HAL Id: jpa-00242097
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Submitted on 1 Jan 1904
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A. Darier
To cite this version:
A. Darier. Action analgésiante des substances radioactives. Radium (Paris), 1904, 1 (9), pp.77-81.
�10.1051/radium:019040010907701�. �jpa-00242097�
Le repos à l’obscurité rend à l’0153il sa sensibilité pre- mière. Il y a d’ailleurs avantage au début à opérer le soir.
Ajoutons qu’il faut un temps assez long’ pour s’exer-
cer à voir nettement le phénomène et qu’il est inu-
tile de chercher à faire trop d’essais consécutifs : l’0153il se fatigue vite et on ne voit plus rien. Il est préférable, entre chaque essai, de laisser l’0153il se
reposer pendant quelques instants à l’obscurité. Il est,
je crois, inutile d’ajouter que, pour observer convena- blement les écrans, il est presque nécessaire de s’asseoir le plus commodément possible et dans une tranquillité absolue.
Toutes ces précautions s’appliquent à l’examen des autres détecteurs.
Il est bon de signaler encore que d’autres causes
peuvent agir de la même façon que les rayons N sur
les écrans au sulfure de calcium et en particulier la
chaleur. Il suffit de placer le doigt derrière un écran
sur carton mince pour voir apparaître une tache très
lumineuse, dont l’intensité n’a rien de comparable au
faible accroissement d’éclat que donnent les rayons N.
Cette augmentation d’éclat due à la chaleur se fait d’ailleurs aussi bien sentir tangcntiellement que nor- malement. De plus, si on fait tomber un faisceau de
rayons ?s sur une portion seulement de l’écran, on ne petit distinguer aucune différence d’intensité entre cette portion et le reste de 1 écran sans utiliser un
objet opaque (clef) placé sur ceL écran 1.
Nous sommes maintenant en possession d’un cer-
tain nombre de procèdes d’observation. dont le plus
commode et le plus simple à mettre L’n 0153uvre est le
sulfure de calcium. Malheuresement, ils exigent tous l’emploi de l0153il ; l’enregistrement photographique de
M. Blondlot est reste beaucoup trop délicat, et, pour
régler l’étincelle, il faut voir d’abord a l’0153il ; la mé- thode de M. Rotlie parait cependant devoir donner
des résultat, s’il peut la perfectionner, comme il en
a l’intention. Le 111icux serait évidemment de trouver un appareil qui serait anx rayons N ce que le cohéreur est aux ondes hertziennes. Y arrivera-t-on ? Cela paraît difficile, étant donnée l’extrême petitesse de l’energie transportée par ces radiations. Somme tonte, une
bonne méthode olhjt’ctivt’ reste à découvrir.
Pour le moment, contentons-nous des écrans, et si nous aBons insisté aussi longuement sur ces procédés d’observation, c’est (itte souvent, faute de les coiinaitre, beaucoup se sont trouvés arrêtes.
Voici rapidement résumés les principaux moyens emploies pour déceler les rayons N. Dans un prochain
article nous étudierons les sources est nous tâcherons de nous rendre compte de ce que paraissent être (es
radiations. Enfin nous examinerons leurs principales propriétés.
Marcel MOULIN.
Action analgésiante des substances radioactives.
SOMMAIRE : Considérations générales sur les propriétés physiolo- giques du radium.
-Son action caustique, sidérante, paraly-
sante, couvulsivante à hautes intensités.
-Action analgéti-
que et calmante très faible intensité.
-Action stimulante
ou arrestatrice s ivant lc’s doses et les poses.
-Action
analgésiante sur certains rhumatismes oculaires, certaines névralgies faciales et sur les crises douloureuses de l’ataxie locomotrice.
-Action calmante sur les cancers douloureux et sur les douleurs lhoracillues de phtisiques.
Si nous résumons les effets produits par le radium
sur les êtres animes, nous voyons qu’a des activités très élevées, 100 000 LT. au minimum, on observe une
action locale caustique, destructive, a échéance d’au-
tant plus retardée que l’exposition a été moins longue
et moins directe et que le sujet est arrivé tl un plus complet développement (suivant aussi que le radium est enfermé dans une enveloppe moins perméable.
plus ou moins transparente pour les radiations : plomb,
verre, celluloïds, etc.) 1 :2.
