UTILISATION DES ALIMENTS BROYÉS ET AGGLOMÉRÉS
PAR LES BOVINS
II. —
UTILISATION COMPARÉE PAR LA VACHE LAITIÈRE
DU FOIN DE LUZERNE CONDENSÉ ET DU FOIN DE LUZERNE NORMAL
ASSOCIÉS A DE L’ENSILAGE ET DES BETTERAVES
M.
JOURNET
R.. JARRIGEB. MARQUIS Station de Recherches sur
L’l!lez>age
des Ruminants,Centre de Recherches
zootechniques
et vétérinaires sur les Ruminants,6.3 - Theix, près C/!’?Mo!-/’’!n’an!
Institut national de la Recherche
agronomique
SOMMAIRE
Dans trois essais portant au total sur 54 vaches en lactation, on a
comparé
la valeur alimen- taire du foin condensé(pellets)
à celle du foin de luzerne normal àpartir duquel
il était préparé.Les deux foins ont été distribués ad libitum aux vaches
qui
recevaient par ailleurs del’ensilage
degraminées
ad libitum, des betteraves (i ! ou 20 kg) et unequantité
d’aliment concentré ajustée illeurs besoins.
Les vaches ont
ingéré beaucoup plus
de foin condensé que de foin normal : r,7 foisplus
dans lei
eressai où le foin normal était de très bonne
qualité,
3,8 et 4,1 foisplus
dans les deux autres essais où il était mal consommé. Il en est résulté uneaugmentation
trèsimportante
de la ration de basequi
a atteint des valeurs très élevées : z,c! à 3,0l:g
de matière sèche par ioo kg depoids
vif suivant les essais ; elle a apporté, suivant les essais z5 à 43 p. 100d’énergie
(UF) et 22à 94 p. ioo de matiè-res azotées
digestibles
deplus
que la ration contenant le foin normal.Le
remplacement
du foin normal par le foin condensé n’a pas entraîné de modificationimpor-
tante de la
quantité
de laitproduite
(laquantité
d’aliment concentré étantplus faible)
ni du taux butyreux. Il a augmenté legain
depoids
des animaux ainsi que la teneur en matières azotées du lait.Le foin condensé, a semble-t-il, la même valeur
énergétique
que le foin normal.INTRODUCTION
L’utilisation
de foin condensé(foin broyé
finementpuis aggloméré)
dans l’ali- mentation des vaches laitières a faitl’objet
d’assez nombreuses étudesqui
ont étépresque toutes réalisées aux IT. S. A.
pendant
ces dernières années(cf.
revues deM INSON
,
19 6 2 ,
et de NIooRE,rg6 4 ).
Elles sont très diverses dans leursobjectifs,
leurconception,
leur réalisation et leurs résultats.Très peu d’auteurs ont en fait mesuré l’influence du
broyage
et du pressage sur la valeur alimentaire du foin pour la vache laitière encomparant
le foin condenséau foin normal à
partir duquel
il étaitpréparé ;
le foin était le seul aliment offert(R ONNIN
G
etal.,
rg59 ; K!tTtt etal., 19 6 1 )
ou étaitaccompagné
par un aliment con-centré
(R ONNING
et al.195 8;
PUTNAM et DAVIS,19 6 1 ; B R c1oKs et al., I9 6 2 ;MO O D Y , 19
6 2
).
Le foin condensé a étégénéralement ingéré
enquantité plus
élevée que le foin normal. Laquantité
de lait a varié dar.s le même sens que laquantité
de foiningérée,
surtoutlorsque
les vaches ne recevaient pas d’alimentconcentré ;
le tauxbutyreux
n’a été diminué defaçon importante ( 4
à 6 g p. iooo)
que dans deux essais.C’est cette influence sur le taux
butyreux
des foins condensés ou des rations entièrementcondensées,
influence mise en évidence par POWELI, dès 1939,qui
a faitl’objet
duplus grand
nombre d’études. Différentes rations ont été utilisées : foin condensé seul(R ODRI G U E
etA LL E N , 19 6 0 ;
O.DEI,I, etczt., 19 6 4 ),
foin condensé etaliment concentré distribué
séparément (E NSOR
etal.,
1959; 1 KING et KEMKEN,19 h Z ; P
ALMQUIST
etat., rg6q),
foin condensé etpaille ou ensilage (F OSSLAND
etI’iTctt, rg 5 8),
foin et aliment concentré condensés en un aliment
unique (P OW E LL ,
1939 ; RONNING,19
6 0
).
