Supplément à L’US no724 du 20 octobre 2012
Entrer
métier
dans le
JEUNE PROF
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É d i t o r i a l
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élivrés de l’épée de Damoclès de la titularisation, beaucoup de « néo-titulaires » nous disent « je me sens stagiaire comme l’an dernier ». Cette remarque souligne, s'il en encore besoin, les insuffisances de la formation qui vous a été dispensée l'an dernier. Deuxième rentrée... et pourtant tant de choses à découvrir ou redécouvrir : changer d’académie, passer de collège en lycée ou l’inverse... tout est neuf !Comment continuer à se former, comment travailler en équipe, en collège comme en lycée, quelles perspectives de mobilité ou de carrière, quelle mission pour le fonctionnaire et quel poids face à la hiérarchie, quel projet pour le second degré et plus largement pour l’école, quels
contenus pour nos enseignements... ?
Ces questions que vous vous posez, les militant-e-s et les 63 000 adhérent-e-s du SNES aussi ! Collectivement nous tentons de construire des réponses et des propositions.
L'ambition de cette brochure est de vous montrer que dans les différents aspects de votre métier, vous pouvez rencontrer cette réflexion collective, y participer et l'enrichir ou tout simplement la soutenir en adhérant !
Bienvenue dans le métier, bienvenue au SNES ! Frédérique Rolet
Secrétaire générale du SNES-FSU
Caroline Lechevallier Secrétaire nationale responsable du secteur Entrer dans le métier
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S o m m a i r e
É
DITORIAL . . . p. 3R
ECONSTRUIRE LA FORMATION DESENSEIGNANTS . . . p. 6-7
E
NSEIGNER EN COLLÈGE . . . p. 8-9E
NSEIGNER EN LYCÉE . . . p. 10-11N
OS MÉTIERS . . . p. 12-13U
N TRAVAIL D’
ÉQUIPE . . . p. 14-15L’
ÉTABLISSEMENT . . . p. 16-17A
DMINISTRATION ET HIÉRARCHIE . . . p. 18-19Ê
TRETZR
. . . p. 20-21D
ES FONCTIONNAIRES INDÉPENDANTSPOUR UNE MISSION DE SERVICE PUBLIC . . p. 22-23
U
N MÉTIER À REVALORISER . . . p. 24-25C
ONTINUER À SE FORMER . . . p. 26-27M
OBILITÉ PROFESSIONNELLEET MUTATION . . . p. 28-29
L
ESNES
ET LAFSU
. . . p. 30-31M
ILLE ET UNE RAISONSD
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ADHÉRER AUSNES
. . . p. 32-33C
ONTACTER LESNES-FSU
. . . p. 34L’Université Syndicaliste, supplément à L’US no720 du 20 octobre 2012, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second degré (FSU) : 46, avenue d’Ivry, 75647 Paris Cedex 13 – Directeur de la publication : Roland Hubert ([email protected])
Compogravure : C.A.G., Paris – Imprimerie : SIPE, Grigny (91) – NoCP 0113 S 06386 – ISSN no0751-5839 - Joint à ce numéro, un encart volant : MAIF
Ce qui est vraiment difficile, c’est d’être néotitulaire en lycée, alors que j’ai fait mon stage en collège. Du coup, cette année, je me trouve désarçonnée, sans formateur, sans tuteur... L’an dernier, pendant mon stage, je ne pensais pas à pérenniser mes acquis, je ne pensais qu’à l’urgence. J’ai l’impression d’être encore stagiaire cette année.
Anne, lettres classiques, Rouen
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a RéfoRme de2010 :
une RégRession inaccepTabLe
‹Sous prétexte qu’ils ont reçu des bribes de formation à l’Université pendant leur master, les stagiaires ont dû assurer à partir de 2010 un service à temps plein. Finie l’af- fectation des stagiaires dans des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM), et le service en responsabilité en collège ou lycée limité à 8 heures par semaine pour les enseignant- e-s et à 12 heures pour les CPE. Pas toujours plébiscitée par les stagiaires, la formation par l’IUFM rendait cependant depuis 1991 l’en- trée dans le métier très progressive, et permettait échanges et retours d’expériences entre stagiaires et formateurs. Placés en situation d’in- sécurité professionnelle, réduits pour l’essentiel à l’imitation des pratiques du tuteur, les stagiaires ont été contraints depuis 2010 de réin- venter, dans la douleur, les gestes professionnels essentiels.
Reconstruire la formation des enseignants
Les faits
Témoignage
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ÉpaReR LeS DÉgâTSeT ConSTRuiRe une FoRmaTion ambiTieuSe
‹Inlassablement, le SNES et les syndicats de la FSU ont dénoncé la catastrophe engendrée par la réforme de 2010. Avec d’autres, ils ont contribué à inscrire ce thème dans la campagne électo- rale de 2012, et obtenu des engagements du nouveau président de la République. Vincent Peillon l’a dit à la rentrée 2012, vous avez été des « générations sacrifiées ».
‹Mais il faut passer très vite aux actes : avant 2010, le SNES avait réussi à obtenir une décharge de 2 heures pour la première année d’enseignement afin de permettre une formation continuée des enseignants néotitulaires. Laissées à l’appréciation des recteurs, très inégales sur l’ensemble du territoire, ces forma- tions ont partout disparu. Il faut d’urgence réparer les dégâts engendrés par la réforme de 2010 en offrant des complé- ments de formation sur leur temps de service aux néotitulaires et, sans se contenter de revenir à l’avant-2010, former mieux et davantage les enseignants et les CPE.
‹Des prérecrutements dès la licence
Pour assurer la démocratisation de l’accès à nos professions, et améliorer la formation, il faut libérer les étudiants de l’obligation dans laquelle se trouvent plus de la moitié d’entre eux de gagner leur vie.
‹Une formation débutant à l’Université et se poursuivant tout au long de la carrière
fune formation disciplinaire de haut niveau articulée avec des modules de préprofessionnalisation (didactique, histoire de la discipline, épis- témologie...) ;
fles stagiaires doivent être affectés sur le service du tuteur avec une prise en main progressive de la classe pour six heures de cours au maximum.
