2 passe par le point de coordonnées (1, 1).
(26) La tangente àC au point de paramètret=1 est parallèle à la droite d’équation y=2
3x+1
(27) Les tangentes àC aux points de paramètrest=1 ett= −1 sont parallèles.
(28) Les tangentes àC aux points de paramètrest=4 ett= −9 sont perpendiculaires.
On remarque que y(t)−y(0) x(t)−x(0)−−−→
t→0 0.
(29) La courbeC présente une tangente horizontale au point de paramètret=0.
(30) La courbeC présente une tangente verticale au point de paramètret=0.
1F2V3V4 V5 F6V 7V 8V 9V10F 11F1 2F13V1 4V15F16
V17F18 V1 9F20 V2 1V22F2 3F24F 25V 26F 27F28 F29V30 F
12