Astérisque
J OSEPH O ESTERLÉ
Nombres de classes des corps quadratiques imaginaires
Astérisque, tome 121-122 (1985), Séminaire Bourbaki, exp. n
o631, p. 309-323
<
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309
NOMBRES DE CLASSES DES CORPS QUADRATIQUES IMAGINAIRES par
Joseph OESTERLÉ(1)
Séminaire BOURBAKI
36e
année, 1983-84,
n° 631 Juin 1984En
1934,
Heilbronn démontre que pour tout entier h ~ 1 il n’existequ’un nom-
bre fini de oorps
quadratiques imaginaires
de nombres de classes h([Hei]).
Ceténoncé est
précisé
en 1936 parSiegel, qui
montre que, sih(-d) désigne
le nom-bre de classes d’un corps
quadratique imaginaire
dediscriminant -d, log (h (-d) )
est
équivalent
àlogld lorsque
d tend vers +00([Si]).
Ces résultatsrépon-
dent à des
questions explicitement posées
par Gauss dans lelangage
des formesquadratiques ([Ga],
302 et303).
Le théorème de
Siegel
n’est malheureusement pas effectif : il nepermet
pas, pour un entier h ~ 1donné,
de résoudre "leproblème
du nombre de classes h",
i.e. de déterminer la liste des discriminants pour
lesquels h(-d)
= h . On saitcependant (cf. [Ta]) >
que cesdiscriminants,
sauf auplus
l’und’eux,
sontmajorés
par 2100
(On
pensequ’il n’y
a en fait pasd’exoeption ;
ce seraitune
conséquence
del’hypothèse
de Riemanngénéralisée.)
Des tables donnant les nombres de classes des corps
quadratiques imaginaires
dediscriminant
-d ,
pour d4.106 ,
ont été construites par Buell([Bu]).
Dansla limite de ces
tables,
le nombre de corps, dont le nombre de classes est1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10,
estrespectivement 9, 18, 16, 54, 25, 51, 31, 131, 34, 87,
et leplus grand
dcorrespondant
estrespectivement égal
à163, 427, 907, 1555, 2683, 3763, 5923, 6307, 10627,
13843(ce qui
semblesuggérer
que tous les corpsquadratiques imaginaires
de nombre de classes 10 se trouvent dans cettetable).
Le
problème
du nombre de classes 1 a été résoluindépendamment
parHeegner,
Stark et Baker(cf. [He], [StI], [St2] ]
et[Ba]) ;
ces deux derniers ont ensuite donné une borne effective très grosse,d 10~ 030 ,
pour les d tels queh (-d) = 2 ; finalement,
le faitqu’il n’y
a pas de d pourlesquels h(-d)
= 2 et427 d 101030 a été démontré
indépendamment
par Stark d’unepart ([St 3]), Montgomery
etWeinberger
de l’autre([r-1, W]) .
En
1977,
Goldfeld démontre que si l’ondispose
d’une forme modulaireparabolique f ,
propre pour lesopérateurs
deHecke,
dont la série de Dirichlet associéeL(f,s)
admet au centre de la bandecritique
un zéro d’ordre assezgrand (supérieur
~’ ~ > Le texte écrit a été revu et
complété depuis l’exposé
oral.ou
égal
à 3 ou 4 suivant lescas),
onpeut,
pour tout h ~ 1 , fournir unemajo-
ration effective des d tels que
h(-d)
= h(cf. [Go]).
Le
problème
était alors de nontrerqu’au
noins une forme modulairepossède
lespropriétés requises
pourappliquer
le théorème de Goldfeld. Enpoids 2 ,
on con- naissait de bonnes candidates : eneffet,
étant donnée une newform f nor-malisée de
poids 2 ,
fonction propre desopérateurs
deHecke,
et à coefficientsrationnels,
il existe une oourbeelliptique
E définie sur Q(unique
ànie
près d’après
un théorème deFaltings (cf. [De]))
dont la fonction L , notéeL (E, s) ,
estégale
àL ( f , s) (y compris
aux mauvaisesplaces d’après [ Ca ] ) .
Laconjecture
de Weil affirme que toute courbe E définie sur 03A6 s’obtient de cettefaçon,
et, pour une courbe Edonnée,
cecipeut
enprincipe
se tester par un cal- culalgorithmique
sur ordinateur(cf. [C 11]).
