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ARTICLE ORIGINAL

Embolisation artérielle des reins polykystiques en alternative à la

néphrectomie ergonomique en pré greffe rénale. Étude monocentrique rétrospective sur 15 cas

Arterial embolization of polycystic kidneys as an alternative to ergonomic nephrectomy in renal pre-transplantation. Monocentric retrospective study

R. Saljoghi

a,∗,b

, A. Le Vourch

a

, B. Renard

a

, A. Villers

a

, S. Bouyé

a

aHôpitalClaudeHuriez,CHRULille,rueMichelPolonowski,59000Lille,France

bCentrehospitalierValenciennes,avenueDesandrouin,59300Valenciennes,France

Rec¸ule18d´ecembre2017 ;acceptéle2juillet2019 DisponiblesurInternetle2août2019

MOTSCLÉS Polykystoserénale autosomique dominante; Embolisationde l’artèrerénale; Dialyse; Transplantation rénale

Résumé

Introduction.—Le butde cetteétudeétait d’évaluerrétrospectivement la décroissancedu volumerénaltotalaprèsembolisationdel’artèrerénale(EAR)dansunecohortedepatients atteints de polykystose rénale autosomique dominante en contre-indication temporaire de greffepourdesraisonsergonomiques.

Matérieletméthode.—Entrenovembre2014etmars2017,15patients(11hommes,4femmes) ontbénéficiéd’uneEARdansuncontextedepréparationàlagreffe.Touslespatientsétaient atteintsdepolykystoseautosomiquedominante(PKRAD)eninsuffisancerénalesévèreouter- minale.

Résultats.—Le volume rénal total (VRT) moyen initial était de 25506 cm3±1771 (1102cm3—7310cm3).LeVRTmoyenà3moisétaitde1684cm3±1539(648cm3—6930cm3) avecuneréductionmoyennede33%duvolume(5,2%—83,9%)(IC95%0,229—0,436)(p<0,01), et de 1632±1743 (599 cm3—6758 cm3) à 6 mois avec une réduction moyenne de 40,7 % (7,6%—64,1%)(IC95%0,306—0,508)(p<0,01).Sur15patients,13(86,6%)ontvuleurcontre- indicationergonomiquelevée,et7(46,6%)ontétégrefféssansdifficultésàcejour.Unéchec

Auteurcorrespondant.

Adressee-mail:[email protected](R.Saljoghi).

https://doi.org/10.1016/j.purol.2019.07.005

1166-7087/©2019ElsevierMassonSAS.Tousdroitseserv´es.

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résultaitd’unvolumeinitialtrèsélevé(7310cm3)etnécessitaitunenéphrectomiesecondaire.

Aucunsyndromepostembolisationn’aété relevé,2complicationsmineuressontsurvenues (13%)avecunereprisedifficiledutransitetuncasd’hématurie.

Conclusion.—L’EARest uneprocédure miniinvasive quidoitavoir sa placedans la straté- gieergonomiquepré-transplantationchez lessujetsatteintsde PKRAD,avecunfaibletaux de complications et une efficacité élevée. Les indications de la néphrectomie pré greffe doiventdoncêtrereconsidéréesenraisond’unrisquepostopératoireimportant.Nosrésultats confirmentceuxretrouvésdansles plusgrandescohortes.Néanmoinsilsnécessitentd’être confirmésparuneétudeprospectiverandomiséedegrandeampleur.

Niveaudepreuve.— 4.

©2019ElsevierMassonSAS.Tousdroitsr´eserv´es.

KEYWORDS Renalcontraction therapy;

Transcatheter arterialembolisation;

Renaltranscatheter arterialembolisation;

Autosomaldominant polycystyckidney disease(ADPKD);

Dialysispatient;

Intravascularcoil

Summary

Purpose.—Thisstudyaims atprovidingaretrospectiveassessmentofthedecreaseinrenal volume after renal artery embolization (RAE) among a group of patients with autosomal dominantpolycysticrenaldisease andfor whomtransplantation,forergonomicreasonswas temporarilyadvisedagainst.

Materialandmethods.—BetweenNovember2014andMarch2017,aspartofpre-transplantory procedure15patients,including11menand4womenbenfitedfromrenalembolization(RAE) inacontextofpreparationfortransplantinLilleUniversityHospital.Allofthepatientswere sufferingfromautosomaldominantpolycysticrenal disease(ADPKD)atasevereorterminal stageofrenaldisease.

