MESURE DE LA COULEUR DES MIELS
Serge
AUBERT* Michel GONNET** LN.R.A., Station de
technologie,
DomaineSaint-Paul,
84140Montfavet
** 1. N. R.A., Station de
zoologie (apiculture),
DomaineSaint-Paul,
84140Montfavet
RÉSUMÉ
La coloration de miels
typiques
a été étudiée à l’aide de laméthodologie
tristimulaired’analyse spectrophotométrique adoptée
par la C.LE.(Convention
Internationale del’Éclairage).
Ces coordonnéeschromatiques, objectives
etprécises,
sont confrontées avec les données d’un comparateur visuelclassique (système
PfundLovibond).
Cette méthode permet d’effectuer le classement
précis
devingt
mielsd’origines
florales différentesen fonction de la couleur. Le classement par
simple appréciation
visuelle est trèssubjectif
et erroné.Les comparateurs
colorimétriques
usuels existants sur le marché(mesures
en indice dePfund)
sontjustifiés
pour une utilisation commerciale courante, ils ne suffisent pas pourséparer
des mielsoriginaux
très
clairs,
très foncés ou opaques et cristallisés.1. -
AGRÉMENT
VISUEL ET APPELLATION DES MIELSLa couleur d’un produit alimentaire
est unfacteur d’attrait commercial impor-
tant :
elle guide très
souventle choix du
consommateur.Celui-ci réagit à la
stimulation visuelle par des réactions plus ou moins rationnelles, dans
une analyse psycho-sensorielle sommaire. La notion de qualité pour les
consommateurs est
généralement liée à la connaissance traditionnelle, analogique, qu’il a d’une denrée.
Ainsi,
unmiel très foncé
estsubjectivement associé à un produit fortement aromatique, alors qu’un miel clair suggère des arômes plus fins, plus subtils. Bien que
ce
phénomène
sevérifie souvent; il n’est pas la règle absolue. Les rapports
entrela couleur
etl’arôme des miels
restentaléatoires. De même,
unmiel liquide de couleur vive, brillante, agréable à l’oeil, peut être préféré, alors qu’en concurrence un produit
tout
à fait identique, mais
enphase cristallisé, donnant une apparence plus claire
et
plus terne,
sera écarté. Le choix
au niveau du critère
texture et agrément d’utilisation
(aptitude à tartiner) relève aussi d’une appréciation tactile; il y a les
amateurs du miel
liquide
etles fervents du miel cristallisé. Pour
unemajorité de profanes souvent
moins motivés dans leurs préférences, la couleur du produit devient cependant le
critère déterminant.
Dans
unétat physique stable, liquide ou cristallisé,
un miel provenant d’une
source
végétale définie doit avoir une coloration conforme à celle attendue
et
reconnue par le
consommateur averti. Ainsi,
un miel d’acacia
ne se vend bien que s’il
est clair
et limpide;
un miel de callune doit être brun roussâtre
et « bullé
»; un
miel de miellat de sapin des Vosges
estparticulièrement apprécié
avec unecoloration
presque noire
etdes reflets verdâtres. Pour les miels multifloraux, les
normesde
couleur
restentimprécises, mais il est toujours souhaitable de retrouver, chaque année, une coloration
constante dans
sa tonalité
et luminosité moyenne,
en accord
coloration
constantedans
satonalité
etluminosité moyenne,
enaccord
avec
l’appréciation coutumière d’un certain type de production.
Pour y réussir,
onpeut être amené à faire des mélanges de miels. Ils
serontconfectionnés
surdes bases florales définies,
tout enrespectant
ou enrecherchant
une norme
de couleur habituelle
ousélectionnée. Pour répondre à
cesproblèmes d’adaptation aux goûts diversifiés des consommateurs, il faut disposer de références
objectives, précises
etreproductibles.
