HAL Id: jpa-00206385
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Submitted on 1 Jan 1966
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Action d’une onde de choc sur un solide poreux
Jacques Thouvenin
To cite this version:
Jacques Thouvenin. Action d’une onde de choc sur un solide poreux. Journal de Physique, 1966, 27
(3-4), pp.183-189. �10.1051/jphys:01966002703-4018300�. �jpa-00206385�
ACTION D’UNE ONDE DE CHOC SUR UN SOLIDE POREUX Par
JACQUES THOUVENIN,
Commissariat à
l’Énergie Atomique, Paris,
France.Résumé. 2014 La
propagation
d’une onde de choc dans un solide poreux est examinée sousl’angle
de la discontinuité et de lapériodicité
desphénomènes
associés au caractèregranuleux
du solide. On définit une vitesse de
propagation
de laphase
et ses valeurs sont calculées etvérifiées
expérimentalement
pourCu, Al,
Ni et U poreux. On montreégalement
que la vitesse de surface libre du solide poreux estégale
à celle du solide compact.On déduit ensuite de
l’analyse
des ondes réfléchies degrain
àgrain
que le solide tend vers un étatd’équilibre,
dont lepoint représentatif
seplace,
au second ordreprès,
sur l’adiaba-tique dynamique
du solide compact, contrairement aux théoriesdéjà publiées
par d’autres auteurs.Abstract. 2014 The
propagation
of a schock wave in a porous solid is studiedby taking
account of
discontinuity
andperiodicity
ofphenomena
associated with thegranular
characte-ristic of the solid. The
phase velocity
is formulated andcalculated,
and its values are testedby experiments
on porousCu, Al,
Ni and U. We likewise show that the free-surfacevelocity
ofthe porous solid is
equal
to that of the compact solid.By analyzing
waves reflected fromgrain
tograin,
we deduce that the solidapproaches
anequilibrium
state, thereprerentative point
of which issituated,
withapproximation
of secondorder,
on thedynamic
adiabatic of the compactsolid,
inopposition
withpublished
paperson this
subject.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE 27, 1966,
1.
Introduction.
- Le lieu des états atteints parun solide sous l’effet d’une
compression
par onde de chocconstitue,
dansl’espace
à trois dimensions(p,
v,~’),
une courbe dénomméeadiabatique dyna- mique
ouHugoniot.
Cette courbe
dépend
de la nature du solide etaussi de l’état initial
(po,
v~,Tao)
danslequel
setrouve l’onde de choc. Pour un solide
donné,
il estpossible
dedistinguer plusieurs adiabatiques dyna- miques
en faisant varier l’un desparamètres
del’état
initial,
et de décrire ainsi une surfaces d’étatcaractéristique.
En rendant le solide poreux, onpeut augmenter
sensiblement son volumespécifique
apparent
vo, et en mesurant lesparamètres
de chocdu solide dans différents états de
porosité, plusieurs
auteurs
[1-2]
ontpublié,
pour divers corps, un éven- tail assezlarge d’adiabatiques dynamiques.
Le but de cet
exposé
estd’analyser
lesphéno-
mènes liés à la
propagation
d’une onde de choc dansun solide poreux, et de montrer que les mesures
classiques
desparamètres
de choc n’ont pas la mêmesignification physique
que pour les solides homo-gènes.
Enconséquence,
leséquations
du chocqui
permettent de calculer la
pression
et la densité enfonction des vitesses mesurées ne
peuvent
êtreappli- quées.
Il est ensuite montré que le solide poreux atteint sous l’effet du choc un étatd’équilibre,
et que cet état seplace,
au second ordreprès,
sur l’adiaba-tique dynamique
du solidecompact, contrairement
aux résultats
publiés
par les auteursprécités.
2.
Description
du schéma depropagation
del’onde de choc. -- Un solide poreux est obtenu industriellement par
frittage.
