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(1)

Table des matières

18 Espaces Vectoriels 3

18.1 Espaces-vectoriels et Sous-espaces vectoriels . . . 3

18.2 Translations, sous-espaces affines . . . 8

18.2.1 Translations . . . 8

18.2.2 Sous-espaces affines . . . 8

18.3 Applications Linéaires . . . 10

18.3.1 Définitions et Exemples . . . 10

18.3.2 Structures et Propriétés . . . 11

18.3.3 Equations Linéaires . . . 12

18.4 Bases et Combinaisons Linéaires . . . 14

18.4.1 Familles Génératrices . . . 14

18.4.2 Familles Liées - Familles Libres . . . 16

18.4.3 Base et image d’une base . . . 18

18.5 Projecteurs et Symétries . . . 21

18.5.1 Projecteurs . . . 21

18.5.2 Symétrie . . . 23

(2)

LycéePierredeFermat-MartinDelHierro

(3)

Chapitre 18

Espaces Vectoriels

18.1 Espaces-vectoriels et Sous-espaces vectoriels

voir Fiche 09 : Structures Algébriques

Définition 18.1.1 (K-ev)

Soit Kun corps commutatif (le plus généralement K =Rou K= C) et E un ensemble muni d’une`.c.i+ et d’une loi de composition externe·:K×EE.

On dit que(E,+,·)est unK-espace-vectoriel lorsque (EV1) (E,+)est un groupecommutatif.

(EV2) "·" est distributif à gauche sur+:

∀(λ, x, y)K×E×E, λ·(x+y) =λ·x+λ·y (EV3) "·" est distributif à droite sur+:

∀(λ, µ, x)K×K×E, +µ)·x=λ·x+µ·x (EV4) Associativité mixte :

∀(λ, µ, x)K×K×E, ×µ)·x=λ··x) (EV5) 1Kest opérateur neutre relativement à "·"

∀xE, 1K·x=x

On appelle vecteur tout élément deEet scalaire tout élément deK

Remarque: On montre par une récurrence évidente (avec les notations additives pour le groupe(E,+))

∀n∈Z,∀x∈E, nx=n·x Exemple: (−→

P,+,·)et(−→

E,+,·)sont desR-ev Exemple: ({−→

0},+,·)est unR-ev Exemple: RetCsont desR-ev

Exemple: Cest unC-ev, maisRn’est pas unC-ev

Exemple: Si (K,+,×) est un corps, alors (K,+,·) est unK-ev (où·est induite par×) Exemple: (F(I,R),+,·)est unR-ev

Exemple: (F(I,C),+,·)est unC-ev (mais aussi unR-ev)

Exemple: (S(R),+,·)et (S(C),+,·)(suites à valeurs réelles resp. complexes) sont desR-ev Exemple: (S(C),+,·)est unC-ev

Exemple: (K[X],+,·) est unK-ev (où·est induite par×)

Exemple: SoitF unK-ev etX un ensemble, l’ensemble F(X, F)des applications deX dans F forme unK-ev pour les lois

f +g:x7→f(x) +g(x) et λ·f :x7→λ·f(x) oùf, gsont quelconques dansF(X, F)et λquelconque dansK

Remarque 18.1.1 Si (E,+,·) est un C-ev alors (E,+,·) est un R-ev.

Ici on note encore·la lce induite par ·sur R

(4)

Définition 18.1.2 (CL)

Soienti)i∈Iet(xi)i∈I deux familles finies de scalaires et vecteurs respectivement.

Le vecteur X

i∈I

λixi

est ce qu’on appelle une combinaison linéaire des vecteurs(xi)i∈I

Exercice: Soit(E,+,·)unK-ev. Montrer que pour toutxEet toutλK

−(λ·x) = (−λ)·x=λ·(−x) λ·x= 0E⇐⇒λ= 0K ou x= 0E

Solution :Grace aux distributivités (0K+ 0K)

| {z }

0K

·x= 0K·x+ 0K·x et λ·(0E+ 0E)

| {z }

0E

=λ·0E+λ·0E

D’où0K·x= 0E et λ·0E= 0E. D’où par distributivité

λ·x+ (−λ)·x= (λ−λ)·x= 0K·x= 0E et λ·x+λ·(−x) =λ·0E = 0E

D’où par définition des symétriques

(−λ)·x=−(λ·x) et λ·(−x) =−(λ·x) Enfin supposons λ·x= 0E, Montrons que λ= 0K ou x= 0E.

En effet dans le cas oùλ= 0, il n’y a rien à montrer et dans le cas contraire x= 1

λ··x)

| {z }

0E

= 0E

Remarque: On en déduit pour toutλ, µ dansKet x, y dansE

λ·(x−y) =λ·x−λ·y et (λ−µ)·x=λ·x−µ·x λ·x=λ·y

λ6= 0

¾

=⇒x=y et λ·x=µ·x x6= 0

¾

=⇒λ=µ

Proposition 18.1.1

Soient(E,+,·)et(F,+,·)deuxK-ev, alorsE×F muni des lois produit est unK-ev.

