HAL Id: jpa-00206383
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Submitted on 1 Jan 1966
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Étude de l’effet photo-hall dans la cuprite à 79 °K
J.P. Zielinger, M. Zouaghi, A. Coret
To cite this version:
J.P. Zielinger, M. Zouaghi, A. Coret. Étude de l’effet photo-hall dans la cuprite à 79 °K. Journal de
Physique, 1966, 27 (3-4), pp.166-172. �10.1051/jphys:01966002703-4016600�. �jpa-00206383�
ÉTUDE
DE L’EFFET PHOTO-HALL DANS LA CUPRITE A 79 °K(1)
Par J. P.
ZIELINGER,
M. ZOUAGHI et A.CORET,
Laboratoire de
Spectroscopie
etd’Optique
duCorps Solide,
Institut de
Physique,
Université deStrasbourg.
Résumé. 2014 L’étude de l’effet
photo-Hall
dans lacuprite
à 79 °K nous apermis
depré-
ciser la nature de la
photoconductibilité
dans le visible(0,4
à0,63 03BC)
et dansl’infrarouge (0,8
à2,5 03BC).
Dans le visible la
photoconductibilité
estbipolaire,
alors que dansl’infrarouge,
elle estessentiellement de type p.
Nous avons déterminé en outre certains
paramètres
desphotoporteurs (mobilité,
libreparcours moyen, constante de
diffusion, etc...).
Abstract. 2014 The
photo-Hall
effect in cuprous oxide at 79 °K wasinvestigated
in orderto determine the nature of the
photoconductivity
in the visible(0.4
to 0.6303BC)
and infrared(0.8
to 2.503BC)
parts of the spectrum. In the visible part thephotoconductivity
isbipolar,
while in the I. R. part it is
essentially
p type. Some parameters of thephotocarriers (mobility,
mean freepath,
diffusion constant,etc...)
have been determined.27, 1966,
1. Introduction. -
L’objet
de notre travail estd’obtenir des données nouvelles sur la nature de la
photoconductibilité
et de l’effetphotomagnéto- électrique (PME)
dans lacuprite
aux bassestempé-
ratures. Le
spectre d’absorption
de lacuprite
auxbasses et très basses
température
est connu[1].
Le
spectre
dephotoconductibilité
deCu2O [2, 3J
peut
être divisé en deuxrégions :
unerégion
dephotoconductibilité intrinsèque
limitée vers lesgrandes longueurs
d’onde à0,62 ~t environ,
et unerégion
dephotoconductibilité extrinsèque
oud’impu-
reté située au-delà de
0,62 ~.,
dont les bandes se trouvent à0,63 ~,, 0,8 p.
et 2 [.L.Dans la
région intrinsèque,
lespectre
dephoto-
conductibilité de
Cu20
à 79 OKpeut
être divisé en troisrégions, quelle
que soitl’épaisseur
de l’échan- tillon : larégion
des bords rouges où le rendementquantique
est constant, larégion
située entre lasérie
excitonique jaune
et0,5 ~
environ et larégion
des courtes
longueurs
d’ondes oùl’absorption
esttrès forte
(k
~ 105cm-1)
et où les recombinaisonsen surface sont
prépondérantes
et diminuent lavaleur du
photocourant.
Les mêmes
régions
sontcaractéristiques
pour lespectre
PlB1E[4, 5].
Dans larégion
delongueur
d’onde À >
0,58 [.L
iln’y
a pas d’effetPME,
bienqu’il
y aitabsorption
etphotoconduction.
Il fautadmettre que, dans cette
région,
l’un desporteurs
créés par la lumière a une mobilité
plus petite
quecelle de
l’autre,
cequi permettrait d’expliquer égale-
ment la faible valeur du
photocourant
dans larégion (1) Travail présenté
auColloque
dePhysique
auxtrès basses
températures
tenu à Caen les11,
12 et 13février 1965.
des bords rouges. Dans la
région comprise
entre0,49
et
0,48
y l’effet PMEaugmente
trèsrapidement,
bien que le coefficient
d’absorption
ne varie que peu dans cet intervalle.Elliott, Grun,
Sieskind et Nikitine[6]
ont montréque, dans
Cu,O,
lesspectres d’absorption pouvaient
être bien
expliqués
en admettant que les transitionsse font entre les bandes de conduction et la bande de valence dédoublée par le
couplage spin-orbite (fig. 9 ).