Cette année de stage doit être une année pleine et entière de forma- tion en alternance ;
fla formation doit être assurée par des IUFM au fonctionnement et aux contenus de formation prenant en compte les demandes et les attentes des stagiaires ;
fles conditions d’entrée dans le métier doivent être améliorées : allè- gement du temps de service pour les néotitulaires (demi-service la première année, deux tiers de service l’année suivante), avec une mise en place de compléments de formation au cours des deux premières années en tant que titulaire, ce qui permettrait de prendre en compte la surcharge de travail inhérente au début de carrière.
Ce que veuT Le SneS-FSu
e
nSeigneR,
ça S’
appRenD!
© Xxxxxxx
enseigner en collège
Enseigner en collège, c’est très stressant. J’ai eu la chance d’être affectée dans un établissement où l’équipe pédagogique et syndicale était très soudée. Je me suis sentie soutenue et cela m’a aidé à surmonter l’impression de devoir tout réapprendre, après une année de stage passée en lycée.
Stéphanie, anglais,Avignon
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eS inÉgaLiTÉS LouRDeS De ConSÉquenCeS‹Ultime échelon de la scolarité commune, le collège – où l’on débute souvent sa carrière – est le maillon le plus sensible du système éducatif car s’y révèlent les difficultés scolaires et le poids des inéga- lités sociales, et s’y font jour les problématiques liées à l’adolescence.
‹La politique menée ces dernières années a accentué les difficultés à exercer en collège. Elle a renforcé la polarisation sociale des collèges sous l’effet de l’assouplissement de la carte scolaire et a dévoyé l’éducation priori- taire qui a été laminée et réduite aux établissements ÉCLAIR, ces véritables labo- ratoires de déréglementation tant pour les élèves que pour les personnels. La France est ainsi l’un des pays où le parcours scolaire est le plus marqué par l’ori- gine sociale.
L
e CoLLège LivRÉ au SoCLe‹Depuis 2005, le collège est en outre abandonné au « socle commun » de la loi Fillon. Ce socle commun institutionnalise les inégalités scolaires et ne constitue en rien une solution aux difficultés d’apprentissage des élèves. Son évaluation est par ailleurs problématique dans le cadre du livret personnel de compétences (LPC), qualifié d’illisible, d’inutilement complexe et de bureaucratique par le nouveau pouvoir.
La volonté de décrocher le collège du lycée pour le fondre avec l’école primaire dans une « école du socle commun » présente comme de fausses évidences des mesures qui renoncent à faire entrer tous les élèves dans les apprentissages du second degré. Le socle devient un horizon indépassable pour de nombreux jeunes, tout en cherchant à introduire la polyvalence et en allongeant le temps de présence des enseignants.
Témoignage
Les faits
L
e CoLLège,
DeS enjeux SpÉCiFiqueS‹Comment prendre efficacement en charge des élèves très divers, pour qui l’école ne fait pas toujours sens ou qui rechignent au respect des règles ? Comment faire entrer tous les élèves dans les apprentissages quand l’échec scolaire concerne 10 à 15 % des élèves dès l’entrée en Sixième ?
‹Malgré les difficultés, le collège a largement contribué à élever le niveau de formation et de qualification des jeunes depuis les années 70 et chacun a en tête de belles réussites. Il faut maintenant dépasser les réformes récentes qui ont cherché à dénaturer le collège et ses missions.
Le SNES propose de construire un collège plus juste et plus humain qui forme des individus libres et éclairés. Ce collège doit préparer tous les jeunes à des poursuites d’études en leur donnant les moyens de s’approprier une culture commune exigeante.
‹Cela demande :
fde concevoir des programmes plus cohérents entre eux qui donnent du sens aux apprentissages ;
fde donner aux enseignants les moyens de diversifier leurs pra- tiques pédagogiques dans des classes moins chargées, en alternant travail en classe entière et travail en groupes ;
fde penser une évaluation des élèves plus soucieuse de repé- rer les réussites, mais sans démagogie.
‹Cela suppose aussi :
fdes équipes pluriprofessionnelles complètes (enseignants, CPE, CO-Psy, infirmières, assistantes sociales...) qui ont du temps pour travailler (ensemble), se concerter, dialoguer avec les familles et les élèves en suivant plus particulièrement les plus fragiles ;
fune carte scolaire repensée pour viser partout plus de mixité scolaire et sociale ;
fune relance ambitieuse de l’éducation prioritaire.
Ce que veuT Le SneS-FSu
C
ommenT ReFonDeR Le CoLLège?
© Clément Martin
J’exerçais l’an dernier en collège de centre-ville, j’ai été nommée en poste fixe dans un lycée rural. J’avais des attentes par rapport aux lycéens, je pensais que je pourrais faire des cours plus exigeants, de la littérature... et j’ai l’impression que mes élèves de Seconde ont un niveau plus faible que mes élèves de Cinquième de l’an dernier ! Je me sens démunie, parce qu’au contraire du collège, ils sont 35 par classe... Comment faire pour gérer des élèves dans ces conditions, alors qu’un tiers est en difficulté ? Anne, lettres classiques,Rouen
e
nSeigneR à DeS LyCÉenS‹ Le rapport à des élèves plus mûrs et plus autonomes est moins fréquemment conflictuel en lycée qu’il ne l’est en collège, aussi les enseignants débutants s’y sentent souvent plus à l’aise, d’autant qu’ils ont le sentiment de pouvoir mieux approfondir leur discipline. Néanmoins, outre la lourdeur de la préparation des cours et de la correction des copies, les condi- tions de travail peuvent être difficiles, notamment en Seconde (effectifs chargés, hétérogénéité forte) ou dans le cycle terminal (pression du bac).
L
e LyCÉe,
un RôLe majeuR DanS La DÉmoCRaTiSaTion SCoLaiRe‹Répondant aux besoins de l’éco- nomie, à une forte demande sociale et aux enjeux démocratiques, la mise en place du bac technologique (1968) puis professionnel (1985) a permis de tripler la part des bache- liers dans une génération (20 % en 1970, 64 % en 1994). Mais depuis 1994, il n’y a plus de progrès, faute de volonté politique et d’investis- sement public.
enseigner
en lycée
Témoignage
Les faits
© Daniel Maunoury
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eS RÉFoRmeS bRuTaLeS‹Officiellement destinées à améliorer l’orientation des élèves et à revi- taliser certaines filières, des réformes brutales ont été imposées par le gouvernement Fillon. Elles posent des problèmes majeurs : - aucune réflexion n’a été menée sur les objectifs du lycée. Ni les
programmes ni les nouveautés pédagogiques (accompagnement personnalisé, tutorat des élèves) n’ont de cohérence ;
- la gestion locale de plus du tiers des moyens instaure de grandes disparités d’un établissement à l’autre, et met en concurrence les enseignants pour l’obtention de conditions de travail décentes ; - derrière l’habillage pédagogique, les structures permettent surtout
de substantielles économies : regroupement d’élèves dans les troncs communs, réduction de l’offre de formation, perte des heures de première chaire, etc.