Il. -
TECHNIQUES
ACTUELLES DE MESURE DE LA COULEUR DES MIELS ET LEURS LIMITESLa mesure de la couleur des miels a fait
l’objet
de divers travaux,plus
ou moinsempiriques
et anciens.Il est nécessaire d’actualiser nos connaissances et
d’apporter
des solutions nouvelles à ceproblème
de laqualité
visuelle.Dès le début du
siècle,
lesapiculteurs
utilisaient pour référencer leur miel desplaques
de verreteintées : blanches,
jaunes
et brunes. Le miel était introduit dans depetites
bouteillesplates
et l’oncomparait
les échantillons auxplaques
étalons numérotées. Cette gammeconventionnelle, empirique
ettrès
arbitraire,
a été commercialisée enEurope
sousl’appellation
discutable de «melloscope
universel ».Aux
États-Unis,
SECHRIS’F(1925)
propose un comparateur visuelplus perfectionné appelé
« Pfund-color
grader
». Cetappareil
estéquipé
d’un filtre en verre teinté(caramel)
en forme de coin très fermé.L’intensité de la couleur mesurée varie en fonction de
l’épaisseur
duprisme
coloré, situé dans le mêmechamp optique.
Juste au-dessus du filtreprismatique
une cuve de formeidentique reçoit
le miel. Ces deux coinssuperposés,
enopposition,
sontdéplacés
ensemble sur un chariot lelong
d’unerègle graduée.
Lasource lumineuse
placée
à l’arrière est observée à travers deux fenêtres fixessuperposées :
l’une ouvertesur le
prisme
de verre coloré, l’autre sur la cuve contenant le miel. On réalisel’égalité
de coloration entre les deux niveaux d’ouverture. La lecturecorrespond
à la distance dudéplacement
du chariot. Elles’exprime
en centimètres et en millimètres. Cet « indice de Pfund » se situe autour de : une unité pour les miels lesplus
clairs et de quatorze unités pour lesplus
foncés. L’auteur défini, avec cette échelle, sept colorations croissantes conventionnelles. Cette classification est admise officiellement dans le domaine commercial enAmérique
du Nord : Blanc d’euu,E xl ra-hlano, Blanc,
Anibré e.rtraclair,
Amhréclair,
Amhré<’t Fonc é.
Toujours
auxÉtats-Unis
BRicE eta/ ( 1956)
ont mis aupoint
unappareil usuel,
trèssimple,
fondé surle
système
Pfund. Six filtres de verre sontétalonnés,
parcomparaison
auspectrophotomètre,
avec dessolutions conventionnelles de caramel dans de la
glycérine.
Dessuspensions
aqueuses debentonite, logées
en
récipients plats,
sontplacées
surun.portoir
derrière lesfiltres;
elles permettent de simuler un troubleplus
ou moins accentué. Le miel àcaractériser,
mis dans une cuveplate
aux dimensionsdéfinies,
estcomparé
aux différents filtres étalons. Cela ressemble au «melloscope
», mais codifiéplus rigoureuse-
ment.
La
comparaison
à d’autres gammes étalonsobjectives
fut lapréoccupation
de nombreux auteurs.Citons l’étalon de référence
colorimétrique
de BARBIER et VALIN(1957).
Ils utilisent des solution iode/iodure de normalités croissantes. Cette gamme de couleur est concrétisée sur 5 étalons recouvrant sensiblement l’ensemble de lapalette chromatique
des miels. Laprésence
d’un trouble peut être simulée à l’aide d’écrans au sulfate debaryum
ensuspension
dans l’eau. Les solutions étalons d’iode doivent être refaitesfréquemment,
leur couleur faiblissantrapidement.