De telles rationsprovoquent
leplus
souvent une diminution du tauxbutyreux
mais pastoujours ;
celle-ci estfavorisée,
ou rendueplus importante,
par l’accrois-sement de la finesse du
broyage
du foin(R ODRIGU E
etA LI , EN , 19 6 0 ; P ALMQTJIS T
et RoNNmG,19 6 1 ),
parl’augmentation
de laproportion
d’aliment concentré dans laration condensée
(RoNNirrG, 19 6 0 ),
ou par laprésence
de maïschauffé,
même enquantité
limitée(E NSOR
etal., zg 5 g).
Flle est moins fortelorsqu’on
ne distribue pasle concentré et le foin condensé en même
temps (P ALMQUIS T
etal., ig6q.)
oulorsqu’on
distribue le foin condensé
quatre
fois parjour
au lieu de deux(O.Drt,t,
etat., ig6¢).
Cette diminution du taux
butyreux
est semblable à cellequi
estprovoquée
par l’in-gestion
de rations constituées presque exclusivement d’alimentsconcentrés ;
elle est déterminée par des modificationsprofondes
de ladégradation
des aliments dans lerumen et de
l’importance respective
des différentsproduits
terminaux de ladigestion (cf.
revues de]A RRI CE
etJOURNET,
1959 ; Roor.:,1961).
Ces travaux sont donc très
différents,
notamment par la nature, lacomposition,
le mode de
préparation
et de distribution des rations étudiées. Dans cesconditions,
il n’en ressort pas de conclusions suffisamment
générales quant
à l’influence dubroyage
et du pressage sur la valeur alimentaire dufoin ;
l’influence sur la valeur nutritive reste à mesurer ; l’influence sur le tauxbutyreux
n’est pastoujours prévi-
sible.
Les études
poursuivies
à la Station(dont
lespremières
ont étépubliées
par BERANGER et
J ARRIGE ( 19 6 2 )
et par Prn·or( 19 6 5 )
ont pourobjectif
de mesurer etd’expliquer
l’influence dubroyage
et du pressage sur la valeur nutritive du foin et sur laquantité qui
en estingérée,
etcela,
avec les rationsqui
sont couramment uti- lisées dans nosrégions
et pour les différentesproductions : lait,
croissance etengrais-
sement. Nous
rapportons
ici les résultats de trois essais danslesquels
nous avonscomparé
le foin de luzerne condensé au foin de luzerne normal dans la ration des vaches laitièresqui
recevaient en outre del’ensilage
d’herbe adlibitum,
des bette-raves et un aliment concentré en
quantités
limitées. Nous avons distribué les foinsad libitum pour mesurer l’influence
globale
du foin condensé à la fois sur laquantité ingérée
et sur laproduction
laitière.Les deux
premiers
essais ont été conduits en19 6 2
et en19 6 3
avec despériodes expérimentales
de courte durée( 3 semaines)
et inversion deslots ;
ils ne diffèrentque par la
qualité
du foin de luzerne choisiqui
était assez bonne dans lepremier
essai et mauvaise dans le deuxième. Dans le troisième essai réalisé en
19 6 4 ,
ils’agis-
sait de mettre en évidence l’influence éventuelle de
l’ingestion
de foin condensé pen- dant uneplus longue période
sur la santé.l’appétit
et laproduction
des vaches : lapériode expérimentale
a été de Isemaines sans inversion.Dans d’autres
essais, qui
serontexposés ultérieurement,
le foin normal a étéremplacé
par unequantité égale
de foin condensé afin de comparer la valeurénergé- tique
des deux aliments.MÉTHODES
Dispositif expérimental
Les deux
premiers
essais (i96z et 196,3)qui
sont de courte durée avec inversion desrégimes,
comportent une
période
d’adaptation aux régimes de deux semaines et deuxpériodes expérimentales
de trois semaines
qui
sont séparées par unepériode
de transition de deux semaines, au cours delaquelle
est réalisée l’inversion. Le troisième essai (r96ç) est de type continu avec unepériode pré- expérimentale
de troissemaines,
unepériode d’adaptation
auxrégimes
de deux semaines et unepériode expérimentale
de onze semaines. Au cours dechaque période expérimentale,
un lotreçoit
le foin normal et l’autre le foin condensé
préparé
àpartir
duprécédent ;
tous deux consomment par ailleurs le mêmeensilage
ad libilum, unequantité égale
de betterave et unequantité
d’aliment con-centré
adaptée
aux besoins dechaque
vache.Nous avons utilisé deux lots de dix vaches dans le
premier
essai, de sept dans le deuxième et de dix dans le troisième ; de race Frisonne pour laplupart ( 5 o
Frisonnes et 4Normandes),
ellesavaient vêlé en novembre et décembre ; au début de la
première période expérimentale,
elles étaienten moyenne à la 8!, la 1 le et la gesemaine de lactation
respectivement
dans les trois essais. La moitié d’entre elles(ro
sur 20, 8 sur i4et io sur 20) en étaient à leur irelactation etpesaient
environ 50okg;
le
poids
des vaches adultes variait de 575 à 75okg.