D’autrepart
laconjecture
de Birchet
Swinnerton-Dyer
affirme queL(E,s)
a en s = 1 un zéro d’ordre pégal
aurang r de et l’on connait des courbes E pour
lesquelles
ce rang estassez
grand (le
record actuel étant unecourbe,
obtenue par Mestre, dont le rangr est ~
14 ). Compte
tenu de ces remarques, on estcapable
de construire des formes f depoids
2 dont on a tout lieu de penser queL(f,s)
a en s = 1 unzéro d’ordre assez
grand ;
i malheureusement si la non nullité d’une dérivée d’ordresupérieur
deL(f,s)
en s = 1peut
enprincipe
se prouver par un calcul sur or-dinateur,
il n’en est pas de même de la nullité de cette dérivée.En
1983,
Gross etZagier
obtiennent une trèsjolie
formulepermettant
pour cer- tains caractèresquadratiques
xd’exprimer
la valeur en s = 1 de la dérivée deL ( f , s) L ( f ~ X,s)
commeproduit
d’uneexpression
non nulle(essentiellement
unproduit
depériodes)
par la hauteur de Néron-Tate d’unpoint,
déduit despoints
deHeegner,
sur une variété abélienne(cf. [G,Z]). Lorsque
cepoint
est de torsion etque
L(f x,1 )
est nonnul,
on a L’(f,l) =
0 . Si deplus
la fonctionA(f,s) =
vérifiel’équation
fonctionnelletl(f,l-s) =-A(f,s) ,
on en déduit que
L(f,s)
admet en s = 1 un zéro d’ordre p ~ 3 .Ce résultat a
permis
à Gross etZagier
d’exhiber une forme modulaire satisfai- sant leshypothèses
du théorème de Goldfeld. Lesmajorations
de d en fonction deh(-d) qu’on
en déduit s’énoncent alors de lafaçon
suivante, en notantP(d)
l’ensemble des nombres
premiers
divisantd ,
àl’exception
duplus grand
d’entreeux, et en
posant 8(d) = TT (l - [2p] p+1):
THEOREME
1.- Il une constante C >0,
quel’on
pour tout criminant -d d’un. corps
quadratique imaginaire.
D’après
la théorie des genres(cf. [B,~]) ,
, le cardinal deP (d)
est inférieur à la valuation2-adique
de h .Ccnpte
tenu du fait que 1 -[2p] p+1
est respec-tivement 3
pour
p - 2, 3, 5, 7
7 etque l’on
a1 - [2p] p+1 ~ 1 2
pour
11 , on
déduit du théorème 1 que l’on a, avec la même constanteC,
Les numéros 1 et 2 sont consacrés à des
rappels.
sur les corpsquadratiques
ima-ginaires
et les formes modulaires. Au numéro3,
on trouvera une démonstration trèssimplifiée
du théorème de Goldfeld. La construction d’une bonne forme modulaire f estexposée
au numéro 4.Enfin,
au numéro5,
onsignale
diverscompléments
et onindique
l’ordre degrandeur
de la constante C intervenant dans le théorème 1.1.
Corps quadratiques imaginaires
et formesquadratiques
binaires( cf . [ B, S j )
1.1. Soit K ~ C un corps
quadratique imaginaire.
Notons -d son 0l’anneau
de
sesentiers,
X= d
le caractèrequadratique
associé(on
pose par conventionX(n) =
0lorsque
n n’est paspremier
àd ).
Un nombrepremier
p estdécompos é,
ou inerte dans 0 suivant que X(p)
vaut 1 , 0 ou -1 . Lafonction zêta
du corps K est03B6K(s) = 03B6(s)L(s,x) où [
est la fonction zêta de Riemann etL(s,x)
la série L de Dirichletassociée
au caractère x . Legaupe
du d’idéaux
de 0 est un groupe fini dontl’ordre,
noté h(ou h (-d) ) ,
est le nambne de de K.1.2. Notons
Qd
l’ensemble des formesquadratiques
binaires ax2 +bxy
+cy2
àcoefficients entiers
rationnels,
définiespositives,
de discriminant 4ac - b2égal
à d. On construit une du groupe des classes d’idéaux de 0 surl’ensemble des c~a,~de,~
(module changements
linéaires decoordonnées,
à coefficientsentiers,
et de déterminant1 )
deformes quadratiques
deQ ,
de lafaçon
suivante :étant donnés une classe
d’idéaux ~ , un
idéal aE ~ ,
une base directede a
sur S ,
la formequadratique q(x,y) = appartient
àQd
; saclasse, qui
nedépend
quede ~ ,
i estl’image de ~
par labijection précédente.