Démonstration

(EV1) (E,+)est un groupe commutatif. (cf fiche) (EV2) "·" est distributif à gauche sur+:

∀(λ,(a, b),(x, y))K×(E×F)×(E×F), λ·((a, b) + (u, v)) =λ·(a+u, b+v) =·(a+u, λ·(b+v)) = (λ·a+λ·u, λ·b+λ·v) = (λ·a, λ·b) + (λ·u, λ·v) =λ·(a, b) +λ·(u, v) (EV3) "·" est distributif à droite sur+:

∀(λ, µ,(a, b))K×K×(E×F), (λ+µ)·(a, b) = ((λ+µ)·a,(λ+µ)·b) = (λ·a+µ·a, λ·b+µ·b) =λ·(a, b)+µ·(a, b) (EV4) Associativité mixte :

∀(λ, µ,(a, b))K×K×(E×F), (λ×µ)·(a, b) = ((λ×µ)·a,(λ×µ)·b) = (λ·(µ·a), λ·(µ·b)) =λ·(µ·a, µ·b) =λ·(µ·(a, b)) (EV5) 1K est opérateur neutre relativement à "·"

∀(a, b)∈E×F, 1K·(a, b) = (1K·a,1K·b) = (a, b)

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(5)

18.1. ESPACES-VECTORIELS ET SOUS-ESPACES VECTORIELS 5

Exemple: (R2,+,·)est l’espace produit de(R,+,·)avec lui-même

Exemple: On définit de mêmeC2 et par récurrence pour toutn∈N,Rn etCn Exemple: On généralise cette définition auK-ev :EnE est unK-ev

Définition 18.1.3 Soit(E,+,·)unK-ev etFE.

On dit queF est un sous-espace vectoriel de(E,+,·)lorsque

F est un sous-groupe de(E,+)

F est stable pour·

Remarque 18.1.2 Si(E,+,·)est unK-ev et FEest une partie stable pour ·et+, alors·et+induisent une `.c.isurB (notons-les encore·et+).

F est un sous-espace vectoriel de(E,+,·)⇐⇒(F,+,·) est un Kev

Proposition 18.1.2 Soit(E,+,·)unK-ev etFEnon vide.

F est un sous-espace vectoriel de(E,+,·)⇐⇒ ∀(λ, µ, x, y)K×K×F×F, λ·x+µ·yF

Démonstration

Remarque: On utilise parfois cette propriété en deux temps, Pour F ⊂E non vide, F est un sous- espace vectoriel de(E,+,·) si et seulement si

∀(x, y)∈F×F, x+y∈F et ∀(λ, x)∈K×F, λ·x∈F Exemple: Toute droite vectorielleR−→u est un sous-espace vectoriel de−→

P (resp.−→ E) Exemple: Tout plan vectorielR−→u +R−→v est un sous-espace vectoriel de−→

E Exemple: l’ensemble des fonctions bornéesB(I,R)est unR-sev deF(I,R) Exemple: l’ensembleS0(R)des suites convergeant vers0est unR-sev deS(R)

Exemple: l’ensemble des fonctions paires (resp. impaires) surRforment desR-sev deF(R,R) Exemple: l’ensembleCk(I)est unR-sev deF(I,R)

Exemple: l’ensembles des fonctions dérivables surIest unsev deF(I,R) Exemple: Esc([a, b])etCpm([a, b])sont desR-sev deF([a, b],R)

Exemple: Kn[X] est un sev deK[X]

Exemple: l’ensemble des solutions d’une équation linéaire premier ordre homogène résolue surI est un sev deF(I,R)

Exemple: l’ensemble des solutions d’une équation linéaire à coefficients constants du second ordre ordre homogène résolue surIest un sev de F(I,R)

Proposition 18.1.3 Soit(Fi)i∈I une famille non vide (finie ou infinie) de sev de E, alors

\

i∈I

Fi

est un sev deE

Démonstration

Remarque: On ne peut en général rien dire pour la réunion (même finie) de sev

Exemple: x7→x3+ 1est la CL d’une fonction paire et impaire surRmais n’appartient pas à la réunion Fpair(R,R)∪ Fimpair(R,R)

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(6)

Définition 18.1.4 Soit P une partie de l’ev E, on note V ectK(P) (ou tout simplement V ect(P)) le sous-espace vectoriel engendré par P, il s’agit du plus petit (au sens de l’inclusion) sous-espace vectoriel deE contenant P :

P ⊂V ect(P) V ect(P) sev de E et ∀F ∈ P(E), F sev =⇒V ect(P)⊂F

DémonstrationMontrons l’existence de ce sous-espace.

SoitSP l’ensemble des sev deE contenantP. SP non vide car il contientE.

Posons

V := \

F∈SP

F

c’est un sev d’après la propriété précédente et il contientP (car intersection de parties contenantP) d’où V ∈ SP. Montrons que c’est le plus petit élément.

SoitF0∈SP par définition

V= \

F∈SP

F∩F0⊂F0

Remarque: V ect(∅) ={0} V ect(E) =E et pour tout sevF deE, on aV ect(F) =F

Proposition 18.1.4 SoitP une partie deE, on a V ect(P) ={X

i∈I

λixi | If inii)i∈I KI et (xi)i∈I ∈EI} En particulier siP ={x1, . . . , xm}

V ect({x1, . . . , xm}) ={ Xm i=1

λixi |i)1≤i≤mKm et (xi)1≤i≤m∈Em}

On note

V ect(x1, . . . , xm) :=

Xm i=1

K·xi=K·x1+. . .+K·xm

DémonstrationOn noteV un tel ensemble.

Il est stable par adition et par multiplication par un scalaire, c’est donc un sev. Par ailleursP ⊂ V(clair).

