LES ONDES
Le transport de l’ ´energie et de la quantit ´e de mouvement se fait uniquement par 2 m ´ecanismes fondamentaux : des particules qui se d ´eplacent ou des ondes qui se propagent. Ces 2 conceptions apparemment diff ´erentes sont subtilement li ´ees : il n’y a pas d’ondes sans particules et pas de particules sans ondes.
Une onde est une perturbation se propageant de proche en proche dans un milieu. Les sortes de perturbations et de milieux peuvent ˆetre tr `es diff ´erents .Quelques exemples :
– onde de surface : le milieu est la surface libre d’un liquide, la perturbation correspond au d ´eplacement des particules du liquide par rapport `a leur po- sition de repos (les vagues)
– onde sonore : le milieu est un solide, liquide ou gaz, la perturbation est une variation de pression
– onde ´electromagn ´etique : le milieu est la mati `ere ou le vide. La perturbation
correspond `a une variation du champ ´electromagn ´etique, la cause de cette
perturbation ´etant due `a l’acc ´el ´eration des charges ´electriques (la lumi `ere,
les ondes radio et TV, micro-ondes ....)
LES ONDES MECANIQUES
Nous allons ´etudier les ondes dans les milieux mat ´eriels : ce sont des ondes m ´ecaniques.
La source de toute onde est une vibration. C’est cette vibration se propageant qui constitue l’onde.
Une onde m ´ecanique progressive est un ´ebranlement ou une perturba- tion de l’ ´equilibre d’un milieu mat ´eriel qui se propage d’une r ´egion `a une autre et qui transporte de l’ ´energie et de la quantit ´e de mouvement.
Bien que la perturbation transportant l’ ´energie se d ´eplace dans le milieu sur de grandes distances, les atomes individuels participant au processus restent au voisinage de leurs positions respectives d’ ´equilibre.
La perturbation se propage mais sans d ´eplacement de mati `ere `a grande
´echelle.
Les types d’ondes
Ondes transversales : la vitesse de l’onde ~ v et la perturbation y ~ sont per- pendiculaires.
Les points successifs de la corde entrainent chaque point contigu suivant vers le haut → d ´eplacement longitudinal de la cr ˆete de l’onde.
Les forces de coh ´esion entre les parties contigu ¨es font voyager l’impulsion longitudinalement.
Les particules se d ´eplacent perpendiculairement `a la direction de
propagation de l’onde.
Les types d’ondes (suite)
Ondes longitudinales : la vitesse de l’onde ~ v et la perturbation ~ y sont pa- rall `eles.
Les particules se d ´eplacent parall `element `a la direction de propagation de l’onde.
Ces ondes longitudinales et transversales sont des ondes progressives car elles voyagent d’un point `a un autre (d’un bout d’une corde `a l’autre bout). Ce
sont les ondes qui bougent entre 2 points et pas la mati `ere (corde ou air) `a travers laquelle les ondes bougent.
La vitesse des particules de mati `ere 6= vitesse de l’onde.
Les types d’ondes (suite)
Dans un solide, il peut y avoir des ondes m ´ecaniques transversales et longitu- dinales. Ces 2 types d’onde peuvent voyager dans un solide puisque chaque atome ou mol ´ecule peut vibrer autour de sa position d’ ´equilibre, dans n’im- porte quelle direction. Par exemple les perturbations dues aux tremblements de terre.
Dans un fluide , il y a uniquement des ondes m ´ecaniques longitudinales de
compression appel ´ees ondes acoustiques . Ceci est d ˆu au fait que dans un
liquide un mouvement transversal ne rencontre pas de force de rappel.
Onde harmonique : repr ´esentation math ´ematique
L’ ´ebranlement le plus simple `a analyser math ´ematiquement est l’onde si- nuso¨ıdale et c’est aussi le plus r ´epandu dans la nature. En nous r ´ef ´erant aux ´equations du MHS, on peut ´ecrire la fonction repr ´esent ´ee ci-contre par :
y(x) = y
msin 2πx λ
L’argument (2πx/λ) est la phase de l’onde. Cette ´equation d ´ecrit le profil d’une onde harmonique fig ´ee au temps t = 0.
Le profil se r ´ep `ete avec une p ´eriode d’espace ´egale `a la longueur d’onde,λ ; donc y = 0 pour x = 0, λ, 2λ, 3λ....y
mest l’amplitude, valeur toujours posi- tive, bien que y puisse ˆetre n ´egatif. Mais on cherche une ´equation g ´en ´erale qui d ´ecrit la propagation de l’onde `a la vitesse v. Au temps t, l’onde conservera la m ˆeme forme mais toutes ses parties auront boug ´e d’une m ˆeme distance, vt.
Si l’onde voyage vers la droite, il suffit de remplacer x par (x − vt), soit : y (x, t) = y
msin
2π
λ (x − vt)
Il y a une p ´eriodicit ´e dans l’espace et dans le temps.
Onde harmonique : repr ´esentation math ´ematique (suite)
La forme g ´en ´erale d’une onde sinuso¨ıdale progressive (onde harmonique) : y(x, t) = y
msin (kx − ωt + φ)
avec y
m= amplitude de l’onde ; (kx − ωt + φ)= phase de l’onde ;
φ= d ´ephasage ; ω= fr ´equence angulaire/pulsation et k= nombre d’onde.
Posons φ=0,
(a)y (x, t = 0) = y
msin kx
(b)y (x = 0, t) = y
msin (−ωt)
– nombre d’onde :k
y
msin kx
1= y
msin [k(x
1+ λ )]
= y
msin (kx
1+ kλ) k = 2π/λ en rad/m et λ : la longueur d’onde en m.
– fr ´equence angulaire :ω
y
msin ωt
1= y
msin [ω(t
1+ T )]
= y
msin (ωt
1+ ωT ) ω = 2π/T en rad/s et T : la p ´eriode – fr ´equence :f
f = 1
= ω
La vitesse de propagation des ondes
Soit deux instantan ´es de l’onde
pris pour un intervalle de temps ∆t.
La forme de l’onde est fixe et se d ´eplace lat ´eralement sans d ´eformation.
∆x
∆t
est la vitesse de l’onde.
Lors du d ´eplacement, tous les points de l’onde gardent la m ˆeme valeur de y → argument du sinus doit ˆetre constant
kx − ωt = constante D ´erivons par rapport `a t :
k dx
dt − ω = 0 dx
dt = v = ω k v = ω
k = λ
T = λf
L’onde bouge d’une distance ´egale `a
une longueur d’onde pendant une os-
cillation, la vitesse est une longueur
d’onde par p ´eriode (voir TP M6).