Il seprésente
donccomme un
agglomérat
degrains
du solidecompact, séparés
par des intervalles d’air. Pour schématiser cepoint
de vue et traiter leproblème,
nous admettonsque les
grains
sont de même dimensions etéqui- distants,
et que les intervallesqui
lesséparent
sontégaux 1).
FiG. 1. - Schéma de
propagation.
Soit une onde de choc se
propageant
à la vitesse D dans lepremier grain.
Arrivée à la surface libre dece
grain,
elle la met en mouvement avec la vitesse u,.Du
point
S est issu un train d’ondes de détenteisentropique qui
remontele grain
et le ramène à uneArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01966002703-4018300
184
pression
nulle.L’impact
dupremier grain
sur lesecond,
aupoint I,
induit dans celui-ci une onde dechoc de même vitesse D que la
première,
car ilexiste entre les
paramètres
de choc u, et D unerelation
biunivoque
nedépendant
que de la nature du solide. Dupoint I,
une onde de choc estégalement
réfléchie dans le
grain
incident etcomprime
celui-cià nouveau.
Ce processus se
poursuit
degrain
engrain :
iln’y
a pas d’onde de choc
permanente,
mais une suitepériodique
d’ondes de choc dans lesgrains,
et deprojections
de matière dans les interstices vides. Lephénomène
de choc se propage alors avec une vitesse dephase
que nousdésignons
par D*. Cettevitesse D* est un
paramètre
facilement accessible àl’expérience,
mais elle n’a pas lasignification phy- sique
d’une vitesse de choc : on nepeut
donc l’intro- duire sansprécaution
dans leséquations
du choc.Le schéma de la
figure
1permet
de calculer la valeur de D*.Appelons À
le coefficient deporosité :
L’addition des
temps
de parcours de laphase
duphénomène
dans legrain
et dans l’interstice conduit immédiatement à la relation :où D et Us
désignent
lesparamètres
de choc du solidecompact.
La
première conséquence
de ce schéma de propa-gation
est que la vitesse de surface libre du solide poreux estégale
à celle du solidecompact :
elle esten effet
égale
à la vitesseprise
par le derniergrain,
soit D’où la seconde relation :
le
signe
*désignant
le solide poreux.Le
paragraphe
suivant décrit lesexpériences
faitespour vérifier ces deux relations.
3.
Vérification expérimentale.
- Lamajeure partie
desexpériences
a été faite sur le cuivre. Lesgrains
de cuivre étaient de formedendritique.
Unesélection a été
opérée
sur la dimension desgrains : 20 ~
3 ~t et100 ~
10 ~C, maisl’expérience
a montréque ce choix n’avait pas d’influence sur la valeur de D*. A
partir
de cesgrains,
on a formé parfrittage
des
pastilles
de 20 mm de diamètre et de 5 mmd’épaisseur,
avec deuxporosités
différentes :~ =
0,8
- cuivre de densité7,14 g/em3,
et À =0,6
- cuivre de densité
5,35 g/em3.
Ladispersion
endensité d’un lot de
pastilles
n’excédait pas0,01 g/CM3.
D’autres
expériences
ont été faites avec des pas- tilles enaluminium,
nickel et uranium poreux.~
VÉRIFICATION DE LA RELATION(1).
- Lespastilles
ont été soumises au testclassique
de déter-mination des
équations d’état,
telqu’il
est décriten
[3] :
elles sontplacées (fig. 2)
sur un socle métal-lique
de même nature que le solide poreuxétudié,
mais
compact (sauf
lenickel,
pourlequel
un socleen cuivre a été
utilisé) ;
on mesure, à l’aide dechambres à argon, le
temps
de parcours du choc dans lapastille
poreuse, etsimultanément,
la vitessede surface libre d’une seconde
pastille
de mêmematériau que le socle.
Puisque
ces matériaux sontidentiques
en nature, on mesureainsi,
lors de la mêmeexpérience,
D* et us(rappelons
que us con-cerne le solide
compact).
FIG. 2. -
Dispositif expérimental
pour mesure de D* et us.
