ÉTUDE DES EFFETS THERMIQUES SUR LA VALEUR
NUTRIONNELLE DES PROTÉINES DE TOURTEAU DE SOJA
I. — COMPARAISON DE QUELQUES MESURES BIOCHIMIQUES
(DONNÉES PARTIELLES)
S. Z. ZELTER
Michelle FISZLEWICZ, S. GUÉNEAU J. KASCHTGES
C. DEFROMONT F. DOUARD
Laboratoire de Recherches sur la Conservation et
l’efficacité
des Alinzents,1. N. 4. 16 rue Claude-Bernard, Paris (Ve)
Atelier
expérimental
de l’Institut desCorps
gras, 1. T. E. R. G.,5
, Boulevard de
Latour-Maubourg,
Paris(llll e )
SOMMAIRE
La
présente
étude est effectuée pour : 1°préciser
l’association des «paramètres
» de température,de durée et d’humidité permettant l’obtention de
protéines
desoja possédant
le maximum d’effi-cacité
biologique ;
2° mettre aupoint
un test de laboratoire pour détecterspécialement
la cuissonexcessive.
A
partir
d’un seul lot degraines
desoja délipidées,
à l’hexane, trente échantillons de tourteau sontfabriqués
à l’aide d’unéquipement semi-industriel, qui reproduit
correctement lesprocédés technologiques
industriels. Lesparamètres
de cuissonexpérimentés
sont : humidité ambiante : 5-12et 20p. ioo ;
température :
100°, iio°, 1200, 1300etI40 °C ;
duréed’application
de chacune de cestempératures :
10, 20, 4o et 80minutes.Les données
rapportées
ici intéressent les 20 échantillons cuits dans une humidité ambiante de 20p. roo. Elles concernent les mesuresbiochimiques
suivantes : activitéuréasique,
solubilitéde l’azote dans l’eau à
pH
7,5et dans NaOH 0,05N ; taux dedigestion trypsique
de l’azote, réactions colorées au rouge de crésol et àl’orangé-G.
Parmi ces mesures
(fig.
1, 2,3 ),
seuls l’indexd’absorption
du rouge de crésol(F R Ô LICH )
et letaux de
digestibilité trypsique
cccorrigée
»permettraient
éventuellement uneappréciation
satisfai-sante de l’intensité du traitement
thermique.
Leur validité devraitcependant
être confirmée par des mesuresbiologiques.
Des essais sont en cours sur porcs,poussins
et rats.. Les
protéines
desoja délipidé, incomplètement
ou excessivement cuites ont unevaleur nutritionnelle médiocre. Un traitement
thermique prolongé
estplus
coûteuxque
l’emploi
detempératures
très élevéespendant
deslaps
detemps
très courts ; 3la seconde solution serait certes
préférable,
maiscomporte
deuxrisques opposés :
- un traitement
trop
court ne détruirait pasintégralement
toutes les sub-stances
antinutritionnelles,
notamment les facteursantitrypsiques ;
- des
températures exagérées, plus
encore que deslongues
duréesd’applica-
tion
(ZrMM!RMANV, 1952 ),
favorisent des réactions detype
Maillard. Celles-ci en-gendrent
descomplexes
irreversibles entre acides aminés et sucres(mélanoïdes) qui
résistent à l’action des enzymes
protéolytiques ;
unchauffage
excessifpeut également
détruire une
part
notable d’éléments nutritionnelsprimordiaux (acides
aminés essen-tiels, thiamine, etc.).
L’essai biologique
demeure la meilleure mesure de la valeur nutritionnelle desprotéines ;
il estcomplexe
etlaborieux,
et seraitavantageusement remplacé
par destechniques plus simples
etprécises.
Les
techniques biochimiques paraissent séduisantes ;
mais leur validitédépend
de leur accord avec la
réponse
du réactif animal.Une revue relativement récente
(L IENER , 195 8) témoigne
dugrand
nombre derecherches
entreprises
sur cesujet.