Actuellement,
lestechniques
de référence internationaletoujours
envigueur
pour définir la couleur des miels sont fondées sur la méthode de Pfund. Les mesuresprécises
sontpratiquées :
soit directementavec le montage du « Pfund color
grader
», soit à l’aide d’un comparateur de type Lovibond. Ce dernierappareil, plus
compact, estéquipé
de deuxdisques chromatiques;
l’un pour les mielsclairs,
l’autre pour les miels foncés.Chaque disque
comporte neufpastilles
de verre coloré d’intensité croissante étalonnéessur les références de Pfund. Le miel
liquide
est observé dans une cuve carrée de 10 millimètres detrajet optique.
On fait défiler la gamme colorée dudisque
choisi à côté de la cuve à échantillon.Quand
la couleurobservée au niveau des deux
compartiments
estd’égale intensité,
on note le numéro de lapastille correspondante.
Pour réaliserl’égalité
desplages,
le comparateur peut êtreplacé
face à une sourcelumineuse naturelle ou, comme sur la
figure l,
il peut être enfermé dans un boîtiermétallique
en avantd’une source lumineuse artificielle
(lampe type
« lumière dejour »).
Les résultats sont traduits en « indicede Pfund ».
Néanmoins, toutes les
techniques
mises en œuvre pour caractériser la couleur des miels sontpratiquées
sur desproduits
à l’étatliquide.
Les miels cristallisés doivent donc subir une refontepréalable.
Les miels en
phase liquide
sontgénéralement homogènes
etparfois limpides.
Laspectrophotométrie,
par lecture directe sous une ouplusieurs longueur
d’ondeprédéterminées,
serait une méthoded’investigation
à
première
vue bienadaptée
auproblème.
SECHRIST(1925)
a démontré le caractèreimprécis
et aléatoiredes résultats obtenus sur une cellule
photo électrique
de mesure dont lesignal
nedistingue
pas la partrespective
del’absorption
lumineuse due au trouble de celle venant de lapigmentation
vraie. Selon lesréférences américaines, un miel « Blanc » accusant un
léger
trouble donne, surlongueur
d’ondedéterminée,
une densitéoptique équivalente
ousupérieure
à celle d’un miel « Ambré extra clair », maislimpide.
Deplus,
lalongueur
d’ondeoptimale
à utiliser pour la mesure varie sensiblement d’un miel à l’autre selon sa tonalité. Dans cesconditions,
il est bien difficile d’obtenir des résultats d’ensemble cohérents etreproductibles.
Pour
l’étalonnage
des verres colorés(à
l’aide des substances de référence : caramel +glycérine),
Btttceet
a/.( 1956)
ont utilisé unetechnique spectrophotométrique s’inspirant
de laméthodologie
dite « tristimu-laire ». Cette méthode, fondée sur la trivariance de la couleur, a été officialisée par la Commission Internationale de
l’Éclairage (C.I.E.);
cequi
lui donne un caractèreplus
« universel » et surtout fondamentalement liée à uneperception
visuelle humaine « standardisée ». Cette voied’approche, plus objective,
nedépendant
pas defaçon
aléatoire dechaque
observateur, offreplus
derigueur
dans lesmesures cherchant à
préciser
lapalette
de couleur des miels. Nous avonsadopté
cetteméthodologie
moderne,
déjà appliquée
sur de nombreuses denréesvégétales
et animales(AuBertT, 1976).
Dans notretravail,
les mesures portent directement sur des miels de différentesorigines
et non pas sur des solutions pures de référence, comme l’ont fait les auteurs américains. Eneffet,
toutes ces dilutions de caramel, de laplus
claire à laplus
foncée, ont la même tonalité de couleur. Il est bien évidentqu’une
tellehomogénéité
de
pigmentation
ne se retrouve pas entre tous les mielsd’origines
diverses. Lesobjectifs
visés dans cetterecherche sont : d’une part, une meilleure définition des couleurs mesurées et d’autre part, une correction éventuelle des
techniques
usuelles utilisant des comparateurs de type « Pfund ». En effet, la cohérence et les limites des comparateurs visuelssimples
sont àpréciser.