Results.—Theoriginalmeantotalkidneyvolume(TKV)was2550.6cm3±1771(1102cm3;7310 cm3),theaverageTKVat3monthswas1684cm3±1539(648cm3;6930cm3)withanaverage decreaseof33%inthevolume(5.2%;83.9%)(95%confidenceinterval[0.229—0.436])(P<0.01) and1632±1743(599cm3;6758cm3)at6monthswithanaveragedecreaseof40.7%(7.6%;

64.1%)(IC95%0.306—0.508)(P<0.01).Amongthe15patients,13 hadtheir contraindication removedandtodate7havehadsuccessfultransplants.Onefailureduetoaveryhighinitial volume(7310cm3)requiredasecondarynephrectomy.Nopost-embolizationsyndromehasbeen noticed,2minorcomplicationsoccurred(13%)involvingadifficultresumptionoftransitand therewasonecaseofhematuria.

Conclusion.—ERA procedures must have a place in the ergonomic transplant strategy of patients withADPKD withalow complicationrateandahighefficiency. Nephrectomyindi- cationsbeforetransplantationmustthereforebereconsideredduetoamajorpostoperative risk.Ourresultsareinlinewithlargerscalestudies.Nevertheless,theseresultsneedtobe confirmedbyalarge-scalerandomizedprospectivestudy.

Levelofevidence.—4.

©2019ElsevierMassonSAS.Allrightsreserved.

Introduction

Lapolykystoserénaleautosomiquedominante(PKRAD)est l’une des maladies génétiquesles plus répandues dans le mondeavec4à6millionsdepersonnestouchées.EnFrance, elletoucheplusd’unepersonnesurmilleetseraitrespon- sable de 7à 10 % [1,2] des recours à l’hémodialyse.Une mutationdansundesdeuxgènes(PKD1etPKD2)enestla cause.Ellereprésente,letroisièmemotifdetransplantation rénaleavecenviron15%despatientsenattentedetrans- plantationrénaleenFranceen2013.Chezcespatients,une transplantation rénale peut être compromise parla taille deskystes.Ilestdoncnécessaired’envisagerunesolution

pour créer de l’espace dans le pelvis afin de réduire le risquedepertedugreffonliéàdesphénomènescompressifs [3].Unaccèssansdifficultéauxvaisseauxiliaquesestaussi primordial au bon déroulement de l’intervention [4]. La néphrectomiesurreinnatif,enprégrefferénaleesthisto- riquementsouventproposée.Cependant,lescomplications liéesàlachirurgiesontnombreuses,etcertainesalterna- tivesparaîtraient moins invasives. L’objectif principal de cetteétudeétaitd’évaluerlaperteduvolumerénaltotal (VRT)àcourtterme (3et6mois)dans unepopulationde patients sur liste d’attente de transplantation rénale et atteintsdePKRAD. Lecritère dejugementprincipalétait lalevéedelacontre-indicationtemporaireà6mois.

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Tableau1 Population.

Effectif 15

Nombredeprocédures 15

Dialysés 13

Mode

Hémodialysen(%) 12(80)

Dialysepéritonéalen(%) 1(6,7) Sexe

Hommesn(%) 11(73,3)

Femmesn(%) 4(26,7)

Âge(écart-type) 54(32—71)

Indication

1regreffen(%) 12(80)

2egreffen(%) 3(20)

Côté

Droitn(%) 11(73,3)

Gauchen(%) 4(26,7)

Nombred’artèresembolisées Àdroite

1artèren(%) 7(46,7)

2artèresn(%) 2(13,3)

3artèresn(%) 2(13,3)

Àgauche

1artèren(%) 4(26,7)

2artèresn(%) 0(0)

3artèresn(%) 0(0)

Rangdelagreffe

1ren(%) 12(80)

2en(%) 3(20)

Matériel et méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique, rétrospective d’une sériecontinued’unservicehospitalieruniversitaire(CHRU Lille) sur 2 ans. Nous avons inclus une série continue de 15patients(11hommes,4femmes)PKRADenattented’une première ou deuxième transplantation rénale d’un don- neurcadavérique.13patientssur15étaientdialysés(1en dialyse péritonéale et 12 en hémodialyse), 2 étaient sur listed’attentedemanièrepréemptive(insuffisancerénale sévère).TousétaientatteintsdePKRAD(Tableaux1et2).