Ces réformes ne visaient pas la démocratisation du lycée, c’est-à-dire à y faire réussir tous les jeunes, mais servaient à supprimer des postes tout en renforçant les inégalités.
Le SNES demande une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, avec l’ob- jectif de porter l’ensemble d’une classe d’âge au bac. Pour cela, il faut inverser les politiques menées ces dernières années, et accepter d’investir dans l’éducation : former les professeurs, donner des conditions d’enseignement et d’étude permettant un travail de qualité.
‹Cette démocratisation relancée passera par une réflexion pour rénover les trois voies de formation, déclinées en séries clairement identifiées, qui permettent de concilier la prise en compte de la diversité des élèves et la construction d’une culture commune, avec la même ambition pour tous les élèves.
‹La première étape d’urgence consiste néanmoins à remettre à plat la réforme « Chatel » du lycée, en termes de structures, d’horaires, de programmes, d’« innovations » pédagogiques contestables. La réforme de la voie technologique, qui en menace l’existence même, doit être stoppée.
Ce que veuT Le SneS-FSu
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ouR un LyCÉe DÉmoCRaTiqueCe qui me semble le plus difficile, ce n’est pas forcément le rapport aux élèves, mais la relation avec les parents, qui n’est pas évidente, parce qu’on n’est pas formé. Même si c’est ce que j’aime, il faut être très solide.
Leila, CPE, Rouen
Ce que j’apprécie au SNES, c’est le recul qu’il m’apporte sur mon métier. Dans le cadre du partenariat avec le CNAM, j’ai participé à des groupes de réflexion sur le travail et les fondements du métier. Cela m’a permis une mise en perspective de mes pratiques en dehors de tout regard et de tout jugement de ma hiérarchie.
Julie, mathématiques, Martigues
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eS miSSionS pouR ChaCunLes enseignantssont chargés d’assurer « principalement » un service d’enseignement dans leur discipline de recrutement. Leur service est défini hebdomadairement en heures de cours, mais ils sont aussi tenus de participer au suivi et à l’orientation des élèves, et une part importante de leur travail s’effectue en dehors de la présence des élèves (préparation, correction...). Ils ont toute liberté pour organiser leur enseignement dans le cadre des programmes définis nationalement.
La fonction deCpeest une spécificité du système éducatif français. Il est le référent de la vie scolaire avec pour objectif de « placer les adolescents dans les meilleures conditions de vie individuelle et collective et d’épa- nouissement personnel », ce qui l’amène à avoir une bonne connaissance des élèves, et des liens fréquents avec les familles. Le CPE a trois missions prin- cipales : le fonctionnement de l’établissement (contrôle de l’assiduité, organisation du service des surveillants...), la collaboration avec les ensei- gnants dans le suivi des élèves et l’animation éducative. Membre de l’équipe
nos métiers
Témoignage
Les faits
© Daniel Maunoury
pédagogique, le CPE n’entretient aucun rapport hiérarchique avec les enseignants.
Les Conseillers d’orientation psychologuessont actuellement 3 900. En France, l’aide à l’élaboration des projets d’orientation des adolescents a toujours été confiée à des psychologues, spécialement formés. C’est l’assurance que les projets d’avenir seront bien envisagés comme levier de développement et de réussite pour l’élève et non pour peser sur ses choix en fonction des critères de gestion des flux.
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eS RÉFoRmeS qui meTTenT à maL Le TRavaiLAugmentation du temps de travail, imposition aux enseignants de la biva- lence, remise en cause des décrets organisant nos services, confusion des missions (entretien d’orientation assurés par les professeurs principaux, attributions du « préfet des études » dans les établissements ÉCLAIR), nouvelles formes de management, nos métiers ne sont pas épargnés par la crise du travail qui atteint des secteurs entiers du monde salarial.
Les injonctions et les prescriptions s’accumulent, parfois de façon contradictoire, et traduisent une ignorance de ce que « faire du bon travail
» veut dire. Les réformes et les nouvelles tâches entraînent un changement brutal et sans réflexion des pratiques, et partent de l’idée – fausse – que
« travailler c’est appliquer ».
‹Enseignants, CPE et CO-Psy doivent être respectés dans leurs métiers, leurs qualifications et leurs droits. Cette reven dication, portée par le SNES-FSU et largement partagée par les personnels, passe par la défense des statuts nationaux des corps auxquels ils appartiennent.
‹Pour le SNES, les personnels doivent s'emparer de la question du métier pour ne pas en être dépossédés.
Depuis 2001, il mène en partenariat avec le CNAM (conservatoire national des arts et métiers), une réflexion sur le rôle du collectif de travail dans le métier enseignant. Cette réflexion a montré que le travail collectif n'était pas incompatible avec la liberté pédagogique et qu'il était une ressource pour exercer son métier. Il permet notamment de se libérer du poids d'une prescription de plus en plus pesante. Le SNES articule ses revendications autour de cette exigence de collectif. Il organise des stages académiques sur cette question et est à l’initiative de collectifs de travail sur le travail entre pairs.
Ce que veuT Le SneS-FSu
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nSembLe,
aCTeuRS De noS mÉTieRSDans mon collège ÉCLAIR, nous avons décidé, ensemble, d'utiliser les heures attribuées aux préfets des études, pour décharger les collègues de 2 heures par semaine, pour qu'ils puissent se réunir par équipe pédagogique. C'est très efficace pour suivre les élèves, et nous a permis de régler beaucoup de problèmes d'absentéisme par exemple.
Flora, arts plastiques, Marseille
Si Flaubert avait introduit dans son Dictionnaire des idées reçues une entrée « travail en équipe en collège ou en lycée », il aurait sans doute écrit « Doit toujours être encouragé ». D'un ministre à l'autre, le discours est assez constant. Mais les actes ?