DoncV ∈ SP (voir notations ci-dessus). Montrons que c’est le plus petit élément

Enfin tout sev F de E contenant P vérifie, F est stable par CL, et donc puisque P F toute CL d’éléments deP est dansF, i.e.

V ⊂F

Exemple: Pour−→u ∈−→

P non nul,V ect(−→u)est la droite vectorielleR−→u Exemple: Pour−→u ,−→v dans−→

E non colinéaires,V ect(−→u ,−→v)est le plan vectorielR−→u +R−→v Exemple: DansK[X], on aV ectK(1, X, X2, . . . , Xm) =Km[X]

Exercice: Montrer que pourP, Qdeux parties d’unK-evE, on a P ⊂Q=⇒V ect(P)⊂V ect(Q)

Définition 18.1.5 SoitE un K-ev, on dit que les sev A et B sont supplémentaires dans E (ou encore queA est un sev supplementaire deB ou encore queB est un sev supplementaire de A) lorsque.

Tout vecteurx∈E se décompose de facon unique sous la forme x=a+b avec a∈A et b∈B

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(7)

18.1. ESPACES-VECTORIELS ET SOUS-ESPACES VECTORIELS 7

i.e.

∀x∈E, ∃!(a, b)∈A×B; x=a+b On note

E =A⊕B

Exemple: Soient−→

i ,−→

j les vecteurs de la base canonique de −→

P, alorsR−→ i etR−→

j sont supplémentaires Exemple: Soient−→

i ,−→ j ,−→

k les vecteurs de la base canonique de −→

E, alorsR−→ i et R−→

j +R−→

k sont sup- plémentaires

Exemple:

F(R,R) =Fpair(R,R)⊕ Fimpair(R,R) Remarque: Rappelons la notation pourA, B deux sev

A+B:={a+b | a∈A et b∈B}

Exercice: Montrer que pourA, B deux sev deE on aA+B=V ect(A+B) =V ect(A∪B) Exercice: Montrer que pourA, B deux sev deE on a

E=A+B⇐⇒ ∀x∈E, ∃(a, b)∈A×B, x=a+b Proposition 18.1.5 SoitE un ev etA, B deux sev deE. On a alors

E=A⊕B⇐⇒E=A+B et A∩B={0}

DémonstrationDans le sens direct, siE=A⊕B, on a E=A+B d’après l’exercice précédent.

Par ailleurs six∈A∩B, par unicité dans les décompositions x=|{z}x

∈A

+ 0|{z}

∈B

et x= 0|{z}

∈A

+|{z}x

∈B

on ax= 0.

Pour la réciproque, soitx∈E on sait déjà puisqueE =A+B, que l’on peut trouvera, b dansAet B respectivement tq

x=a+b

Montrons l’unicité. Si par l’absurde on peut trouver(a0, b0)∈A×B distinct de(a, b)tel que x=a0+b0

On en déduit

a0+b0(a+b) = 0 d’où a| {z }0−a

∈A

=b| {z }−b0

∈B

D’où

a0−a∈A∩B et b−b0∈A∩B

OrA∩B={0}... contradiction

Exercice: Montrer que pourA, B deuxK-ev on a

A×B =A× {0}+{0} ×B

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(8)

18.2 Translations, sous-espaces affines

18.2.1 Translations

Définition 18.2.1 SoientE un K-ev et adansE, on note τa :E→E l’application définie par τa :x7→a+x

On dit que τa est la translation de vecteura

Remarque: Attentionτan’est pas un morphisme d’espaces vectoriels (ni de groupe) sauf lorsquea= 0 Proposition 18.2.1 L’ensembleT(E)des translations deE est un groupe abélien pour la loi◦, on a en particulier un isomorphisme de groupesτ: (E,+)(T(E),◦)défini par

τ :a7→τa

DémonstrationPuisque

τa◦τb=τa+b et τ0=IdE

On en déduit queτb−1=τ−b∈T(a). C’est donc bien un groupe (abélien cara+b=b+a).

Le cararctère morphisme est clair.

τ est surjectif par définition deT(E).

Montrons qu’il est injectif

a∈kerτ=⇒τa= 0 =⇒τa(0) = 0 =⇒a+ 0 = 0 =⇒a= 0

Exercice: SoitAun sev deE et a∈A, montrer que

τa(A) =A

18.2.2 Sous-espaces affines

Définition 18.2.2 SoitE un K-ev on dit queA est un sous-espace affine de E lorsque A est l’image d’un sev deE par une translation. i.e. lorsque

il existe A sev de E; et a∈E telsque A=τa(A) On note alorsA=a+A,A est ce qu’on appelle la direction deA etaune origine.

les éléments deA sont appelés des points.

Remarque: si la direction d’un sea est unique, les origines ne le sont pas en général.

