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Journal de la Corse. Le fabuleux défi de Julien Leca et Sébastien Cuttoli! Expositions «BD à Bastia» En différé d automne.

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Journal de la Corse

Doyen de la presse européenne

L’hebdomadaire de défense des intérêts de l’île depuis 1817

Journal de la Corse

Contact Reportage

Le fabuleux défi de Julien Leca et Expositions

« BD à Bastia »

Semaine du 09 au 15 octobre 2020 | www.journaldelacorse.corsica7997 - N° 11232 - F.2,20e 2799 702200 2200

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Agenda/Brèves 4

Politique 6

Sénatoriales : la droite cale encore à Vizzavona

Tendance 23

Nanarella : la marque corse identitaire et symbolique

Contact 24

Expositions « BD à Bastia » En différé d’automne

Reportage 26

Le fabuleux défi de Julien Leca et Sébastien Cuttoli !

Reportage 28

Courses hippiques Un « Arc de Triomphe » particulier

Humeur 29

Sport 30

Football, Un nouveau club à Bastia : le FC Lupino

SOMMAIRE

Société d’édition : Journal de la Corse 2 rue Sebastiani - 20000 Ajaccio

Rédaction :

[email protected]

Rédaction Ajaccio : 2 rue Sebastiani - 20000 Ajaccio Tél : 04 95 28 79 41 Fax : 09 70 10 18 63

Rédaction Bastia : 7, rue César Campinchi Tél : 06 75 02 03 34 Fax : 04 95 31 13 69

Annonces légales : [email protected]

Directrice de la publication et rédactrice en chef : Caroline Siciliano

Directeur Général : Jean Michel Emmanuelli

Directeur de la rédaction Bastia : Aimé Pietri

Publicité : Tél : 04 95 28 79 41 Fax : 09 70 10 18 63

Imression : Imprimerie Olivesi Ajaccio ISSN : 0996-1364 CPPAP : 0921 C 80690

Soucieux de la protection de l’environnement, le Journal de la Corse est imprimé sur papier recyclé.

L’édito d’Aimé Pietri Si tous les Corses du monde...

On a souvent tendance à comparer le peuple corse au peuple juif, surtout pour ce qui est de leur diaspora. Les deux peuples ont, en effet, essaimé à travers le monde et ils ont des points communs: la solidarité - dit-on - et une parfaite assimilation du milieu étranger. Pourtant, les différences sont plus nombreuses et plus marquées que les similitudes. Même et surtout dans la diaspora. Ainsi tous les Juifs, où qu’ils soient, ont le regard tourné vers Israël et rien de ce qui s’y passe ne leur est indifférent. Les Corses, au contraire, se fondent volontiers dans le pays qui les accueille jusqu’à oublier leurs racines lorsqu’ils ne les mettent pas en relief pour en tirer quelque profit. Qu’ont-ils donc de commun avec la Corse les descendants de ces Capicursini qui s’en allèrent, jadis, chercher fortune aux Amériques et ne remirent plus les pieds chez eux sinon pour étaler leur fortune en faisant édifier des « maisons d’Américains » Et combien de Corses installés sur le Continent ne parlent de la Corse qu’au passé, un passé qu’ils recherchent d’ailleurs désespérément, le temps d’un séjour de vacances au village ? On note, bien sûr, ça et là, quelques réveils de conscience mais la diaspora corse, dans son ensemble, reste assoupie au creux des petits et des grands conforts du pays adoptif. Peut-être parce qu’il n’ont connu ni les ghettos ni les fours crématoires d’une « solution finale », les Corses semblent avoir trop souvent oublié qu’ils étaient les fils d’une même terre et d’un même peuple aujourd'hui menacés de voir disparaître leurs héritiers légitimes au bénéfice de nouveaux venus dont l’intégration devient de plus en plus difficile. Pour finalement faire problème. Si tous les Corses du monde pouvaient se pénétrer d’une telle évidence et en prendre la véritable mesure ils auraient pour leur pays d’origine le respect et l’amour dont ils sont aujourd’hui quelque peu dépourvus. Et ils tenteraient, par tous les moyens, de l’arracher à la violence qui le déchire. Sachant que pour cette œuvre primordiale ils ne seront jamais de trop.

N°11232 | semaine du 09 au 15 octobre 2020 | www.journaldelacorse.corsica

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EN BREF

Nouvelles intempéries dans la région ajaccienne

La tempête Alex qui est arrivée sur le Nord-Ouest de la France a causé d’importantes pertur- bation lors de son passage dans le Sud-Ouest de l’île en fin de semaine dernière. Alors que la Corse-du-Sud était placée en vigilance orange pour «risques vagues-submersion », la région

ajaccienne a connu un épisode particulièrement tumultueux.

D’importantes vagues ont déferlé sur l’ensemble du littoral, causant des dégâts conséquents. Par mesures de protection, certaines zones de la ville avaient été fermées à la circulation, des établissements de la route des Sanguinaires, notamment de nombreuses paillotes, ont été très fortement endommagées par les vagues. Certaines ont été même détruites. Un retour progressif à la normale a été amorcé dans la soirée…

Ghjuncaghju : le cen- tre de déchet va-t-il voir le jour ?

La préfecture de Haute-Corse a donné son accord pour l’ouverture du centre de déchets. Un dossier épineux qui oppose les pour et les contres. Pour certains habitants, les conséquences désastreuses qu’un centre d’enfouissement cosserait sur la microrégion son a priorisé.

Pourtant, pour d’autres, cette ouverture serait source d’emplois.

D’autres d’affirmer que l’économie ne peut être considéré comme une priorité. Ces derniers s’inquiètent des conséquences que le réchauffement climatique et les pluies de plus en plus violentes qui en découlent causeront comme dégâts sur la vallée si un tel centre venait à voir le jour. Pour le collectif Tavignanu Vivu, le combat doit continuer même si cette nouvelle décision vient à nouveau rouvrir un dossier compliqué.

Boris Cyrulnik à Ajaccio

Le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik était en visite, le week- end dernier à Ajaccio afin d’animer une conférence à l’Espace Diamant. Il a répondu à l’invitation

«d’histoires d’œuvres », une initiative de l’association « Racines du ciel » animée par le journaliste

et écrivain José Lenzini. Grand spécialiste du concept résilience, Boris Cyrulnik a notamment évoqué la relation France-Algérie, qu’il développe dans son ouvrage

« Résilience et réconciliation en Méditerranée », ainsi que des conflits qui opposent la France à d’autres peuples…

Le navire « Jean Nicoli » bloqué dans le port d’Ajaccio

C’est un épisode inédit qui a eu lieu en fin de semaine dernière à Ajaccio. Le navire Jean-Nicoli de la compagnie Corsica Linea qui devait quitter l'île à 17 heures pour rejoindre Marseille est resté bloqué dans le port en raison d'une amarre prise dans les hélices. Une équipe de quatre plongeurs du SIS 2A ainsi qu'un cadre a été mobilisée afin de permettre au bateau, qui n'est pas en danger, de partir.

L'intervention, qui a débuté vers 17h30 s’est poursuivie jusqu’à la tombée de la nuit. Finalement,

c’est avec un peu de retard que le navire a pu partir pour la Cité phocéenne…

L’ACA corrigé à Auxerre !

Quatrième défaite en six rencontres pour l’ACA littéra- lement balayé à Auxerre le week-end dernier (5-1). Les Ajacciens occupent l’avant dernière place du classement de Ligue 2 (4 points) et présentent des stats inquiétantes (10 buts encaissés, 3 seulement marqués). Le staff technique dispose de deux semaines pour corriger le tir avant la venue de Toulouse, le 17 octobre prochain à Timizolu…

Lupino : Rentrée Corsica Libera

Le mouvement indépendantiste Corsica Libera faisait sa rentrée politique la semaine dernière. Militants, jeunes espoirs et leader se sont réunis au boulodrome de Lupino. Petr’Anto Vesperini, vice-président de l’Assemblea di a Ghjuventu a lu le manifeste distribué à la presse.