Depuis
leur rentrée à l’étable à la fin octobre, ces vaches recevaient individuellement une ration mixte de foin,ensilage,
betteraves et aliment concentré, semblable à celle qu’elles allaient recevoirpendant
les essais. Leurproduction
laitière était mesuréechaque jour depuis
le vêlage de même que leuringestion
des différents aliments(sauf
ledimanche),
cequi
apermis
de lesapparier
au mieux.Pendant cette période d’observation comme
pendant
l’essai, les vaches ont été maintenues en sta- bulation entravée avec une litière de paillc renouveléechaque
jour et elles ne sont pas sorties audehors.
.llime1ltatioll
Le foin et
l’ensilage
ont été offerts ad libitum, lesquantités
étant fixéeschaque jour d’après
lesquantités ingérées
la veille, defaçon
à limiter laproportion
des refus à 10. p. roo environ. 1,a ration de betteraves a été maintenue constante (sauf à la fin du troisième essai pour certaines vaches commeil sera précisé
plus
loin) : r5 kg pour toutes les vaches dans lepremier
essai ; 20kg pour les vaches adultes et i5kg
pour les vaches à leurpremière
lactation dans les deux autres ; elle atoujours
étéconsommée en totalité. La quantité d’aliments concentrés de
chaque
vache a été calculéechaque
semaine de
façon
à couvrir les besoinsénergétiques
et azotés ; elle a étéproportionnelle
(o,5 kg parkg
de lait à 4 p. r oo de matières grasses) à la différence entre laproduction permise
par la ration de base et la production réelle fournie pendant la semaine précédente.Dans les trois essais, les aliments ont été distribués de la
façon
suivante :l’ensilage
vers 8 heures après la traite du matin, les betteraves vers 15-16 heures et le foin, normal ou condensé, à 18 h 30,après
la traite du soir. Les vaches ont donc eu à leurdisposition
le foinpendant
une dizaine d’heures etl’ensilage
pendant sept heures environ. La ration d’aliment concentré a été distribuée en une seule fois dans les deux autres essais ; une moitié en même temps que les betteraves et l’autreaprès
latraite du matin.
Les vaches
qui
vont consommer le foin condensé pendant lapremière
périodeexpérimentale
en reçoivent 2kg le
premier
jour de lapériode
d’adaptation,puis
2kg de plus tous les deux jours,en même temps que leur ration de foin normal est réduite ; au cours de la 2esemaine, elles consom-
ment le foin condensé ad libiturre mais ne
reçoivent plus
de foin normal. Inversement, pendant lapremière
semaine de lapériode
de transition des deux essais de courte durée, elles reçoivent dufoin normal ad Libituna et une
quantité
de foin condensé qui décroîtrapidement ;
parallèlement lesvaches de l’autre lot qui recevaient
jus(liie-là
le foin nonnal sont accoutumées au foin condensé.Pendant ces
périodes
où laquantité
de foiningérée
varie de façonrapide
etimportante,
les quantitésde concentré distribuées sont
adaptées
presquechaque jour.