La vitesse de propagation des ondes (suite)
y(x, t) = y
msin (kx − ωt) = y
msin
2π
λ (x − vt)
Cette ´equation d ´ecrit le mouvement d’une onde se d ´eplac¸ant vers les x crois- sants.
Pour trouver l’ ´equation d’une onde se d ´eplac¸ant vers les x d ´ecroissants, on remplace t par −t. Ceci correspond `a la condition :
kx + ωt = constante
condition qui impose que x doit d ´ecroˆıtre quand le temps augmente. Ainsi l’ ´equation d’une onde se d ´eplac¸ant vers les x d ´ecroissants est :
y (x, t) = y
msin (kx + ωt) et la vitesse de cette onde sera :
dx
dt = − ω k
Le signe − indique que l’onde se d ´eplace vers les x d ´ecroissants.
D’une mani `ere g ´en ´erale, une onde progressive est de la forme y(x, t) =
Exemple : une onde sinuso¨ıdale progressive
Soit l’onde sinuso¨ıdale le long d’une corde :
y(x, t) = 0, 00327 sin (72, 1x − 2, 72t) dans laquelle les constantes num ´eriques valent dans le SI : 0,00327 m, 72,1 rad/m et 2,72 rad/s.
– D ´eterminer son amplitude, k, λ, T , f ?
y
m= 0, 00327 m, k = 72, 1 rad/m, ω = 2, 72 rad/s λ =
2πk=
2πrad
72,1
rad/m = 0, 0871 m T =
2πω=
2πrad
2,72
rad/s = 2, 31 s, f =
T1=
2,311s = 0, 433 Hz – Quelle est la vitesse de l’onde ?
v =
ωk=
2,72rad/s
72,1
rad/m = 0, 0377 m/s
– Que vaut y au point x = 22, 5 cm et t = 18, 9 s ?
y = 0, 00327 sin (72, 1 × 0, 225 − 2, 72 × 18, 9) = 0, 00192 m – Calculer la vitesse transversale, u, de ce point ?
Prenons la d ´eriv ´ee partielle par rapport au temps : u =
∂y∂t= −ωy
mcos (kx − ωt)
u = (−2, 72rad/s)(3, 27mm) cos (−35.1855rad) = 7, 2mm/s – Calculer l’acc ´el ´eration ?
a
y=
∂u= −ω
2y
msin (kx − ωt) = −ω
2y = −14, 2mm/s
2Vitesse de propagation des ondes
La vitesse de l’onde est reli ´ee `a la longueur d’onde et `a la fr ´equence, mais est d ´efinie par le milieu. Si une onde se propage dans un milieu tel que l’eau, l’air, l’acier ou une corde tendue, elle fait osciller les particules de ce milieu. Pour que cela puisse se faire, il faut que le milieu poss `ede d’une part des propri ´et ´es inertielles (pour que l’ ´energie cin ´etique puisse ˆetre stock ´ee) et d’autre part des propri ´et ´es ´elastiques (de telle sorte que l’ ´energie potentielle puisse ˆetre r ´etablie). Ces 2 propri ´et ´es d ´eterminent la vitesse de propagation de l’onde. On peut donc calculer cette vitesse `a partir des propri ´et ´es du milieu.
D ´etermination dimensionelle
On examine les dimensions de toutes les quantit ´es physiques qui inter- viennent. Pour une corde tendue, sa caract ´eristique inertielle est la masse d’un ´el ´ement de corde, soit sa masse divis ´ee par sa longueur µ = m/l, ap- pel ´ee la masse lin ´eique exprim ´ee en kg.m
−1. Pour ´etirer une corde, il faut lui appliquer une force de tension F
Tde dimension kg.m.s
−2. Comment combiner µ et F
Tpour obtenir une vitesse ?. On trouve facilement :
v = C
v u u t
Ft
µ
C = constante sans dimension
Cette analyse ne permet pas de d ´eterminer la valeur de la constante. Pour
cela il faut faire une d ´erivation math ´ematique correcte en ´ecrivant les forces
La vitesse de propagation des ondes
Cette vitesse est d ´etermin ´ee par les propri ´et ´es ´elastiques et inertielles du mi- lieu. D’une mani `ere g ´en ´erale, on trouve que :
v =
v u u u u u t
f acteur de f orce elastique f acteur d
0inertie
– Onde transversale sur une corde tendue : v =
rF
T/µ
F
Test la tension et µ la masse par unit ´e de longueur (ou masse lin ´eique) (voir TP M6).
– Onde longitudinale dans une barre : v =
rE/ρ
E est le module d’ ´elasticit ´e/Young (voir chapitre 10) et ρ la masse volumique.
– Onde longitudinale dans un liquide : v =
rB/ρ B est le module de compressibilit ´e (voir chapitre 10).
– Onde acoustique dans un gaz : v =
rγ P /ρ =
rγ R T /M
γ = C
p/C
vest rapport des capacit ´es calorifiques molaires `a pression et
volume constant (voir chapitre 14) et vaut ∼ 1, 4 pour les gaz diatomiques
comme l’hydrog `ene, oxyg `ene et approximativement pour l’air. P est la pres-
sion, R la constante des gaz parfaits, M la masse mol ´eculaire du gaz et T
la temp ´erature absolue(voir TP M6).
Exemples : vitesse de propagation
EXEMPLE 1 : Une corde horizontale de longueur 2,0 m et de masse 40 g passe autour d’une poulie de masse n ´egligeable et sans frottement et porte,
`a son extr ´emit ´e libre, une masse de 2,0 kg. Calculer la vitesse de propagation d’une impulsion ondulatoire sur cette corde. N ´egliger le poids de la partie de la corde en suspension.
SOLUTION : Nous avons besoin de F
Tet de µ. La tension est exactement la charge en newtons, soit (2,0 kg)×(9,81 m/s
2)=19,62 N. La masse lin ´eique µ = (0, 040kg)/(2, 0m) = 0, 020kg/m. D’o `u :
v =
v u u u u u t
F
Tµ =
v u u u u u t
19, 62N
0, 020kg/m = 31m/s
EXEMPLE 2 : Une explosion a eu lieu `a une faible profondeur au-dessous de
la surface de l’oc ´ean. Calculer la vitesse de l’onde de compression r ´esultante
mesur ´ee par des instruments plac ´es `a quelques m `etres au-dessous d’un na-
vire.
Exemples : vitesse de propagation (suite)
SOLUTION : Il s’agit d’une onde de compression dans l’eau de mer. Comme la source n’est pas profonde, on peut prendre comme masse volumique ρ = 1, 03 × 10
3kg/m
3et B = 2, 2GPa. On a donc :
v =
v u u u u u t
B ρ =
v u u u u u u t
2, 2 × 10
9Pa
1, 03 × 10
3kg/m
3= 1, 46 × 10
3m/s C’est 4 fois la vitesse du son dans l’air.