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eS STRuCTuReS exiSTanTeSDes structures collectives officielles existent au sein de chaque établissement. L’équipe pédagogiquerassemble les ensei- gnants d’une même classe et se réunit pour résoudre des problèmes concernant la classe, des élèves en particulier, ou pour monter un projet de classe interdisciplinaire. Les conseils d’enseignementsont des instances de coordination des professeurs d’une même discipline sur le choix des matériels techniques, des manuels ou de progressions péda- gogiques pour organiser des devoirs communs au sein des classes d’un même niveau. Ils peuvent aussi être consultés lors du renouvellement des programmes. En fin d’année, les conseils d’enseignement sont réunis pour proposer la répartition des services entre les collègues de la même discipline pour l’année suivante.
un travail d’équipe
Témoignage
Les faits
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ne pRaTique CouRanTe,
maiS DanS LeS FaiTS DiFFiCiLe Que ce soit dans le cadre des équipes pédagogiques, des conseils d’enseignement ou le plus souvent de manière informelle entre certains enseignants, de nombreux projets voient le jourpour mettre en cohérence les contenus disciplinaires enseignés, pour confronter connaissances construites en classe et connaissances acquises dans d’autres cadres. Ces projets interdisciplinaires sont une vraie richesse pour les élèves et témoignent de l’intense réflexion et créativité des enseignants. Mais ils demandent du temps, très rarement inclus dans le temps de service, se heurtent à de nombreux obstacles, et repo- sent surtout sur le volontarisme de collègues guère formés, à l'ori- gine, pour cette dimension du travail enseignant.Les équipes peuvent cependant s’appuyer sur la décision n° 150 du
« Nouveau contrat pour l’école » publié en son temps par le ministre François Bayrou, qui prévoit d’accorder
« un crédit équivalent à une journée par trimestre aux établissements du second degré pour la coordination, la concertation et le travail en équipe ». Ce crédit peut être utilisé à la demande des personnels après acceptation du chef d’établissement.
‹Le SNES revendique à l’intérieur des programmes des différentes disciplines des objets, des notions, des problématiques ou thématiques communs. Il faut que l’interdisciplinarité, pensée et intégrée en amont dans le respect de la liberté pédagogique, soit réellement possible et ne se limite pas à des injonctions contradictoires car irréalisables.
‹Pour le SNES, le temps de travail en équipe doit être reconnu : il doit être intégré sous la forme d'un forfait, et donc inclus dans le service des personnels au-delà même des tâches de concertation nécessaire. Une organisation concertée des emplois du temps doit permettre le travail collectif, dont la maîtrise doit rester aux collègues, sans jugement de valeur ni présence de la hiérarchie. Pour cela, une aide, un soutien ou une formation doivent être apportés à leur demande.
‹Le SNES s'attache à promouvoir cette idée de collectif et l'oppose au pilotage pédagogique par le chef d'établissement (notamment par l'intermédiaire du conseil pédagogique).
Ce que veuT Le SneS-FSu
© Clément Martin
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eConnaîTRe Le TRavaiL CoLLeCTiFL’établissement
L’autonomie, pour moi, ça va contre l’idée de cadre national. Cette année, je suis dans un collège rural. Le principal n’est pas du tout dans la rhétorique, comme celui que j’ai connu l’an dernier. On ne nous parle pas du projet d’établissement, du projet académique... mais on n’a pas d’argent ! Il n’y a pas beaucoup de projets qui sont montés, les collègues se débrouillent comme ils peuvent.
Laure, lettres modernes, Bordeaux
L'
auTonomie De La CommunauTÉ ÉDuCaTive...
Depuis 1983, les collèges et les lycées sont des établissements publics locaux d’enseignement (EPLE), disposant d’une auto- nomie dans des domaines définis par le code de l’éducation : organisation pédagogique et éducative, budget, marchés ou passation de certaines conventions. Incarnation de la communauté éducative qui rassemble élèves, parents et personnels, le conseil d’administration prend les décisions relevant de ces domaines d’au- tonomie ; le chef d’établissement « exécute les délibérations du CA ».
Témoignage
Les faits
© DR
‹Autonomie et démocratie Le SNES défend l’idée que si l’auto- nomie peut contribuer à construire la démocratie locale, les prérogatives de l’État doivent être préservées afin de garantir l’égalité de la formation sur tout le territoire et défendre le
caractère national du service public d’éducation. Il s’oppose à tout renforcement de l’autonomie des établissements, et à l’élargissement des compétences des collectivités locales dans le domaine de l’éducation.
Le lieu de la démocratie dans l’établissement doit rester le conseil d’administration, qui rassemble représentants élus des personnels et des usagers et l’administration.
‹Contractualisation
La contractualisation est un outil du New Managementimposé par les libéraux au système éducatif (et plus largement aux services publics).
Basé sur un « diagnostic partagé » préalable, reposant sur une analyse de l’établissement et de ses « performances », il doit définir des « indi- cateurs » qui permettront ensuite d’apprécier la réalisation des objec- tifs... Le SNES est radicalement opposé aux logiques de contractuali- sation qui conduisent à plus de déréglementation et de concurrence entre les établissements.
‹Conseil pédagogique
Le SNES s’oppose aux attributions du conseil pédagogique : le CA ne peut pas décider de projets pédagogiques qui ne viennent pas des enseignants, ni remettre en cause les statuts du personnel et leur qualification.
Ce que veuT Le SneS-FSu
...
eT Le poiDS CRoiSSanT Du managemenTEn 2010, le ministère a décidé des modifications importantes dans le fonctionnement des EPLE et renforcé le rôle du chef d’établissement en matière de pédagogie et d’évaluation. Le ministère a également institué le conseil pédagogique, nouvelle instance officielle censée proposer au CA la partie pédagogique du projet d’établissement, et constituant un instrument de contrôle et d’évaluation des pratiques pédagogiques.