Avec ces
notations,
la.fonction zêta
estégale
à’
désigne l’ordre
dugroupe deb unités
de 0(égal
à6 ,
4 ou 2 suivant que l’on ad = 3,
d = 4 ou03B6K
est somme dufonctions zêta
associées aux différentes classes d’idéaux de (? .1.3.
Chaque
classe de formesquadratiques
deQd
contient uneunique
formeq (x,y)
= ax2 +bxy
+cy2 qui
estréduite,
c’est-à-dire telle que l’on ait simul- tanémentPour une telle
forme,
on a a ~~ c ~ (et même c > d 2
sid ~ 4).
Le nombre N
(t)
descouples (m,n)
e S x n* tels que t est nul pour t c pour t~ ) ;
il estéquivalent
à~E lorsque
t tendlA lA
2014vers + oo . On peut
montrer(cf. [Oe])
que l’on ad/2 d dt
pourtout
A~. ~" ~/2~
Compte
tenu de cequi précède,
l’ensembleQrédd
des formesquadratiques
q ~Q
qui
sont réduites a un cardinalégal
à h ; si l’on notea(q)
lepremier
coef-ficient d’une telle forme q 1 la fonction zêta du corps K
s’écrit, lorsque
d >
4 ,
d’où l’on déduit l’identité
1.4. Le fait que le nombre de classes h soit
petit
pour un corps K degrand
discriminant se traduit par le fait que"beaucoup
depetits
nombrespremiers
sontinertes dans
0 ",
1 ou encore, en introduisant la fonctionmultiplicative
À : 1V* -->
{-1,1~
telle queÀ(p) =
-1 pour tout nombrepremier
p 1 par le fait que"pour beaucoup
depetits
entiers n 1 on aÀ (n)
=x (n)
" . . Voici deux expres- sionsquantitatives
de l’assertionqualitative précédente :
a)
Si un nombrepremier
pdéccomposé
dansK,
on ap >_ 4 :
en effet ilexiste alors un idéal
premier p
de 0 de nonne p ; l’idéalph
estprincipale
1engendré
par un élément de laforme ~~" ~
avec a et b E ~N * et on ah _ a2 + db2 >
d 2b)
Posons= 03BDnn-s .
On a 2vn _
h : ceci résulte del’égalité (1.3.2)
et despropriétés
élémentairesdes
formesquadratiques
réduitesrappelées
en 1.3.
2. Foraes modulaires
de poids
22.1. Série de Dirichlet associée (cf.
[S-D,B]) >
Pour
abréger,
1 nousappellerons ne.w6oltm
normalisée de 2 et de niveau N unenewform
(au
sens de toc.>
f = ~ aq (avec
q = depoids
2 pourn=i n
le groupe
ro (N)
1 fonction propre desopérateurs
de HeckeTp (p .~ N) ,
1 dont lepremier
coefficient ai estégal
à 1 . La de associéean
a alors unedécomposition
enproduit
eulérien :n=i n
On a pour tout nombre
premier
p.Lorsque p2
diviseN,
ap
estnul ;
lorsque
N estmultiple
de p maispas de p2, a
estégal
à 1 ou à -1.Il existe e E
{-1,1~
tel que . La fonctions ~
NS/2 ( 2n)
seprolonge
en une fonction entièreA ( f , s ) sur C,
àdécroissance rapide à l’infini
dans toute bandeverticale,
vérifiant l’équation
A(f,l-s) = eA(f,s) . Lorsque
N est sans facteurscarrés,
on a~ = -03A0(-ap).
2.2. Torsion par un caractère
quadratique (cf. [Vi])
Soient f une newfonn normalisée de
poids
2 et de niveau N(cf. 2.1)
et x uncaractère de Dirichlet
(primitif) quadratique
de conducteur d . Il existe alorsun entier
N
1 et une newfonn normalisée x depoids
2 et de niveau NX telle que
ap (f
~1x)
soitégal
àa (f)x(p)
pour presque tout nombrepremier
p(en
notanta (f)
le n-ième coefficient de Fourier def ).