Les chocs sont
produits,
soit par contact direct du socle avec une cartouched’explosif,
soit par pro-jection
d’uneplaque métallique
àgrande
vitesse(par
accumulation dechoc).
Les valeurs mesurées de D* et Us sont
portées
surles
graphiques 1, 2, 3,
4 et 5. Sur cesgraphiques,
ona tracé les courbes D* = calculées à
partir
dela relation
(1),
en utilisant les relations connues entre lesparamètres
de choc D et us du solidecompact :
pour lecuivre,
l’aluminium et lenickel,
ces relations sont déduites des données
publiées
en
[3] ;
pourl’uranium,
de cellespubliées
en[4].
Dans le cas
particulier
du nickel poreux, où le socle était encuivre,
la courbethéorique
a étédéplacée
de la même
quantité
vers ladroite,
à D*égal,
que cellequi sépare,
à Dégal,
les courbes D ==f (ug)
dunickel et du cuivre
compact :
ceci estjustifié,
caril
s’agit
de métaux «voisins
».GRAPHIQUE
1.- - - - Cuivre compact
(po
=8,93 gfcm3).
- Cuivre poreux
(X
=0,8) :
courbe calculée par la relation(1).
GRAPHIQUE 2.
- - - - Cuivre compact
(Po
=8,93 gfcm3).
-- Cuivre poreux
(À
==0,6) :
courbe calculée par la relation(1).
GRAPHIQUE 3.
- - - - Aluminium compact
(po
=2,7
Aluminium poreux (X =
0,8) :
courbe cal-culée par la relation
(1).
GRAPHIQUE
4.---- Relation D
(Ni compact)
vs. Ma(cuivre).
20132013201320132013201320132013 Relation D*
(Ni poreux)
calculée par la relation(1)
vs. Us(cuivre).
Ces
graphiques
montrent que lespoints expéri-
mentaux sont très voisins des courbes déduites de la relation
(1).
Pour les chocs faiblestoutefois,
on noteune valeur de D*
légèrement
inférieure à la valeur calculée : cecipeut
venir de l’affaiblissement des chocspériodiques
induits degrain
àgrain, plus
sen-sible pour les chocs faibles que pour les chocs
fort5
186
GRAPHIQUE 5.
- - - - Uranium compact
(po
== 19--- Uranium poreux
(À = 0,8) :
courbe calculéepar la relation (1).
en raison de la
part d’énergie prise
par l’air inters- titiel.Afin de confirmer la validité de la relation
(1)
surun schéma
simplifié, reproduisant
fidèlement celui de lafigure 1,
nous avonsprocédé
aux mêmesmesures
(D*
et enremplaçant
lapastille
poreuse par unempilement
deplaques
de cuivreminces, séparées
les unes des autres par des intervalles d’air( fig. 3).
Lerapport
del’épaisseur
desplaques
et del’intervalle d’air est tel que l’ensemble soit
équi-
valent à une
porosité
de À =0,6
ou une densitémoyenne de
5,35 g/em3.
Lagrandeur
D* mesurée icireprésente
alors exactement la vitesse de propa-gation
tellequ’elle
est schématisée sur lafigure
1.Les valeurs sont
portées
sur legraphique
2 : elles seplacent
convenablement sur la courbethéorique.
Cette
expérience
confirme que la dimension et ladisposition
desgrains jouent
un rôlenégligeable
dans le
phénomène
depropagation : qu’il
y aitordre ou
désordre,
la vitesse reste la même.FIG. 3.
b)
LIMITE DE VALIDITÉ DE LA RELATION(1).
-Les
expériences
devérification,
décritesci-dessus,
ont utilisé des socles de même matériau que le
solide poreux étudié. Les ondes de détente issues de la surface libre des
grains
sepropagent
ainsi libre-ment vers l’arrière en rencontrant un solide conti- nûment
comprimé.
Onpeut
penserqu’il
n’en estplus
de même si lapastille
poreuse estplacée
sur unsocle de nature différente : en
effet,
dans le cas où lapolaire
de choc du matériau du socle estplus
basseque celle du matériau constituant les
grains
du solideporeux, ces ondes de détente vont se réfléchir à l’interface en ondes de
compression qui
intensifientet accélèrent le choc
incident,
et ceci dès lepremier grain.