Utilisé comme un instrument de transformation du système éducatif, le projet d’établissement fait peser sur les établis- sements et leurs personnels de plus en plus de contraintes par le biais des expérimentations, des conventions de partenariat et de la contractualisation de moyens et d’objectifs avec l’au- torité académique. Les lettres de mission du chef d’établis- sement, les contrats d’objectifs, les projets académiques et le renforcement de l’évaluation des établissements, le tout dans un contexte global de diminution acharnée des moyens, lais- sent de moins en moins d’espace pour prendre en charge les besoins des élèves et pour la liberté pédagogique individuelle des enseignants.
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n CaDRage naTionaL inDiSpenSabLeJe vivais une situation très difficile avec mon chef d’établissement qui refusait de prendre en compte ma situation personnelle. J’ai été sanctionnée pour la troisième année consécutive par un gèle de ma note administrative. J’ai été défendue par le SNES durant la commission de révision de la note administrative, j’ai finalement obtenu l’augmentation réglementaire et j’ai pu faire valoir l’injustice de ma situation.
Aïcha, allemand,Aix-en-Provence
L
A hiérArchie dAns Le second degréLe recteur, nommé en Conseil des ministres par le président de la République, est responsable de la totalité du service public de l’éducation, de la mater- nelle à l’Université, de l’enseignement public ou privé sous contrat d’une académie.
Depuis 2007, le ministère renvoie au recteur les modalités de l’application de la politique nationale, des suppressions de postes par exemple. Le décret n° 2012-16 du 5 janvier 2012 relatif à l’or- ganisation académique renforce les pouvoirs des recteurs en faisant des ex-inspecteurs d’académie de simples adjoints (DASEN, Direc- teur académique des services de l’Éducation nationale).
Les inspecteurs d’académie-inspecteurs pédagogiques régionaux (iA- iPr) : ces inspecteurs, affectés dans les académies, sont placés sous l’autorité du recteur d’académie. Ils procèdent à l’évaluation des enseignants, des enseignements et des établissements ou à celle de champs disciplinaires ou éducatifs.
Le chef d’établissementa un double rôle : il est le représentant de l’État au sein de l’établissement et il est l’exécutif du conseil d’admi - nistration dont il doit appliquer les décisions. Il est également chargé de mettre en œuvre les objectifs fixés par la collectivité de rattache- ment (conseil général ou conseil régional) et de rendre compte de l’uti- lisation des moyens mis à la disposition de l’établissement par celle- ci. De plus, il a autorité sur tous les personnels dont les TOS.
Le décret de janvier 2010 est venu renforcer le pouvoir du chef d’éta- blissement qui a désormais la compétence de décider seul la répar-
Administration et hiérarchie
Témoignage
Les faits
tition des moyens horaires si le CA refuse par deux fois ses propositions. Le même décret installe le conseil pédagogique comme une hiérarchie intermédiaire désignée par le chef d’éta- blissement.
L’
évALuATion des PersonneLsLe fonctionnaire est recruté dans une catégorie en fonction de sa qualification ; son appartenance à cette catégorie lui assure une place dans la grille salariale et lui garantit une carrière.
Le gouvernement a voulu l’an dernier bouleverser les règles de l’avancement des enseignants, en instaurant un entretien indi- viduel avec le chef d’établissement, à la place de l’évaluation chiffrée. Face à la mobilisation des personnels emmenés notam- ment par le SNES et la FSU, le nouveau ministre Vincent Peillon a abrogé le dispositif à la rentrée 2012. Le principe de double évaluation pédagogique (sur 60 par l’inspecteur) et administra- tive (sur 40 par le chef d’établissement) est donc maintenu. Ces deux notes déterminent trois rythmes d’avancement (ancienneté, choix, grand choix), dont les écarts ont déjà des effets financiers colossaux.
‹LeSNESdénoncelerenvoiaulocal
delagestiondelapénuriedemoyensquienferme la liberté pédagogique des enseignants dans des contraintesquidénaturentlemétieretrenforcentles pouvoirs du chef d’établissement. Le conseil d’administrationdoitresterlelieudedécision.LeSNESrefusela miseenplaceduconseilpédagogique.
‹Enmatièred’évaluation,leSNESdéfendlesystèmededouble notation,seulàmêmedereconnaîtrelaspécificitédenosmétiers–
liéeànotredisciplinederecrutement–,degarantirl’indépendance dansnospratiques,etd’offrirunepossibilitéderecoursencasde conflit.L’existencedesCommissionsadministrativesparitaires(CAP) nationalesouacadémiquesestdéterminantefaceauxtentatives permanentesderognerlesgarantiescollectives,defavoriserle
« profil»etdedonnerplusdepouvoirauxresponsablesadministratifs locaux.LesélusduSNES,majoritairesdanstouteslesCAP,y défendentlespersonnelscontrel’arbitraireetlespasse-droits.
‹Concernant l’inspection, l’objectif du SNES est d’obtenir la déconnexiondel’avancementetdel’évaluation.L’évaluation,la formation continue et l’échange entre pairs doivent impulser, aveclescollègues,desdémarchesréflexivespourlesaiderdans l’accomplissementdeleursmissionsdeservicepublic.
ce que veuT Le snes-fsu
r
efuser Le Poids des hiérArchiesÊtre TZr
Je suis TZR, on n’a pas le choix, il n’y a pas de poste en Lettres Modernes. C’était l’angoisse de ne rien avoir de prêt, pas de cours pour mes élèves... Pour une entrée dans le métier, on a besoin de stabilité et d’aide...
Émilie, lettres modernes,Rouen
En tant que commissaire paritaire, j’ai eu la satisfaction de limiter le nombre d’établissements d’affectation des TZR et d’imposer le paiement de l’ISSR pour des TZR dont l’un des établissements était hors zone.
Franck, mathématiques, commissaire paritaire SNES, Marseille
M
ission:
Le reMPLAceMenTProfesseurs du second degré ou CPE, en collège ou lycée, les TZR sont des enseignants à part entière : ils sont titulaires, à titre définitif, d’un poste en remplacement, comme d’autres sont titulaires d’un poste fixe en établissement.
C’est en 1985 que le SNES a obtenu la création des titulaires remplaçants pour mettre fin à la précarité des agents qui faisaient les remplacements, et faire assurer cette mission par des personnels titulaires également quali- fiés. Le snes s’est battu pour que les modalités de service des TZr soient défi- nies dans un texte à caractère statutaire. Le décret 99-823 du 17/09/1999 définit leurs missions : assurer le remplacement des enseignants absents (absences pouvant aller jusqu’à l’année entière).