Ces conditions déter- minent d’ailleursN X
et x defaçon unique ;
f 0 xs’appelle
la forme tor-due de f par x .
Lorsque pgcd (N,d2 )
est sans facteurscarrés, N X
est leplus petit
camum aul-tiple
de N etd2 ,
on ax)
=a (f)x(n)
pacvc tout entier n ~ 1 et laconstante
e(f 0 x)
intervenant dansl’équation
fonctionnelle deA(f 0 x,s)
estdonnée par la formule
où l’on a écrit N =
N1N2
avec Nipremier
à d et N2 diviseur(sans
facteurscarrés)
de d ; cette formule s’écritplus simplement s ( f I~ x)
=X (-N) s ( f )
lors- que d estpremier
à N.2 . 3 . La série de Dirichlet
L(Sym2f,s)
Soit f
= ~
aqn
une newfonn normalisée depoids
2 et de niveau N(cf. 2.1).
n=~ n ce
Par
analogie
avec2.2,
on noteÀ,s)
la série de Dirichlet S a~,(n)n s ,
n=i n
où À : N* --~
{-1,1~
est la fonctionmultiplicative
introduite en 1.4. PosonsLa fonction = se
prolonge
en une fonc-tion entière (cf.
[Sh]
et[G,J]). D’après
un résultatd’Ogg ([Ogg],
p.304),
on a(2.3.3) f(T)f(’r)’dTAdF!
Ien notant
Do(N)
un domaine fondamental dudemi-plan
de Poincaré pour l’action dera
(N) .
Lorsque
N est sans facteurscarrés,
la fonctionA(Syln2f,s)
vérifiel’équa-
tion fonctionnelle
clt. ,
th.6)
(2.3.4)
3 -s)
=A (S00FFmzf,sj .
(Ceci
s’étend au cas où N a des facteurscarrés,
à condition de modifier oonve-nablement les facteurs eulériens aux
places
divisant N ; cf.[G,J]).
3. Le
principe
de la démonstrationDans ce
numéro,
Kdésigne
un corpsquadratique imaginaire,
-d son discrimi- nant, X= a
le caractèrequadratique
associé. On suppose d > 4 . SiA = a VS et B = E b VS sont deux séries de
Dirichlet,
la notationn=~ n n=~ n
A B
signifie
que l’on an
pour tout n >_ 1 .Supposons
connues des séries de Dirichlet W et G et un nombre réel M > 0 vé- rifiant les conditions suivantes :(Cl) >
On a03A8(s) > (2s -1 )
2 et G( s ) ( (1/2) ) 2 ,
, enparticulier
03A8( resp . G ) >
est absolumentconvergente
pour Re(s) > 1 (resp.
pour Re(s) > 3 2)
.(C2)
La série de Dirichlet G admet unproduit
eulérienGp où,
pourchaque
nombre
premier
p, G(s)
est de la forme( 1
+1 +
, avec a,
a’ ,
p
(1+a p s) (1+~ >
03B2 , a’
nombrescomplexes
de valeur absolue _p.
(C3)
La fonctionG(s) ,
où y(s)
=2 ,
seprolonge
en une fonc-tion entière
sur et ,
à décroissancerapide
à l’infini danschaque
bandeverticale,
invariante par la substitution s - 2 - s et aàoet en s = 1 un zéro d’ ordre>_ 3
(donc
4 vul’équation fonctionnelle).
(C4)
La fonction 03A5 admet unprolongement holomorphe
sur unvoisinage
du demi-plan 1~ ,
a un zérosimple
en s = 1 , et la fonction Y~Y est à dé- croissancerapide
à l’infini dans toute bande verticale dudemi-plan précédent.
Nous allons montrer dans ce numéro
qu’alors
onpeut majorer
defaçon
effective den fonction de h = h
(-d) ,
03A8 et M . Nous verrons au numéro 4 comment les formes an-dulaires de
poids
2permettent
de construire W , G et Fi carme ci-dessus et nous déduirons le théorème de Goldfeld desmajorations
obtenues dans ce numéro.3.1.