Etant donné cette structure debande,
nouspouvons nous attendre à des mobilités différentes des
photoporteurs
suivant les transitions que l’on considère.Fie. 4. - Schéma des bandes de
Culo.
Nous nous sommes
proposés
d’étudier la naturede la
photoconduction
dans cesystème
de bandes aumoyen de l’effet
photo-Hall.
L’étude de celui-cicomplète
les étudesprécédentes
etpermet
d’obtenir des valeursapprochées d’importants paramètres
relatifs aux
photoporteurs.
II.
Rappel des
données que l’on peutobtenir
del’étude de l’effet Hall.
-~- La méthode de mesureArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01966002703-4016600
167 de l’effet
photo-Hall
estprésentée
sur lafigure
2. Enappliquant
unchamp magnétique
H dans la direc-tion z et un
champ électrique
E dans la direction xà un échantillon éclairé par la radiation hv dans la direction de
H,
nous mesurons unchamp
élec-trique Eg
dans la direction y. Enappelant Vi
lepotentiel
deHall,
on détermine la constante deHall R par la relation
I étant le courant
qui
circule dans l’échantillon et bl’épaisseur
de l’échantillon.FIG. 2. - Mesure de l’effet
photo-Hall.
1. RÉGION DE FAIBLE ABSORPTION. - Dans la
région
duspectre
oùl’absorption
estfaible,
l’exci-tation se fait dans tout le
volume ;
nous pouvonsnégliger
lesgradients
de concentration desphoto-
porteurs
dans l’échantillon.Dans le cas
simple
d’une conductibilitéunipolaire,
de
type
p, parexemple,
la conductibilité 6, la cons- tante de Hall R et la mobilité de Hall sont don- néesrespectivement
par les relations :où p est la concentration des trous, ~ip la mobilité des trous, e la
charge
élémentaire et K un coefficientscompris
entre 1 et 2. Nous avons donc yHDans la suite nous admettrons K = 1.
La variation de
(ou
en fonction de l’inten-sité de la lumière incidente
peut
être associée àunchangement
del’occupation
d’un centre localisé[7].
Cette variation résulte essentiellement du fait que,
sous
photo-excitation,
les niveaux de Fermi respec- tifs des électrons et des trous serapprochent
respec-tivement de la bande de conduction et de la bande de valence.
Dans le cas d’une conductibilité
bipolaire,
lamobilité de Hall est donnée par la relation :
où p et n sont les concentrations
respectives
destrous et des
électrons,
yp et yn les mobilités respec- tives des trous et des électrons.L’expression (3)
estvalable dans le cas des
champs magnétiques
suffi-samment faibles pour que la variation de l’effet Hall
en fonction du
champ
soit linéaire.On remarque que s’annule pour ==
D’autre
part
il suffit que lesphotoélectrons
soientpiégés
pourqu’un photoconducteur,
initialement detype n, change
depolarité.
Si lephotoconducteur
secomporte
comme un isolant àl’obscurité,
et si nousnégligeons
les effets depiégeage, l’expression (3)
seréduit à :
On
peut
montrer par ailleurs que, pour deschamps magnétiques
H suffisammentforts,
la mobilité de Hall devient une fonctioncomplexe
de H2.2. RÉGION DE FORTE ABSORPTION. - Dans la
région
duspectre
oùl’absorption
estforte,
l’exci-tation ne se fait pas dans tout le volume de l’échan-
tillon,
mais dans une couchesuperficielle.