EXEMPLE 3 : Calculer la vitesse du son dans l’air dans les conditions nor- males de temp ´erature et de pression ?
SOLUTION : Les conditions normales sont : temp ´erature 0
◦C, pression 1 atm=1, 013 × 10
5Pa, et ainsi ρ = 1, 29kg/m
3. La vitesse du son est :
v =
v u u u u u t
γP
ρ =
v u u u u u u t
1, 4(1, 013 × 10
5Pa)
1, 29kg/m
3= 332m/s
Energie transmise par les ondes
Quand on envoie une onde dans une corde tendue, on fournit de l’ ´energie pour le mouvement de la corde. En s’ ´eloignant, l’onde trans- porte cette ´energie sous forme d’ ´energie cin ´etique et potentielle ´elastique.
L’ ´el ´ement de corde a de masse, dm = µdx, a un d ´eplacement maximum y
met l’ ´el ´ement b un d ´eplacement nul. L’ ´energie cin ´etique d’un ´el ´ement de corde `a chaque position d ´epend de sa vitesse transversale u, tandis que l’ ´energie potentielle d ´epend de la quan- tit ´e par laquelle l’ ´el ´ement de corde est ´etir ´e au passage de l’onde.
Quand l’ ´el ´ement passe par la position y = 0, sa vitesse transverse est maxi-
mun et donc aussi son ´energie cin ´etique. Par contre quand l’ ´el ´ement est dans
sa position extr ˆeme a, sa vitesse est nulle et E
c= 0. En position y
m, l’ ´el ´ement
n’est pas ´etir ´e, son ´energie potentielle ´elastique est nulle. En position y = 0, il
est ´etir ´e au maximun et son ´energie potentielle ´elastique est maximum. Ainsi
les r ´egions de la corde avec d ´eplacement maximum n’ont pas d’ ´energie et
ceux avec d ´eplacement nul ont une ´energie maximale.
Energie transmise par les ondes (suite)
Energie cin ´etique associ ´e `a dm : dE
c=
12dm u
2=
12µ dx u
2u =
∂y∂t= −ω y
mcos (kx − ωt) En regroupant ces 2 ´equations : dE
c= 1
2 (µ dx)(−ωy
m)
2cos
2(kx − ωt) En divisant par dt, on obtient le taux
de variation d’ ´energie cin ´etique d’un ´el ´ement de corde,
dE
cdt = 1
2 µvω
2y
m2cos
2(kx − ωt) Le taux moyen de transmission
dE
cdt
= 1
2 µvω
2y
m2cos
2(kx − ωt)
= 1
4 µv ω
2y
m2car cos
2(kx − ωt) = 1/2
On trouve le m ˆeme taux moyen de transmission pour l’ ´energie potentielle.
Puissance moyenne : taux moyen auquel les 2 sortes d’ ´energie sont transmises par une onde :
P = 2
dE
cdt
= 1
2 µvω
2y
m2Onde transversale : puissance moyenne : P =
12√
µF
Tω
2y
m2Onde longitudinale : puissance moyenne : P =
12√
ρBAω
2y
m2L’ ´energie transport ´ee est pro-
portionnelle au carr ´e de l’ampli-
tude.
Exemple : Puissance moyenne
Une corde de masse lin ´eique µ=525 g/m est ´etir ´ee avec une tension F
Tde 45 N. Une onde dont la fr ´equence f et l’amplitude y
msont 120 Hz et 8,5 mm respectivement, se propage le long de cette corde. Calculer la puissance moyenne transmise par cette corde ?
SOLUTION : Calculons d’abord la fr ´equence angulaire ω et la vitesse de pro- pagation de l’onde,v :
ω = 2πf = (2π)(120Hz) = 754rad/s v =
v u u u u u t
F
Tµ =
v u u u u u t
45N
0, 525kg/m = 9, 26m/s Nous pouvons calculer la puissance moyenne :
P = 1
2 µvω
2y
m2= 1
2 (0, 525kg/m)(9, 26m)(754rad/s)
2(0, 0085m)
2= 100W
Principe de superposition pour les ondes
y
0(x, t) = y
1(x, t) + y
2(x, t) Dans la r ´egion o ` u deux ou plusieurs ondes de m ˆeme type se superposent, l’onde r ´esultante est la somme alg ´ebrique des contributions de ces ondes en chaque point.
Les ondes continuent `a se d ´eplacer ind ´ependamment l’une de l’autre.
L’onde r ´esultante n’est pas en
g ´en ´eral une onde sinuso¨ıdale
simple mais une onde compo-
site.
Analyse de Fourier
Jean-Baptiste Fourier (1786-1830) a expliqu ´e comment le principe de su- perposition peut ˆetre utilis ´e pour analyser des ondes nonsinuso¨ıdales. Se- lon Fourier, toute fonction p ´eriodique de fr ´equence f (fonction dont la structure est reproductible `a intervalles r ´eguliers) peut ˆetre d ´ecompos ´ee en une somme de sinuso¨ıdes avec des amplitudes et des phases appropri ´ees.
y(t) = a
1sin (ωt + φ
1) + a
2sin (2ωt + φ
2) +a
3sin (3ωt + φ
3) + .... =
∞Xn=1
a
nsin (nωt + φ
n)
= 1 f ondamentale + harmoniques avec ω = 2πf o `u f est la fr ´equence de la fonction analys ´ee. Le premier terme a la m ˆeme fr ´equence f : c’est le fondamental ou premier harmonique. Le terme suivant de fr ´equence f
2= 2f est appel ´e deuxi `eme harmonique etc. Les amplitudes et les d ´ephasages d ´ependent de la fonction y (t) consid ´er ´ee.
Il nous suffira de savoir qu’une fonction quelconque y (t) de p ´eriode T
peut toujours ˆetre d ´ecompos ´ee en une fondamentale de m ˆeme p ´eriode
et ses harmoniques.
Les conditions aux limites : r ´eflexion
Consid ´erons une corde de longueur finie, dont une des extr ´emit ´es est tenue fixe ( `a gauche) ou compl `etement libre ( `a droite).
En rencontrant un obstacle fixe, l’ ´energie ne peut que se r ´efl ´echir. L’onde r ´efl ´echie trans- porte toute l’ ´energie incidente : y
i+ y
r= 0. Elle a donc m ˆeme amplitude, m ˆeme longueur d’onde MAIS signe oppos ´e. Elle est d ´ephas ´ee de 180
◦.