Les valeurs de D et us danschaque grain
croissent au cours de la
propagation ;
lephénomène
n’est
plus
lié à lapériodicité
desgrains,
et la valeurde D* ne
peut plus
être calculée àpartir
d’uneexpression
aussisimple
que la relation(1).
Nous avons étudié cette accélération dans deux
cas :
- cuivre poreux
placé
sur un socle enalumïnium ;
- uranium poreux
placé
sur un socle en cuivre.Le
montage expérimental
est le même que celui de lafigure 2,
mais lapastille
dont on mesure us est de même nature que le socle.A
partir
de cette valeur mesurée de us, onpeut
définir l’intensité du chocincident,
et enparticulier
calculer l’état de choc transmis par le socle aux
grains
du solide poreux. Il suffit deprendre
l’inter-section de la
polaire
de choc du matériau desgrains (par exemple
celle ducuivre,
dans lepremier cas)
avec le lieu des chocs réfléchis dans le matériau du socle
(par exemple, l’aluminium) :
c’est la « méthodegraphique
» bien connue décrite en[3].
La mesurede la vitesse de surface libre us du socle
permet
donc de calculer lesparamètres
D et us du choc dans lesgrains qu’il
faut introduire dans la relation(1).
Onobtient ainsi une valeur calculée de D*.
L’expérience
montre que les valeursexpérimen-
tales de D* sont
supérieures
aux valeurscalculées,
ce
qui
confirmequ’à égalité
de matièretraversée,
lechoc est
plus
intense dans lesgrains
du solideporeux que dans le solide
compact.
Si le socle avait une
polaire
de chocplus
hauteque le matériau des
grains,
unphénomène
inversese
produirait.
Il y aurait décollement de lapastille
poreuse, et émission d’ondes de détente vers l’avant : le choc dans le corps poreux s’affaiblirait.
c)
VÉRIFICATION DE LA RELATION(2).
- Lesexpériences
ont été faites sur le cuivre seulement.Le
montage expérimental
estreprésenté ( fig. 4).
On mesure la vitesse de surface libre u. d’une
pastille
de cuivrecompact, d’épaisseur
1 mm,qui
sert de référence. Les
pastilles
de cuivre poreux ontune
épaisseur
de1,25
mm(x
=0,8)
ou1,67
mm(X
==0,6),
defaçon
que le choc traverse la mêmequantité
de cuivre que dans lapastille
de référence.La mesure de vitesse de surface libre du cuivre
poreux u*s
se fait directement par l’intervalle detemps séparant
les traces des chambres à argon.FIG. 4. -
Dispositif
de mesureut.
Les résultats sont
portés
sur legraphique
6. Larelation
(2)
est correctement vérifiée.GRAPHIQUE 6. - Us = vitesse de surface libre du cuivre
compact. u* =-
vitesse de surface libre du cuivre poreux(X
=0,8
et0,6).
Nota : Comme pour la relation
(1), l’égalité
desvitesses de surfaces libres est subordomée à l’exis-
tence d’un socle de même nature que le matériau poreux
(adaptation d’impédance
dechoc).
A titred’expérience contradictoire,
despastilles
de cuivreporeux ont été
placées
en contact direct avecl’explosi f .
On a constaté alors que, pour un
explosif donné,
lavitesse de surface libre croît
quand
le coefficient deporosité
diminue :Ceci
s’explique
par accumulation de choc degrain
àgrain.
4.
État
limite du solide poreux derrièrel’onde
de choc. - Le schéma depropagation proposé
étantcorrectement vérifié par
l’expérience
en cequi
con-cerne les
paramètres
accessibles à la mesure, nousallons montrer maintenant que les
hypothèses
faitespermettent
deprévoir
que le solide poreuxatteint,
sous l’effet du choc
incident,
un état limite carac-térisé par des valeurs de la
pression,
de la densité etde la vitesse matérielle que l’on
peut
calculer avec les seules données del’équation
d’état du solidecompact.