Lediagnosticétaitgénéralementétablisurdescritères d’imagerie[5].Tous étaientinscritssurliste d’attentede transplantationrénale,etencontre-indicationtemporaire.

Lagreffeétaitconsidérée commedifficilelorsque lepôle inférieur du rein était en dessous de la ligne bi-iliaque en imagerie. La décision d’embolisation était prise par le chirurgien. Il s’agissait d’une décision clinique, aidée parl’imagerie.Lapalpationdesfossesiliaquespermettait deposerl’indication. Ilétait alorsproposé systématique- mentdeuxpossibilités,unenéphrectomieergonomique,ou une embolisation artérielle rénale. Le geste n’était pro- gramméqu’aprèsl’initiationdel’épurationextrarénaleafin d’éviterdeprécipiterlepatientversuneinsuffisanceter- minalede manièreprématurée.Lecôtédel’embolisation était déterminé par le chirurgien en fonction du volume des reins natifs, de l’état des axes artériels iliaques, des antécédents médicaux chirurgicaux, notamment de greffe rénale antérieure. Une évaluation clinique et la

relecture duscanner étaientréalisées systématiquement.

Lespatientsétaientplacéssurlalistedecontre-indication temporaire à la greffe en raison du volume des reins natifs.Lechoixducôtéemboliséétaitfaitenfonctiondes antécédentsmédicauxchirurgicauxdupatient,duvolume rénal initial, des douleurs chroniques, des antécédents d’infectiondekysteafindenepaslaisserdefoyersinfec- tieux.Touteslesprocéduresétaientréaliséesselonlemême protocole décrit par l’équipe deGrenier et al. [6] sur la mêmeunitéd’angiographie(GEHealthcare®).Lesmatériaux d’embolisationsétaientchoisisau coursdelaprocédure à ladiscrétionduradiologueinterventionnel.Uneartériogra- phie rénalecomplète étaiteffectuée.L’intervention était considérée commetechniquement satisfaisante lorsque le flux sanguin du ou des artères rénales proximales était interrompu à la fin de la procédure. L’attention était portée sur la minimisation du risque de syndrome post embolisation (SPE), complication fréquente dans la litté- rature. Ce syndromecomprend une association de fièvre, nausées/vomissements,etdouleurslombaires.Pourlepré- venir, notre protocole nécessitait une hospitalisation la veille.Deuxheuresavantl’embolisation,enintraveineux, étaientréalisées uneinjectionde methylprednisolone,de paracetamol,d’esomeprazole,ainsiqu’uneantibioprophy- laxie par céphazoline. Sous anesthésie générale, pendant l’embolisation,étaitadministrédukétoprofèneenintravei- neux.Aprèsl’embolisation,uneanalgésiecontrôléeparPCA desufenta-droleptantétaitinitiéeainsiqu’unecorticothé- rapieintraveineusependanthuitheures.Lescomplications étaient classées selon Clavien et Dindo [7]. L’évaluation visuelleanalogiquedeladouleurétaitréaliséeàj0,j2et à la sortie. Chaquepatient bénéficiait d’une consultation à 3et6 mois,dansles suitesdesimageries decontrôles.

Touteslesdonnéesontététraitéesrétrospectivementpar unseulradiologueàpartirdesimagesscanographiques.Les donnéesmédicalesontétérecueilliesparunseulchirurgien sénior.Lecritèredejugementprincipalétaitlalevéedela contre-indicationtemporaireà6moisdel’embolisation.Les analysesstatistiquesontétéréalisésgrâceaulogicielSPSS® (IBMv24.0,Chicago,États-Unis).Lesrésultatssontexprimés commemoyenne±écart-type.Lacomparaisondesvaleurs avantetaprèsembolisationaétéréaliséeàl’aided’uneana- lysedevariancenonparamétriquetypeKruskal-Wallisrank sumtest(Kruskal-WallisChi-squared=9,6425,df=2,valeur dep=0,008057).Lesdifférencesàp<0,05ontétéconsidé- réescommesignificatives.Lesdonnéesvolumétriquesavant etaprèsontétécomparéesparuneanalysedevariablesnon paramétriquestypeWilcoxon.