Il en est ressorti la volonté ferme d’une union entre nationalistes à travers Pè a Corsica ainsi qu’un retour aux fondamentaux : Statut fiscal et social, statut résident, développement de l’économie productive notamment dans le secteur agroalimentaire, orientations stratégiques pour un développement durable, Lutte contre la précarité, la spéculation, la dépossession foncière, la corsisation des emplois. Corsica Libera est revenu sur l’importance de placer les intérêts de la Corse au-dessus des divergences. « Un gouvernement de Corse pour les corses et non un gouvernement de préfecture. » En filigrane de ce discours, de l’autocritique. Un constat d’échec, d’une majorité qui n’a pas réussi à mettre en place les promesses engagées lors des dernières élections. Un bilan défaitiste qui relève que la mandature nationaliste n’a pas tenu ses engagements de 2017.

La faute à une absence de cadre, et des dysfonctionnements au sein de la majorité comme l’a affirmée la conseillère exécutive Josepha Giacometti. Dans cette période préélectorale, l’appel est donc fait pour une union « sacrée ».

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EN BREF

Née en 1873, elle est surnommée

« la Sainte de la petite voie ». Elle a été proclamé docteur de l’église par le Pape Jean-Paul II. Les reliques de sainte Thérèse vont parcourir la Balagne jusqu’au 7 octobre. Une manière de s’éloigner du sentiment d’inquiétude lié à la période Covid que nous traversons et de retrouver un peu de quiétude.

Foot : résultats Bastia-Borgo et SCB

Pour Jean-André Ottaviani (FCBB) ses joueurs doivent plus se lacher, être plus spontanés. Une demande effectuée pendant à la mi-temps qui a permis de lancer ses troupes vers une belle deuxième partie de match. Bastia-Borgo a ainsi su poser son jeu, jouer plus simple et trouver des solutions pour déséquilibrer la défense adverse.

Du côté du SCB, c’est un match nul qui ressort de la rencontre contre Concarneau vendredi dernier. La fin d’une série de victoire entamée au début du mois. Pourtant, le club bastiais reste invaincu depuis sa défaite contre Boulogne. Les concarnois ont ouverts le score.

Les coéquipiers de Christophe Vincent ont bataillé pour égaliser et c’est par une tête de Da Silva à la 40 ème minute que le SCB a pu revenir dans le match. Le temps a joué contre les hommes de Mathieu Chabert selon l’aveu même de l’entraineur Thonniers

Stéphane Le Mignan : « Plus le temps avançait, plus Bastia se rapprochait de la victoire. » Le prochain match des bastiais se jouera à domicile contre Laval.

Balagne : les reliques de Sainte Thérèse vénérées

C’est l’une des saintes les plus vénérée à travers le monde. Grâce à la volonté des sœurs du Rosier de l’Annonciation, les reliques de Ste Thérèse vont être montré dans toute la Balagne. Les sœurs du couvent de Marcassu ont souhaité organiser une soirée « pétales de rose » dédiée à la sainte. La rose joue en effet un rôle primordiale dans la l’iconographie de Sainte Thérèse avec l’Enfant-Jésus Une sainte qui, par ses gestes d’amour au quotidien a su gagner l’amour des fidèles. Au fil des siècles, l’engouement pour cette sainte

s’est fait de plus en plus important.

C’est pour cette raison que de nombreuses messes sont organisées dans la microrégion, afin de permettre de se recueillir et d’honorer la Sainte. La semaine passée, les fidèles ont pu se réunir au couvent de Marcassu à l’occasion d’une messe célébrée par l’abbé Ange-Michel Valery.

François Romei « capte » l’âme ajaccienne

Le photographe François Romei, qui effectue des clichés depuis une quarantaine d’années, a débuté une exposition de ses meilleures photos le 3 octobre dernier à l’espace Jean Schiavo de l’Office du Tourisme. Pour l’occasion, il a choisi une quarantaine de clichés reproduits en grand format sur des toiles afin de les destiner au regard du grand public. Grand amoureux de la Cité Impériale, le photographe est parvenu à se confectionner une bien belle collection faite de paysages, hommes et femmes…Depuis quatre et sa retraite, François Romei se consacre pleinement à sa passion. Une passion qui s’est vite répandue sur les réseaux sociaux. L’exposition va se dérouler jusqu’au 18 octobre…

Balogna, le village ou il fait bon vivre...

Balogna est un charmant village verduriant, calme et reposant, excentré des perturbations routières, ensoleillé et agréable l’été lorsqu’il y a la canicule. Malheureusement, depuis quelque temps on ne peut plus y vivre en paix. Le maire, Dominique Grisoni, ne décolère pas et il a de bonnes raisons pour ça. Entre les locations «free lance », les pannes EDF et l’opérateur Orange avec leurs services à tous deux qui ne répondent jamais à ses mails de détresse. L’été les 148 habitants éberlués voient débarquer un flux étonnant de personnes étrangères au village. Que des familles accueillent les leurs c’est tout à fait normal, mais que la population passe à 500 ou 600 personnes, il y a de quoi se poser des questions. En conséquence, la mairie est obligée de prendre des mesures de restrictions d’eau et qui sont punis ? ceux qui travaillent, eux ne sont pas en vacances.

S’ils arrivent tard le soir après une journée de grosse chaleur, impossible de se doucher et le matin à 6 h pour aller travailler, et bien pas d’eau non plus. La galère, tout ça à cause de quelques parasites. Il y a aussi les tempêtes comme la dernière qui a tout arraché, provoqué des « sauteries » de compteur électrique coupant le courant à tout le village. Une personne de Balogna avait une partie de sa maison en 110 et l’autre en 220 v. Le vendredi soir les habitants avaient de l’électricité en partie mais les appareils ménagers comme les frigos, congélateurs, micro-ondes, néons ne fonctionnaient pas, heureusement restaient les bougies. Samedi à 13 h «black-out » total d’EDF plus d’alimentation du tout.

Rétablissement en fin de soirée, après plusieurs appels des usagers dont le maire. Lundi 2 h à nouveau le noir et là, avec un grand froid sans convecteurs. Retour à la norme en cours de journée ??? Une grande partie de l’alimentation réfrigérée était rendue inutilisable et dangereuse. Journées rock and roll. Comment peut-on concevoir au 3ème millénaire que les habitants d’un village de Corse en soient réduits à vivre comme au moyen-âge, comme au temps d’avant ? Merci EDF ! Les abonnés attendent un geste cette fois ci.

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POLITIQUE

Le maire nationaliste de Santa Lucia di Mercuriu et conseiller territorial Paulu Santu Parigi a été élu sénateur de Haute-Corse.

Soutenu par Femu a Corsica, il a obtenu les suffrage de 328 grands électeurs. Il est ainsi devenu le premier sénateur nationaliste corse.

Son adversaire de second tour, le maire de Galeria, Jean Marie Seité, investi par la droite, a réuni 230 voix. Il avait manqué une voix à Paulu Santu Parigi pour l’emporter au premier tour. Ayant totalisé 279 voix, il avait précédé Jean-Marie Seite (198 voix), le maire indépendantiste d’Alzi (Simon-Jean Venturini, 43 voix), le candidat indépendant de droite (Jean-Simon Savelli, 20 voix) et l’adjoint au maire de Bastia investi par le Parti Socialiste

(Philippe Peretti, 18 voix). En Corse-du- Sud, le sénateur sortant Jean-Jacques Panunzi a été élu dès le premier tour. Il n’était, il est vrai, confronté qu’à une opposition symbolique.

La victoire de Paulu Santu Parigi est historique.

« Encore !» se gausseront certains mais peu importe. Après avoir, avec l’élection de trois députés, forcé les portes du Palais Bourbon, les nationalistes ont désormais fait de même avec celles du Palais du Luxembourg. De plus, ils l’ont fait triomphalement. Leur candidat a tué tout suspense en ne manquant que d’une voix l’élection au premier tour et creusé un écart de 98 voix au second. Le succès et son ampleur représentent politiquement beaucoup pour Femu a Corsica. Le parti autonomiste

a ainsi pu vérifier que son influence locale était devenue très importante quelle que soit l’élection et que la démarche d’ouverture assumée et conduite par Gilles Simeoni séduisait encore. Outre le soutien de grands électeurs issus des élus territoriaux et de grandes communes étant passées au nationalisme (Bastia, Furiani, Biguglia), Paulu Santu Parigi a en effet bénéficié des suffrages de nombreux maires de petites communes du rural n’étant pas nationalistes.