I,es foins de luzerne utilisés ont été choisis de
qualité
différente dans les trois essais (tabl.i) ;
le foin normal a été distribué tel
quel
sanshachage ;
le foin condensé a été préparé parbroyage
du précédent dans un broyeur à marteaux avec unegrille
à maillcs de 3mm et pressage sans adjuvants;il a été
présenté
sous forme degranulés
de 8 mm de diamètre. Les ensilages étaient à base de gra- minées récoltées au cours du W’’ cycle de croissance sanspréfanage préalable,
ni addition de conser- vateurs. Les betteraves, RedOtofte
oul’ajbe y g
Rex, contenaient de 16-18 p. joo de matière sèche.Deux aliments concentrés ont été utilisés, le
premier
riche en azote (7p. roo de tourteaux environ,30
o g de matières azotées
digestibles
parkg)
pour compenser l’insuffisance del’apport
azoté par la ration de base contenant le foin norinal, le deuxièmeplus équilibré (7!
p. 100de céréales,d’orge essentiellcrnent).
l leszcres
Voici les différentes mesures qui ont été effectuées pour
chaque
animal dans les trois essais,avec la
fréquence
de chacune d’elles :-
poids
dechaque
aliment offert et refusé :chaque jour,
sauf le dimanche ;- teneur en matière sèche des aliments :
chaque jour,
sauf le dimanche, pourl’ensilage,
lesbetteraves et le refus d’ensilage ; deux fois par semaine pour le foin et une fois par semaine pour l’aliment concentré ;
-
quantité
de lait : àchaque
traite ;- teneur en matières grasses du lait
(Méthode
de(herber) : chaque jour
sur un échantillon moyen de deux traites ;- teneur en matières azotées du lait (méthode au noir amido
II B) : chaque
semaine sur unéchantillon moyen des q traites du mercredi et du
jeudi ;
-
poids
vif :chaque
semaine, le vendrediaprès-midi.
On a dosé les teneurs en cendres, azote et cellulose brute (Weende) d’un échantillon moyen de
chaque
aliment constitué au cours de chacune des périodes(tabl. i).
Le coefficient dedigestibilité
des foins de luzerne utilisés a été mesuré sur trois béliers à un niveau
d’ingestion
voisin du maxi-mum.
RÉSULTATS
Essais de courte durée avec inversion
Les deux essais de courte durée.
qui
ont été conduits suivant le mêmeprotocole,
ont donné des résultats très concordants que nous exposerons ensemble
(tabl.
2 et3
,
fig,
1 et2 ).
Le foin de l’essaiy 6z
était de bonnequalité (C.
U. D.de 6 4 ,0 P -
zoo :tabl.
z)
et a été consommé enquantité
très satisfaisante( 5 ,8 kg
de matièresèche) compte
tenu des autres aliments de la ration. Le foin de l’essai19 6 3
a été choisiparce
qu’il
était très mal consommé sous forme normale(z, 4 kg
de matière sècheen
moyenne),
endépit
d’unedigestibilité
assez bonne(C.
U. D. de6o, 7
p.100 ).
Quantité ingérée.
Les vaches
ingèrent beaucoup plus
de foin condensé que de foinlong :
1,75 foisplus
dans l’essaiz 9 62
et3 , 7 8
foisplus
dans l’essai19 6 3 .
Fait
remarquable,
cet accroissement considérable de la consommation de foin n’entraînequ’une
diminution très limitée de la consommationd’ensilage :
16 p.l00 dans chacun des essais. Laquantité
de betteraves demeurant la même dans les deuxrégimes,
leremplacement
du foin normal par le foin condensé entraîne une augmen- tationimportante
de la ration de baseingérée ( 2 8
p. 100en19 6 2
et58
p. 100 en19 63)
qui
atteint ainsi des valeursparticulièrement
élevées:1 6, 42 _E
2,4q et16,37 !_
r,7okg
de matière sèche
respectivement
en19 6 2
et en19 6 3 ,
soit environ 3,0 et2 ,8 kg
pour100
kg
depoids
vif.L’augmentation
de laquantité
de matière sèche totaleingérée (
1
6
p. 100 et 26 p. 100respectivement)
est moinsimportante
par suite de la réduc- tion de laquantité
d’aliment concentré distribuée.En
dépit
d’unepériode d’adaptation
de 2semaines,
laquantité
de foin condenséingérée
a continué àaugmenter
au cours de la Iresemaine de trois desquatre périodes expérimentales.