L’utilisation d’une méthodeplus
universelled’appréciation
de la couleur perçue par tous les consommateurs doit permettre un classementplus rigoureux
des miels, notamment dans la définition desproduits
àappellations.
111. -
MATÉRIEL
ETMÉTHODES PROPOSÉES
La
méthodologie adoptée
estaujourd’hui classique (A UBERT S., 1976)
et utilisée sur de nombreuxproduits
alimentairesliquides,
solides et opaques, à l’aided’appareils
de réflectométrie. Sonprincipe
reposesur la trivariance des couleurs. On
adopte
trois couleurs de référence(bleu,
vert etrouge)
et unereprésentation spatiale
à trois dimensions dans unsystème mathématique
permettant deprojeter
toutecouleur sur un
plan
et à l’intérieur d’untriangle
de chromaticité(qualité
de lacouleur).
Le calcul descoordonnées
chromatiques
et les déterminationsgraphiques
ont été réaliséesd’après
le livre « Handbookof
colorimetry
» de HARDY(1936).
Les calculs peuvent s’effectuer manuellement, sur les tracés
spectrographiques,
par latechnique
desordonnées sélectionnées de
H ARDY , plus
ou moinssimplifiées (10
ou 100 mesures parstimulus).
Actuelle-ment, cette
exploitation
des donnéescolorimétriques
se fait en utilisant toutes les ressources del’i d forma- tique (microordinateur
et tabletraçante) (Fig. 2).
Les déterminations portent sur un
large
éventail devingt
échantillons de miels sélectionnés dequalité
florale différente. Ils sont
présentés
dans les tableaux en tenant compte de l’ordre de classement visuel etempirique
sur la couleur. Ce trisubjectif
s’effectue en observant les miels sous une mêmeépaisseur.
Onles classe en allant du
plus
clair auplus
foncé enprécisant
ensuitel’origine
floralecorrespondante.
La confrontation de ces indices visuels avec les mesures
optiques
etphoto-électriques
sera faite(en
respectant le même ordre de rangementsubjectif
dans les tableaux etgraphiques)
pour mettre en évidence les différences avec les mesuresobjectives.
Les miels sont rendus
parfaitement liquides
et mis en cuves de verrerectangulaire.
La couleur est mesurée sur unparcours optique
de 10 mm.L’appareil
utilisé est unspectrophotomètre
Beckmann de type D.K. 2 A à double faisceaux etenregistreur automatique
en transmission (%) ou en densitéoptique (Absorbance).
Le tracé des courbes s’effectue entre 350 et 700 nm.
Le calcul
conventionnel,
àpartir
des tracésspectrographiques
des valeurschromatiques
x et y, ainsi que laprojection
sur desdiagrammes
de chromaticités, sont faitd’après
les tables de HARDY( 1936).
On détermine ensuite lalongueur
d’onde dominante de la couleur d’un miel(tonalité)
et le facteur depureté
ou saturation dans cette teinte. Le facteur luminance ou brillance du
produit correspond
au stimulus Y.Il
exprime
la luminosité de lacoloration,
d’autantplus grande
que lapigmentation
est faible et leproduit limpide.
Sur la même série de miel, les mesures visuelles sont faites à l’aide du comparateur de LovtBOND
(décrit plus haut);
les résultatscorrespondant
aux indices de Pfund.IV. -
RÉSULTATS
OBTENUSLa figure 3 rapporte les courbes de transmission de la lumière dans le domaine du visible
etpour des miels liquéfiés. L’acacia
etle lavandin
sontdeux produits réputés
«clairs », mais
onles différencie
nettementpar
une mesurespectrophotomé- trique. De même des miels classés subjectivement dans la gamme des produits foncés (miels de sapin récoltés, l’un dans le Jura et l’autre dans les Vosges)
se distinguent
aisément par
untracé précis. Le miel de tournesol
sesingularise par une courbe
au
profil caractéristique
tout à fait différente de celle de miels plus traditionnels.