Femu a Corsica a aussi eu la satisfaction de constater que la plupart des électeurs du nationaliste Jean-Simon Savelli et du socialiste Philippe Peretti avaient reporté leurs suffrage sur leur candidat. Femu a Corsica a enfin

L’intervention de Laurent Marcangeli dans la campagne, en particulier avec un passage très remarqué dans le Niolu à l’occasion d’A Santa, n’a pas eu l’effet mobilisateur et multiplica- teur recherché. Peut-être même a-t-elle été contre-productive.

Sénatoriales : la droite cale encore

à Vizzavona

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POLITIQUE

fait oublier une absence et un échec qui n’avaient pu que réjouir Laurent Marcangeli, le concurrent déclaré et assurément le plus dangereux de Gilles Simeoni. D’une part, Femu a Corsica n’avait pas été en mesure, en Corse-du-Sud, d’opposer un candidat au sénateur sortant, Jean-Jacques Panunzi, investi par toute la droite. D’autre part, le candidat Femu a Corsica à la présidence du Syvadec avait dernièrement été largement battu par celui que soutenait Laurent Marcangeli.

Droite déçue et gauche à la dérive

La droite semblait déçue. Certains de ses grands électeurs n’avaient pas envisagé l’importance considérable de l’écart de voix entre leur candidat et celui de Femu a Corsica.

Malgré le soutien de toute la famille libérale et sa posture consensuelle, Jean-Marie Seité n’a en effet pas su capter les suffrages d’une bonne partie des grands électeurs hier encore acquis à Paul Giacobbi. Aux voix des grands électeurs de droite, se sont essentiellement mais quasiment uniquement ajoutées celles d’élus de gauche passés au macronisme. L’intervention de Laurent Marcangeli dans la campagne, en particulier avec un passage très remarqué dans le Niolu à l’occasion d’A Santa, n’a pas eu l’effet mobilisateur et multiplicateur recherché. Peut-être même a-t-elle été contre- productive en éveillant le vieil agacement nordiste à l’encontre d’une Ajaccio, capitale territoriale accusée de tout vouloir truster et régenter, et aussi en donnant malencon- treusement à penser à des maires se revendiquant encore de gauche que, derrière le consensus affiché par Jean-Marie Seité, se développait une stratégie offensive et partisane de droite. L’échec cuisant du candidat qu’avec ses relais du Nord il avait adoubé, devrait inciter Laurent Marcangeli à considérer que pour un homme politique du Sud passer le col de Vizzavona exige beaucoup de prudence et de tact, et que pour gagner à sa cause l’électorat non-nationaliste au-delà de la droite, il ne suffira pas de se déclarer républicain ou d’obtenir quelques ralliements. Gageons que le maire d’Ajaccio mais aussi le président du Conseil exécutif ont pris bonne note. La droite semblait

déçue mais avait au moins l’opportunité de penser que des lendemains meilleurs étaient envisageables. La gauche n’avait, elle, que les yeux pour pleurer. Au stade des candidatures, les derniers leaders ou ex-stars du communisme, du radicalisme et du progressisme avaient tous fait défaut. Sur la ligne de départ, il ne restait plus que Philippe Peretti, porteur du dossard du Parti socialiste et de l’espoir de ce dernier de se relancer. Philippe Peretti, avait d’ailleurs clairement exprimé l’ambition de son parti.

Il s’agissait de représenter la Gauche dans une élection nationale et de traduire en Haute-Corse la capacité de rebond qu’avait démontré, dans l’Hexagone, le Parti socialiste à l’occasion des récentes élections municipales. Il s’agissait également de susciter le sursaut d’une gauche

divisée et désorientée en effaçant les blessures qu’avaient provoqué les débats institutionnels et en cherchant à rassembler autour de certaines valeurs communes les élus se réclamant encore de la Gauche. Il s’agissait enfin d’esquisser une perspective de gauche à l’approche des élections territoriales. Au final : 18 voix. Le moins que l’on puisse dire est que les grands électeurs de gauche n’ont pas adhéré à la démarche socialiste et qu’en Haute-Corse, le Parti socialiste se rapproche dangereusement de la situation qu’il vit depuis des années en Corse-du-Sud.

• Pierre Corsi

www.journaldelacorse.corsica

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REPORTAGE

La salaison Sampieru, à Bastelica, c’est une belle histoire vieille de plus d’un demi-siècle.

Au départ du projet, l’idée, de François Pittiloni de s’impliquer dans la microrégion

et plus particulièrement à Bastelica, son village. Avec un credo qui coure toujours aujourd’hui : « se m ettre au serv ice des éleveurs de la vallée du Prunelli…» À l’époque, l’entreprise emploie sept salariés et transforme 2000 porcs par an pour une population de 2000 habitants. Elle dispose, en outre, du seul abattoir classé en Corse-du- Sud. Né dans le sillage de l’entreprise familiale, Lucien le fils de François a repris les rênes de la salaison dans les années quatre-vingt- dix. L’entreprise a aujourd’hui un portefeuille de 1200 clients répartis dans toute l’île, elle distribue 600 restaurants dont 80 sur Ajaccio, s’ouvre à des enseignes nationales sur le Continent, fabrique 1500 tonnes par an de charcuterie et emploie jusqu’à 35 salariés en pleine saison. « On a été victime de notre succès, rappelle Lucien Pittiloni, mais il faut savoir qu’il est dû essentiellement au travail. Les murs

devenaient trop petits, il fallait une salle de commande plus grande, un dépôt pour la fabrication et la préparation. On a travaillé à la rénovation de l’existant mais l’acquisition en 2018, de deux terrains à proximité de la salaison, nous a permis de bâtir une nouvelle structure. »

Quatre gammes de charcuterie

Ouverte en début d’année, elle s’étale sur une superficie de 800 m2 au sol, emploie une dizaine de personnes, dispose de toute la fonctionnalité requise (salle de préparation des commandes, salle de congélation gamme prétranchée, produits de négoce, stockage des produits de saison, salle de réception et expédition des produits...Le tout en respectant les norm es d’hy giène et de qualité » en vigueur. Le bâtiment est en outre doté d’une machine qui fabrique du froid et du chaud.

Conformément aux nouvelles réglementations environnementales, elle ne contient pas de gaz frigorifique à effet de serre et constitue la première machine de ce type installée en Corse. « Il était nécessaire de moderniser l’outil, rajoute Lucien Pittiloni, cela nous permet de travailler dans de meilleures conditions tout en conservant le même volume et la même cadence. Le but, c’est de faire vivre le village et d’aider les élev eurs du cru com m e le faisait mon père… » La salaison Sampieru propose a su au fil du temps, étoffer sa gamme. Elle propose, ainsi aujourd’hui quatre gammes de charcuterie (porcs corses élevés et transformés sur place, porcs label rouge du Sud-Ouest, porcs français Bio et gamme standart). En saison, ce sera agneaux et cabris, ainsi, tout au long de l’année, que des produits différents (pâtés, volaille, jambon cuit, pâté de gibier, confitures, fromages…)…

Lucien, lui, est assisté dans sa tâche, par ses deux enfants, Antoine et Nicolas…

Créée en 1964 par François Pittiloni, cette structure dédiée à la fabrication, au salage, séchage et affinage de la charcuterie, a évolué au fil du temps. Reprise depuis 1991, par Lucien, le fils, elle est devenue, aujourd’hui, l’une des entreprises les plus importantes de Corse…

Salaison Sampieru à Bastelica : Pérenniser

l’esprit de François Pittiloni

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REPORTAGE

Scaldasole, un concept unique dans la microrégion

Dans le sillage du nouveau bâtiment, le maître des lieux envisage d’ouvrir une boutique dédiée aux produits corses. « Sur les conseils de mes enfants, nous avons songé à créer plutôt une auberge, d’autant que l’hiver, tout est fermé et qu’il est important de garder un lien avec les habitants du village. J’ai songé au départ à une structure telle que ce que l’on retrouve un peu partout et puis on est parti sur tout autre chose… »

Scaldasole, du nom de la montagne avoisinante, est en route. Elle a ouvert ses portes en août dernier. Le résultat est tout simplement bluffant ! Sur l’ancienne auberge, qui fut une poterie et même une discothèque,

l’établissement s’étale sur un total de 180m2 en alliant à merveille, le desing et le traditionnel.

La cuisine est ouverte sur la salle avec cheminée « à l’usu Fucone » au milieu, à gauche une véranda de 40 places, une terrasse ouverte de 70 places et un coin salon.