C’estpourquoi
nous avonségalement reporté
les résultats de la der- nière semaine sur les tableaux 2 et 3.Production laitièye et
gain
depoids.
Dans les deux essais les
quantités
delait,
de matières grasses et de matières azotéesproduites
sontlégèrement
accrueslorsque
les vachesreçoivent
le foin con-densé mais la différence n’est
significative
que dans l’essai19 6 2 (tabl. 2 ).
La teneuren matières azotées est, elle
aussi, légèrement augmentée (P
< 0,05 en19 6 3 )
mais letaux
butyreux
n’est pas modifié.Les vaches
n’ayant
étépesées qu’une
fois parsemaine,
legain
depoids
vif aucours de
périodes expérimentales
de courtedurée,
nepeut
être mesuré que defaçon approximative.
Nous l’avons estimé par la différence entre lespoids enregistrés
à la2
e semaine de transition et à la 3e semaine de la
période expérimentale (fig.
i et2 ).
Dans les deux essais il est
plus
élevélorsque
les vachesreçoivent
le foin condensé :0 , 5
6 kg
au lieu deo,r6
en19 6 2 (P
<0 , 05 ), 0 , 55 kg
au lieu de o,32 eniq6 3 .
Pendant la
période
de transition entre les deuxpériodes expérimentales,
lechangement
derégime
entraîne une variationimportante
<lupoids
vif(fig.
r et2 ), lequel augmente quand
onremplace
le foinlong
par le foin condensé(en
une semaine13
,6 kg
eny 6 2
et8,o kg
enrcf6 3 )
et diminue dans le cas inverse, tout au moins eni
9 f>
3 ( 7 , 3 kg).
Cela doit résulter enmajeure partie
des modifications dupoids
ducontenu
digestif
entraînées par les variationsimportantes
de laquantité
de foiningérée.
Les variations individuelles dupoids
vif des vaches lors despériodes d’adap-
tation ou de transition vont en moyenne dans le même sens due les variations de la
quantité
de foiningérée.
Essai rde
pLus lon!-tr-e durée,
sans i1l1!CrsionCet essai a été réalisé en
I g6 4
avec un foin de luzerne de mauvaisequalité (C.U.D.
de56,c!
p.ioo) <lui
était mal consommé sous forme normale. Ilcomporte
troispériodes :
a)
unepériode préexpérimentale
de 3 semaines( 23
décembre-12janvier 19 6 4 )
au cours de
laquelle
sont constitués les deux lots de dixvaches ;
trois vaches de cha-cun des lots n’ont vêlé que
depuis
io à 15jours
au début de cettepériode,
cequi explique
le maintien ou l’accroissement de laproduction
laitière moyenne des deux lots et la diminution du tauxbutyreux pendant
cettepériode (fig. 3 ) ;
lesproductions
individuelles moyennes
pendant
lapériode
varient de 12à 30kg ;
b)
unepériode d’adaptation
de 2 semaines(r 3
au 25janvier) ;
les vaches du lot témoinreçoivent
le foin normalexpérimental qui
estpratiquement identique
aufoin distribué
pendant
lapériode précédente ;
les vaches du lotexpérimental
conti-nuent à recevoir ce dernier ad Libittsm et une
quantité
croissante de foin condensé :2
kg
lepremier jour,
ikg
deplus chaque jour pendant
la Iresemaine et ad libitumau cours de la 2e
semaine ;
toutes lesvaches,
saufdeux, augmentent
defaçon
assezrégulière
leuringestion
de foincondensé ;
c)
lapériode expérimentale
de m semaines va du 27janvier
au 12avril ;
elle débute en moyenne()Z, 7 jours après
levêlage
pour le lot au foin normal et6 0 , 3 jours
pour le lot au foin condensé. Les vaches sont en bonne santé
pendant
cettepériode
mais on note un cas
d’indigestion
dans la iTe semaine et un cas de météorisation dans la 2e semaine sur des vaches recevant le foin condensé.E1 la différence des essais de courte
durée,
laquantité
de betteraves n’a pas été maintenue constante pour tous les animaux au cours de lapériode expérimentale.