Commenous avons étudié des échantillons
épais,
la concen-tration des
photoporteurs
n’est pas uniforme. Nous pouvons alors admettre que l’échantilloncomporte
deuxrégions
de conductibilités différentes : unecouche
superficielle d’épaisseur dl
=1fk ~k
étantle coefficient
d’absorption)
où se fait laphotoexci- tation,
et une deuxième couched’épaisseur d2
= b - verslaquelle
lesphotoporteurs
nediffusent pas
beaucoup.
Si nous introduisons k dans(3)
nous trouvonsl’expression
suivante[12]
b étant
l’épaisseur
del’échantillon,
po et p les con-centrations
respectives
des trous à l’obscurité et sous l’effet del’irradiation, n
la concentration desphotoélectrons,
yn et gp les mobilitésrespectives
desélectrons et des trous.
Nous allons étudier le
comportement
de 03BCH dans deux cas limites :a)
Faibles intensités lumineuses. - Nous pouvonsnégliger
p et n devant(kbpo) :
p, n «(kbpo).
L’expression (4)
se réduit à yH = yp.b)
Fortes intensités lumineuses. -- Dans ce cas nous pouvons admettre que - «(kbpo)y) et
nyn
+
pyp »L’expression (4)
se réduit alors à :La variation de 03BCH en fonction de la
photoconduc-
tibilité 6 est alors
hyperbolique.
3.
EVALUATION
DE CERTAINS PARAMÈTRES CARAC-TÉRISTIQUES. - L’étude de l’effet
photo-Hall
nouspermet
d’obtenir un certain nombre derenseigne-
ments
importants
sur lesphotoporteurs.
Connaissant la mobilité des trous, dans un
photo-
conducteur de
type
p, parexemple,
nous pouvonscalculer le
temps
moyen Tp entre deux collisions àpartir
de la relation :e étant la
charge
élémentaire en u. é. s. c. g. s.mg
la masse effective des trous en gramme, yp la mobilité enCM2/Volt. sec
et Tp en sec. D’autrepart,
le libre parcours moyen des trouslp
est donné par la relation :v étant la vitesse
thermique
des trous.La constante de diffusion
Dp
est donnée par la relation d’Einstein :k étant la constante de Boltzmann et T la
tempé-
rature.
III. Conditions
expérimentale s. -1.
LEs ÉCHAN-TILLONS. - Nous avons utilisé des échantillons
(mono
etpolycristallins)
de dimensionsapproxi-
matives
(10
X 3 X2)
mm3 taillés dans des blocs deCu20 préparés
par M. Grosmann[8].
Les conductibilités à 79 OK de ces échantillons
sont
comprises
entre 10-11mho/cm
et des valeursinférieures à 5 X 10-13
mho/cm (conductibilité
minimum mesurable avec notre
dispositif expéri- mental).
Pour les mesures d’effetphoto-Hall,
nousavons
dépoli
les faces des échantillonsparallèles
auchamp magnétique
pouraugmenter
les vitesses de recombinaison en surface etpermettre
auchamp
deHall
EH
de s’établir instantanément[9].
2. DISPOSITIFS EXPÉRIMENTAUX. -
a) Dispositif
de
refroidissement.
- Nous avons eif ectué nosmesures à une
température
fixe voisine de celle- de l’azoteliquide.
Nous avons utilisé uncryostat
à doubleparoi
en pyrex, en forme de vase deDewar,
terminé par un
prolongement cylindrique
de 15 cmde
long
et de1,5
cm de diamètre intérieur.Un tube en pyrex de diamètre extérieur 1 cm con-
tenant les fils de conduction et le
porte-échantillon
est
plongé
dans l’azoteliquide
et arrivejusqu’à
lapartie
inférieure ducryostat (fin. 3).
L’échantillon n’est donc pas en contact direct avec leliquide
réfri-gérant.
Le contactthermique
se fait par conductiongazeuse
(He
ouH2).