L’égalité
fondamentaleLe
point
dedépart
consiste à :remarquer que l’on a, pour Q> 3 ,
En effet si o
désigne
la forme différentielle àintégrera
on a03C3+i~03C3-i~
(j =
1+i~1-i~
(j
d’après
le théorème desrésidus,
et cette dernièreintégrale
est nulle vul’ équa-
tion fonctionnelle satisfaite par 00
(condition (C3) ).
Pour tout nanbre réel U >_
Imposons
3. 2 .
Étude
deJ (U)
Considérons le chemin orienté A
représen-
té
ci-contre,
où T14
et11’
sont choisisassez
petits
pour que W soithoicmorphe
dansla
région comprise
entre A et la droite(s l Be (s)
=Q} .
Conpte
tenu du théorème desrésidus,
on a(cf. (C4) )
où ci
(resp. c2 ) désigne
la valeur en s = 1 de la fonction(resp.
de la dé-rivée
logarithmique
de lafonction)
s(s)’Y(s)
et où Ji(U)
estl’intégrale anal
à celle définissantJ(U) ,
mais évaluée sur le Il existe une constante c3 >0 ,
nedépendant
qwe de W et de M, parexemple
C3 = j ’ (s-1)-31 I~I
telle que l’on ait3. 3. Sur
certaines intégrales
Lemme l.-
Soient m
un entier ~2 ,
a et a deô nombres réels tels que aa . Alorsx - I
(x)
=(s - a)
-mds 203C0i
eôt unefonction positive
ôun1tt .
EGe eôtdécroissante et convexe si a > 0 .
,
En effet
I(x)
estégal
à Ka|log x|m-1 (m-1)!
pour x 1 et à 0 pour x > 1 . Leshypothèses
étant celles du lemme 1 , soient ui , ... ,ur des nesuresposi ti ves
sur
&$
pourlesquelles
la fonction t -é
estintégrable.
PosonsGrâce au théorème de Fubini on déduit du lemme 1 que l’on a
Lemme 2.- J est une
fonction positive sur R*+.
convexe e.:t décroissante~
Dans les
applications
que nous avons en vue, les mesuresuj
sont soit les ima- ges parl’homéomorphisme
t ~t -1
de mesures de la forme avecu Q ,
auquel
cas on aj(s) = 0393(s-u) ,
soit de laforme a 6 , où 6
est la mesure de Dirac au
point
n et(an)
nE:N* une famille de nombres réelsposi-
tifs
telle que
la famille soitsommable, auquel
casû.(s)
estégal
à E
an.
.n=i n
Lemme 3.- Soient
(1 ~ j ~ r)
du mesurespositives
surR+
mêmes hypothèses
que u . etdéfinissons
J’ deanalogue
à J.Supposons
que pour tout x >_ 0 et que a 0. °
J
majorée
pan J’ . Il suffit de traiter le cas oùp..
est différente deut J
pour un seul indicej .
Grâce au théorème de Fubini on se ramène alors au cas où r estégal
à 1 .Mais dans ce cas on a
J (x) = J’ ( x) - I
et la fonctiont -
I (xt)
estpositive
décroissante et convexe sur~ (lenms 1).
Le lemre enrésulte, compte
tenu deshypothèses
faites sur et .Exemples.2014 1)
Soit q une formequadratique
réduite de discriminant d (cf.1.3) .
Si est la somme des mesures de Dirac. ( (m,n) E ~ x N* )
etl.J. ’
la mesure somme de lamesure 2 03B403B4/2
et de la mesure dedensité 03C0 d
parrapport
à la mesure deLebesgue
sur[d 2, + ~],
on ax u ( [ o, t] ) dt _ n’([0,t])dt
pourtout x > 0
c,i.t.) .
PourRe(s)
= Q >1 , o
on a~,(s) =o
Eq(m,n)
-set
’(s) = 03C0 2 s s-1(d 2)-s
.2)
Soient v lamesure E 6
et v’ la somme de la mesure de Dirac61
aupoint
1 et de la mesure de
Lebesgue
sur[ 1 ,+ oo[ ,
et soient u etp.’
lesimages
de vet v’ par
l’application
t H t2 . On av([o,t]) _ B~’([0,t]) >
pour tout t >0 ,
d’où~,([o,t]) TJ.’([0,t]) >
pour tout t > 0 . PourRe(s)
= o > 1 , on aû(s) - ~ (2s)
etil’(s) =
s -
(1/2) . s
°3.4.
Majoration
de!J(U*) !