La corde monte jusqu’ `a ce que toute l’ ´energie soit emmagasin ´ee
´elastiquement. La corde descend en-
suite, produisant une onde r ´efl ´echie
de m ˆeme amplitude, m ˆeme longueur
d’onde et de m ˆeme signe.
Les conditions aux limites : absorption et transmission
– Absorption
Si l’extr ´emit ´e d’une corde dissipe de l’ ´energie par frottement ou autre pro- cessus, l’impulsion r ´efl ´echie a moins d’ ´energie. Donc l’amplitude est plus petite.
– Transmission
Quand une onde passe d’un milieu `a un autre de caract ´eristiques diff ´erentes, une redistribution de l’ ´energie se passe.
Cas (a) : Soit une impulsion ondulatoire
se propageant sur une corde de faible
masse lin ´eique et rencontrant l’interface avec
une deuxi `eme corde de plus grande masse
lin ´eique. La plus grande inertie de la 2eme
corde g `ene le mouvement au point de jonc-
tion. Le second milieu exerce une force de
r ´eaction qui s’oppose au mouvement et pro-
duit une onde r ´efl ´echie inverse (d ´ephasage
180
◦).
Les conditions aux limites : absorption et transmission
Mais le 2eme milieu se d ´eplace aussi. Une frac- tion de l’ ´energie incidente parait dans le second milieu sous la forme d’une onde transmise. Les vitesses des impulsions dans les 2 cordes sont diff ´erentes car les 2 cordes ont la m ˆeme tension mais des masses lin ´eiques diff ´erentes.
Cas (b) : Si le premier milieu est plus dense que le deuxi `eme, la situation ressemble `a celle avec une extr ´emit ´e libre. Il n’y a alors aucun changement de phase de l’onde r ´efl ´echie par rapport `a l’onde incidente et l’onde transmise a une plus grande longueur d’onde.
Si l’onde incidente est p ´eriodique, l’onde transmise aura la m ˆeme fr ´equence
mais une vitesse diff ´erente, donc λ diff ´erent (v = λ f ). Plus la densit ´e du
milieu est grande, plus petite est la longueur d’onde. Le fait que les fr ´equences
des ondes incidente, r ´efl ´echie et transmise sont les m ˆemes est vrai quelle que
soit la nature de l’ ´ebranlement (m ´ecanique, lumineux...).
Interf ´erences d’ondes
On r ´eserve le terme interf ´erence `a la superposition d’ondes coh ´erentes, ondes qui sont synchrones (m ˆeme ω ) et dont le d ´ephasage relatif ne varie pas avec le temps.
Supposons qu’on envoie 2 sinuso¨ıdes coh ´erentes dans la m ˆeme direction le long d’une corde tendue. Le r ´esultat va d ´ependre de la mani `ere dont les deux sinuso¨ıdes sont d ´ephas ´ees (d ´ecal ´ees) l’une par rapport `a l’autre.
y
1(x, t) = y
msin (kx − ωt)
y
2(x, t) = y
msin (kx − ωt + φ) D’apr `es le principe de superposition :
y
0(x, t) = y
msin (kx − ωt)
+y
msin (kx − ωt + φ)
= [2y
mcos 1
2 φ] sin (kx − ωt + 1
2 φ)
car (sin p + sin q) = 2 sin
12(p + q) cos
12(p − q). L’onde r ´esultante est aussi
une sinuso¨ıde voyageant dans la m ˆeme direction, mais qui diff `ere des ondes
originales par : (1) sa phase et (2) son amplitude. Pour φ = 0
◦: interf ´erence
totalement constructive. Pour φ = π rad(180
◦) : interf ´erence totalement des-
Les ondes stationnaires
Supposons une corde de longueur L fix ´ee `a une extr ´emit ´e.
Si une onde sinuso¨ıdale rencontre cette extr ´emit ´e, il y aura une onde r ´efl ´echie qui sera l’image sym ´etrique invers ´ee de l’onde incidente ; deux ondes sont donc pr ´esentes sur la corde et se propagent dans des directions oppos ´ees.
Les ondes incidente et r ´efl ´echie se combinent pour produire une onde sta-
tionnaire caract ´eris ´ee par des positions fixes ayant un d ´eplacement nul les
noeuds et des positions fixes ayant des d ´eplacements maxima les ventres.
Repr ´esentation math ´ematique des ondes stationnaires
Soit 2 ondes sinuso¨ıdales de m ˆeme longueur d’onde et amplitude, se propa- geant en sens inverse (posons φ = 0)
y
1(x, t) = y
msin (kx − ωt) et y
2(x, t) = y
msin (kx + ωt) D’apr `es le principe de superposition :
y
0(x, t) = y
msin (kx − ωt) + y
msin (kx + ωt) y
0(x, t) = [2 y
msin kx] cos ωt
Le terme entre crochets peut ˆetre interpr ´et ´e comme l’amplitude de l’oscillation d’un ´el ´ement de corde `a la position x. On voit que cette amplitude varie avec la position x, ce qui n’est pas le cas pour une onde sinuso¨ıdale progressive.
Cette fonction ne repr ´esente pas une onde progressive (y = h(kx ± ωt)) mais une onde stationnaire. L’amplitude de cette onde sera nulle pour des valeurs de k telles que sin kx = 0. Les valeurs des noeuds sont `a :
kx = nπ avec n = 0, 1, 2....
x = n λ
2 pour n = 0, 1, 2 De m ˆeme, on aura des ventres, aux positions :
x = (n + 1 2 ) λ
2 pour n = 0, 1, 2....
Les ondes stationnaires sur une corde tendue
Si la corde est fix ´ee aux 2 extr ´emit ´es, on impose un 2eme point fixe `a
y(x = L, t) = 0. Il doit y avoir au moins 2 noeuds. Ceci limite les fr ´equences auxquelles une onde stationnaire se produira le long d’une corde ; elle ne peut se produire que si L est un multiple entier de λ/2.
λ = 2 L
n , pour n = 1, 2, 3...
Les fr ´equences possibles correspondantes (f = v/λ) sont :
f
n= n v
2L = n f
1La fr ´equence la plus basse,f
1, correspond au mode fondamental (ou premier harmonique) et la fr ´equence f
n`a l’harmonique d’ordre n.
f
1= v
2L = 1 2L
v u u u u u t
F
Tµ
La longueur d’onde est donn ´ee UNIQUEMENT par la longueur de la
corde, mais la fr ´equence d ´epend aussi de la vitesse v, qui est donn ´ee
par la tension et la masse lin ´eique .