Elle montre que lerapport
entre les résultats de laplupart
des testsbiochimiques
admis et ceux de l’essaibiologique,
est faible.D’autre
part,
si l’existenced’une
activitéuréasique
dans un tourteau desoja
estun indice certain de
sous-cuisson,
aucune mesure in vitro nepermet
undiagnostic
valable de la surcuisson.
Deux faits
expliqueraient
engrande partie
l’insuffisance de cestechniques :
- la
quasi-totalité
des résultatspubliés
concernent soit des échantillonspré- parés
en laboratoire(autoclave
ouétuve)
par desprocédés
fortéloignés
de ceux del’industrie,
soit des échantillons du commerce dont l’histoiretechnologique
est trèsimprécise.
Or les résultats obtenus dans ces conditionsexpérimentales
ne sontguère transposables
auxprocédés
industriels(B!!,T!R
etS MI T H , 1952 ) ;
-
l’origine
de lagraine,
sonstockage,
son conditionnement en vue de la déli-pidation,
lesparamètres
de la cuisson(température, durée,
humiditéambiante)
constituent autant de facteurs
qui
influent sur laqualité
duproduit
fini.Dans la mesure où ces écueils seraient
évités,
une étudecomparée
de lasignifi-
cation nutritionnelle des mesures
biochimiques
lesplus spécifiques
de laqualité
desprotéines
desoja
faciliterait la mise en évidence d’une combinaisonoptimum
deparamètres
de cuisson. Pour atteindre cetobjectif,
nous avons considéréqu’il
fallaitau moins :
-
opérer
avec unéquipement
semi-industrielpermettant
dereproduire
assezcorrectement les
procédés
industriels :- éliminer le
plus possible
de facteursétrangers
à latechnologie,
dont l’inter- férence conduirait à uneinterprétation
erronée desdonnées ;
-
éprouver
lasignification
nutritionnelle des tests par référence aux mesuresbiologiques.
Le porc et la volaillegrands
consommateurs de tourteaux desoja,
con-viennent
plus spécialement
comme réactif animal en raison de leursensibilité,
à laqualité
desprotéines.
Nous avons
fabriqué
à cette fin une trentaine d’échantillonsexpérimentaux
detourteau de
soja,
à l’aide del’équipement
semi-industriel dont l’Institut desCorps
gras
dispose
dans son atelierexpérimental
du Bouchet.MATERIEL
ETTECHNIQUES
A. -
Technologie expérimentale
des tourteaux desoja
Deux tonnes de
graines
desoja
sontnettoyées
ethomogénéisées.
Des lots de I5okg
degraines
sont laminés en flocons, dont 60 p. 100ont une
épaisseur
inférieur à o,5mm ; ils subissentpendant 7
0
à 140minutes, unpréchauffage
à unetempérature
inférieure à 100°C et sontdélipidés
à l’hexane(essence
B) dans un extracteur rotatif.Après
élimination des solvants, la massedélipidée
est asséchéeet
répartie
en unités de cuisson de 30kg,
conservée dans des sacs enpolyvinyl.
La cuisson
«( toasting »),
effectuée auplus
tard 40heuresaprès
ladélipidation
est réalisée par voie humide à deux taux d’humidité ambiante( 20
p. 100et 12p.100 )
ou par voie sèche(humidité
propre de la
graine).
Les températuresexpérimentées
sont : 100°, IIO°, 1200! 130° et 1400C et lesdurées
d’application
de chacune d’elles sont de : 10, zo, 4o et 80minutes.L’opération
est effectuée dans un cuiseur rotatif pourvu de manchons alintentés à la vapeursous-pression
et depales
assurant unbrassage
trèsrapide
de la masse en cuisson.La
graine délipidée
y est introduitelorsque l’appareil
accuse environ 8o°C. Unréglage
du pré-chauffage,
mis aupoint
au cours d’essaispréliminaires,
permet d’atteindre les températuresexpéri-
mentales recherchées, en un temps constant de 55minutes, afin de limiter l’interférence de ce facteur
technologique.