L’espace-boutique se situe à l’entrée, juste devant un camion « draculinu » coupé et aménagé en banque réfrigéré avec vente au détail de produits corses.

Un peu partout au-dessus du comptoir, salami, lonzi, coppe, prisutti, le fameux fittone, «le caviar corse» et une machine à tranchée pour tester le tout. La carte, pour ne rien oublier, s’évertue à mettre en exergue l’ensemble. On y retrouve les viandes et produits locaux (bœuf, veau, porc), de saison (légumes du village), brocciu et pulenta

selon la période ainsi que la touche personnelle d’Yvan, un chef qui nous vient de Dordogne et concocte soupière de Saint-Jacques aux truffes d’été, cassolette de homard sauce aux crustacés, crumble aux pommes….

Le tout à des prix particulièrement attractifs.

« L’auberge ne désemplit pas depuis l’ouverture, on ne s’attendait pas à une telle ampleur, la qualité est là. C’est en quelque sorte la continuité du travail accompli ces dernières années… »

Dans un coin de sa tête, Lucien Pittiloni peut être fier. L’esprit « nustrale » de François, son regretté père, est pérennisé…

• Ph.P.

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ON EN PARLERA DEMAIN

Le préfet de la Haute-Corse a récemment annoncé avoir signé deux arrêtés allant dans le sens de l’ouverture d’un centre d'enfouissement des déchets (CET) sur un site de la commune de Ghjuncaghju. Le représentant de l’État a ainsi mis en application des décisions de la justice administrative. Le tribunal administratif de Bastia avait annulé l'arrêté du préfet de Haute-Corse du 15 novembre 2016 qui refusait à la société Oriente Environnement l'autorisation d'exploiter ce site. La Cour administrative d'appel de Marseille avait confirmé cette décision. Les habitants de la vallée du Tavignanu et de la plaine d’Aleria réunis au sein du Collectif Tavignanu Vivu n’entendent cependant pas renoncer à s’opposer à l’ouverture du CET.

Ils ont mille fois raison de persister ! Ils ont su résister aux pressions et aux menaces. Ils ont surmonté l’indifférence ou l’hostilité de décideurs politiques. Ils ont su expliquer et convaincre que l’image et l’attractivité de

la vallée du Tavignanu ainsi que celle de la plaine et des plans d’eau d’Aleria seraient irrémédiablement mises à mal. Ils ont consulté des experts qui ont mis en exergue un risque élevé d’affaissement des sols du fait de la proximité du Tavignanu ainsi que de graves menaces sur la biodiversité et la ressource Eau.

Ils peuvent s’appuyer sur l’impossibilité de débuter les travaux de construction du CET tant que manquera une dérogation liée aux espèces protégées qui doit être demandée à une Commission nationale. Enfin, ils ne sont plus seuls. En effet, ils bénéficient désormais du soutien de plusieurs maires et des partis nationalistes, alors que le recours que le Collectif a déposé devant le Conseil d’État est aussi porté par l'association U Levante et la Collectivité de Corse.

Stop au massacre des espaces ruraux !

Mais le Collectif doit à mon sens surtout, encore et toujours compter sur sa capacité de mobiliser

les populations riveraines et toutes celles et ceux qui refusent que l’espace rural devienne la poubelle des deux agglomérations et du développement du tourisme de masse. Mobiliser peut finir par payer, même contre la décision des juges et les intérêts financiers, comme l’a montré l’issue victorieuse du long combat des militants écologistes, des agrégateurs et des zadistes de Notre-Dame des Landes qui s’opposaient à la disparition de terres agricoles pour construire un aéroport. A mon modeste niveau, j’appelle à cette mobilisation. Je précise qu’Il ne s’agit pas de stigmatiser les porteurs du projet. Chacun est libre de faire preuve d’initiative et de chercher à gagner de l’argent. En revanche, je considère qu’il est temps de mettre fin au massacre des sites et des territoires ruraux que provoque le recours à l’enfouissement. En effet, pour au moins des décennies, les sites concernés par l’implantation d’un CET et les territoires alentours sont condamnés à une image désastreuse, des sols pollués et un potentiel de développement durable diminué. S’il faut vraiment en passer par l’enfouissement, je préconise que les quatre zones produisant la majeure partie des déchets insulaires (régions ajaccienne et bastiaise, Balagne, Extrême-Sud), en attendant d’avoir réussi à y généraliser le geste de tri et que soient mises en place de véritables filières de valorisation, consacrent un coin de leurs territoires à stocker leurs déchets. La recherche de prospérité, de qualité de la vie et de bonheur des uns aussi légitimes soient-ils, ne doivent pas passer par l’appauvrissement, la destruction de l’environnement et le malheur des autres.

• Alexandra Sereni

Mobiliser peut finit par payer, même contre la décision des juges et les intérêts financiers, comme l’a montré l’issue victorieuse du long combat des militants écologistes, des agréga- teurs et des zadistes de Notre-Dame des Landes.

Tavignanu Vivu : mille fois raison

de persister !

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CHRONIQUE CORSE

De députés en sénateurs

Ah il est loin quand les nationalistes incarnaient l’anti-France jusqu’à l’arrogance ! C’est l’un des responsables de l’époque qui me racontait comment lui et ses camarades refusaient de serrer la main des autres élus territoriaux corses au prétexte qu’ils « s’étaient vendus à la France.» L’élection de Paulu Santu Parigi est lourde de sens. Un nationaliste va mêler sa voix au concert de ces vieux messieurs ventrus dont le pas lent est le symbole de l’immobilisme conservateur. Il vient de rejoindre un nouveau groupe qui prendra le nom de "groupe écologiste, solidarité et territoires". Sa vice-présidente est la très à gauche Esther Benbassa, sénatrice EELV de Paris. D’ailleurs, à mieux y regarder, le nouveau groupe ressemble plutôt à un assemblage de circonstances qu’à un noyau dur écologique. Il n’empêche que l’élection de Parigi représente un ancrage toujours plus fort du nationalisme corse dans cette France à laquelle il demande toujours plus tout en prétendant s’en éloigner.

Aux origines de la contestation

Au début, après l’indépendance algérienne, était le verbe, un verbe régionaliste, timide et bien peu vindicatif. Puis il y eut l’autonomisme avec pour moteur la revendication légitime d’une partie de la jeunesse d’avoir accès au pouvoir local, occupé sans vergogne par un clanisme traditionnel bien décidé à ne pas céder un pouce de terrain. Comme la France reçoit la lumière américaine avec vingt ans de retard, la Corse entame ses mues alors même qu’elles ont achevé leur cycle sur le continent. C’est donc en 1975, alors même que s’achèvent dans le monde les ultimes guerres coloniales, alors même que Saïgon tombe aux mains des communistes (la fin d’un monde) qu’éclate le drame d’Aleria. En trame de fond, on perçoit toute l’amertume d’une Corse qui

hier encore «réussissait » aux colonies ou sur

« in isse France» et qui, soudain, avec la première crise pétrolière, l’inflation et le chômage, se trouvait confronté à elle-même.

La jeunesse tente alors de pousser les murs, d’élargir l’horizon local fut-ce à coups de plasticages. Mais, en étudiant cette violence, on comprend qu’elle fut toujours de basse intensité et qu’elle servit à obtenir toujours plus plutôt qu’à rompre les liens avec la France. La voie était toute tracée. Après quelques décennies d’une clandestinité désespérante, les armes se sont tues.

Désespérante car les hommes de l’ombre ne peuvent plus aujourd’hui que célébrer un seul « martyr » : Ghjuvan Battista Acquaviva.

Guy Orsoni a été rayé des « cadres » en 1995 par le FLNC Canal Historique. Tous les autres morts l’ont été du fait d’une lutte fratricide et absurde. À l’inverse, les cagoulés auront assassiné (difficile d’employer un autre terme quand la victime est tuée sans combat) une quinzaine de gendarmes, de policiers ou de supposés barbouzes.

La paix constructive

Or c’est l’abandon de la violence qui a permis aux nationalistes de remporter leurs premières vraies victoires démocratiques. Tamanta strada comme dirait l’autre. Désormais nous pataugeons dans la crise économique et sociale. Et plus nous nous y enfonçons et plus la Corse s’ancre dans la réalité française.