Applications : instruments de musique `a cordes
Galil ´ee comprit qu’une corde vibrante “fait vibrer l’air qui l’entoure”, produisant un son de m ˆeme fr ´equence que la corde. Les cordes vibrantes ne peuvent pas ´ebranler une grande quantit ´e d’air, car elles n’ ´emettent pas elles-m ˆemes des sons de grande intensit ´e.
A cause de cela, elles sont tou-
jours coupl ´ees `a des caisses
de r ´esonance (comme dans
les pianos, violons et guitares).
Les ondes stationnaires dans un tuyau
On observe ´egalement des ondes stationnaires pour des ondes longitudi- nales (ondes sonores) dans un tuyau (instrument de musique). Une extr ´emit ´e ferm ´ee correspond `a un noeud de d ´eplacement et `a un ventre de pression.
Une extr ´emit ´e ouverte correspond `a un ventre de d ´eplacement et `a un noeud de pression.
Pour un tuyau ferm ´e aux deux extr ´emit ´es : les fr ´equences des modes normaux sont :
f
n= n v
2L (n = 1, 2, 3...)
Pour un tuyau ouvert aux 2 extr ´emit ´es, le r ´esultat est le m ˆeme `a l’exception de l’emplacement des noeuds.
Pour un tuyau ouvert `a une extr ´emit ´e : les fr ´equences des modes normaux sont :
f
n= n v
4L (n = 1, 3, 5...)
o `u v est la vitesse du son dans l’air.
Le son
L’id ´ee que le son est un ph ´enom `ene ondulatoire est tr `es ancienne.
L’onde sonore est longitudinale car elle se propage dans des fluides qui n’ont aucune raideur. Une onde m ´ecanique transversale ne peut donc pas s’y pro- pager car un fluide ne donne pas prise au cisaillement. Comme la mati `ere ne se d ´eplace pas avec l’onde, la vitesse de celle-ci peut ˆetre tr `es grande.
Le son se propage dans tout milieu qui peut r ´eagir ´elastiquement. La r ´egion entre source et d ´etecteur doit contenir une quantit ´e de mati `ere suffisante pour transmettre l’ ´ebranlement : Le son ne se propage donc pas dans le vide.
Mat ´eriau Vitesse (m/s) Air (20
◦) 343
Air (0
◦) 331 H ´elium 1005 Hydrog `ene 1300
Eau 1440
Fer et Acier ∼ 5000
Verre ∼ 4500
Aluminium ∼ 5100
La vitesse du son d ´epend du milieu
La vitesse du son dans un gaz parfait,
v =
v u u t
γP
ρ
, est donc ind ´ependante de la fr ´equence (heureusement pour les concerts !).
Le domaine audible pour l’oreille humaine est : 20 Hz `a 20000 Hz.
f ≥ 20000Hz : ultrasoniques (Chauve- souris sont sensibles `a des fr ´equences jus- qu’ `a 100000 Hz)
f ≤ 20 Hz : infrasoniques (tonnerre, tremble-
ments de terre..).
Audition des sons
– Un son pur est la sensation auditive produite par une onde harmonique simple s(x, t) = s
msin (kx − ωt) (ex : le diapason).
– Un son quelconque correspond `a une perturbation de nature p ´eriodique qui peut ˆetre d ´ecompos ´ee en une fon- damentale et des harmoniques (s ´erie de Fourier). L’oreille humaine est capable de percevoir la fondamentale et chaque harmonique s ´eparemment. Les diff ´erentes ampli- tudes relatives des harmoniques caract ´erisent le timbre du son produit. Les d ´ephasages φ
nne jouent pas de r ˆole dans la perception. Une note produite par un piano a un spectre de fr ´equence tr `es diff ´erent de celle d’un chanteur et l’oreille distingue facilement le chanteur de l’accompa- gnateur, m ˆeme quand les sons sont ´emis simultan ´ement.
– La hauteur du son est li ´ee `a la fr ´equence de sa fonda- mentale (f =1/T) : son grave → f < 200Hz, son aigu
→ f > 1000Hz.
– Un bruit est un ´ebranlement acoustique de nature ap ´eriodique et ne peut ˆetre d ´ecompos ´e en s ´erie de Fou- rier.
la
3= 440Hz
par a) la flute b)
la trompette c)le
saxo d) le violon.
Repr ´esentation math ´ematique des ondes longitudinales
Une onde sonore, se d ´eplac¸ant `a travers un tube rempli d’air, `a la vitesse v, est constitu ´ee d’une succession p ´eriodique de compressions et de d ´epressions en mouvement. Au passage de l’onde, un ´el ´ement de fluide d’ ´epaisseur, ∆x, oscille de droite `a gauche en un mouvement harmonique simple autour de sa position d’ ´equilibre.
A l’instant montr ´e en (b), cet ´el ´ement est d ´eplac ´e vers la droite d’une distance, s, par rapport `a sa position d’ ´equilibre. Son d ´eplacement maximum est s
m, soit vers la droite ou la gauche. Ce d ´eplacement est donn ´e par :
s(x, t) = s
mcos (kx − ω t)
s
mest l’amplitude du d ´eplacement qui est
parall `ele `a la direction x de propagation de
l’onde (on ´ecrit s(x, t) pour ´eviter d’ ´ecrire
x(x, t)).
Repr ´esentation math ´ematique des ondes longitudinales
Quand l’onde se d ´eplace, la pression en un point donn ´e, varie aussi sinuso¨ıda- lement. On peut donc consid ´erer les ondes longitudinales du point de vue des variations de pression plut ˆot que du d ´eplacement. Une onde sonore peut s’exprimer comme une variation de pression par rapport `a la pression atmosph ´erique :
∆P (x, t) = ∆P
msin (kx − ωt)
∆P
m= (vρω)s
m= B s
mk = B s
m( 2π λ ) v ´etant la vitesse du son. La pression est d ´ephas ´ee de π/2 ou λ/4 par rapport au d ´eplacement. Une valeur n ´egative de ∆P correspond `a une dilatation de l’air, et une valeur positive `a une compression.
∆P
mest l’amplitude de pression : elle repr ´esente les variations maximales et
minimales de la pression par rapport `a la pression atmosph ´erique. ∆P
mest
beaucoup plus faible que la pression atmosph ´erique.
Exemple : variation de pression
La variation de pression maximale que l’oreille humaine peut accepter pour des sons intenses est 28 Pa (ce qui est tr `es petit par rapport `a la pres- sion atmosph ´erique, ∼ 10
5Pa). (a) Calculer l’amplitude de d ´eplacement des mol ´ecules d’air pour un tel son `a une fr ´equence de 1000 Hz ? (b) R ´ep ´eter ces calculs pour la variation minimale de pression qui est de 2, 8 × 10
−5Pa.