1Pour
majorer !J(U*) t
, nouspartirons
del’expression
suivante deJ (U*)
(dé- duite de la définition par lechangement
de variables s t2014~(s
+2)) :
: pour toutD’après
le lemme 2 de3.3, Jo-ioo
y(s +1 2)x-s(s - 1 2)-3
" "ds 203C0i
estpositif
pourtout
x>0,
de sorte quel’on
a(3.4.2) !J(U*) ! ~ ) ’o-ioo ~s-d/2) ~~ ~ ~~~ ~ _ 1~-3 ~
pour toute série de Dirichlet (p absolument
convergente
pourRe(s)
> 1 telle queW(s
+1 2)G(U*,s
+1 2) 03C6(s) . D’après
la condition(Cl)
et les formules(3.1.3)
et(
1. 3 .2 ) ,
ceci s’applique
enparticulier lorsqu’
onprend
pour cp la série de Dirichlet obtenue en élevant Ea(q) s ~(2s)
+(ra,n)
~q (m,n) S
au carre ’et en
supprimant
dans lerésultat
les ternies de la formea(q) sa (q’ ) s~ (2s) 2
lorsque a(q) a (q’ )
U .Compte
tenu du lemme 3 et desexemples
1 et 2 de3.3,
onaugmente
le membre degauche
de(3.4.2) lorsqu~e
dansl’expression
de cp l’onremplaoe
On obtient ainsi la
majoration
où l’on a
posé,
en notant h le nombre de classes de K,PROPOSITION 1.-a)
Ùn a J1 c4h 2 |log dM U|
+ 3 4 avec c4 -M .
On vérifie aisément
(cf. [Oe]),
1 en utilisant le théorème desrésidus,
que l’on a, pour tout x > 0 et tout e > 0(avec
Utilisant le théorème de Fubini :
a) on déduit de
(3.4.7)
que J~ estmajoré
par leproduit
deh M
par la valeur, .. _ . , ..
J~1
calcul élémentaire
(cf. [Oe] ) >
montre que cette valeur estégale à 96
P(log ~
où P est un
polynôme
unitaire dedegré 4,
et que le coefficient du monôme dedegré £
de P( 0 _ .~ 3)
estmajoré
parC-34 ’~ ,
d’oùa) ;
b)
on déduit de(3.4.8)
que Js estmajoré
par cshS a(q)"~
avecCs=16nY(~K(2) =~M~ ; ~~~
c)
on déduit de(3.4.9)
que Ja estmajoré,
pour tout e >0 ,
par4
1~- M~~r(~
+e)~ -~1 .
° Enprenant
deon a
r(~
+e)~ ~
1 et(4M)~ ~
e , d’oùc).
3.5. Choix de U et théorème
technique
Nous
prendrons
pour U le nombre(d 2)1/m
où m est leplus petit
entier telque m2 + m ~
h 2 si h~4 et m = -
si h=4 . ° Avec cechoix,
Lemme 1.2014 Il existe au plus un nombre
premier
p Udécomposé
dansK ;
si untel p
p ~ (d 4) 1/h .
Ls. diviseurpremier
de d estsupé-
U .
Si p et
p’
sont inférieurs à U etdécomposés
dans K , on a~~g ~~~_g (cf. 1.4)
etp~p’~’ ~ ~
pour toutcouple (~’)
~?tel
que l
+ l’ ~ m’ =[m] . D’après 1.4, b),
on en déduitl’inégalité
1 + 2m’ + 2m’ + 4 ~’
~’~ ~
hqui
contredit la définition de m . La deuxième assertion a étéprouvée
en1.4, a).
Enfin si T est le nombre de diviseurs pre- miers ded ,
on sait(cf. [B,S], M, § 8)
que2*~
diviseh ,
d’où l’on déduit T ~ 2m . Comme soitd ,
soit-..est
sans facteurscarrés,
l’un au moins des di- viseurspremiers
de d estsupérieur
à(.) ~’
et donc à U .Notons
P(d)
l’ensemble des nombrespremiers
divisantd ,
àl’exception
duplus grand
d’entre eux et posons V =M . Compte
tenu du lemme 1, de(1.3.2),
etdes conditions
(Cl)
et(C2)
du début du numéro3,
on aTHÉORÈME
2.- Il existe une constante c6 > 0dépendant
de M et 03A8 (mais pas deG , K ,
h etd )
que l’an a,t,,t,. , , , .