Résultats

11 hommes,4 femmes, étaientinclusdans l’étude.L’âge moyen était de 54 ans (min 32—max 71 ans). La durée moyennedelaprocédureétaitde70minutes(57—98),sous anesthésie générale. L’embolisationrénale a été considé- rée comme un succès dans (13/15) soit 86,6 % des reins embolisés. À noter un patient en contre-indication pour raisoncarcinologique,maispourlequell’objectifprincipal de l’étude était atteint. La contre-indication temporaire a donc été levée à 6 mois pour 14 patients. Le volume rénal total (VRT) moyen initial était de 2550,6 cc±1771

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Tableau2 Caractéristiquesvolumétriques.

Patient Volumerein embolisé

Volumeà 3mois(cm3)

Réductionà 3mois(%)

Volumeà 6mois(cm3)

Réductionà 6mois(%)

1 1563 764 52 599 62

2 1991 1378 30,8 1025 48,6

3 1172 847 27,8 690 41,2

4 7310 6930 5,2 6758 7,6

5 2600 1999 23,2 1493 42,6

6 1402 1129 19,5 1023 27,1

7 1870 898 52 673 64,1

8 2004 1770 11,7 1391 30,6

9 2359 1232 47,8 997 57,8

10 2968 2188 26,3 1778 40,1

11 1102 648 41,2 — —

12 1400 760 45,8 — —

13 2081 1736 16,6 1529 26,6

14 2401 2018 16 — —

15 6036 977 83,9 — —

Figure1. Imageriepréembolisation.

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Figure2. Imageriepostembolisation(6mois).

(1102 cc—7310 cc). Le VRT moyen à 3 mois était de 1684 cc±1539 (648 cc—6930 cc) avec une réduction moyenne de 33 % du volume (5,2 %—83,9 %) (IC95 % 0,229—0,436)(p<0,01),etde1632±1743(599cc—6758cc) à 6 mois avec une réduction moyenne de 40,7 % (7,6%—64,1 %) (IC95 %0,306—0,508) (p<0,01). Un échec résultaitd’unvolumeinitialtrèsélevé(7310cm3)etnéces- sitaitunenéphrectomiesecondaire.Aucun syndromepost embolisationn’aétérelevédansnotreétude.Deuxhéma- turiesmacroscopiquesnenécessitantpasdepriseencharge particulièreontétérelevéesenpostopératoireetdeuxré- hospitalisations pour des complications de typeI selon la classificationdeClavien.Ils’agissaitpourl’und’unereprise difficile du transit, et pour l’autre de douleurs abdomi- nalesnonspécifiques.Laréductionduvolumeétaitévaluée par scanner non injecté avant, à 3 et 6 mois. Le traite- mentétaitbientoléré pourtous lessujetssansexception sanscomplicationsimmédiatesoudifférées.L’évaluationde ladouleursefaisaitparéchellevisuelleanalogique (EVA).

L’EVAmoyenàj0étaità3(0—7),4àj2(0—10),et1àla sortie.1 seul patientétaitsorti sous pallier3.Les autres nécessitaient,pour 6 patients la prescription d’un pallier 1 et pour 8 d’un pallier 1+2. La durée de séjour moyen étaitde4,2jours.Aucunecomplicationpostopératoireliée augestenefutretrouvée.Aucunpatientnedutbénéficier

de transfusion en postopératoire. Aucun des patients n’a développédesurinfectiondekysterénalaucoursdusuivi.

Ledélaid’attentemoyenpourunetransplantationétaitde 14,3moisdansnotresérie,àpartirdeladated’embolisation (Fig.1—3).

Discussion

LapriseenchargedesreinsnatifsdanslaPKRADrestenon consensuelleetsouventcontroversée.Lorsquel’ablationdu rein natif est indiquée, plusieurs risques sont non négli- geables. La perte du dernier capital néphronique peut aggraver l’insuffisance rénale, du stade sévère à termi- nal, nécessitant un recours à la dialyse plus précoce. La première étudepubliéesur l’embolisation rénaleet poly- kystose date de 2002, au Japon, par l’équipe d’Ubara etal. [8]. C’esten2010, quel’équipe deCornelis décide d’élargirlesindications lorsd’une étudepilote.Onsavait déjà que l’EAR avait prouvé son efficacité et sasécurité dans le traitement des hématuries récurrentes, dans les traumatismes rénaux, et dans lestumeurs rénales inopé- rables [9—11]. Rouvière et al. [12] dans un article de 2015, décriventplusieurs types decomplications. Lesnon spécifiques, liées à la procédure ; comme l’hématome,

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Figure3. Boxplotetcourbetemps.

la dissection artérielle ou la thrombose, le choc anaphy- lactique ou encore la néphropathie de contraste, et les complicationsspécifiques,commel’embolisationd’unterri- toireadjacent(intestins,moelle...).Néanmoinslamajorité deces incidents restentanecdotiques. Lacomplication la plusfréquenterestait,danslesembolisationsproximales,le syndromepostembolisation(SPE)[13].Cedernierestcarac- tériséparuneréponseinflammatoireavecfièvreetdouleurs lombairespouvant durerjusqu’à3joursenmoyenne [27].