(a)
s
m= ∆P
mvρω = ∆P
mvρ(2πf )
= 28Pa
(343m/s)(1, 21kg/m
3)(2π )(1000Hz)
= 1, 1 × 10
−5m
(b) On trouve s
m=1, 1 × 10
−11m, ce qui est environ un dixi `eme du rayon d’un
atome typique. L’oreille est un d ´etecteur tr `es sensible.
Fronts d’onde et intensit ´e
Les courbes reliant de proche en proche les points d’une onde qui ont le m ˆeme
´etat de vibration (c- `a-d les points qui vibrent en phase) sont les fronts d’onde.
Les ondes sonores sont `a 3 dimensions. Les sur- faces form ´ees par les points qui vibrent en phase, i.e les fronts d’onde, sont sph ´eriques. L’ ´energie sonore est distribu ´ee sur le front d’onde et dans le cas d’une onde sph ´erique isotrope, cette distri- bution d’ ´energie est uniforme dans toutes les di- rections. Ce qui caract ´erise l’onde est l’intensit ´e sonore,I , qui est l’ ´energie qu’elle transporte par unit ´e de temps et par unit ´e de surface. On peut montrer que
I = 1 2
r
ρBω
2s
2m= ∆P
m22ρ v en W/m
2Soit une onde sph `erique qui se propage en s’ ´eloignant de sa source. La su-
perficie du front d’onde (4πR
2) augmente. Comme c’est la m ˆeme puissance
qui se r ´epartit sur une surface de plus en plus grande, l’intensit ´e de l’onde
diminue en raison inverse du carr ´e de la distance `a la source. C’est la loi en
1/R
2.
Sensibilit ´e de l’oreille humaine
La sensibilit ´e de l’oreille humaine s’ ´etend en fr ´equence de 20 `a 20000 Hz et en intensit ´e entre 10
−12et 1 W/m
2. C’est une plage de fonctionnement incroya- blement ´etendue pour un d ´etecteur. La sensibilit ´e en intensit ´e n’est pas uni- forme sur tout le domaine de fr ´equence. On admet en g ´en ´eral 1 W/m
2comme seuil de douleur et 10
−12W/m
2comme seuil d’audition. Sans doute `a cause de l’ampleur de cet ´eventail, notre perception sonore n’est pas directement proportionnelle `a l’intensit ´e. Il est vrai que plus l’intensit ´e est grande plus le son semble fort. En fait pour produire un son perc¸u de volume sonore double, il faut une onde sonore d’une intensit ´e ∼10 fois plus ´elev ´ee. L’oreille est sen- sible au logarithme de l’intensit ´e. C’est la loi de Fechner qui postule que la sensation physiologique est proportionnelle au logarithme de l’excitation.
Ainsi un ˆetre humain perc¸oit le vo- lume sonore d’une onde d’intensit ´e 10
−2W/m
2comme environ 2 fois plus
´elev ´e que celui d’une onde sonore
d’intensit ´e 10
−3W/m
2et comme envi-
ron 4 fois plus ´elev ´e que celui d’une
onde sonore d’intensit ´e 10
−4W/m
2.
Sensibilit ´e de l’oreille humaine (suite)
A cause de cette relation entre la sensation subjective volume sonore et la quantit ´e mesurable intensit ´e, on exprime d’ordinaire le niveau d’intensit ´e sonore `a l’aide d’une ´echelle logarithmique.
On d ´efinit le niveau d’intensit ´e du son, β , en d ´ecibel (dB) comme le rap- port de l’ intensit ´e I du son `a l’intensit ´e I
o= 10
−12W/m
2(seuil d’audition)
β = 10 log
10I/I
oPuisque log
101 = 0, le niveau d’in- tensit ´e du seuil d’audibilit ´e est β = 10 log
101 = 0 dB. L’ ´etendue totale de la gamme d’intensit ´e audible cor- respond `a 120 dB.
Source sonore Niveau (dB) Source sonore Niveau (dB)
Avion `a r ´eaction 140 Concert de Rock ∼120
Marteau piqueur 110 Circulation sur autoroute 75
Conversation normale 60 chuchottement 20
Sensibilit ´e de l’oreille humaine (suite)
10 log
10I/I
o= β – Pour I = 10
−6W/m
2β = 10 log
1010
−6W/m
210
−12W/m
2= 10 log
1010
6= 10(6) = 60 dB – Pour I = 10
−12W/m
2= I
o, β = 0 dB
– Pour I = 10
−8W/m
2, β = 40 dB – Pour I = 1 W/m
2, β = 120 dB
Supposons qu’on augmente l’intensit ´e d’un son de I
1`a I
2dont les niveaux sonores sont β
1et β
2. La variation du niveau sonore est
∆β = β
2− β
1= 10 log
10( I
2I
o) − 10 log
10( I
1I
o) = 10 log
10( I
2I
1)dB
En augmentant l’intensit ´e d’un facteur 10, on augmente le niveau sonore
de 10 dB. Si l’intensit ´e augmente d’un facteur 100, on augmente le niveau
sonore de 20 dB. Si on double l’intensit ´e, le niveau sonore n’augmente
Exemple : sensibilit ´e de l’oreille humaine
Consid ´erons 10 violons identiques, chacun de niveau 70 dB. Quel sera le niveau sonore s’ils jouent ensemble ?
SOLUTION : Consid ´erons d’abord le cas de 2 violons : β = 10 log
10( 2I
I
o) = 10 log
102 + 10 log
10( I I
o)
et le niveau sonore est (3 dB + 70 dB). Ainsi en doublant l’intensit ´e, le niveau sonore augmente de 3 dB.
Avec 3 violons jouant ensemble, le niveau sonore s’ ´el `eve `a 75 dB ; avec 4, il
s’ ´el `eve `a 76 dB ; avec 5, il s’ ´el `eve `a 77 dB ; avec 10, il s’ ´el `eve `a 80 dB. Dix
violons produisent une intensit ´e 10 fois celle d’un seul violon et donc 10 dB en
plus et ceci correspond `a doubler le volume sonore perc¸u.
Exemple : variation de l’intensit ´e en 1/R 2
Le niveau d’intensit ´e `a 30 m d’un avion `a r ´eaction est de 140 dB. Quel est le niveau d’intensit ´e `a 300 m ?
SOLUTION : D’apr `es l’ ´enonc ´e, le niveau d’intensit ´e `a 30m, soit β
1vaut β
1= 10 log
10I
1I
o= 10 (log
10I − log
10I
o) = 140 dB avec I
o= 10
−12W/m
2et I
1est l’intensit ´e `a 30m.