Latempérature
mesurée aumoyen d’un
thermocouple
était de l’ordre de 79 °Ket ne subissait aucune variation décelable sous l’effet des radiations lumineuses.
b) Dispositif
d’éclairement. - Le faisceau lumi-neux d’une
lampe
à filament detungstène
passe àtravers un monochromateur à réseau Baush et
Lomb ouvert à
1/4,5, ayant
unedispersion
linéairede 16 Le réseau est blazé à
0,4
pL. Unsystème
de lentilles et de miroirs
permet
d’irradier unifor- mément les échantillons. Dans le visible la bandeFIG. 3. - Partie inférieure du cryostat
montrant la
disposition
duporte-échantillon.
passante
est de 100A
environ pour assurer unéclairement intense. Pour les mesures effectuées dans
l’infrarouge,
nous avonsemployé
un filtre Kodakqui
laisse passer la lumière delongueurs
d’ondesupérieures
à0,8
p..c)
Mesuresélectriques.
- Les tensions et lechamp magnétique appliqués
aux échantillons sont con-tinus. La tension de Hall est mesurée au moyen d’un électromètre
Keithley
600 A dontl’impédance
d’entrée est de l’ordre de
1014
Ohms etqui permet
de détecter le dixième de millivolt. Le courant est mesuré par un électromètre du mêmetype qui permet
de détecter 10r15ampère,
etqui
est pourvu d’unsystème
de contre-réaction.d) Champ magnétique.
- Un électroaimantWeiss,
d’entrefer 40 mm
permet
d’obtenir unchamp magnétique
continu variant de 2 à 14kilogauss.
IV. Résultats
expérimentaux.
- Les résultatsobtenus sont
reproductibles
pour les échantillons taillés dans le même bloc etayant
les mêmes condi- tions de surface(par exemple
surfaceattaquée
àl’acide
nitrique dilué). Lorsque
nouschangeons
cesconditions
(par exemple
enpolissant
la surfaceéclairée à la
pâte
dediamant)
les résultats varientconsidérablement,
surtoutquand
l’irradiation se fait dans le bleu.1.
ÉTUDE
DE LA PHOTOCONDUCTIBILITÉ. - Nousavons étudié les
caractéristiques lux-ampère
d’unmonocristal
(E4)
dans le visible et dans l’infra- rouge. Lafigure
4 montre la variation duphoto-
courant
IPC
dans le visible en fonction de l’intensité lumineuse incidente enphotons/em2-s (échelle log-log).
Dansl’infrarouge
l’intensité incidente esten unités arbitraires. Cette variation est linéaire de
pente --
1 dans le vert et l’ I. R. Dans les autresrégions
duspectre (violet, bleu, jaune
etrouge),
lavariation est linéaire de
pente -
1 seulement du côté des fortes intensités lumineuses. Du côté des faibles intensités lapente
est inférieure à 1.Cette modification de la
pente peut s’expliquer
en169 admettant que l’irradiation fait varier les mobilités
respectives
desphotoporteurs [7]
par unchangement
de
l’occupation
des centres localisés. Cette variationse superpose à celle due à la création de
photo- porteurs
designes opposés [3].
Pour éviter cettesuperposition
nous avons eff ectué nos mesures dans lapartie
linéaire descaractéristiques lux-ampère.
FIG. 4. - Variation du
photocourant
en fonction del’intensité lumineuse pour le monocristal E4.
2. EFFETS DU CHAMP MAGNÉTIQUE. - La varia- tion du
potentiel
de HallVn
en fonction duchamp magnétique
.H souséclairement,
n’est pas linéaire pour des valeurs élevées de H. Lesfigures
5 et 6FIG. 5. - Potentiel de Hall en fonction du
champ magnétique (échantillon
E5attaqué).
montrent que, pour les échantillons E5 et E7 éclairés
avec des radiations voisines de
0,54 ~,, VH(H)
n’estlinéaire que pour H inférieur à 5 kG environ.
L’échantillon E7 étant éclairé avec des radiations voisines de
0, 58 ~,
la linéarité est obtenue pour H inférieur à 7 kG environ.Lorsque
E5 est éclairé dans l’ I. R. la variationVn(H)
est linéaire dans la limite des erreursexpérimentales.
FIG. 6. - Potentiel de Hall en fonction du
champ magnétique (échantillon
E7poli).