1. H. BLONDLOT. CIL, i. LBBBB1LI. lutlm 1904, p. 663.
-2. Note du 4 octobre 1903 a l’Academie de médecine.
Avec des activités très fortes (u partir 300 000 1’.),
dans une enveloppe de caoutchouc il peut B avoir réac- tion immédiate de la peau
2013quelques minutes
-(Bohn, Mme Curie, Danysz) 1.
Mais, ne l’ouhlions pas, les premiers éléments anato- miques atteint, sont les cellules jeunes, les cellules se
renouvelant périodiquement, lu, épithéiums, les en- dothéliulns, Basculaires ou autres, et à plus forte
raison les cellules des tumeurs néoplastiques à (solu-
tion rapide et imparfaite.
Ce sont la ce que nous pourrions appdt’r les acti-
vités toxiques, caustiques, dangereuses dont l’emploi
en médecine, ou plublt en chirurgie, (loit être réservée al certain" cas spéciaux. Par exemple quand il s’agit de détruire une grosse tumeur inopérable, loin de tout
centre nerveux (tumeur des seins ou de l’abdomen, des membres, etc.), ne serait-il pas logiquesd’essayer de
1. Ou pourrait appler I. marne ou unité d’ action de l’uranium.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:019040010907701
larder la masse néoplastique d’applications répétées et
intensives de radium a haute activité, comme on lar- dait autrefois les tumeurs des seins de flèches de
pâtes arsenicales ou autres? (Un essai de ce genre vient d’être cité par Mac Intire de Glascow : un tube en pla-
tine contenant le radium fut enfoui profondément
dans une tumeur volumineuse.)
Déjà nombre de petites tumeurs cutanées ont été
traitées par de simples applications de courte durée
même sur la face et sur les paupières, sans que, jus- qu’ici, aucune complication ait été relatée ni du côté du système nerveux ni du côté de la vision, et des gué-
risons en nombre respectable déjà ont été rapportées.
Ces mèmes activités de 5 à 500 000 U. et plus ont produit chez les petits aninlaux une action sidérante
profonde sur le système nerveux central, cerveau et
moëlle épinière, probablement par action primaire
sur les endothéliums vasculaires ; car Bohii et Danysz
ont trouvé toujours à l’examen anatomique des lésions cérébrales et médullaires des ruptures vasculaires et
des hémorragies ayant détruit les éléments nerveux.
Il est bien probable aussi que, dans les lésions cu-
tanées produites par le radium, les altérations vascu-
laires sont de la plus haute importance ; mais les extré- mités périphériques des nerfs doivent ètre aussi
atteintes dans lcur fonctionnement. Nous allons en
avoir la preuve en étudiant l’action allalgésiantc du
radium que je crois être le premier à avoir mise hors de doute (note du 4 octobre 1905, à l’Académie de
Médecine).
A côté de son action destructive, sidérante à de
haiites intensités, la radioactivité a des effets tout autres si on sait l’appliquer à faibles doses, à doses proportionnelles, à ce que tel ou tel organisme peut supporter, à ce que j’ai appelé des doses maniables, les doses médicalnenteuses du radium.
Nous avons vu que la même exposition qui peut détruire les poils et le derme d’un cochon d’Inde ne
fait que stimuler la croissance des poils chez le lapin (Danysz).
Les mêmes expositions qui détruisent certaines cellules mal protégées en stimulent d’autres au point
de provoquer l’éclosion d’oeufs non fécondés.
Les cellules jeunes, iiéoplastiques sont détruites
avant les tissus sains bien organisés, les insectes ou leurs larves sont tués ou arrêtés dans leur développe-
ment, d’autres au contraire se développent mon-
strueuselnent. Affaire de doses et d’opportunité.
Nous avous vu quelle action violente et profonde le
radium à haute intensité exerce sur le (’erBeau et la moelle des petites souris, surtout quand elles sont très jeunes ; or sur le lapin, pour obtenir le même résultat,
il faut trépaner préalablement la boite crânienne et la colonne vertébrale.
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