Qui peut encore aujourd’hui prétendre que nous nous en tirerions sans la solidarité nationale ? Il y a donc de fortes chances que la parole indépendantiste soit de plus en plus reléguée au rang des curiosités archaïques au profit d’une majorité plus technique. Les chefs indépen- dantistes recherchent de plus en plus les honneurs laissant la place à une nouvelle génération qui, à son tour, se rangera. La majorité modérée va devoir se désidéologiser et adopter des solutions pragmatiques aux

nombreux défis auxquels elle doit faire face.

Par ailleurs, la notabilisation des nationalistes met en exergue un autre phénomène : une minorité a obtenu un train de vie qu’elle n’aurait jamais pu imaginer sans la lutte. Tel individu autrefois modeste artisan a vu ses revenus mensuels décupler. Il n’est plus si rare que ça de noter que les nouveaux apparatchiks émargent à plus de cinq mille euros par mois sans compter les différents avantages. En d’autres termes, le nationalisme a créé une nouvelle bourgeoisie qui, un jour, s’opposera à sa base qui, elle, n’aura rien gagné aux victoires électorales. C’est ce qui s’était passé après la défaite de Ponte Novu : les notables ont troqué leurs belles idées contre des postes et des titres nobiliaires. Le petit peuple n’avait guère connu d’amélioration de son existant.

Ainsi va la Corse : la tourne mais donne souvent le sentiment de ne pas avancer.

• GXC

L’élection sénatoriale de Paulu Santu Parigi donne un coup d’accélérateur à la notabilisa- tion des nationalistes. Ils sont désormais de plain-pied dans la cour des grands. Mais para- doxalement, leurs victoires successives les enfoncent dans un système français dont ils voudraient désespérément s’éloigner.

La notabilisation des nationalistes

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SOCIÉTÉ

Liberté de s’habiller

En septembre, une jeune femme au décolleté jugé trop plongeant s’est vu refuser l’entrée du musée d’Orsay à Paris et une étudiante vêtue d’un crop top (haut laissant entrevoir une partie du ventre) a été sommée d’aller se rhabiller. Et d’autres lycéennes et étudiantes ont connu le même rappel à l’ordre. Les réseaux sociaux se sont enflammés, à tel point que le ministre de l’Éducation a appelé à porter une «tenue républicaine», autrement dit une tenue appropriée au lieu public dans lequel on se trouve. Et le débat fait rage.

Remettant au goût du jour la Marianne de Delacroix aux seins bien dénudés, pour guider le peuple… Le sexisme est sous-jacent. Le règlement intérieur de chaque établissement devrait suffire. En la matière, on avait pu noter depuis 2018 un durcissement dans les règlements intérieurs des établissements insulaires du second degré, pour éviter la surenchère du court. Le ministère de l’éducation ne devrait pas intervenir sur les modes et fixer un cadre vestimentaire, mais agir contre les violences sexistes et sexuelles. Avec la question sous-jacente de la limite du périmètre d’intervention de l’État. Car le problème de

ces tenues controversées n’est pas une question de mode, mais de respect, d’éducation, et au-delà, l’ouverture d’esprit et la sexualité consentie. Certaines collégiennes et lycéennes interrogées avaient d’ailleurs avoué bannir les jupes pour aller en classe pour éviter les réflexions et les mains baladeuses.

Habiller les filles

Le «crop top» exciterait la population masculine et empêcherait les garçons de se concentrer. Donc c’est aux filles de se vêtir pour faire en sorte que les garçons gardent leurs hormones sous cloche et non pas aux garçons d’apprendre à contrôler leur libido. À quand l’obligation de porter des soutiens-gorge pour que les tétons ne pointent plus sous les tee-shirts des filles, qui ont profité du confinement pour supprimer cet accessoire ? Ce même accessoire qui était devenu l’étendard du combat féministe dans les années 70, symbole d'une société bourgeoise et misogyne.

Molière en son temps, 1664, faisait déjà dire dans son Tartuffe « Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées. Et cela f ait v enir de coupables pensées.»… Autres temps, mêmes mœurs. Les

féministes ont soutenu le mouvement des lycéennes du 14 septembre, notamment Élisabeth Moreno qui a rappelé que « Les f em m es ont m is des siècles à pouv oir s’affranchir de codes vestimentaires. Cette liberté conquise de haute lutte n’a pas de prix ». Car il faut bien le reconnaître, les restrictions vestimentaires visent en général les filles. Et ailleurs, ça n’est pas mieux. En mai 2016, une réceptionniste londonienne est licenciée parce qu'elle refuse de porter des talons hauts. Elle riposte en demandant pour quelles raisons ses collègues masculins n'ont pas à remplir la même obligation. L'affaire avait fait polémique outre-Manche et obligé le gouvernement à prendre position. Le port du voile, autre houleux débat en son temps, visait aussi les filles, obligeant à réaffirmer la laïcité vestimentaire, y compris pour la kippa et tout autre accessoire montrant l’appartenance religieuse. Jusque sur les plages avec l’affaire du burkini à Sisco. La protection des droits et libertés doit être équilibrée. Cet équilibre en France est le principe de laïcité. Le « vivre ensemble » ne peut s’entendre que par ce respect de la loi de la République sauf à créer des volontés séparatistes et communau- taristes. Et donc l’hypersexualisation de la mode serait antirépublicaine.

Dress code

L’industrie de la mode a beau ne plus avoir la faveur des écologistes et des aspirants à une planète plus verte, les diktats de la mode n’en demeurent pas moins importants dans une société hyper genrée et hyper codifiée. Les dress codes sont encore très forts, même si le confinement a accéléré le look « néo-cool », façon « start-up», sportswear et confort avant tout. Le cool devient le nouveau diktat. Nous voilà rhabillés pour l’hiver.

• Maria Mariana

Ouf ! La mauvaise saison arrive, les tenues seront nécessairement républicaines et les nombrils sous les pulls. Le débat sur la bonne tenue à l’école n’a pas moins mis le feu aux poudres. Entre ceux qui militent pour le retour à l’uniforme et les autres qui aspirent à la liberté vestimentaire, il y a maille à partir.

Couvrez ce nombril que je ne saurais voir…

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CHRONIQUE INTERNATIONALE

De correction en correction

Il est toujours difficile d’analyser une situation présente sans la rapporter à celles que nous croyons avoir été proches dans le passé. Le président Macron avait, il y a un an et demi, parler d’un resucédes années trente. De telles comparaisons sont évidentes lourdes d’erreur.

Ces années-là étaient dominées par la montée des extrémismes : le stalinisme d’un côté, le nazisme de l’autre. Ça n’est plus vrai. La réalité est vraisemblablement à chercher du côté de la mécanique capitaliste qui exige au moins une fois par génération une crise structurelle destinée à purger le système, à en éliminer les éléments les plus faibles, les moins performants, les plus archaïques.

Dans le domaine financier, c’est le rôle de l’explosion des bulles spéculatives, ce que les économistes désignent du nom violemment ambigu de « correction». Il y eut donc 2008, la crise des subprimes qui vit, chose étrange, les états voler au secours des banques, pour éviter un effondrement généralisé. Mais cela n’a semble-t-il, pas été suffisant puisque la

spéculation financière s’est amplifiée tout comme l’économie sauvage. La leçon n’ayant pas été pertinente, nous subissons les conséquences d’une pandémie dont les remèdes souvent irrationnels, mettent à mal la planète entière pays pauvres et riches confondus.

La démocratie en vrac

Dans la vie d’un homme, les évènements se succèdent et paraissent souvent lointains les uns des autres. Avec un peu de hauteur apparaissent les logiques, les cohérences et l’ampleur des drames. Pour reprendre une formule éculée, tout est lié. Dès lors la crise sanitaire n’est jamais que la conséquence du dérèglement climatique lui-même en grande partie causé par le dérèglement économique de l’humanité. Et aujourd’hui ce sont les règles démocratiques, celles qui président à la liberté des citoyens qui sont menacées.

Cela n’est pas nouveau et c’est une tendance générale des démocraties en période de crise que de chercher à museler les citoyens afin d’empêcher une contestation sociale qui pourrait mettre à mal un pouvoir oligarchique.

Cela s’est accéléré avec le 11 septembre 2001 et le vote du Patriot Act, une attaque majeure contre les libertés au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais comment parvenir à comprendre que des faits relativement mineurs parviennent à ébranler des démocraties assises sur des monceaux d’or ? Car enfin les trois mille morts du World Trade Center ne sont rien en regard des millions de personnes tuées dans les guerres excentrées d’Orient et d’Afrique. Et la Covid ? Un million de morts alors que le nombre de décès moyen dans le monde s’élève à 66 millions par an. Ne faut- il pas voir dans le désarroi qui a saisi les démocraties les signes annonciateurs d’une fin civilisationnelle ?