Nous avons effectué les mesures d’effet
photo-
Hall avec des
champs magnétique
H suffisamment bas pour éviter ces effets non linéaires.3. VARIATION DE LA MOBILITÉ DE HALL EN FONC- TION DE LA PHOTOOONDUCTIBILITÉ 6pC. - Dans les études de la
photoconductibilité
onadmet,
engénéral,
que seules les concentrations desporteurs
varient et que, parconséquent,
les mobilités respec- tives desphotoporteurs
ne varient pas.Lorsque la photoconductibilité
estunipolaire (cf. expressions 2),
y, doit donc rester constante et 6pC est directement
proportionnelle
à la concentration p. Dans le casde la
photoconductibilité bipolaire (expressions 3),
la variation de la mobilité de Hall est due
unique-
ment aux variations des concentrations p et n et
par là-même
{LH est
une fonction décroissante de 6pC.Comme nos échantillons ont des conductibilités dif- férentes à
l’obscurité,
nous avons étudiéuniquement
la variation de (LH en fonction de la
photoconduc-
tibilité.
Les
figures 7,
8 et 9 Inontrent les résultats decette étude pour les échantillons
E4,
E7 et E3.a)
Dans tout levisible,
yH diminuelorsque
apcaugmente.
Cette diminution est de même naturedans tout le
spectre
pour E4(fig. 7)
et E7( fig. 8).
Cependant
dans le cas de E4 la mobilité fLR diminue très fortement(80 0/0),
alors que dans le cas de E7cette diminution est de l’ordre de 30
%
seulement.Dans le cas de E3
9)
cette diminution est de l’ordre de 100%
sous éclairement à0,54
y.FIG. 7. - Variation de la mobilité de Hall en fonction de la
photoconductibilité 6PC(échantillon E4).
FIG. 8. - Mobilité de Hall en fonction de arC pour différentes
longueurs
d’onde(échantillon E7).
FIG. 9. - Variation de tkn
en fonction de Ope
(échantillon E3).
b) Quand
l’échantillon est éclairé dans l’ I. R. la variationchange
de sens(fig. 10, 11).
Eneffet,
lamobilité de Hall
augmente lorsque
la conductibilité augmente sous l’effet de l’irradiation. Ensuite vers les fortes intensités d’éclairement elle diminuelégè-
rement dans le cas de E7
10).
Dans le cas de E3,la mobilité de Hall reste d’abord constante
11)
et diminue ensuite assez fortement. Sur la
figure
10nous avons tracé aussi la courbe de variation de ~,H
en fonction de la concentration p calculée à
partir
de
l’expression (2)
valable pour une conductibilitéunipolaire.
Cette variationpeut s’expliquer
par lechangement d’occupation
des centres localisés[7].
Fie. 10. -
a)
Mobilité de Hall en fonction de la conduc- tibilité.b)
Mobilité de Hall en fonction de la concentration des trous(échantillon
E7 éclairé dans l’ I.R.).
FIG. 11. - Mobilité de Hall en fonction de la conduc- tibilité
(échantillon
E3 éclairé dans l’ I.R.).
4. VARIATION DE LA CONSTANTE DE HALL EN
FONCTION DE L’INTENSITÉ DE LA LUMIERE INCI- DENTE. - Nous avons
enregistré
une diminution de la constante de Hall R dans tous les cas,lorsque
l’intensité lumineuse incidente
IL augmente.
Cette diminution estbeaucoup plus prononcée lorsque
leséchantillons sont irradiés dans l’ I. R.
Néanmoins,
alors que pour une irradiation dans l’ I. R. la cons- tante de Hall R est inversement
proportionnelle
à
IL,
dans le visible la diminution estbeaucoup
moins
importante.