PreuveSupposons qu’il existe deux directions distinctes A et A0 pour un même sea Aon a pour a, a0 bien choisis

A=a+A et A=a0+A0

En particuliera=a+ 0∈ A=a0+A0 d’oùa=a0+β pour un certainβ ∈A0. On en déduit pour toutα∈E (les translations étant des bijections)

α∈A⇐⇒τa(α)∈τa(A)⇐⇒τa(α)∈ A=τa0(A0)⇐⇒τa−10a(α))∈A0 ⇐⇒τa−a0(α)∈A0⇐⇒τβ(α)∈A0 D’où puisque−β ∈A0

α∈A⇐⇒α∈τ−β(A0) =A0

D’oùA=A0

Exercice: Montrer que pour touta∈E et A, B sev de E A⊂B=⇒a+A⊂a+B

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(9)

18.2. TRANSLATIONS, SOUS-ESPACES AFFINES 9

Exercice: Montrer que pour toutb∈ AAest un sea de direction A, on aA=b+A Exemple: un singleton{a} est un sea de direction{0}et d’originea

Exemple: Tout sevF deE est un sea d’origine0 et de directionF Exemple: dans le planP, la droiteM +Ruest un sea de−→

P de directionRu(M est une origine) Exemple: dans l’espaceE, la droiteM+Ruest un sea de−→

E de direction Ru(M est une origine) Exemple: dans l’espace E, le plan M +Ru+Rv est un sea de −→

E de direction Ru+Rv (M est une origine)

Exemple: DansF(I,R) (I intervalle) l’ensemble des solution d’une équation linéaire résolue surI du premier ordre est une sea sous la forme

ψ0+Rφ

ψ0est une origine (solution particulière) etRφest la direction (voir solutions de l’équation homogène) Exemple: Dans le C-ev :F(I,C)(I intervalle) l’ensemble des solution d’une équation linéaire résolue surI du deuxième ordre à coefficients constants est une sea sous la forme

ψ0+Cφ1+Cφ2

ψ0 est une origine (solution particulière) et Cφ1 +Cφ2 est la direction (voir solutions de l’équation homogène)

Remarque 18.2.1 Etant donné un seaAde directionA, le choix d’une origineapermet d’identifier les points de Aet les vecteurs de Aau travers de la bijectionτa.

Cette identification induit des lois + et· sur A qui dépendent du choix de l’origine a, on ne fera donc

pas usage systématique de cette identification

Définition 18.2.3 SoientE un K-ev et A,Bdeux sea de directions respectives A etB.

On dit que Aest parallèle àB lorsqueA⊂B. On dit que AetB sont parallèles lorsque A=B Exemple: les droitesM+Ruet N+Rusont parallèles dans le plan

Exemple: les plansM+Ru+Rvet N+Ru+Rv sont parallèles dans l’espace Exemple: Dans l’espace, la droiteM+Ruest parallèle au planN+Ru+Rv

Exemple: les solutions de l’équationy0−y = cos(t)forme un sea parallèle à l’ensemble des solutions de l’équationy002y0+y= tan(2t)

Proposition 18.2.2 SoientE unK-ev et A,B deux sea de directions respectives AetB.

Pour tout (a, b)∈ A × B, on aA ∩ B 6=∅ ⇐⇒a−b∈A+B

Et dans le cas A ∩ B 6=∅, alors : A∩ Best un sea de direction A∩B DémonstrationSoienta, btel que ci-dessus. Alors (voir exo ci-dessus)

A=a+A et B=b+B D’où six∈ A ∩ B existe on en déduit pour un certain(α, β)∈A×B,

a+α=x=b+β donc a−b=β−α∈A+B Réciproquement sia−b∈A+B alors on peut trouver (α, β)∈A×B, tel que

a−b=α+β donc a| {z }−α

∈A

=b+β

| {z }

∈B

D’oùA ∩ B 6=∅.

Placons-nous dans le casA ∩ B 6=∅, soit c∈ A ∩ B, on a (cf exo) A=c+A et B=c+B

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(10)

On en déduit pour toutx∈E

x∈ A ∩ B ⇐⇒ ∃(α, β)∈A×B; x=c+α=c+β

⇐⇒ ∃(α, β)∈A×B; x=c+α et α=β

⇐⇒ ∃α∈A∩B; x=c+α

⇐⇒ x∈c+A∩B

Corollaire 18.2.3 Avec les notations ci-dessus on a

Aparallele aB=⇒ A ∩ B= ou A ⊂ B

PreuveDans le cas ouAest parallèle àB(ieA⊂B), on a SoitA ∩ B=∅.

Soit pour un certainx∈ A ∩ B, on a

A=x+A=x+A∩B=A ∩ B ⊂ B

18.3 Applications Linéaires

Voir Fiche 09

18.3.1 Définitions et Exemples

Définition 18.3.1 SoientEetF deuxK-ev.

On dit queϕ:EF est unmorphisme d’espaces vectoriels(ou uneapplication linéaire) lorsque :

∀(λ, µ, x, y)K×K×E×E, ϕ(λ·x+µ·y) =λ·ϕ(x) +µ·ϕ(y) On noteL(E, F)l’ensemble de ces applications.

Si de plusϕest bijectif etϕ−1est un morphisme, on dit queϕest unisomorphisme.

On note Isom(E, F)l’ensemble de ces isomorphismes

Remarque: On utilise parfois cette propriété en deux temps,ϕ:E→F est unmorphisme d’espaces vectoriels(ou uneapplication linéaire) lorsque : si et seulement si

∀(x, y)∈E×E, ϕ(x+y) =ϕ(x) +ϕ(y) et ∀(λ, x)∈K×E, ϕ(λ·x) =λ·ϕ(x) Remarque: On généralise la conservation des CL pour tout f ∈ L(E, F),

∀n∈N,∀(xi)1≤i≤n ∈En,∀(λi)1≤i≤nKn, f

³Xn

k=1

λixi

´

= Xn k=1

λif(xi)

Remarque: Lorsque l’on peut trouver un isomorphismeK-linéaire entre deuxK-ev :E etF, on dit que E etF sont isomorphes.