Des tendances contradictoires

Le mal qui touche les démocraties est général et planétaire. Les gouvernements en place y répondent dans la plupart des cas par des mesures répressives et coercitives. L’économie mondialisée a peu à peu défait les frontières et relativisé le terme de nation voire d’état.

Cette lente désagrégation a favorisé a contrario l’émergence des entités jusque-là étouffées telles que celles des régions historiques, des peuples sans terre. Aujourd’hui la crise a permis le Brexit lequel a réveillé les ardeurs des Écossais et des Irlandais préfigurant la fin de la Grande Bretagne, abusivement qualifiée de grande démocratie. Les anciennes colonies de l’empire britannique sont également touchées. En Inde sévit un fascisme religieux hindouisme, contrairement identique à l’islamisme du Pakistan ou du Bangladesh.

Aux États-Unis, le trumpisme a mené le pays au bord de la guerre civile. Et la liste pourrait être étendue à tous les continents. Tout cela sur fond de crise climatique majeure.

Mystère et boule de gommes

Difficile dans de telles conditions de prévoir l’avenir. Les organisations collapsiques chantent la fin de l’humanité tandis que les évangélistes annoncent le retour du Messie.

Tout semble brouillé, contradictoire, conflictuel dans une atmosphère eschatologique. Il y a peu de chances que la sagesse parvienne à faire entendre sa petite voix flûtée au milieu de cet océan de passions tristes. Peut-être faut-il simplement profiter du temps présent, cueillant la rose avant qu’elle ne se fane. Puis voir venir en ayant conscience qu’il ne sert à rien de chercher des boucs émissaires à des situations qui sont de notre responsabilité collective.

• GXC

Les crises sont toujours le résultat de contradictions non réglées et préparent la naissance d’un autre monde. Aujourd’hui, la planète entière est confrontée à une crise sociale, sani- taire et existentielle. Les fondations même de la démocratie sont remises en cause de façon plus ou moins importante dans les pays qui, jusqu’alors, se targuaient de la respecter et de la faire respecter.

Au chevet de la démocratie malade

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DEMICHEL

La politique comme lieu privilégié du mensonge ?

La politique comme lieu du sujet est le lieu potentiellement focalisateur de la tragédie du mensonge. Elle met radicalement en question le lien social et par là l’identification d’un sujet intersubjectif. Plus le politique se définit comme projet essentiel à la définition des individus un à un, plus l’idée du politique comme mode de l’« être ensemble» se fait exigence ontologique. Le « cas» du mensonge politique met en jeu l’écart, particulièrement violent, entre les exigences de véridicité et de réalisme du discours. D’où l'ambiguïté pratique du mensonge : a-t-on le droit et même le devoir de mentir par « obligation d'efficacité » ?

Garant et fragile de l’idée du lien à l’autre comme indéfectible

Le mensonge politique – ou « mensonge en politique » - renvoie à l’ordre d’une terreur : terreur d’une découverte d’un ordre mensonger dans le champ politique ; terreur nourrie d’une certaine idée du politique comme garant et fragile de l’idée du lien à l’autre comme indéfectible :

– Garant, parce que dans l’espace dangereux de la relation à l’autre, le lien social semble s’imposer par l’exigence du politique comme raison de l’adhésion à l’autre.

– Fragile parce que le lien politique repose sur l’horizon d’un consensus : il est question de « tous» dans le lien politique, avec l’horizon d’une exigence ontologique que ce lien mette en cause l’entité individuelle dans l’implication politique. Tel l’exemple du « contrat», qui pose que c’est la constitution politique, comme invention, qui devient convention – mais convention qui devrait se soutenir d’une nécessité : celle du « vivre

ensemble». Le mensonge politique est-il par essence menteur ? Sans doute, si l’on considère le discours politique comme illusion de saturation de la réalité, un discours de conviction plus qu’un discours critique – c’est-à-dire un discours impliquant une décision plus qu’une suspension. Les compromis devant le « mensonge utile » ne font que masquer cet axe du politique qui est d’obturer la valeur du dire par la valeur du

« faire», la remettre à plus tard ou la laisser à quelques-uns.

L'enjeu de l'insoutenable autonomie du politique

Comment délimiter le politique, par rapport à une référence éthique ou juridique ? Sur le mensonge d'État, ce qui est ainsi en jeu, c’est ce que l’on pourrait qualifier d' « insoutenable autonomie du politique» : comment certains modes du politique s’exceptent en tant que tels, sous ces conditions du mensonge efficient et justement exceptionnel.

La politique s’éclaire comme lieu d’irréduc- tibilité mensongère. La « banalité » du motif du mensonge politique ou du mensonge des

« politiques» - comme technique d’appro- priation du pouvoir - , semble se donner comme l’évidence d’une opposition structurelle entre un « réalisme » bien compris — ou de ce que l’on pourrait qualifier d’empirisme, et une constitution législatrice.

Une chute en moralité

Hannah Arendt développe ainsi que, dans les sociétés pré-modernes, le mensonge était lié au politique par contrat, indice ainsi d’une

« chute » en moralité qui marque, non seulement une soumission à la matérialité, mais une seule vérité entourée, sur son propre chemin, de mensonges en amont et en aval.

Quel statut peut-on donner à la part résiduelle du mensonge dans la constitution du sujet collectif ? L’histoire du mensonge politique, ou résistance à la volonté de toute transparence, semble se corréler à l’histoire de la politique comme la part « maudite» de la sujétion collective.

« Toute l’entreprise politique platonicienne peut être pensée comme une polémique anti- maritime. (La politique empirique, c’est-à-dire le f ait dém ocratique, s’identif ie au règne maritime des désirs de possession qui courent la mer au double risque du ballottement des f lots et de la brutalité des m arins. (Pour sauver la politique, il faut la tirer sur la terre des pasteurs» (Jacques Rancière, Au bord du politique, Osiris, 1990). La métaphore platonicienne présuppose une vérité une, éternelle et réelle – en même temps… ! Or, si au contraire l’on est « réellement» contraint d’envisager la vérité comme processus, ou encore comme une définition toujours à venir, comme une « attente», ne contient-elle pas la violence du mensonge, source infinie, elle- même, de violences sans fin ? !

L'inacceptable et le nécessaire

La pensée du mensonge en politique se retrouve alors face à une réelle contradiction – que l’on peut identifier comme son point limite d’irréductibilité politique : la contradiction entre l’idée d’un mensonge inacceptable en politique et le mensonge nécessaire de la politique ou des politiques. C’est la question qui se pose devant ne serait-ce qu’un seul mensonge, même justifié « après-coup », « au nom de» l’intérêt politique. La faille de la politique reste effectivement qu’elle tient de la «réalité contingente» plus primordialement – du moins dans ses effets réels - que d’un principe institutionnel.

« Si donc il appartient à quelqu'un de mentir, c'est aux gouverneurs de la cité, pour trom- per les ennemis ou les citoyens, quand l'intérêt de l'État l'exige. Aucun autre n'a le droit de toucher à une chose aussi délicate. »

Platon, La République.

Mensonge et politique, ou l’incursion

du réel dans l’idée

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DEMICHEL

Si, selon Hannah Arendt , le mensonge se montre comme « outil de l’homme d’État», c’est que « tirer la politique sur la Terre des Pasteurs » est une entreprise impossible.

Tout le principe de la diplomatie est de « tenir sur » le mensonge, de le contenir dans certaines limites, dans la mesure où les conditions réelles de la politique, toujours définie en termes de prévisions, rendent le mensonge indéfiniment possible. !!… et que la détermination temporelle du politique ne tient pas sans diplomatie.

« L’auctoritas est la vertu avant la loi », selon Jacques Rancière. Nous devons donc poser comme axiomatique de toute efficience politique la prééminence de la présupposition avant la constatation, ou de la décision avant les faits.