Dans tous les cas la constantede
Hall R >
0.V. Discussion. - 1. EXCITATION D ANS L’INFRA-
ROUGE. - L’étude
expérimentale
de la variation dela mobilité de Hall t-lH sous l’ eff et de l’éclairement a montré que la
photoconductibilité
deCu20
danscette
région spectrale
est essentiellement detype
p.Nous avons éclairé les échantillons dans la
partie
171
spectrale comprise
entre0,8 ~
et2,5
fL environ.Dans cette
région spectrale
lacuprite présente
deuxbandes
d’absorption
àtempérature
ordinaire[10] ;
une à
0,8 ti
et une à 2 p.. La bande à0,8
p., laplus importante
àtempérature ordinaire,
se voitégale-
ment par
photoconductibilité [10]. D’après
certainsauteurs
[10]
elle est due au passage d’électrons d’un niveau de centres localisés A associés aux vacancescuivre à la bande de conduction
fig~. 12).
Ce niveause trouve à
0,65
eV environ au-dessus de labande
de valence. La bande à2 [L, plus
faible àtempéra-
ture
ordinaire,
est due au passage d’électrons de la bande de valence au niveau des centres A. Lapré-
sence de ces deux bandes serait ainsi liée à celle d’un seul niveau A. Ce modèle
qui prévoit
unephoto-
conductibilité
bipolaire
dans larégion spectrale comprise
entre0,8
[L et2,5
est en contradictionavec nos résultats
expérimentaux.
FIG. 12. - Schéma de bandes
proposé
pourexpliquer
la variation de la mobilité des trous dans l’ I. R.
D’autres auteurs
[14]
ont conclu àpartir
demesures de luminescence à très basse
température
dans le
proche infrarouge,
à l’existence d’un autreniveau B situé entre le niveau A et la bande de valence. Ce niveau serait associé à la
présence
dansle réseau de vacances
oxygène qui jouent
le rôle de centres donneurs. Si onretire,
eneffet,
àpartir
duréseau,
un atomed’oxygène,
un centre localisé seforme et
joue
le rôle d’une vacance avec deux élec-trons
piégés qui peuvent
être libérés soit par exci- tationthermique (ils passent
alors à la bande deconduction),
soit en se recombinant avec un troulibre,
cequi équivaut
à unpiégeage
de trous.I,orsqu’on
éclaire les échantillons à0,8 ~
et à2 y
à la
fois,
il estprobable
que les électrons sont libérés àpartir
du niveau B et non àpartir
deA,
car ladensité des électrons dans les centres A est très faible à basse
température (~
104cm.-3).
La libé-ration d’électrons à
partir
des centres B initialement à doublecharge négative
rend ces centrespositifs.
Ceci se traduit par un affaiblissement de l’interaction coulombienne entre les centres B et les trous libres et, par
là-même,
par uneaugmentation
de la mobi-lité des trous : ce
qu’on
observeexpérimentalement
dans le cas de la
figure
10.Lorsque
l’intensité lumineuse incidente augmente, la densité des électrons libérés àpartir
des centres Bet
piégés
par les centresA, augmente.
Ceci se traduitpar une
augmentation
de l’attraction coulombienne des centres A sur les trous libres etengendre
ainsiune
légère
diminution de la mobilité des trous.L’action combinée des niveaux A et B sur les électrons et les trous serait ainsi à
l’origine
ducomportement
de la mobilité des trous dansCu20
éclairé dans
l’infrarouge.
Dans le cas où l’on n’observe pas
d’augmentation
de la mobilité de Hall
11),
il estprobable qu’il
y a
compensation
entre les actions des niveaux A et B.2. EXCITATION DANS LE VISIBLE. -
L’absorption
se faisant
uniquement
dans une couchesuperficielle,
le coefficient
d’absorption
k intervient dansl’expres-
sion de la mobilité de Hall
(expression 4).
Commenous avons deux
types
d’échantillons(E7
etE3),
nous allons les étudier
séparément :
a) Échantillon
detype
E7. - Laquantité (kbpo)
estrelativement
grande.
Ce terme est alorsprépon-
dérant dans
l’expression (4)
donnant plî ; et la variation est faible(fig. 8) ;
la limite de >Hvers les fortes intensités lumineuses dont nous pou-
vons
disposer
est non nulle.b) Échantillon
detype
E3. - Laquantité
est
négligeable
devant(p~,p
dans(4).
