CLASSIFICATION DES FOLLICULES OVARIENS : PRINCIPES ET MÉTHODES D’ÉTUDE
J.-C.
MARIANAStation de
Physiologie
de laRepvoduction,
Centre de Recherches de
Tours,
I. N. R.A.,
.,’
37 -
Nauzilly
RÉSUMÉ
Les follicules ovariens de la ratte adulte ont été classés en trois
grandes catégories
àpartir
de critères
morphologiques objectifs
etquantitativement
mesurables detype allométrique.
Le follicule ovarien peut être défini
comme unensemble multicellulaire qui
croît à partir d’un primordium. Cette croissance est à la fois qualitative et quanti- tative ; elle est fonction de l’âge
etde l’état du follicule
au coursde la croissance elle-même.
La croissance qualitative
setraduit par des modifications de forme, de struc-
ture (ADN de l’ovocyte), ultrastructure, activité enzymatique
etdépend aussi de la direction des multiplications cellulaires (W!ex!,!Ey, i 9 66).
La croissance quantitative
estglobalement exprimée par
uneaugmentation
de volume résultant d’une multiplication des cellules de la thèque et de la granulosa,
par
uneaugmentation de la taille de l’ovocyte, par
uneaugmentation du volume
des espaces intercellulaires.
Ainsi, de nombreux auteurs ont essayé de donner
uneimage de l’état follicu-
laire :
1°
soit,
encomptant le nombre des cellules entourant l’ovocyte,
2
soit,
enmesurant le volume
oula surface de la section du follicule contenant le nucléole de l’ovocyte par estimation de deux diamètres orthogonaux de cette
section.
PETE R
S et PE D E R SE N ( 19 68) ont résumé la bibliographie de
cestechniques
d’analyse.
Ces différents critères permettent certainement
uneanalyse rapide de la réponse globale de l’ovaire à différentes hormones (MAU!,ÉOrT, 19 6 5 ), mais ils sont peu dis-
criminants pour analyser des actions plus fines.
C’est pourquoi
nous nousattacherons dans
cetarticle à proposer des critères d’étude de la croissance folliculaire de ratte adulte permettant d’établir
uneclassi- fication et
unclassement des follicules, soit directement
aumoment de la lecture, soit après analyse statistique (D A G N E LI E, z 9 66 ; TOMASSONE, i967).
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Pour ce
travail,
nous avons utilisé des rattes Wistar adultes de 3 à 6 mois.Les ovaires de rattes ont été
prélevés
et immédiatement fixés au Bouin Hollandesublimé,
inclus etcoupés
à iod’épaisseur ;
les coupes ont été montées en série et colorées par le APS- Hémalum. Cette coloration visualise très bien les membranes dans les tissusdéjà
adultes etpermet
de voir la membrane basale desfollicules ;
l’Hémalum est suffisant pour mettre en évidence lesnucléoles
desovocytes.
A d’autres rattes, nous avons
injecté
de lathymidine tritiée,
à raison de 2 microcuries par gramme depoids vif,
les animaux étantrépartis
enplusieurs
lots : le 1er lot traité àl’oestrus,
le second 6 heuresaprès,
le troisième 1heuresaprès,
etc., l’intervalle entrechaque
traitementet le suivant étant ainsi de 6 heures sur l’ensemble d’un
cycle.
Les ovaires des rattes ont étéprélevés
i heureaprès l’injection
dethymidine, fixés,
traités selon lestechniques classiques
del’autoradiographie
et colorés par leFeulgen
vert lumière.Les coupes ont été examinées au
microscope
ordinaire(les grossissements
étant de 320 et 800
fois).
Pour les mesures, nous avons
utilisé
un réticule oculaire constitué de 6 rayons écartés de 60
°,
chaque
rayon étantrégulièrement
divisé en intervalleségaux.
Les critères sont : la forme des cellules
folliculaires,
leur situation dans l’ensemble cellulaire de lagranulosa,
le nombre de cellules des différentescouches, l’importance
des espaces inter- cellulaires et, le caséchéant,
les mitoses et leur orientation.La
difficulté
à définir avecprécision
les limites externes desthèques
nous aconduit à
neconsidérer que l’ensemble
(granulosa
etovocyte)
limité par la membrane basale.Pour étudier
l’homogénéité
de lagranulosa, l’isotropie
des cellules dans une directionradiale (L
IPNER
etCROSS, ig68), l’homogénéité
desmultiplications
cellulaires dans le mur de la granu-losa,
nous avons utilisé le réticuleprécédent,
enplaçant
son centre sur le nucléolede l’ovocyte
et les rayons orientés au hasard sur le follicule.