On déduit de la
proposition
1 et desinégalités (3.4.3)
et(3.5.1)
que l’on aOn déduit de 3.2 et des
inégalités (3.5.2), (3.5.3), (3.5.4)
que l’on aCompte
tenu du fait que le cardinal deP(d)
estmajoré
par la valuation2-adique
de
h,
on vérifie aisément que si À EIR+
est suffisammentgrand (disons >_ Ào )
et si d ~
e~ ,
~ lesexpressions
as et as ci-dessus satisfontoù C7
(À) dépend
deÀ,
W et M , mais pas deG , K ,
h etd ,
est effecti-venent
calculable,
et tend vers zérolorsque
À tend vers + oo . Le théorème 2 sedéduit de
(3.5.5), (3.5.6)
et del’égalité J(U) = -J(U*) (cf. 3.1.4) :
: il suffit deprendre
C6 = sup~. , ~ ~5 ( ( 1
+ C7(~.) ))
pour unquelconque
~, ?Ào .
..
3.6. Conclusion.- Soit K une famille de corps
quadratiques imaginaires
et P l’ensemble des d tels que -d soit le discriminant d’un corps K E K .Supposons
que l’on oonnaisse un nombre réel M >0 ,
une série de DirichletW ,
, et pourchaque
corps K EK ,
une série de DirichletGK ,
vérifiant les conditions(C1)
à(C4)
du début du numéro(relativement
au corpsK ) .
Comme la constante Ce inter- venant dans le théorème 2 nedépend
que de M et W et pas de deK ,
le théorème 2
permet,
pour tout h ~1 ,
demajorer
defaçon
effective les d E Ptels que
h(-d)
= h .4. Construction d’une bonne forme modulaire
4.1. Soit f une newform normalisée de
poids
2 et de niveau N(cf. 2.1).
Po-sons
M = 4~2
etW(s) = L ( f , s ) L ( f ~ ~,, s ) (cf. 2.3). Notons
l’ensemble des corpsquadratiques imaginaires
dont le discriminant estpremier
à N et dont le caractèrequadratique
X associé vérifiex(-N)
=1 ,
ou cequi
revient au mêmeX(N) =
-1 . Pour un tel corpsK ,
posons G =L(f 8 À, s) -1 (cf. 2.2).
Pour tout nombre
premier
p ramifié dans K , on aG (1)
= 1 +a (f)
+ p avecd’où
I p(1) I > 1 + p - [2~] .
PROPOSITION 2. 2014 Les conditions
(Cl) à (C4)
du début du numéno 3 sont satisfaitespan M , 03A8 , G si la fonction L(f,s)
admet en s = 1 un zétca 3 .Cela se déduit aussitôt des
propriétés
des formes modulairesrappelées
au numé-ro 2. En
particulier
le fait que lesigne
del’équation
fonctionnelle de=
X,s)
soitégal
à +1 résulte du fait queX(-N)
est
égal
à 1(cf. 2.2).
La
proposition
permetd’appliquer
les résultats de 3.6 à la famille de corpsquadratiques
Dans les minorations des nombres de classes de ces oorps ainsiobtenues,
la constante laplus importante
et les minorations obtenues seront d’autant meilleures que cette constante estgrande. D’après (2.3.3), (2.3.1)
et la définition de ci
(cf. 3.2)
et de cs(cf. 3.4,
prop. 1,b» ,
on a4.2. Les résultats
exposés
ci-dessus s’étendent aux corpsquadratiques imaginaires
dont le discriminant n’est pas
premier
à N mais dont le caractère associé x est tel quee ( f ~ X)
=e; (f) (notations
de2.2),
module les nidifications mineuressuivantes,
nécessaires à la validité des conditions(CI)
à(C4)
du numéro 3 : onprend
pour W la série de Dirichletayant
mênes facteurs eulériens queX,s)
en les nombres
premiers
p tels quep2Ipgcd(N,d2)
et mênes facteurs eulériens queÀ,s)
en les autres nombrespremiers .
On poseG(s) =
et M =~ ,
oùNx désigne
le niveau de f ff X,(Lorsque
Kvarie,
M décrit un ensemblefini.) >
4.3. La
façon
dont les travaux de Gross etZagier permettent
de prouver que, pour certaines newforms f depoids 2 , L(f,s)
a en s = 1 un zéro d’ordre ~3 ,
a été décrite dans l’introduction. Pour
plus
dedétails,
voir[G,Z].