La varia-tion de 03BCH avec 6PC est alors
grande
etdépend
fortement de l’intensité lumineuse incidente
(fig. 9).
Ceci
peut s’expliquer
parl’expression (5)
où laphotoconductibilité
6PC se trouve au dénominateur.Dans tous les
échantillons,
la variationdépend
du coefficientd’absorption k,
et par là-même de lalongueur
d’onde. D’autrepart,
avec les inten- sités lumineuses utilisées(de
l’ordre de1015 pho- tons/cm2.s),
nous n’avons pas observé d’inversion de la constante de Hall. Cela est certainement dû aurôle du coefficient k surtout dans le vert et le bleu.
Pour que R s’inverse il faudrait que :
Or,
pour obtenir cette condition il faudrait : -.a)
une intensité lumineusebeaucoup plus forte, b)
que la contribution des électrons à laphoto-
conductibilité soit
plus grande
que celle des trous.Ceci ne semble pas être le cas
ici,
saufprobablement
dans
le jaune où,
par contre, la contribution destrous est
plus grande
que celle des électrons.De toute manière les contributions des trous et
des électrons à la
photoconductibilité
deCu20
dansle
visible,
sont du même ordre degrandeur.
Nouspouvons alors admettre que les mobilités
respectives
des
photoélectrons
et desphototrous
sontégalement
du même ordre de
grandeur.
3.
ÉVALUATION
DE CERTAINS PARAMÈTRES CARAC-TÉRISTIQUES.
- La mobilité pp des trous que nous obtenons à l’obscurité estcomprise
entre2,6
X 103CM2/Vs
et3,8
X 103cm2/Vs
suivantles échantillons.
En admettant que pp == (.Ln et
m*
= mmasse de l’électron au repos, nous obtenons à
partir
des
expressions (6), (7)
et(8)
letemps
moyen entre deux collisions pour les électrons et les trous :le libre parcours moyen :
la constante de diffusion :
L’évaluation de la constante de diffusion D per-
met
d’obtenir,
àpartir
de l’étudeexpérimentale
del’effet
PME,
les valeurs du coefficient de recombi-naison,
de la durée de vie et de lalongueur
de dif-fusion des
photoporteurs,
et par là-même la valeur minimum de lalongueur
de diffusion de l’excitondans la
cuprite [15].
VI.
Conclusions.
- Les mesures d’effetphoto-
Hall effectuées ont montré la
dépendance
de lamobilité de Hall du
type
d’échantillons utilisés(fig.
8 et9). L’interprétation quantitative
des résul-tats demeure
quelque
peu incertaine. Toutefois nouspouvons tirer les conclusions suivantes :
1)
Laphotoconductivité
deCu20
dans l’infra-rouge
(0,8
-2,5 y)
est essentiellement detype
p.Les données d’effet
photo-Hall
obtenues dans cetterégion
duspectre indiquent
que la mobilité de Hall varie avec l’intensité de laphotoexcitation.
Cettevariation n’est pas
importante,
et elle est associéeà la variation de
l’occupation
des centres localisés[7].
Une étude en cours dans cette
région spectrale
doitnous
permettre
depréciser
la nature, laposition
etla densité des centres localisés A et B dans la
cuprite.
2) La
photoconductibilité
deCu,0
dans le visibleest fortement
bipolaire,
surtout dans larégion
spec- trale delongueurs
d’ondesupérieures
à0,55
micron.La mobilité de Hall mesurée est très sensible à la
photoexcitation
etdépend
fortement du coefficientd’absorption.
Les résultats nepeuvent s’interpréter
que si " l’on admet que la mobilité des électrons est
très voisine de celle des trous, ce
qui
est conforme àl’interprétation
de l’effet PME stationnaire[13].
Une étude d’effet
photo-Hall
dans les raies excito-niques
n’a pas été faite. Nous nous proposons de l’ effectuer.Manuscrit reçu le 10 août 1965.
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