P
our Les néoTiTuLAires:
une Mission difficiLe
Les économies budgétaires, avec les suppressions massives d’emplois auxquelles elles ont conduit, ont touché de plein fouet le potentiel de remplacement en diminuant de façon très importante le nombre d’enseignants titulaires affectés à cette mission.
Résultat, les TZR restants sont souvent de jeunes enseignants placés dans des conditions de plus en plus difficiles : en poste partagé, avec des niveaux de classe, des manuels, des équipes pédagogiques très différents. Ils sont trop souvent utilisés comme « bouche-trou » pour pallier les problèmes de répartition de service ou d’absorption des heures supplémentaires plutôt que pour leur mission de remplacement. Débuter dans le métier dans ces condi- tions nécessite de ne pas rester isolé !
Témoignages
Les faits
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es PersonneLs MALMenés MAis défendusLes conditions de remplacement se dégradent chaque rentrée davantage. Dans cette affaire, c’est perdant-perdant. Perdant pour les élèves qui, de plus en plus souvent, restent sans enseignants, perdant pour les enseignants chargés du rempla- cement dont les conditions de travail sont de plus en plus difficiles.
Assurer le remplacement des enseignants absents dans de bonnes conditions tant qualitatives que quantitatives a un « coût » : celui de créer des viviers d’enseignants titulaires formés à cette mission en nombre suffisant, celui d’accepter de les rémunérer entre deux remplacements, celui de les indemniser correctement tant au regard du coût des déplacements qu’en ce qui concerne les contraintes et les difficultés spécifiques à leur mission.
C’est sur ces deux fronts, qualité du remplacement - mission du service public à part entière - et conditions faites aux personnels qui l’assument, que le SNES se bat au quotidien. Ainsi, grâce à l’action opiniâtre du SNES, d’importants acquis viennent d’être engrangés sur la question du remboursement des frais de déplacement et de repas (voir mémo TZR).
PourleSNESilfaut :
frespecterlesqualifications:leSNESconteste toute affectation ou service hors discipline de recrutement ;
fabandonnerlesaffectations«àcheval »ethorszone ;
fréduire la dimension géographique des zones de remplace- ment ;
frespecterundélaiminimumobligatoiredepriseenchargedu serviceentredeuxremplacements ;
frevaloriserl’ISSR(Indemnitédesujétionspécialederempla- cement) ;
fprendre en compte les missions de remplacement dans la carrièredanslerespectdesrèglescommunesàtous ;
fmettreenplaceunplannationalderésorptiondel’emploi précaire.
Arrêtéd’affectation,missions,activitésdansl’établissementde rattachement,remboursements...pourtoutescesquestions,le SNESpublietouslesansunmémoTZR.Ilesttéléchargeable surlesiteetdisponibledanslessectionsdépartementaleset académiquesduSNES.
ce que veuT Le snes-fsu
r
edonner de L’
ATTrAcTiviTéAux Missions de reMPLAceMenT
© Thierry Nectoux
Pour moi, cette année et l’an dernier, je me pose la question : est-ce qu’on applique tout, au pied de la lettre, par exemple sur le Livret de compétences, l’histoire des Arts, le cahier de texte en ligne... On me ressort souvent l’argument « vous êtes fonctionnaire, vous devez appliquer ». Mais quel recul on peut avoir ?
Pauline, histoire-géographie, Saint-Ouen
L
e sTATuT,
Pour quoi fAire?
Le statut général des fonctionnaires de l’État a été créé au lendemain de la Libération. Ce choix s’appuyait sur une conception de la Fonction publique porteuse de l’intérêt général. Les règles posées découlant du statut général consti- tuent depuis lors une forte protection contre l’arbitraire et offrent les mêmes garanties à l’ensemble des fonctionnaires.
Il est indispensable que l’action des fonctionnaires soit définie sous la responsabilité du citoyen, donc du Parlement ou du pouvoir politique qui en découle, c’est-à-dire du gouvernement. C’est pourquoi les fonctionnaires conservent leur indépendance vis-à-vis de leur hiérarchie administrative qui n’a pas légitimité d’aller à l’encontre de règles dont elle n’est pas détentrice. Cette indépendance est également assurée par le recrutement par concours, par un jury indépendant, qui donne des garanties d’équité et de non-discrimination sans égal dans le secteur contractuel.
Fonctionnaires de catégorie A, les enseignants, CPE et CO-Psy, recrutés au niveau master, sont concepteurs de leurs métiers. Les corps auxquels ils appartiennent possèdent chacun un statut particulier, qui précisent les moda- lités de leur recrutement, leurs missions, leurs carrières et de leur évalua- tion. Dans ce cadre, ils ont toute liberté pour concevoir leurs pratiques.
des fonctionnaires indépendants pour une mission de service public
Témoignage
Les faits
L
e PAriTArisMe,
gAge d’
iMPArTiALiTé eT de TrAnsPArence Le statut pouvant être modifié à tout moment, il n’y a dès lors aucun« droit acquis ». Mais les personnels se sont vus reconnaître le droit syndical et le droit de grève. Ils sont associés, en amont, aux projets de décisions statutaires ou d’organisation du service et, en aval, à leur mise en œuvre, grâce à la consultation des Comités Techniques (CT) élus. S’agis- sant des actes de gestion de la carrière des fonctionnaires, c’est grâce aux Commissions Administratives Paritaires (CAP), où les fonction- naires sont représentés par leurs élus, que se mettent en œuvre concrè- tement les valeurs d’impartialité, d’égalité et de transparence.
L
es coMMissAires PAriTAires dusnes-fsu,
vos éLu-
e-
sIls siègent à parité avec l’administration dans les différentes instances qui gèrent la carrière de chaque enseignant : Commission d’avancement d’échelon, Commission de révision de la note administrative, Commis- sions d’affectation inter et intra académique (celles qui vous attri- buent des académies et des postes), Commission disciplinaire, etc.
Ils siègent également dans les Comités Techniques (CT) : ces comités donnent notamment leur avis sur la répartition des moyens entre les académies puis entre les établissements, sur les mesures de carte scolaire (suppression de postes) ou les modifications statutaires.