Un générateur de vapeur de capacité connue, permet
d’injecter
dans la masse en cuisson par voie humide, laquantité
de vapeur souspression
nécessaire pour obtenir l’humidité ambiante recherchée( 20
ou 12 p. 100). Undispositif
dethennocouples
fixé sur le cuiseur assure un contrôle et un maintien de la températureexpérimentale
à :::1:: 2°Cpendant
toute la durée de cuisson(tempé-
ratures relevées toutes les 5
minutes).
La masse cuite est immédiatement transvasée dans un tambour refroidisseur(double
enveloppe alimentée à l’eau froide) et sa température ramenée à +1 5°C
en10minutes.
B. - Mesures
biochimiques de
laqualité
desprotéines
Les mesures effectuées sur les 20échantillons de tourteau cuits dans une humidité ambiante de 20p. 100sont : l’activité
uréasique (technique
de ScHRAV et :lthESmodifiée par DELORT-LAVAL et ZELTER, ig6o), la solubilité dans l’eau tamponnée à pH !,5 en absence et en présence detrypsine (
20
n1g detrypsine
8 000USTg de tourteau) (I) ELO RT-LAVAL
et ZELTER,ig6o),
la SOlllbilité dansNaOH 0,2 p. 100
( 0 , 05 N) (D ANGOUMAU ,
DEBRYUNE et CLUZAN, ig5i), les testscolorimétriques
aurouge de crésol (FROLlCH, I954) et à
t’orangé-C
(JLoRnv et al., 1963)-RÉSULTATS
L’équipement
semi-industriel utilisé nepermettait
pas dedégraisser plus
dei 5
o
kg
degraines
à la fois et dereproduire
exactement d’un lot àl’autre,
les condi- tionstechnologiques
de ladélipidation.
Cette même raison a renduimpraticable l’homogénéisation
de l’ensemble des lotsdélipidés
avant la cuisson. Ces circonstances ontpeut-être quelque
peu influencé lespropriétés physico-chimiques
finales desproduits.
Des
légères
différences entre lots sont effectivement observéesaprès
ladélipi-
dation. Le taux d’humidité est uniformément de 3 p. ioo ; la teneur en
lipides
rési-duels, généralement
inférieurs à i p. 100atteint dans trois desquatorze
lotsdélipidés 1
,6.
2,i et2 ,8
p. 100. Lagraine
non conditionnée est caractérisée par : une activitéuréasique
de 320mg/g
de matièresèche,
une solubilité desprotéines
de8 3 ,5
p. 100dans l’eau à
pH 7 ,5
et de8 9 , 7
p. 100dansNaOH-o,0 5 N,
unedigestibilité trypsique
« corrigée
» nulle et un index de FRÔUCH de i,74.Après délipidation,
ces valeurs oscillentrespectivement
suivant des lots de 2m à 340mg, de 70,3à75,g, de g2,o à 94 ,5, de 0,0
à4 ,
4 p. 100 et de 2,09 à
2 ,8 4
p. 100.Bien que relativement
étroit,
cet éventail des valeurssuggère qu’une
variation dans les conditions de ladélipidation
serait un facteur nonnégligeable, susceptible
d’in-fluencer dès avant la cuisson
finale,
l’inhibition de l’activitéuréasique
ouantitryp- sique
ainsi que la solubilité desprotéines
d’un tourteau desoja.
Ilpourrait expliquer
aussi les
quelques
résultatsapparemment
aberrants observés sur les échantiîlonsaprès cuisson,
cette dernièreopération ayant
été contrôlée avec unegrande précision.
S’il en
était ainsi, (hypothèse
en cours devérification expérimentale),
le choix desparamètres
de la cuisson finale devrait être raisonné en fonction de ceuxappliqués
au cours de la
délipidation.