Remarque: L(E,K)est l’ensemble desformes linéaires

Exemple: l’application nulle0 :E→F qui à toutx∈E associe0F est linéaire.

Exemple: IdE:E→Eet toute homothétieλIdEsont linéaires (λK) et des automorphismes lorsque λ6= 0

Exemple: les applications partie réelle Re et partie imaginaireImsontR-linéaires deCdans R, elles sontR-linéaires deCdansC, mais ne sont pasC-linéaires deCdansC

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(11)

18.3. APPLICATIONS LINÉAIRES 11

Exemple: (x, y)7→x+iy est unR-isomorphisme deR2 dansC

Exemple: la conjugaisonz7→z¯est un isomorphismeR-lineaire deCdansC(mais n’est pasC-linéaire) Exemple: La dérivationf 7→f0 estC-linéaire deC1(I,C)dansC0(I,C)etR-linéaire deC1(I,R)dans C0(I,R)(I un intervalle)

Exemple: La dérivation n-ième (n N) f 7→ f(n) est C-linéaire de Cn(I,C) dans Cn−1(I,C) et R-linéaire deCn(I,R)dansCn−1(I,R)(I un intervalle)

Exemple: L’intégrationf 7→Rb

af(t)dtestC-linéaire deC0([a, b],C)dansCetR-linéaire deC0([a, b],R) dansR(Iun intervalle)

Exemple: la valuation en un pointa∈K,f 7→f(a)estK-linéaire deF(K,K)dansKet deK[X]dans K

Exemple: Etant donnée une base(−→ i ,−→

j)de−→

P, on a l’isomorphisme linéaire entreR2 et−→ P (x, y)7→x−→

i +y−→ j Exemple: Etant donnée une base(−→

i ,−→ j ,−→

k)de−→

E, on a l’isomorphisme linéaire entreR3 et −→ E (x, y, z)7→x−→

i +y−→ j +z−→

j Exemple: On a l’isomorphismeK-linéaire entreKn+1 et Kn[X]

(a0, . . . , an)7→a0+a1X+. . .+anXn

Exemple: Pourλ1, . . . , λn fixés dansK(avecn∈N), on a l’applicationK-linéaireθ:KnK, définie par

θ: (x1, . . . , xn)7→λ1x1+. . .+λnxn

Exemple: Pourx1, . . . , xnfixés dansE(unK-ev avecn∈N), on a l’applicationK-linéaireΘ :Kn→E, définie par

Θ : (λ1, . . . , λn)7→λ1x1+. . .+λnxn

Exercice: SoientA, B deuxK-sev de E. alorsπ1:A×B→E etπ2:A×B →E définies par π1: (a, b)7→a et π2: (a, b)7→b

sont linéaires

Exercice: SoientA, B supplémentaires dansE. alorsτ:A×B→E définie par τ: (a, b)7→a+b

est un isomorphisme d’espaces vectoriels. (i.e.A⊕B est isomorphe àA×B)

18.3.2 Structures et Propriétés

Proposition 18.3.1 SiEetF sont deuxK-ev,AlorsL(E, F)est unK-ev.

DémonstrationPuisque L(E, F)⊂ F(E, F)et queF(E, F)est un K-ev (puisqueF l’est). Il suffit de montrer queL(E, F)est un sev.

En effet. Soientϕ, ψdansL(E, F)et adansK.

Pour toutx, ydansE, etλ, µdansKon a

(ϕ+ψ)(λx+µy) =ϕ(λx+µy)+ψ(λx+µy) =λϕ(x)+µϕ(y)+λψ(x)+µψ(y) =λ(ϕ+ψ)(x)+µ(ϕ+ψ)(y) (aϕ)(λx+µy) =a[ϕ(λx+µy)] =a[λϕ(x) +µϕ(y)] =aλϕ(x) +aµϕ(y) =λ(aϕ)(x) +µ(aϕ)(y)

On a doncϕ+ψet dansL(E, F)... CQFD

Proposition 18.3.2 Soitϕ:EF un morphisme d’espaces vectoriels.

ϕIsom(E, F)⇐⇒ϕ est un morphisme bijectif de E dans F

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(12)

Définition 18.3.2 PourE un K-ev, on noteGL(E)l’ensemble des isomorphismes d’espaces vectoriels deE dansE (automorphismes deE).(GL(E),◦)est legroupelinéaire de E.

Définition 18.3.3

Siϕ: (E,+,·)(E,+,·)est linéaire, on parle alors d’endomorphisme.

On note End(E)ouL(E)l’ensemble des endomorphismes de(E,+,·).

Exercice: Montrer que siϕ:E→F etψ:F →Gsont des applications linéaires alors ψ◦ϕ∈ L(E, G)

Exercice: Montrer que siEest isomorphe à F et F isomorphe àGalorsE est isomorphe àG

Proposition 18.3.3 SiEest unK-evAlors(L(E),+,◦)est un anneau.

DémonstrationOn sait déjà que(L(E),+) est un groupe abélien et et queest unelciassociative.

Par ailleursIdE∈ L(E)est l’élément neutre pour◦.