La représentation tristimulaire des miels
estlimitée
auplan du diagramme de
chromaticité illustré à la figure 4. La plupart des échantillons
sesituent dans le faisceau
autourd’une longueur d’onde dominante de 575
nm.dans les chromopho-
res ou
pigments jaunes
etbrun clair. Les miels les plus foncés dérivent cependant
vers
la gamme des produits à teinte rougeâtre. La figure 5 complète
cetteexpression qualitative de la coloration en introduisant le facteur
« luminance » qui donne la
notion de quantité de luminosité. Subjectivement, on a caractérisé le produit par des
qualificatifs visuels très imprécis : foncé, clair, sombre
et lumineux, qui sont
rapportés
sur le digramme.
Le classement visuel, du plus clair
auplus
«foncé
»,s’avère très insuffisant par rapport à celui, moins arbitraire, obtenu
avecles indices de Pfund
et surtoutcelui
correspondant
auxdonnées réduites de la méthode spectrophotométrique (ta-
bleau 1). Ce mode d’expression, à partir des données chromatiques de la méthode
tristimulaire, propose
unrapport conventionnel (pureté/luminance) en corrélation
évidente
avec les classements subjectifs et usuels. Cette simplification discutable
est
néanmoins
nettement plus discriminante. Elle
a l’avantage de
ramener l’expression
usuels. Cette simplification discutable
estnéanmoins
nettementplus discriminante. Elle
al’avantage de
ramenerl’expression
de la couleur à
uneseule donnée permettant
unclassement objectif extrêmement
simple à utiliser pour les praticiens. On voit, par exemple, que les miels brillants
comme
le pissenlit et le tournesol apparaissent relativement clairs à l’observateur;
(position l0 dans la gamme colorée pour le pissenlit) alors que leur indice de couleur les apparente plutôt à des miels foncés (position 15 pour le même miel
auPfund ainsi
qu’en spectrophotométrie). Notons enfin que la détermination de l’indice du Pfund
est uneestimation très
correctede la couleur des miels; le classement obtenu
avec cetindice
est unpeu moins précis mais très proche de celui découlant de l’analyse spectrophotométrique (colonnes II
etIII du tableau 1).
V. -
INTERPRÉTATION
ET CONCLUSIONLa couleur
est unecaractéristique sensorielle importante des miels, elle varie fortement en fonction de l’origine florale des produits beaucoup plus que
ne
l’exprime les méthodes anciennes d’évaluation de la couleur. Les courbes de coloration réalisées
sur l’ensemble du spectre de transmission de la lumière révèlent
cette grande diversité aussi bien qualitativement que quantitativement. Nous avons
interprété
ces courbes par la méthode officielle de la C.LE., à l’aide des paramètres
interprété
cescourbes par la méthode officielle de la C.LE., à l’aide des paramètres
conventionnels : longueur d’onde dominante, pureté de couleur
etluminance. Les deux premiers apparaissent plus
oumoins spécifiques de la qualité de la pigmenta-
tion
etle dernier introduit
unenotion de quantité ou d’opacité. En utilisant
ces trois paramètres,
ondoit pouvoir préciser de manière rigoureuse des limites de variation
à l’intérieur desquelles des miels sélectionnés pourront être catalogués.
La longueur d’onde dominante
estgénéralement stable pour la plupart des miels classiques et se situe à l’entour de 575
nm (ceci précise
une teinte de référence utilisable dans les indices de type Pfund). Mais elle tient compte d’une manière plus spécifique des caractéristiques de pigmentation originale des miels de couleur foncé,
dérivant
vers590
nm.La même dérive de la longueur d’onde dominante s’observera
sans
doute pour des miels chauffés, subissant
unbrunissement de leur coloration naturelle initiale.
Néanmoins,
cetteméthodologie plus rigoureuse permet de vérifier a posteriori
que les techniques de Pfund donnent des résultats acceptables
etreproductibles qui
sont
très convenables pour la plupart des miels dans la pratique courante.