A 300 m, soit 10 fois plus loin, l’intensit ´e est ´egale `a (
101)
2=
1001de ce qu’elle est `a 30 m, soit I
2= I
1/100. Par cons ´equent, le niveau d’intensit ´e `a 300m, soit β
2vaut
β
2= 10 log
10I
1100 I
o= 10 log
10I
1I
o− 10 log
10100 = 140 − 10 × 2 = 120dB
M ˆeme `a 300 m de l’avion, on est au seuil de la douleur auditive. Il faut mieux
mettre des prot ´ege-oreilles ! !
Battements
Si on ´ecoute, `a quelques minutes d’intervalle, 2 sons dont les fr ´equences sont tr `es proches, disons 552 et 564 Hz, on ne peut en g ´en ´eral les distinguer. Mais si ces 2 sons atteignent notre oreille au m ˆeme instant, on entend un son dont la fr ´equence est 558 Hz, la moyenne de 2 fr ´equences. Mais son intensit ´e n’est pas constante, elle augmente et diminue donnant des battements de fr ´equence 12 Hz, la diff ´erence entre ces 2 fr ´equences.
Consid ´erons 2 sons purs de m ˆeme amplitude, de fr ´equences l ´eg `erement diff ´erentes et d ´ephas ´es l’un par rapport `a l’autre, se propageant dans la m ˆeme direction :
s
1(x, t) = s
mcos (k
1x − ω
1t) et s
2(x, t) = s
mcos (k
2x − ω
2t + φ) D’apr `es le principe de superposition :
s
0(x, t) = s
mcos (k
1x − ω
1t) + s
mcos (k
2x − ω
2t + φ)
= [2s
mcos ( ∆k
2 x − ∆ω
2 t)] cos (kx − ωt)
avec φ = 0, ω = (ω
1+ ω
2)/2 et |ω
1− ω
2| = ∆ω . On a des relations sem-
blables pour les nombres d’onde k. Comme ω
∆ω2, on peut consid ´erer cette
fonction comme une sinuso¨ıde dont la fr ´equence angulaire est ω et dont l’am-
plitude est la quantit ´e entre crochets, quantit ´e non constante et de fr ´equence
angulaire
∆ω(ou p ´eriode T = 2π/(∆ω/2)).
Battements (suite)
En une position x particuli `ere, l’ampli- tude varie avec le temps de 0 `a 2s
mavec une fr ´equence de ∆ω/2. Un bat- tement se produit toutes les fois o `u cos
∆ω2t ´egale +1 ou -1, ce qui se produit 2 fois pour chaque r ´ep ´etition de la fonction cosinus. La fr ´equence angulaire de battements, ω
A, vaut donc :ω
A= 2
∆ω2= |ω
1− ω
2|. Et la fr ´equence des battements est donc :
f
A= |f
1− f
2|
Ce qu’on entend est la note porteuse dont l’intensit ´e passe par des maxima
`a la fr ´equence des battements.
Les musiciens utilisent les ph ´enom `enes de battements pour accorder leurs
instruments. Ils utilisent une fr ´equence de r ´ef ´erence et ajustent leur instrument
jusqu’ `a ce que les battements disparaissent : leur instrument est alors accord ´e.
Exemple : les battements
On utilise une sir `ene comme fr ´equence de r ´ef ´erence pour ajuster un diapa- son au la
3. On r ´eduit lentement la fr ´equence de la sir `ene, ce qui produit un
“vibrato”. La fr ´equence de ce vibrato diminue et atteint un minimum lorsque la sir `ene a une fr ´equence de 440 Hz. Alors le volume du son r ´esultant varie entre un maximum et un minimum en 0,25s. Quelle est la fr ´equence du diapason ? SOLUTION : On a f
1= 440Hz et la p ´eriode des battements est de 0,25 s. La fr ´equence de ces derniers est l’inverse de la p ´eriode, soit :
1
0, 25s = 4Hz = (f
1− f
2) = 440Hz − f
2et f
2= 436Hz
Effet Doppler
Chaque sorte d’onde se propage dans un milieu homog `ene `a une vitesse constante qui d ´epend seulement des propri ´et ´es physiques du milieu. Cela est vrai quelquesoit le mouvement de la source : elle ´emet l’onde qui se propage.
Cependant, la perception de la fr ´equence d’une onde et de sa longueur d’onde peut ˆetre modifi ´ee consid ´erablement par un mouvement relatif entre l’observateur et la source.
Nous avons tous observ ´e un changement dans la fr ´equence quand une am- bulance s’approche puis s’ ´eloigne. La hauteur du son est plus ´elev ´ee, lorsque la voiture s’approche que lorsqu’elle est immobile et encore plus grande que lorsqu’elle s’ ´eloigne. Ce ph ´enom `ene est appel ´e effet Doppler.
Soit v
sla vitesse de la source et v
ola vitesse de l’observateur. L’effet Doppler a lieu pour v
s< v et v
o< v, v ´etant la vitesse de propagation des ondes.
Nous envisagerons les 3 situations suivantes : – 1) Source en mouvement, observateur au repos – 2) Source au repos, observateur en mouvement
– 3) Source et observateur en mouvement (pas de d ´emonstration)
1) Source en mouvement, Observateur au repos
En a), on a une source au repos qui ´emet 2 cr ˆetes d’ondes successives dont la 2eme onde vient d’ ˆetre ´emise. La distance entre les 2 cr ˆetes est λ
set le temps entre chaque ´emission est T =
f1s
=
λvso `u v est la vitesse de l’onde.
En b), la source bouge `a une vitesse v
s. Dans un temps T , la 1ere cr ˆete par- court une distance d = λ
s= v T . Dans le m ˆeme temps, la source parcourt une distance d
s= v
sT . La distance entre 2 cr ˆetes d’ondes successives, qui est la nouvelle longueur d’onde λ
o, est :
λ
o= d − d
s= λ
s− v
sT = λ
s− v
sλ
sv = λ
s(1 − v
sv ) La variation ∆λ vaut :∆λ = λ
o− λ
s= −v
sλvs.
La variation de la longueur d’onde est propor- tionnelle `a la vitesse v
sde la source.
La fr ´equence entendue par l’observateur vaut : f
o=
λvo
=
λ vs(1−vs/v)
= f
s v−vvs
.
Comme le d ´enominateur est plus petit que v, on a f
o> f
s.
Si la source s’ ´eloigne de l’observateur, on
trouve : f
o= f
s v+vvet f
o< f
s.
2) Source au repos, Observateur en mouvement
L’effet Doppler se produit aussi quand la source est au repos et l’observateur bouge. Si l’observateur se rapproche de la source, la hauteur du son est plus
´elev ´ee. Si, au contraire, il s’ ´eloigne de la source, la hauteur du son diminue.