L’évolution
descaractéristiques physico-chimiques
etenzymatiques
des 20échan-tillons est
rapportée
dans lesfigures
1 et 3. Les relations entre certains des tests étu- diés sontprésentés dans
lafigure
2.DISCUSSION
Pour résoudre le
problème
de la cuisson du tourteau desoja,
il faut rechercherune combinaison de «
paramètres » permettant
l’inhibition totale de tous les facteurs antinutritionnels sansrisquer
des effets dénaturantsexcessifs ; ainsi,
on pourra obtenir unproduit
d’efficacitéprotéique
maximum.Dans nos conditions
expérimentales,
l’inactivation totale de l’uréasequi
consti-tue le facteur le
plus
thermosensible de cetaliment,
n’est pas obtenuemême après
80 mi-nutes de cuisson à
100 °C;
elle nécessite uneapplication
de 12ooC durant 40 minutes ou de130 °C pendant
10minutes. Mais l’absence d’activitéuréasique n’implique
pas néces-sairement l’inhibition totale de l’activité
antitrypsique
dont la thermolabilité estplus
faible.Pour estimer aisément l’intensité du
chauffage,
c’est-à-dire ledegré
de dénatu-ration des
protéines,
il a étésupposé
que lasimple
mesure de la solubilité desprotéines
dans divers milieux solvants constituerait un test nutritionnel intéressant.
Pour le
soja
cru, le taux de solubilité dans l’eau àpH 6, 5
oscille entre8r, 4
et8 7 ,g
9 p. Ioo(BE
LTER
etS MITHS , zg52).
Lagraine ayant
servi à la fabrication de nos échantillonsexpérimentaux
en accuse8 3 , 5
p. 100 àpH
.7,5 enprésence
d’untampon
de pyro-phosphate.
lafigure
i montre que la solubilité s’abaisse avec l’élévation de la tem-pérature
et la durée dechauffage ;
les fortes solubilitéscorrespondent
à des échantil- lons manifestant une activitéuréasique
encore notable. Au-delà de 40 minutes dechauffage
et avec destempératures
de 1200etplus,
la solubilité atteintpratiquement
une
valeur-plancher, quels
que soient lesparamètres
de cuisson. Les solubilités dans l’eau àpH
7,5 se situent à l’intérieur de l’éventail de valeurs observées par BELTER et SMITHS(ig52)
pour 5 échantillons de tourteauxfabriqués
àpartir
degraines
d’ori-gine
variée et dans des conditions de «toasting
» différentes.La solubilité en milieu NaOH 0,05 N évolue sensiblement de la même manière que celle dans l’eau
tamponnée.
Les deux courbesprésentent
une allure similaire à celle de la décroissance de l’activitéuréasique
et nerenseignent
pasdavantage
surle
degré
dechauffage,
au-delà du seuilthermique
de destruction de cette enzyme.BE L TE
R et SMITH
( 1952 )
et EVANS( 1945 ) signalent
que la fraction d’insolubleprotéique
desoja
progresse avec l’intensité du traitementthermique
en raison d’une dénaturationplus poussée.
Les albumines et lesglobulines
voient leur solubilité décroître trèsfortement,
alors que celle desglutelines
s’élève. EvaVS enparticulier,
observe que la solubilité de ces dernières dans KOH 0,2 p. ioo passe de
6,o
p. 100 dans le tourteau cru à45 ,8
p. 100(valeur maximale) après
unautoclavage
de10minutes à
i2WC ;
elle retombe à22 ,6
p. 100après
60 minutes et à 10 p. 100après
2
heures,
alors que l’insoluble azotée initialement de g,2p. 100atteint65, 4
p. 100après
6
0 minutes et 77,3 p. ioo
après
z2o minutes. Dans nos essais l’azote résiduel insolubleen milieu NaOH 0,05 N atteint 32 p. 100
après
10 minutes dechauffage
à 1200C et8
2p. 100
après
80 minutes. Nos données sont donc en bon accord avec celles d’EvANS.W!sTxa!,r, et al.
( 194 8)
admettent que l’efficacitéprotéique
varie en raisoninverse de la concentration en facteurs
antitrypsiques
dans un tourteau desoja par-
tiellement cuit. Ladigestibilité trypsique, qui
en constitue la mesureindirecte, pré-
sente d’autre
part
une corrélation très élevée avec le taux d’utilisationdigestive
réelle des
protéines
dusoja
chez le porc(D!r,ox2-I,avar&dquo; 19 6 4 )
et satisfaisanteavec la croissance du
poussin (A SCARELLI
etG!sT!T!r!R, rg62).