L~~
EXISTENCE DE L’ÉTAT LIMITE. - Suivons aucours du
temps
l’évolution de l’état d’un élément solideappartenant
à ungrain.
Immédiatement derrière l’onde de chocincidente,
l’état estrepré-
senté par le
point
A(pi,
ui,pi) (fig. 5).
Cepoint
AFiG. 5. -
État
limite d’un solide poreux sous choc.appartient
à lapolaire
de choc(P)
et àl’adiabatique dynamique (H)
du solidecompact,
de densité PO’Lorsque
lepremier
train d’ondes dedétente,
issu dela surface libre du
grain auquel appartient
l’élémentconsidéré atteint cet
élément,
lepoint figuratif
deson état se
déplace
lelong
del’isentropique (S),
àpartir
de Ajusqu’au
Un peu
plus tard,
l’élément subit l’effet du choc réfléchi issu dupoint
1(impact
dugrain
sur lesuivant),
et lepoint figuratif
remontebrusquement
vers un
point
de lapolaire (P)
situé un peu au- dessus de :1 : ceci parce que lapolaire
de choc issue de S estlégèrement plus
tendue que l’isentro-pique (S).
Puis le second train d’ondes dedétente,
issu de la surface libre du
grain suivant,
ramène à188
nouveau
l’état,
lelong
d’uneisentropique,
vers unpoint
voisin de S.Ces oscillations de l’état du milieu ne se pour- suivent pas indéfiniment. Elles s’amortissent par suite de l’interaction de
chaque
onde de choc réflé- chie(C) (voir 1)
avec les deux trains d’ondes de détentequi
laprécède
et la suive immédiatement.Cette interaction est due aux faits que :
2013 l’onde de choc réfléchie
(C)
estsupersonique
par
rapport
au milieu amont : ellerattrape
donc le train d’ondes de détentequi
laprécède ;
- elle est
subsonique
parrapport
au milieu aval : elle est doncrattrapée
par le train d’ondes de détentequi
la suit.Or,
au cours de cette doubleinteraction,
l’onde dechoc
(C)
rencontre devant elle un milieu dont lapression
croît àpartir
de p = 0(fig. 1),
et derrièreelle,
les ondes de détente font décroître lapression
à
partir
de p = pi. L’onde de choc(C)
se propage ainsi entre deux états du milieu dont l’écart depression
tend verszéro,
sansqu’elle
en soit respon- sable. A lalimite,
elle devient une onde de compres- sion infinitésimale sepropageant
à la vitesse du son dans le milieu enéquilibre.
L’état limite du solide poreux existe donc par le fait que l’onde de choc
(C)
devient une ondesonique.
Il
s’agit
d’un étatcomprimé
de la matière carac-térisé par des valeurs
p*, p*, u*, c*,
que nous calcu- leronsplus
loin.Compte
tenu del’analyse
des oscil-lations subies par l’élément matériel considéré ci-
dessus,
cet état limite se trouvequelque part
surl’isentropique (S)
issue dupoint
A. Pour les chocsusuels
(jusqu’à
1mégabar
dans lecuivre),
l’écartentre les
isentropiques (S)
etl’adiabatique dyna- mique (H)
est inférieur à 1%
sur la valeur depo /p.
On
peut
donc dire que l’état limite du solide poreux(p*, p*)
est un état du solidecompact,
et que tous les solides poreux de même constitutionchimique, n’ont, quelle
que soit leurporosité, qu’une
seule etmême
adiabatique dynamique,
celle du solidecompact.
~
DÉTERMINATION DE L’ÉTAT LIMITE. --- Onpeut
démontrer le théorème suivant : la vitesse d’une onde de choc estégale
à la moyennearithmétique
des vitesses du son dans les milieux aval et amont, à condition de
compter
toutes les vitesses par rap-port
au même milieu.La
démonstration, purement mathématique,
sortdu cadre de cet
exposé.