Chezlamajoritédespatients,aucunedouleurn’estobser- véeaprès2semaines[6].Selonlesauteurs,entre40et90% des patients développent un SPE. La plus grande cohorte (n=449) depatients ayant bénéficié d’une EAR à ce jour [14]aétémenéeparSuwabe,en2015auJapon.Cetteder- nièrereporte3décèsassociésàlaEAR.Dansladeuxième plus grande cohorte, Petitpierre et al. [6], sur 82 procé- dures d’embolisationde patients PKRAD, retrouvent 11 % (8/82) decomplication. Ceschiffres de mortalité ettaux de complications sont plus faibles qu’après néphrectomie bilatérale [14],néphrectomie laparoscopique [15] ou voie

ouverte [16]. Deplus, Petitpierre et al. [6] montrent sur 8 cas d’échec, que la néphrectomie après embolisation n’était pas un chalengechirurgical. Dans l’étude de Sca- labre et al. [15], les auteurs évaluent, à travers la plus grande série publiée, la faisabilité et la morbidité de la néphrectomielaparoscopiquechez ces patients. Ladurée moyenne d’hospitalisation étaitde 8,3±6,1jours (3—50), letauxdeconversionchirurgicalà10%.Letauxdemorbi- ditéglobaleétaitde29%;cedernierétantbiensupérieur aux chiffres de nos séries d’embolisation. Benoit et al.

[17], comparenten2015,l’approchelaparoscopiquerétro ettranspéritonéale.Iln’yavaitpasdedifférencestatisti- quementsignificativeentrelesdeuxsériespourletauxde complications(entre25%et33%),demêmepourle taux detransfusions(11,6%et20,5%)etdeconversion(4,6%et 7,7%).Laduréed’hospitalisationétaitpluscourtepourle groupetranspéritonéal(5,3±1,9jours).Dansnotresérie, onneretrouvaitaucunecomplicationpostopératoireliéeau geste,etaucunpatientnedutbénéficierdetransfusionen postopératoire.Par laparotomie,lombotomieouvoiesous costale,lesétudesretrouvaientdestauxdemorbiditéallant de14%pourFuller[18]à38%pourBennett[19].Lachirurgie exposedoncàdescomplicationsgraves,fréquentesetnon prévisibles.Au-delàdelacicatriceetdurisqued’occlusion surbridecommunàtoutesleschirurgiestranspéritonéales, elleexposeàunrisqueélevéd’éventrationpostopératoire chezcettepopulationàrisque.Lesaignementper-etpost- opératoirenécessitesouventlerecoursàlatransfusion,et augmentedoncle risqued’alloimmunisation.Parailleurs, onsaitaussiquel’alternativechirurgicaleexposeaurisque d’abandondelavoiededialysepéritonéale.Concernantla réduction du volume rénal total (VRT), un certain temps estnécessaire.Danslalittérature,lamajeurepartiedela réductionsurvientà3—6moisavecuneréductiond’environ 50%enmoyenne.PourCornelisetal.[20],surunecohorte de25patients,laréductionduVRTétaitde42%à3mois, etde54%à6mois.Iln’yavaitaucunedouleurrésiduelle au bout de2 semaines,etaucune transfusionnécessaire.

Unelevéedecontre-indicationà6moisétaiteffectivepour 84 % des patients. Plus récemment en 2015, Petitpierre etal.[6]réalisaient82EAR,sur76reinschez73patients.

L’intervention était un succès dans 89,5 % des cas, avec unelevéedecontre-indicationpour65patients.Levolume de réduction moyen était de 40 % à 3 mois, et de 59 % à6 mois.Letaux decomplication majeurétaitde 4,9%.