Cela autorise à attri-buer à ce test une
signification
nutritionnelle réelle. Dans notreexpérience,
les va-leurs maxima de
digestibilité trypsique
«brute » ou «corrigée » ( 1 ) ( 91 ,8
et8 4 ,i
p. 100de N
digéré
à latrypsine),
sont obtenuesaprès
une cuisson àr 3 o° pendant
20minutes,
alors que 10 minutes suffisent à détruire totalement l’uréase. Au-delà de cette zonethermique,
ladigestibilité trypsique régresse
sensiblement etindiquerait
donc unesurcuisson ;
endeçà,
la cuisson est sans douteincomplète.
Ces valeurs maxima de
digestibilité trypsique
« brute » ou «corrigée
» corres-pondent
à un taux de solubilité de l’azote dans la soude nettement inférieurà 40 p.
100;( 1
) Solubilité trypsique corrigée&dquo; = solubilité trypsique &dquo; brute &dquo; - solubilité H20 à pH y,g.
au-dessus de ce taux, la
quasi-totalité
de nos échantillonspossèdent
encore une acti- vitéuréasique
nonnégligeable.
Ces résultatss’opposent
à la thèse selonlaquelle
lesprotéines
d’un tourteau desoja
correctement chauffé devraient accuser une solubilitéen milieu NaOH 0,2 p. 100 d’au moins 75 p. 100
(D!rrGOUMAU
etal., 1951 ).
La corrélation entre le taux de solubilité dans la soude et la
digestibilité trypsique
« brute » ou «
corrigée
!· de nos échantillonsexpérimentaux
infirmeplus
nettementencore cette thèse
(fig. 2 ) :
Les solubilités élevées( >
à 40p.100 )
concordenttoujours
avec des teneurs en facteurs
antitrypsiques
encore fortappréciables (digestibilité trypsique corrigée
< à 60 p.100 )
etindiquent
une cuissonincomplète certaine, puisqu’elles
sontaccompagnées
d’activitésuréasiques
notables. Les échantillons dont l’activitéantitrypsique
est fortement inhibée(digestibilité trypsique
> 75p.roo)
accusent par contre des solubilités à la soude relativement faibles
(
< 40 > 20p.l00) !
2les valeurs inférieures à 20 p. 100coïncident
généralement
avec des taux dedigesti-
bilité
trypsique
abaissés(
< 40 > 75p.ioo)
par suite du traitementthermique
exces-sif
(température
de13 o o C
etplus après
20minutes).
Les données obtenues par Evar!s(1945-19 4 6)
en milieu IiOH 0,02 p. 100 s’accordentégalement
mal avecle
point
de vue de DawGOUM:!u etal. ;
elles semblentparfaitement logiques
si l’onconsidère le taux de solubilité à
l’origine ( >
90 p.ioo)
et l’inévitable effet déna- turant de la chaleurappliquée
mêmependant
untemps
très court( 121 ’OC
X 15 à 30mn).
La réaction au rouge de crésol
(F p ,6 LICH , ig5 4 )
procure des indexqui
serecoupent
correctement avec le test
enzymatique
à latrypsine.
Selon FROLICHles valeurssupé-
rieures à 4,4
signifient
une surcuisson. Dans nosexpériences,
les échantillonspossé-
dant les
digestibilités trypsiques
lesplus
élevées donnent des valeurs voisines de 4,5.Par contre, ceux
qui
en raison d’un traitementthermique
intense(températures
dei
3
0°C
etplus après
20minutes decuisson)
voient leurdigestibilité trypsique décroître,
sont vraisemblablement
trop cuits,
alorsqu’ils
n’absorbent pasplus
de4 ,6
mg de rouge de crésol par gramme de tourteau. L’éventail de valeurs de FROLICH neparaît
donc pas assez ouvert pour
diagnostiquer
avec certitude la surcuisson.L’épreuve
àl’orangé-G
en milieuacide, préconisée
par MORAN et al.(ig6 3 ).
devrait en cas d’inactivation de la
lysine
par formation decomplexes
de songroupe aminé au cours du traitement
thermique,
procurer des valeursd’absorp-
tion de colorant d’autant
plus
faibles que laquantité
delysine
rendueindisponible
est
plus
élevée.Or,
les résultats de ce test sont incohérents(fig. r).