L'impossible transparence

Le politique relève du mensonge, dans la

mesure de sa faillite à sa propre transparence, et l’idée de transparence absolue relèverait d’un ordre impossible. « L ’hom m e n’est pas politique de part en part il y a des lieux qui transcendent le politique. Dans sociétés modernes, ces limites n’existent plus. C’est peut-être le signe d’une contagion. Il y a des v érités que la m achine politique tend à dissimuler, sous le constat d’absolue séparation fondamentale des différents domaines – sous des conditions et des définitions diverses du politique» (H.Arendt, sur l’Éthique et le Droit in Du mensonge à la violence).

L’espace où le mensonge travaille la politique est l’espace de disjonction entre la politique comme mode déterminé d’« être ensemble», et la politique comme activité efficace de ce mode ; quand il faut «faire de la politique» pour instituer et légitimer que nous soyons

« en » politique. « La question fondamentale

du politique aujourd’hui, c’est la question du lien : avec qui d’autre faire lien ou alliance ? Si ce n’est possible qu’avec soi, le lien s’enroule sur soi et c’est l’étouffement narcissique ; si c‘est avec l’" autre ", il faut pouvoir supporter plus que nos différences avec cet " autre " : son écart avec lui-même, nos écarts à nous- mêmes… Mais ce sont ces tensions qui font vivre les liens, les transforment et leur évitent l’étranglement solitaire… »(Daniel Sibony, Psychopathologie du quotidien).

Mentir dans l’exclusivité du lien politique tient, non pas d’une transgression, mais d’une question qui porte sur les modes d’acte dans l’espace politique, dans l’espace du multiple.

• Sophie Demichel-Borghetti

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CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE

On suit l’intrigue sans difficulté, l’atmosphère est bien rendue quoiqu’on puisse regretter çà et là quelques impropriétés de style et facilités du langage parlé, dûes peut-être à la traduction.

Notons que pour se faire pardonner d’écrire convenablement, il est parfois sacrifié à la mode de parsemer le texte, dont on est l’auteur, de laideurs conformistes proches de la vulgarité, pour démentir le soupçon d’élitisme.

L’ensemble est réussi cependant. Le parti pris de vulgarité est un avatar de ce que le politiquement correct croit être la démocratie, comme le pantalon en toile de jean déchiré au genou. Le beau est tout aussi suspect que le vrai ; Eric Zemmour en fait aujourd’hui l’expérience. A quoi peuvent donc servir alors les proclamations présidentielles sur les vertus républicaines, quand le mensonge par omission est institué en impératif catégorique ? Le détective se fait sentir en cette occurrence par son absence. A quand une enquête française consacrée aux mensonges de la République ? Ah ! Poirot ! Reviens vite, on a besoin de toi. On notera au passage que le journaliste dont j’a cité le nom fait l’objet,

quant à lui, de procès télévisés qui passent en boucle sur les chaînes de télévision, sans bénéficier pour ce qui le concerne de l’adjectif

« présumé», pour qualifier son délit éventuel, quand l’agresseur de Charlie Hebdo, lui, pris et arrêté sur le fait s’est vu décocher à profusion la protection de ce qualificatif.

Qu’on permette au présumé nigaud qui signe cette chronique de s’en étonner. Marat disait

«dindons vont en troupe». C’est de plus en plus vrai. Le Président de la République s’est attaqué dans son discours fleuve à l’islamisme politique en découvrant à son tour la situation du pays. Les moyens seront-ils à la hauteur du défi, ou resteront-ils une série de vœux pieux ? Tout dépendra bien évidemment de l’exécution des solutions préconisées. Il y a tout lieu de penser, hélas, qu’un risque important existe pour que le remède envisagé ne puisse être administré au patient, en raison de la multiplicité des obstacles que la paresse intellectuelle et les idées préconçues de la bonne société bien pensante ne manqueront pas de lui opposer. A supposer même qu’il se trouve une majorité pour voter un texte pareil. Ce n’est hélas pas le dire qui pêche, c’est le faire.

L’incantation à la République et à ses vertus est en passe de devenir la prière à la mode pour des hommes politiques qui n’ont malheu- reusement pas lu La Fontaine, qui écrit dans un vers célèbre : « A ide-toi et le ciel t’aidera ».

Mais voilà, quand nous aiderons-nous nous mêmes ? Au delà des styles et des résolutions, ce qui est vrai pour la grande nation l’est aussi pour la petite que nous sommes. Prenons conscience enfin, que plus que jamais le diagnostic qui va à l’une s’applique à l’autre.

C’est Alain Peyrefitte qui, « Dans le mal

français » avait diagnostiqué que les maux dont souffrait la France affectaient la Corse en réduction. Pour autant, c’était une belle analyse qui méritait d’être écoutée.

Le romain avait édicté un adage primum v iv ere, qui devait être lu ainsi : primum agere. D’abord il faut agir. La forme institu- tionnelle dont les démocraties occidentales ont dorénavant habillé l’Etat permet-elle encore l’action ? Qu’en pensent les mânes de Bonaparte ?

Il me souvient qu’à la suite d’un exposé sur les mérites comparés des entreprises de percement des deux canaux de Suez et de Panama, devant la réussite de l’un et le fiasco de l’autre, l’orateur avait prononcé cette phrase, ô combien dérangeante, pour les oreilles d’aujourd’hui : l’Empire ou la République, est-il besoin de conclure ? Mais nous parlons d’ordre public plus que de grands travaux dans la présente chronique ! Et pourtant, le chantier que le Président propose a la même logique : restaurer et refonder. A l’heure de la construction européenne, tandis que la Grande Bretagne s’éloigne irrémédiablement, se pose la question cruciale de la coordination des énergies.

La perspective soulignée en son temps par l’historien Louis Halphen, à propos du legs de Charlemagne et la naissance de la France en 843 avec le testament de Louis le Pieux retrouve son actualité: Le Royaume ou l’Empire, face à la montée en puissance du monde islamique.

• Jean-François Marchi

Sophie Hannah, écrivain britannique, a décidé de reprendre le personnage d’Hercule Poirot avec l’accord de la famille. Elle a publié une nouvelle enquête du fameux détective dénom- mée : Meurtres à Kingfisher Hill. C’est une réussite.

Un nouvel Hercule Poirot

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MODE

La Fashion Week milanaise du mois de février 2020 avait été au coeur de l’actualité, au tout début de l’épidémie : l’Europe n’y croyait pas encore, mais l’Italie avait déjà pris les devants. Certains shows avaient eu lieu à huit clos, à l’instar de celui de la maison Armani, pour soutenir les premières annonces sanitaires. Plus de six mois plus tard, Milan a réveillé sa mode et Paris aussi.

Durant cette semaine milanaise, Versace a présenté une collection printemps/été 2021 dans un monde imaginaire appelé Versacepolis.

Dans cette ville antique et sous-marine, les mannequins ont défilé avec des vêtements aux couleurs chatoyantes, imprimées du motif

« Trésors de la mer» créé par Gianni Versace, frère disparu de Donatella, l’actuelle directrice artistique de la maison. Une plongée au coeur d’un décor imaginaire, où les vêtements sont lumineux, joyeux.

Si Versace a organisé un événement physique, l’heure était à la digitalisation pour Prada. Pour le premier défilé du créateur Raf Simons en collaboration avec Miuccia Prada, c’était en ligne, sur les réseaux sociaux et le site de

la marque, que le show se passait, un rendez- vous ouvert à tous. On a pu y voir un retour au nylon, cher au coeur de la griffe.

Pour Marni, l’exercice a été tout autre : les pièces de la collections ont été portées par 48 personnes dans le monde entier. Filmées, elles ont ensuite fait l’objet d’un film aux scènes de la vie de tous les jours, pour replacer le vêtement au centre du quotidien.

A Paris, Maria Grazia Chiuri pour Dior a opéré quelques transformations. Seulement moins d’un tiers de personnes présentes dans les rangs des invités pour respecter une distanciation nécessaire. Le défilé était aussi retransmis en direct sur TikTok, une première mondiale.

La collection a montré une allure féminine pour un vestiaire d’intérieur, pour «s’habiller comme chez soi». Reflet de l’actualité, le luxe aussi souhaite d’implanter dans la réalité, à l’heure où le domicile est le lieu de vie principal. A cela, rien de morose : les couleurs acidulées et les motifs floraux ont apporté toute la poésie à cette collection aussi enveloppante qu’élégante.