I;lle a dû être diminuée pour six vaches recevant <lu foin condensé afin d’éviter une
suralimentation
énergétique trop importante ;
elle a été diminuée simultanément pour les vachescorrespondantes
recevant le foinnormal,
cette réduction étant com-pensée
par uneaugmentation
de laquantité
d’aliment concentré.Qual/tité i l/ gà Ù .
I,es vaches recevant le foin normal en consomnent une
quantité
faible( 2 , 57 kg
de matière sèche en
moyenne) qui
diminuelégèrement
au cours de lapériode (fig.
3, tabl.4 ).
Cettediminution,
<le même <lue celle de laquantité
de betteraves distribuée à certainesvaches,
estcompensée
par uneaugmentation
del’ingestion d’ensilage qui dépasse
6kg
de matière sèchependant
le dernier mois.I,es vaches recevant le foin condensé en consomment de
plus
enplus
tout aulong
de lapériode expérimentale (fig.
3l!is) :
r3,tkg pendant
la dernièresemaine,
soit presque So p. 100de
plus
quependant
lapremière
semaine. Elles ne réduisentpas pour autant leur consommation
d’ensilage qui
a même tendance àaugmenter après
avoir diminuépendant
lapériode d’adaptation.
Pendantles 3 dernières
semainesde la
période expérimentale,
ellesingèrent
en moyenne 3,5 foisplus
de foin quependant
lapériode préexpérimentale,
17 p. 100 <leplus <l’ensilage
et 82 p. ioo deplus
<le ration de base(matière sèche).
Cette dernière atteint des valeursparticu-
lièrement élevées :
i,!,65 kg
soitprès
de 3,okg
par rookg
depoids
vif.I,es
quantités
d’aliments concentrés ont étéprogressivement
réduites au coursde la
période expérimentale,
ainsi due lesquantités
de betteraves pour certaines vaches. Il est donc intéressant de relier lesquantités
defoin, d’ensilage,
de matièresèche totale
ingérée
à laquantité (x)
de matière sècheingérée
sous forme d’alimentsconcentrés !- betteraves. On obtient les relations suivantes à
partir
des valeursmoyennes hebdomadaires :
p;lles mettent en évidence une différence très
importante
entre les deuxrégimes.
La réduction de
l’apport
de betteraves !- aliments concentrés estaccompagnée
d’une
légère
diminution de laquantité
de foiningérée
par les vaches recevant le foinnormal,
d’uneaugmentation
limitée de laquantité d’ensilage
et au total d’une diminutionimportante
de laquantité
totale de matière sècheingérée.
Aucontraire,
elle estcompensée
chez les vaches recevant le foin condensé par un accroissementpratiquement égal
de laquantité
defoin,
ainsi que par unelégère augmentation
dela
quantité d’ensilage ;
laquantité
totale de matière sècheingérée
a donc tendance àaugmenter;
en réalité si onexcepte
les troispremières
semaines elle demeure pra-tiquement
constante(fig.
3bis).
Au total
pendant
l’ensemble de lapériode expérimentale,
les vaches recevantle foin condensé ont
ingéré
4,1 foisplus
de foin que les vaches recevant le foin nor- mal(10,65 !;
3,25 au lieu de 2,57 1 0,99kg
de matièresèche),
62 p. 100 deplus
dematière sèche sous forme de ration de base et seulement 26 p. 100 de moins d’ensi-
lage.
Les différences entre les deux lotsaugmentent
au cours de lapériode.
Production laitière et
gairc de Poids.
I,a
production
moyenne de lait et de matières grasses des vaches recevant le foin condensé diminueplus
lentement(P
<o,o 5 )
que celle des vaches recevant le foin normalpendant
lapremière
moitié de lapériode
et sensiblement à la même vitessependant
la deuxième moitié. Voici leséquations
derégression correspondantes :
Rapportées
aux valeurs moyennes de lapériode préexpérimentale,
lesproduc-
tions moyennes de lait et de matières grasses
pendant
lapériode expérimentale
sontde
7 6, 7
p. 100 et7 6, 7
p. 100 pour les vaches recevant le foinnormal,
79,5 et8
2 ,
2
p. 100pour les vaches recevant le foin condensé.Le taux
butyreux présente
une évolution normale pour les deuxlots ;
il nemarque pas de variations nettes au cours de la
période d’adaptation
au foin condensé.Il est en moyenne
légèrement plus
élevé pour les vaches consommant le foin condensé mais cette différence existaitdéjà pendant
lapériode pré-expérimentale.
