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Formule sommatoire de Poisson

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

DÉVELOPPEMENTS POUR L’AGRÉGATION EXTERNE

Formule sommatoire de Poisson

Leçons : 240, 246, 254, 255,228,235,2411

[Gou An], problème 4.4 et exercice 3.4 [Wil], exemple 7.29.f) Théorème

Soit f ∈ S(R). Alors la série

nZ

f(.+n)converge normalement sur tout compact deRet :

∀x∈R,

nZ

f(x+n) =

nZ

fb(n)e2iπnx,

où on a noté bf(x) =

Z +

f(t)e2iπxtdt, pourx∈R. Démonstration :

1. Comme f ∈ S(R), en particulier,∀k∈N,f(k)(x) =O+

1 x2

. Ainsi,∃M>0,∀x∈R,|x|>1⇒ |f(x)|6 M

x2.

D’où∀K>0,∀x∈[−K,K],∀n∈Z,|n|>K+1⇒ |f(x+n)|6 M

(x+n)2 6 M (|n| −K)2. Donc la série

n∈Z

f(.+n)converge normalement sur tout compact.2 On noteFsa limite simple.

De façon similaire, on montre que

n∈Z

f0(.+n)converge normalement sur tout compact, donc uni- formément sur tout segment deR.

On peut donc appliquer le théorème de dérivation des séries de fonctions (on rappelle que f est C1) : F est donc de classe C1 sur R (en fait le théorème dit d’abord “sur tout segment deR”) et

∀x∈R,F0(x) =

n∈Z

f0(x+n).

2. Par ailleurs, soitx∈R:∀N∈N,

N n=−N

f(x+1+n) =

N+1

n=−N+1

f(x+n).

Donc en faisant tendreNvers l’infini, on obtientF(x+1) =F(x);Fest donc 1-périodique.

On va calculer ses coefficients de Fourier, pourN∈Z: cN(F) =

Z 1

0 F(t)e−2iπNtdt =

(cvu)

n∈Z Z 1

0 f(t+n)e−2iπNtdt=

n∈Z Z n+1

n f(t)e−2iπNte−2iπNndt

=3 Z +

f(t)e−2iπNtdt= bf(N)

CommeFestC1surR, sa série de Fourier converge normalement versFsurRet :

∀x∈R,F(x) =

n∈Z

bf(n)e2iπnx.4

1. Dans les leçons sur les distributions, on fait le corollaire 1, dans les autres, on fait le corollaire 2.

2. Car à partir de|n|>K+1, on a :

f(.+n)[−K,K]

=O

1 n2

. 3. L’intégrale converge car f(t) =O+

1 t2

. 4. Rappelons que la période deFvaut 1.

Florian LEMONNIER 1

Diffusion à titre gratuit uniquement. ENS Rennes – Université Rennes 1

(2)

DÉVELOPPEMENTS POUR L’AGRÉGATION EXTERNE

Corollaire (Une distribution invariante par transformation de Fourier) On noteδZ=

kZ

δk.

DansS0(R), on a :δZ=δcZ =

kZ

e2iπk.

Démonstration :

1. Montrons queδZdéfinit bien un élément deS0(R). D’après ce qu’on vient de faire :∀ϕ∈ S(R),hδZ,ϕi=

k∈Z

ϕ(k)est bien défini.

Reste à montrer queδZest une distribution tempérée.

On rappelle quek.kn,p : ϕ 7→sup

x∈R

xnϕ(p)(x), oùn,p ∈ N, sont les semi-normes qui définissent la topologie deS(R).

ϕ∈ S(R),|hδZ,ϕi|6

k∈Z

|ϕ(k)|=|ϕ(0)|+

k∈Z

1 k2

k2ϕ(k)

6kϕk0,0+

k∈Z

1

k2kϕk2,06 π

2

3 (kϕk0,0+kϕk2,0) Ainsi,δZ ∈ S0(R).

2. On peut donc calculer sa transformée de Fourier, en utilisant la transformée de Fourier en 0 :

ϕ∈ S(R),hδcZ,ϕi=hδZ,ϕbi=

n∈Zϕb(n) =

n∈Z

ϕ(n) =hδZ,ϕi. DoncδcZ =δZ.

D’autre part, on a, pourn∈Z,ϕ∈ S(R): hδbn,ϕi=hδn,ϕbi=[ϕ(n) =

Z +

ϕ(x)e−2iπnxdx=he−2iπnx,ϕi. Ainsi, dansS0(R),δcZ =

k∈Z

e−2iπkx=

k∈Z

e2iπkx. Corollaire (Une égalité entre deux sommes)

∀s >0,

nZ

eπn2s= √1 s

nZ

eπns2.

Démonstration :

Soitα>0, on va appliquer la formule sommatoire de Poisson à f :x7→eαx2. Soitn∈ Z, bf(n) =

Z +∞

eαt2e−2iπntdt= √1 α

Z +∞

e−u2e−2iπn

u

αdu = √1

αI(n), où on a poséu =√ αtet

∀x∈R,I(x):= Z +

e−u2e−2iπxuαdu.

On va chercher une équation différentielle vérifiée parI;

→ Iest dérivable, en effet : posonsh:(x,u)7→e−u2e−2iπxuα.

– ∀x∈R,h(x, .)estC1et intégrable (par comparaison avec l’intégrale de Gauss) ; – ∀x,u∈R,∂h

∂x(x,u) =−2iπ u

αe−u2e−2iπxuα; – ∂h

∂x est continue surR2et∀x,u∈R,

∂h

∂x(x,u) 6 2πu

αe−u2, fonction majorante à la fois intégrable et indépendante dex.

On en déduit en plus queI0(x) = −2iπ

α

Z +∞

ue−u2e−2iπxuαdu.

Florian LEMONNIER 2

Diffusion à titre gratuit uniquement. ENS Rennes – Université Rennes 1

(3)

DÉVELOPPEMENTS POUR L’AGRÉGATION EXTERNE

→ Par une intégration par parties : I(x) =

e−u2−√ α

2iπxe−2iπxuα +

Z +∞

−2ue−u2−√ α

2iπxe−2iπxuαdu

=0−

α iπx

Z +∞

ue−u2e−2iπx

u αdu

=−

α iπx

α

−2iπI0(x) =− α2xI0(x) DoncI(x) =I(0)exp

π

2x2 α

=√ πexp

π

2x2 α

. Ainsi, bf(n) =

rπ

α exp

π

2n2 α

.

On applique la formule de Poisson en 0 :

n∈Z

e−αn2 =

n∈Z

rπ

αeπ2αn2. On pose enfins= π

α, et alors :

n∈Z

en

2π

s =√

s

n∈Z

e−πn2s.

Références

[Gou An] X. GOURDON–Les maths en tête : Analyse, 2eéd., Ellipses, 2008.

[Wil] M. WILLEM–Analyse harmonique réelle, Hermann, 1997.

Florian LEMONNIER 3

Diffusion à titre gratuit uniquement. ENS Rennes – Université Rennes 1

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