Nous nous con- tenterons ici de décrire une telle situation : la courbeelliptique
Eod’équation y2
+ y = x3 + x2 - 23x - 50 est une courbe deWeil,
de conducteur37 ,
de rang nul([M,S-D]) >
et la forme modulaire fo associée estl’unique
newform depoids
2 et de niveau 37 vérifiant
fo(- 3~~) - -37ï2f(-i:) .
. La courbe Ei déduite de Eo par "torsion par -139 " est une courbe deWeil,
de conducteur37.1392 ,
derang
3 ,
et la forme modulaire associée est Xo avec Xo =(~) .
Gross et
Zagier
ontprouvé
queL(fi,s)
a en s = 1 un zéro d’ordre 3 . Les constantese (fo)
et>
sontrespectivement égales
à 1 et àXo(-37) =
-1 . Soit x le caractèrequadratique
associé à un corpsquadratique imaginaire
de dis-criminant -d . Si
X(-37)
est nonnul,
on aX) - £(fo 00 XoX)
=XoX(-37) =
-x(-37) . Six(-37)
est nul, on aX) - XoX)
= -1 (cf. 2.1 et 2.2).Lorsque x(-37) =
-1 , i.e.X(37)
= 1 , on alog ~ ~
hlog
37d’après 1.4,
a). Lorsque X (- 3 7 ) ~ -1 ,
on vient de vérifier que l’on ae(fi
0X) =
,de sorte que la théorie
exposée
en 4.1 ou en 4.2s’applique.
Il convient de pren- dre pour W la fonctionet de
prendre
pour M le nombre3703B113903B2 403C02 {1 si 3? k d
et2
si 139 d °0 si 139td’
Ceci démontre le théorème 1 dans tous les cas.
5.
Quelques compléments
5.1. Dans
[M,W], Montgomery
etWeinberger
montrent que le nombre de classes d’un corpsquadratique imaginaire
de discriminant -d est différent de 3 si 907 d 102500 . Onpeut
se demander si les oonstantesnumériques
intervenant dans le théorème 1 sont suffisammentpetites
pour montrer que l’on ah(-d) ~
3pour d ~ 102500 . En utilisant la forme modulaire
fi
introduite en4.3,
on mon-tre
(cf. [Ce])
que l’onpeut prendre
C = 7000 dans le théorème1,
cequi
est in-suffisant.
Si par contre on utilisait la fonction L d’une courbe
elliptique
E de oonduc-teur 5077 trouvée par Brumer et
Kramer,
le théorème 1 s’appliquerait
avec C =55,
àcondition de se restreindre aux discriminants d
premiers
à 5077(restriction
sans
inportanoe
si l’on supposeh(-d) impair) :
mais pourpouvoir
utiliser cette fonction L , il faut vérifier que la courbe E est de Weil(ce
que Mestre vient defaire)
et queL(E,s)
a en s = 1 un zéro d’ordre ~ 3 : les calculs en cours serontexposés
dans[Oe].
5.2. La connaissance de la liste des corps
quadratiques imaginaires ayant
un nom- bre de classeségal
à1,2
ou 4permettrait
de déterminer la liste(finie)
des entiers n E 1V*qui
admettent exactement unereprésentation
de la formen = x2 +
y2
+ z2 avec x ~y ~
z ~ 0 . Cela se déduit de la formule de Gauss- Hermite donnant le nombre de tellesreprésentations
d’un entier n .5.3. La connaissance de la liste des corps
quadratiques imaginaires ayant
un nom- bre de classes ~ h( h
entierdonné) permet
de déterminer la liste(finie)
des ordres non maximaux de corpsquadratiques imaginaires,
dont le groupe des classes de modules inversibles est d’ordre inférieur à h(cf. [B,S],
p.277,
ex.20).
5.4. Le théorème 3 est
trop
faible pourpermettre
de déterminer les discriminants pourlesquels chaque
genre de formesquadratiques (entières
définiespositives) comprend
une seule classe et enparticulier
de déterminer la liste(finie d’après
le théorème de
Siegel)
des "nombres convenables" d’Euler(cf. ioe. ~,t.,
p.271).
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