Enfin pour toutf, g, hdansL(E), on a

∀x∈E, [f (g+h)](x) =f

³

(g+h)(x)

´

=f

³

g(x) +h(x)

´

f(g(x)) +f(h(x))

∀x∈E, [(g+h)◦f](x) = (g+h)

³ f(x)

´

=g(f(x)) +h(f(x))

D’oùf◦(g+h) =f◦g+f◦het(g+h)◦f =g◦f+h◦f, d’où la distributivité de sur+... CQFD

Définition 18.3.4 Soitϕ:EF un morphisme d’espaces vectoriels.

On note Im(ϕ)etker(ϕ)l’image et le noyau deϕ. Ils sont définis par :

Im(ϕ) :=ϕ(E) et ker(ϕ) :=ϕ−1({0F})

0F désigne l’élément neutre de(F,+)

Proposition 18.3.4 Soitϕ:EF un morphisme d’espaces vectoriels.

Im(ϕ)etker(ϕ)sont des sous-espaces vectoriels deF etErespectivement.

Démonstration S’agissant de morphismes de groupes en particulier, on sait déjà que Im(ϕ) et kerϕ sont des sous-groupes deF et E respectivement. Il nous suffit alors de montrer la stabilité par·.

SoitλdansK.

Pour touty∈Imϕ, on a y=ϕϕ(x)avecx∈E, d’où

λ·y=λ·ϕ(x) =ϕ(λx)∈Imϕ Pour toutx∈kerϕ, on a

ϕ(λx) =λϕ(x) =λ0E= 0E d’où λ·x∈kerϕ

Proposition 18.3.5 Soitϕ:EF un morphisme d’espaces vectoriels.

ϕest surjective ⇐⇒Im(ϕ) =F ϕest injective ⇐⇒ker(ϕ) ={0E}

0Edésigne l’élément neutre de(E,+)

18.3.3 Equations Linéaires

Définition 18.3.5 SoientE etF deux K-ev.

On appelle équation linéaire toute équation d’inconnue xde la forme f(x) =b

oùf ∈ L(E, F)etb∈F sont fixés.

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(13)

18.3. APPLICATIONS LINÉAIRES 13 Proposition 18.3.6 NotonsSb l’ensemble solution de l’équation ci-dessus. On a alors : SoitSb =∅.

SoitSb=x0+ kerf est un sea de direction kerf et d’origine une solution particulièrex0∈E. DémonstrationPlaçons-nous dans le casSb6=∅, on a alors pour x0∈ Sb une solution particulière.

f(x) =b⇐⇒f(x) =f(x0)⇐⇒f(x)−f(x0) = 0⇐⇒f(x−x0) = 0⇐⇒x−x0kerf

Exemple: Dans le plan, soitAun point et−→u un vecteur (non nul) Pour tout réelkl’ensemble∆k des pointsM ∈ P tels que −→u ·−−→

AM=k est un droite orthogonale à à la droite passant parA et dirigée par

→u.

f(−→x) =k avec f :−→x 7→ −→u · −→x de−→

P dans R

Exemple: Dans le plan, soitAun point et−→u un vecteur (non nul) Pour tout réelkl’ensemble∆k des pointsM ∈ P tels queDet(−→u ,−−→

AM) =kest un droite dirigée par−→u f(−→x) =k avec f:−→x 7→Det(−→u ,−→x) de−→

P dans R

Exemple: Dans l’espace, soitAun point et−→u ,−→v deux vecteurs libres. Pour tout réelkl’ensemble∆k

des pointsM ∈ E tels que Det(−→u ,−→v ,−−→

AM) =kest un plan dirigée par−→u et−→v f(−→x) =k avec f:−→x 7→Det(−→u ,−→v ,−→x) de−→

E dans R Exemple: Poura, bcontinues surI, notonsS(E)l’ensemble des solutions surIde

(E) y0+ay=b On a alors S(E) =ψ0+Kϕ1.

ϕ1est une solution maximale de l’équation homogène associée, et ψ0 une solution particulière deE.

f(y) =b avec f :y7→y0+ay de C1(I,K) dans C0(I,K)

Exemple: Pour a, b, cdansCaveca6= 0 etucontinue surR, notonsS(G)l’ensemble des solutions sur Rde

(G) ay00+by0+cy=u(t) On a alors S(G) =ψ0+S(G0).

ψ0 une solution particulière deG etS(G0)l’ensemble solution de l’équation homogène associée.

f(y) =u avec f:y7→ay00+by0+cy de C2(I,C) dans C0(I,C) Exercice: Soienta, bdansC, on cherche l’ensembleU des suites uvérifiant

(∗) un+1=aun+bun

Soit

f :u7→(un+1−aun−bun)n∈N deS(C) dans S(C) l’ensemble recherché estU = kerf est donc un sous-espace vectoriel deS(C).

Montrer que siαetβ sont les racines du polynôme caractéristique P(X) =X2−aX−b,Alors r= (αn)n∈N et s= (βn)n∈N (resp s= (nβn)n∈N Si α=β)

sont des solutions de(∗).

Montrer queCretCssont supplémentaires dansU : U =CrCs

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(14)

18.4 Bases et Combinaisons Linéaires

Rappelons qu’étant donnée une famille (x1, . . . , xn)de vecteurs deE, on appelleK-CL dex1, . . . , xn tout vecteur qui s’écrit sous la forme

λ1·x1+. . .+λnxn avec λ1, . . . , λn dans K Dans ce paragraphe (x1, . . . , xn)désignera une famille finie de vecteurs deE.