Les élu-e-s du SNES sont très largement majoritaires. Plus nombreux et plus efficaces, ils ont à cœur de défendre le statut des enseignants et les règles générales qui y sont liées mais aussi les situations indivi- duelles particulières. Ils portent auprès de l’administration les reven- dications du SNES pour l’amélioration des conditions de travail, la trans- parence de la gestion administrative et pour une école plus démocratique.
Pour le SNES-FSU, les missions de l'École ne sont pas compatibles avec la marchandisationdusavoir,etl'Éducationne peutpasfonctionnercommeuneentreprise.Le SNESentenddéfendrelafonctionpublique,bousculée parledroiteuropéen,quivoudraitlaréduireàdesmissions régaliennes,etparleslogiquesd'individualisation.
Le SNES et sa fédération la FSU agissent pour que le changementdegouvernementsoitporteurderuptureaussi surcetaspect,d'autantquelaprofessionasuimposerle retrait du projet de décret sur l'évaluation. Remettre en causelestatut,c'estdéconnecterlefonctionnairedel'intérêt généralaurisquedelesoumettreàdesintérêtsparticuliers, ouàdespressionsdiverses.
ce que veuT Le snes-fsu
d
es gArAnTies coLLecTivesPour Les PersonneLs
Quand on dit que les profs sont bien payés, non ! Par rapport au SMIC, oui... mais ça fait juste, et il faut voir où l’on vit. Après les premières années, c’est la traversée du désert avant d’être augmenté : ça va rester la même chose pendant très
longtemps.
Joseph, lettres modernes, Villemomble
q
u’
esT-
ce que Le sALAire?
Le traitement brut est le produit de l’indice par la valeur brute du point d’indice, 4,63029 € par mois (soit 3,86483 € net) depuis juillet 2010.
Par exemple : le traitement mensuel brut de certifié débutant, troisième échelon, indice 432 est de 2000,28 € (432 ¥4,63029).
Le traitement perçu est le traitement net. Il est calculé en déduisant diverses cotisations. S’ajoutent :
- l’indemnité de résidence (selon la zone de son établissement, 3 %, 1 % ou 0 % du traitement brut) ;
- le supplément familial de traitement ;
- l’ISOE (indemnité de suivi et d’orientation des élèves) : 99,43 € brut par mois pour les professeurs ; 48,59 € pour les documentalistes, CO-Psy et D-CIO et 92,01 € les CPE. Le SNES conteste la différence de ces taux ; - les heures supplémentaires : si le service hebdomadaire est supé-
rieur au maximum, il y a versement d’une HSA (« heure supplé- mentaire annuelle ») par neuvièmes d’octobre à juin. Un dépasse- ment ponctuel est rémunéré par une HSE (« heure supplémentaire effective ») ;
- d’autres indemnités, pour exercice en ZEP, le remplacement (ISSR)...
La prime d’entrée dans le métier, que le snes revendiquait, est versée depuis 2008 à la première titularisation dans un corps enseignant, d’éducation ou d’orientation. Au total 1 500 € brut (moins de 1 300 € net) en deux fois, novembre et février.
un métier
à revaloriser
Témoignage
Les faits
d
es sALAires en berneLa publication à l'automne dernier des statistiques de l'OCDE a mis en lumière la faiblesse des rémunérations des enseignants en France. En 2009, le salaire d'un enseignant français du secondaire, après 15 ans d'exer- cice, représente 83 % du salaire moyen enseignant dans l'Union Européenne (86 % sur les pays de l'OCDE). Non seulement le salaire après 15 ans de carrière est nettement inférieur à la moyenne, mais de plus la situation s'est profondément dégradée dans la période récente tandis qu'ailleurs des mesures de revalorisation ont été prises.
En cause notamment, la baisse continue de la valeur du point d'indice de la Fonction publique, qui depuis 2000 a perdu plus de 10 % de sa valeur. Et si Vincent Peillon reconnaît qu'il « serait digne de [nous] payer mieux », il ajoute qu'il n'en pas les moyens ; la rigueur budgétaire que veulent imposer le président de République et le nouveau gouverne- ment n'arrangera rien !
d
ébuTs de cArrière:
une vrAie revALorisATion?
Intervenue en 2010, la revalorisation des débuts de carrière permet aux nouveaux recrutés de percevoir à l’embauche un salaire équiva- lent à ce qu’il était en 2000, et cette revalorisation s’est arrêtée aux huit premières années de la carrière. Elle était d’ailleurs si limitée que le ministre a dû annoncer des mesures nouvelles (pour les échelons 3, 4 et 5) au 1erfévrier 2012.
Lesjeunesdiplôméssonttroppeu nombreuxàchoisirlesmétiersensei- gnantsetdésormaisdetropnombreux postesrestentvacantsàl'issuedesconcours.
C'estàcedéfipourlesystèmeéducatifqu'ilfaut répondre.
Revalorisernostraitements,c'estaussiunobjectifde justiceentregénérations.
‹La revalorisation de nos métiers doit concerner l'ensembledelaprofession,portersurlarémunération etlacarrière,améliorerlesconditionsd'emploietde service.
‹Ellenepeuts'accommoderdemesuresaucouppar coup,d'annoncesmédiatiquesd'unministreenveinede communicationmaiselledoits'inscriredansunplan pluriannuelnégocié.Elledoitreconnaîtrelesqualifi- cationsetfavoriserletravaild'équipe.Pourcombattre l'individualisation,elledoitporterprincipalementsur lagrilleindiciairedestraitements.
ce que veuT Le snes-fsu
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L fAuT AugMenTer Les sALAiresLes demandes de congé formation sont très fortes par rapport au nombre de postes offerts : dans mon académie, il y a plus de 1 000 demandes pour une cinquantaine de places à peine ! J'ai fini par obtenir mon congé formation au bout de 13 ans ! Senda, physique chimie,Nice
L
es sTAges de forMATion conTinueL’objectif est de doter les personnels des compé- tences professionnelles indispensables à une constante adaptation aux évolutions du système éducatif et à la réussite de tous les élèves.
Chaque rectorat propose des stages académiques disci- plinaires ou transversaux de quelques jours regroupés au sein du PAF (plan académique de formation). Les contenus de formation sont donc différents d’une académie à l’autre.
L’inscription se fait en fin d’année scolaire ou dans le mois de septembre de l’année suivante. Des stages d’autoformation sont disponibles en ligne.