On
compte
alors le nombre de noyauxdes
cellules de lagranulosa
rencontré parchaque
rayon du réticule et ceci de la membrane basale à la
pellucide,
ainsi que leurrépartition
dans lesdifférents intervalles déterminés sur les rayons par les
points
dedivision ;
on fait de même avecles espaces
intercellulaires ; chaque
rayon constitueainsi
un échantillon(de H OFF , r 9 6 7 ).
Les critères ou des fonctions des critères
pourront
être utilisés ultérieurement enanalyse
multivariée pour définir des classes ou des
étapes
à l’intérieur dechaque phase
de la croissancedu follicule.
RESUI<ATS
1
. -
Follicules à une seule couche cellulaire
Dans cette catégorie,
nous avonsdistingué trois grands types de cellules folli- culeuses : les cellules à noyau
encroissant et plat, les cellules à noyau ellipsoïdal
et les cellules à noyau rond (fig.
iA). Dans
unmême follicule, les trois types cellu-
laires peuvent voisiner. Les follicules dont les cellules sont
toutesà noyau rond
correspondent à
unephase de démarrage de la croissance, alors que les follicules dont les cellules sont toutes à noyau allongé
ouellipsoïdal n’ont pas
encorecommencé leur croissance.
En effet, seules les cellules à noyau rond sont marquées
enphase S du cycle
cellulaire après injection de la thymidine tritiée à la
ratte.2
. -
Follicules
encroissance
a) La croissance du follicule
sepoursuit par la multiplication des cellules de
cettepremière couche basale
etlorsque leur nombre dépasse 26 ! 6,
uncertain nombre d’entre elles
sedétache
versla périphérie de l’ovocyte et constituent
unedeuxième couche cellulaire périovocytaire (fig. 2 ).
L’importance de la
zoneI semblant conditionner celle des
zonesII et III,
nousavons
examiné l’éventualité d’une régression linéaire du nombre de cellules de la
zone
II (resp. III) par rapport à celui de la
zoneI. I,es deux régressions sont linéaires
et
nous ontpermis de déduire à partir de quel nombre de cellules minimum de la
zone
I, la
zoneII (resp. III)
sedéveloppait.
Quand le nombre des cellules de la première couche atteint 51 ± 3 , des cellules
peuplent l’espace
entreles couches cellulaires précédemment définies
ets’y multi- plient (fig. 3 , fig.
iB).
Cette description de la croissance
sefait donc
enprécisant l’existence des trois niveaux cellulaires
et endénombrant les cellules de chacun d’eux.
b) Au-delà de
100cellules
en zoneI, les trois
zonesprécédentes
seconfondent : la
zoneIII augmente par automultiplication
etapport de
zonesI
etII. Les mitoses de la
zoneII
sontsouvent perpendiculaires à la pellucide ;
cegroupe correspond à
un
stade de croissance plus important (fig. 4 A et B).
3
.
-Étude de l’homogénéité de la distribution des cellules de la granulosa
Comme
nousl’avons indiqué précédemment, les critères retenus pour
cetteétude sont : le nombre moyen de cellules rencontrées par
unrayon du réticule de la membrana propria à la pellucide
etle pourcentage moyen d’espaces intercellulaires le long du rayon du réticule.
Ces critères
nous ontpermis d’obtenir des informations
surles dimensions du follicule, la répartition des cellules de la granulosa, l’importance et la répartition de
l’antrum. Ainsi, à titre d’exemple, les caractéristiques d’un follicule
audébut de
la phase de formation d’antrum
etd’un follicule à antrum pleinement formé sont rapportées dans le tableau
i.Dans le
casdu follicule à antrum pleinement formé,
nous avonsassorti les valeurs trouvées pour les différents critères,
nonpas de l’écart type, mais de l’étendue des réponses, compte tenu de l’hétérogénéité (fig. q. B).
Ces différents critères peuvent être modifiés, combinés à d’autres pour définir des indices adaptés
auproblème d’analyse qu’on
sepropose.
En conclusion,
nous avonsdistingué trois grands types folliculaires
avecpour chacun d’eux
unedescription quantitative et qualitative.
Ces critères quantitatifs pourront être les éléments de départ d’une analyse
encomposantes principales, à l’issue de laquelle
nouspourrons définir
unehiérarchie des types folliculaires,
cettehiérarchie étant l’image de compartiments de crois-
sance
folliculaire.
Par ailleurs, cette description plus fine
nouspermettra de déceler des signes précoces de dégénérescences
oude modifications endocrines.
Reçu pour publication
enfévrier 19i2.
SUMMARY
CLASSIFICATION OF OVARIAN
FOLLICLES
The ovarian follicles of the adult rat have been classified in three
large
classesby
mean ofobjective morphological
criteria that can bequantitatively
measured as allometricalcharacters.
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