On notera

θ: Kn E

1, . . . , λn) 7→ λ1x1+. . .+λnxn

On de façon immédiate

kerθ={(λ1, . . . , λn)Kn 1x1+. . .+λnxn= 0}

18.4.1 Familles Génératrices

Définition 18.4.1 (Famille Génératrice) On dit que la famille (x1, . . . , xn) En est une famille génératrice duK-ev lorsque

V ectK(x1, . . . , xn) =E

i.e lorsque tout vecteur deE s’écrit commeK-CL des vecteursx1, . . . , xn

K·x1+. . .K·xn=E

Remarque: Il suffit en fait de vérifier

E⊂V ectK(x1, . . . , xn) Exemple: 1est générateur duR-evR(R=R·1)

Exemple: 1est générateur duC-evC(C=C·1) Exemple: 1n’est pas générateur duR-evC(C6=R·1)

Exemple: (1, i)est une famille génératrice duR-evC(C=R·1 +R·i) Exemple: (1, i)est une famille génératrice duC-evC(C=C·1 +C·i)

Exemple: (1, X, X2, . . . , Xn)est une famille génératrice deKn[X]. En effet tout polynômeP deKn[X]

s’écrit

P =a0·1 +. . .+anXn avec a0, . . . , an dansK

Exercice: SoitE=A+B et (x1, . . . , xn)(resp (y1, . . . , ym)) une famille génératrice deA(resp. deB) alors

(x1, . . . , xn, y1, . . . , ym) libre

Définition 18.4.2 Etant donnée deux familles de vecteurs F := (x1, . . . , xn) et G := (y1, . . . , ym). On dit que F est une sous-famille de G ou encore queG est une sur-famille deF lorsque

{x1, . . . , xn} ⊂ {y1, . . . , ym}

Remarque: Dans ce cas on a en particulier m ≥n lorsque les vecteurs de F et G sont deux à deux distincts

Exercice: Montrer que la relation F est une sous-famille de G (notée iciF ≺ G) induit une relation d’ordre sur l’ensemble des parties finies deE(laquelle ?)

Exercice: Soit(x1, . . . , xn, xn+1)génératrice etxn+1 CL desnpremiers vecteurs, alors((x1, . . . , xn)est génératrice.

on a la réciproque

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(15)

18.4. BASES ET COMBINAISONS LINÉAIRES 15

Proposition 18.4.1 Toute sur-famille finie d’une famille génératrice est une famille génératrice DémonstrationEn notantG:= (y1, . . . , ym)une sur-famille de la famille génératriceF:= (x1, . . . , xn), on a

{x1, . . . , xn} ⊂ {y1, . . . , ym} D’où (voir exo)

E=V ect({x1, . . . , xn})⊂V ect({y1, . . . , ym})

Exemple: la famille(1, j, j2)est génératrice du R-evC.

En effet, toutz∈Cs’écrit

z=a+ib=a+ 1

3(1 + 2j)b∈V ect(1, j) D’où(1, j)est génératrice, il en va de même pour(1, j, j2)

Proposition 18.4.2 Soient(x1, . . . , xn) une famille etλ1, λn−1 dansKalors

V ect(x1, . . . , xn+

n−1X

k=1

λkxk) =V ect(x1, . . . , xn)

En particulier on ne modifie pas le caractère générateur d’une famille en rajoutant à l’un des vecteurs

une CL des autres vecteurs.

DémonstrationPosons

y1=x1, . . . , yn−1=xn−1 et yn =xn+

n−1X

k=1

λkxk

Montrons que V ect(x1, . . . , xn+Pn−1

k=1λkxk)⊂V ect(x1, . . . , xn).

En effet soitz∈V ect(x1, . . . , xn+Pn−1

k=1λkxk)on a alors pour une certaine famille(α1, . . . , αn−1, αn).

z=

n−1X

k=1

αkxk+αn(xn+

n−1X

k=1

λkxk) =

n−1X

k=1

k+αnλk)xk+αnxn∈V ect(x1, . . . , xn) CQFD.

Montrons l’inclusion réciproque V ect(x1, . . . , xn)⊂V ect(x1, . . . , xn+Pn−1

k=1λkxk).

On applique ce qui précède à la famille(y1, . . . , yn)et on trouve

V ect(y1, . . . , yn

n−1X

k=1

λkyk

| {z }

(x1,...,xn)

)⊂V ect( y|1, . . . , y{z n}

x1,...,xn+Pn−1

k=1λkxk

)

Proposition 18.4.3 SoientF := (x1, . . . , xn)etG:= (y1, . . . , yn) deux familles telles quex1=y1

∀k∈[[2, n]],∃(λ1, . . . , λk−1)Kn−1; yk=xk+λk−1xk−1+. . .+λ1x1

Attention le choix des coefficientsλ1, . . . , λk−1 dépend bien évidemment dek ou encore de façon équiva- lente

∀k∈[[1, n]], yk−xk ∈V ect³

(xp)1≤p≤k−1´

On dit que la famille G est échelonnée par rapport à la famille F. Alors V ect(F) = V ect(G), et en

particulier, G est génératrice dès que F est génératrice.

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(16)

DémonstrationRécurrence surn: On pose

P(n) : ”Pour tout G:= (y1, . . . , yn) échelonnée par rapport à F := (x1, . . . , xn), V ect(F) =V ect(G)”

puisque poury1=x1, on aV ect(x1) =V ect(y1),P(1)est vérifié.