Nous révélons cependant quelques insuffisances de
cesystème. Par exemple,
dans la gamme Lovi]30ND,
on nesépare pas de manière satisfaisante des miels très clairs d’origine florale différente; de même les miels très foncés, absorbant beaucoup
de lumière,
sontdifficiles à différencier par des comparateurs visuels.
La méthode spectrophotométrique étudiée devrait servir de système étalon pour
la recherche d’une classification florale plus fine des miels. Toutefois l’indice de
Pfund pourrait rester, par
sasimplicité de mise en oeuvre, la référence normative
et
commerciale.
La technique tristimulaire pourrait permettre aussi, éventuellement, d’établir de nouvelles plaquettes
ouétalons colorés mieux répartis sur l’éventail de couleur des
miels,
etde corriger ainsi les disques chromatiques utilisés dans les comparateurs visuels.
Retenons enfin que la perception visuelle directe des stimulus colorés
est unedonnée toujours entachée d’erreurs subjectives et sujette à de multiples critiques
sur
un
plan commercial
etrationnel.
En conclusion, l’extrême diversité des qualificatifs donnés par les
consomma-teurs
peuvent maintenant être repérés d’une manière très objective
etprécise
enutilisant la méthodologie tristimulaire de la C.I.E. Une publication ultérieure
montrera
que
cetteméthode rigoureuse d’expression de la couleur
seraindispensa-
ble si l’on veut, par exemple, apprécier et cataloguer des miels
en phase cristallisée
semi-liquides
etopaques;
sur cesproduits, les comparateurs chromatiques sont
particulièrement
en défaut
ou de mise
en oeuvre beaucoup plus difficle.
Reçu
pourpublication
enseptembre
1982Eingegangen
imSeptember
1982SUMMARY
COLOR GRADING OF HONEY
Color is a critical factor for the consumers’choice of
honey.
A unifloralhoney
must have awell-defined color that can be
recognized
and standardizedby
a conventional system. A mixed floralhoney
with adesignation geographic
oforigin
should also fall within a color range narrowenough
to berecognized
and beesthetically appealing.
Standard methods in
general
are visual andrely
on more or lesscomplicated
comparators such as the Pfund colorgrader.
The LomaoND instrument is a technicalimprovement
based on the sameprinciple.
The C.1.E.
(International Lighting Commission)
tristimulativemethodology
allows a much moreobjective approach
to colorgrading
while stilltaking advantage
of thesensitivity
of the human eye.Using
this method the color of ahoney
isprojected
into achromaticity triangle,
that considersshade,
tint and a coordonate which introduces the concept of colorintensity
andquantity.
This method can be used for clear
liquid (or redissolved)
orslightly
turbidhoney.
The wholespectrographic profile
of transmittedlight
between 350 and 700 nm is used.A selction of 20
typical
unifloralhoney samples
from commercial sources wasanalyzed
with thismethod. A
comparison
of the results with those obtainedby
the classical method(Lovibon-Pfund) helps
in
understanding
andrectifying
some anomaliespointed
out between anarbitrary
scale and theproposed
direct visual measurement of
honey
color. Thegrading
of the conventional Pfund index must bekept
as the commercial reference for
honey colors,
but the tristimulative measures are moreobjective
andprecise
foridentifying
some kinds ofhoney
with aparticularly
attractiveyellow
color(sunflower honey). They
can also be used forestablishing
a new color standard.Finally,
the tristimulativemethodology
should be used toimprove
the standardization of colorimetric scales used in the comparators(Lovibond)
and small shade-cardsplates (melloscopes).
The
proposed technique
ofgrading
should makepossible
the definition of colors inhoney
that is in the process ofcrystallization,
semi-cristallized orcompletely crystallized.
These reflectometricanalyses
of surface color
requires
the addition ofspecial equipment (integrating sphere)
to thespectrophotometer.