D’ailleurs Moxnrr et al.rapportent
des valeursexpérimentales
dont la marge de variation esttrop
faible pour enpermettre
uneinterprétation
valable.En somme, nos données
partielles
laissentprésager
queparmi
les tests in vitro,étudiés,
seules ladigestibilité trypsique
«corrigée » (qui,
en gros, rendcompte
indirecte-ment du
degré
d’inactivation des facteursantitrypsiques)
et l’index deF ROLI CH, malgré
son
défaut, pourraient
servir de tests satisfaisants de classement d’une série de pro- duits etpermettre
une discrimination entre échantillons convenablement cuits et surcuits. L’uréase offre par ailleurs lapossibilité
de déceler aveccertitude,
une cuis-son
incomplète.
Cette
supposition
demande toutefois à être confirmée par une confrontation des résultats obtenus par ces deux tests avec ceux de l’animal. Unepremière
série
d’expériences
est actuellement en cours sur porcs,poussins
et rats.Quatre
échantillons de tourteaux ont été
fabriqués
en utilisant desparamètres
de cuissonqui d’après
cette étudepréliminaire, procurent
l’éventail leplus large
de valeursde
digestibilité trypsique,
d’index de FROLICH et de solubilité. dansl’eau
ou dansNaOH 0,05 N. La
figure
3 montre effectivement que cet éventailcorrespond
à20minutes pour toutes les
températures comprises
entre 100 et140 0 C.
Laprolon!
gation
du traitementthermique (durées supérieures
à 20minutes)
rétrécit cet éven-tail;
lespossibilités
de détection de la surcuisson s’en trouvent donc limitées.Reçu pour publication
en mai i964. SUMMARYSTUDIES ON THE EFFECTS OF HEAT TREATMENT OF THE QUALITY OF EXTRACTED SOYA-BEAN OIL MEAL PROTEINS 1. -
Comparison
of some biochemical tests(fragmentary results)
Exhaustive studies are carried on the effects of heat treatment of the nutritionnal value of soya bean oil meal
proteins
in order topoint
out :i° which association of parameters of temperature,
length
of treatment and moisture may involve the maximumbiological
efficiency of theseproteins.
2
° to
perfect
alaboratory
test able to detect with accuracy theoverheating.
Thirty samples
of oil meals extracted with hexane areprocessed
from asingle
lot of soyabeans, by
means of a semi-industrialequipment
whichcorrectly reproduces
the manufacturaltechnology.
The
toasting
parametersexperimented
are : moisture 5-12 and 20p. ioo ; temperature 100°, iioo 1200 ,’
3 o
oand i4o°C ; length
of
treatment for each of thesegradients :
10, 20, 4o and 8o minutes.The
fragmentary
results obtained with the twentysamples
toasted in 20p. 100humidity
arereported
here in thefigures
1, 2 and 3. These results concern thefollowing
biochemical scores : ureaseactivity, nitrogen solubility
in apyrophosphate
buffer atpH
7,5 and in NaOH 0,05 N, per- centage ofnitrogen digested
in vitroby trypsin ( 20
mgtrypsin
8 oooLIST g meal ; (D ELORT -L
BVALand ZELTER,
19 6 0 ), dye binding
tests of cresol-red (FRBLICH, 1954) andOrange-G
(MORAN,19 6 3 ).
Our results suggest that
only
cresol-red test and « corrected &dquo; percentage ofnitrogen digested
in vitro
by trypsin
could allow asatisfactory
classification of series of mealsamples according
to theintensity
of heat treatment.Any
howvalidity
of these tests must be checkedby biological
measures. To that purpose expe- riments areactually
carried on withpigs,
chicks and rats.REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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