Pour Balmain et Olivier Rousteing, les créations ont été dévoilées devant une assemblée constituée de convives physiques et digitaux. Les deux premiers rangs étaient investis par des écrans comme si les participants étaient dans une conversation en visioconférence. Anna Wintour, Jennifer Lopez, Usher, Cara Delevingne ou encore Kris Jenner étaient filmées depuis chez elles.

Elles ont alors apprécié les looks sophistiqués, des costumes taillés à la perfection, des robes extravagantes, des épaules bien présentes et le retour du logo PB créé par Pierre Balmain en 1970. La rencontre du passé et du présent.

Pour Isabel Marant, la fête était de mise, avec le collectif de danseurs La Horde qui a rythmé le show. Musique électro, jeux de lumières et vêtements lamés ont exprimé les envies de la créatrice éponyme, la légèreté de l’être, un espoir de liberté retrouvée pour l’été prochain ? Affaire à suivre.

• J.S.

Alors que les semaines de la Mode européennes s’annonçaient incertaines, les maisons ont redoublé d’imagination pour prouver l’intérêt de la couture dans cette période instable.

Monde de demain, distanciation sociale, digitalisation, retour aux sources… Entre Milan et Paris, focus sur « le jour d’après ».

Le retour de la Fashion Week

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LINGUA CORSA

Prupone, in fine d’estatina è sin’à dicembre, attività altre chè u turisimu solu « suldarinu» nantu à u litturale, è, à tempu prumove l’estru corsu o fà campà i nostri paesi d’inguernu, eccu

ciò chì fù u scopu di l’associu « A Cappella » quand’ellu mettò in piazza u primu festivale d’autornu di a ruralità in u…2007. À u capu d’issa struttura, Cristianu Andreani, impegnatu à prò di a cultura, a storia è u patrimoniu corsu dapoi guasgi cinquanta anni. « A v em u principiatu cù ghjurnate culturale intornu à cuncerti, canti…spiega u respunsevule, u scopu hè sempre statu di mustrà, luntanu di ciò chì si cam pa nantu à u litturale, una Corsica rurale chì campa tutta l’annata cù l’impegnu è u dinamisimu di i so pruduttori, agricultori, artisgiani, paisani. L’occasione, à tem pu, di m ette in v ale, u m ondu assuciativu…»

A Via San Martinu

Cusì, u festivale hà apertu e so porte prima cù una settimana, eppo duie. Dedicatu à un publicu abbastanza largu, hè sempre statu un mumentu di spartera cù, à traversu l’attività pruposte, a pussibilità di scopre u patrimoniu materiale o immateriale di a Corsica. Hè per quessu, d’altronde, chè Cristianu Andreani, l’hà vulsutu arrembà nantu à a famosa via San Martinu. « San Martinu hè un legiunariu

rumanu di quartu seculu in a guardia persunale di l’Imperatore. Eppo sparte u so mantellu cù un pov eru. Hè una m anera, à l’epica, d’inv entà a spartera… Face m iraculi.

Travagliemu nantu à a so V ia in Corsica induve ritruvemu monda ghjesge è cappelle chì portanu u so nome. »

Quest’annu, è malgratu a crisa sanitaria, a manifestazione hè prevista ma sottu à cundizione precise. « Di fattu, avariamu un prugramma appruntatu, ma ogni volta, semu custretti di dum andà l’autorisaz ione di a prifettura. Dunque, ùn si pò micca fà affissi nè parlà di manera precisa di l’urganisazione.

Sapemu, quantuque, chè a manifestazione si teneria sin’à u primu di dicembre…» L’occasione, forse s’è e cundizione sò adunite, di festighjà à San Martinu (patrone di u vignaghjoli), l’ondeci di nuvembre È, à tempu, u vinu novu…U festivale, ellu, cuntinueghja à fà a so strada, da Cismonte à Pumonte, sempre per fà campà a ruralità…

• F.P.

Evenimentu culturale ma dinò suciale è ecunomicu maiò dapoi qualchì annu, u festivale d’autornu di a ruralità, arrimbatu nantu à a Via San Martinu, si tene sin’à u principiu di dicembre. L’occasione, intornu parechje attività (musica, ballu, cantu, mostre, cunferenze, storia, di fà campà u mondu paisanu…

13 u Festivale d’autornu di a ruralità :

prumove l’estru paisanu

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TENDANCE

Elle voulait être rédactrice de mode, mais a finalement considéré que cela ne lui permettrait pas « d’exprimer suffisamment sa créativité».

Antoinette Nunzi a 23 ans lorsqu’elle décide de créer sa marque de bijoux en 2005.

Elle quitte alors Paris et retourne dans son village de Bastelica pour mettre en place son atelier-boutique. À l’origine, la marque Nanarella se compose de charms, ces petits accessoires permettant de personnaliser les bijoux. « C’est un concept américain très répandu aux États-Unis. Il s’en suit une coutume qui vise à offrir un charms à chaque grand évènement : un diplôme, un anniversaire, une naissance. » Un concept dont s’inspire la créatrice, mais qu’elle façonne toutefois à son île en créant des bracelets porteurs de messages :

« J’ai voulu axer mes bijoux autour de thèmes en lien avec la Corse : la famille, la religion, l'oeil de Sainte Lucie ou encore les fleurs endémiques », précise-t-elle.

D’où le fameux « Dio V i Salvi Regina », que l’on est habitué à voir aux poignets de nombreux insulaires.

« Du cadeau de naissance à celui pour la grand-mère »

« Mon but est que les gens, corses ou non, portent ces bijoux sans s’en lasser. M ais surtout que ces derniers rappellent notre patrimoine, notre culture, qu’ils aient une réelle signification», explique l’artisane qui mise également sur la diversité.

En effet, Antoinette Nunzi met un point d’honneur à ce que toutes les générations puissent se retrouver dans ses créations : «C’est un sty le très large qui v a du cadeau de naissance à celui pour la grand-mère. Un style qui s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes.» Ce dernier point n’est pas anodin puisqu’il s’agissait pour la jeune femme d’un réel défi. « Une de mes ambitions premières était que les hommes portent eux- aussi des bijoux. C’est quelque chose d’assez rare, et pourtant c’est arrivé. Les pères avec le bracelet « Babbu d’A more» ou encore les grands-pères avec « Missià d’amore», se félicite-t-elle. Comme pour de nombreux créateurs, le confinement a été une période favorable pour Antoinette, qui a profité de son temps libre pour laisser libre cours à son imagination : « Une nouvelle collection a v u le jour à l’issu du conf inem ent. J’ai confectionné des bracelets avec ce que je ram assais sur les plages, que ce soit des coquillages, des galets ou encore des yeux de Sainte-Lucie. J’ai voulu montré qu’on peut faire un joli bijou av ec trois fois rien, et surtout avec ce qu’il y a de plus naturel.»

Plusieurs cordes à son arc et des projets à venir

Quelques années après la création de Nanarella, Antoinette Nunzi a également lancé une deuxième marque de bijoux, Ata-ï, suivant une inspiration totalement différente. « Dans ces

créations fantaisies, je m’inspire des tendances du moment, de la mode actuelle. Du brésilien en passant par l’ethnique, le tout composé de pierres sem i précieuses qui v iennent du monde entier», détaille la créatrice. « Ce sont des thèmes plus vastes et plus lointains qui me permettent d’aborder d’autres univers que celui de la Corse. »

Prochainement, Antoinette va inaugurer un musée situé à côté de son atelier, à Bastelica.

Toujours en cours de construction, celui-ci donnera lieu à l’exposition de ses bijoux ainsi qu’à l’explication de leur signification.

« Le but est que les gens puissent visiter les lieux et comprendre ce qu’est réellement le

« Dio Vi Salvi Regina », les croyances autour du corail ou encore celles liées aux fleurs endémiques. Ce sera une sorte de casellu accessible à tous.» Le but des prochaines années pour Antoinette Nunzi ? « Que tout le monde passe par Bastelica ! »

• Laura Gatti

Les boutiques ateliers Nanarella : Aéroport Napoleon Bonaparte Ajaccio, du lundi au dimanche de 09 heures à 19 heures Maison mère, entrée du village de Bastelica, du lundi au samedi de 09 heures 30 à 19 heures.

Créée il y a une quinzaine d’années, la marque de bijoux Nanarella s’est imposée au fil du temps comme un incontournable La créatrice, Antoinette Nunzi, revient sur ses inspira- tions mais aussi sur ses ambitions concernant la suite.

Nanarella : la marque corse identitaire

et symbolique

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