Quantitativement, la variation de fr ´equence est l ´eg `erement diff ´erente de celle qu’on trouve dans le cas d’une source en mouvement.
Dans ce cas, la distance entre les cr ˆetes, la longueur d’onde λ
s, ne change pas. Mais la vitesse des cr ˆetes par rapport `a l’observateur change. Si l’observateur se rapproche de la source, la vitesse des ondes par rapport `a l’observateur est v
0= v + v
oo `u v
oest la vitesse de l’observateur.
La fr ´equence perc¸ue par l’observateur est donc : f
o= v
0λ
s= v + v
oλ
s= f
s( v + v
ov )
Si l’observateur s’ ´eloigne de la source,
la vitesse relative est v
0= v − v
oet
f
o= f
s(
v−vv o)
Effet Doppler : Formule g ´en ´erale
On peut combiner les r ´esultats pr ´ec ´edents en une seule formule, valide aussi bien pour les cas o ` u la source/l’observateur est en mouvement que pour ceux o ` u l’observateur et la source bougent :
f
o= f
s
v ± v
ov ∓ v
s
Les signes du dessus s’appliquent si la source et l’observateur se rapprochent l’un de l’autre et les signes du dessous s’ils s’ ´eloignent.
L’effet Doppler n’est perceptible que si v
oou v
sn’est pas n ´egligeable devant v. Exemple : sir `ene des pompiers, la vitesse du v ´ehicule n’est pas n ´egligeable vis- `a-vis de la vitesse du son.
Le mouvement de la source r ´eduit l’ ´ecart entre
les fronts d’onde successifs avanc¸ant dans le
sens de ce mouvement.
Effet Doppler (suite)
Lorsqu’un obstacle en mouvement r ´efl ´echit une onde sonore, la fr ´equence de l’onde r ´efl ´echie est, `a cause de l’effet Doppler, diff ´erente de l’onde incidente (voir exemple page 11-49). La combinaison de l’onde incidente et de l’onde r ´efl ´echie produit une interf ´erence qui cause des battements. La fr ´equence des battements est ´egale `a la diff ´erence des 2 fr ´equences.
Il existe plusieurs applications de l’effet Doppler en m ´edecine o `u on utilise
g ´en ´eralement des ondes ultrasoniques dans un domaine de fr ´equences se
situant dans les m ´egahertz ; par exemple, les ondes r ´efl ´echies par les globules
rouges permettent de d ´eterminer la vitesse du sang.
Exemple 1 : effet Doppler
Une voiture roule `a 20,0 m/s et ´emet un son de sir `ene de fr ´equence 600 Hz.
D ´eterminer la fr ´equence perc¸ue par un observateur immobile pendant que la voiture s’approche et pendant qu’elle s’ ´eloigne.
SOLUTION : Nous avons ici v
o= 0 car l’observateur est immobile et la voiture s’approche de l’observateur. Ainsi l’observateur perc¸oit la fr ´equence :
f
o= vf
sv − v
s= (340m/s)(600Hz)
(340m/s) − (20, 0m/s) = 638Hz
Quand la voiture s’ ´eloigne, il faut changer le signe de v
set l’observateur perc¸oit la fr ´equence :
f
o= f
sv
v + v
s= (340m/s)(600Hz)
(340m/s) + (20, 0m/s) = 567 Hz
Ainsi quand la source et l’observateur se rapproche, la fr ´equence perc¸ue est
plus grande. Quand la source et l’observateur s’ ´eloigne, la fr ´equence perc¸ue
est plus petite. C’est ce qu’on entend quand une voiture de police passe.
Exemple 2 : Effet Doppler
(a) Etablir l’expression du d ´ecalage de Doppler dans le cas d’une onde ´emise par une source immobile, f
s, r ´efl ´echie sur une cible qui s’approche vers la source et intercept ´ee par un observateur immobile. (b) Application au cas suivant : une onde sonore de 1000 Hz est ´emise par une source immobile vers une cible qui s’approche. Si l’onde r ´efl ´echie a une fr ´equence de 1200 Hz, quelle est la vitesse de la cible ?
SOLUTION : (a) On a ici 2 effets Doppler superpos ´es : l’onde rec¸ue par la cible, est d ´ecal ´ee `a f
o, `a cause du mouvement de la cible. Une onde est ensuite ´emise avec la fr ´equence f
o, l’observateur la rec¸oit d ´ecal ´ee `a f
o0, de nouveau `a cause du mouvement de la cible qui joue maintenant le r ˆole d’une source.
Pour le 1er effet Doppler, la source est immobile (v
s= 0), et la cible s’ap- proche `a la vitesse v
c= v
o(on retrouve le cas contraire `a la d ´emonstration).
Ainsi la fr ´equence rec¸ue par la cible est :
f
o= f
sv + v
cv
Exemple 2 : Effet Doppler (suite)
Pour le 2eme effet Doppler, l’observateur qui est repos v
o= 0 et la cible s’approche de l’observateur (on retrouve le cas de la d ´emonstration)
f
o0= f
ov v − v
cCes 2 d ´ecalages augmentent la fr ´equence car la cible s’approche. Apr `es sub- stitution, on obtient :
f
o0= f
sv + v
cv − v
c(b) On peut d ´evelopper l’expression pr ´ec ´edente et extraire v
c: f
o0(v − v
c) = f
s(v + v
c)
v(f
o0− f
s) = v
c(f
s+ f
o0) v
c= v(f
o0− f
s)
f
s+ f
o0= (332m/s)(200 Hz)
(2200 Hz) = 30, 2m/s
Ondes de choc
Les formules obtenues pour l’effet Doppler ont une limite v
s< v et v
o< v.
Si l’une de ces conditions n’est pas v ´erifi ´ee, on trouverait une fr ´equence f
on ´egative, ce qui n’est pas physique. Envisageons n ´eanmoins ce qui se passe- rait si l’une de ces conditions n’est pas v ´erifi ´ee :
– v
s< v et v
o> v. L’observateur se d ´eplace plus vite que l’onde qui par cons ´equent ne peuvent pas le rattraper : il ne perc¸oit donc rien.
– v
s> v et v
o= 0 pour simplifier.
Pendant le temps t
D− t
A, la source a parcouru la distance AD= v
s(t
D− t
A) et l’onde, la distance AA’= v(t
D− t
A). De m ˆeme, l’onde ´emise en B s’est d ´eplac ´ee au temps t
Dde BB’ = v(t
D−t
B) alors que BD = v
s(t
D−t
B) etc...Les triangles AA’D, BB’D, CC’D sont semblables et sin α =
AAAD0=
BB0
BD
... =
vvs