There are at present no color comparators that enablereproducible
measurements to be made ofliquid
and turbidhoney.
This will be theobject
of a laterstudy.
ZUSAMMENFASSUNG
FARBBESTIMMUNG DES HONIGS
Die Farbe des
Honigs
ist ein kritischer Faktor bei der Wahl des Verbrauchers. Ein monofloralerHonig
hat eine wohl definierte Farbe in einem konventionell bekanntenSystem,
welcheserlaubt,
denHonig
anhand seiner Farbe zu bestimmen. Ein multifloralerHonig
von bekanntergeographischer
Herkunft sollte ebenfalls einer ausreichend schmalen Farbklasse
angehören,
um eine visuelleKlassifizierung
zuermöglichen.
Die klassische Technik bestand in einem mehr oder minder
komplexen empirischen
visuellenVergleich
mit Hilfe vonApparaten.
Der bekannteste unter ihnen ist der « Pfund colorgrader
». DerApparat
von LOVIBOND ist eine technischeVerbesserung
diesesApparats
und basiert auf demselbenPrinzip.
Die tristimuläre Methode der C.LE.
(Commission
Internationale deI’Eclairage)
erlaubt eine vielobjektivere Farbbestimmung,
die derpartikulären
Sensibilität des standardisierten menschlichenAuges Rechnung trägt.
Diese Methode erlaubt eineProjektion
der Farbe desHonigs
in einChromatizitäts-Dreieck,
das Aufschlußgibt
über dieFarbschattierung
und die Luminosität(Brillianz)
und damit über die Farbintensität und
-quantität.
Die
vorliegenden Untersuchungen
befaßten sich mitflüssigen (oder verflüssigten) Honigen,
klaroder nur leicht trüb. Es wurden Daten aus dem
Spektralbereich
350 bis 700 nm ausgewertet.Eine Auswahl von 20 kommerziellen
typischen
monofloralenHonigen
wurde mit dieser Methodeanalysiert.
DieGegenüberstellung
der so erhaltenen Daten mit denen der klassischen Technik(Lovibond-Pfund) ergibt
eineErklärung
und Korrektur verschiedener Anomalien zwischen einer willkürlichenEinteilung
nach direkter visuellerBewertung
derHonigfarbe
und derKlassifizierung
nachdem konventionnellen
System
von Pfund. Dennoch bleiben die einfachen undgebräuchlichen
Techniken«
a posteriori
» als universellesBewertungssystem
erhalten und der Index von Pfund die kommerzielle Referenz zurBestimmung
der Farbe desHonigs.
Aber die tristimulären Methoden sindobjektiver
undpräziser
bei derIdentifizierung
von verschiedenenHonigtypen
von besonders attraktivergelber
Farbe(Sonnenblumen-Honig).
Sie könnten ebenfalls dazu
dienen,
neue Farbnormen fürHonige
aufzustellen. Schließlich könnte die tristimuläreMethodologie
zur besserenEichung
der colorimetrischen Skalen für dieVergleichsapparate (Typ Lovibond)
einerseits und für die Plättchen, die zurNuancierung (im Melloscope) dienen,
andererseits zurVerfügung
stehen.Die
vorgeschlagene
Technik derFarbbestimmung
müßte eine Definition derFarbschattierung
direktam kristallisierten Zustand oder dem halb
flüssigen,
halb kristallisierten Zustandermöglichen.
Diereflektometrischen
Analysen
der Farbe der Oberfläche bedürfen einesSpezialapparates (integrierende Sphäre),
der an das verwendeteSpektrometer adaptiert
sein muß. Keiner der existierendenVergleichsapparate
erlaubtFarbbestimmungen
diesesTyps
anflüssigen
oder trübenHonigen,
die vollreproduzierbar
sind.Analysen
dieser Art sollenfortgeführt
werden.BIBLIOGRAPHIE
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