Les mouvements pédagogiques et les associations de spécialistes sont aussi à l’initiative de stages.
Participer à un stage de formation continue n’est pas un droit. La demande est déposée auprès du chef d’établissement qui émet un avis selon la nécessité de service. Il faut faire valoir ce droit collectivement s’il vous est refusé.
Le budget de la formation continue est le parent pauvre, en constante baisse depuis des années.
L
e congé forMATion ProfessionneLLe‹ conditions
Il faut être en activité et il faut avoir accompli trois années de services publics effectifs.
continuer
à se former
Témoignage
Les faits
Il faut s’engager à rester au service de l’État pendant une durée égale au triple de celle du congé accordé.
‹ durée du congé
Trois ans sur l’ensemble de la carrière en une seule fois ou réparti en plusieurs périodes d’une durée minimale équivalente à un mois à plein temps.
‹ rémunération
Seuls les 12 premiers mois sont rémunérés à 85 % du traitement brut et de l’indemnité de résidence que le demandeur percevait au moment de la mise en congé. L’indemnité est plafonnée à 2 514 €.
‹ Modalités d’attribution
Le recteur attribue ces congés selon des critère, définis dans le cadre académique. Très souvent l’ancienneté de la demande est prise en compte, il faut donc renouveler la demande tous les ans. Confiez votre dossier au SNES-FSU.
d
roiT individueL à LA forMATion(dif)
décreT du17
ocTobre2007
Il permet de suivre des formations pour une durée de 20 heures par an. Si ces 20 heures ne sont pas utilisées, elles sont cumulables.
Elles sont rémunérées si vous les prenez dans le cadre des vacances scolaires.
À demander auprès de la cellule du rectorat chargée du DIF dans votre académie.
‹La formation continue doit aussi permettre la consolidation disciplinaire et la promotion des personnels(préparationauxconcourset auxdiplômes).Elledevraitêtreundroit,dont personne ne peut être privé, et se dérouler sur le tempsdeservice.
‹Les personnels doivent être consultés pour élaborationduPAF.
‹ Les moyens alloués doivent être en forte augmentation.
‹Les néotitulaires doivent être déchargés d’une partie de leur service pour pouvoir bénéficier de complémentsdeformation.
‹Lescontingentsdescongésdeformationdoivent être augmentés afin que le temps d’attente avant leurattributionnedépassepas3ans.
‹Le SNES réclame le rétablissement du congé mobilité (un an rémunéré afin de permettre une réorientation).
ce que veuT Le snes-fsu
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ffrir de réeLLes PossibiLiTés de forMATionMobilité professionnelle et mutation
Je suis d’Ariège, j’ai fait mon stage à Clermont, je suis néotitulaire en région parisienne... L’affectation loin de chez soi, ça décourage complètement. Je ne me rendais pas compte de ça, en passant le concours, du temps qu’il faudrait pour revenir chez moi.
Nadia, espagnol,Créteil
M
uTer,
un droiTObtenir une mutation conforme à ses vœux est essentiel au regard de la qualité de vie de chacun, d’un point de vue personnel, familial ou professionnel.
Les personnels peuvent également souhaiter changer d’établissement, de type de poste ou enseigner à l’étranger (dans ce dernier cas, contactez le SNES Hors de France à [email protected]).
Le « mouvement » est l’une des plus importantes opéra- tions de gestion en ce qu’il touche le plus grand nombre de fonctionnaires. Son but est d’assurer les besoins du service public sur l’ensemble du territoire national, tout en satis- faisant au mieux les vœux des personnels dans l’égalité de traitement et la transparence : mieux les personnels sont nommés, mieux ils sont à même de remplir leur mission de service public.
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n MouveMenT de Moins en Moins fLuideLa qualité du mouvement dépend de plusieurs facteurs mais les suppressions massives de postes entravent la mobilité.
Dans certaines disciplines, obtenir une mutation devient très difficile voire impossible.
De plus, la multiplication des postes spécifiques diminue fortement les possibilités de mutation tout en dégradant le service : en bloquant les postes ÉCLAIR, le précédent
Témoignage
Les faits
© DR
gouvernement a voulu contourner l’égalité de traitement des person- nels et instaurer le recrutement par les chefs d’établissement. Il a, de ce fait, empêché la mutation de nombreux collègues et entraîné la désertion des établissements ÉCLAIR dont le public devrait être consi- déré comme prioritaire.
Enfin, la structure actuelle du mouvement en deux temps (inter puis intra- académique) réduit la fluidité générale et accroît les disparités entre acadé- mies. Tout projet de déconnecter la titularisation de la première affec- tation et de la prise de poste, ou de régionaliser le recrutement, aurait pour effet un blocage irrémédiable des mutations.
é
voLuTion de cArrière:
Le ProbLèMeLes voies de la mobilité professionnelle sont diverses : mutations, concours internes (agrégation interne après cinq années de service public), concours pour l’accès à d’autres corps de fonctionnaires, listes d’apti- tude, détachements, disponibilité, congé pour études... La demande est naturellement forte et tend à se développer en lien avec l’accrois- sement des difficultés de nos métiers. Mais les moyens sont limités : les contingents de congé formation sont insuffisants. Les congés mobi- lité ont disparu faute de financement. Les quelques dizaines de postes
« seconde carrière » offerts sont en nombre si dérisoire qu’ils ne sont que de la poudre aux yeux.
‹Pour le SNES, il faut
construireunnouveaumouvement national en une seule phase, nourri par les recrutements nécessaires, dans uncadredecontrôleparitairerénové.Ilest ainsipossibledeconjuguerefficacementlesintérêts des personnels (pas de mutation en aveugle ni d’inégalité de traitement) et du service public par unecouvertureéquitabledesbesoins.
‹Au-delàdelamobilitégéographique,leSNESestime que les personnels doivent avoir la possibilité de changerd’orientationprofessionnelle.Celasuppose demettreenplacelesformationsadéquatesetdes possibilitésdemobilitéparlavoiedudétachement oudesconcoursinternes.
‹Le changement de politique affiché en matière de recrutement par le nouveau gouvernement se traduira-t-ilsurleterrain?LeSNESveilleraàceque leschefsd’établissementn’aientpluslamainsurles recrutementsdanslesétablissementsÉCLAIR.