Le théorème est valable ausecond ordre
près,
lepremier
ordre étant celuide
ulD.
Considérons l’interaction simultanée au
point M(x, t)
de l’onde de choc(C)
avec deux ondes de détenteparticulières,
issuesrespectivement
des surfaces libresS,
etS2
de deuxgrains
consécutifs( fig. 6).
Les vitesses matérielles
absolues,
depart
et d’autrede l’onde de choc
(C),
sontrespectivement ul
et U2’Soit D la vitesse absolue de l’onde de choc
(C) :
elleFIG. 6. - Interaction de l’onde de choc réfléchie
(C)
avec les ondes de détente issues de
SI
etS,.
mesure la
pente
de la courbe(C)
aupoint
M. DoncD = dx
Idt.
D’après
le théorème énoncéci-dessus,
on a :D’où
l’équation
différentielle de latrajectoire (C)
de l’onde de choc réfléchie en 1 :
Après intégration,
il est facile de voir que cettetrajectoire
est un arcd’hyperbole
centrée au milieude
Sl S2. L’asymptote
de cet arcd’hyperbole
a unepente égale
à la vitesse limite cherchée de l’onde de choc(C),
c’est-à-direégale
à(c*
-u*), paramètre
caractérisant l’état limite du milieu.
Le schéma d’interaction de la
figure
6représente
le cas
général.
Il estprécédé
d’un schémaplus simple
où l’onde de choc(C) n’interagit qu’avec
unseul des deux trains d’onde : la
trajectoire (C)
estalors
provisoirement
un arc deparabole.
Le calcul
complet
de latrajectoire (C)
àpartir
du
point
1 est facile à faire. Il conduit finalement à la valeur de la vitesse limite de l’onde de choc(C)
soit
(c*
-u*),
en fonction de l’intensité du choc incident caractérisé parexemple
par la vitesse maté- rielle ui.Pour
calculer,
àpartir
de la valeur obtenue de(c*
-u*),
lesgrandeurs caractéristiques
duchoc,
on admet que
l’isentropique (S)
estsymétrique
dela
polaire
de choc(P) 5).
L’état limite L est alorséquivalent,
dupoint
de vuepression p*
etdensité
p*,
à un choc fictifproduisant
dans lemilieu
compact
un saut de vitesse(2ui
-u*).
Onsait que la relation entre la vitesse du son derrière
un choc et le saut de vitesse matérielle
apportée
par ce choc est :
GRAPHIQUE
7. - Lieu(p*, u*)
des états-limites pour le cuivre poreux.où A et B sont les coefficients de la relatiun empi-
rique classique
del’équation
d’état des métaux : On a d onc ici :équation permettant
de calculeru*, puis p*
etp*.
Les calculs ont été faits pour le cuivre de deux
porosités
différentes : 7~ =0,6
et X =0,8.
Lesvaleurs de
p*
et u* sontportées
sur legraphique
7.Les courbes de ce
graphique
n’ont pas lasignifi-
cation
physique
d’unepolaire
dechoc,
maisrepré-
sentent seulement le lieu des états limites du cuivre poreux en fonction du choc incident. Dans le dia- gramme
(p*, p*),
les états limites seplacent
surl’adiabatique dynamique
du cuivrecompact,
au second ordreprès.
Il faudrait des chocs très intenses pourséparer
l’état limite(p*, p*)
du solide poreux del’adiabatique dynamique
du solidecompact,
et rendre mesurable cette différence.5.
Conclusion.
- L’onde de choc propage une discontinuité depression
et de vitesse sufl’isamment fine pours’apercevoir
que le milieu est ou nonhomogène.
Enl’accompagnant
dans sontrajet,
onpeut
rendrecompte
defaçon simple
des résultatsexpérimentaux
obtenus. Ces résultats nepeuvent
être
interprétés
commeapportant
des informations nouvelles surl’équation
d’état des solides[5].
Manuscrit reçu le 13 août 1965.
BIBLIOGRAPHIE
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