La teneur en matières azotées moyenne
augmente
defaçon
relativementrapide pendant
les 8premières
semaines de lapériode expérimentale
pour les vaches rece-vant le foin
condensé ;
aucontraire,
elle cesse de croître et aplutôt
tendance à dimi-nuer à
partir
de la4 e
semaine pour les vaches recevant le foin normal(fig. 3 ).
Ladifférence en faveur des vaches recevant le foin
condensé, qui
était deo,6
g p. 100pendant
les troispremières semaines,
atteint 2,3 g p. 100pendant
les trois dernières.La teneur en matières azotées diminue immédiatement chez les vaches dont on
réduit
(et parfois supprime)
la ration debetteraves,
surtoutlorsqu’elles reçoivent
lefoin
normal ;
celaexplique
la diminution moyenne pour les 2 lots au cours des 3 der- nières semaines. Les variations individuelles de la teneur en matières azotées au coursde la
période présentent
une liaisonpositive
avec les variations dupoids vif,
et aussiavec la
quantité
de betteravesingérée
pour les vaches recevant le foin normal.Compte
tenu des différences entre les deux lots au cours de lapériode pré- expérimentale,
les vaches recevant le foin condenséproduisent pendant
lapériode expérimentale
4,2 p. zoo delait, 6, 3
p. ioo de matières grasses et6, 7
p. 100de matières azotées deplus
que les vaches recevant le foin normal. lfIalheureusement nous nepouvons pas savoir si ces différences sont entièrement dues aux
régimes puisque
nousn’avions pas pu
prévoir
depériode post-expérimentale.
Pendant la
période expérimentale,
les vaches recevant le foin normal main- tiennent en moyenne leurpoids
constant(fig. 3 )
cequi
montrequ’elles
ont bien étéalimentées suivant leurs besoins. Les vaches recevant le foin condensé
gagnent
enmoyenne 2
kg.
soit environ 275g/jour.
Elles ont réalisé lamajeure partie
de cegain
au cours des 4
premières semaines, lorsqu’elles
accroissaientrapidement
leuringestion
de foin condensé : d’une part leur contenu
digestif
apeut-être augmenté,
d’autre part elles étaient en moyenne suralimentées parce quel’apport
d’aliment concentré n’était pas réduitsimultanément,
aujour
lejour.
Différences
individuellesA
l’exception
de 2 vaches du leressai,
toutes les vaches ontingéré plus
de foincondensé que de foin
normal,
mais dans desproportions
très variablesqu’illustre
lafigure
4. Laquantité
de foin condensé yapparaît pratiquement indépendante
de laquantité
de foinnormal,
que l’on considèreséparément
chacun des essais ou l’ensembledes trois essais
(fig. q),
surtout si on inclut les deux vachesqui
n’ont pasapprécié
lefoin condensé. hlle est aussi variable que la
quantité
de foinlong.
La différence foin condensé-foin
normal, exprimée
en matière sèche varie suivant les animaux de 3,d à g,5kg,
de 3,! à8, 7
dans les essais de courte durée et de 3,2 à 13,
2
kg
dans l’essai delongue
durée. Elle neprésente
pas de relation avec lepoids
vif
(qui
apourtant
varié de .15o à 75okg
pour l’ensemble des q.!vaches)
pasplus qu’avec
laproduction laitière ; cependant,
dans l’essai delongue durée,
elle a été rela- tivementplus
faible pour les vachesqui
avaient laproduction
laplus élevée,
parcequ’elles
recevaientplus
d’aliment concentré.Si l’accroissement de la
quantité
de foiningérée
est très variable d’une vache à l’autre. il modifie en revanche lesquantités d’ensilage,
defourrage
et de matièresèche totale
ingérées
sensiblement de la mêmefaçon
pour tous les animaux. C’est ceque montre la
figure
5 pour les vaches des deux essais de courte duréequi
ont reçu chacune tour à tour les deuxrégimes.