ConcernantleVRT,la réductionétaitde26% à3 moiset de38%à6 mois.Lasurvenued’évènementsnéoplasiques estunecausemajeuredemorbi-mortalitédans lapopula- tiondes patientstransplantés.Lesfacteursderisquesont multiples:duréededialyse,immunosuppression,infections virales, modulés par les risques traditionnels (exposition solaire,tabac,âge).La majoritédes cancersrénauxchez letransplanté survenaient surreinnatif(90 %), alorsque 10 % survenaient sur le greffon [21]. L’avantage évident delanéphrectomie,seraitdes’affranchirdecerisque.Le rôledecettemaladie,commefacteurderisquebiendéfini denéoplasierénaln’apasclairementétéétabli.Plusieurs études sur pièces de néphrectomies rapportent une inci- denceplusélevéedecancerdureinchezlespatientsPKRAD transplantésrénaux[22,23].Néanmoins,plusieursfacteurs confondantsexistent.Eneffet,l’insuffisancerénaletermi- nale,estunfacteurderisquereconnudesurvenuedecancer

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durein[24,25].En2014,Wetmoreetal.[26]dérivent,sur unecohorte de100 000patients greffés,que lespatients PKRADavaient16%moinsderisquededévelopperuncan- cerengénéral.Ladifférenceétaitmajeurepourlecancer rénal.Cesélémentssontànuanceretpeuvents’expliquer par la grande prévalence de patients PKRAD néphrecto- misés. On neretrouvepas dans la littérature de données concernant le risque néoplasique rénal chez les patients embolisés.L’occlusionartérielleseraitunfreinaudévelop- pementdeprocessustumoraux,mécanismeestdéjàutilisé pourlecarcinomehépatocellulaire.L’objectifprincipalde notreétudeétaitatteintpour13des15patientssuivissoit 86 % des patients. Cornelis en 2010 retrouve une réduc- tionmoyennedevolumedureinemboliséde42%±18%à 3moiset54%±17%à6mois(p=0,001)sur25patients[20]

avecunrisqued’échecpourlesreinsdetaillesupérieureà 5000cm3.Dansnotreétude,nousconstatonsuncasd’échec.

Ils’agissaitd’unreindetrèsgrandetaille(7310cm3).Ces chiffreslaissentà penserquelesrésultats denotreétude sontliésaufaiblenombredepatients,aucaractèrerétros- pectifetàl’absenced’imagerieinjectéedecontrôleencas d’échec.Dansnotresérie,lerisqued’allo-immunisationHLA estfaible.L’hyperimmunisationestresponsabled’unallon- gementde la duréed’attente, dedifficultés particulières de choix d’un donneur compatible et expose à un risque derejet du greffonplus élevé [27,28].Selon l’agence de biomédecine,en2015,parmilesnouveauxinscritssurliste d’attente,13,3%étaienthyperimmunisésavecuntauxde greffonsincompatiblessupérieurà85%.Ledélaid’attente moyenétaitde14,3moisavecuneduréemédianeà15,à partirdel’embolisation.LaduréemédianeenFranceétait de 18,4 mois pour les inscrits entre 2003 et 2008. Il n’y avaitdonc pas de retardà la prise en charge. À ce jour, lesétudessesontconcentréessurdeuxprincipauxcentres, unen Franceet un au Japon. Aucun essai randomisé n’a encoreétéréalisé.L’intérêtserait decomparer l’EARàla néphrectomiemaisaussiàlarégressionspontanéeaprèsle débutdeladialyse.

Conclusion

L’EAR est une procédure simple, mini invasive courte et àfaiblerisquedecomplications. Lessériesactuelles nous montrent avecunrecul suffisant,que l’EAR pourraitêtre considérée commeune alternative efficace à la néphrec- tomie sur rein natif. Sur le plan radiologique, malgré un tauxdesuccèssatisfaisant,uneréflexionsurlesmatériaux d’embolisationainsiqu’uneattitudeconsensuellepermet- traient d’augmenter le taux de succès technique. Enfin, mêmesilesargumentssontforts,aucuneétudeprospective randomisée,encomparaisonaveclanéphrectomieipsilaté- raleetlarégressionduVRTaprèsinitiationdeladialysen’a étéréalisée.Cetteétudepréliminaires’inscritdanslecadre d’un programme hospitalier multicentrique de recherche cliniquenational,comparantl’embolisationàlachirurgie.

Déclaration de liens d’intérêts

Lesauteursdéclarentnepasavoirdeliensd’intérêts.

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