On supposeP(n)vérifiée.

Soit alors G0 := (y|1, . . . , y{z n}

G

, yn+1) échelonnée par rapport àF0 := (x|1, . . . , x{z n}

F

, xn+1), on a alorsG éche- lonnée par rapport àF, d’où d’après la propriété de récurrence.

V ect(y1, . . . , yn, yn+1) =V ect(y1, . . . , yn) +Kyn+1=V ect(x1, . . . , xn) +Kyn+1=V ect(x1, . . . , xn, yn+1) Et donc d’après la proposition précédente

V ect(G0) =V ect(y1, . . . , yn, yn+1) =V ect(x1, . . . , xn, xn+1) =V ect(F0)

Conclusion...

Exemple: Toute famille(P0, . . . , Pn)de polynômes unitaires de K[X]avec

∀k∈[[0, n]], degPk=k est une famille génératrice deKn[X]

Proposition 18.4.4 En posant pourx1, . . . , xn fixés dans E :

θ: Kn E

1, . . . , λn) 7→ λ1x1+. . .+λnxn

On a a alors l’équivalence

(x1, . . . , xn) generatrice si et seulement si θ surjective

Exercice: Soit(x1, . . . , xn)une famille génératrice deEetf :E→Fune application linéairesurjective f :E→F (E etF deux ev)

Alors(f(x1), . . . , f(xn))est génératrice dansF

18.4.2 Familles Liées - Familles Libres

Définition 18.4.3 (Famille liée) On dit que la famille (x1, . . . , xn) est liée lorsque l’on peut trouver une famille de sacalaires non tous nuls1, . . . , λn) telle que

λ1x1+. . .+λnxn = 0

i.e. le vecteur nul admet une décomposition non triviale comme CL des x1, . . . , xn Exemple: (0, x1, . . . , xn)est liée

Exemple: Deux vecteurs colinéaires forment une famille liée Exemple: Trois vecteurs coplanaires forment une famille liée Exemple: Toute sur-famille d’une famille liée est liée

Exemple: Une famille est liée si et seulement si l’un des vecteurs est CL des autres.

Définition 18.4.4 (Famille libre) On dit que la famille(x1, . . . , xn)∈Enest une famille libre deK-ev lorsqu’elle n’est pas liée, i.e.

∀(λ1, . . . , λn)Kn, λ1x1+. . .+λnxn = 0 =⇒λ1=. . .=λn= 0 i.e lorsque0 admet une unique décomposition sous la forme

0 =λ1x1+. . .+λnxn

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(17)

18.4. BASES ET COMBINAISONS LINÉAIRES 17

Remarque: En particulier tous lesxi sont non nuls et deux à deux distincts.

Corollaire 18.4.5 (x1, . . . , xn)est libre si et seulement si tout vecteurydeV ect(x1, . . . , xn)admet une unique décomposition sous la forme

y=λ1x1+. . .+λnxn

avec1, . . . , λn)Kn entièrement déterminé par le choix dey Exemple: tout vecteur non nul est libre.

Exemple: (1, i)est une famille libre duR-evC

Exemple: cosetsin forment une famille libre deF(R,R)

Exemple: (1,exp(x),exp(2x), . . . ,exp(nx))est une famille libre deF(R,R) Exemple: (1, X, X2, . . . , Xn)est une famille libre deKn[X]

Exemple: Siy /∈V ect(x1, . . . , xn)et (x1, . . . , xn)libre alors(x1, . . . , xn, y)libre

Exercice: SoitE=A⊕B et (x1, . . . , xn)(resp (y1, . . . , ym)) une famille libre de vecteurs deA (resp.

deB) alors

(x1, . . . , xn, y1, . . . , ym) libre On a la réciproque

Proposition 18.4.6 Toute sous-famille finie d’une famille libre est une famille libre Exemple: la famille(1, X2)est libre dansK3[X].

Proposition 18.4.7 Soient(x1, . . . , xn)une famille etλ1, λn−1dansKalors(x1, . . . , xn+Pn−1

k=1λkxk) est libre si et seulement si(x1, . . . , xn)l’est.

i.e. on ne modifie pas le caractère libre d’une famille en rajoutant à l’un des vecteurs une CL des autres

vecteurs.

DémonstrationSupposons(x1, . . . , xn)libre, et soientα1, . . . , αn dansKtels que α1x1+. . .+αn−1xn−1+αn(xn+

n−1X

k=1

λkxk) = 0

si par l’absurdeαn 6= 0alors xn= (α1−λ1

αn )x1+. . .+ (αn−1−λ1

αn )xn−1∈V ect(x1, . . . , xn−1) ce qui contredit le caractère libre deF, d’oùαn= 0 et donc

α1x1+. . .+αn−1xn−1= 0 or la sous-famille(x1, . . . , xn−1)étant libre on a aussi

α1=. . .=αn−1= 0

Réciproquement en supposant(x1, . . . , xn+Pn−1

k=1λkxk)libre, on appliquant ce qui précède à y1=x1, . . . , yn−1=xn−1 et yn =xn+

n−1X

k=1

λkxk

On a(y1, . . . , yn)libre donc(y1, . . . , ynPn−1

k=1λkyk) = (x1, . . . , xn)libre

Proposition 18.4.8 Soit G := (y1, . . . , yn) une famille échelonnée par rapport à F := (x1, . . . , xn) .

AlorsG est libre dès queF est libre

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