Parkg
de foiningéré
enplus,
laquantité
d’ensi-lage
diminue de o,i4kg (r
= —0 ,. 17 )
et laquantité
defourrages (foin
-1ensilage)
augmente
deo,8fi kg (r
-o,c!6),
ces différentes valeurs étaientexprimées
en matièresèche. Ces relations sont
indépendantes
de la moyenne desrégimes
alors quel’augmen-
tation de la
quantité
de matière sèche totaleingérée
estplus importante
pour les vachesqui
ont reçu le foin condensé avant le foin normal(fig. 5 ) ;
ellesreçoivent
alors
plus
d’aliment concentré parcequ’elles
ont uneproduction plus
élevée du faitde leur stade de lactation.
DISCUSSION
Bien
qu’ils
aient été réalisés au cours de trois années et avec desfourrages (foin
et
ensilage)
dequalité différente,
nos trois essais ont donné des résultatsremarquable-
ment concordants
qui peuvent
être résumés de lafaçon
suivante : leremplacement
du foin
long
par le foin condensépermet
aux vachesd’ingérer
desquantités
de foinet d’aliments
grossiers beaucoup plus importantes
et d’assurer uneproduction
laitièrenormale,
enquantité
etqualité,
enayant
besoin de moins d’aliments concentrés.Quantité ingérée
et sarégulation
Les vaches ont en moyenne
ingéré,
selon les essais 1,7- 3 ,8 et 4 ,dois plus de foin
condensé
( 4 , 4
-6,8
et8, i kg
de matière sèche deplus)
que de foin normal. L’accroisse-ment est d’autant
plus important
que le foin normal étaitplus
malconsommé,
cequi
a d’ailleurs été observé à
plusieurs reprises
avec les moutons et les bovins àl’engrais (cf.
revue de 3IINSON,19 6 2 ).
Les vachesingèrent ainsi,
en moyenne, desquantités comparables
de foin condensé dans les troisessais, indépendamment
de laqualité
defoin normal.
Le
remplacement
du foin normal par le foin condensé entraîne uneaugmentation
considérable de la
quantité
de matière sècheapportée par la
ration de base : 2,99-2,87
et
2 , 9 8 kg
par iookg
depoids
vif au lieu de 2,32-1,82
et 1,91kg respectivement
dansles trois essais. Il en est de
même,
mais dans uneproportion plus faible,
pour la ration totale : de 2,9! -2,6 2
et 2,57kg
elle passe à3 , 4 8-3, 2 8
et3 , 2 8 kg respectivement.
Cesquantités apparaissent exceptionnellement
élevéeslorsqu’on
les compare aux valeursenregistrées
par] OURN E T
et al.( 19 6 5 )
dans la même étable sur unepopulation
de242
vaches semblables à celles que nous avons
utilisées, qui
consommaientégalement
une ration mixte de foin de
luzerne, ensilage,
betteraves et concentré :2,26 ! 0 , 7 6 kg
de ration de base et
2,74 ! 0 ,8 2 kg
de ration totale. Lesquantités ingérées
avec lerégime
de foin condensé sont très voisines dans les troisessais,
tant pour la ration totale que pour le foin et la ration debase,
celamalgré
les différences dans laqualité
des
fourrages
et dans lesproportions
des différents aliments.I,’accroissement
de ikg
de
l’ingestion
de foin(matière sèche)
à la suite duremplacement
du foin normal par du foin condenséaugmente
laquantité
totale de matière sècheingérée
de0 ,6 0
- 0,57 eto, 5 8 kg respectivement
dans les trois essais.A la lumière des conclusions
auxquelles
arrivent par ailleurs] OURNET
et DEMAR-Q
UIHY
( 19 67),
nousinterprétons
cet accroissement desquantités ingérées
de lafaçon
suivante :
r. Les vaches
ingèrent plus
de foin condensé parcequ’elles
ontplus d’appétence
pour lui que pour le foin normal. On
peut
en voir une preuve dans lesgrandes
diffé-rences entre vaches
vis-à-vis
du foin condensé(fig. 4 ) :
n’étant pas liées à des diffé-rences dans la
production
laitière ou dans lepoids vif,
elles doivent relever des diffé-rences dans